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Comment sortir de la “friend zone” ?

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Siestacorta

le jeudi 28 novembre 2013 à 09h37

Green-Man-Outside


D/ si elle te trouve drôle, sympa, beau, intelligent, qu'elle aime ta compagnie, que vous êtes complices... pourquoi n'a-t-elle pas de désir ?

Je traduit "désir" en y incluant désir d'intimité, c'est à dire un désir physique dont la satisfaction n'est pas conditionnée, à court terme, par le sexe (restons prudents sur la "pureté" de nos attentes humaines).

On peut se demander si on se sent désirable, et si on sépare cette image de soi d'attendre d'être désiré et de vouloir faire connaître notre désir. Comme je le répète, être une personne fiable, vertueuse, intéressante, ouverte aux polyamour, c'est bien, mais si on ne s'intéresse pas à "pourquoi suis-je désirable", on va pas aller loin dans le " comment rendre mon intimité désirable".
Même en dehors de la question de la motivation sexuelle, c'est sur un rapport entre la confiance en soi et la compréhension que "séduire, ce n'est pas sale" que ça se joue.

Mais une fois qu'on a fait ces efforts-là, ce qu'il est souhaitable ou non de voir arriver, de sortir de la friend-zone, ça reste du domaine des affinités, c'est à dire aussi personnel que les goûts, mais sans que ce soit conscient

Je suis sans doute très chiant, mais je devient pas complice facilement, même avec des gens dont j'apprécie la compagnie. Je suis pire que le Renard et le petit prince, là dessus. Des séquelles d'esseulements, peut-être.

Bref... ca me mène à distinguer les qualités réelles des gens, mon goût pour eux, et la confiance affective qui autorise une intimité. Moi quand je trouve une possibilité d'intimité, je la prends pas forcément, même si c'est offert de bon coeur, et je n'ouvre la mienne qu'à des gens dont je ne crains pas la bienveillance - dont la bienveillance et l'intimité sont celles dont j'ai besoin, où je peux piocher sans que ça leur coûte et sans que ça conditionne la façon dont moi je dois être intime et bienveillant. Je suis chiant, vous dis-je.

Vu de cet angle un peu retranché finalement - dit comme ça ça semble pas forcément radical, mais ça se conjugue avec les reste de mes limites d'interactions - ce qui définit la zone d'intimité, c'est une rencontre entre mes attentes, les attentes de l'autres, nos capacités sociales, nos envies et besoin. La zone douce serait un territoire pas forcément ouvert, à l'ampleur directement dépendante des personnalités de ceux qui l'envisagent, de leurs affinités.
Et si les poly peuvent peut-être en concevoir l'intérêt plus facilement que les monos, ça ne leur rend pas la cartographie du lieu plus simple : il n'y a qu'à comparer au différentes configurations d'intimité et de compartimentation qui peuvent se rencontrer dans des amours multiples.

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

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bodhicitta

le jeudi 28 novembre 2013 à 14h20

MetaZet
Je me rends compte que la question de la réciprocité ne me taraude presque plus. Je pense que c'est à la fois une question de maturité affective

MétaZet tu peux développer ce point? J'suis allée voir ton lien mais je trouve pas grand chose sur la réciprocité, si ce n'est ses hommes qui n'assument pas au grand jour qu'ils aiment les femmes aux comportements sexuels masculin

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Anarchamory

le jeudi 28 novembre 2013 à 22h07

bodhicitta8
MétaZet tu peux développer ce point ? J'suis allée voir ton lien mais je trouve pas grand chose sur la réciprocité, si ce n'est ses hommes qui n'assument pas au grand jour qu'ils aiment les femmes aux comportements sexuels masculin

C'est normal que tu ne trouves pas grand chose sur mon lien :) Là je parle de quelque chose qui m'est propre. Dans mon lien j'essayais d'être plus général. Cela dit, j'évoque dans mon lien certaines attitudes négatives qui dénotent d'un refus de la non-réciprocité (se montrer insistant par exemple), et qui, en creux, montrent tout le bénéfice qu'il y a à faire preuve d'acceptance (de réelle acceptance, pas simplement d'acceptance feinte comme technique de drague...) par rapport à ce genre de choses (mais l'acceptance feinte ne trompe guère car elle est brève, caricaturale et superficielle).

