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Dis...c'est quoi l'amour ?

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Siestacorta

le mardi 27 janvier 2026 à 19h40

On peut aussi dire que la monogamie sous l'ancien régime était une monogamie de transmission des biens.
Bref, beaucoup de mariages arrangés.

C'est avec la révolution industrielle que les gens se déplacent et rencontrent en dehors des terres familiales, et qu'on commence à généraliser un discours du mariage d'amour.
C'est relativement récent.

On passe d'une sécurité matérielle familiale locale à une sécurité qu'on attend dans un couple.

Mais l'exclusivité sexuelle et sentimentale était pas si respectée que ça, en pratique.
Voir, la non-exclusivité était valorisée pour les hommes.

Avec l'autonomie économique grandissantes des femmes, on arrive à la situation où les choix amoureux peuvent être multiples pour chacun.es.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Aki

le mardi 03 février 2026 à 15h23

Hm, je vois l'idée, mais est-ce qu'on relationne de la même manière dans la France du XXIème siècle que dans l'Italie du XVIIème ou dans l'Angleterre du XIXème ?

Peut-on réellement faire des généralités aussi simplistes, quant aux lieux, aux époques, aux contextes sociaux-économiques, etc ?

Certes, il y a eu le romantisme en Europe de l'ouest au XIXème ; mais quid du reste du monde ? Comment la monogamie a-t-elle évolué en Chine, au Congo, au Pérou, etc ? Bref, qui est ce "on" ?

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Siestacorta

le mercredi 04 février 2026 à 16h53

Aki
Bref, qui est ce "on" ?

Clairement, c'est d'ici que je parle, un forum francophone français. Donc ON occidental à donf'. Pas que ce soit mieux ou pire, juste ce que je connais !
C'est aussi sans doute ce que disait @artichaut avec " la monogamie tellequ'onlaconnait".

Dans ce contexte

Aki
Peut-on réellement faire des généralités aussi simplistes, quant aux lieux, aux époques, aux contextes sociaux-économiques, etc ?

On a des indices, dans ce contexte là.
Je te sortais ma propre réponse de ce que j'ai compris de Serge Chaumier et des pages sourcées socio par Liv Strömquiest dans les Sentiments du Prince Charles

Aki
mais quid du reste du monde ? Comment la monogamie a-t-elle évolué en Chine, au Congo, au Pérou, etc ?

Je ne sais pas.

Message modifié par son auteur il y a 14 jours.

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artichaut

le jeudi 05 février 2026 à 00h28

Siestacorta
Chaumier ( /!\ PDF)

le lien ne semble pas être le bon…

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artichaut

le jeudi 05 février 2026 à 00h46

Aki
Certes, il y a eu le romantisme en Europe de l'ouest au XIXème ; mais quid du reste du monde ? Comment la monogamie a-t-elle évolué en Chine, au Congo, au Pérou, etc ? Bref, qui est ce "on" ?

oui la question vaut la peine d'être posée.
le romantisme a-t-il eu l'influence que vu d'occident on peut avoir l'impression qu'il a eu sur le monde ?
quels sont les liens entre les concepts issus du romantisme et le capitalisme ?
etc.

j'ai trouvé cet article Le romantisme , la première mondialisation culturelle qui évoque vite fait le sujet.


Non seulement le romantisme n’est pas mort – c’est évident pour le sentimentalisme chic et glamour qu’il sert à désigner dans le langage international du marketing –, mais il n’est pas exagéré de considérer que ce très vaste phénomène de civilisation, qui, à partir de la fin du XVIIIe siècle, se propage progressivement depuis la Grande-Bretagne et l’Allemagne à travers toute l’Europe et au-delà, est le premier avatar de notre actuelle mondialisation.
(…)
Encore faut-il s’entendre sur le mot. Le romantisme ne représente pas seulement le rêve utopique d’harmonieuse synthèse entre la raison et la sensibilité, entre soi et le monde, entre le spirituel et le matériel – ou encore, pour revenir au cliché actuel, entre l’esprit et le corps, dans le domaine amoureux. Il implique aussi que cette volonté d’harmonie, qui gouverne en effet à notre insu la plupart de nos représentations les plus banales, se matérialise aussi dans les destinées des peuples, en sorte que les individus qui composent les sociétés accèdent à une forme de bonheur commun.
(…)
Et puis il y a le romantisme du cœur, une certaine conception du sentiment et de l’amour, qui grâce au cinéma et à la télévision s’étend au monde entier, et dont on aurait tort de se moquer trop vite, parce que cette considération de l’intime est peut-être l’un des faits les plus significatifs de nos cultures modernes.
(…)
Le romantisme, vu de la façon la plus générale et détachée de ses diverses réalisations historiques, du XVIIIe siècle à nos jours, n’est finalement rien d’autre qu’un mode de vie global, qui concerne tous les aspects de l’existence : la manière de croire, de s’engager, d’aimer, de se distraire, d’imaginer, d’agir… Il n’a pas touché de façon égale tous les peuples ni toutes les classes, mais il n’empêche qu’il est devenu une sorte de norme, si partagée et intériorisée qu’on a fini par la naturaliser, et surtout un langage universel dont on fait dépendre le dialogue entre les cultures : d’où les malentendus et les incompréhensions à l’égard de tous ceux qui sont restés, par choix ou du fait des circonstances historiques, à l’extérieur de ce romantisme globalisé.

