Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Polyamoureuse à sens unique

Témoignage
#

Siline (invité)

le mercredi 12 juillet 2017 à 18h39

Bonjour !
Je suis en couple depuis 10 ans. A mi-parcours, mon mari a cheminé vers la bisexualité et le libertinage avec mon total consentement (quoique pas sans peine au départ). Moi je n'ai pas d'attrait particulier pour tout cela, et préfère que mes fantasmes en la matière (car ils existent) ne se réalisent pas. Je le laisse donc évoluer de son côté, en transparence mais sans connaissance non plus des tenants et aboutissants de ses rencontres. On l'évoque parfois de loin, je n'y tiens pas trop : cela lui appartient.
Il ne conçoit pas de s'attacher à d'autres, n'envisage pas d'un jour pouvoir éprouver des sentiments pour un ou une autre que moi. Il me semble parfaitement sincère.
Cela étant, quand cela a commencé il a été très clair que la réciproque valait, à savoir «  mon corps m'appartient », à moi aussi, et je peux légitimement m'épanouir hors de mon couple. Nous ne sommes pas jaloux, peut-être parce que nous nous faisons entièrement confiance : un jour après l'autre nous avons la conviction que nous ne restons ensemble que parce que c'est ce que nous voulons chacun, pas à cause du mariage, des enfants ou du poids de l'habitude. Et demain ? On verra bien.
Cette liberté, je l'ai d'abord expérimentée en éprouvant un «  coup de coeur » pour un collègue. Au lieu de lutter contre ces sensations, à mon sens bien naturelles à un moment ou un autre, je les ai accueillies, étudiées, et expliquées. Mon mari a réagi spontanément par un «  en même temps je peux comprendre, il est plutôt pas mal ! ». J'ai réalisé combien cette compréhension et sa confiance me touchaient. Mon intérêt pour cet autre homme s'est très vite émoussé, pour diverses raisons.
Il a laissé place à une ancienne histoire jamais terminée, datant de mes études. Cet ami et moi nous sommes revus plus de 10 ans plus tard, il y a moins d'un an, et avons passé une soirée ensemble, loin de mon domicile. Nous avons couché ensemble. Je le voulais, et le fait d'y «  arriver » m'a fait un bien indescriptible. J'ai pulvérisé ce qu'il me restait comme réminiscence de morale judéo-chrétienne. Je me suis prouvée que j'en étais capable. Je me suis prouvée que je plaisais encore, que j'étais encore une femme, et plus uniquement une mère (tout cela est survenu dans un moment particulièrement propice à me faire du bien). Je me suis octroyé un shot puissant d'estime de moi et de confiance globale en l'humanité. J'en suis ressortie grandie et bien plus assurée, face à la vie entière ! J'en tire toujours le bénéfice chaque jour !
Mon mari connaissait le contexte, savait qu'on allait se voir lui et moi mais n'a jamais rien demandé : je lui en sais fort gré, car c'est mon histoire.
Et puis, juste après, ressourcée, confiante, donc probablement plus attirante aussi, j'ai commencé à ressentir un trouble pour mon collègue de bureau. Le trouble s'est transformé en sentiments, en complicité, en affection réelle et réciproque. Nous flirtons verbalement depuis des mois, nous complimentant, nous envoyant des sms équivoques. Sans jamais évoquer «  ce qu'il se passe » à mots ouverts. En effet, il est en couple depuis 3 ans, avec un enjeu de recomposition de famille, et très peu «  moderne » (c'est son mot) dans sa conception du couple. Quand j'évoque la simplicité de ma vision, ou mes lectures en la matière, il rétorque qu'il ne voudrait pas que «  ça lui donne de mauvaises idées ». Chaque fois qu'on se retrouve seuls dans une pièce autre que notre bureau, la tension est à son comble. Il va falloir qu'un jour il se passe quelque chose. Nous en parlons, nous plaisantons, nous nous projetons dans des voyages, des week-ends, des escapades. Nous jouons avec cette idée. Et je n'attends que ça.
Sauf que je ne conçois pas de bonne issue. J'aspire à un peu d'action, j'aspire à quitter le platonisme de notre relation. MAIS. Mais je me découvre polyamoureuse (car j'aime mon mari comme une dingue, évidemment, je ne vous apprends rien, ici, sur ce forum) et suis un peu déboussolée : quel risque affectif et sentimental est-ce que je prends ? Ou fais prendre à mon mari, qui depuis le départ évoque (à juste titre, j'en suis sûre) que ce qui moi m'attire hors du couple est bien plus «  dangereux » que ses jeux purement sexuels et sans attache. Il me fait confiance. Mais et moi, est-ce que je me fais confiance ? L'attrait de la nouveauté, la rencontre, les premières fois s'est plus pimenté, forcément.
Ersatz de solution, je fais semblant de décider que si on couche ensemble cela ne devra arriver qu'une fois et ensuite on oublie tout, on passe à autre chose. Mais je ne suis pas sûre de m'en croire capable (il faudrait être deux à en être convaincus, déjà, sinon je céderai à coups sûrs) et je ne suis même pas sûre d'en avoir envie.
Mais le plus gros «  mais », le voilà: si cette relation évolue, soit vers du contact physique (même minime) soit vers une verbalisation de ce que nous vivons (à côté de laquelle jusque là nous passons soigneusement), il sera en désaccord avec ses principes. Il trahira sa compagne, mettra à mal leurs projets. Je serai «  cette fille-là », pour elle. J'aurai un effet négatif sur leur vie à tous les deux, n'étant de toute façon pas tentée par une vie avec cet homme-là, de près ou de loin.
Alors quoi ? Renoncer, pour son bien ? Et comment ?
Être polyamoureux et serein c'est bien beau, mais quand les autres ne le sont pas ? J'imagine que nous sommes des centaines dans ce cas-là, bien sûr...
Si vous m'avez lue jusque là (ah, quel exutoire!) j'attends avec plaisir vos commentaires et suggestions !

