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Des mots pour le dire...

Bases
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Colvert

le lundi 04 avril 2011 à 11h32

Bonjour
Assumer un polyamour dans un couple monogame passe par des changements profond dans l'organisation du couple.
Que pensez-vous de l'impact du vocabulaire dans cette évolution?
Pour ceux qui ont "changé", avez vous constaté dans transformation dans votre vocabulaire de couple dans les mots choisis pour communiqué?
Personnellement, je reste persuadé qu'il faut que nous utilisions de plus en plus souvent les mots liés au polyamour pour que l'on soit bien d'accord et que l'on se comprenne. Ceux-ci peuvent être incompris, violents, destructeurs, insignifiants, mais petit à petit à force d'usage, ils prendront (ou non) du sens et encadreront l'avenir du couple.

Quand dans un couple les mots de références sont ceux évoqués dans le mariage (amour, fidélité, jusqu'à ce que la mort nous sépare...., amour unique, monogamie...), apporter un nouveau concept, passe par l'idée aussi d'apporter un nouveau vocabulaire, qui déterminera le cadre de la relation avec le conjoint.

Qu'en pensez vous?

Colvert

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oO0

le lundi 04 avril 2011 à 12h36

En fait, je me retrouve là-dedans.

Par contre, je ne pencherais pas d'emblée pour un vocabulaire polyamoureux. Poly ou mono, je pense qu'il y a une intersection. D'ailleurs, dans ce que j'ai pu t'écrire jusqu'à présent, un bon nombre de mes réflexions me semble valable autant d'un point de vue mono que poly en ce sens qu'elles n'engagent ni dans un sens, ni dans un autre.

Par ailleurs, certains termes comme "fidélité" peuvent s'avérer avoir un sens amphibie, soit voyager selon l'usage d'un amour "solide" à un amour "liquide", mono ou poly. Par exemple, l'usage de l'expression "être fidèle à soi-même" dans la situation du face à face, soit rester fidèle à soi l'un face à l'autre, se donner l'un de l'autre une image fidèle à soi. Dans toutes les relations où j'en ai parlé - chacune en fait - c'est passé comme une lettre à la poste. Pour sûr, la personne en face me répondait exactement ce que je lui répondais : "Je veux bien être comme tu veux, mais ce ne serait pas moi. Je ne me sentirais plus moi-même et je ne pourrais plus me reconnaître." Concrètement, le dilemme reste là de part et d'autre, mais il y a le plaisir de pouvoir se dire que chacun reste soi dans le face à face. Il y a le plaisir de se reconnaître mutuellement dans ses différences.

Cet usage du terme "fidélité" me semble quelque part semblable à un médiateur, révéler ce que chacun peu croire de l'autre - fidere, fideo - et révéler une certaine confiance de part et d'autre. Se dévoiler dans ses différences relève d'une certaine confiance en l'autre. La médiation n'apporte jamais de solution, ce sont aux partenaires de la médiation qu'elle appartient, mais par contre elle permet d'élargir le champ des possibles. L'un des grands principe de la médiation consiste à chercher en dehors de la situation problématique ce qui peut permettre d'y rétablir un équilibre ou encore, renforcer les éléments qui permettent l'équilibre.

Cette fidélité à soi-même, concrètement, comment l'ai-je reconnue dans mes relations ? L'autre n'était pas tel que je le voulais, me le manifestait et cela faisait toute sa réalité. Sa méfiance ? La preuve qu'il n'y avait pas de confiance aveugle entre nous, que la personne n'était pas comme une pâte à modeler dans mes mains et qu'elle avait son caractère propre. Sa résistance ? La preuve de son altérité et de son indépendance d'esprit, car quand bien même je pouvais mettre en doute une certaine indépendance par rapport aux idées toutes faites, force m'était de constater une indépendance d'esprit à mon égard : je n'étais pas pris pour un dieu ; je n'étais pas face à mes fantasmes, mais face à la réalité - que de soulagements ! Contrariants, certes, mais non moins soulageants...

Bref, même si je pouvais avoir parfois l'impression de deux ennemis, j'avais le sentiment d'une inimitié loyale dans cette fidélité à soi et coucher avec l'ennemi...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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oO0

le lundi 04 avril 2011 à 13h07

En une phrase, puisqu'il s'agit de vocabulaire, il s'agit de jouer sur la polysémie du vocabulaire : mono ou poly, il s'agit de "fidélité", exclusive dans un cas, inclusive dans un autre, la médiation entre les deux étant la fidélité à soi de part et d'autre, l'un face à l'autre. (Concrètement, vous êtes déjà dans cet espace intermédiaire.)

