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L'amour complet et le polyamour

Bases
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regis13

le dimanche 10 février 2013 à 20h51

je m'interroge aujourd'hui sur l'amour ! mon expérience m'a permis "de vivre" plusieurs types d'amour !
1) le premier amour, celui qui m'a permis de découvrir une femme, puis de m'engager avec elle et avoir des enfants
2) des amours parallèles et cachés que je qualifeirai d'adultères mais jamais je n'ai eu l'impression d'être infidèle au projet de vie dans lequel je m'étais préalable engagé
3) Le polyamour depuis 9 mois ! ma compagne étant informée de mon autre relation amoureuse et moi de la sienne !

Une des approches les plus convaincantes de l'amour est celle proposée par Robert Sternberg, de l’université de Yale, la théorie triangulaire de l’amour, reposant sur trois caractéristiques : l’intimité, la passion et l’engagement .
Pour R. Stermberg l'amour complet est quand les trois caractéristiques sont présentes à un niveau d’intensité suffisant, dans l’attachement à un partenaire.

En quelques mots :
Passion = Ce désir fort pour l’autre, cette envie d’amour charnel, de fusion corporelle…
Intimité = C’est ce besoin de connexion avec l’autre. On se comprend, on se connaît (et on se marre bien, tous les deux)
Engagement = Deux types d'engagement
- engagement matériel : caractérisé par les projets de vie à deux, de mariage ou d’enfants.
-engagement « spirituel » : caractérisé par cette promesse implicite de TOUT FAIRE pour cultiver les sentiments d’attachement de l’autre
"

Bien entendu cela fonctionne beaucoup moins bien dans le cadre du polyamour ! Le polyamour permettant d'aller de s'enrichir d'autres expériences considérant que l'autre ne peut pas tout nous apporter tout en étant honnête avec nos partenaires !

Est ce à dire que "nous" polyamoureux nous ne pouvons pas prétendre à l'amour complet ?

Par exemple, quand on un amour passion avec quelqu'un il est difficile voire inconcevable d'avoir des désirs pour une autre personne ! un témoignage m'a d'ailleurs beaucoup marqué lors d'une rencontre en polyamoureux , celui d'un homme polymaoureur décrivant sa passion pour une autre polyamoureuse et indiquant au groupe que cet amour lui était suffisant et qu'il n'avait pas envie d'autre amoureuse !

Nous polyamoureux ayant plusieurs amour avons nous perdu la passion ?

Lorsque la passion nous tombe dessus ! comment résister à la tentation d'aller approcher l'amour complet ?

Voilà mes interrogations aujourd'hui !

Amicalement

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LittleJohn

le dimanche 10 février 2013 à 21h06

"L'amour complet", le "vrai amour" (ou tout autre nom qu'on veut bien lui donner), ça n'est vraiment important que pour celui qui ne s'en accorde qu'un à la fois.

(citation de moi-même que je viens de pondre ^^ )

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LuLutine

le dimanche 10 février 2013 à 22h56

LittleJohn
"L'amour complet", le "vrai amour" (ou tout autre nom qu'on veut bien lui donner), ça n'est vraiment important que pour celui qui ne s'en accorde qu'un à la fois.

(citation de moi-même que je viens de pondre ^^ )

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Cendre

le dimanche 10 février 2013 à 22h58

regis13
Bien entendu cela fonctionne beaucoup moins bien dans le cadre du polyamour !

J'ai beau lire et relire le truc, je comprends vraiment pas pour cela fonctionnerais beaucoup moins bien dans le cadre du polyamour. Au contraire !!

J'ai bien les trois caractéristiques avec mes deux hommes, car si je n'ai d'engagement matériel qu'avec le premier, l'engagement spirituel tel que présenté ici existe bel et bien avec le deuxième.

Donc, je comprends très bien ceux qui ne cherchent pas l'amour complet (c'est un peu comme courir après un mirage), mais pour moi qui ai été assez absolue dans mes amours (jusqu'à présent, dirons-nous), le cadre que tu proposes me convient, et je m'y retrouve.

En particulier au niveau de la dimension passionnelle.
Je l'avais un peu perdue de vue avec mon mari (en autre en m'accablant de responsabilités, de charges et de devoirs), et si elle est revenue entre nous, je suis intimement convaincue que c'est par l'énergie de la nouvelle rencontre qui m'a été fournie par l'éclosion d'un autre amour.