#
Profil

bonheur

le mercredi 12 juillet 2017 à 18h51

je crois que si tu te relis, il y a les questions, et les réponses.

J'en suis là aussi, mais j'ai espoir puisque je connais les deux membres du couple et que j'ai à la fois un bon feeling et une bonne communication. Ca aide, évidemment.

Perso, liaison non assumée par chaque personne que ça concerne, signifie pas de liaison, y compris d'une manière asexuée.

#
Profil

calinou696

le jeudi 13 juillet 2017 à 07h51

merci pour ton récit.
tu pourrais faire remarquer à ton collègue de bureau que je pense qu'on peut estimer que, de l'avis de la plupart des gens, il a déjà dépassé la limite de l'infidélité non? ;-) . Si il a un doute, qu'il demande à sa femme ;-)
je suis d'humeur coquinou au reveil désolé!
Sinon comme dis bonheur, tu sembles déjà avoir tout les élements pour juger.

#
Profil

gdf

le jeudi 13 juillet 2017 à 08h25

Il est évident à la lecture de ton message qu'il ne faut pas que tu entames une relation adultère avec ce collègue. Le "juste une fois", c'est une blague, si vous commencez, ça ne s'arrêtera pas. Le mensonge, certains vivent bien avec, mais ça n'a pas l'air d'être le cas de ton amoureux, et ce n'est pas ici qu'on va le défendre.
Il est aussi évident que vous êtes accroc l'un à l'autre, et que si on te dit "arrête de le voir", tu ne tiendras pas.

Tu as l'air de dire que vous parlez de votre relation mais sans l'évoquer directement ("nous en parlons" mais "jamais à mots ouverts")
La seule chose que je peux te conseiller, c'est de briser la glace, et d'en parler sérieusement. Ça peut avoir deux effets. D'abord, l''entraîner à parler à sa femme de polyamour, de son attirance pour toi, etc. Un long chemin, difficile, sans garantie de résultat. Mais aussi vous remettre les pieds sur terre. Quand on fantasme une relation, on se crée un petit monde magique passionnel. Quand on discute sérieusement, on revient dans le monde réel. Ça casse un peu l'ambiance, mais c'est peut être ça aussi dont vous avez besoin.