P.-S.: T'as changé de fil Colvert, aurais-tu opté pour un lâché prise en termes de faire "évoluer son couple vers le PA... patience" ? Autre vocabulaire en passant, les catégories sujet, objet peuvent être traduite en termes d'agent, patient. L'agir de l'autre ne nous appartient pas, nous sommes de ce fait toujours dans une position de pâtir. Quelle que soit la relation, c'est inévitable, mais il y a plein quelques termes plutôt sympa qui vont avec : sympathie, compassion, empathie, même s'il y a antipathie, apathie.

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wolfram

le lundi 04 avril 2011 à 14h32

il y a aussi la possibilité de se rapprocher d'éléments de programmation neuro-linguistique... trouver des mots qui ont une action positive sur la vision des choses... en créer aussi !

quand je parle de créer, je ne parle pas de néologisme, je veux dire qu'il faudrait mettre un mot sur des instants heureux et le rapprocher des évènements polyamoureux à vivre...

donc, ces mots devraient être personnels à votre couple puisqu'ils doivent le faire réagir...

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Colvert

le lundi 04 avril 2011 à 19h20

@RIP
Non je n'ai pas quitté l'autre sujet, c'est juste une réflexion que je me pose concernant la résonance des mots issus de la "culture" mono face à la résonance des mots issus de la "culture" poly.

Certains mots sont clairement ressentis comme négatifs et engendre des réactions épidermiques lorsqu'ils sont prononcés (par exemple "amant") en présence de mono qui entraîne une succession d'autres mots tromperie, adultère, infidélité, et je reste poli !
Ces mots à consonances négatives sont du coup peu utilisés car "on part du principe qu'on est tous d'accord sur leur signification".

Ces mêmes mots, prononcés ici, sur ce forum, ne provoquent pas ces réactions, au contraire, les mots qui en découlent sont plutôt épanouissement, équilibre, amour, respect, sincérité...

Je pars donc du principe qu'en prononçant régulièrement ces mots lors de dialogues et en les reliant à d'autres significations, l'acceptation d'une réalité qui paraissait noire, triste, culpabilisante, négative se fait plus facilement. Il faut arriver à se comprendre pour rester en couple, donc s'entendre sur la signification des mots pour l'un et pour l'autre.

Ce n'est pas facile, car il faut aussi combattre ses propres "habitus" selon Bourdieu"...
C'est un vrai travail personnel à réaliser sur soi même que de se désengager d'un certain nombres de valeurs et de sens que nous avons donné aux mots pour une "meilleure socialisation.

@wolfram
on peut créer de nouveaux mots, comme lutin (quoiqu'un peu trop conte de fée à mon avis) pour signifier cela, mais pour pouvoir dialoguer avec sa compagne ou son compagnon, nous n'avons pas le choix que d'utiliser des mots connus des deux et de faire en sorte de leur donner de nouveaux sens...

ColVert

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(compte clôturé)

le lundi 04 avril 2011 à 19h32

Et si tu es tout seul dans ton couple à penser comme ça? :-/

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Colvert

le lundi 04 avril 2011 à 19h51

Alors, la route est longue, il faut aimer, beaucoup aimer, être tenace, ne pas mollir, garder le cap, se ressourcer régulièrement en venant sur ce forum !

(j'en parle parce que c'est mon cas, étant avec une méditerranéenne à la culture bien marquée et à la langue maternelle différente, je connais bien le travail que je décris là et le travail est doublement compliqué!!).

Si ça peut éclairer quelqu'un que de savoir que derrière chaque mot il y a des valeurs auxquelles on est attachées car elles nous rattachent à un corps social et nous sécurise, mais que pour avancer sur ce chemin, il faut bien se comprendre et partager les mêmes valeurs. Si au terme du voyage, aucune évolution n'est constatée... alors là, je ne sais pas... j'ai juste envie d'y croire!

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(compte clôturé)

le lundi 04 avril 2011 à 20h45

Je trouve plus facile de faire la démarche avec quelqu'un qui n'a pas la même langue maternelle, justement, parce que dès le départ on est obligé de s'expliquer pas mal.

Etre de la même phonie, c'est un piège, on croit avoir la même valeur pour un mot.

