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Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir
Lili-Lutine
le lundi 26 janvier 2026 à 13h29
Je reçois tes écrits @artichaut (les 3 premiers tout en haut) comme une tentative courageuse de mettre des mots sur des mécanismes très réels et j’y reconnais des choses que j’ai moi-même traversées
Mais là où je me sens en décalage, c’est quand tu nommes l’amour-amoureux comme une "pathologie miroir" au sens presque homogène comme si ce mouvement venait toujours d’un ego en quête de validation
Dans mon vécu, il y a une autre couche, plus archaïque, plus corporelle, moins consciente
Pour moi, beaucoup de ce qu’on appelle "amour-amoureux" n’est pas d’abord une recherche de flatter l’ego mais une tentative de réparation, un mouvement de survie, un appel du système nerveux qui cherche enfin un lieu où se poser
Quand on a grandi dans des environnements où le lien était insécurisant , intrusif, absent, ou violent, le corps ne sait pas faire la différence entre "être aimé" ET "être enfin en sécurité"
Alors quand un lien active cette sensation de refuge, de reconnaissance, de présence, ça ne ressemble pas à un miroir narcissique, ça ressemble à une terre après un désert
Ce n’est pas "je m’aime à travers toi" c’est souvent "je respire enfin dans ton regard"
Et ça peut produire exactement les mêmes effets que tu décris :
dépendance
fusion
peur de perdre
jalousie
panique
manque
mais la racine n’est pas la même
Ce n’est pas l’ego qui cherche à se valider, c’est un corps qui cherche à se sentir vivant et en sécurité
Là où ton analyse parle de pathologie narcissique, je parlerais parfois de mémoire traumatique relationnelle
Et ça change profondément la manière dont je regarde les "remèdes"
Se dire "aime-toi toi-même" "sois autonome" "ne projette pas" peut devenir une violence de plus, quand ce qui se joue est un besoin primaire de régulation affective
Pour moi, la désaliénation ne passe pas seulement par le déplacement vers l’amitié ou la tendresse, mais par la capacité à sentir, dans le corps, si un lien m’ouvre ou me contracte, s’il m’apaise ou me met en survie
Et parfois, ce que tu appelles amour-amoureux est simplement le premier endroit où cette différence devient perceptible
Ce n’est pas une erreur, c’est une étape
Pas un mensonge, mais un langage maladroit du vivant
Et là où je te rejoins profondément, c’est ici ce qui compte , ce n’est pas la forme du lien mais son effet
Est-ce que ce lien me rend plus présente à moi, ou est-ce qu’il m’aide juste à tenir
Pour moi, c’est là que commence le véritable déplacement
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
Discussion : [Outil] Le spectre de l'amour
Lili-Lutine
le lundi 26 janvier 2026 à 13h18
Je lis vos propositions comme des cartographies très fines mais ce qui me manque, moi , c’est le sol sous les cartes
Dans mon vécu , l’amour n’est pas d’abord une forme ni un type, ni même une relation, c’est un état du corps et du lien
Il y a des amours qui m’ouvrent et d’autres qui me contractent
Des amours qui m’augmentent et d’autres qui me font rapetisser
Alors si je devais parler de spectre, ce ne serait pas un spectre des "formes d’amour" mais un spectre des effets du lien sur le vivant
Par exemple :
Il y a des liens qui me donnent plus de souffle où mon système nerveux se détend où je me sens autorisée à être lente, fragile , mouvante
Et il y a des liens qui m’activent en permanence où je suis en vigilance où mon corps se raidit où je dois m’adapter, me contenir , me sur-réguler
Extérieurement, ces deux liens peuvent s’appeler "amitié" , "amour", "relation" , "partenaire" , "famille" etc. mais intérieurement, en moi , ils n’ont rien à voir
Ce que j’appellerais peut-être mon spectre à moi, ce serait ceci :
Entre des liens qui nourrissent ma sécurité intérieure ET des liens qui m’obligent à survivre
Et ce curseur-là peut bouger au fil du temps, le même lien peut glisser d’un côté ou de l’autre
C’est là que je me sens en décalage avec certaines définitions "classiques" de l’amour de soi
Quand je dois me "prioriser" , me retirer, poser des limites dures, couper, je ne me sens pas dans l’amour de moi, je me sens dans la sauvegarde de moi
Ce n’est pas de l’amour
c’est de la protection
c’est de la sortie de danger
c’est de la réparation tardive
Et ça change beaucoup la manière dont je regarde le spectre des liens
Pour moi, un amour n’est pas défini par sa forme ni par son intensité ni par son statut mais par cette question simple :
Est-ce que ce lien m’aide à rester vivante OU est-ce qu’il m’aide juste à tenir ?
Et peut-être que le spectre pourrait aussi se lire ainsi:
• des liens qui m’habitent
• des liens qui me traversent
• des liens qui me coûtent
• des liens qui me réparent
Non pas comme catégories fixes mais comme des climats relationnels
Pour moi, c’est là que l’amour devient politique, quand on cesse de le définir par ses formes pour le regarder dans ses effets sur nos corps, nos libertés, nos possibles
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
Discussion : L'amour passe par l'amour de soi
Lili-Lutine
le lundi 26 janvier 2026 à 10h44
artichaut
certes.
et c'est pas sûr qu'on entende la même chose.