#
Profil

kill-your-idols

le jeudi 13 juillet 2017 à 11h16

Avec tous les beaux mecs qui existent sur la planète, pourquoi vouloir à tout prix commencer une histoire avec quelqu'un de difficile? (de par mon expérience, les gens mariés en questionnement sont les moins fiables).

En amour comme dans le commerce, avant de commencer à faire des plans sur quelqu'un, il faudrait tomber amoureux au moins de 3 personnes différentes (et puis choisir le cas le plus facile).

#
Profil

bonheur

le jeudi 13 juillet 2017 à 12h07

Oui, vive le célibat

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 13 juillet 2017 à 14h46

Siline, merci de ta confidence (très bien écrite et fine), et bravo pour le parcours, l'expérience intégrée jusqu'ici, et les libertés d'action et de dialogue qui se sont déjà développées dans ton mariage. Je pense que ça vous donne une chance de continuer à dépasser intelligemment le stade où la solidité d'une relation au départ monogame est éprouvée par les autres besoins sexuels, affectifs et/ou relationnels.

Je vais te donner une opinion... T'en fais ce que tu veux, si je me plante tu me le dis.

Je soutiens la réponse de gdf. Avec ton collégue, puisqu'il y a flirt, projections dans l'avenir (w-e, escapades), que tu "n'attends que ça", que la limite de la norme morale pour toi a déjà été franchie donc que tu peux essayer ce dont tu as envie, alors parlez-en. Pose les points que tu connais, sur toi, sur lui, propose ce que tu désirerais. Je crois que quand tu dis

Siline
je fais semblant de décider que si on couche ensemble cela ne devra arriver qu'une fois et ensuite on oublie tout

tu sais très bien que ça ne marche pas comme ça, tu dirais pas "faire semblant" sinon.
Par ailleurs, pour comparer deux aventures, c'est pas pareil qu'avec l'ex du passé : cette fois, vous ne vous laisserez sans doute pas l'un l'autre sans besoin de connaitre la suite. Avoir fait l'amour avec ton ex d'études dénouait des choses dans ta liberté à toi, mais avec ton collègue ça n'interviendrait pas au même moment de vos rapports... Donc même si la première expérience t'a donnée une force dans ton parcours, ça n'est pas significatif pour savoir comment tu vivrais les suites ou non-suites d'une expérience de "découchage" totalement différente.

Tel que je le conçois, parler avec ton collègue de bureau c'est une stratégie d'échec bénéfique. Elle peut refroidir pas mal les choses et se heurter aux limites de la situation d'adultère ; mais elle a le mérite de t'amener à garder l'honnêteté envers toi-même et, plutôt que de te laisser embarquer dans une histoire impensée, de plus facilement déboucher sur des possibilités qui n'abîmeront pas ton cœur ni ta relation avec ton mari.

En laissant confondues les émotions du cœur qui se réveille et celles du danger, tu vis intensément, tu te délectes du piment, mais tu te dispenses de choisir ce qui t'arrive "finalement j'ai cédé à la passion torride, nous n'en pouvions plus, on parlera après qu'on ait fait nos choix, ou pas, tant pis, n'y pensons pas".
Or te concernant, c'est pas être "cette fille-là" aux yeux de l'épouse qui fera la suite : pour l'essentiel, le couple de l'autre en danger c'est à ton éventuel amant de s'en charger. Par contre, le moment où tu seras en désaccord avec tes propres principes - tu parles de polyamour et de lectures, je pense que les questions d'histoires pouvant se construire sur la longueur avec du dialogue te touchent - ça, c'est toi qui t'en chargeras. C'est à dire que ce que tu feras, adultère ou non, gagnera beaucoup à ce dialogue de départ pour toutes les personnes concernées, et que sans celui-ci, tu vas devoir prendre beaucoup plus sur toi qu'avant.

