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Des relations & des courts ou longs métrages ?

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ScottBuckley

le lundi 16 septembre 2013 à 23h29

Bonjour,

Comme je suis un grand fan de courts métrages (j'ai déjà dû en voir des centaines, lors de festivals notamment), l'autre jour je me suis fait cette réflexion :
> est-on + facilement prêt-e à s'engager dans une relation ou dans une aventure (intense, débridée, créative, artistique, affective, sensuelle...) limitée dans le temps,
// que dans un contrat longue durée/illimitée plus sage, plus timide ?

Quand je pense à certaines personnes, je trouve excitante l'idée de les découvrir à l'occasion d'activités intenses, brèves, riches en adrénaline, en belles vagues de surf, en particulier pour nous tester et nous pousser => pour voir ce que l'on a dans le ventre ensemble lors de tel défi spécifique ...

... mais je ne me verrais pas partir en vacances un mois avec elles sur un voilier au milieu d'un océan .

Il y a des personnes qui me semblent capables de jouer & de faire de super courts métrages vivifiants ! ...
... mais qui seraient peut-être vite ennuyeuses en longs métrages, et qui nous feraient tomber assez tôt dans la routine, dans du réchauffé au micro-ondes, dans des plans & conventions sociales à rallonges. Avec des scénarios déjà vus et vécus mille fois.

Du coup, j'en suis venu à me dire que c'est peut-être aussi cela que j'adore dans les relations affectives plurielles :

> pouvoir oser telle aventure, telle danse dans la rue ou dans le métro, telle improvisation collective (dans l'esprit de ImprovEverywhere : improveverywhere.com ... mais > en allant + loin dans les expérimentations sociales !) , telle sensation inédite, avec telle personne que je ne connais pas encore (découverte il y a quelques secondes ou inédite),
... et ce dans de nombreux domaines (y compris des élans et des aventures qu'un couple exclusif et-ou casanier ne s'autoriserait peut-être pas l'un-e sans l'autre).

Sachant que si ça nous plaît, on saura ainsi jusqu'où est prêt-e à aller l'autre (> loin dans un joli délire !), sans passer par la case " devenons d'abord mois après mois de gentils ami-es sages et platoniques, avant d'oser quoi que ce soit de grand, de foufou " .

Qu'en pensez-vous ?

Et comment aimeriez-vous entrer en relations, et relationner, si vous deviez en changer l'approche, la naissance, le contexte, les formes, les contenus, pour les pimenter joyeusement ?

(( Moteur, ça tourne ! ))

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le mardi 17 septembre 2013 à 01h59

C'est vrai que depuis que je suis poly je me pose moins de questions avant d'entrer en relation.
Je sais que la qualité ou la "réussite" (diraient certains) d'une relation ne se mesure pas à sa durée ou à sa fréquence, par exemple.

Cependant :

GreenPixie
> est-on + facilement prêt-e à s'engager dans une relation ou dans une aventure (intense, débridée, créative, artistique, affective, sensuelle...) limitée dans le temps,
// que dans un contrat longue durée/illimitée plus sage, plus timide ?

Pour ma part je privilégie les relations longue durée, sages ou pas, car je ne vois pas (du moins dans la plupart des cas, donc sauf acte de haute trahison on va dire) pourquoi rompre totalement avec quelqu'un.

Ca ne veut pas dire que ces relations ne vont pas évoluer, mais je ne vois pas bien pourquoi elles ne seraient pas toujours là (bouh j'ai dit toujours, faut jamais dire toujours :P !). Eventuellement sous une autre nature, mais dans le maintien du lien, en somme.

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ScottBuckley

le mardi 17 septembre 2013 à 11h50

Merci LuLutine pour ta réponse et ce partage !
( noctam'bulle ? )

Juste une précision (au cas où) :
> je ne suis pas " contre " les " relations de longue durée ",
... Mais je ne veux pas en décider dès le début : je veux laisser la relation libre de naître et de s'improviser librement.

La sociologie (notamment celle de Pierre Bourdieu, ou d'Erving Goffman) m'a éclairé sur certains de nos conditionnements (la reproduction sociale & l'entre-soi en huis-clos, par exemple), sur nos jeux sociaux d'apparence/de paraître, et j'aime essayer ( soyons modestes, n'ayons peur de rien ) de les déjouer, sachant que ce n'est pas facile Mais que cela en vaut la belle chandelle !

