Polyamour.info

Grani7a

Grani7a

(Afghanistan)

Participation aux discussions

Discussion : Comment gérer la sécurité dans une nouvelle relation poly

Profil

Grani7a

le samedi 20 juin 2020 à 11h26

Bonjour Mafye,
Pour ma part, chaque nouvelle rencontre me plonge dans la NRE. Mais ça ne dure pas éternellement. Et à bien y réfléchir, rien ne dure finalement, même l’amour. Il se transforme, évolue, grandi, s’amenuise ou meurt, un jour.
Tu te (nous) demandes comment arriver à vivre les choses d’une manière plus détachée, pour éviter la souffrance. Déjà, de se dire que «  rien ne dure » aide beaucoup à prendre du recul sur les choses vécues et ça s’applique à toutes choses vécues.
Pour ton présent, ton mari a l’esprit occupé à penser à cette autre. Chaque jour fait son travail et aujourd’hui n’est pas demain. Comme a écrit Bodhicitta, vous avez construit votre relation parceque tu es toi. Sa relation avec cette autre est née parcequ’elle est elle. Rien ni personne ne sait ce qui se passera demain, la NRE évolue, la passion aussi...
Alors attache toi à prendre soin de toi et à t’inquiéter de toi comme tu prends soin de lui et de votre relation, dans le respect et la bienveillance de tous.
Et la souffrance sera amoindrie.
Belle journée à toi

Voir dans le contexte

Discussion : Poly amoureux = poly coeur brisés

Profil

Grani7a

le jeudi 23 avril 2020 à 16h53

Petitcrapaud

Il s'agit bien ici de l'impossibilité de 'partage'.
Il me dit avoir essayé, et son histoire de vie fait que aujourd'hui il est dans l'incapacité de partager la femme qu'il aime. Il a besoin de construire.
Ce sont ses mots...

Je suis intimement convaincu que c'est un problème de possession. Ce qui me dérange et je lui explique mon positionnement. Mais il ne l'entend pas comme cela.

C'est extrêmement difficile, car je suis tres attachée à lui, et je veux vivre cette histoire. C'est a l'intérieur de mon ventre... je ne sais pas comment l'expliquer tant c'est frustrant.

C'est un homme qui as des idées tres définies, extrêmement terre à terre...

Bonjour Petitcrapaud et bonjour à tous et toutes,

Je me permets mon grain de sel et peut-être de poivre pour que ça pique un peu, des fois, ça réveille les papilles et le reste :D

Visiblement, votre conception et votre définition de la notion d'Aimer n'est pas du tout la même, voire même un bon nombre de vision et de thématique de la vie (idées tres définies, extrêmement terre à terre) :
TOI : le cœur grand ouvert, l'esprit aussi, avec cet impression d'avoir un cœur trop grand pour soi (...) on s'est comprises je pense ! ;
LUI : une vision très conventionnelle de ce que doit être le couple : 2 personnes qui vivent ensemble pour faire des projets ensemble et pissétou (là aussi, on doit se comprendre aussi je pense, sinon je développerai si tu as besoin!).

Alors ma question qui pique elle arrive et elle va rejoindre ça :

artichaut

en soi je dirais : s'il ne veut pas te partager, c'est qu'il veux te posséder et alors la seule bonne attitude face à ça, me semble : la fuite !!

mais c'est aussi t'exposer aux affres d'une relation poly avec un mono, et ce n'est pas de tout repos…

Si la philosophie du polyamour fait partie intégrante de ton fonctionnement avec son socle premier qui est la liberté individuelle et la non appartenance d'un individu à un autre, pour quelle(s) raison(s) te sens-tu tellement amoureuse de cet homme qui a des conceptions sur la relation amoureuse aux antipodes des tiennes ?
Pour trouver tes réponses (il y en a peut-être plusieurs), il est nécessaire de trouver le pourquoi de cette sensation forte au creux de ton ventre (attirance purement charnelle ? intérêts psychologiques, sociales... dans cette relation ?...).