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(compte clôturé)

le vendredi 29 novembre 2013 à 12h30

Je n'ai pas tout lu, vous êtes trop bavard (ce qui est génial). Perso, pas de frontière nette entre amour et amitié. C'est la base de ma philosophie personnelle actuellement. Je parle ici de sentiments à ne plus mettre dans des cases (pas de sexualité) mais aussi de câlins affectueux et tendres que je peux offrir à des "amis" (pas le déclic amoureux intérieur mais une belle connivence) comme à des "amoureux" (avec un ressenti intérieur et un regard sur l'autre différent). Dans les deux cas j'ai une complicité avec l'autre merveilleuse. La zone se franchie peut être à ce moment où la complicité se créée, plus lentement dans le cas d'une amitié que dans celle d'un sentiment amoureux. Dans cette "zone", l'important est le consentement ou l'acceptance réciproque. Ne pas imposer, ne pas subir est essentiel. Comment sortir de cette zone que j'appelle mon univers affectif ? Je crois que l'absence volontaire définitive et le rejet du passé sont à mes yeux le seul motif. Par contre, l'autre laisse toujours une empreinte indélébile plus ou moins appuyée mais persistante. Le temps aide à atténuer mais jamais à faire disparaitre complètement. C'est MA "friend zone" et elle se porte surtout sur l'affectif, les sentiments, les câlins, la tendresse, la beauté intérieure et la découverte de l'autre. C'est cette "zone" qui me permet de vivre positivement, c'est pour les personnes qui la composent que je me suis découverte et que je m'accepte. Pour elles et pour moi, pour savoir encore mieux donner et apprendre à bien recevoir, sans tabous, sans attentes et en réduisant au minimum les dépendances.

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(compte clôturé)

le vendredi 29 novembre 2013 à 13h19

[...]

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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ScottBuckley

le vendredi 29 novembre 2013 à 15h29

Bonjour,

En fait, si je cherche à me libérer du poids de la culture du vieux-monde, culture que j’ai ingurgitée plus ou moins à l’insu de mon plein gré depuis ma naissance (depuis mon baptême forcé, à l’église, en passant par les dessins animés de walt disney et les films monoamoureux / peureux hollywoodiens), c’est que cette ancienne culture-là m’a trop longtemps pollué et intoxiqué le coeur, le corps, l’âme, le regard, mes 5 sens, et + encore : ma vie.

Dans ma vie d’avant, il y avait des cases et des normes nommées “amitié” et “Amour”, cernées de remparts construits avec des briques d’angoisses et des jalousies.
Dans ces deux zones-là, étroites, closes, dans lesquelles il fallait rentrer pour être soi-disant “normal”, mon corps & mon coeur étaient un vrai champ de batailles permanentes.

Et dans cette culture-là, il y avait notamment 5 peurs : peur de la trahison, du rejet, de l’abandon, de l’humiliation, et de l’injustice (peurs que l’on pourrait résumer dans leurs 5 lettres initiales : ‘Trahi’, comme le fait l’auteure Lise Bourbeau).

En approfondissant, on pourrait même y trouver une “peur de la femme et/ou du féminin” (pour certains hommes) : peur du ying & du yang mélangés intimement, de la sagesse, de la douceur, de la tendresse, de la chaleur, des émotions, des larmes, peur de celle qui peut donner la vie à un enfant (avec ou sans toi monsieur), peur d’être vus comme des hommes “efféminés”, différents de la norme “Un-homme-Un-vrai” (sic), mais aussi peur des forces et du côté sauvage des femmes libres qui osent courir avec les loups...

Si des personnes, nombreuses, ne veulent pas regarder ni travailler sur ces peurs-là, pour s’en libérer petit à petit, y compris dans leur manière de ressentir et de s’exprimer, c’est leur choix ; mais pour ma part, cet ancien monde, et cet ancien vocabulaire, possessif, peureux et généraliste (“Les Gens sont ceci...”), si peu subtil, si peu sensible, nan vraiment, ça ne me convient plus.

À présent, je ne me reconnais plus dans ces boîtes-là, dans ces peurs, qui m’étouffent et m’empêchent d’être librement & totalement qui je veux, d’aimer de façon sensible, avec éthique, et au pluriel ;
alors j’explore, tâtonne, m’étonne, découvre, partage, expérimente, et écoute de nouveaux sens, de nouvelles questions, émotions, et du silence.

Pour ouvrir ce nouvel espace potentiel, immense, d’autonomies plurielles, réciproques, affectives, débridées, désirables et désirantes, cette ‘3ème’ zone é-norme, hors normes, qui me & nous tend les bras.

Pour être pleinement soi, et libre de l’être, et de le devenir.
Car comme dirait Henry David Thoreau : ‘ Si tu n’es pas toi, qui le sera ?

Aujourd’hui, et depuis plus de 4 années, je sens comme un bon et chaud vent tout neuf, rafraîchissant, ... et je sens bien que je suis en détox vis-à-vis de l’ancienne culture (celle propre à la fin du 20ème siècle, puisque c’est là que je suis né).
... Et c’est Tellement bon de ressentir ces bouffées d’airs chauds !

> Vos expériences, vos vécus, vos désirs, vos ressentis, vos freins, et vos autres messages à ce sujet m’intéressent !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le vendredi 29 novembre 2013 à 18h53

Donc si je te lis bien GreenPixie, ce n'est pas sur la mentalité des autres que tu souhaites agir, mais sur la tienne ?