Je veux lui donner du grain à moudre à cette relation potentielle nouvelle, pas lui fixer des racines ou des cadenas dès le début (tous ces cadenas-coeurs casés / fixés sur le Pont des arts à Paris, ça me donne la nausée) .

Toute relation nouvelle dans ma vie n'est pas " avoir ceci en + ", mais plutôt " être moi-même différemment ", puisque cette nouvelle relation peut me toucher, me charmer, et parcourir tout mon être telle une étoile tournoyant en spirale à l'intérieur de moi, et me changer déjà parfois fortement, après une ou deux belles soirées.

A condition que la personne soit Entière (et donc pas " la moitié de quelqu'un " / ou de soi).

Une jeune femme animale/primale m'a fait cette impression récemment, dans une clairière perchée, et j'ai beaucoup apprécié cette rencontre, son côté sauvage, punk à chat, et ce drôle de tournoiement intérieur qui se poursuit en moi même en son absence géographique, et qui me chatouille encore les entrailles !

La première qualité que je recherche dans une relation, c'est la beauté de sa naissance, sa fraîcheur, son intensité, sa franchise et/ou candeur, son côté cru, vivant, pimenté, ou son magnifique spleen musical digne d'une chanson bluegrass (B.O. de O'Brother) ...

Et si on est sur une belle vague d'émotions, de sensations : nourrir cette relation, patiemment, pour continuer à lui donner du goût, des parfums, des encres, des sueurs chaudes, des phéromones ( transports d'excitations, dit l'étymologie ) ....

Ne surtout pas la congeler/figer dans la froideur, ni la mettre au micro-ondes.

Et je suis donc pour des relations intenses & dignes de courts métrages renouvelables ;)
( comme les énergies ! )

A mes yeux, et d'après mes ressentis, le monoamour me donne l'impression de signer pour un long métrage exclusif avec quelqu'un (une seule personne),
... sans s'autoriser à jouer d'autres personnages et à expérimenter d'autres fortes & belles expériences débridées, sauvages, avec d'autres mises en scènes, d'autres scénarios de vieS.

Et s'il y a bien un truc que je ne veux pas dans ma vie, c'est avoir le sentiment de vivre la "rediffusion d'un épisode" ( dixit le jeune Calvin, de la BD Calvin & Hobbes, de Bill Watterson : j'adore (+) !! ), comme ces rediffes qui repassent chaque noël à la télé.

' A sad feeling of déja-vu ', comme diraient nos ami-es anglophones ;)

( je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire, si vous ressentez un peu cela ? et les parallèles avec les univers créatifs du cinéma me parlent beaucoup, j'avoue ! )

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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ScottBuckley

le mardi 17 septembre 2013 à 11h52

LuLutine

Ca ne veut pas dire que ces relations ne vont pas évoluer, mais je ne vois pas bien pourquoi elles ne seraient pas toujours là (bouh j'ai dit toujours, faut jamais dire toujours :P !). Eventuellement sous une autre nature, mais dans le maintien du lien, en somme.

>> Il faut toujours s'abstenir de dire " jamais ", et jamais dire " toujours " :-D , na.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Vaniel

le mardi 17 septembre 2013 à 15h34

L'avantage des courts métrages réside justement dans leur durée plus courte ! Conséquence : non seulement tu peux en regarder davantage dans le même laps de temps que des longs métrages mais tu es aussi plus aventureux et persévérant parce que tu perdras moins de temps si le film est mauvais. Je crois vivre les amours multiples avec une dynamique similaire. Je pense m'engager d'autant plus facilement que si une nouvelle relation ne me stimule pas, j'espère pouvoir y mettre un terme d'une manière douce et continuer à voir la personne comme un/une ami(e). Sur ce point, j'ai conscience que j'idéalise. Dans la pratique, je me retrouve peut-être parfois à trop prendre en compte les désirs asymétriques.

Pour changer de domaine, j'aime beaucoup les nouvelles mais je ne pourrais pas me passer de lire des romans. Ce n'est pas nécessairement une question d'intensité car l'intensité peut-être maintenue pendant des centaines de pages ou tomber au bout de trois pages. Tout simplement, ce ne sont pas les mêmes modalités de lecture (le rapport au temps est notamment différent et ses implications nombreuses).
Certaines expériences nécessite une connaissance de l'autre qui ne peut être atteinte que sur la durée.

La recherche d'inédit est intéressante mais peut se révéler à double-tranchant. J'ai l'impression que parfois nous nous perdons, plus ou moins longtemps, à vouloir tester de nouvelles choses sans autre intérêt que la nouveauté. A creuser...