s'aimer soi, je dirais que c'est —au moins à certains endroits— s'accorder +d'importance à soi qu'à l'autre, refuser de s'oublier dans les relations et en dernier recours se prioriser
Pour moi, "s’aimer soi", ça reste un peu vague, parce que ça recouvre des choses très différentes selon les personnes
Déjà, je ne m’aime pas partout de la même manière
Il y a des zones de moi que j’habite avec tendresse, confiance, fierté même
Et d’autres où c’est plus fragile, plus ambivalent, parfois encore douloureux ou difficile à regarder
Du coup, je ne suis pas sûre de rejoindre ta définition, @artichaut, quand tu dis que s’aimer soi c’est "s’accorder plus d’importance qu'à l’autre", refuser de s’oublier, et se prioriser en dernier recours
Je comprends l’intention (et je la respecte), mais je crois que je place ça ailleurs
• Pour moi, ce que tu décris ressemble davantage à des gestes de protection et de limites, parfois indispensables pour survivre à une dynamique toxique ou simplement coûteuse
• Ça peut être un acte de santé mentale, un réflexe de sauvegarde, une sortie d’urgence
Et ce n’est pas rien, au contraire
Mais je ne suis pas certaine que ce soit toujours de "l’amour de soi"
Parce que quand je dois en arriver là (me prioriser "cash", refuser de m’oublier, trancher), je ne me sens pas forcément en train de m’aimer
Je me sens surtout en train de sauver ma peau, ou de limiter les dégâts
Et souvent, après coup, ce que je ressens, ce n’est pas "je m’aime", c’est plutôt
• Je me remercie d’avoir tenu bon
• je me félicite d’avoir posé une limite
• Je suis soulagée d’être sortie de là
Mais ça laisse aussi un arrière-goût : comment je n’ai pas vu venir plus tôt
Et combien j’ai encore à apprendre pour repérer les endroits, les personnes, les climats relationnels qui me grignotent, même sans violence ouverte
Du coup, si je devais proposer une autre manière de dire "s’aimer soi", ce serait peut-être
1 : S’aimer soi comme qualité de lien intérieur
Une façon de se parler, de se traiter, de se considérer
Avec respect, patience, dignité
Même (et surtout) quand on est en vrac
2 : S’aimer soi comme compétence d’écoute et d’ajustement
Savoir sentir ce qui me fait du bien ou du mal
Savoir dire oui, savoir dire non
Pas seulement en mode survie, mais aussi en amont, avec finesse
Parce que je me considère comme quelqu’une qui a grand besoin d'un contexte relationnel respirable
Et dans cette perspective, poser des limites peut faire partie de l’amour de soi … mais pas forcément
Ça dépend si c’est un geste arraché sous contrainte, ou un geste cohérent avec une estime de soi déjà un peu là
Je ne sais pas si ça fait sens pour vous, mais pour moi la nuance est importante : "se prioriser" n’est pas toujours un signe d’amour de soi, parfois c’est juste un signe qu’on a été trop loin, trop longtemps
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
Discussion : Reprendre contact, prendre des nouvelles, et parler de nos parcours
Lili-Lutine
le mardi 20 janvier 2026 à 17h10
Ce message s’adresse uniquement à des personnes que j’ai déjà rencontrées, lors d’événements autour des non-monogamies que j’ai organisés ou auxquels j’ai participé, à un moment ou un autre de ma vie
Il ne s’agit pas de nouvelles rencontres, mais d’une occasion de reprendre contact, de se retrouver, de raviver des liens existants
Que vous soyez aujourd’hui encore polyamoureux·se, non-monogame, ou que vos choix relationnels aient changé depuis, ce message s’adresse à des personnes avec qui un lien a déjà existé
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Je suis en train de préparer une nouvelle étape importante pour moi :
un temps de déplacement, de respiration et de rencontres choisies, dans une petite cabane roulante que je façonne à mon image, à mon rythme
Pour situer le contexte :
J’ai acheté une Kangoo utilitaire rallongée d’occasion, actuellement en cours d’aménagement
Un espace simple et fonctionnel, pensé pour mon corps, mon énergie, mes besoins
Pas une aventure "vanlife" spectaculaire, mais une manière douce et autonome de me déplacer, de respirer autrement, de me relier
Dans un premier temps, dès l’arrivée des beaux jours, il y aura des sorties tests de quelques jours seulement, principalement dans le sud de la France
Elles se feront avant tout en fonction des lieux, du rythme et de mon énergie, avec parfois la possibilité de revoir des personnes géographiquement proches
Puis, plus tard, à partir de juin, juillet et août, j’envisage un ou plusieurs road trips plus longs, de plusieurs semaines, voire de quelques mois
Le rayon s’élargira, les détours seront possibles, et le temps prendra une autre densité
⸻
Dans ce cadre, je suis en train de collecter des adresses
Des personnes déjà rencontrées lors de mes événements ou d’autres espaces partagés
Des liens amicaux, affectifs, complices ou simplement humains, tissés au fil des années
L’idée est de pouvoir se retrouver, prendre le temps d’échanger, donner et prendre des nouvelles, parler, si l’envie est là, de nos vies actuelles, de nos choix relationnels, de ce qui a changé, de ce qui s’est transformé, ou pas
Ces retrouvailles prendraient la forme de petits temps choisis :
un verre, un repas, une conversation qui prend le temps
Et, si c’est juste pour chacun·e, parfois une nuit,
lorsqu’une chambre est disponible
Le reste du temps, je voyagerai seule
De bivouac en bivouac, de camping en coins de nature, dans des lieux calmes, loin de l’agitation, du bruit et à l'écart des canicules
Ce rythme est essentiel pour moi :
il me permet de me ressourcer et de rester disponible aux liens quand ils se présentent
Il ne s’agit ni d’hébergement systématique, ni d’une invitation ouverte à l’improvisation permanente
Plutôt d’une cartographie humaine possible, de points d’ancrage relationnels, choisis et respectueux
👉 Ce message s’adresse uniquement à des personnes que je connais déjà et que j’ai rencontrées par le passé
Si c’est votre cas et que l’idée vous parle, merci de m’écrire exclusivement par email à cette adresse : [e-mail, cliquer pour voir l'adresse]
Je souhaite centraliser les échanges au même endroit
Merci d’indiquer clairement où et quand nous nous sommes rencontré·e·s, surtout si cela remonte à plusieurs années, afin que je puisse vous resituer sans ambiguïté
En fonction de mes itinéraires et de mon énergie du moment, je reviendrai ensuite vers vous en privé
À bientôt, quelque part sur la route
Message modifié par son auteur il y a 10 jours.
Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle
Lili-Lutine
le lundi 29 septembre 2025 à 06h29
Merci @artichaut pour ce texte, il m’a donné envie de revenir sur ce que la compersion m’a appris de plus surprenant
Au début, je l’associais surtout au polyamour : être heureuse que maon partenaire vive une autre histoire
Puis j’ai découvert qu’elle pouvait surgir ailleurs : dans les amitiés, dans des collaborations, parfois même dans des moments de militantisme partagé
La compersion est alors devenue pour moi non pas une émotion rare, mais une clé pour sortir des hiérarchies relationnelles
Une joie sans possession, sans calcul, juste le plaisir de voir la vie circuler
Elle n’est pas qu’une affaire de "grands cœurs poly"
Je la vis aussi à petite échelle, chaque fois que je me réjouis que quelqu’un·e que j’aime soit nourri·e ailleurs, autrement
Quand je suis touchée, émue, reconnaissante que la vie et les bonheurs de cette personne ne dépendent pas (que) de moi
Et ça bouscule nos habitudes : compter (combien de relations ?), comparer (laquelle est plus importante ?), sécuriser (quelle place j’occupe ?)
Et si la compersion, au lieu d’être vue comme une compétence affective rare, devenait une pratique politique quotidienne, un art de déjouer la centralité de la RAS (relation amoureuse-sexuelle) et d’ouvrir de la place à tous nos autres liens ?
artichaut
S'enjailler des joies de l'autre c'est aussi s'épargner les escalators relationnels, les scripts. Pour une fois on laisse ça à l'autre, aux autres. Quelle tranquillité !
Merci @artichaut pour ce joli et pétillant mot nouveau pour moi : enjailler ! <3
Message modifié par son auteur il y a 4 mois.
Discussion : Rencontre vs Relation (dynamique de rencontre vs dynamique relationnelle)
Lili-Lutine
le dimanche 28 septembre 2025 à 19h34
Je propose 4 pistes concrètes pour passer de la logique Relation à une dynamique de Rencontre sans perdre le soin ni la clarté
1-Passer du contrat de relation au contrat d’escale => Je ne signe pas une Relation, je propose une Escale
• Objet : ce qu’on a envie d’explorer ici et maintenant
• Durée : révisable, courte ou longue, sans promesse implicite
• Rythme : défini par nos capacités réelles du moment
• Soin : comment on vérifie le consentement et on répare si besoin
• Sortie : comment on se dit au revoir si la curiosité empathique baisse
Ça répond aux besoins de sécurité évoqués par plusieurs personnes sans réenclencher l’escalator
2-Rendre visibles nos budgets relationnels
On parle souvent d’attentes, rarement de ressources, je propose de nommer dès le départ:
• mon budget attentionnel et émotionnel de ce mois
• mes fenêtres de disponibilité réelles
• mes signaux de surcharge et ce que je ferai si ça arrive
Ça évite de confondre manque d’amour et manque de batteries, surtout pour les personnes neurodivergentes ou en santé fluctuante
3- Droit au flou, droit à la pause, droit au retour
Pour éviter l’indifférence qui suit parfois la NRE, on peut ritualiser :
• un check-in bref après chaque rencontre: qu’est-ce qui a éveillé la curiosité, qu’est-ce qui l’a éteinte
• des micro-pauses annoncées sans drame: je suspends, je ne fuis pas
• des micro-retours possibles sans dette: on reprend si la curiosité revient, sinon on se salue
On remplace la rupture binaire par des transitions réversibles et dites
4 - Attentes déclarées vs hypothèses silencieuses
Je distingue 3 catégories et je les dis dès que possible:
• Attentes minimales non négociables : sécurité, respect des limites, réactivité minimale en cas d’imprévu
• Préférences souples : canal de contact, cadence, façons de se voir
• Non-attentes explicites : pas de hiérarchisation, pas d’exclusivité, pas d’obligation de progression
Nommer ça permet d’éviter le forcing relationnel tout en gardant un cadre lisible
Sous-bassement politique
Choisir le mot rencontre plutôt que relation n’est pas qu’un outil personnel
C’est un geste déhiérarchisant : ça enlève la primauté donnée, dans notre société, aux liens amoureux et sexuels
Ça reconnaît aussi la valeur des autres formes de lien : amitiés, compagnonnages, affinités ponctuelles, attachements singuliers, qui sont souvent reléguées au second plan
Et ça remet la curiosité empathique au centre
Questions utiles pour s’orienter
• Est-ce que j’ai aujourd’hui de la curiosité empathique pour toi
• Quel est mon budget relationnel réel cette semaine
• Qu’est-ce qui rendrait notre prochaine escale légère et sûre
• Qu’est-ce qui me ferait croire que je te dois une progression plutôt que de t’offrir une présence juste
Petit lexique optionnel
• Escale : moment choisi, révisable, avec soin et sortie douce
• Micro-rupture : suspension brève et explicite, sans punition
• Entretien du lien : 10 minutes pour se mettre à jour plutôt que de chercher des garanties
En bref : on peut sécuriser sans figer, s’attacher sans escalator, et choisir des élans plutôt que des efforts arrachés
La Rencontre devient une pratique, pas un prélude
Message modifié par son auteur il y a 4 mois.