Je t'avoue que je vis un peu ce que tu décris en ce moment. Sans doute que le fait de ne plus entretenir de "relation primaire" avec une personne exclusive (ou de mentalité "pas-vraiment-poly") m'a libérée de certaines frontières qui m'enfermaient.

C'est vrai, avant lorsqu'une relation se nouait, je devais me poser la question "relation amoureuse ou amicale" ? Puisque je devais la ranger dans une case afin de déterminer si je devais rendre des comptes ou non à l'amoureux "primaire". Aujourd'hui, je n'ai plus besoin de me poser cette question, je trouve ça très libérateur !

Maintenant, si j'ai envie de me rapprocher de quelqu'un, je le fais. Lorsque je n'ai pas de désir amoureux et/ou physique, je t'avoue qu'en général je le précise à la personne, pour "éviter les malentendus". Même chez les poly, ça va mieux en le disant...

"Oui j'ai envie de te faire un câlin, là maintenant, si tu veux bien, mais demain je n'aurai peut-être pas envie, et en tout état de cause, dans l'état actuel des choses je n'ai pas envie d'aller plus loin. Si ça change, je t'en informerai."

Bon, du coup je ne comprends pas trop ce qui te pose problème. Tu n'oses pas, c'est ça ?

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(compte clôturé)

le vendredi 29 novembre 2013 à 19h41

Je ne comprends pas bien cette idée de "friend zone". On n'est pas dans une zone déterminée avec qqn. Selon le jour et l'humeur, les envies changent, évoluent... Ce n'est pas parce qu'on fait l'amour une fois qu'on doit forcément recommencer, ni refuser de le faire "parce qu'on est des amis". Mais logiquement, si on exprime ses envies et qu'on accepte que l'autre peut ne pas les partager sans que ce soit un drame, tout ceci se fait tout naturellement, sans stratégie.
Je me souviens d'un mec qui m'avait draguée: beau, intelligent, sympa... mais je ne le désirais pas. Ça arrive, tout comme il arrive qu'on ait envie d'un fieffé crétin, le désir n'est pas forcément très malin :) . On s'est vus "en amis", et au bout de 7 ans, le désir m'est venu, je suis longue à la détente parfois. Comme quoi, le tout est de ne pas programmer, la vie réserve de jolies surprises.

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(compte clôturé)

le vendredi 29 novembre 2013 à 20h14

D'accord avec aimerplusieurshommes sauf que le sentiment intérieur (ce que j'appelle avec un déclic) est différent. Mais oui, une relation peut évoluer avec le temps, heureusement. chacun peut le ressentir différemment. Pour moi, le sexe n'entre pas en ligne de compte.

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bodhicitta

le vendredi 29 novembre 2013 à 20h39

Oui en effet pour sortir de cette zone qui ante surtout les amoureux normés, je pense qu'il suffit de garder à l'esprit que tout amis sont des amoureux potentiels et que tout les amoueux sont des "amis" potentiels (ou les 2 à la fois)

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ScottBuckley

le vendredi 29 novembre 2013 à 23h06

LuLutine
Donc si je te lis bien GreenPixie, ce n'est pas sur la mentalité des autres que tu souhaites agir, mais sur la tienne ?

Eh bien tout part d’abord de soi (on doit d’abord se changer soi-même, si on veut changer notre environnement), donc à partir du moment où l’on a commencé un travail sur soi, sur ses ressentis, sur ses mentalités, c’est une 1ère chose réalisée (et qui devra Toujours se poursuivre par la suite), et c’est ce qui peut permettre de sortir de la « forteresse des 5 peurs » (dans laquelle sont situées la norme « amitié platonique/friend zone », et la norme « Amour/Love zone »). ← ces deux zones-là, que je viens de citer, sont - à mes yeux - des normes, elles sont donc figées, et elles correspondent à une époque précise (ici en l’occurrence, il s’agit de l’époque du siècle dernier, le 20ème).

La norme « amitié platonique » appartient (à mon humble avis) à cette époque, et aux peurs qui vont avec. Au siècle dernier, il y avait par exemple beaucoup de peurs vis-à-vis des personnes homosexuelles, et encore plus à l’égard des bisexuelles (notamment durant les années « génération x/sida »), sans compter d’autres styles de vie, comme les personnes ‘polyamoureuses’. Dans un nombre grandissant de pays, la peur des homos a heureusement reculé (même s’il reste du chemin à faire), et ce n’est plus considéré comme une maladie en France depuis 30 ans.

… Mais si jamais on reste trop peu nombreux/ses à se libérer de l’ensemble de ces peurs, durant le 21ème siècle, on restera une minorité à être plus ‘libres’, et on restera entouré par encore trop de personnes craintives, coincées dans la forteresse des « peurs normales du siècle dernier ».