Ce que j'aimerais dans les relations ? Qu'elles ne soient jamais figées, toujours mouvantes ;).

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Tcheloviekskinoapparatom

le mardi 17 septembre 2013 à 17h03

Il y a tout de même à mon sens un problème de base dans ce genre de discussion c'est qu'on ne sait pas a priori si une relation va durer ou pas. Bon, ok, il y a des cas spécifiques comme les gens qui sont en voyage, ou en voyage longue durée (passent un an dans notre ville avant de s'envoler pour l'autre bout du monde), mais même là on n'est pas vraiment sûr.
Personnellement ce que je préfère c'est justement ça, ne pas savoir combien de temps ça durera, ne pas partir sur cette base mais sur quelque chose de plus simple : est-on content de se connaître, a-t-on envie de se revoir ? Encore ?
Quelque part, le monoamour a d'ailleurs tendance a plus facilement tourner au court-métrage.... le fait de ne pas nécessairement mettre un point final à une relation même quand il y a un certain relâchement, ce que permet le polyamour, évite de penser en termes de "ok c'est pas l'amour de ma vie, mais bon c'est juste pour un peu de temps".

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(compte clôturé)

le mardi 17 septembre 2013 à 17h09

En ce qui me concerne, les personnes qui entrent vraiment (c'est à dire en profondeur) dans mon coeur y restent indéfiniment.

Pour ce qui de la durée et de la nature de la relation, c'est la vie qui décide, pas moi...

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Katouchka

le mardi 17 septembre 2013 à 17h34

C'est ma problématique du moment.

GreenPixie
je trouve excitante l'idée de les découvrir à l'occasion d'activités intenses, brèves, riches en adrénaline, en belles vagues de surf, en particulier pour nous tester et nous pousser => pour voir ce que l'on a dans le ventre ensemble lors de tel défi spécifique ...

Moi aussi je trouve ça excitant mais finalement si tu te limites à ça, sur quoi fondes-tu ta relation:
Rien.
Donc, effectivement ça favorise le court métrage, parce que pour durer une histoire a besoin de plus.

Qui dit court métrage dit rupture : mais pourquoi rompre puisque:

LuLutine
Pour ma part je privilégie les relations longue durée, sages ou pas, car je ne vois pas (du moins dans la plupart des cas, donc sauf acte de haute trahison on va dire) pourquoi rompre totalement avec quelqu'un.

Ca ne veut pas dire que ces relations ne vont pas évoluer, mais je ne vois pas bien pourquoi elles ne seraient pas toujours là. Eventuellement sous une autre nature, mais dans le maintien du lien, en somme.

Seulement encore faut-il que chacun soit d'accord sur l'évolution de la situation... bon moi je suis d'accord mais dans les faits...suis pas sûre que ça fonctionne toujours (zut j'ai dit toujours! ;) )
Je suis preneuse pour des trucs qui m'éviterais de devoir dire: "ah au fait salut, ça fait 3 mois qu'on couche ensemble mais désormais je préfèrerais qu'on regarde la télé." sans qu'on me prenne pour une folle.

Sinon:

Vaniel
Certaines expériences nécessite une connaissance de l'autre qui ne peut être atteinte que sur la durée.

La recherche d'inédit est intéressante mais peut se révéler à double-tranchant. J'ai l'impression que parfois nous nous perdons, plus ou moins longtemps, à vouloir tester de nouvelles choses sans autre intérêt que la nouveauté.

Je plussoie! (+)

Est-ce parce que j'ai de vieux réflexes de monos, est-ce que c'est parce que j'ai une image de l'amour romantique, éternel.... blablabla?
Bref, je ne sais pas mais pour moi "aimer" c'est quelque chose de plus fort, une espèce d'adrénaline puissance infinie.
Si l'on s'autorise plein d'aventures, peut-être trouve-ton le Graal... Mais j'ai l'impression qu'on y trouve aussi souvent de la déception...
Evidemment je dis ça pour moi, si je ne cherchais pas le Graal, je ne serais pas déçue.
Tant pis pour moi! :(

En même temps, je suis heureuse d'être poly. D'avoir cette liberté de pouvoir assouvir mes envies quand elles me viennent sans ressentir la moindre culpabilité. Je me lance parfois dans l'aventure. C'est sympa. Mais je ne pense pas que ça puisse être épanouissant.