Donc, pour moi, je ne vois vraiment pas où il y aurait incompatibilité !

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Plusssdamour

le mardi 12 février 2013 à 11h26

Pourquoi est ce que l'amour complet complet ne serait pas justement dans le polyamour ?
Puisque deux personnes aimées nous apporte des choses différentes, répondent a notre attente, notre recherche de l'idéal....
Je crois justement que c'est (très, très) compatible...

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bouquetfleuri

le mardi 12 février 2013 à 19h41

Dans un autre fil, je disais que j'avais besoin de quotidien pour prendre la mesure de la qualité de ce que je construisais dans ma relation amoureuse. Je vais encore utiliser ce point de vue.
Il me semble parfaitement possible de vivre plusieurs amours complètes. Mais il ne me semble pas possible qu'elles soient identiques en densité, en nature, en investissement et, partant, en responsabilité, en connaissance ou en sollicitude, si tant est qu’il soit possible de faire les mêmes efforts de respect.
Je ne parle pas là de plaisir, ni des plaisirs ni de la complétude que chaque relation esquisse, dessine, puis nourrit en acceptant cette mouvance qui imbriquent les relations et les modèlent au gré du temps et de nos histoires.
Je parle de ce que l’on est capable de fournir par devers soi pour faire vivre une relation ou deux ou plus, je parle de ce qui compose le rapport entre deux personnes, trois ou quatre, deux par deux ou par trois de temps en temps. Je parle de l’engagement, l’investissement, la responsabilité plus ou moins grande en fonction de la relation, évolutive par essence.

Une relation a besoin de temps, parfois peu, parfois beaucoup, mais sans temps, on est dans un livre ou dans un rêve. Il faut du temps pour se voir, du temps pour penser à l’autre, du temps pour lui parler, du temps pour penser aux autres.

Il faut du temps pour exprimer son sentiment ou du moins pour exprimer que ce sentiment est vivant même en l'absence de l'autre.
Ce temps par exemple est distinct du temps passé avec l’autre et vient occuper quelques espaces de manque quand la relation est forte et quelques espaces inoccupés quand elle est moins forte. Mais cette expression, même si l’on est capable de penser à toutes ses amours en même temps, demande à ce moment-là une disponibilité centrée sur la personne aimée. À partir de là, on comprend bien que les relations multiples sont tributaires du temps.
On comprend aussi que les temps ne sont pas égaux.

Mais quel temps ? Le mardi seulement ou tous les week-ends ou encore le mercredi de cinq à sept ? Le temps que l’on met à disposition de l’autre s’égrène-t-il seulement à l’horloge ?
Pas seulement, Le temps de l’horloge est celui où l’on se voit, où l’on se parle, où l’on se sent. Mais le temps de sa disponibilité à l’autre est comme l’amour, c’est un état d’être, et c’est bien la raison pour laquelle plusieurs relations peuvent s’imbriquer. C’est la magie du polyamour : on n’est pas obligé d’éliminer un être cher pour aimer un être un peu moins cher, les faisant tous les deux exister dans le même spectre qui va de la relation amicale à la relation amoureuse.

Ainsi, on peut vivre plusieurs amours complètes, mais qu’en est-il de la réciprocité et de la symétrie dans les relations polyamoureuses ? Il me semble qu’il y a deux et seulement deux pôles importants dans la manière d’organiser ce rapport entre le temps de l’expérience physique et le temps de l’état d’être amoureux.
Soit on accepte de baigner dans cet état amoureux en privilégiant de temps à autre tel ou tel, tout en préservant son engagement (son investissement) envers tel(les) amour(s) favori(tes), soit on découpe son temps, comme on pourrait dissocier ses activités professionnelles, relationnelles, sportives et on dissocie également ses relations amoureuses, n’étant jamais habité que par la pensée de celui ou celle qui s’inscrit dans l’agenda, à ce moment-là.

Il est possible de ne pas attendre le même retour d’expérience de la personne que l’on aime, parce qu’elle est différente, qu’elle a d’autres manières, d’autres points d’attention, une autre histoire, d’autres capacités et d’autres incapacités, mais est-il possible de ne pas attendre la même disposition, la même disponibilité quand bien même elle s’exprimerait autrement (ou ne s'exprimerait tout simplement pas) ?
Un avantage de l’expérience polyamoureuse réside aussi dans la triangulation possible entre les appétits, les appétances et les capacités différentielles composant par là un paysage complet ou du moins comblant les aspirations.