Et donc, pour répondre à ta question, LuLutine, c’est bel et bien sur ma mentalité & mes ressentis que j’ai d’abord souhaité agir, dans un 1er temps, mais à présent, dans un 2nd temps, il s’agit aussi de titiller et de questionner les mentalités & les ressentis des autres cercles de personnes qui m’entourent : mes ami-es (qu’illes soient ‘polys’ ou ‘monos’ ou autre et sans étiquette), mes connaissances, ma famille, sans compter Toutes les nouvelles personnes que je croise chaque jour, dans le milieu professionnel, dans des loisirs, au ciné, au café du coin, dans des soirées entre ami-es avec cercle élargi…

C’est comme s’exprimer autant que possible avec ‘une parole impeccable’ (pour citer l’auteur du livre « Les 4 accords toltèques ») : si tu es l’un-e des trop rares à essayer de t’exprimer le plus justement possible, sans peur ni généralisation, mais qu’autour de toi pour la plupart des autres personnes ce n’est pas le cas, et bien tes paroles risquent d’être mal comprises, et de t’isoler.

Et donc ce qui me pose problème, c’est : comment faire évoluer l’ensemble de ses relations (les plus proches, pour commencer), par rapport à Tout cela, comment faire bouger les lignes, les frontières (ce qui n’est pas une mince affaire, j’en conviens).

Voilà pourquoi je continue de chercher de nouvelles manières de relationner avec les autres, tout en poursuivant le scénario de ma BD (et les croquis des personnages), parce que je cherche de nouvelles formes de langages adéquats, écrits, dessinés, cartographiés, dansés, qui permettent de mieux faire comprendre où se situe ma liberté encore toute neuve, sur la nouvelle Carte du pays de Tendre, en train de s’esquisser.

Une carte d’un pays qui, pour beaucoup de personnes autour de moi, est pour l’instant encore une ‘terra incognita’, dans les cercles de personnes que je croise au quotidien, ... --> à commencer par des ami-es & des proches de longue date !

Quelque part, dans ma vie et à mon humble niveau, je cherche à faire sortir cette ‘Nouvelle Carte de Tendre’ de son statut ‘incognita’, et de sa « mauvaise réputation » (comme dirait Georges Brassens), grâce à une certaine Inclination vers l’Estime et la Reconnaissance.

> Si cette géographie amoureuse inédite vous intrigue, vous pouvez jeter un œil à ce lien wikipedia, pour commencer :
fr.wikipedia.org/wiki/Carte_de_Tendre ,

et à ce lien pour voir la carte de plus près : fr.wikisource.org/wiki/Carte_de_Tendre

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 29 novembre 2013 à 23h46

Il y a l'amitié, quand on vit dans le présent, quand on aime bien faire des choses ensemble... faire de la voile, faire du vélo, faire des blagues, faire l'amour (faire l'amour entre amis est une expérience magnifique, je vous conseille de l'essayer!)...

Et puis il y a la friend zone, qui est quelque chose de complétement différent. La friend zone est intimement liée à un autre concept, celui du relationship escalator , c'est à dire la progression inésorable d'une relation, dans le sens: Rencontre > Sortir ensemble > Sexe > Cohabitation > Mariage > Enfants.

La Friend Zone le résultat d'une rencontre entre une personne qui veut progresser dans le relationship escalator et d'une personne qui ne veut pas. Le cas classique est la friend zone adolescente, mais on peut aussi avoir d'autres variantes. Par exemple il y a la friend zone conjugale: après quelques années de mariage, un des partenaires veut sortir de la relation, tandis que l'autre veut continuer à tout prix, souvent par peur des réactions des voisins, des amis, des enfants, des parents... Si une friend zone adolescente dure quelques semaine ou quelques mois, une friend zone conjugale peut durer même quelques 10-15 ans!

Il y a aussi des friend zones avec sexe! Par exemple la situation où une personne mariée a un amant/une maitresse, qui lui demande incessamment de quitter son partenaire officiel pour commencer une relation exclusive avec lui. Ici il y a du sexe, mais on y trouve tous les éléments classiques de la friend zone: le décalage, le fait que un des deux veuille progresser dans le relationship escalator tandis que l'autre ne veut pas, le fait de vivre dans l'attente...

Comment sortir de la friend zone? Sûrement pas en forçant l'autre à faire ce que ce soit! La solution est plutôt l'envers: partir le plus loin possible de ce partenaire qui ne veut pas évoluer au même rythme que nous, voir du monde, entreprendre des autres relations, laisser tomber toutes attentes vers le futurs et vivre l'instant présent... bref, plus ou moins tout ce que nous faisons ici!

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LuLutine

le samedi 30 novembre 2013 à 00h59

GreenPixie
Et donc ce qui me pose problème, c’est : comment faire évoluer l’ensemble de ses relations (les plus proches, pour commencer), par rapport à Tout cela, comment faire bouger les lignes, les frontières (ce qui n’est pas une mince affaire, j’en conviens).