Si j'interprète correctement (ça n'est qu'une interprétation) l'arrivée du libertinage dans ton couple, tu as le réflexe de prendre pas mal sur toi... Sauf que comme tu le dis, le comportement de ton mari c'est moins dangereux. Te confronter aux charges suivantes (une histoire amoureuse plutôt qu'une coucherie, de l'adultère avec toutes les complications qui viennent avec) c'est déjà faire beaucoup de choix significatifs, les faire sans les avoir exprimés en amont aux personnes concernées, c'est leur donner un supplément d'instabilité.
Je pense que si ton époux te fait confiance, a bénéficié de ton ouverture jusqu'ici, et écouté tes précédentes aventures, il serait capable de faire le travail de voir qu'une relation sentimentale peut aussi avoir lieu sans détruire votre foyer, du moment que vous vous accompagnez dans le processus.

Une question : le collègue pour qui l'intérêt s'est émoussé et le collègue avec qui tu flirtes, c'est la même personne, ou deux personnes distinctes ?

Autre point : il est possible que si tes émotions se sont plutôt emballées face à la question d'adultère, c'est parce que l'obstacle rend le fantasme "limité" : je sais que c'est dans une bulle (le monde du bureau, le monde de la relation), donc je joue avec un risque en comptant sur le réel pour qu'il limite les dégâts. Laisser ton époux libertiner avec des hommes, avoir une aventure extra-conjugale avec un ex, c'est peut-être aussi des choix où, consciemment ou non, les limites des risques sont identifiables.
Entrer en relation avec un homme adultère peut avoir cette limite, par rapport à une option de "tomber amoureuse directement de quelqu'un qui me demanderait de changer de vie".
Si ce que je dis de ce "risque limité" t'évoque quelque chose, ça peut t'aider à te sentir cohérente d'appliquer la "stratégie d'échec bénéfique" dont je te parle, c'est à dire finalement ne prendre que les risques qui n'impliquent que cette relation, pas les autres personnes.
T'y perdrais pas en sensation de liberté, bien au contraire.

Au passage, quand ce collègue te dit "ça pourrait me donner de mauvaises idées", il n'imagine pas forcément que ça pourrait aussi lui donner la mauvaise idée, à un moment de l'histoire où son projet avec sa compagne serait déclinant, de te proposer de faire une autre vie mono avec toi ; tsais, pour se justifier à ses propres yeux d'avoir gâché une autre histoire.

Vous "jouez avec cette idée" d'aventure... Le démon du jeu, ici, c'est jouer à colin-maillard, tenter le vertige de "on essaie au pif toute les directions en espérant qu'il y a pas d'obstacles en face, et on s'imagine le miracle que ça passe, même dans une forêt plantée bien serrée" plutôt que garder les yeux ouvert pour trouver les vrais passages libres.

Message modifié par son auteur il y a 2 ans.

#

Siline (invité)

le vendredi 14 juillet 2017 à 11h49

Merci à tous: en postant ici, je ne m'attendais pas à en retirer autant d'aide.
Vous défendez tous le même point de vue, hérité d'une valeur morale commune, d'une éthique de la relation amoureuse, dans laquelle je me retrouve parfaitement mais que j'avais besoin de lire. Cela "fait sens".
Jusqu'à présent, je m'aperçois que je n'ai évoqué ce sujet qu'avec des personnes complaisantes. A commencer par mon mari pour qui il importe en premier lieu de me renouveler sa confiance et de me laisser le champ libre, mais qui, dans ce rôle, ne peut pas facilement exprimer de réserve "morale". Et des amies, qui se montrent ouvertes d'esprit face à une situation sentimentale qui n'est pas la leur, mais qui restent héritières d'un schéma dans lequel la vraie limite dans une relation est d'ordre physique: sans se toucher, pas de trahison, pas d'adultère ("continue de te faire du bien dans vos échanges verbaux mais ne passez pas à l'acte sinon vous ne vous arrêterez plus et ce sera mal"). Un principe qui ne me convient plus du tout, et c'est là un éclairage bien utile que vous m'avez apporté. Pas de doute, je me voilais la face...

Et oui, parler ouvertement tous les deux est évidemment la solution. Une solution facile, rapide et que je peux amener de façon assez naturelle. J'envisage tout simplement de lui demander (gentiment) à l'occasion d'un prochain échange tendancieux si sa compagne l'approuverait. La conclusion logique sera que je ne peux pas continuer ainsi. (Car non, je ne les emmènerai pas vers une relation polyamoureuse consentie, j'en suis certaine).