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Vaniel

le mardi 17 septembre 2013 à 17h52

Je pense au contraire que c'est épanouissant. Il me semble cependant qu'il faut être conscient des raisons qui nous poussent à nous éparpiller, à céder à toutes nos curiosités (attention aux logiques de fuite).

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LuLutine

le mardi 17 septembre 2013 à 18h21

Katouchka
Je suis preneuse pour des trucs qui m'éviterais de devoir dire : "ah au fait salut, ça fait 3 mois qu'on couche ensemble mais désormais je préfèrerais qu'on regarde la télé." sans qu'on me prenne pour une folle.

Juste le dire ?
Pour ma part j'ai reçu un peu le même genre de discours récemment, et je n'ai pas pris l'autre pour un fou, si ça peut te rassurer ^^

Pour GreenPixie : non, je n'ai absolument pas pensé que tu étais contre les relations longue durée !

Pour le reste, je rejoins je pense à peu près la totalité de ce qui a pu être dit (y compris par GreenPixie). Oui, on ne sait pas où une relation peu nous mener lorsqu'on la commence, mais alors il n'est pas plus logique de l'envisager à court terme qu'à long terme.

Simplement, je ne vois en général pas de raison de rompre (sauf "haute trahison", si je puis dire). Du coup mes relations ont tendance à durer.

Vaniel
si une nouvelle relation ne me stimule pas, j'espère pouvoir y mettre un terme d'une manière douce et continuer à voir la personne comme un/une ami(e).

Pour moi, si tu continues à voir l'autre même "comme un(e) ami(e)", tu n'as pas mis un terme à la relation justement ! Je prends le terme "relation" dans un sens plus général que ce que "la majorité" appelle "relation amoureuse".

==> Surtout qu'après tout, où se situent les limites de la "relation amoureuse" ?

Un tel enverra plein de doux messages à sa "chérie" alors même qu'ils ne se sont jamais embrassés ni touchés, tel autre considèrera que la relation est terminée parce qu'ils n'ont pas eu de relation sexuelle depuis trois mois !
Franchement, où mets-tu le curseur ? Moi je trouve que ce n'est pas clair, et je préfère ne pas en mettre. Autant discuter avec l'autre de ce qu'on veut ou non dans la relation.

Bref, donc je préfère utiliser "relation" tout court, et la laisser évoluer. C'est pourquoi comme je le dis juste au-dessus, le package "c'est fini et on ne se voit plus", c'est un truc que je n'envisage pas de manière générale.

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amoureuxfou (invité)

le mardi 17 septembre 2013 à 19h31

Je dirais que cette phrase résume bien l'état d'esprit, l'idée qui se dégage des derniers échanges:

"Choisissez comme compagnon ceux qui vous inspire à l'excellence et vous élève. Laissez aller avec grâce ceux qui ne le font pas."

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Geraldin-e

le mardi 17 septembre 2013 à 21h36

Tout d'abord, toujours les mêmes questions pour moi. Dans les choix courts et/ou longs, quelle est la part construite culturellement, la part des obligations de notre espèce animale, la part des variations de goûts persos réels ?

Dans le temps, j'étais pour des relations (amicales, amoureuses, mono ou poly) longues, durables.
A présent, après avoir pris un peu de distance vis à vis de ma culture et de mes penchants persos, je me dis qu'il vaut mieux de tout, du court et du long ! (et au cinéma j'aime bien les deux d'ailleurs :-)).
Du long parce qu'il faut le temps de se connaître (et aussi pour des projets communs à long terme), d'approfondir, et que si on s'entend bien c'est génial. Du court pour plus de liberté, pour des expérimentations, des fenêtres.
Mais comme à la base je suis plutôt comme Lulutine et d'autres, quand j'aime (que la forme soit plus amicale ou carrément amoureuse), ça ne s'arrête pas (avec évolutions éventuelles), même si on ne se voit plus ou peu, donc pas vraiment de ruptures. Ce qui veut dire du court dans la pratique, mais pas vraiment dans ma tête.
N'empêche que je pense qu'on aurait à gagner à plus de libertés et de détachement, donc avec aussi des relations éphémères. A expérimenter...?

