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Discussion : Renoncer au polyamour
artichaut
le samedi 27 avril 2024 à 10h47
Alabama
Je me suis fait la réflexion il y a peu, que ton paradigme me ferait sans doute plus envie si j’étais un homme.
J'ai répondu là.
Discussion : Changer de paradigme (relationnel)
artichaut
le samedi 27 avril 2024 à 10h44
Je choisis de répondre plutôt ici, à un commentaire posté ailleurs :
Alabama
Je me suis fait la réflexion il y a peu, que ton paradigme me ferait sans doute plus envie si j’étais un homme. En tant que femme, je le vis différemment je pense. Je pense que les hommes ont du mal à aimer, en particulier aimer les femmes. Aimer fait peur, c’est profond et ça chamboule. Accepter d’être dépendant de l’autre, c’est incompatible avec l’identité d’homme telle qu’elle se construit dans le patriarcat.
Et donc je ne suis pas étonnée que l’engagement soit voulu par les femmes et fui ou vu comme contraignant par les hommes. Et que petit à petit des femmes aussi le rejettent par réaction, parce que ce serait ne pas être cool, ou par peur d’être enfermée dans une relation aliénante pour elles, ou par peur que ça n’empiète sur le reste de leurs vies car par éducation elles apprennent à se faire passer après tout le monde.
Donc je me demande à quel point refuser la monogamie, du côté des hommes ce n’est pas refuser l’engagement, refuser de donner de soi, et à quel point ton nouveau paradigme n’est pas teinté de cela aussi. C’est une question ouverte, pas une certitude ou un jugement .
C'est une question que je me pose beaucoup aussi. En tout cas celle-ci : mon refus, non seulement de la monogamie, mais aussi de vivre une « relation amoureuse » est-elle emprunt d'un refus d'engagement ?
Je pense même que j'ai une once de culpabilité (chose pourtant pas très présente chez moi) à cet endroit.
Gros sujet, en tout cas.
Pour l'instant, mes réflexions sur le sujet me laisse plutôt à penser que non (il me semble que je suis plutôt quelqu'un qui s'engage, justement).
Après ta question portait sur mon changement de paradigme, donc sur un concept, et pas seulement sur mon chemin de vie perso.
Je ne sais pas. Et je ne sais pas s'il est plus suceptible de plaire aux hommes, plutôt qu'aux femmes. Je pense surtout que pour l'instant, il n'est pas du tout clair ce changement de paradigme.
En tout cas je te rejoins sur le fait qu'à mon sens, aller vers le polyamour, du côté des hommes, va souvent avec un refuser de s'engager (et pire encore avec "l'anarchie relationelle", je trouve).
Pourtant la monogamie pour moi, permet déjà ça : le refus pour les hommes de s'engager dans les faits (au delà d'un discours d'engagement initial). Le patriarcat est bien rôdé à cet endroit et permet tout à la fois de déserter la charge relationnelle (puisque c'est bon "on est en couple"), de déserter la charge parentale (sous couvert de "travailler pour subvenir aux besoins du ménage"), d'avoir des aventures extra-conjugales, etc, etc.
Le "polyamour hiérachique", par exemple, permet juste d'ajouter une dimension supplémentaire de désertion (de la charge inhérente au couple socle) sans perdre les privilèges acquis par la monogamie.
Et "l'anarchie relationelle" permet de traiter toutes ses relations comme secondaires.
Dans ce changement de paradigme je ne promet ni "le sexe", ni "l'amour-amoureux". Donc je pense que ça n'est attirant pour aucun des deux genres consacrés.
Discussion : Renoncer au polyamour
artichaut
le samedi 27 avril 2024 à 10h22
LeGrandStyle
Je ne pense pas que je pourrais définir l’amour, mais si devais choisir un mot, je dirais simple.
Alabama
Pour autant, effectivement avant ma relation amoureuse actuelle il y a des choses que je n’avais pas ressenties. Une sorte de calme intérieur effectivement, de simplicité. Je ne dis pas que la relation est simple. Mais mon amour lui, est simple et doux.
