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Amours pluriels ou manques pluriels ?

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Romy

le lundi 01 février 2010 à 15h15

Non Amorgen, tu as raison, le deuil n'est pas la seule occasion de grandir. Tant mieux!
Mais la fin d'un amour fait souvent mal. En fait, ce n'est pas la fin de l'amour (car moi aussi, comme Desjardins, quand j'aime une fois j'aime pour toujours), ce qui fait mal, c'est de ne plus être en mesure d'être avec les gens que j'aime. Le deuil de la présence physique. Ça fait d'autant plus mal quand on sait que ce serait possible, parce que l'amour est réciproque, mais que c'est «  impossible» à cause du déchirement que vivrait l'autre.

Puis quand je dis «  avoir mal», c'est relatif. La souffrance, c'est très rassurant puisque ça n'arrive qu'aux vivants, comme dit Renaud.

Message modifié par son auteur il y a 13 ans.

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Drya

le lundi 01 février 2010 à 16h39

Alors là, désolée, mais un deuil reste un deuil: c'est une perte définitive, et plus on aime et on a besoin de ce qu'on perd, plus c'est destructeur, où vous avez vu que ça fait grandir? ou bien c'est qu'on n'en a plus besoin ou que ça n'a au fond plus d'importance, dans ce cas je n'appelle pas ça un deuil, mais une transition logique.
La destruction pure et simple n'est pas une avancée, pas dans ce domaine en tout cas, une transformation par contre, oui.

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titane

le lundi 01 février 2010 à 16h46

c'est gentil de parler de moi sans me connaître et de me coller des étiquettes... si ça peut être utile...

je ne crois pas donner plus de leçons que ceux qui attibue des "tu as raison" ou des "c'est pas vrai" ou des "non c'est faux"... lu dans le fil de l'argumentation et de l'échange, ça ne me dérange pas plus que ça... alors pouquoi mes propos dérangeraient-ils eux? au point de vouloir secouer le bonhomme plutôt que d'argumenter les propos ?

faut-il avoir le même "costume", le même "parler", la même "tendance" pour être respecter dans ce forum?... pourquoi certais de mes propos proviqueraient cette agglutination de réactions sur le forme ?... une sorte de "précipitation" défensive du haut du nombre ou de la masse critique ?

bref

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titane

le lundi 01 février 2010 à 16h56

le deuil n'est pas une perte... le deuil est le processus d'acceptation d'un changement...

La perte peut être ressentie ou pas... elle peut-être totalle ou pas...

Réduire le deuil à un sentiment de perte c'est probablement vouloir rester dans la souffrance.. le deuil est un processus de transfiguration de cette souffrance en "paix intérieure"...

un amour se finit... ce n'est pas forcément une perte... ce peut-être la libération d'un espace pour un autre amour...

L'objet de l'amour est perdu... mais ce n'est que son objet... l'amour reste... ceux qui ont perdu un être cher le vive et ne passe pas leur vie à se morfondre... heureusement... un deuil "réussi" est une victoire sur la souffrance... la "perte" devient une présence...

rien de messianique ou de religieux là-dedans... question d'expérience et de psychologie...

l'amour pluriel nous expose (statistiquement ) des "pertes" plurielles et donc nous offrent justement des opportunités plurielles de vivre des deuils réussis... je ne "perds" rien je laisse l'autre aller à sa liberté... ce qui me manque ne m'appartenait pas... ce qui a été vécu a laissé de belles empreintes que je peux chérir dans la bonne humeur au lieu de chialer tout le reste de ma vie...

oui la souffrance est rassurante pour une raison encore plus profonde... je souffre parce que j'ai aimé et parce que mon désir d'aimer est toujours là... pas forcément une souffrance triste ça... par forcément à éviter non plus...

Je souffre relativement parce que je n'ai plus accès à mon joujou préféré du moment... mais je sais toujours jouer...

C'est en cela que le deuil nous aide à grandir... et il commence à la naissance: le deuil de notre vie utérine se fait déjà dans un traumatisme et souffrance terrible !

Amis de Freud....

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Romy

le lundi 01 février 2010 à 16h57

Titane, je ne crois pas que les gens donnent des leçons, juste leur point de vue, comment ils voient les choses. Si Drya ne voit pas le deuil comme une occasion de grandir, je la respecte totalement. Ce serait emmerdant si on pensait tous de la même façon. Les «  tu as raison» et «  je suis d'accord» ou «  pas d'accord» ne sont que des façons d'exprimer nos idées, je pense.

Message modifié par son auteur il y a 13 ans.

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titane

le lundi 01 février 2010 à 17h04

c'est ce que je viens de dire... mais apparemment c'est plus vrai pour le "noyau" de cette sympathique communauté... qui est certes poly... mais qui a su exclure quelques sympathiques "contribuables"...

mais rien de grave et passons à autre chose...

moi je m'amuse... et si je ne m'amuse plus... je vais m'amuser ailleurs... et je reviens éventuellement... c'est tout...