Discussion : Et si on arrêtait de se forcer ?
Lili-Lutine
le dimanche 28 septembre 2025 à 19h18
À chaque fois que je me suis forcée, ou que j’ai laissé l’autre se forcer pour moi, c’est la confiance qui s’est érodée et le lien qui s’est fragilisé
Aujourd’hui, dès qu’apparaît l’idée de devoir me contraindre, ou de demander à l’autre de le faire, quelque chose en moi se cabre
Parce que le consentement, ce n’est pas juste un "oui" donné une fois, c’est un mouvement vivant, à réajuster sans cesse
Et si le désir ou la tendresse doivent être arrachés, alors il n’y a plus de joie
Ne pas se forcer, ne pas forcer l’autre, ce n’est pas de l’individualisme mais au contraire la condition pour que nos liens respirent
Sinon, on ne fait que rejouer les vieux scripts sociaux, couple, sexe, amour normé, en croyant inventer autre chose
Merci @artichaut de rappeler cette évidence trop souvent disqualifiée : l’amour et le désir ne se nourrissent pas d’efforts arrachés, mais d’élans libres, choisis, fragiles parfois mais toujours vivant
Message modifié par son auteur il y a 4 mois.
Discussion : Flemme d'évoluer ;)
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 22h27
En te lisant depuis le début de ce fil, ce qui me frappe c’est à quel point tu as avancé en profondeur, même quand tu parlais de "flemme" ou de pause
J’y vois surtout une immense capacité à te regarder en face, à ajuster, à chercher le point d’équilibre entre tes besoins, tes limites, et ceux des personnes avec qui tu es en lien
Ce n’est pas de la flemme, c’est de l’écoute de soi, et ça, c’est déjà évoluer
Tu as su nommer tes zones de confort, comprendre tes déclencheurs, chercher des solutions concrètes (l’ami·e de confiance pour exprimer à chaud, les ententes relationnelles, le suivi pro…)
Et tu sais célébrer les moments où ça va bien, sans minimiser tout le chemin qu’il y a derrière
Je trouve précieux que tu oses partager aussi les retours positifs, parce que ça montre que dans le polyamour, on peut passer de périodes très tendues à des phases beaucoup plus sereines
Ton expérience est une preuve vivante que la patience, la curiosité et la communication peuvent vraiment transformer une relation, même quand on a eu envie de tout mettre en pause
Et je crois aussi que ton chemin dit quelque chose d’important pour nos milieux : on a souvent l’impression qu’il faut "réussir" ses relations tout de suite, être toujours à la hauteur des idéaux qu’on affiche
Mais apprendre à ralentir, à se protéger, à laisser infuser les expériences… c’est aussi une forme de résistance face à la pression de performance relationnelle
Tu rappelles qu’on a le droit de cheminer à notre rythme, et ça, c’est précieux collectivement
Discussion : Politiser la non-monogamie
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 19h01
Depassage
Oui, j'avais parfaitement saisi ton propos. je voulais juste souligner l'utilisation générale et abusive d'un terme qui recouvre une réalité médicale pour ceux et celles qui peuvent en souffrir (ce qui est mon cas mais je n'en fait pas étalage et ne l'utilise pas pour me déresponsabiliser de propos déplacés)
Bien dit <3
Discussion : Politiser la non-monogamie
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 18h46
Depassage
Brillante démonstration.
Juste, non, chacun n'a pas le droit de se définir, d'un terme médicale en tout cas (ce n'est pas ce que tu dis) sans diagnostic médical.. Ce serait trop facile. Oui, c'est à la mode sur tik tok et sur beaucoup de forum cependant.
Message modifié par son auteur il y a une heure.
Oui, je comprends que pour certains termes issus du champ médical, il y ait une dimension de diagnostic formel qui joue un rôle important, notamment pour accéder à des droits, des soins ou des aménagements
Mais il me semble essentiel de distinguer ce cadre administratif ou médical, et la manière dont les personnes se définissent elles-mêmes à partir de leur vécu
Beaucoup de personnes neurodivergentes n’ont pas eu ou n’ont pas voulu passer par un diagnostic officiel, parce que les parcours sont longs, coûteux, épuisants, parce que les critères peuvent être biaisés, ou tout simplement parce qu’elles revendiquent le droit de nommer leur propre expérience sans attendre la validation d’un système normatif
Ce qui me gêne surtout ici, c’est l’usage d’un terme daté et lourd d’histoire pour justifier une attitude perçue comme brutale ou arrogante
Cela entretient des stéréotypes et invisibilise la diversité des manières d’être autiste ou neurodivergent·e, au lieu d’ouvrir à la discussion et à la compréhension mutuelle
Discussion : Politiser la non-monogamie
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 18h03
kill-your-idols
@Alabama ce n'est pas de l'arrogance, c'est de l'asperger.