Au moins sur ça, je vous rejoint, moi aussi je tend vers la simplicité. (…et d'ailleurs, en lien avec le titre de ce fil, moi aussi j'ai renoncé au "polyamour").
Et en un sens, oui, la monogamie fait cette promesse de simplicité
- que soit en terme social (c'est bon je suis casé, c'est bon j'ai répondu au injonctions, ayé je suis en couple, ouf je suis dans la norme, ça c'est fait…).
- ou même en terme déçu-du-poly (finie la jalousie, les emplois du temps compliqués, la charge relationnelle à outrance, la recherche permanente de nouveaux partenaires, les ruptures à la chaîne…)
En mode moins caricatural peut-être, la monogamie promet en se concentrant sur une seule relation, de pouvoir mieux en prendre soin, et fait la promesse d'un avenir (supposé serein, avec cette idée sinon de vieillir ensemble, en tout cas de relation qui s'inscrit dans le temps).
Et cette simplicité promise, elle est précieuse, donc quand on a la chance de la trouver (dans le sentiment de pénurie qui caractérise un marché concurentiel, d'offre et de demande), ça semble logique de vouloir la garder, la préserver.
Une dernière chose qui me semble importante, la monogamie rejoint, me semble t-il, un genre de simplicité dans cette sorte d'évidence, ou de cohérence-dans-la-continuité, en retrouvant une part de ce qui a été pour la plupart d'entre nous le point de départ de notre vie : un foyer parental heureux. Pouvant donner un surplus de sens à notre vie. Et même sans faire d'enfant, voire même sans habiter ensemble, je parle ici d'un surplus de sens symbolique, quelque chose comme reconnecter à ses racines.
Alabama
A cela j’ajoute que cette personne est devenu un ami très proche, avec qui j’ai envie de faire tout un tas de choses. Je n’avais jamais vécu de véritable amitié dans mes autres relations amoureuses, ce qui est triste j’en conviens
Je trouve ça triste en effet qu'il faille en passer par une relation amoureuse-monogame… pour devenir… des ami·e·s très proches. Mais certes, si c'est là le chemin, pourquoi pas.
Discussion : [Lexique] polyacceptant·e (ou poly-acceptant·e) poly-compatible — pertinence et définition —
artichaut
le samedi 27 avril 2024 à 00h06
En 2019, je disais :
artichaut
La première occurrence que j'ai pu trouver de l'emploi du mot polyacceptant·e (sur le net, ou sur ce site) est celle-ci (et dans une version, déjà +intéressante et précise, je trouve) :
Popol (invité), le dimanche 01 avril 2012
En fouillant mieux le forum j'ai trouvé +ancien ! (désolé Popol)
Siestacorta, le mercredi 09 mars 2011 #
Mais aussi, le caractère de ta compagne. Comme tu la décris plutôt monogame, je suis curieux d'en savoir plus sur ce qui lui permet cette poly-acceptance ou cette compersion, pour dire ça avec des grands mots...
(c'est moi qui souligne)
…et même un post qui date du tout début du site, à savoir janvier 2009 (le site étant né en décembre 2008) initié par @AttireDailes et qui s'intitule Acceptation heureuse, ou subie ? et qui s'étonnait déjà d'avoir trouvé dans la FAQ cette définition : « Ce qui définit une relation polyamoureuse c'est que chaque personne impliquée connaît et accepte l'implication des autres. » (c'est moi qui souligne).
Les débats étant déjà là à l'époque :
AttireDailes
Le vif du sujet. Je m''interroge sur ce fameux niveau d'acceptation. Il peut être éclairé, voire heureux, mais ausis souvent subi, de mauvaise fortune, à défaut d'être de bon coeur.