GreenPixie
Et comment aimeriez-vous entrer en relations, et relationner, si vous deviez en changer l'approche, la naissance, le contexte, les formes, les contenus,

De manière générale, il faudrait par exemple pouvoir dire ce que l'on pense/ressent sans que ça fasse des "drames". Avec le polyamour, éthique donc, on devrait pouvoir arrêter de calculer/se bloquer si la relation va être longue ou pas, si on va se faire rejeter ou pas, si l'autre partage les mêmes sentiments ou pas.
Plus de simplicité, de franchise.
On aurait intérêt à plus de "grégarité" positive, à réduire les frontières multiples : genres, physique, classe sociale... Il y a tellement de peurs mutuelles, de barrières, de compétitions...
Des pratiques comme le naturisme, les soirées "Open Kiss & Polysensuelle" :-), devraient aider à ça. (et aussi dans d'autres registres : militantisme, luttes sociales)
Les discussions cérébrales ne peuvent suffire, il nous faut aussi du contact, et donc de l'amour et de l'empathie.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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ScottBuckley

le mardi 17 septembre 2013 à 22h19

Katouchka
C'est ma problématique du moment.

(ici : citation de GreenPixie, citée plus haut)

Moi aussi je trouve ça excitant mais finalement si tu te limites à ça, sur quoi fondes-tu ta relation : Rien.

>> Non, je n'ai jamais dis que je me " limitais à cela " ou qu'il le fallait, je dis juste que c'est mon test-épreuve vital pour voir ce que l'on a dans le ventre.
Si on a encore en soi des grains de folie douce ou sauvage.

C'est Très important pour moi, ces tests renouvelés.

Pour voir si je peux aller plus loin, et aller au-delà d'une peur ou d'une timidité d'hier.

Et puis ça sert aussi de test pour vérifier si l'on s'aime toujours, et si l'on aime encore la vie, si l'on est prêt-e à se battre pour elle.

Tout comme dans le fort film ' La guerre est déclarée ' de Valérie Donzelli, avec ces deux parents qui luttent et bravent les tempêtes au quotidien pour leur enfant : j'ai Vrraiment aimé l'énergie-force qu'illes dégagent, communicative dans les tripes, jusque dans leur soirée open kiss (+) .

Combien de personnes ont déjà, autour de nous, à 25/30 ans ou +, renoncés à leurs grands rêves, et s'enlisent ou s'embourgeoisent, dans des petites vies bien rangées dans un salon ikea (en kit dont l'éthique est en toc) ? Trop à mon goût.

Cette uniformisation ( des vies, et des centres-villes, tous les mêmes d'une ville à une autre, d'un pays à un autre ), je ne m'y reconnais pas du tout.

Il y a des personnes qui ont l'air solides comme un chêne, robustes, riches, dans une bonne situation, propriétaires, etc., mais qui sont prisonnières de leurs possessions, de leurs peurs, et qui ne prennent plus le risque de nouvelles aventures.

Il y en a d'autres qui ont l'air frêles comme un roseau, fragiles, pas très riches, un peu maigres, qui plient parfois le corps.... mais qui savent danser, rire, autoconstruire des maisons...

... Qui possèdent peu, certes, et qui du coup n'ont presque rien à perdre.
Pas de crédit sur le dos qui court sur 25 années. Qui ne sont pas possédées.
Et dans la fable de La Fontaine ' Le chêne et le roseau ' ....

( ! attention je vais raconter la fin ! ) ,

.... à la fin de la tempête, de la crise, c'est le chêne trop fier de lui qui tombe, et le modeste roseau, lui, ' plie, mais ne rompt pas ' .

On peut parfaitement être douée, très sociable & souvent embarquée dans des histoires plurielles riches en adrénaline....
.... ET le soir être un parfait bouddha au karma zen, assis en tailleur en train de méditer. Les deux me semblent même bien se compléter, s'harmoniser.

On peut être une surfeuse perchée & une bouddhiste épanouie, dans le même corps.
> C'est cela que je recherche, ce magnifique équilibre, ces doubles et multiples énergies, ce yin ET ce yang.

Avec le culot de faire des choses qui me font triper ( monter un groupe de rock, aller sur scène pour faire du slam... s'initier au tantra avec deux ami-es... ).

Quand j'entends les statistiques à la radio de l'audimat, qui dit combien de millions de personnes hier regardaient telle ou telle chaîne télé, ça m'horrifie : on sait exactement où sont ces millions de personnes, ce qu'elles font, ce qu'elles reçoivent comme informations, à quelle adresse, dans quel canapé... C'est tellement prévisible.

On n'est pas prêt de revivre un printemps érable nouveau, avec ce genre de comportements trop casaniers.
Ce n'est pas ainsi que l'on va changer la société, qui en a encore bien besoin pourtant.