Dire que "ce n’est pas de l’arrogance, c’est de l’Asperger" poserait problème à mes yeux pour trois raisons :
1. L’histoire derrière le mot
Le terme « syndrome d’Asperger » porte le nom de Hans Asperger, un médecin autrichien dont la biographie révèle une collaboration active avec le régime nazi. Il aurait participé à l’envoi d’enfants jugés "inéducables" vers le centre d’euthanasie d’Am Spiegelgrund, certains périssant ensuite dans ces lieux de mort
Depuis plusieurs années, des voix scientifiques appellent à supprimer cette désignation, au profit de "TSA (trouble du spectre autistique)"
2. L’auto-identification, oui, mais dans un contexte éclairé
Bien sûr, chaque personne garde le droit de se définir comme elle le souhaite
Le problème n’est pas tant l’usage du terme que la manière dont il est mobilisé
S’en prévaloir pour justifier un comportement condescendant, supérieur ou blessant ne vaut pas excuse, et, dans ce cas, l’histoire pesante du mot devient d’autant plus gênante, presque déplacée
3. Neurodivergence ≠ immunité relationnelle
Certaines personnes autistes, souvent “diagnostiquées Asperger” par encore certains psychiatre, psy ou autres , peuvent en effet longuement ressentir un décalage, une directivité ou une intensité dans leur communication qu’on interprète comme arrogance
C’est un vécu réel, porté par la neurodivergence
Mais confondre ce trait avec un droit à écraser l’autre, se faire sentir supérieur ou légitime de dire comment ça lui vient…c’est refuser la responsabilité sociale
L’honnêteté brute n’excuse jamais l’absence d’empathie ou le mépris
En résumé :
Le mot « Asperger » est lourd de conséquences historiques et éthiques. Il est tout à fait possible de l’utiliser, ou non , mais il faut savoir à quoi on s’expose
Et non, la neurodivergence sociale ne dispense pas de l’attention aux autres
Message modifié par son auteur il y a 6 mois.
Discussion : [Lexique] Poly par défaut
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 17h48
artichaut
Merci pour les précisions, mais pour moi ça n'inclue justement pas les deux exemples que j'ai essayé de nommer
- La personne qui choisi le poly faute de mieux, car elle sent bien que sa catégorie sociologique ne lui permet pas d'espérer le grand amour mono vendu par la société comme allant de soi. Pour elle ce n'est ni vrai choix, ni un contexte relationnel ou situationnel (comme pour Fred) mais un plafond de verre structurel. Le polyamour peut devenir un choix, mais souvent pas défaut.
- La personne qui a le privilège de pouvoir choisir, qui choisit le polyamour, mais n'est fonciérement pas satisfait·e de son choix. Ce n'est pour moi, ni tout à fait choisis, ni tout à fait contraint.
Dans les deux cas c'est un genre de choix, mais un choix par défaut.
Oui, je comprends ce que tu veux dire par "choix par défaut" et je vois bien les deux exemples que tu cites.
Pour moi, le premier cas : la personne qui, à cause d’un plafond de verre social, n’a pas accès au grand amour monogame "vendu" comme allant de soi, se rapproche beaucoup du poly contraint dans ma grille
La contrainte, ici, n’est pas forcément un·e partenaire ou une situation immédiate, mais bien un contexte social, économique, validiste, raciste, sexiste, etc. qui limite les possibilités relationnelles
Ce n’est pas un contexte choisi, c’est un contexte subi, même si ça peut déboucher sur un poly vécu comme épanouissant ensuite
Le second cas : la personne qui a le privilège de choisir, qui choisit le poly, mais n’en est pas vraiment satisfaite, pour moi, c’est une forme de poly de contexte qui ne s’assume pas totalement comme telle
Le contexte étant ici un mélange d’envie, d’opportunité, de curiosité, mais aussi de décalage entre ce qu’on pensait trouver et ce qu’on vit vraiment
Je comprends l’idée de "choix par défaut" mais je trouve que ça rend invisible les déterminants sociaux ou personnels qui orientent ce "défaut"
Nommer ces forces-là (privilèges, exclusions, contraintes intériorisées, etc.) me semble plus éclairant que de rester sur l’impression qu’on "a juste choisi faute de mieux"
Message modifié par son auteur il y a 6 mois.
Discussion : [Lexique] Le choix des termes. Termes inventés par des personnes non-concernées. Stigmatisation et résistance.
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 17h31
Je pense aussi à toutes ces fois où l’on m’a assigné·e une identité qui ne venait pas de moi...
On m’a dit que je n’étais pas vraiment poly parce que j’avais une relation sexo-affective avec une personne adultérine, ou parce que je disais ne pas avoir ce besoin vital ou viral de connaître les autres relations de mes relations, ni de tout savoir de ce qu’elles font sans moi à leurs côtés...
On m’a collé bien d’autres étiquettes encore, liées à ma vie de femme cis pansexuelle… On m’a dit fétichiste, indécise, "pas fiable", "tu ne sais pas ce que tu veux"… et tant d’autres jugements, ah aussi, et plus récemment que je peux pas me définir queer puisque je suis une femme cis !
Ces assignations ne sont pas neutres
Elles s’appuient sur des normes patriarcales, hétéronormatives, monosexistes, qui fabriquent des cases et excluent celleux qui ne rentrent pas dans le format attendu
Elles peuvent peser lourd sur nos relations, notre place dans les communautés, notre légitimité à être écouté·e
Avec le temps, j’ai appris à me défendre, parfois à ignorer, parfois à répondre… mais il m’a fallu des années pour comprendre que ce n’était pas "moi" le problème, mais bien la grille de lecture imposée
Vieillir aide : on perd un peu la mémoire :-D de tout ce qui a été dit ou vécu, et on gagne en liberté intérieure
Mais on ne devrait pas avoir à passer par l’usure du temps, de nos corps et de notre santé mentale pour être reconnu·e comme légitime !