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le vendredi 26 avril 2024 à 21h23
Alabama
Ce qui me vient en te lisant @artichaut, c’est que pour moi ces termes pourraient être utilisés comme une description et non comme une prescription
Ça m'a donné envie d'en savoir plus sur l'apparition du mot…
Wikipédia dit :
…le terme « hétérosexuel » n'apparaît qu'après la formation du mot « homosexuel », auquel son créateur, Karl-Maria Kertbeny, opposait d'abord le terme « normalsexuel ». En français, l'adjectif apparaît en 1891, et le substantif « hétérosexualité » en 1894.
Ce serait donc comme cis-genre, pour visibiliser une norme invisible.
Ah, ça me le rend déjà plus sympathique ce terme hétéro.
Alabama
Passer du temps entre femmes (…) Les femmes entre elles de touchent, se complimentent, se soutiennent, ce qui est souvent décrit comme étant propre à la relation amoureuse et qui fait pourtant souvent défaut dans les relations hetero de la part des hommes. En ce sens les femmes hetero peuvent souvent avoir des relations plus intimes avec leurs amies qu’avec leurs conjoints. Mais le carcan de l’étiquette invisibilise ce type de relations.
Oui, c'est typiquement ce genre de chose que j'ai à cœur de changer.
La question n'est pas de savoir si on se touche la bite, ou pas. Sauf cas de pédocriminalité ou d'interactions non-consenties (ou pour le plaisir de "parler de cul" entre ami·e·s), on s'en fout, ça ne regarde que les concerné·e·s.
En revanche pouvoir avoir des relations ouvertement intimes (au sens affectif, au sens tendresse, etc), qui ne dit rien de ce qu'on peut vivre avec cette personne dans une intimité en privé (ni dans un sens, ni dans l'autre), voilà ce vers quoi je voudrais tendre.
Et ce, non pas avec tout le monde, mais avec qui on veut. Sans devoir se justifier par une orientation "amoureuse" ou "sexuelle", ou par un statut relationnel du genre de la fameuse question « Vous êtes ensemble ? » ou « C'est ta copine ? »
Alabama
Je dirais que ces termes me sont utiles d’un point de vue politique, mais que dans une discussion de cœur à cœur sur mes attirances je n’en ai pas l’utilité. Je crois qu’on peut s’en passer totalement dans certains contextes intimes.
Oui, c'est ce que je ressent aussi.
Et je sens que je voudrais pouvoir m'en passer dans certains contextes sociaux (a minima dans les contextes de convivialité entre personnes de réseaux affectifs proches).
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le vendredi 26 avril 2024 à 15h11
artichaut
Cette surfocalisation fabrique pour moi, un monde étriqué et non désirable.
Une presque-boutade m'est venue : ce que je ressent, c'est la suffocation liée à cette surfocalisation.
Oui bi/pan queer non-binaire… sont des concepts qui peuvent apporter de l'air.
Ça ne change malheureusement pas le monde, mais ça peut sans doute le rendre plus respirable, au minimum en apparence, ou par endroits.
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le vendredi 26 avril 2024 à 11h37
En résumé, je pense que ce qui me dérange dans ce concept hétéro, c'est la surfocalisation, sur un genre en particulier, sur la notion même de genre, sur des interactions-type supposés (le "sexe"), sur des ressentis-type suppossés (être "amoureux").
Cette surfocalisation fabrique pour moi, un monde étriqué et non désirable.
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le vendredi 26 avril 2024 à 11h17
Et du coup, creusons un petit peu plus cette notion d'hétéro.
Alabama
Je pense que notre manière d'être attiré·e est énormément influencée par la culture, par la construction de genre (la nôtre et celle des autres), ce qui rend la réponse à ta question assez ardue.
En tout cas pour moi, ça rend la question caduque.
Je ne suis en aucun cas attiré par toutes les femmes, donc je n'ai en rien besoin de ce concept pour me définir. Je le trouve non-opérant.
Et par contre, je vois trop en quoi ce concept sert à nommer par quel genre on n'est pas attiré. Et donc à sauver une morale, ou asseoir des catégories qui servent à exclure.
Alabama
artichaut
Et ça veut dire quoi "sexuel" ou "amoureux" ?