Ben, moi je parle de ma façon de vivre autour de moi, avec les amis proches ou les gens chez qui je sens une ouverture (même quand je les connais peu, par exemple depuis quelques jours, parfois même quelques heures seulement). Et bien même des personnes exclusives qui découvrent cette manière de voir s'avèrent plutôt compréhensives et ouvertes d'esprit !

Ensuite, si j'ai envie de quelque chose avec quelqu'un (un câlin par exemple, qui peut passer pour "normal" entre amis ou dans certaines circonstances pour certains, mais pas pour d'autres), et si je pense qu'un oui est possible, je le dis. Si je reçois un refus, et bien tant pis : l'autre en face a le droit de dire non !

Par rapport à pas mal d'amis que je connais, je sens souvent qu'un rapprochement n'est pas forcément souhaité donc je n'insiste pas. Mais si j'en ai envie j'essaie de me rapprocher doucement, progressivement, et si à un moment l'autre s'éloigne, le message est compris, tout simplement. Je ne vois pas pourquoi je voudrais presser les choses.

En gros, je ne vais pas sauter sur les gens, mais à force de fréquenter quelqu'un, même s'il est "conditionné à la friendzone", si j'ai envie de m'en rapprocher et qu'en face il y a ce désir aussi, en général ça se fait.

Je suis aussi capable d'expliquer à quelqu'un qui croit que si je lui fais un câlin, c'est que je veux coucher avec lui que non, j'ai juste envie d'un câlin, merci. (Parce qu'il y a ceux qui se retiennent "parce qu'on est amis", et il y a ceux - un peu les mêmes en général ! - qui pensent que parce que telle limite est franchie, alors nécessairement on doit/va se sauter dessus....ben non, pas forcément ; ça peut, mais c'est comme les antibiotiques, c'est pas automatique !).

En résumé, dans ce domaine "patience et longueur de temps" sont ma devise...

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lam

le samedi 30 novembre 2013 à 10h39

GreenPixie
… Mais si jamais on reste trop peu nombreux/ses à se libérer de l’ensemble de ces peurs, durant le 21ème siècle, on restera une minorité à être plus ‘libres’, et on restera entouré par encore trop de personnes craintives, coincées dans la forteresse des «  peurs normales du siècle dernier ».

(...)

C’est comme s’exprimer autant que possible avec ‘une parole impeccable’ (pour citer l’auteur du livre «  Les 4 accords toltèques ») : si tu es l’un-e des trop rares à essayer de t’exprimer le plus justement possible, sans peur ni généralisation, mais qu’autour de toi pour la plupart des autres personnes ce n’est pas le cas, et bien tes paroles risquent d’être mal comprises, et de t’isoler.

Je te rejoins sur le fait que si on veut, en tant que poly, que le monde nous soit plus agréable, c'est à nous de sortir et de montrer qu'on existe. Par contre je ne me permettrai pas de juger les personnes que tu appelles "trop craintives", c'est pas si simple de s'assumer hors normes.
J'avoue que ton témoignage me touche, et me fait sourire en même temps.

J'ai l'impression (mais je me trompe peut-être?) que d'être out en tant que poly est l'une des premières catégories de l'ordre de l'intime (je ne parle pas de consommation alterno, hein) où tu sors de la norme.
Oui on est seul-e en sortant de la norme, non les autres ne nous comprennent pas toujours, non le monde ne va pas muter pour s'ajuster à nos dernières prises de conscience.
Et il va falloir vivre avec notre différence dans un monde où la norme (comprendre l'écrasante majorité et l'imaginaire collectif) n'est pas de notre coté.

Cette impression me vient du fait que ce que tu décris: être isolée et mal comprise, moi je le ressens au quotidien mais pas seulement au niveau poly de mon identité mais aussi et surtout :
- d'être vue/lue socialement comme une femme dans un monde aux valeurs positives associées au masculin
- de vivre dans un monde normativement hétéro et d'y être lesbienne
- de ne pas être conforme à mon genre associé "féminin", de me sentir et d'avoir l'air cyborg au milieu de la dichotomie féminin/masculin
- de ne pas avoir de relation affectivo-sexuelle ni exclusive, ni de type couple, ni type central.

Et je suis out auprès de mon entourage sur tous ces sujets, et je porte haut certaines de ces "a-normalités" dans des contextes plus distendus comme l'activité professionnelle.

C'est pas de tout repos, hein.
Après pour m'aider j'ai entre autres plein de privilèges: être blanche, éduquée, classe moyenne, avoir des papiers d'une grande puissance occidentale, pouvoir disposer de ma fertilité....

Tout ça pour dire que je trouve super que le polyamour donne l'occasion à des personnes assez privilégiées et dominantes sur d'autres champs du social, qui n'ont pas forcément eu l'occasion d'expérimenter ce que c'est que d'être hors-norme au niveau intime, de le faire.