C’est aussi pour ça que j’ai envie qu’on reste attentif·ve·s à qui invente les mots, à qui décide des définitions, et à comment ces mots façonnent ou limitent nos façons d’aimer et de nous relier
Message modifié par son auteur il y a 6 mois.
Discussion : Est-ce mal d'avoir des attentes dans nos relations (et dans la vie en général) ?
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 16h59
Pour moi, les attentes ne sont pas un problème en soi
Le vrai enjeu pour moi, c’est de les voir, de les nommer, et de pouvoir les mettre sur la table sans que ça déclenche immédiatement l’accusation de "dépendance affective" ou d’"immaturité" (accusations d’ailleurs souvent genrées et héritées du patriarcat)
On nous apprend rarement à dire : "ça, j’en ai besoin" ou "ça, ça me fait du bien" et encore moins à le négocier
Le plus dur pour moi je pense n’a pas été d’avoir des attentes dans mes relations
Le plus dur a été de ne pas savoir assez tôt que certaines allaient être cruciales pour ma santé mentale et physique
J’ai appris, petit pas par petit pas, à mieux identifier celles qui me semblent vraiment importantes et celles qui le sont moins
Et surtout, j’ai appris à en parler dans mes relations
Pas toujours avec bienveillance au début, comme si je bégayais quelque chose à peine ressenti, mais au fil du temps… et j’apprends encore... je me sens aujourd’hui plus libre, même avec des attentes :-D :-D :-D
C’est là que je me demande si la vraie liberté relationnelle ne passe pas par la capacité à faire coexister autonomie et interdépendance ?
Pas à nier qu’on attend des choses des autres, mais à créer un espace où ces attentes peuvent circuler, se transformer, parfois se combler, parfois s’ajuster
Et peut-être que le problème n’est pas "avoir moins d’attentes", mais "ne plus subir l’injonction à se taire dessus"
J’aimerais bien savoir comment vous, vous distinguez attentes nourrissantes et attentes qui enferment <3
Message modifié par son auteur il y a 6 mois.
Discussion : [Lexique] Poly par défaut
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 16h03
Et je me demande comment on pourrait nommer les personnes qui, depuis le début de leur vie, regardent la monogamie comme étrange et peu enviable… comme un truc perçu très tôt comme risqué, contraignant, pas pour elles
Celles qui sentent confusément qu’il faut se méfier, que ça ressemble à un piège
Sans forcément avoir les mots, ni les références, ni même les exemples autour d’elles, elles savent tôt dans leur vie que ce format relationnel n’est pas le leur
Elles vont alors passer des années à se cogner à la norme, aux structures, aux autres, toustes les autres, avant de réussir à s’en extraire ou à ne jamais y entrer du tout
Peut-être que pour elles, on pourrait parler de Poly instinct ? :-D
Discussion : [Lexique] Poly par défaut
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 15h47
artichaut
Oui, le risque est là.
Lili-Lutine
Je trouve plus clair de distinguer poly choisi, poly de contexte et poly contraint
- Poly choisi, je pense que je vois
- Poly de contexte, je ne suis pas certain : tu veux dire être dans une relation avec un poly et le vivre bien, même si ça n'aurait pas été notre choix ?
- Poly contraint me semble un peu maladroit ou prêter à confusion Je suis de ceux qui pense que Le polyamour subit n'existe pas. Et j'aurais peur que ça instille l'idée qu'on peut légitimement imposer le polyamour à son/sa partenaire. En même temps je vois l'idée, puisqu'une personne en couple, dont le couple à été ouvert de force, et qui tant bien que mal fait des efforts d'empathie/compersion (car par exemple à trop à perdre dans la rupture de cette relation), est de fait dans une dynamique poly. Bien plus d'ailleurs que la personne qui s'est contenté d'ouvrir le couple de force pour aller voir ailleurs sans culpabiliser d'une adultère.
Poly choisi
C’est celui qui se construit dans le temps, souvent après des expériences en monogamie
On modifie peu à peu son parcours relationnel, ses choix de partenaires, et on développe le désir ou la curiosité d’essayer un autre format
Ce n’est pas toujours un chemin linéaire : on teste, on ajuste, on change d’avis, on explore encore, jusqu’à trouver un modèle qui convient
Poly de contexte
Je vais donner ici un exemple personnel : mon compagnon Fred
Il n’avait jamais pensé, ni même envisagé, que la non-monogamie puisse lui convenir
À mes côtés, il a dû se confronter à ses croyances de l’époque sur ce qu’était une "vraie" relation amoureuse
Cela a impliqué environ 18 mois à 2 ans de discussions souvent intenses, parfois d’incompréhensions ou de malentendus
Finalement, il a trouvé dans ce format relationnel un espace d’épanouissement qui aujourd’hui lui fait dire qu’il n’en changera pas
Ce que Fred vit comme choix non-monogame ressemble très peu à ma façon de le vivre
Après quelques essais qui ne lui convenaient pas, il a rapidement choisi de n’avoir qu’une seule autre partenaire que moi
Cette personne, comme lui, ne souhaite pas avoir d’autres partenaires
Iels sont donc en exclusivité l’un·e avec l’autre, et moi avec ellelui
Elle et moi nous apprécions beaucoup, et cela dure depuis plusieurs années
Leur format est le plus adapté à leurs besoins communs, même s’il ne correspond pas à ma propre pratique de la non-monogamie
Sans le contexte (ma non-monogamie dès le départ), Fred n’aurait sans doute jamais eu cette expérience
C’est pourquoi je parle ici de "poly de contexte" : c’est l’environnement relationnel qui rend possible (ou qui amène à explorer) un format qu’on n’aurait pas cherché spontanément
Poly contraint
C’est, pour moi, une réalité qui existe, même si le terme peut heurter
Il désigne les situations où l’on reste dans un lien non-monogame qui ne nous convient pas, mais dont on ne peut pas ou ne sait pas sortir
Les raisons peuvent être nombreuses : dépendance économique, sociale, émotionnelle, peur de perdre ses enfants, peur de la solitude, manque de réseau de soutien, invalidité, pressions culturelles ou familiales…
Ce maintien peut être volontaire pour certain·e·s (« je reste quoi qu’il arrive »), ou transitoire jusqu’à ce qu’il devienne nécessaire pour sa santé mentale ou physique de partir
On ne peut pas analyser cette catégorie sans la replacer dans les structures sociales qui pèsent sur nos choix : patriarcat, culture du viol, inégalités économiques et de genre, validisme… Ces systèmes influencent profondément notre capacité à négocier ou refuser un format relationnel
Peu importe au fond les noms qu’on invente ou les concepts théoriques : l’important reste de se comprendre et d’apprendre ensemble, en décortiquant ce qui se joue dans nos liens
Surtout là où nos angles morts et nos impensés, souvent hérités de normes sociales, peuvent être à l’origine de nos souffrances ou de nos échecs relationnels
Message modifié par son auteur il y a 6 mois.