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Colvert

le mercredi 06 avril 2011 à 16h53

c'est vrai en partie, mais les mots traduits n'ont pas forcément la même signification et le premier, que souligne RIP est le "je t'aime"...

par exemple, en italie, on peut dire "ti amo" qui correspond à un amour complet, possessif, don de soi et abandon de soi dans l'autre.
On ne dit jamais "ti amo" à ses enfants, ni a ses amis très proches, on dit "ti voglio bene" qui signifie en gros "je veux ton bien", ou "je veux tellement ton bien (sous entendu "que je suis prêt à me sacrifier pour toi")".

donc, c'est vrai car on sait d'emblée que les mots ont des significations différentes (souvent très profondément) mais c'est faux, car les significations dans la même langue et la même culture ont "approximativement" le même sens.

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Siestacorta

le mercredi 06 avril 2011 à 17h35

Colvert
les significations dans la même langue et la même culture ont "approximativement" le même sens.

"Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre."

Ce qui fait que parler deux langues différentes permet peut-être parfois plus de compréhension, c'est qu'on est obligés de s'expliquer, de vérifier qu'un message passe. En parlant une même lanque, on a trop l'illusion que le message peut passer, pas assez d'attention, non pas au sens variables, mais aux interprétations possiblement déformées de notre message.

Maintenant, un peu d'empathie émotionnelle aide à ne pas transformer tous nos échanges d'idées en explication de texte permanente...

Comment garantir l'empathie... Je sais pas ! Sans doute en partant avec un a priori bienveillant, on désamorce beaucoup...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Colvert

le mercredi 06 avril 2011 à 18h47

Alors, effectivement, ce n'est pas forcément du sens que je voulais parler, mais des valeurs, celles qui font que l'on va classer naturellement en "bien" ou en "mal" certaines paroles ou attitudes.

Dans des cultures différentes, les valeurs peuvent être amplifiées dans un sens ou dans un autre, voire à l'inverse !
pour l'exemple et je resterai sur l'italie, si je offre un café (sous entendu français) à un italien, il ne pourra pas forcément le boire, ou le boira et par politesse il te dira "il est bon ce café, mais il ne faudrait pas l'appeler "café" :-D

Ainsi, remis dans notre contexte, le mot "amant" comme cité précédemment, même s'il a le même sens, il n'a pas la même valeur pour un mono que pour un poly !
C'est pourquoi, ce que j'exprimais ce n'était pas forcément l'idée de faire de l'explication de texte, même si parfois après de longues discussions, on s’aperçoit qu'une explication de texte est nécessaire, mais c'était surtout l'idée que des mots mis de coté dans le discours commun parce qu'inenvisageable dans un contexte monogame, peuvent reprendre une valeur positive abordé dans un contexte poly, et que l'acceptation d'un mode de vie poly par un mono passe aussi par ce changement de perception des valeurs de certains mots...

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Siestacorta

le mercredi 06 avril 2011 à 21h09

"l'acceptation d'un mode de vie poly par un mono passe aussi par ce changement de perception des valeurs de certains mots..."

Oui, mais ce changement de perception ne peut pas naître seulement d'un processus intellectuel.
Tu décris ta compagne comme quelqu'un au sang chaud autant que comme quelqu'un d'intelligent. Puisque l'intelligence n'est pas en cause, ou disons qu'elle a déjà été appelée à agir dans des discussions et lectures, c'est un comportement affectif qui pourrait potentiellement changer la donne.
Un comportement ou il ya urait un calme intellectuel mais pas une affection rassurante, pas l'empathie de ton intention aimante (avec un regard confiant, un toucher doux....), ne pourra pas changer une perception du mot "amant".
La perception, c'est le sens et les sens, et le mot "amant"ça se raisonne, :mais il résonne dans ta voix.

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oO0

le samedi 09 avril 2011 à 04h43

Yep Colvert

Des mots pour le dire...

... donc :
a) Fidélité :
- exclusive
- inclusive
- à soi-même
- à soi-même dans le face à face
- fidélité, synonyme de justesse comme dans "exprimer fidèlement" ou encore, "raconter fidèlement"

b) Amant :
- Les époux ne sont-ils pas amant.
Puisque certains ont initié le genre de la saynète :
"- J'ai un amant.
- Évidement !
- Comment tu le sais ?
- Comment ne pourrais-je pas le savoir ? C'est moi.
- Non, un autre amant."
Autre petite saynète, ou plutôt court extrait de "On ne badine pas avec l'amour" de Musset - Perdican à Camille :
"Tu prendras un amant !"
Ce à quoi Camille aurait pu répondre dans le langage d'aujourd'hui :
"Un lot de consolation, c'est çà ?"
Ca, c'est pour l'une des origines possibles des connotations négatives.