Attention pour autant au fait de penser en termes de "nous" et "elleux", avec "nous" qui serait libéré et lucide et "elleux" qui serait craintives et coincé-e-s dans des normes.
Pas de souci, ne nous affolons pas, le "nous" dégouline aussi les normes.

GreenPixie
Et donc ce qui me pose problème, c’est : comment faire évoluer l’ensemble de ses relations (les plus proches, pour commencer), par rapport à Tout cela, comment faire bouger les lignes, les frontières (ce qui n’est pas une mince affaire, j’en conviens).

Ben y'a du boulot! Ce qui n'empêche pas de commencer et fêter ses ptites victoires.
Pour moi,
--> ça commence par se créer des cadres de confiance où arriver à être out et à l'aise. Puis à élargir ces cadres.
--> Ca implique ce travail de ne pas porter la gène des autres. Répondre à leurs questions sur ma/mes différences OK, mais sans tomber dans la justification qui décrédibilise. Si illes sont mal à l'aise cela leur appartient, je peux le comprendre et interagir avec bienveillance, sans pour autant m'excuser de leur gène.

--> Sortir de la norme est douloureux pour tou-te-s, c'est pour ça qu'il y a besoin d'allié-e-s et d'espaces de confiance, pour s'appuyer mais le boulot est surtout personnel à mon avis.

--> c'est un chemin, et pour ne pas désespérer de ne pas avoir modifié la société dans son ensemble, c'est important de se fixer des objectifs atteignables, et qui concernent un terrain sur lequel je peux agir: moi (et pas "les autres")

GreenPixie

… Mais si jamais on reste trop peu nombreux/ses à se libérer de l’ensemble de ces peurs, durant le 21ème siècle, on restera une minorité à être plus ‘libres’, et on restera entouré par encore trop de personnes craintives, coincées dans la forteresse des « peurs normales du siècle dernier ».

Et donc, pour répondre à ta question, LuLutine, c’est bel et bien sur ma mentalité & mes ressentis que j’ai d’abord souhaité agir, dans un 1er temps, mais à présent, dans un 2nd temps, il s’agit aussi de titiller et de questionner les mentalités & les ressentis des autres cercles de personnes qui m’entourent : mes ami-es (qu’illes soient ‘polys’ ou ‘monos’ ou autre et sans étiquette), mes connaissances, ma famille, sans compter Toutes les nouvelles personnes que je croise chaque jour, dans le milieu professionnel, dans des loisirs, au ciné, au café du coin, dans des soirées entre ami-es avec cercle élargi…

--> Changer les autres? peut-être, par effet rebond.
Changer les autres directement me parait impossible. En tout cas je ne laisse pas les autres faire ça avec moi (ce qui n'empêche pas d'être polie, comme à l'instant avec les témoins de jéhova qui viennent de sonner chez moi)

Les personnes qui me touchent le plus sont celles qui essaient d'être vraies et honnêtes vis à vis d'elles-même. Je ne "change" pas au contact des autres à moins que notre interaction vienne justement appuyer sur un point où je me questionne, où je cherche, où évoluer m'intrigue. Comme je ne peux connaitre ces points là pour les autres, autant essayer d'être honnête avec moi et de laisser venir les échanges, et de voir ce qui se passe ensuite dans différentes interactions avec autrui.
De toute façon je ne serai jamais un-e prophète pour les autres, au mieux mon altérité peut les faire réagir et non rester indifférent-e-s mais je ne contrôlerai jamais le pourquoi, le comment et la direction de cette réaction.
Donc vis-à-vis des autres je pense que j'agis déjà en osant être moi.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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lam

le samedi 30 novembre 2013 à 11h00

Et plus généralement sur la Friend Zone je rejoins assez ce qui est dit par Lulutine, Marco et d'autres: il faudrait déjà être clair sur ce que l'on veut.


Sortir de la friend zone?
OK.
Mais pour aller où?

Si finalement c'est qu'on a a envie de partager plus de contact physique, du sexe, dans une relation où on en partage pas (ou peu), cela revient à travailler à être clair-e avec soi-même sur ses envies (facile à écrire mais c'est du taff!), et à apprendre à les communiquer.

Apprendre donc à faire des propositions cohérentes avec nos envies, oser les mettre en mots et vraiment écouter la/les réponse-s.

Pour il n'y a pas de problème de friend zone hors du cadre de "l'ascenceur" (cf. dernier post de Marco), juste des problèmes de communication (c'est à dire des problèmes d'expression et d'écoute: de soi à soi et entre deux altérités).

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 30 novembre 2013 à 13h30

Je crois que nous n'avons pas tous le même vocabulaire ou la même notion de signification (interprétation) des mots. J'en conclu que nous ne parlons pas tous le même langage d'où certaines incompréhension. Je crois que chacun doit se créer sa propre notion et c'est ce que je fais avec la création de mon univers affectif. En lisant la salope éthique, je m'aperçois aussi que j'ai des notions de vocabulaire divergentes par rapport aux auteures. Toutefois, elles vont au fond des choses et expliquent leur conception et leur idéologie liée aux mots. Ainsi je peux les comprendre même si je n'aurai pas utilisé ce vocabulaire.