Cette vie-là ne me fait pas rêver, et c'est entre autres pour cela que je refuse d'avoir une télévision avec antenne + redevance, depuis pas mal d'années déjà.

J'ai encore de grands défis & rêves à accomplir (sur ma " Liste des choses à faire avant de mourir " ) , et ce sont eux ainsi que les personnes qui les partagent qui me portent dans la vie.

Katouchka : " Donc, effectivement ça favorise le court métrage, parce que pour durer une histoire a besoin de plus.

" Qui dit court métrage dit rupture "

(...)

>> Non, pas à mes yeux. Un court métrage ne signifie pas " son auteur-e a rompu / est partie / disparue à jamais " , mais :
' son co-auteur-e écrit une nouvelle histoire, un nouvel album, entame un nouveau cycle, et va peut-être changer un peu le casting ' .

C'est pour cela que j'ai bien précisé plus haut que je ne suis pas " contre des relations longues durées ", mais que je leur préfère des relations intenses et brèves et renouvelables.
Avec ou sans les mêmes personnes.

J'admire par exemple certains (pas tous) duos ou couples qui vivent très bien leurs histoires affectives et amoureuses ouvertes, tout en ne vivant pas sous le même toit.

La non-cohabitation de couples est une forme (parmi d'autres) de choix de mise en scène favorisant des courts métrages renouvelables.

Et je suis partant pour vivre de belles histoires avec la même artiste - auteure - ou réalisatrice, à travers différents courts métrages non-exclusifs, vécus ensemble, qui sont autant de cycles de vie, et peuvent aussi correspondre parfois aux cycles de nos désirs respectifs.

Je préfère vivre 6 courts métrages intenses en une année, avec 3 amoureuses, que un seul long métrage durant plusieurs années avec une seule amoureuse exclusive, avec laquelle mes sentiments se seront certainement asséchés au fil des années, en raison de cette exclusivité qui me momifierait, j'en suis sûr ( eh oui, je me connais bien, je suis en relation suivie avec moi-même depuis ma naissance ^^ ) .

Katouchka : " ( ... ) pour durer une histoire a besoin de plus (...) "

A mes yeux, pour durer, une histoire a besoin de plus oui, mais surtout besoin de mieux : d'être rafraîchie, réinventée, diversifiée, de faire un pas d'entrechat, de se poser pour un projet commun, de rebondir à côté ou plus loin pour un autre, et d'être vécue au pluriel, pour s'enrichir aussi d'autres histoires & d'autres relations, des énergies et sèves des autres branches.

Ces énergies peuvent être mentales, sexuelles, sensuelles, organiques, ou autres. Elles soufflent à travers nos veines, nos branches, en nous, pour nous.

Un arbre ne peut pas vivre en autarcie, sans toutes les terres qui le nourrissent, alors pourquoi un couple ou un corps le pourrait ?

Aujourd'hui avec la médecine dite "moderne", on peut ( - dans l'absolu du moins - ) vivre jusqu'à 70 voire 100 ans et +.
Or je ne suis pas du tout sûr que nous soyons fait-es pour vivre et partager le même lit durant toutes ces décennies avec une seule et même personne à la fois, je n'y crois plus et je n'en veux plus, voilà tout.

La vie est trop courte pour se gâcher la vie, pour faire subir la routine à autrui et à soi.
' There's more to life than this ' , comme dirait Björk dans une chanson.

Ce que je crains, dans les longs métrages / mariages / relations exclusives/possessives subies ou "choisies par défaut" (faute de connaître d'autres formes de relations possibles), c'est la routine, qui à mes yeux est un tue-l'amour.

Il y a déjà au bas mot des millions de couples malheureux, séparés, ou s'entredéchirant dans les tribunaux et se ruinant dans des divorces qui n'en finissent plus (sans parler des crimes passionnels entre époux/ses, + fréquents qu'on ne croit) : n'allongeons pas la liste des couples tristes & monolithiques.

La vie vaut mieux que cela.

Katouchka
Bref, je ne sais pas mais pour moi "aimer" c'est quelque chose de plus fort, une espèce d'adrénaline puissance infinie.

Si l'on s'autorise plein d'aventures, peut-être trouve-t-on le Graal... Mais j'ai l'impression qu'on y trouve aussi souvent de la déception...

Certes, et si on n'essaie rien, on est sûr de ne pas rater, on reste dans son confort, dans son canapé, dans son lit.