Dans toute relation, je pense qu'il est bon, à un moment donné, de se questionner sur le pourquoi on est attiré ou amoureux de la personne. Des sujets ici on théorisés sur le versus "aime-t-on l'autre pour ce qu'il est ou ce qu'il nous amène, offre, donne, apporte...". Selon la reponse a cette question, il devient alors nécessaire de faire un travail sur soi pour combler ou soigner des choses pour éviter les écueils d'une déception future (rupture car l'autre ne m'apporte plus ce dont j'avais besoin), par exemple.

Les femmes qui se sentent libres, libres dans leur tête (elles s'aiment, se respectent et respectent autrui), libres dans leur corps (personne n'appartient à personne), libres dans leur vie (elles s'assument et n'ont besoin de personne pour être heureuses dans cette vie qu'elles ont choisi, bien que très ouvertes à la partager...), sont très attirantes pour l'homme comme tu dis, "aux idées bien définies". Ne l'oublions pas, l'homme reste un chasseur, même si ça fait un peu cliché (pardon Messieurs, ne me criez pas trop fort ;D).

Donc, effectivement Artichaut a raison (et je te conseille de faire une recherche sur les sujets des relations poly-mono, il y en a une qui doit trainer à 2 ou 3 pages d'ici, entre autre), attends-toi à devoir te justifier, expliquer, argumenter... pour te faire accepter de cet homme.

Rien n'est impossible. Mais surtout, comme dit plus haut, ses idées ne valent pas plus que les tiennes.

Voir dans le contexte

Discussion : Mi amor

Profil

Grani7a

le mercredi 08 avril 2020 à 12h36

Aiemama

Comment prenez-vous du recul par rapport à la NRE, comment éviter les pièges de la passion ? Il y a t’il des stratégies pour accepter sereinement que l’autre relation vous obsède complètement ? J’aimerais trouver un équilibre pour accepter ce que l’autre m’offre et ne pas tomber dans la dépendance affective.

Bonjour Aiemama et bonjour à toutes et tous,

Sur d'autres discussions, si tu cherches à NRE, tu trouveras des expériences de vécu.
Mais personnellement, il y a quelques mois, j'ai vécu les flammes de la NRE, celles qui brulent, celles qui te laissent comme un morceau de charbon noir une fois que le brasier incandescent s'est éteint.
J'expliquais alors ma détresse sur un message ici, que pour moi la NRE était une période ou je suis refermée sur l'autre, à la limite de l'obsession, recherchant à tout prix les moments avec l'Autre.
D'autres étaient venus commenter que pour eux, c'était tout le contraire, l'ouverture était plus que présente.
Un membre m'avait alors posé la question d'essayer de comprendre comment je fonctionnais avec la NRE et pourquoi j'étais enflammée ainsi.
Et c'est ce que j'ai fait. Je me suis questionnée et j'ai trouvé mes réponses.
Mais à chacun et chacune son fonctionnement et ses solutions par rapport aux réponses trouvées.

Si j'avais juste un conseil à te donner : toujours s'attacher à apprécier ce que l'on ressent, pas à lutter contre.

Belle journée à toi et à tous et toutes

Voir dans le contexte

Discussion : Poly / Mono : enjeux de pouvoir et (meta)relations. La question du privilège mono.

Profil

Grani7a

le mardi 07 avril 2020 à 11h21

Chawcha
Des aventures, de part et d'autre puis Elle qui tombe amoureuse de Lui. Monogames à l'origine, elle accepte notre relation dont il lui parle au bout de qqs semaines, assuré de vouloir pour suivre. C'était qqs mois avant le confinement. Je me discipline mais ils continuent à se voir. Plus qu'avant puisqu'elle télé travaille cz lui alors qu'elle se déplaçait beaucoup à l'étranger.