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LuLutine

le samedi 30 novembre 2013 à 14h03

lam
je ne me permettrai pas de juger les personnes que tu appelles "trop craintives", c'est pas si simple de s'assumer hors normes.

Et pour ma part je rajouterais que "trop craintives", ce n'est peut-être pas la réalité, c'est peut-être juste ton interprétation.

Par exemple, moi poly - et bien qu'adepte des relations floues, amitiés tendres etc. - je ne suis de manière générale pas très tactile avec les gens, même des amis que j'apprécie. Il faut que je tienne à quelqu'un d'une manière spéciale (plus "spéciale" que la plupart de mes amitiés, même si ce n'est pas forcément un sentiment amoureux) pour avoir envie déjà d'un contact.
Sinon, la plupart du temps je ne ferai pas grand-chose de plus que la bise aux gens, pourtant ça ne veut pas dire que je ne les estime pas, que je ne tiens pas à eux, ni que je n'ai pas d'affection. Et ça ne veut pas dire non plus que je suis craintive, je suis juste moins démonstrative que d'autres...

Et pourtant, en me voyant, quelqu'un avec ta vision pourrait (faussement) interpréter : "Elle semble beaucoup m'apprécier, mais elle ne cherche/accepte pas trop les contacts physiques, peut-être est-elle craintive..." Ben non ! :)

C'est juste qu'avec la plupart des gens (même très appréciés), je n'en ai pas absolument envie...

lam
Pour moi,
--> ça commence par se créer des cadres de confiance où arriver à être out et à l'aise. Puis à élargir ces cadres.

Ce que je fais depuis cinq ans :)

lam
'est important de se fixer des objectifs atteignables, et qui concernent un terrain sur lequel je peux agir : moi (et pas "les autres")
[...]
Changer les autres directement me parait impossible.
[...] vis-à-vis des autres je pense que j'agis déjà en osant être moi.

Je plussoie. (+)

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ScottBuckley

le dimanche 01 décembre 2013 à 00h40

... Hum hum, sauf erreur de ma part, je n'ai jamais dit "trop craintives", et je ne pense pas non plus qu'il faille "changer les autres" ( > titiller & questionner les mentalités & les ressentis des autres cercles de personnes qui m’entourent, sur des thèmes qui nous touchent, dans mon environnement, en revanche, oui (+) )

Et je suis d'accord avec vous qu'il faut commencer d'abord par soi, et c'est d'ailleurs ce que je dis dès le début du précédent post, donc il n'y a pas de souci .

En tout cas cela m'intéresserait bien de savoir pourquoi c'est cela que vous avez ressenti et/ou entendu (les très brefs extraits entre guillemets ci-dessus).

A bientôt de vous lire !

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aviatha

le dimanche 01 décembre 2013 à 01h12

Sans doute parce que tu utilises beaucoup le terme "peur" pour parler du comportement des autres (des gens qui ont des amitiés platoniques qu'ils veulent majoritairement sans désir), d'avoir besoin toi de te "libérer" et des gens qui "n'osent pas". Je pense que ça vient de là.

Je me permet une réflexion. Je pense qu'ici il y a deux choses qui se mêlent, la notion d'intimité et celle de désir. Et à mon sens ce n'est pas du tout la même chose.
J'ai une très grande, immense, intimité avec certains de mes amis, sur certains points plus qu'avec mon compagnon, et le degré zéro du désir pour eux. J'adore leur faire des câlins, m'endormir sur leurs genoux, dans leurs bras, affalée sur eux (avec d'autres affalés sur moi, on aime bien faire un tas quand on regarde un film), me faire masser quand j'ai mal au dos, parfois à moitié à poil, poser nue pour une amie qui dessine et faire la cuisine avec eux (pour moi c'est un acte très intime, je tolère rarement des gens dans ma cuisine :-) ). Donc, juste pour embêter MetaZet, je trouve que je suis une mono qui a des amitiés très riches avec des monos ^^

Encore, ce que je trouve dommage, c'est qu'on considère finalement l'amitié comme de l'amour possible mais qui s'est planté faute de désir. Et je ne suis pas d'accord. Pour moi il s'agit de deux univers complètement différents et séparés, certes, mais celui de l'amitié n'en est pas pour autant moins important que celui de l'amour. Quand je compare mes amis à mon frère, ce n'est pas une figure de style, ou un moyen de faire toucher du doigt une idée, c'est un ressenti véritable. Que je dise (ou fasse comprendre, je suis assez avare de déclaration :-) ) à quelqu'un qu'il est un de mes amis, un amis véritable, pour moi c'est lui dire que c'est un membre de ma famille, et que j'aurais aimé que la nature nous fasse naître du même sang, c'est un aveu immensément fort. A défaut de cela, ils sont comme mes frères adoptifs. Comme je suis souvent absente maintenant que j'ai déménagé, quand je rentre, ils vivent chez ma mère tout le temps que j'y suis, elle les reçoit à sa table (et la leur donne à débarrasser) comme s'ils étaient de la famille, ils ont leur chambre, tous avec quelques affaires à eux qui ne quittent jamais la maison, parfois ils font la bouffe et les courses... Bref, c'est une extension de ma famille.