Mais on est aussi sûr-e de ne rien réussir, de ne jamais trouver de Graal ni singulier ni pluriel, et donc au final d'être déçu-e.

Tout comme toi Katouchka je crois en cette ' espèce d'adrénaline puissance infinie ' , liée au verbe ' aimer ' , et il me semble justement que pour exister, elle a besoin de multitudes, de différents courants forts & d'expérimentations affectives intenses insufflant en elle, pour qu'elle trouve cet infini en puissance.

Pour que le ' 8 ' couché (symbole de l'infini) puisse vivre et donner de sa sève en continu au coeur situé dedans & dessus (symbole du polyamory) .

Comme dirait une citation lettriste des années 1960' (avant mai 68) :

« L’aventurière est celle qui fait arriver des aventures, plus que celle à qui les aventures arrivent »

Exprimé autrement par Oscar Wilde :

' Il faut toujours viser la lune, car même en cas d'échec, on atterrit au milieu des étoiles ' .

... Et je sais que ce n'est pas tous les jours facile d'en faire l'un des forts préceptes de ma vie, mais le fait que ce ne soit pas facile est justement sans doute ce qui m'excite encore plus (+) , des chemins bordés de défis !

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LuLutine

le mardi 17 septembre 2013 à 23h09

GreenPixie
Combien de personnes ont déjà, autour de nous, à 25/30 ans ou +, renoncés à leurs grands rêves,

C'est drôle parce que tu en parles comme si, enfant et ado on avait nécessairement de "grands rêves", et qu'ensuite - une fois adulte - on y renonce...

Moi, ça a été le contraire. Enfant, j'avais très vite compris (parce que conditionnée ainsi !) qu'il ne fallait pas avoir de trop grands rêves, que ce n'était pas raisonnable, etc.

Du coup, jusqu'à l'âge dont tu parles environ, je ne m'autorisais pas à rêver.

C'est aujourd'hui que je le fais.

Je prends le chemin exactement inverse des gens dont tu parles...!

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amoureuxfou (invité)

le mercredi 18 septembre 2013 à 00h06

"A mes yeux, pour durer, une histoire a besoin de plus oui, mais surtout besoin de mieux : d'être rafraîchie, réinventée, diversifiée, de faire un pas d'entrechat, de se poser pour un projet commun, de rebondir à côté ou plus loin pour un autre, et d'être vécue au pluriel, pour s'enrichir aussi d'autres histoires & d'autres relations, des énergies et sèves des autres branches.

Ce que je crains, dans les longs métrages / mariages / relations exclusives/possessives subies ou "choisies par défaut" (faute de connaître d'autres formes de relations possibles), c'est la routine, qui à mes yeux est un tue-l'amour.

Il y a déjà au bas mot des millions de couples malheureux, séparés, ou s'entredéchirant dans les tribunaux et se ruinant dans des divorces qui n'en finissent plus (sans parler des crimes passionnels entre époux/ses, + fréquents qu'on ne croit) : n'allongeons pas la liste des couples tristes & monolithiques.

La vie vaut mieux que cela. "

J'ai bien aimé tout ce que tu dis Pixies ici.

Pour durer une histoire à besoin de se construire, avec des idées en commun qui peuvent se transformer en projets.

Du dialogue, envie d'être utile pour les autres.

Je pense comme toi quand tu dis qu'il faut se nourrir de rencontres, d'échanges avec d'autres personnes. Des gens qui nous inspirent à l'excellence et nous élèves.

Pour les énergies, je crois qu'on trouve pleins de formes d'énergies qui nous rende plus fort, plus créatifs, et l'une des formes c'est justement la création sous toute ses formes, créer et les rencontres peuvent nourrir cette énergie, donner de l'élan, de la motivation.

La routine, c'est clair ça te bousille un homme/une femme.

C'est très important de rester concentrés sur nos désirs/projets/idéaux et à notre rythme essayer de faire en sorte d'avancer avec toutes ces personnes qui peuvent contribuer à le faire devenir une réalité.

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Vaniel

le mercredi 18 septembre 2013 à 10h34

LuLutine
Pour moi, si tu continues à voir l'autre même "comme un(e) ami(e)", tu n'as pas mis un terme à la relation justement ! Je prends le terme "relation" dans un sens plus général que ce que "la majorité" appelle "relation amoureuse".

Je suis complétement d'accord avec toi. Je me suis juste mal exprimé, merci de l'avoir relevé.