Je crois que jusqu'à présent j'étais aussi un peu bloquée par cette idée selon laquelle c'est lui qui gère son couple, et que je n'étais pas légitime à m'immiscer dans cette décision ("on arrête tout") au nom de leur histoire à eux. C'est là encore que la morale et l'éthique amoureuse interviennent, et que mes principes et mon amour propre s’avèrent à eux seuls justifier parfaitement une telle manœuvre...

Enfin, Siestacorta, je te remercie particulièrement pour ton analyse très fine et approfondie. Elle a eu beaucoup de résonance, et je me vois déjà avancer! L'avenir que tu dépeints par petites touches à cette histoire m'éclaire beaucoup.
Pour ce qui est du "risque limité", j'en comprends le principe mais dois plutôt m'inscrire en faux. En effet, mon collègue est extraordinairement discret sur sa relation conjugale et bien que nous parlions énormément depuis un an, je n'ai su qu'il était en couple qu'assez récemment. Un couple jeune, instable et fragile semble-t-il. Notre lien particulier s'est donc développé dans un contexte ou je pensais que rien n'était impossible, ni de son côté ni du mien.

J'avoue aussi que je me suis questionnée sur l'origine de ces sentiments et sur ma facilité manifeste à en arriver là avec une personne dont je partagerais l'espace pendant quelques semaines de façon prolongée..! Car oui, l'autre coup de cœur au boulot était pour une personne différente, qui à l'époque partageait mon bureau. Des accumulations de phéromones en milieu confiné ?! Ou simplement des échanges fréquents et approfondis, des affinités plus naturellement découvertes..?

C'est aussi parce qu'il parle extrêmement peu de sa compagne que je n'ai pas encore "osé" (et voulu, soyons honnête) invoquer cette femme dans nos échanges, pour en souligner le caractère inapproprié. Mais ce sera chose fait, et le plus vite sera le mieux... Peut-être que je vous tiendrai au courant ? ;-)
En tous cas, merci encore!

#
Profil

Siestacorta

le vendredi 14 juillet 2017 à 12h37

Siline
Enfin, Siestacorta, je te remercie particulièrement pour ton analyse très fine et approfondie.

De rien, ou pas grand chose. Je considère les échanges ici, de la part des initiateurs et des membres, comme des tâtonnement bienveillants... Si on trouve des chemins comme ça, tant mieux, quand on en trouve pas, tant mieux aussi, on écarte certaines directions avec plus de conviction.

Siline
J'envisage tout simplement de lui demander (gentiment) à l'occasion d'un prochain échange tendancieux si sa compagne l'approuverait. La conclusion logique sera que je ne peux pas continuer ainsi. (Car non, je ne les emmènerai pas vers une relation polyamoureuse consentie, j'en suis certaine).

"pas continuer ainsi" ? C'est à dire, l'ensemble de l'histoire, ou l'histoire avec sa composante adultère ?
Je veux pas du tout te pousser à une situation où tu serais en contradiction avec ton éthique, mais encore une fois, je met un peu de pragmatisme : le désir est monté fort entre vous, vous êtes tous les deux engagés... La discussion "réaliste douche-froide" peut déboucher sur une relation cachée... Il faut donc que soit dit aussi ce dont toi tu sens capable dans ce cadre : ça peut être de "tout cacher à tous je prend sur moi" comme "j'ai telles limites, quelles sont les tiennes" et "mon mari à moi sera au courant sur le principe"...

Bref, parler des deux positionnements, si possible, pour voir si les "mauvaises idées" qui sortent sont mauvaises à cause du mensonge en soi, ou parce que pour une raison pratique ou une autre le mensonge ne mènerait pas à des possibilités pour vous.

J'insiste, le mensonge, c'est généralement plus une graine de problèmes qu'une solution. Même si la personne qui sera trompée ne dépend pas de toi, puisque les décisions de vie de cet homme ne t'appartiennent pas, sa réaction au mensonge (ignorance, découverte, réponses) aura des conséquences sur quelqu'un que tu aimes, sur ta relation à lui, et peut-être sur toi. C'est "envisageable" (si tu es très au clair sur les limites de cette relation et qu'elle te convient quand même) et à la fois clairement un chemin qui, plus il se prolonge, plus il augment des dangers autant pour ceux qui le prennent que pour ceux qui y seront emmenés après vous.