Bonjour Chawcha,
Tu écris qu'elle télé travaille chez lui ? Donc ils vivent ensemble depuis le début du confinement ou simplement 1 semaine/2 ? Dans ce cas, lorsqu'il n'est pas avec elle, maintien-t-il le contact avec toi ? (presque pas de nouvelles quand il est avec elle, mais quand il ne l'est pas ?)

Chawcha

Je ne veux le voir qu'après une quatorzaine qui n'arrive pas pour l'instant puisqu'ils se voient souvent. Ils sont en NRE et je me sens prise au piège. C'est là que la notion de pouvoir rentre en jeu. Je me sens brutalement, par ricochet, à la merci de la disponibilité d'Elle (c'était déjà le cas car elle était peu disponible) alors que ma relation avec Lui dure depuis presque 3 ans.

Le fait que tu ne veuilles pas le voir avant la quarantaine justifie peut-être le fait (en dehors de la NRE) qu'il ne t'envoi pas beaucoup de message.
C'est quelque fois compliqué à gérer le maintien du lien lorsqu'on sait qu'on ne peut pas voir l'autre. On a un peu la sensation de remuer le couteau dans la plaie. Des fois, le maintien du lien soulage, des fois il renforce la frustration. Et la frustration, c'est douloureux !

Ensuite, concernant la NRE, ça ne dure pas, ça s'apaise avec le temps. Le confinement ne va pas durer éternellement non plus, nous le savons tous. Comme il est joliment dit dans la célèbre expression "c'est un mauvais moment à passer" (et encore que me concernant, pas si mauvais que ça…). Alors autant faire en sorte qu'il ne soit pas si mauvais ce moment ! Surtout si vous avez convenu de vous voir au bout de la quarantaine (et 40 jours, c'est quoi dans une vie !).
Donc, mon conseil serait : de profiter de ta solitude pour penser à toi et rien qu'à toi. Pour t'aimer aussi, pour passer de bons moments qu'avec toi même, en tête à tête ; te bichonner, te dorloter, te donner du plaisir coute que coute (bon repas que tu te cuisines que pour toi, ta viennoiserie préférée à aller chercher à la boulangerie pour ton petit déj du dimanche ;), ton film préférée ou une série qui te fait envie, un bouquin, un moment de méditation….).

Chawcha
C'est là que la notion de pouvoir rentre en jeu. Je me sens brutalement, par ricochet, à la merci de la disponibilité d'Elle (c'était déjà le cas car elle était peu disponible) alors que ma relation avec Lui dure depuis presque 3 ans. Presque pas de nouvelles quand ils sont ensemble. Je deviens obsessionnelle alors que ma dépendance affective était moderée avant. Cela coupe toute spontanéité. Je suis ds le calcul. Montrer que je suis là, exprimer mes besoins, susciter le manque. Je jongle tel un poisson dans son bocal. Je me perds car ce mode de relation me seduit par le respect, l'honnêteté, le dialogue, l'équité qu'il sous-tend. J'ai rompu et fait marche arrière 2 fois déjà. Je suis très amoureuse.... J'admire ceux qui arrivent à se dépêtrer de ces relations tellement compliquées et éprouvantes émotionnellement.

Ainsi, tu ressentiras bien moins le "jeu de pouvoir" comme tu l'écris parce que tu subiras moins la situation. Se faire du bien c'est augmenter notre estime de soi et par la même, diminue la dépendance affective. Ton bonheur passe uniquement par toi. Les émotions et les sentiments que tu éprouves sont les tiens dans le sens ou personne n'est responsable de ce que tu éprouves. Des adages circulent sur les réseaux sociaux du type : "si tu souffres c'est à cause de toi, si tu te sens bien c'est grâce à toi".
Ce qu'il vit avec Elle n'a rien à voir avec toi. Tu sais bien qu'il ne le fait pas contre toi mais pour lui. Et tu n'as pas à te sentir à la merci de qui ou de quoi que ce soit.
Comme tu l'écris, votre relation dure depuis 3 ans. Vous avez construit quelque chose ensemble et si sa volonté est de te garder dans sa vie, rien ni personne ne peut mettre à mal cette construction.
C'est la notion de possession de l'autre qui est difficile a déconstruire dans ces moments là. Et prendre soin de soi est un bon moyen pour moins souffrir de l'absence de l'Autre.
Tu écris que tu "admires ceux qui arrivent à se dépêtrer de ces relations tellement compliquées et éprouvantes émotionnellement". Mais j'ai envie de t'écrire que ce ne sont que des sentiments amoureux ! ça ne doit pas être éprouvant et compliqué si on fait un pas en arrière parce que l'Amour c'est beau, c'est bon, c'est nourrissant, c'est bienveillant :D
C'est de ça dont tu dois te nourrir. Pas de ta frustration de ne pas être avec lui. Aime le même dans son absence, mais IL ne doit pas t'enlever ton amour ni de toi, ni de la vie dans sa globalité.