Alors oui, comme on divise son temps, il me semble qu’on divise aussi sa capacité à s'engager dans différentes relations. Non qu’on en donne moins à certains, mais on ne peut pas en donner autant qu’à d’autres, et cela ne signifie pas la même chose.

De cette manière un polyamoureux peut très bien se trouver totalement engagé dans une relation et n’avoir pas assez d’énergie pour développer une deuxième relation de même importance, même s’il peut envisager de construire d’autres relations moins investies. Ce qui ne préjuge en rien de l’honnêteté des relations, ni de leur fécondité.

Ce n’est pas un problème de vases communicants, c’est un problème de limites psychologiques, comme il existe des limites physiques ou physiologiques, et à cet égard, nous ne sommes pas égaux.
Je crois que dans cette différence d’approche de la division du temps, de la séparation des instants dévolus aux gestes ou aux pensées amoureuses, ou à la communication et au cheminement personnel se retrouve une grande part de la diversité des expériences polyamoureuses.

En conclusion, je crois que l’on peut vivre plusieurs amours complètes, mais je ne crois pas qu’elles puissent être de la même intensité, en dehors d’un discours puisant sa source dans une bienveillance un peu honteuse ou dans une justification déculpabilisante, à la manière des parents qui aiment tous leurs enfants de la même façon…

Je suis d’accord à l’avance avec tous ceux qui pensent que mes arguments sont taillés à la hache, il y aurait besoin d’affiner un peu et d’instiller quelques nuances en acceptant de penser par exemple que tout de toute façon est une question d’équilibre.
Mais je compte un peu sur vous pour cela.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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audren

le mardi 19 février 2013 à 20h58

On peut avoir déjà l'amour complet et "tomber en polyamour". Ou plus exactement, je pense que l'amour "complet" tel que tu le décris ne peut pas avoir ses trois piliers actifs simultanément. En gros, les projets de vie et d'attachement prennent le relais de la passion qui finit à mon avis par toujours s'essouffler.

Et c'est justement parce que la passion (qui tend à l'exclusivité) laisse un peu de place qu'on peut s'ouvrir à d'autres passions qui se transforment en d'autres amours.

L'image que j'en ai (au moins en ce qui concerne notre couple - je ne cherche surtout pas à généraliser ni à normaliser), c'est celle d'un arbre qui porterait des fruits à différents stades de maturité, avec de belles pommes bien mûres et bien appétissantes qui côtoient de jolies fleurs blanches.

Tiens, ça me donne une idée d'illustration pour mon zoli blog.

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xylopyromax

le mercredi 20 février 2013 à 13h58

Bonjour,

Bon là je ne vais pas y aller à la hache, mais au bulldozer… bouquetfleuri, j'aime beaucoup ta réponse, mais je vais me placer sur un terrain moins pragmatique et plus théorique.

Pour commencer je trouve que cet article parlant de l'amour vrai est assez intéressant, et je n'y vois pas d'opposition majeure avec le polyamour, même s'il n'est pas évoqué. On y parle notamment de l'être aimé comme d'une personne que l'on aurait élu. On peut débattre sur l'unicité de cet élu. Pour ma part, je dirais qu'il y a souvent confusion sur ce que «  unique» veut dire. Chaque amour est unique, évidemment, ce qu ne signifie pas que l'amour en tant que tel doit être unique.

Il y a aussi cette page parlant des types d'amour, qui permet d'étayer le polyamour, non pas avec le discours classique et limite consumériste de «  trouver quelque chose de différent en chaque être aimé» comme on ferait son marché, mais plutôt de «  donner une réponse aux multiples aspirations qui nous composent et nous poussent vers l'autre».

Être confondu par deux relations amoureuses qui se perturbent confusément l'une l'autre est à mon avis la marque d'une incapacité à accepter l'autre dans sa singularité propre. Je suis moi-même passé par cette prise de conscience du manque d'écoute de ma part dans le passé. En effet, si l'on considère que l'amour unique est avant tout une manifestation de son propre narcissisme, alors il paraît difficile de se retrouver en même temps et en toute intégrité dans le retour simultané de deux miroirs qui forcément renverront deux images différentes de soi-même. La seule issue est de ne plus se servir de l'autre comme d'un miroir. C'est la condition de base du polyamour, je crois.