J'ai pas encore trouvé de formule efficace pour dire que c'est pas une question de morale, dans le sens où la règle monogame organise elle-même le besoin de tricher avant qu'on en ait envie, donc la morale ici ignore le réel, mais une question d'éthique "est-ce que je suis une personne qui peut faire ce genre de choix en minimisant les dommages possibles".
Mais bon, voilà pour mon orientation.

Bon courage pour la prise de parole et ses suites, oui, si tu donnes des nouvelles ça fera plaisir !

Message modifié par son auteur il y a 2 ans.

#

Siline (invité)

le vendredi 14 juillet 2017 à 12h45

Un éclaircissement rapide: quand je dis que je "ne peux pas continuer ainsi", j'envisage que tout s'arrête. De revenir à des relations plus professionnelles. Je ne sais pas si c'est possible, en tous cas ce ne pas facile, mais c'est l'issu qui me semble la plus vraisemblable et la plus raisonnable. C'est la seule, en fait, à mon sens.
Même s'il veut prendre sur lui l'adultère (y compris platonique), cela ne me suffira pas: encore une fois, pas envie d'être "cette fille-là". Et on a déjà été trop loin de ce point de vue-là.
A suivre, donc, et merci encore CortaSiesta!

#
Profil

Siestacorta

le vendredi 14 juillet 2017 à 12h52

Bon, et sinon, j'en remet une couche sur un point que je soulève plus haut. En admettant qu'il entre dans une aventure extra-conjugale, à quel point il est capable de faire avec tes choix poly ? "il est en couple jeune, instable et fragile".

Ok, mais en couple "depuis trois ans".
Donc, même si votre histoire arrive à un moment où ce couple est de toute façon en question, elle constituera un changement critique, et sur un couple aux engagements exclusifs qui plus est (oué, yen a plein des comme ça, y parait).

Ca pose la question : et même s'il voulait rompre avec elle, est-ce qu'il comprendrait que toi, tu ne ferais pas la même chose en parallèle ? Que, potentiellement, il n'y a pas que ton mari et lui qui seraient concernés par ta liberté amoureuse ?
Ce n'est pas parce qu'il tolèrerait ton mari (dont je pars du principe qu'il connait l'existence, lui a peut-être une perception de "risque limité") qu'il comprendrait que, mettons, tu puisses avoir des confidences tendres avec l'ex étudiant.

Plus généralement, donc, la question ce serait pas seulement "que diras-tu à ta compagne", mais "quelles sont tes attentes et tes perspectives, puisque dans nos deux cas, il y en a déjà au niveau amoureux ?"
C'est des questions qu'on pose peu dans les temps préliminaires à l'histoire amoureuse, mais c'est sans doute parce que la norme voudrait qu'on passe proprement d'une relation à l'autre en tournant la page... En réalité, même chez les monos ça se passe pas comme ça, mais bon, du coup ça laisse d'ordinaire un champs de possibles plus ouvert au début que dans une situation où des engagements perdurent.

Voilà, voilà, c'était la deuxième minute pas gaie, j'espère quand même que ça peut aider...

Message modifié par son auteur il y a 2 ans.

#
Profil

Siestacorta

le vendredi 14 juillet 2017 à 12h53

Ok, tu as posté avant que j'ajoute mes options...
Merci pour la précision.
Je laisse quand même, hein.

#
Profil

gdf

le vendredi 14 juillet 2017 à 13h12

Siline
C'est aussi parce qu'il parle extrêmement peu de sa compagne que je n'ai pas encore "osé" (et voulu, soyons honnête) invoquer cette femme dans nos échanges, pour en souligner le caractère inapproprié.

Quand on a commencé à se pencher sérieusement sur le polyamour avec ma femme, on a eu des discussions surréalistes. Je lui racontais mes états d'âmes avec une potentielle amoureuse, elle me racontais son weekend avec son Jules. Comme ma potentielle était mariée, j'ai eu dans un bar une discussion honnête et polie avec elle et son mari, qu'on peut résumer en "j'aime bien ta femme, j'entamerai volontiers une relation avec elle", "ah non, désolé, ça va pas le faire". C'était pas aussi explicite que ça mais pas loin.