Discussion : [Lexique] Poly par défaut
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 14h39
En vous lisant, je repense à combien ce terme "Poly par défaut" peut recouvrir des réalités très différentes
Et, à mes yeux, il y a un vrai risque qu’il devienne une étiquette un peu rapide qui gomme les nuances
Je trouve plus clair de distinguer poly choisi, poly de contexte et poly contraint
Ça permet de nommer la diversité des trajectoires sans coller tout le monde dans le même sac ni instaurer une hiérarchie implicite entre les "vraies" et les "moins vraies" façons d’être non-monogame
Pour moi, un point essentiel est la question du consentement réel, pas seulement théorique
On peut se demander :
• Est-ce que chaque personne peut dire non, ralentir ou changer la forme du lien sans sanction ?
• Est-ce que les attentes implicites ont été rendues explicites et renégociables ?
• Est-ce que la personne la moins avantagée dans la relation a des options réelles pour partir ou rééquilibrer ?
Ces questions évitent de tomber dans le jugement moral ou dans la posture de supériorité qui consiste à dire qu’une manière de vivre le poly serait plus aboutie ou supérieure à une autre !
On peut avoir un parcours très linéaire ou très atypique sans que ça dise quoi que ce soit de notre capacité à prendre soin, à écouter, à respecter les limites !
Être "par défaut" n’enlève pas la capacité à poser des choix, des limites, à redéfinir son chemin
Le problème n’est pas l’étiquette en soi, mais l’absence d’espace pour décider autrement
En bref, je ne cherche pas à classer les vécus mais à outiller la lecture des situations
Si on garde la boussole du consentement réel, de la clarté et de la possibilité de choix, alors "poly par défaut" peut rester un terme descriptif et non prescriptif
Et nos liens gagnent en liberté comme en soin <3
Message modifié par son auteur il y a 6 mois.
Discussion : C'est quoi l'engagement ?
Lili-Lutine
le jeudi 14 août 2025 à 13h19
L’engagement, tel qu’il est défini et imposé dans nos sociétés patriarcales, reste un terrain miné où tant de personnes se perdent, s’épuisent, se sacrifient… Un terreau fertile pour les violences, surtout quand la culture du viol y a ses racines bien plantées !
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En vous lisant, je partage beaucoup sur la cohérence paroles-actes et le soin du lien, mais mon regard s’éloigne des visions trop stables de l’engagement
Pour moi, l’engagement n’est pas un bloc immobile, c’est un processus vivant qui se co-construit, se réajuste et se renégocie selon les personnes, les contextes et les saisons de la vie
Ce que j’appelle engagement
• Une intention claire d’être là, sans promesse vide
• Une responsabilité affective assumée (je tiens ce que je dis, et si je ne peux plus, je le dis)
• Des modalités concrètes et mutuelles (comment on se rejoint, quand, par quels canaux, comment on se répare)
Ce que ce n’est pas pour moi
• Ni la disponibilité illimitée, ni l’exclusivité par défaut
• Ni un test permanent où l’autre note ma performance
• Ni une suite de sacrifices où je me perds pour prouver que j’aime
Comment je le rends visible
• On nomme un minimum partagé (cadence de nouvelles, façons de dire stop, temps au calme, gestes de soin)
• On prévoit l’ajustement régulier (check-ins, limites qui bougent, réalités qui changent)
• On prévoit aussi l’issue douce si besoin (ralentir, décaler, passer à une autre forme de lien sans punition)
Quand on se plante
Se tromper d’estimation arrive
Pour moi, l’important c’est 1) reconnaître 2) expliquer 3) réparer 4) réajuster
La fidélité n’est pas dans l’infaillibilité mais dans la capacité à revenir au centre ensemble
Engagement poly et pluralité des liens
En non-monogamie, je ne cherche pas une relation qui fasse tout
Chaque lien a sa forme propre, son rythme, son terrain de jeu et de soin
L’équilibre, ce n’est pas donner la même chose à toustes, c’est donner juste à chacun·e, sans se trahir ni trahir l’accord
Petites questions qui m’aident à cadrer sans rigidifier
• De quoi avons-nous besoin pour nous sentir en sécurité dans ce lien
• Quel est notre minimum viable de présence et de nouvelles
• Que fait-on quand l’un·e n’a plus la bande passante
• Comment on répare quand ça dérape
• À quoi ressemble un ralentissement respectueux si l’une des personnes en a besoin
À propos de qui « juge » l’engagement
L’auto-évaluation est nécessaire, l’évaluation mutuelle est utile, le tribunal extérieur l’est rarement
Ce qui m’importe, c’est l’accord explicite entre les personnes concernées et leur liberté réciproque d’y consentir… ou de renégocier
Je serais curieuse de lire vos manières concrètes de poser un minimum viable d’engagement sans tomber dans le contrat rigide
Quels rituels ou check-ins vous aident à garder le lien vivant plutôt que figé
Petit aparté logistique
Je suis en road trip solo depuis début juillet jusqu’à fin août
Connexion parfois faible voire absente, énergie variable
Mes contributions d’ici mon retour seront un peu plus brutes que je ne le souhaiterais d’habitude, mais l’intention d’être là et d’échanger reste entière <3
Message modifié par son auteur il y a 6 mois.