Wow, vertigineuse question.
Je me demande souvent qu'est-ce que c'est "être amoureux·se". Franchement, l'existence des personnes asexuelles me fait complètement douter de ma propre définition. Car pour moi le sentiment amoureux est complètement corrélé à l'attirance sexuelle. Si je ressens de l'amour pour quelqu'un ET de l'attirance sexuelle, bah je suis amoureuse :D et donc je peux être amoureuse 1h, une nuit, 10 ans...
Je n'ai pas eu l'occasion de discuter avec une personne asexuelle amoureuse, j'adorerais avoir cette discussion pour comprendre, et peut-être que cela modifierait ma définition "d'être amoureux·se".
Je vais prendre les deux choses séparément ("sexuel" et "amoureux").
1. sexuel
Si on définit 'sexuel" d'un point de vue normé, je dirais que c'est le fait de partager de la génitalité excitatoire.
Être hétérosexuel·le serait donc partager, ou ressentir du désir à l'idée de partager, de la sexualité génitale excitatoire avec les/des personnes d'un autre sexe/genre que nous.
C'est hyper restrictif, et c'est sur-focaliser un type d'interaction. On peut aimer ou pas la sexualité génitale excitatoire, là n'est pas la question, mais en faire un critère évaluatif des relations et de nos orientations, là me semble être souvent le problème. On sur-focalise un type d'interaction (et souvent avec ça, une ou des pratiques bien précises) et on finit par ne voir plus que ça.
Du coup, si j'ai du mal à me ressentir "sexuel" au sens de la norme, j'ai du mal à me ressentir hétéro-sexuel.
Sauf dans certains cas très précis, cette définition normée de la sexualité ne me convient pas du tout. Pour en avoir déjà parlés ensemble toi et moi @Alabama, je sais qu'on partage plutôt cette définition : est sexualité/sensualité tout ce qui me mettrais mal à l'aise, si je m'imaginais le faire avec mon enfant (en considérant, bien sûr, que je ne suis pas tenté par la pédocriminalité). Donc certains baisers, touchers, regards sont "déjà" de la sexualité.
Selon la définition, que ce soit en pratique ou en désir, je ne me situe pas du tout au même endroit.
Et en l'abscence de défintion claire et commune, me dire hétérosexuel ne veut rien dire. Et si j'envoie bouler les normes en matière de sexualité, j'envoie bouler du même coup le terme hétérosexuel.
2. amoureux
Selon la norme être amoureux pourrait être ressentir des papillons dans le ventre, avoir tout le temps envie de voir, d'être avec la personne, etc. Voire que l'abscence de la personne crée en nous un manque, un sentiment de vide.
Perso, j'assimile ça à une pathologie révélatrice de carences affectives profondes.
Donc je ne tiens pas à me définir à partir de ce concept. Ce qui ne veut pas dire que je prétends ne pas avoir de carences affectives profondes, mais je n'ai pas du tout envie de me définir par ce prisme.
Peut-être que ce dont je parle comme norme amoureuse, c'est juste la NRE, la passion du début, cet ego-trip qui nous fait voir en l'autre un mirage de nous-même ? Mais dans ce cas, moi non plus je ne sais pas trop c'est quoi "être amoureux" selon la norme, sinon comme (ce que j'entends que) tu dis, être ami·e·s plus du sexe.
Et si au contraire j'élargit mes sentiments d'amour à toutes les formes d'amour, ou même à toutes les formes d'amour pouvant inclure de la "sexualité" (voir 1.), alors pareil le concept d'hétéroamour (ou "hétéroromantisme") me semble non-seulement inopérant, mais de surcroît, là encore, vient sur-focaliser un type de relation/ressentis, créant des hiérarchies, des reléguations, des traumas.
*
En définitive, trouvant les concepts d'amour et de sexe bien trop étriqués, il m'est difficile de les utiliser pour en plus aller ensuite coller ça à toutes les personnes d'un genre en particulier.