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Drya

le lundi 01 février 2010 à 17h13

Franchement, j'ai plutôt l'impression qu'au fond on est d'accord sur la plupart des choses, qu'on argue pour définir des mots, mais on est d'accord sur le fond. Question d'interprétation.
Pareil pour le terme de "deuil": c'est une question de définition, je suis d'accord avec ton analyse, mais je considère toujours que la perte pure et simple, c'est à dire sans véritable raison, est une destruction qui, au contraire d'une transformation (d'une relation par exemple), détruit et ne construit rien. Ca laisse le néant, c'est une fuite plutôt qu'une construction avec les éléments existants: sachant qu'on ne change jamais fondamentalement, pourquoi vouloir provoquer une perte de ces éléments existants plutôt qu'une évolution ?

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Romy

le lundi 01 février 2010 à 17h25

Oui Drya. Je te comprends parce que je vis ça actuellement. C'est le néant en ce qui concerne la relation avec l'autre. Une fuite effectivement, car il n'est pas «  mort». Il est là, mais selon lui, il n'y a aucune possibilité de se fréquenter sans qu'il y ait tragédie. Même l'amour platonique est impratiquable. L'amitié sans sentiment amoureux non plus, puisqu'amour il y a. C'est donc effectivement le néant, une fuite si tu veux, l'inaptitude à construire quelque chose avec les éléments qui s'offrent à nous. Il n'y a pas d'évolution et la relation débouche sur rien du tout. Toutefois,en ce qui me concerne, ça ne débouche pas sur le néant. Il reste quand même là, présent en moi. Je l'aime encore. Mais je suis aussi déçue, attristée, fâchée même qu'il n'y ait pas d'évolution possible pour lui. Puis je me demande combien de temps on peut garder quelqu'un en nous sans communication. J'ai l'impression que ça devient un souvenir à la longue. On n'oublie pas, on aime toujours, mais comme on peut aimer le p'tit jésus...:-)

Message modifié par son auteur il y a 13 ans.

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Drya

le lundi 01 février 2010 à 17h30

Bah, c'est la série :( je suis en plein dedans aussi...
La dernière fois que j'ai vécu ça, je n'ai pu m'en remettre que 2 ans plus tard quand on a pu se revoir sans cette méfiance... Donc quand il y a eu "évolution". Je n'arrive pas accepter la fuite quand il existe une solution. La fuite ne répare pas: en gros, pour moi, c'est un deuil qui n'en finit pas/qui ne se fait jamais (selon l'interprétation).

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Drya

le lundi 01 février 2010 à 17h33

Comme disait Lilie, j'ai l'impression que le polyamour offre la possibilité d'adapter au lieu de briser à tout bout de champ pour des raisons souvent illusoires.

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Romy

le lundi 01 février 2010 à 17h36

Une banalité ce que je vais dire... mais je fais confiance au destin.
Autre banalité: il arrive que ce qu'il doit arriver.

Il y a deux ans, je croyais que la relation s'était éteinte. J'y avais mis fin moi-même, car je trouvais que ça devenait un peu ridicule de devoir «  insister» et «  convaincre» de la possibilité des choses. Il faut dire qu'il m'y encourageait (J'suis pas heureux dans la vie, mais toi tu me fais du bien...) Donc pendant deux ans, il n'y a pas eu de contacts pratiquement. Puis récemment, une ouverture, qui a débouché sur quelque chose de beau.
Mais là, c'est retour à la case départ. Je me dis que si c'est la deuxième fois que ça se produit, c'est que c'est ce qui doit arriver. Je souhaite vraiment son bonheur, mais c'est à lui de prendre ses décisions. S'il croit qu'il peut être plus heureux en ne «  vivant» pas cet amour, c'est son choix. S'il croit qu'il peut être plus heureux en se consacrant au bonheur de sa famille, c'est tout à son honneur. S'il croit qu'il ne sera jamais heureux, mais que ce n'est pas grave, car l'important c'est de ne pas faire de mal aux siens, ben ça le regarde. Et ma foi, c'est assez respectable! C'est triste par contre les gens qui ne veulent pas être heureux et qui croient que le bonheur c'est du chagrin qu'il ne faut pas réveiller.
Mais j'y peux rien! C'est juste pas ma philosphie de la vie. C'est tout. Je respecte sa décision. Et je l'aime quand même. Gna!

Message modifié par son auteur il y a 13 ans.

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titane

le lundi 01 février 2010 à 18h20

En effet on se ressemble plus qu'on se distincte.

Dans ce que vous vivez je reconnais une composante du deuil justement. Moi aussi je suis dedans avec un amour qui soudainement s'est laissé envahir par une peur inconfortable. La réaction a donc été de tout "suspendre" malgré l'essentiel: le désir et les sentiments.

Bien sur il faut accepter. Et dans le choc s'enfoncer dans ce sentiment de perte et de vide... Une présence forte qui génère donc un vide!

La colère, le deni, la marchandage (avec soi et le destin justement)... Sont aussi des composantes du deuil.

Le deuil étant un passage, une "passion", c'est en l'issue finalement qu'il faut avoir confiance! Confiance au destin! Par exemple... Confiance en soi et à sa capacité d'aimer aussi...