Quant à l'amour dit passionnel, sa nature par essence fusionnelle paraît incompatible avec la multiplicité amoureuse. En effet, un corps A fusionnant avec B ne peut en même temps fusionner avec C, sauf à ce que B fusionne aussi avec C, why not, mais c'est une autre histoire. La fusion pousserait donc à l'exclusivité. Mais en fait, en y réfléchissant, la fusion n'est pas si incompatible que ça avec le polyamour car il ne faut perdre de vue que la fusion ne peut être définitive, sauf à en mourir en plein délire romantique. Il y a fusion certes, mais ensuite retour à soi et c'est cette incapacité à sortir de la fusion qui à mon avis est à l'origine de nombreux troubles du couple monogame. Par contre, dès que cela est acquis, il est tout à fait envisageable pour A de vivre des moments de passion intense avec B, puis un autre jour, avec C.

Et vis à vis de l'engagement, eh bien quoi? Il peut être matériel dans plusieurs relations, comme en amitié d'ailleurs. Par exemple, les musiciens d'un quatuor sont engagés dans un processus qui est pour moi aussi une forme d'amour. Militer ensemble, voyager, pratiquer un sport, etc… il y a de multiples formes d'engagement, pas que la famille. Et s'il n'est pas matériel, alors il y a déjà engagement par la simple écoute attentive de l'autre, et déjà, cela n'est malheureusement pas la réalité de nombreux couples standard. Je n'aime pas trop la formulation «  tout faire pour cultiver l'attachement». En soi, je ne vois pas à quoi ça sert si rien ne pousse. On ne s'attache que parce qu'on y trouve son compte, l'amour n'est en aucun cas altruiste très longtemps.

De même que la fusion, l'engagement immatériel n'a pas de nécessité à être permanent autrement que par la mémoire de ce qui a été dit. Il est donc difficile, d'un point de vue de la responsabilité propre, d'y mettre fin car les pensées liées au devoir vers l'autre nous accompagnent toujours. C'est vrai avec toutes les personnes que l'on aime. Et quant à l'engagement matériel, sauf peut-être pour la responsabilité envers les enfants, encore que, il est souvent possible d'y mettre fin avant son terme si tout se passe de travers.

En bref donc, l'être aimé n'est pas un miroir que l'on briserait dès qu'il renvoie une image qui ne nous plaît plus à l'instar de la sorcière de blanche-neige qui elle, d'ailleurs, est peut-être bien polyamoureuse des sept nains :-) , et qu'il est possible de sortir de la fusion comme l'huile et le vinaigre reviennent à eux après avoir été fortement secoués :-D , et qu'il n'y a rien de fatal dans l'engagement, ce n'est pas forcément à la vie à la mort :-( .

Et pour résumer le résumé, je dirais: cédez quand ça vous fait «  oui», résistez quand ça vous fait «  non», et laissez-vous prudemment troubler quand ça vous fait les deux à la fois, et si ça fait vraiment trop mal, ben allez voir un psy.

Au bulldozer, je vous avais prévenu… déposé sortie de bétonneuse en vrac, prêt à coffrer <3 <3 <3 .

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Ystrak

le mercredi 20 février 2013 à 15h07

Punaise, que dire après tout ça? O_O (bon déjà c'est un réel plaisir de vous lire ^^)

J'avais envie de revenir un peu sur la passion, son côté éphémère. On dira ce qu'on veut, on sait tous que la passion "des débuts" s'estompent rapidement, puisque son origine est la découverte d'une personne spéciale qu'on vient à aimer. Une fois la personne "découverte", qu'on a appris à la connaitre, c'en est fini. Jusque là, on notera que les polys sont logés à la même enseigne que tout le monde.
Mais pour autant, la passion ne meurt pas, elle change. Elle n'est peut-être pas aussi "intense", car notre monde n'est plus bouleversé, on gère plus facilement, mais elle est bien là, dans le partage avec l'être aimé. Partage de moments à 2, à plus, partager simplement ce pour quoi on s'aime.
Et là on en revient au post de Bouquetfleuri, à savoir que le temps est nécessaire pour partager ces moments. Pas de temps, pas de partage, pas d'amour. Mais comme il n'est pas nécessaire de le consacrer entièrement à un être aimé, le partage du temps est possible entre plusieurs amours, en laissant intact l'intensité de chaque amour.
Le problème du polyamour est donc, même si je ne fais que répéter ce qui a été dit, qu'il est limité par des contraintes physiques immuables.
Mais au final, il est tout de même possible de partager cette passion avec plusieurs personnes, et donc d'avoir un amour "complet".