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Siestacorta

le jeudi 05 février 2026 à 12h48

artichaut
le lien ne semble pas être le bon…

Arg, je corrige.

Je cite la petite synthèse in-extenso, tant qu'à faire :

Gaëtane Chapelle - Sciences Humaines n°106 - 2000
Dans La Déliaison amoureuse, le sociologue Serge Chaumier propose d'étudier l'évolution du couple à travers l'histoire. Selon les formules mathématiques simples qu'il emploie, le couple a pu ressembler selon les périodes de l'histoire et les idéologies ambiantes à 1 + 1 = 1, 1 + 1 = 2 ou 1 + 1 = 3 (sans que ce soit nécessairement dans cet ordre chronologique). Dans l'Antiquité grecque, amour, mariage et sexualité étaient loin d'être réservés à une seule dyade. Comme l'énonce Démosthène, « nous avons des épouses pour faire des enfants, des hétaïres pour nous distraire, des esclaves pour en jouir. » Le projet conjugal n'est en effet pas constitué de sentiments, mais de droits et de devoirs. Pen- dant longtemps, amour et mariage ont été incompatibles et ont fonctionné en parallèle. C'est ce que S. Chaumier appelle le couple 1 + 1 = 2. Mais avec l'apparition de l'amour courtois au Moyen Age, sous l'influence de l'Eglise et de la bourgeoisie, un autre modèle du couple est apparu. La monogamie et la fidélité ont été associées au mariage, du moins dans les discours officiels.

Si l'amour n'était pas nécessairement indispensable, chacun devait faire « comme si ». Peu à peu, « le sentiment amoureux ne trouve sa justification que dans la mesure où il donne naissance à un couple et à une famille (...). La sexualité y est minimisée, si ce n'est absente. Elle apparaît comme un passage obligé vers la famille. Au xviiie siècle, se met en place un double discours : d'une part, il faut aimer pour se marier ; d'autre part, il ne faut pas de sexualité avant le mariage. Ce paradigme a pour effet de dissocier, si ce n'est d'opposer amour et sexe. » Selon S. Chaumier, cette séparation entre amour et sexe aura pour effet de créer le mythe de l'amour romantique : celui de la fusion entre deux êtres, que rien ne peut séparer et qui sont unis face au monde, ce 1 + 1 = 1.

Mais les choses changent dans les couples contemporains. Sans que le couple soit remis en cause, car l'idéal romantique reste prégnant, il est maintenant admis que chacun de ses membres doit voir son individualité protégée. Un nouveau modèle, que l'auteur appelle mariage ouvert ou open mariage, dont on trouve l'origine dans la mouvance soixante-huitarde, est revendiqué par de plus en plus de personnes. Chacun entend conserver son droit à une existence autonome. Avec l'affirmation du droit à l'indépendance des femmes, au niveau professionnel entre autre, le refus du couple fusionnel prend encore de l'ampleur. « En effet, le mariage fusionnel n'était pas trop pesant pour l'homme qui parvenait toujours à préserver son indépendance et à ne pas fusionner tout à fait ! »

On assiste ainsi à l'émergence de ce que S. Chaumier appelle le couple fissionnel. La fidélité est ainsi perçue autrement. Ce ne sont plus nécessairement les relations extra-conjugales qui sont dénoncées mais la tromperie qui les accompagne. Même si la fidélité reste pour beaucoup un ingrédient important du bonheur conjugal, elle ne doit plus s'exercer à tous les niveaux. Il est ainsi admis de vivre des amitiés privilégiées avec l'autre sexe, parfois jusqu'à l'entente complice et ambiguë, du moment qu'elle est posée clairement comme telle. Le modèle fissionnel consiste à séparer ce qui était hier uni, à savoir les deux identités des deux partenaires. En plus des identités de chacun, apparaît une troisième : celle du couple. 1 + 1 = 3, C.Q.F.D.

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Siestacorta

le jeudi 05 février 2026 à 13h24

Ce qui vient plutôt appuyer le propos ordinaire d'@artichaut selon lequel le polyamour est plus une poursuite de la monogamie, ici plus précisément de la conjugalité monogame, qu'une rupture avec celle-ci ^^

On peut aussi le voir comme marquant un moment de changements.
Il y aura nécessairement une nouvelle norme, et certaines options poly en seront plus proches que d'autres.

Peut-être que 1+x = 1 (pour reprendre les formules de Chaumier), où il y a plus des rencontres que des relations définies, est en soi une continuité de l'histoire de l'individualisme sentimental :-P

Message modifié par son auteur il y a 13 jours.

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artichaut

le vendredi 06 février 2026 à 02h12

Siestacorta
Ce qui vient plutôt appuyer le propos ordinaire d'@artichaut selon lequel le polyamour est plus une poursuite de la monogamie

ben tiens, j'en ai remis une couche

on est loin en effet du fissionnel selon Chaumier

j'ai du mal à voir les fissures du Temple Monogame dans le fait de mutiplier les relations…

si l'on parlait de diviser l'amour, au lieu de le multiplier, ce serait peut-être déjà +cohérent, (et moins prétentieux accessoirement) ?

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