Au final je ressent comme une obligation morale, une injonction sociale à me définir sur des plans (la génitalité excitatoire et la carence affective) qui certes me traversent et me concernent, mais que je trouve socialement et culturellement surinvestis.
Comme si d'ailleurs la génitalité excitatoire devait forcément être liée (voir venir pallier) à nos carences affectives.
J'ai l'impression qu'accepter de me dire hétéro serait accepter de sur-focaliser (donc sur-valoriser) un type d'intercation et de ressentis, tout en assignant a-priori cette sur-focalisation à un certains types de personnes seulement (indépendamment de leurs autres caractéristiques).
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le vendredi 26 avril 2024 à 01h56
Alabama
Attention à ça, car ce n'est pas la pratique qui définit une orientation sexuelle.
Je sais bien, je connaît le laïus. Mais en l'occurence je considère que ma pratique détermine mon "orientation sexuelle sociale" (concept qui n'existe pas vraiment, mais dont j'ai personnellement besoin).
De même, mon expression de genre fait de moi un "mec cis social", même si je ne me ressent pas forcément cis.
J'ai conscience d'être en dehors des clous du politiquement correct queer en disant ça.
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le vendredi 26 avril 2024 à 01h23
Alabama
là, je me suis limitée à ce qui est genré dans ce qui m'attire, pour t'aider à cheminer sur c'est quoi être hétéro.
(…)
Là je me suis focalisée sur ce qui m'attire chez quelqu'un·e pour avoir une relation au-delà du sexe.
Oui, j'avais bien compris.
Alabama
Car si on me bande les yeux, ce qui va faire que je n'ai pas de désir c'est uniquement la façon dont on me touche, et j'ai du mal à envisager que ce n'est pas la même chose pour tout le monde. D'ailleurs question pour les hétéros dans la salle, si on vous bandait les yeux, pourriez-vous ressentir du désir sexuel sans avoir vu la personne et sans connaître son genre/sexe ?
Merci pour la question, et voilà pour moi tout est dit.
Si je ferme les yeux, sans savoir par qui je suis touché, bien sûr que je serais possiblement excité, et ce ni par le genre, ni par le sexe, ni même par la personne en soi, mais par… son toucher, sa présence, sa sensibilité.
Si on vous bandait les yeux, pourriez vous bander !?
Si oui, vous n'êtes pas hétéro !
Discussion : Changer de paradigme (relationnel)
artichaut
le vendredi 26 avril 2024 à 00h32
polymerveille
Apres une période de solitude choisie et benefique, sorte d'hibernation, je me sens prête a de nouvelles relations, non exclusives. Je vois des amis , je sors . Dernierement , jai invité cet homme à prendre un thé, 2h de discussions intimes, on parle relations, couple , affectivite, sexualite je confie ma non-exclusivite. Cetait tellement bon et nouveau pour moi de parler en sincerité!
Et apres ca l'envie de le revoir encore .
Et pour lui , aussi , le desir est la, mais il est marié, monogame, un couple qu'il décrit comme avançant vers une séparation, et prefere entretenir une relation d'amitie sans sexe avec moi.
j'adhère car cela permet d'avancer en lenteur, apprecier ce lien sans attendre plus . sauf qu'une partie de moi en veux plus , et ça m'agace
Donc rationnellement j'accueille, je comprend, mais émotionnellement j'ai du boulot.
Moi je trouve ça génial ce que vous vivez déjà.
Peut-être qu'il ne sagit même pas d'avancer en lenteur, mais juste de savourer ce qui est là, et construire à partir de là, à cet endroit là précisèment.
Oui émotionnelement ça peut être du boulot. On n'est pas habitué·e·s à ça. Au lieu de ça, on projette. Toujours "plus", évidemment.
Il propose "une relation d'amitié sans sexe", Super. Qu'est-ce qui, là au sein de cet ensemble là, pourrait t'enthousiasmer, toi ? Comment rendre une telle relation absolument magnifique et extraordinnaire ?