En ce qui concerne les autres "piliers" de cet amour "complet", je ne vois même pas matière à débattre tellement c'est évident (pour moi en tout cas) qu'ils ne sont pas limité à une unique personne.

Sinon pour donner mon sentiment sur le polyamour et l'amour "complet", c'est qu'aimer plusieurs personnes permet d'accéder à plus de partage, plus souvent, plus variés, donc plus épanouissant.

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Siestacorta

le mercredi 20 février 2013 à 15h43

Je lis avec intérêt ce fil...
Mais quand même, "amour complet", comme j'aime pas cette expression ! Ca sonne diététique...

Et il y a un côté fini qui fait un peu peur

du coup, j'ai parcouru le wikipedia anglais à propos de la théorie triangulaire, et j'ai noté que le mélange des trois composantes n'est pas censé être permanent.
Se donner comme but d'être éternellement dans ce juste milieu, ce serait ne pas admettre que la relation puisse changer de forme dans le temps...

Par contre, je crois que la passion peut s'éteindre, pour répondre à Ystrak. Elle n'est pas perdue pour autant, elle nourrit longtemps la vie de la relation alors qu'elle n'est plus active.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Cendre

le mercredi 20 février 2013 à 20h36

Merci pour le fil, et pour les liens, que j'ai suivi et lu pour la plupart, qui m'ont plus ou moins plu.

Je ne suis toujours pas sortie de ma dernière question, à chercher ce qu'est cet amour là, complètement désacralisé, qui me permet de me lier à d'autres que celui avec qui je me suis mariée.

(vague honte d'être tombée amoureuse deux fois en moins de 6 mois, c'était pas l'image que j'avais de moi à la base, mais on choisi pas, d'où mon incapacité à répondre à mon mari quand il me demande c'est quoi être amoureuse...)

Mais s'il y a bien quelque chose que je redécouvre, dont Coquelicot m'avait pourtant déjà parlé dans ce fil là, c'est qu'il est possible de revivre la passion avec la même personne.

Mon mari est quelqu'un d'extraordinaire, avec qui je partage les trois points de la théorie triangulaire, les 5 points de l'Amour vrai et tellement tellement plus encore qu'il est impossible de les aligner bout à bout (j'ai essayé sur un journal intime, et j'ai pas fini encore)

Alors je sais toujours pas ce que c'est que l'amour, ce truc qui nous transporte, qui ne se mesure pas, que l'on ne peut pas comparer, qui empli des manques, des failles.
Mais je l'aime.

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Ystrak

le mercredi 20 février 2013 à 22h06

Siestacorta, je suis d'accord avec toi sur l'étrangeté du terme "amour complet", d'ailleurs c'est bien pour ça que je le reprends toujours entre guillemets, c'est juste pour reprendre le terme présenté et défini au début du sujet, mais sans prêter vraiment attention à son sens littéral. A cette définition j'associerais plutôt le terme d'amour "équilibré", ou "épanoui", mais bon il est vrai qu'il est très difficile de définir l'amour avec des mots.
Pour ce qui est de la passion, elle peut s'éteindre en effet, cela dépend de beaucoup de choses, mais le fait que toute relation ne dure pas indéfiniment le prouve.

Cendre, c'est un beau témoignage que tu nous donnes là, mais ne t'embête pas avec des mots, tu sais ce que tu ressens, profites-en et protège le. :)

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PolyEric

le mercredi 20 février 2013 à 23h33

Je vois que certains ont une envie pressante de couper du bois à la hache et de manier la bétonneuse, donc je les invite volontiers chez moi :-)

Puisque tout le monde se lâche, je vais sortir mon bazooka sans me soucier de la destruction que je peux engendrer chez les pauvres petits monos sans défense, une fois n'est pas coutume, hum. Voilà.