Discussion : Mon homme est polyamoureux aidez moi s’il vous plaît..
Lili-Lutine
le mercredi 13 août 2025 à 18h18
kill-your-idols
En réalité, ajuster son intérêt est plutôt une manipulation sur soi même. Une relation fonctionne bien quand elle est équilibrée, et quand les deux personnes y mettent la même énergie. Ce que je conseille est d'y mettre la même énergie que l'autre personne, voire un petit peu moins, et ceci même si on aurait envie d'y mettre beaucoup plus d’énergie.
Mon conseil aurait été de la manipulation si j'avais dit d'y mettre beaucoup moins d’énergie que l'autre personne. Dans ce cas, l'autre se retrouverait en manque d'affection sans trop d'explication, et ça ne serait pas correct vers lui. Au contraire, je propose plutôt un rééquilibrage, ou personne ne se sent négligé et personne ne se sent étouffé.
Dire clairement ce qu'on ressent et exprimer ses besoins: bien que cela puisse sembler un acte anodin et bienveillant, c'est un acte de manipulation très fort. En disant tout, on se décharge de toute responsabilité, et on met sur l'autre toute la responsabilité de la relation.
Tu présentes ça comme un “rééquilibrage” plutôt que comme une manipulation Mais il me semble utile de souligner deux points qui peuvent poser problème :
1.Ta définition de la manipulation change en fonction de ton exemple, de manière à te dédouaner Or, ta "technique" reste bien une façon de moduler artificiellement ton comportement pour influencer l’autre, ce qui relève d’une stratégie indirecte plutôt que d’un échange transparent
2.Tu présentes la communication ouverte comme une forme de manipulation, ce qui est un renversement rhétorique assez classique : discréditer une pratique relationnelle saine (dire ses besoins) en l’assimilant à un "piège" pour l’autre
Pour moi, exprimer ses besoins et ses ressentis n’est pas "se décharger" sur l’autre, mais au contraire assumer sa responsabilité dans la relation et permettre à l’autre de faire des choix libres et éclairés , ce qui est la base du consentement
Je ne vais pas jouer au ping-pong sur ce point avec toi, car je sais que tu continueras à appuyer sur ta propre vérité Je préfère laisser ces éléments ici, afin que chacun·e puisse se faire sa propre réflexion
Message modifié par son auteur il y a 6 mois.
Discussion : Mon homme est polyamoureux aidez moi s’il vous plaît..
Lili-Lutine
le mercredi 13 août 2025 à 16h20
kill-your-idols
Le consentement est toujours uniquement relatif à soi même.
Si l'autre personne vous trompe ou vous quitte, vous ne pouvez pas consentir à sa place.
Tout ce que vous pouvez faire est accepter son changement et décider ce que vous faites.
- je reste?
- je pars?
- je trouve moi aussi une autre relation de mon côté?
- j'essaie de la convaincre à rester avec moi jusqu'à qu'elle cède ou jusqu'à qu'elle me bloque de partout?
Mais vous ne pourrez jamais décider à la place de l'autre personne.
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Ceci dit, il y a un moyen pour faire revenir une personne qui a perdu de l'intérêt pour vous. Ça ne fonctionne pas dans le 100% des cas, et souvent ça prend du temps pour fonctionner. Mais, en général, ça fonctionne toujours plutôt bien.
Vous observez votre partenaire, vous prenez note de l'intérêt qu'il porte pour vous. Essayez de le quantifier, et faites de manière que votre intérêt pour lui soit toujours un cran plus bas de l'intérêt qu'il porte vers vous.
De cette manière, il se sentira libre, il ne se sentira pas jugé, et il sera libre de venir vers vous à la première occasion.
Je comprends l’idée de départ sur le consentement : on ne peut décider que pour soi-même, et c’est une base saine dans les relations
En revanche, la partie "moyen pour faire revenir une personne" m’interpelle...
Ajuster volontairement son intérêt "un cran plus bas" que celui perçu chez l’autre, dans le but de provoquer une réaction, ça ressemble beaucoup à une stratégie de contrôle affectif...
Ce type de mécanique joue sur le manque, sur la frustration, et non sur la communication ouverte
Même si ça peut "marcher" ponctuellement, ça s’appuie sur une forme de manipulation émotionnelle qui, à mon sens, n’a pas sa place dans une dynamique éthique ou consentie
Dans les relations où l’on souhaite de la liberté et de la sécurité émotionnelle, il me semble plus constructif de dire clairement ce qu’on ressent et ce dont on a besoin, plutôt que de doser intentionnellement son intérêt comme un levier !
Message modifié par son auteur il y a 6 mois.