À commencer déjà par ne pas la dévaloriser ni la cantonner à un truc de second plan, ni la configuer comme un miroir aux alouettes d'un truc qui n'arrivera possiblement jamais. Est-il prêt à se mettre en jeu dans une telle relation au présent, ou c'est juste une manière de te mettre "poliment" sur la touche sans le dire ?
.
Merci @polymerveille de m'apporter un exemple. Ce qui me permet de parler par enthousiasme, plutôt que seulement par la négative. C'est plus facile pour moi, on dirait, de le faire avec les exemples des autres.
Discussion : Changer de paradigme (relationnel)
artichaut
le vendredi 26 avril 2024 à 00h24
Alabama
Quand on veut des choses à l'opposé de ce que la société propose majoritairement, c'est un peu la merde.
Je ne suis pas d'accord avec ça. Je pense qu'il y a très peu de gens qui veulent vraiment autre chose.
Genre je suis poly, mais je veux une relation socle. Je suis gay et je veux être en couple. etc.
Ok, y'a peut-être un très léger décalage, mais fondamentalement c'est la même chose.
Si tu fait un pas de côté et cherches à louer une maison dans un endroit où personne ne veut habiter, mais que tu cherche une maison parfaitement identique à celles des endroits où tout le monde cherche, ben oui ça va être tout aussi difficile, sinon plus.
J'ai le sentiment que cette pénurie ressentie, ce désert affectif là, fait encore partie de la norme.
.
Et j'ai l'impression que ce que je dit est hyper négatif. Et je me retrouve moi-même à parler de cette norme, qui au fond ne m'intéresse pas. On ne s'en sort pas.
Comme si je ne pouvais expliquer que par la négative.
Discussion : Changer de paradigme (relationnel)
artichaut
le vendredi 26 avril 2024 à 00h06
Alabama
En plus, ça confirmerait la théorie des incels selon laquelle s'ils n'arrivent pas à trouver de partenaire, c'est parce que les nanas sont toutes attirées par les bad boys et que eux étant des nice guys il n'y aurait rien pour eux.
J'ai pas compris en quoi ça confirmerait quoi que ce soit.
À mon sens, les "incels" cherchent tous la même chose, donc ils fabriquent eux-même la pénurie qu'ils stigmatisent.
Alabama
Par contre si on parle de maison, il est certes plus facile d'acheter ou de louer une maison dans un endroit que personne ne veut habiter, là on rejoint les dynamiques de marché, d'offre et de demande.
Ben oui, voilà, c'est tout à fait ça : des dynamiques de marché, d'offre et de demande.
Discussion : Changer de paradigme (relationnel)
artichaut
le vendredi 26 avril 2024 à 00h02
Alabama
Donc bref, juste pour dire que ton concept mérite des exemples je trouve, c'est pas très clair pour moi !
Ben justement je rechigne à donner des exemples. Même si j'ai conscience que ne pas donner d'exemples cantonne ce que je dis a de la théorie pure.
Face à la force qu'il y a en face, j'ai l'impression que les exemples que je pourrais donner paraitraient dérisoires, ou seraient immédiatement balayés.
En vrai je pense, que je rechigne à chercher à convaincre. Et j'ai l'impression qu'expliquer, soit j'ai pas les mots pour, soit ce que je cherche à exprimer est difficilement entendable.
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le jeudi 25 avril 2024 à 16h47
Alors déjà ça, même si ça n'est pas le plus important de ce qui me vient :
Alabama
il m'arrive souvent de me demander, comment font les "mono-sexuels" pour n'être attiré·e·s que par un seul genre ou un seul sexe. C'est très étrange pour moi, et je suppose que c'est très étrange pour la plupart des bi/pan. Accessoirement, je vois dans ce fil une définition différenciée de bi et pan, mais il me semble qu'il n'y pas vraiment de différence pour la majorité des bi.