Personnellement, je me demande comment on peut aimer complètement au sein d'un couple mono, à fortiori jaloux. Quand je devais me contenir toute la journée pour ne pas regarder les jolis petits culs qui passent, et que je devais avouer le couteau sous la gorge, que telle ou telle personne était juste quelqu'un sans importance pour moi, la haine montait en moi petit à petit, et j'avais du mal à faire en sorte qu'elle ne soit pas complète.

Je dis ça, mais en fait, je comprend. Dans un couple mono, on est obligé d'aimer l'autre complètement, sinon couic. Donc, pas étonnant que l'amour y soit si complet....ement bidon.

Attendez, attendez, j'ai juste oublié la phrase magique :
Vous ne pensez pas ?
(ouf, ça va mieux, c'est moins rentre dedans comme ça, vous trouvez pas ?).

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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bodhicitta

le jeudi 21 février 2013 à 09h17

:-) :-D oui ça va mieux Eric :-D :-) en tout cas malgré le drame que ce soit vrai c'est rigolo quand méme (+)

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PolyEric

le jeudi 21 février 2013 à 09h35

regis13
Par exemple, quand on un amour passion avec quelqu'un il est difficile voire inconcevable d'avoir des désirs pour une autre personne ! un témoignage m'a d'ailleurs beaucoup marqué lors d'une rencontre en polyamoureux , celui d'un homme polymaoureur décrivant sa passion pour une autre polyamoureuse et indiquant au groupe que cet amour lui était suffisant et qu'il n'avait pas envie d'autre amoureuse !

Il ne faut pas confondre polymaoureur et polyamoureux. :-)
Dans ces réunions, il y a aussi des monos qui s'ignorent.

En fait, d'après moi, il y a au minimum deux sortes de polyamoureux.

Les premiers, les plus nombreux si j'ai bien compris, vivent des alternances de périodes passionnelles, et conservent leurs partenaires lorsque la(les) périodes de passions sont terminées, on pourrait les appeler par exemple, les "polyamoureux de fait".

Les seconds, qui vivent tout en même temps, à tel point que lorsqu'une de leur relation bât de l'aile, leurs autres relations s'en trouvent perturbées, et inversement, lorsqu'une de leur relation développe une passion, elle se transmet presque instantanément sur les autres relations, si bien que la passion est globale. On pourrait les appeler "polyamoureux conceptuels". Ils sont d'ailleurs tellement peu nombreux, qu'ils ont du mal à se regrouper. Ils passent donc finalement très peu à la pratique, faute de candidats, ce qui ne veut pas dire que la passion collective est impossible.

Cette certitude selon laquelle les périodes de passion ne pourraient pas êtres collectives, provient à mon sens d'une étanchéité de la plupart des gens aux concepts collectifs dans lesquels ils ont peur de se noyer. Par suite, ils déclarent que les passions collectives ne sont pas véritables et vont même jusqu'à accuser ces passions collectives d'être, par construction, des enfermements manipulés par des êtres monstrueux, en prenant les sectes pour preuve, sans doute pour se faire peur volontairement, et s'empêcher d'être attirés par le concept dans lequel ils ont peur de se noyer eux-même.

Cela revient en effet à renoncer à la passion (y compris mono amoureuse) sous prétexte qu'elle rend cinglé et déclenche parfois des suicides voir des meurtres, certes moins médiatisés que les meurtres et suicides collectifs, mais qui font globalement beaucoup plus de dégâts. Les passions mono-amoureuses, font d'ailleurs des dégâts mineurs incroyablement nombreux, ce qui devrait plutôt rendre méfiant les gens envers ces passions mono, et les pousser vers des considérations moins nombrilistes, donc plus collectives.

Je veux bien admettre en retour, que certaines personnes se réfugient derrière le polyamour, pour échapper à la passion et à l'enfermement de l'amour, ce qui ne les protège pas du tout, comme tu as pu le constater toi-même dans une de ces réunions. La présence de polyamoureux n'empêche pas d'être mono passionné, tout en se déclarant polyamoureux (dans la catégorie "de fait", ou pour se rassurer, ou pour avoir accès au monde poly et à l'ambiance incroyable qui règne dans ces réunions).