Bonne journée à toi Chawcha et à tous et toutes

Voir dans le contexte

Discussion : Poly / Mono : enjeux de pouvoir et (meta)relations. La question du privilège mono.

Profil

Grani7a

le dimanche 05 avril 2020 à 13h49

Bonjour Cactus, et bonjour à tous et toutes :-)

cactus

Mais je n'ai pas tout compris, notamment :

-> "je vois ta famille avec toi" ?

Lorsqu'on était ensemble, il ne voyait pas que moi. Il voyait mon conjoint et mes deux enfants avec moi. C'est à dire qu'il n'arrivait pas à se concevoir dans cette relation duelle avec moi et à formaliser une relation par absence de projection dans le futur (me disait-il) mais aussi dans le présent. Pour lui, le fait que je sois (à cette période) en couple freinait sa volonté et son enthousiasme à tisser le lien. Pour schématiser, il ne voyait en moi qu'une femme appartenant à un autre homme.
Pourtant, l'entente était bien là et il était demandeur de moments avec moi, mais très vite, je le sentais réticent et il reculait. Il regrettait de ne pas avoir ma conception des choses parce qu'il comprend ma vision, qu'il trouve d'ailleurs progressiste (:-D ) mais il me disait être incapable de voir et vivre les choses ainsi. (rapport à son éducation notamment)

cactus

Grani7a
Deuxième round : Et là, même problème : "je ne suis pas le seul dans ta vie, je sais que je ne peux pas te demander l'exclusivité, mais du coup je ne peux pas m'investir dans la relation comme je le voudrais et c'est compliqué dans ma tête....."

C'est quoi les faits concrets qui l'on amené à constater qu'il ne pouvait pas s'investir dans la relation comme il voulait ?

L'impossibilité de faire des projets dans le temps. Mais c'est aussi du à sa personnalité. Il est en train de faire une psychothérapie (...) et il semble être immature émotionnellement, en plus d'être fuyant dans ses relations sentimentales par manque cruel de confiance en lui. (cf début de l'histoire ici /discussion/-bXx-/Nouvelle-rencontre-PENDANT-la-NR...
Même le fait que je ne sois plus en couple "normé" ne l'a pas empêché d'avoir les mêmes réactions : 1 pas en avant et 3 en arrière.

De mon côté, je ne suis plus la même qu'à notre premier round. J'ai mis beaucoup moins d'énergie à développer cette relation avec J parce qu'il me disait avoir compris ma manière de voir les choses et de vouloir les vivre. J'ai donc mis beaucoup moins d'énergie au round2 à essayer, par la parole, de le détendre et de concilier ma vision à la sienne. C'est extrêmement compliqué lorsque l'autre ne veut pas parler de nos amoureux et ne s'investit pas dans la relation parce qu'il y a un ou des amoureux ! Comment faire en sorte que chacun trouve sa place si la parole n'arrive pas à se libérer ? Comment faire avancer une relation avec quelqu'un qui conçoit la vie à deux (couple, vie commune dans le même lieu à terme) lorsqu'on ne conçoit pas du tout le futur ainsi ?

cactus

Autre question : pour toi, qu'est-ce que la "transparence" ? Si tu peux donner des exemples concrets de "non transparence", ça m'interesse.
Parce que j'ai l'impression que par "transparence", je m'imagine souvent un truc du genre "je raconte tout dans les moindres détails", mais pour moi être transparent ça n'est pas ça.