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Profil

Katouchka

le mercredi 18 septembre 2013 à 10h57

GreenPixie c'est beau ce que tu dis <3
ça donne envie de tourner avec toi ;)
Je suis convaincue! :)
Avec mon amoureux, celui dont je partage la vie depuis 9 ans: c'est comme tu dis: c'est intense et toujours en renouvellement, pas (trop) de routine , un peu mais juste ce qu'il faut et je trouve ça très épanouissant. C'est pourquoi dans mes relations plurielles, je vais être à la recherche d'une dose de ça: de l'amour, de l'aventure et si c'est bien alors de la durée. Car pourquoi s'arrêter en si bon chemin?

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ScottBuckley

le mercredi 18 septembre 2013 à 13h48

Merci chère Katouchka <3

Alors tournons & tournoyons ensemble,
festoyons, cotoyons tournicoton,
et allons-y tourrrrrnicoti !

Après les ménages désenchantés, voici les méninges ré-enchantés :-) !

( par contre, vue l'analogie avec le monde du cinéma, soyons prudent-es : c'est un milieu où, paraît-il, il faut coucher ou tourner nu-e pour réussir )

.... mais hum, si je comprends bien, tu as réussi à lire ce fichu gros pavé ci-dessus que j'ai écrit ?
WooouOoh, quel courage. Tu es une mère courage... et un jour peut-être une polymère courage ?! :-D

Et autrement, sur ce forum on ne peut pas " placer d'images " directement visibles (hélas), mais j'aimerais que vous jetiez un oeil via ce lien à celle-ci, que j'aime énormément,
qui me parle comme jamais :

Elle distingue notre ' zone confort ' // des lieux où peut se réaliser de la magie, des magies.

Et que l'on soit plutôt ' polys ' ou ' monos ' ou tout autre, ça marche aussi (me semble-t-il) :

designerattache.files.wordpress.com/2013/01/img_33...

>> Qu'en pensez-vous ? ça vous parle ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Vaniel

le jeudi 19 septembre 2013 à 11h55

L'oeuvre est un peu littérale mais intéressante. Qui en est l'auteur ?
Juste une remarque en passant : la zone dans laquelle peut advenir la magie se trouve être un cercle, figure de l'instabilité opposée à la zone de confort qui est un rectangle, figure de la stabilité (le carré serait plus approprié mais les toiles carrés sont relativement rares). A l'occasion, je reviendrais sur cette notion de zone de confort, peut-être dans une autre discussion pour ne pas être trop hors sujet ici.

Je ne résiste pas à l'envie de recopier l'une de mes citations favorites qui me semble très appropriée ici : "L'oubli de l'utopie a un prix : la résignation au monde comme il va." (Fredric Jameson, Archéologie du futur. Le Désir nommé utopie). Pour moi, l'important est moins d'atteindre un but que le chemin parcouru pour l'atteindre. Échouer en chemin me paraît tout à fait acceptable ; renoncer à ce que je souhaite faire avant même d'avoir essayé, ce serait m'amputer d'une partie de mon énergie, de mes rêves... Beaucoup de projets n'aboutiront jamais, ils resteront des courts métrages que j'essayerais peut-être de transformer de nouveau en long métrage, à l'échelle d'une vie.

@ GreenPixie : tu me rappelles Caracole, un personnage créé par Alain Damasio dans La Horde du Contrevent, un roman qui pourrait te plaire. Caracole est un troubadour qui a un besoin vital de changements. Il est fluide, changeant. Il invente et réinvente le langage en permanence.

Si une certaine routine peut être utile dans le travail pour automatiser certains processus de traitement des données, il est vrai qu'elle est souvent néfaste dans une relation. Cependant, une relation longue peut être un moyen d'éviter la routine car il me semble que la routine vient souvent de nous-même et qu'être en contact avec une autre personne génère plus facilement du dynamisme (en théorie, on devrait être deux à combattre la routine).
Les sentiments ne s'assèchent pas nécessairement sur la durée, ils peuvent se renouveler. Pendant combien de temps ? Pour l'instant je n'ai jamais dépassé cinq ans avec quelqu'un, ce qui est déjà relativement long mais demeure court à l'échelle d'une vie.

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LuLutine

le jeudi 19 septembre 2013 à 15h37

Vaniel
@ GreenPixie : tu me rappelles Caracole, un personnage créé par Alain Damasio dans La Horde du Contrevent,

Génial ce bouquin (+)
Et désolée pour le HS.... ;)

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