Une opportunité de s'en sortir plus confiant sans arrogance mais avec humilité car on a accepté sa souffrance et qu'on l'accepte encore comme l'empreinte d'une belle présence vécue, partagée et aimée.

Rien de messianique ou de religieux! ;-)

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Drya

le lundi 01 février 2010 à 19h16

Mouais, ben je peux pas accepter si facilement une perte quand il y a autre chose de possible, je sais je me répète.
Je ne fais pas confiance au destin, même si le hasard nous réserve aussi de bonnes surprises. Sinon autant de rien espérer, pourquoi se donner du mal si accepter est si paisible?
Désolée, encore une fois je ne crois pas que le deuil nous construise. La perte de quelqu'un est irremplaçable parce qu'une personne n'est jamais remplaçable. Ce n'est qu'une perte, pas une construction.

Message modifié par son auteur il y a 13 ans.

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Romy

le lundi 01 février 2010 à 19h26

Oh Drya... Je voudrais bien te faire un calin.
Comme dit Françoise (je sais, je la cite souvent, mais je n'y peux rien! elle a souvent le bon mot!):
Chagrin d'amour ne dure qu'un moment, plaisirs d'amour durent toute la vie.

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(compte clôturé)

le lundi 01 février 2010 à 19h32

Drya
encore une fois je ne crois pas que le deuil nous construise.

Moi si, sinon je ne serais pas là, très franchement. Sur le coup, ça démolit, on est d'accord; mais deuil après deuil, on rebondit de plus en plus vite.

Résilience, "Un merveilleux malheur" de Cyrulnik, quelqu'un connaît?

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Siestacorta

le lundi 01 février 2010 à 19h44

I Don't want to get over you - Magnetic Fields.

Le deuil construit une fois qu'on en est sorti.
Ce qu'on y a gagné, c'est la force de ne pas rester planté au même moment de sa vie, qui fait qu'on franchit la passe.
Simplement parce que, caricaturalement, on ne peut que laisser la tristesse s'en aller, ou rester là, s'étendre sur l'asphaaaaalte et le se laisser mouriiiiiir.

Message modifié par son auteur il y a 13 ans.

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Romy

le lundi 01 février 2010 à 19h48

Clémentine: «  Résilience, "Un merveilleux malheur" de Cyrulnik, quelqu'un connaît? »

Non, mais ça m'intéresse!

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(compte clôturé)

le lundi 01 février 2010 à 20h28

La référence + un petit abstract:

www.scienceshumaines.com/-0aun-merveilleux-malheur...

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Drya

le lundi 01 février 2010 à 23h47

Merci Rosalie, je prends volontiers le câlin :) si vous avez quelques vieilles assiettes à me donner aussi pour passer ma colère?
Merci aussi pour le lien, je note, ça peut servir...

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titane

le mardi 02 février 2010 à 09h16

Il y a aussi "L'art de mourir" Marie de Hennezel et Jean-Yves Leloup... mais cela va apparaître encore trop messianique et divin... ;-)

personne n'est templaçable bien sur, mais qui veut remplacer quelqu'un ?

Le deuil n'est ni un oubli (au contraire) ni un remplacement...

Le deuil c'est accepter une réalité... celle que l'autre ne veuille plus nous aimer au sens "actif", même s'il nous aime encore... cette liberté là ne se discuste même pas... l'amur ne se force pas , c'est comme le don. si on force les gens à nous aimer (même en l'espérant et en s'y accrochant... se donnant alors une idée de quête et de lutte contre les destin...) alors on provoque souvent en soi et en l'autre une violence proportionnelle à l'énergie investie... et on fait l'effet inverse...

L'aour ne s'appréhende pas dans le "manque" ou la "pénurie" maus dans l'abondance et ça... on ne sait pas faire !! car on a hérité de nos parent hominiens une stratégie de survie basée sur les besoin alors que maintenant l'homme sapiens base son attitude fondamentale sur les "envies"... le besoin engendre la pénurie, donc la "productivité" et la "quantification"... ce qui engendre la "lutte" ou la "protection"... et le monoamour déviant exclusif et possessif...

Si volontairement et pragmatiquement on regarde et on acepte que l'amour est d'abord une abondance (car une ressource infinie) alors on se situe dans une autre logique: "abondance - transformation - qualité"... il se s'agit plus de produire de l'amour mais de le transformer en énergie en soi et pour les autres... ainsi ce n'est plus la quantité ou le manque qui compte mais la qualité de cet amour partagé...

Le deuil, comme le dit Clémentine, est une opportunité de rebondir dans sa capacité d'aimer et d'être aimée... de ne pas se laisser écraser par un manque relatif et narcissique (rien de méchant: le manque de ne pas être aimée nous renvoit une image douloureuse: "je ne serait donc plus aimable"?)... mais sortie ce qui ne "meurt" pas en soi... notre capacité d'aimer encore une fois... et encore une fois...

L"écologie de l'amour ou l'amour écologoque on pourrait dire basé sur l'abondance des ressources "naturelles" (l'air, l'eau, et toutes sortes d'énergies)... leur transformation (et non leur consommation et accumulation) et leur qualité (et non leur quantité)...

Il s'agirait d'aimer "écologiquement"... aimer mieux...

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