Pour moi, la transparence c'est dire lorsqu'il y a quelque chose qui cloche dans ta vie (problème perso, prof), quelqu'un qui occupe ton esprit (une ex qui revient communiquer avec toi et ça commence à prendre un peu de place dans ma tête), une rencontre avec quelqu'un qui plait et que ça risque de..., un déjeuner avec une "amie" alors que tu sais qu'elle n'est pas qu'une amie et qu'il te dit qu'il a déjeuné avec elle plusieurs jours après le dit déjeuné et qu'il prend soin de ne pas dire son nom....
Autre exemple : un soir, J avait une soirée prévue chez un ami à lui qui habite à 15 minutes de mon nouveau chez moi. Je l'invite à venir dormir dans mon lit, s'il le souhaite, pour éviter de retourner chez lui, puisqu'il vit à 30 bonnes minutes de chez son ami. Sa réponse est hésitante, il me dit qu'il va réfléchir, qu'il ne dit pas non mais qu'il ne sait pas... Je lui pose donc la question de savoir s'il y a quelque chose qui cloche, il a tout à fait le droit de ne pas avoir envie de venir chez moi mais qu'il faut qu'il le dise... (malheureusement pour lui, on a tellement dialogué par messages que même dans ses messages écrits, je sais lorsqu'il y a quelque chose qui "cloche" :-D ). Il se met presque en colère m'expliquant que ce n'est pas ça mais qu'il y a une fille qui doit venir à cette soirée et qu'elle lui plait (fille dont il avait commencé à me parler, mais en réaction au fait qu'il avait vu deux verres sur ma table, lui rappelant que mon autre amoureux était là juste avant qu'il arrive, comme c'était prévu (oui parce que moi, je dis :-) ). Bref : je lui réexplique donc que pour faciliter les choses, pourquoi ne pas me dire directement, il y aura C, la fille dont je t'ai déja parlé, qui doit venir à cette soirée et que je ne trouve pas ??(judicieux, opportun, cohérent...etc...) de venir me glisser dans tes draps ce soir là, après cette soirée. Ca lui aurait évité de me renvoyer sa culpabilité au travers de sa petite colère puérile ;D
Voilà ce que j'appelle la transparence !

Pour moi non plus, la transparence n'est pas tout raconter (ce qu'il se passe entre mon amoureux et ses autres amoureuses ne me regarde pas) sauf s'il veut m'en parler parce que ça le soulage, un problème avec elle l’empêche d'être suffisamment détendu avec moi, sa relation avec elle évolue...Mais tout ce qui concerne la thématique sexuelle ne me regarde pas (sauf s'il a besoin d'en parler pour X ou X raisons).
Je sais par expérience, que si la transparence (comme je la conçois) n'est pas présente dans mes relations avec mes amoureux, la relation fini par être compliquée d'un côté ou de l'autre, quoi qu'on fasse. On peut essayer de la rétablir et ça tient un moment jusqu'au prochain épisode de "souci", préoccupation... qui engendre le fantasme si on en parle pas. Et le fantasme (sauf celui sexuel :D) n'est jamais très constructif dans une relation. De mon point de vue, c'est plutôt un poison qui affaibli la relation pour, à terme, la faire mourir un jour.

J'espère avoir répondu à tes questions catus :-)
Bon dimanche à toi et à tous et toutes !

Voir dans le contexte

Discussion : Poly / Mono : enjeux de pouvoir et (meta)relations. La question du privilège mono.

Profil

Grani7a

le samedi 04 avril 2020 à 19h23

artichaut
Je souhaiterais parler ici de relations (ou meta-relations*) entre personne poly et personne mono (ou mono-de-fait). Et des enjeux de pouvoirs qui peuvent jouer dans une telle (meta)relation.