(…)
Je retrouve chez les hommes qui m'attirent ce je ne sais quoi de "calme", qui m'apaise. Bien sûr sous l'apparence calme il y a souvent beaucoup d'émotions réprimées, mais ça marche quand même sur moi. Et chez les femmes qui m'attirent, de l'énergie, de la puissance, de la joie. Les femmes effacées ou timides ne m'attirent pas, alors que l'inverse chez les hommes peut me faire fondre.
Tes attirances semblent donc d'une certaine manière assez genrées, mais comme en inversé de la norme. Les hommes plutôt effacés (qui colle peu au modèle viril) et les femmes plutôt puissante (qui colle peu à l'injonction de réserve faite aux femmes).
Mais du coup il y a tout de même une sorte de séparation des genres, qui fait que ça m'étonne que ça soit étrange pour toi de pouvoir n'être attiré que par l'un ou par l'autre (dans un sens plus classique, comme dans un sens inversé)… il suffirait par exemple, d'être comme toi, mais de n'être attiré que par les caractères clames ou au contraire puissant, non ?
Alabama
Accessoirement, je vois dans ce fil une définition différenciée de bi et pan, mais il me semble qu'il n'y pas vraiment de différence pour la majorité des bi.
Suis pas le mieux placé pour répondre, mais pour moi s'il y a deux mots, c'est qu'il y a forcément deux sens, ou a minima, des nuances (d'époque, de niveau de langage, de milieux, etc).
De ce que je comprends (de ce que me disent les personnes concernées) :
- les pan sont plutôt dans une logique de supression du genre (et trouvent pour certain·e·s, que se définir "bi" c'est trop binaire, tu aime les "hommes" + les "femmes", mais quid des personnes intermédiaires ? Pan serait alors plus inclusif envers les personnes trans ou non binaire)
- les bi sont plutôt dans une logique systémique, disent aimer les hommes + les femmes + les autres, trouvent qu'on ne peut abolir le genre puisque c'est un fait social, et que se définir pan, c'est prendre le risque d'invisibiliser les catégories sytémiques, justement, donc les oppresions.
J'ai donc le sentiment que dans les faits c'est pareil, mais que le choix sémantique conotte souvent des divergences politiques sur comment en finir avec le genre.
De la même façon que trans ou non-binaire peut conotter, via la sémantique, des divergences politiques.
Et de la même façon qu'aujoud'hui je ne me ressent plus du tout hétéro, mais pour autant, en tout cas pour l'instant, je ne vais pas arrêter de me dire hétéro, car je ne veux fuir ni mon genre assigné, ni mon orientation assignée, et prétendre ne pas bénéficier des privilèges qui sont les miens.
Pour l'instant je dirais qu'intérieurement je ne me sens ni hétéro, ni cis, mais que socialement je suis et l'un et l'autre.
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le jeudi 25 avril 2024 à 14h36
Oui, c'est vertigineux.
Merci pour ta contrib.
Je vais prendre le temps de mettre mes idées au clair (car il y en a beaucoup), et je reviendrais poster.
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le mardi 23 avril 2024 à 23h58
Topper
artichaut
Alors comment apelle t-on une personne qui est attirée par des personne de son genre (quelque soit son sexe) ?
Réponse d'une IA : Les personnes attirées par le même genre, peu importe le sexe, sont appelées pansexuelles.
Pas logique. Si hétérosexuel concerne le sexe, pansexuel concerne aussi le sexe et non le genre.
Et réponse à côté de la plaque : la personne pansexuelle est attirée sexuellement par tous les genres.
Pour signifier être attiré par un seul genre, il faudrait plutôt : hétérogenre, homogenre ; et leur pendants : bigenre, pangenre. Mais déjà, c'est pas l'usage, et ça prêterais à confusion.
Topper Je vois. Tu ne t'es jamais questionné sur ta sexualité, par exemple à l'adolescence ?
Je ne sais plus. Mais je pense que non.
Topper
Mais ça t'oppresse ? Tu te sens enfermé dans un rôle ? Des attentes ?