Cela dit, je pense que la passion collective avec des monos est impossible. Pour qu'il y ait passion, il faut que quelque chose passionne, mais aussi que rien n'entrave. On peut être passionné par plusieurs polyamoureux(ses) en même temps, mais je ne vois pas comment on pourrait être passionné durablement de plusieurs mono en même temps, car chacun considérerait que la passion n'est pas véritable tant qu'elle est multiple, et s'en dégagerait donc dès que possible, si toutefois il est possible de se dégager d'une passion, la solution alternative étant de refuser de voir, ce qui revient à être passionné par ses propres fantasmes, le monde de tout les possibles.

bodhicitta8
...malgré le drame que ce soit vrai c'est rigolo quand méme (+)

Oui, tiens, je l'avais pas vu sous cet angle. Il vaut mieux en rire.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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regis13

le vendredi 22 février 2013 à 18h16

Que de réflexions intéressantes ! j'avais besoin de me situer, me classer dans mes amours. peut être mon cerveau trop cartésien. La théorie de R. Stermberg m'a permis de visualiser des équations. Je sais ce n'est pas glamour, mais franchement ça m'éclaire. J'apprécie vraiment vos réponses, pragmatique ou théorique,

Quelle dommage que la Passion soit considérée "souvent" comme passagère. Quelle chance tu as Cendre d'avoir la même passion des deux cotés.
Personnellement je suis assez d'accord avec xylopyromax « Quant à l'amour dit passionnel, sa nature par essence fusionnelle paraît incompatible avec la multiplicité amoureuse" .

Selon Stermberg, si on met les états dans lequel on se trouve en équation le résultat donne son type d’amour.

Type 1 : L’absence de l’amour caractérise la plupart de nos relations interpersonnelles sans lendemain où il n’y a ni passion, ni engagement, ni véritable intimité.

Type 2 Amitié. L’affection décrit aussi bien l’intimité entre deux personnes, dans l’amitié par exemple, que certaines relations amoureuse. En équation => Intimité seule = Amitié

Type 3 Amour entiché . L’engouement est constitué de la seule passion. C’est le coup de foudre, le sexe pour le sexe. En Equation=> Passion seule = Désir

Type 4 Amour vide. L’amour vide caractérise les relations où il n’y a que l’engagement, par exemple dans certains mariages arrangés dans d’autres cultures. En Equation => Engagement seul = Partenariat

Type 5 Amour romantique. L’amour romantique est fait d’intimité et de passion, mais l’engagement y est absent. En Equation => Intimité + Passion = Romantisme

Type 6 Complicité. La camaraderie, quant à elle, conjugue intimité et engagement. La passion y est absente ou a disparu, mais on a pris la décision de rester ensemble. En Equation => Engagement + Intimité = Complicité

Type 7 Amour admiratif. Passion et engagement décrivent bien l’amour béat : celui qui se développe comme une tornade, mais sans relation intime. Parfois il peut durer quelque temps.En quation => Passion + Engagement = Admiration

Type 8 Amour consommé . Enfin, l’amour complet réunit les trois aspects. On le recherche, mais c’est plus facile de l’atteindre que de le faire durer. En équation => Engagement + Intimité + Passion = Amour

Alors je sais vous allez dire que c'est fou de mettre l'amour en équation, que ce n’est qu’une théorie, Personnellement je trouve que l’approche est pas mal qu'elle permet de se situer et d'autant plus quand on est polyamoureux. Comme l'a dit bouquet fleuri tous les amours ne peuvent pas être de la même intensité

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alps

le vendredi 15 mars 2013 à 00h21

audren
On peut avoir déjà l'amour complet et "tomber en polyamour". Ou plus exactement, je pense que l'amour "complet" tel que tu le décris ne peut pas avoir ses trois piliers actifs simultanément. En gros, les projets de vie et d'attachement prennent le relais de la passion qui finit à mon avis par toujours s'essouffler.

Et c'est justement parce que la passion (qui tend à l'exclusivité) laisse un peu de place qu'on peut s'ouvrir à d'autres passions qui se transforment en d'autres amours.

L'image que j'en ai (au moins en ce qui concerne notre couple - je ne cherche surtout pas à généraliser ni à normaliser), c'est celle d'un arbre qui porterait des fruits à différents stades de maturité, avec de belles pommes bien mûres et bien appétissantes qui côtoient de jolies fleurs blanches.

Tiens, ça me donne une idée d'illustration pour mon zoli blog.

J'ai me beaucoup la relation que tu fais entre l'exclusivité et la passion.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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