Champ lexical :
- J'entends ici par "personne poly" une personne poly-assumée, qui même quand elle est célibataire se considère comme poly. Pour qui c'est un choix de vie réfléchis et éprouvé et ne souhaite vivre que des relations poly (même si elle choisis parfois de s'arranger avec). —c'est mon cas—

Exemples (de cas dont je voudrais parler) :
- une personne poly (célibataire ou non) rencontre une personne mono (ou mono-de-fait) célibataire, bien que leurs choix de vie ne soit relationnellement pas très compatibles, il se passe quelque chose entre elles, que font-elles de ça ?
- une personne poly est en relation avec une autre personne poly, cette dernière entame une relation avec une personne mono (ou mono-de-fait), que fait la première de cette "meta-mono-relation" ?

Et la…
Question transversale (que je souhaite explorer c'est) : quels sont les enjeux de pouvoirs dans de telles relations ?

Bonjour artichaut, Caoline et bonjour Tout le monde, poly ou pas !

Je viens de recréer mon compte que j'avais supprimé pour raison de discrétion, étant en couple dit mono jusqu'à la fin d'année dernière. En effet, si je rebondi sur ce sujet, c'est que les enjeux de pouvoirs ont eu raison de mon acharnement à rester en couple "mono", je dis davantage "conventionnel". Je suis donc dans la case (s'il faut en mettre une artichaut "poly assumée").
J'ai découvert le terme "polyamour" et la philosophie qui l'accompagne il y a quelques années ici, sur ce site. S'en est suivi de grands questionnements sur moi et un gros travail d'acceptation de ma conception de ma vie amoureuse et de la vie en général....(je vous passe les détails qui seraient HS).
Après ces années de recherche de mon identité dans le sens recherche d'assumer cette identité, je me définis aujourd'hui davantage comme anarchiste relationnelle que comme polyamoureuse.
Venons en au vif du sujet : j'ai vécu 19 ans en couple exclusif (enfin surtout du point de vue de mon ex compagnon). Au bout de 8 ans de vie commune, j'ai exprimé mon mal être, mon ennuie, mon besoin d'autre chose, mon urgence d'émancipation sur tous les plans.
Et là, toutes les peurs de mon ex compagnon m'ont été jeté à la figure : peur de l'abandon essentiellement ; sa dépendance affective me bouffait littéralement. Plus j'affirmais mon besoin d'ailleurs, plus il me renvoyais mon "anormalité" et ma différence. Plus il voulait m'enfermer.
Je passerai les détails de mon cheminement jusqu'à ma décision de redevenir célibataire pour recouvrer ma liberté pleine et entière (avec quand même une garde alternée de deux miochons une semaine sur deux ;D !!).
Par contre, deux relations sentimentales m'ont donné l'impulsion de sauter dans le vide et de mettre cette bombe dans ma vie il y a 3 mois. Bien entendu, cette bombe était amorcée depuis bien longtemps, mais nous savons tous que ce sont les rencontres que nous faisons qui nous font cheminer et prendre des décisions pour NOUS MEME.
- une rencontre l'année dernière d'un mono (J), tout ce qu'il y a de plus "conventionnel". Une belle rencontre, une histoire qui vient de se terminer. Et là aussi, un jeu de pouvoir : Premier round : "quand je te vois, je vois ta famille avec toi. Conséquence, je ne peux pas m'investir dans une relation avec toi."
Donc rupture ; puis reprise quelques mois plus tard car OH elle est célibataire ! Bin oui, mais ma philosophie de vie n'a pas changé, je suis anarchiste relationnelle, non exclusive sur plan sentimental et sexuel ! Deuxième round : Et là, même problème : "je ne suis pas le seul dans ta vie, je sais que je ne peux pas te demander l'exclusivité, mais du coup je ne peux pas m'investir dans la relation comme je le voudrais et c'est compliqué dans ma tête....."
Lors de mes discussions avec mes amies exclusives ou mes rencontres amoureuses exclusives, ce qui me gène le plus, c'est le rapport à la transparence et au mensonge. Par exemple, J. est incapable d'être totalement transparent dans ce qu'il vit par ailleurs, alors que mon discours a toujours été que je ne voulais pas le couper de faire d'autres rencontres puisqu'il est célibataire, sans enfant et de surcroît, mon cadet de presque 7 ans. J'ai une véritable aversion pour le mensonge (c'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle j'ai quitté le cocon familial, c'est que mon ex conjoint me disait ne rien vouloir savoir si j'avais d'autres histoires -tout en posant des questions insidieuses qui me mettaient dans des situations extrêmement compliquées à gérer... encore un rapport de force à gérer du coup).
Pour la 2ème fois, une rupture a été inévitable entre J et moi. Son fonctionnement exclusif (me demande de lui mentir ou du moins de ne pas lui parler de mon "autre") associé à son manque de transparence ("je ne veux rien savoir de l'autre et je ne veux rien te dire parce que trouve ça bizarre, même si je sais que tu as besoin de savoir...") m'ont poussé à la rupture. Ah oui hein, quand c'est très compliqué et que ça fait deux rounds, faut arrêter quoi !