J'ai surtout le sentiment d'une coquille vide. D'une étiquette qu'on m'a assigné, que j'ai docilement accepté (parce qu'on ne m'a rien proposé d'autre, et que je n'avais pas non plus en moi, un puissant élan contraire), mais qui non seulement ne m'apporte rien, et possiblement à participé à maintenir ma vision avec des oeillères pendant pas mal d'années.
Je sais pas, c'est comme… on m'a inculqué que j'étais français, soite y'a peut-être une part de vérité, mais en soi ça ne m'apporte rien, ça m'empêche possiblement de me sentir autre chose et d'aller vers d'autres horizons, et ça cautionne une vision politique et culturelle du monde (capitaliste, impérialiste, hégémonique, etc).
Ça restreint et limite considérablement mon champ de vision. Ça m'enferme dans un système clivant, dont on ne peut pas dire qu'il fasse des merveilles.
Des attentes ? Je dirais, explorer le monde, sans ces étiquettes clivantes et qui à y regarder de prêt, me semble aujourd'hui illogiques et fake.
Topper Peut-être que serais-tu attiré amicalement, peut-être romantiquement, peut-être sexuellement...
Oui, donc, on peut se passer de la case "hétéro".
Je peux être attiré, ou pas attiré.
Du reste ces 3 cases… amicalement, romantiquement, sexuellement… me semblent tellement limitantes… devant l'infini des possibles.
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le mardi 23 avril 2024 à 17h35
Alinea7
Mais je me suis bien écartée du sujet, désolée !
Y'a pas de mal. Je trouve tes interventions toujours pertinentes.
Car je dirais qu'elles viennent non pas stigmatiser, mais sans cesse (re)questionner.
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le mardi 23 avril 2024 à 17h06
Alinea7
Si c'est s'autoriser, c'est très bien. Mais parfois j'ai l'impression qu'on arrive presque à l'injonction à tout remettre en question, à tout déconstruire. Et je ne sais pas très bien dans quel but.
Bien sûr (et heureusement) qu'il n'y a pas à se forcer. C'est à mon sens judicieux d'avoir conscience de ce qui systémiquement nous traverse et nous construit, mais au delà de ça, chacun·e son chemin.
Par contre, j'aurais tendance à te renverser l'argument : je ne sais pas très bien dans quel but se contenter d'un monde si étriqué et qui fonctionne si mal.
Discussion : Ça veut dire quoi hétéro ?
artichaut
le mardi 23 avril 2024 à 16h57
Lili-Lutine
Il est indéniable pour moi que la société nous impose souvent des normes et des rôles préétablis qui peuvent entraver notre authenticité et notre liberté d'être nous-mêmes
Oui, il y a une dimension très politique à tout ça, très culturellement politique.
Au delà du coût (social, humain, financier) que cela représente, de la responsabilité de certaines catégories sociales plus que d'autres, et de la coercition opérée sur les individus, ce dont je voulais parler ici, il me semble — et qui m'est apparu de manière assez prégnante —, c'est peut-être l'étrangeté de ces shémas coercitifs.
D'un coup ça m'est apparu tellement absurde, inutilement restrictif, complétement illogique.
Et surtout, je sens que ce qui là s'effondre en moi (et qui n'est pas seulement l'hétéronormativité), opère un grand vide, une grande place et me donne beaucoup d'air. Comme si, suffoquant sous des monceaux de ruines, je trouvais un chemin vers l'air libre et découvrait un paysage tellement plus vaste que le monde dans lequel je m'efforçais de vivre.
Ça ne me donne pas envie de me précipiter vers son contraire (je m'en fiche pas mal d'être hétéro, bi, ou pingouin), juste déjà de profiter de cette liberté de pensée et de mouvement que ça procure.
(Et je ne vais pas pour autant fuir systémiquement mon genre, mes privilèges, et mes responsabilités sociales. Mais juste je me rends compte de la vacuité — en tout cas pour moi-même — à laquelle certains de ces privilèges me donnent, ou prétendent me donner, accès.)