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Éloge de l'amour

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bouquetfleuri

le lundi 09 septembre 2013 à 13h58

(Éloge de mon amour)

Est-il possible de faire l’éloge d’un objet, d’un sujet, d’une chose par rapport à laquelle on ne peut pas prendre de recul, ni s’en abstraire totalement, conscient que l’on est de sa prégnance mais inconscient de l’importance des éléments qu’il construit de sa propre identité ? Je peux décider que oui, je peux accepter de me tromper si je pense aller dans la bonne direction.

Peut-on savoir ce qu’est l’amour ? Cette question résonne comme sa jumelle : peut-on savoir ce qu’est le bonheur ? Et comme pour le bonheur quand on imagine être ou devenir heureux en additionnant les « petits bonheurs », j’ai envie de dire que l’amour se réalise dans le fait d’aimer. Ce ne serait pas la même chose, mais je veux bien les confondre. C’est bien la raison pour laquelle je ne peux pas prendre tout le recul que j’envie à d’autres.

L’amour est ma vie, biologique, physiologique, psychologique, mentale, sociale, philosophique, laborieuse, ludique, l’amour est ma vie naturelle et culturelle.
C’est à la fois une fonction, un besoin, une envie, une essence. Nommerais-je là par amour ce que d’autres appellent pulsion de vie augmentée de la pensée et de la sociabilisation ? Oui sans doute et toute mon individuation se fait par amour, c’est-à-dire que je vais vers moi, vers mon autonomie d’individu, grâce à ce déterminisme que j’accepte, comme un déterminisme, dans toute son envergure. Il y a d’autres déterminismes contre lesquels je peux me battre, mais contre celui-ci, je ne vois aucune porte d’accès qui me permettrait d’en sortir.

Je n’existe pas seul. Cela fait longtemps que je peux le dire, le théoriser, le diffuser, mais entre le dire et le savoir ou le ressentir, il y a toute la connaissance que m’apportent les autres et toute l’expérience de cette vie justement qu’anime l’amour.

Ce que l’amour me permet de faire est juste de parler à mes amoureuses, tous les jours, de leur écrire tous les jours, de choisir des mots qui lient nos vies, parfois gravement, parfois légèrement et de les lire aussi, de les entendre. Il me permet de penser à elles. Il me permet de vivre avec elles et sans elles, le temps que nous choisissons ensemble. Il me permet de voir comment nos vies s’articulent, comment elles se sont croisées et comment elles poursuivent leur avancée.
Il me permet de regarder mes amoureuses exactement comme elles veulent que je les regarde, comme elles sont et non comme j’aurais envie qu’elles soient. Il me permet d’aller à leur rencontre avant de les connaître et me permet de les connaître après avoir fait leur connaissance.
Il organise mes sens dans une totalité vivante et mouvante, il ajuste des communications désirantes, des fantaisies délirantes, il rend grâce à l’erreur des sens. Il me permet d’être patient, il m’autorise à souffrir parfois, il me donne la force d’accepter toutes les conjonctures.

L’amour me permet d’être seul aussi. Et il me laisse libre d’aimer qui je veux. Il me permet d’être sincère, de ne mentir à personne, ni à moi ni aux autres. L’amour me libère de tous les autres déterminismes, il augmente mon acuité. L’amour combine ma vie à d’autres vies. Je ne fais rien sans amour. Mes souvenirs et mes pensées sont faits de cette vie.
Je ne suis civilisé, instruit, nourri que par la relation d’amour. Cela a commencé très jeune, à moins 5 mois et cela finira très tard, le plus tard possible. C’est la raison pour laquelle je peux dire que je suis dépendant de mes relations amoureuses, et ce n’est pas pour autant que mes amoureuses sont dépendantes de moi.
Chose remarquable, je me dis que si des amoureuses me font exister grâce à l’amour, peut-être qu’à mon tour aussi je leur permets d’exister. Et pour cela, je produis quelques efforts qui me permettent de rendre belles toutes les relations possibles, j’essaie de distinguer mon appréciation du jugement, j’essaie d’être équitable, je construis mon éthique.
En un mot, l’amour me fait vivre. Mais ce n’est pas un concept plastique auquel je fais dire n’importe quoi, même si en quelques lignes seulement je donne forcément cette impression. L’amour est mon cœur et mon cerveau, j’ajoute mon corps parce que je veux dire que l’amour lie mon sexe, mon cœur et mon cerveau, ou plutôt mon cœur, mon sexe et mon cerveau sont liés par l’amour.
Et puis enfin, et ce n’est pas pour rien dans ma perception des choses, je sais que l’amour me permet d’être semblable à tout le monde, de détruire toute hiérarchie venue d’ailleurs entre les individus. L’amour est une puissance que personne ne peut voler et qui rend équitablement justice au travail que l’on produit.
Cela seulement justifierait ma volonté de ne vivre que pour aimer. Le reste n’est que vanité. À mes yeux.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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