Alors vous me direz, il manque peut-être juste de maturité ? Probablement, mais ces jeux de force sont tout de même de l'ordre de la normalité (dans le sens habituel) dans la philosophie "mono". Nous savons ce que la notion de "s'appartenir" en exclusivité amoureuse peut entraîner comme conséquences (cf les explications sur la dépendance amoureuses d'Ours dans un autre fil de discussion).

Ces difficultés et ces enjeux apparaissent encore plus clairement lorsqu'on rencontre un polyamoureux ou tout du moins un non exclusif (juste avant mon deuxième round avec J.). C'est ce qu'il m'est arrivée il y a quelques mois.
Et là, comme tu écris Caoline : "qu'est ce que c'est fluide" ! Pas de mensonge, ni demandé ni ressenti, respect des limites de chacun sans garde fou inutile, pas ou peu de tension parce que les choses sont claires, sans peur du futur parce que les choses se vivent et avancent toutes seules. Pas de questionnement inutile.
Bref : La relation est là et on l'apprécie pour ce qu'elle est. On se donne, on prend, on partage, on se soutien et on est solidaire. Même si on ne se voit pas tous les jours, le lien est présent, régulier et constant. Sincère.
Je pense que si on enlève l'exclusivité amoureuse et qu'on a fait un travail sur sa dépendance amoureuse (du moins déjà d'en prendre conscience), on enlève beaucoup de peur et la relation est bien moins accès sur le rapport de force.

Je ne sais pas si je suis très claire, car en digestion de ma rupture d'avec J. (oui parce que pouvoir aimer plusieurs personnes en même temps c'est pas plus simple dans les ruptures, faut pas rêver !!).
Mais je suis un peu comme toi artichaut, mon souci (parce que je l'ai subi pendant une bonne dizaine d'années sur les 19 années dernières), c'est que je suis un peu, aujourd'hui à l'instant T, allergique à la vie de couple dans le schéma "mono". A 3 semaines de confinement, j'entends et je vois les problèmes que celà engendre dans les foyers. Cet enfermement je l'ai ressenti tellement fortement durant des années, pourtant libre d'aller et venir. Et pour ma part, en toute sincérité, je doute d'un retour en arrière un jour. La solitude si on la conçoit comme une liberté individuelle d'être soi, n'enferme pas ; elle est même libératrice si on arrive à en faire son allier.
Ainsi, elle n'agit pas comme un jeu de pouvoir, elle n'exerce pas de pression comme peut l'être la monogamie sur certains êtres.

C'est mon avis et un petit bout de mon expérience ;D

Voir dans le contexte

Retour au profil


Espace membre

» Options de connexion