Donc quand je lis ces histoires de "désirs refoulés", de "frontières floues" ou d'"amitiés-amoureuses", je me demande si on se focalise pas un peu trop là-dessus, au risque de passer à côté de belles choses étrangères à ces questions.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Anarchamory

le dimanche 01 décembre 2013 à 02h17

aviatha
Donc, juste pour embêter MetaZet, je trouve que je suis une mono qui a des amitiés très riches avec des monos ^^

Ben non, ça ne m'embête pas, au contraire ^^
Quand je parlais autrefois de désir, j'entendais aussi désir de tendresse, désir sensuel, pas forcément désir sexuel, érotique. Mais maintenant j'ai arrêté, car la plupart des gens, quand on leur dit "désir", ils pensent à la 2ème catégorie.
Il semble que tu sois bien, malgré toi, dans la frontière floue, dans la 3ème zone, même si dans cette 3ème zone, tu es bien plus proche des rivages de l'amitié.
Cette 3ème zone, à mon avis, suffit à combler la plupart des besoins en affection de la part de l'autre sexe (ou du même sexe, ou des deux, selon l'orientation sexuelle... ou plus exactement : sensuelle).
En ce moment, je discute beaucoup par MP depuis environ trois mois avec une jeune femme avec qui j'ai un feeling amical qui passe super bien et qui est extraordinairement démonstrative d'affection, et ça me fait un bien fou, quand bien même je sais qu'elle ne me désire pas érotiquement.

En somme, notre principale divergence est sur la suite :

aviatha
Encore, ce que je trouve dommage, c'est qu'on considère finalement l'amitié comme de l'amour possible mais qui s'est planté faute de désir. Et je ne suis pas d'accord. Pour moi il s'agit de deux univers complètement différents et séparés, certes, mais celui de l'amitié n'en est pas pour autant moins important que celui de l'amour. Quand je compare mes amis à mon frère, ce n'est pas une figure de style, ou un moyen de faire toucher du doigt une idée, c'est un ressenti véritable. Que je dise (ou fasse comprendre, je suis assez avare de déclaration :-) ) à quelqu'un qu'il est un de mes amis, un amis véritable, pour moi c'est lui dire que c'est un membre de ma famille, et que j'aurais aimé que la nature nous fasse naître du même sang, c'est un aveu immensément fort. A défaut de cela, ils sont comme mes frères adoptifs. Comme je suis souvent absente maintenant que j'ai déménagé, quand je rentre, ils vivent chez ma mère tout le temps que j'y suis, elle les reçoit à sa table (et la leur donne à débarrasser) comme s'ils étaient de la famille, ils ont leur chambre, tous avec quelques affaires à eux qui ne quittent jamais la maison, parfois ils font la bouffe et les courses... Bref, c'est une extension de ma famille.

Donc quand je lis ces histoires de "désirs refoulés", de "frontières floues" ou d'"amitiés-amoureuses", je me demande si on se focalise pas un peu trop là-dessus, au risque de passer à côté de belles choses étrangères à ces questions.

D'une, je dirais que ton ressenti reste subjectif et personnel, et que même s'il est valable pour toi, il n'est pas forcément généralisable. De deux, il y a de la place pour d'autres conceptions entre celle voulant que l'amitié et l'amour soient complétement séparés (ce qui est faux même pour toi, me semble-t-il, car ne peux-tu pas ressentir aussi de l'amitié pour tes amoureux, c'est-à-dire leur accorder ta confiance, savoir que tu peux compter sur eux et réciproquement, leur confier des choses, etc. ?) et celle voulant que l'amitié ne soit qu'un amour loupé faute de désir. On peut par exemple penser que l'amitié, quoique étant distincte du désir érotique, peut néanmoins se trouver à coïncider avec lui, et que ces deux dimensions peuvent se trouver à des degrés variables (le désir ou l'amitié, ce n'est pas forcément du tout-ou-rien). De trois, comme l'a dit "aimerplusieurshommes", le désir peut parfois prendre son temps. Tu es encore jeune, comment peux-tu être sûre que tu n'auras pas, un jour, du désir, ne serait-ce qu'un peu, un léger trouble, pour un ami que tu considérais comme un frère (et d'ailleurs, pourquoi même serait-il impossible ou immoral d'éprouver du désir pour son frère ou sa sœur ? du moment que tout le monde est majeur et consentant, je ne vois pas où est le problème, même, à donner corps à ce désir).

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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