Enfin soit, à mon sens, poly ou mono, les époux sont amants et c'est justement parfois lorsqu'ils n'arrivent plus à se retrouver en tant qu'amants que leur couple commence à vaciller. Voilà, où je veux en venir, un autre usage du terme "amant". Tu veux des mots pour le dire, voilà un usage que vous pouvez vous réappropriez, un mot qui plutôt que vous éloigner, peut vous rapprocher.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 09 avril 2011 à 09h20

Ceci dit, Colvert, j'attire ton attention sur le danger à penser que c'est l'autre qui va changer et accepter son partenaire. Ta compagne pourrait aussi se mettre à penser que c'est toi qui dois t'adapter, peut-être ne fait-elle que tolérer l'idée, et peut-être qu'in fine la donne s'articulera autour d'une profonde incompatibilité de vue... Je suis sceptique quant au fait de partir du principe qu'un changement profond peut s'opérer à partir d'une scie qui risque de devenir lassante. Si ça se trouve, après avoir semblé entrer en dialogue pendant un certain temps, elle va te hurler "Ta gueule à la fin" en pleine poire.

Faut savoir parfois se contenter de peu. Ou alors avoir le courage de se séparer.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Colvert

le samedi 09 avril 2011 à 10h51

Siestacorta
"l'acceptation d'un mode de vie poly par un mono passe aussi par ce changement de perception des valeurs de certains mots..."

Oui, mais ce changement de perception ne peut pas naître seulement d'un processus intellectuel. (...)
...avec un regard confiant, un toucher doux....

Complètement, ça transparaît difficilement sur le forum, mais effectivement, ça fait partie des des attitudes affectives auxquelles je suis attaché, mais parfois, l'incompréhension intellectuelle engendre des écarts affectifs difficiles à combler dans les moments de dialogue.
J'ai en général besoin de beaucoup de recul pour évoquer ces questions, les aborder dans la sérénité, malgré parfois la profonde incompréhension sur le sens des mots. Si on se met en plus à disserter sur les valeurs sous entendues derrière ces mots là, ça peut durer très longtemps!!!
donc, parfois, on lâche l'affaire et, las de réfléchir, on se contente de laisser nos corps parler!!!

RIP
Enfin soit, à mon sens, poly ou mono, les époux sont amants et c'est justement parfois lorsqu'ils n'arrivent plus à se retrouver en tant qu'amants que leur couple commence à vaciller. Voilà, où je veux en venir, un autre usage du terme "amant". Tu veux des mots pour le dire, voilà un usage que vous pouvez vous réappropriez, un mot qui plutôt que vous éloigner, peut vous rapprocher.

oui, sauf si l'acte sexuel conjugal et légitime, même débridé, ne peut pas être conçu ou assimilé intellectuellement à un rapport "illégitime" (valeur donné au mot amant dans un couple marié). Mais j'entends parfaitement ce que tu dis (je fais l'avocat du diable!) et c'est aussi le fond de cette discussion que tu abordes parfaitement bien, c'est à dire la réappropriation commune et positive de mots dans un vocabulaire historiquement, culturellement, socialement orienté vers la monogamie.

@wazaaa

J'évoque bien qu'il s'agit d'un changement commun, c'est à dire une évolution du couple vers une acceptation de la singularité des deux qui a pu être tue durant des années pour répondre à une "demande sociale", celle de la belle et jolie petite famille monogame avec maison chien voiture enfants et qui ne tient justement pas du tout compte de la singularité des individus, de leur histoire, de leur personnalité, de ce qu'ils aiment, de ceux qu'ils aiment.... tout ça pour reproduire un "modèle" social idéal, adapté en toute circonstance...
désolé ça fait mal...
alors, effectivement, pour l'instant, je me contente de peu, et si ce peu ne suffit pas, une séparation sera certainement nécessaire....

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 09 avril 2011 à 22h38

Et lucide, en plus... :-/

Bougie allumée pour toi, canard <3

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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oO0

le samedi 09 avril 2011 à 23h48

Les mots que tu as envie de t'entendre dire :
"Je ne peux pas te l'interdire."
Tu sais ce que tu attends, c'est déjà çà. Ce que tu veux t'entendre dire, tu peux le lui dire. Tu peux la laisser libre, la mettre face au fait de sa propre liberté, une liberté qu'elle te répondras sûrement ne pas vouloir, mais la lui laisser n'appartient qu'à toi.

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