Après quelque temps, ça ne nous choque plus, ce genre de discussion. Ce n'est ni "surréaliste" ni "inapproprié". C'est juste des discussions sur nos vies, et nos amoureux ou conjoints font partie de nos vies.

Demande lui donc de te parler de sa compagne, peut être que ça va refroidir vos ardeurs (n'est ce pas ce qu'il vous faut ?), ou ça aidera à apporter plus de transparence dans vos échanges. Crois moi, ça paraît bizarre au début de parler d'une relation avec une autre, mais on s'y fait et la vie est bien plus facile après.

#

Siline (invité)

le jeudi 20 juillet 2017 à 18h49

Bonsoir !
Je viens de passer 3h de trajet en voiture avec mon collègue. Partant 3 semaines en vacances dans la foulée, j'avais bien sûr anticipé ce moment d'étoiles alignées pour «  avancer » verbalement.
Trois heures durant nous avons évoqué nos visions du couple, nos histoires, nos constructions. [Je constate d'ailleurs qu'il est difficile de ne pas semble moralisateur (mot très ironiquement approprié) quand on évoque la solidité que la liberté de corps et d'esprit confère au couple, la confiance renouvelée, etc.]
Je ne sais pas si en arrière plan il s'est senti concerné par mon expression du caractère naturel/inévitable/sans-conséquence-aucune-sur-mon-couple de me retrouver amoureuse d'un autre que mon mari. Peut-être que non, peut-être que sinon ça viendra, et puis peut-être que ça ne compte pas.
J'ai aussi exprimé clairement le besoin pour mon éthique personnelle d'être certaine que nos échanges habituels, du quotidien, ne déplaisent pas à son compagne «  si elle savait ». Il n'a pas été très clair sur ce point... Sans doute parce que cela impliquait de répondre très frontalement à la question «  sa jalousie serait-elle justifiée ? ». Et nous n'avons pas été jusque là.
En tous cas, nous avons beaucoup parlé d'elle, et j'ai pu poser des questions -même tout à fait anodines (quelle métier fait-elle, depuis combien de temps ça dure, etc.) - qui me semblaient de l'ordre de l'interdit, du terrain miné, jusque là.
Donc on avance, je crois, vers plus de sérénité et plus de compréhension l'un de l'autre aussi. Moins d’ambiguïté, de fait. A voir si cela désamorce quelque chose, ou si c'est l'inverse qui se produit. Évidemment la conversation a été interrompue par l'arrivée à bon port, sans doute qu'il restait beaucoup à dire...
En tous cas ce soir je me sens sereine, assez fière aussi (j'ai toujours peur de sortir de ces discussions avec une image fausse, après des idées trop mal exprimées ou qui donneraient le sentiment que mon couple vit une situation un peu pathétique, voire franchement glauque...)
Juste un peu gênée, au fond, d'avoir été aussi loin dans le dévoilement avec quelqu'un qui demeure par ailleurs un partenaire professionnel, et qui en outre connaît mon mari sur un plan professionnel aussi.
Rien de bien grave...
Bel été, et au plaisir de vous lire ! Ce forum est devenu une sorte d'addiction... C'est grave ?

#
Profil

bonheur

le jeudi 20 juillet 2017 à 19h13

Bravo ! Je suppose que pour lui ce fut une expérience inattendue et j'espère qu'il en retire aussi une belle sérénité.

Prend soin de toi et vis de belles vacances !!!

#
Profil

Simline

le jeudi 15 février 2018 à 12h08

Bonjour,

Six mois ont passé. Un peu par hasard, un peu par nostalgie, un peu par curiosité je viens de relire mon post.

Parce que vos réponses ont été riches pour moi, j’ai envie de refaire un point. Plus rapide, promis !

Mon collègue et moi partageons toujours le même bureau, à deux. Nous passons désormais des heures chaque jour à parler de nos vies respectives, à échanger des idées, à débattre de tout. Nous nous connaissons par cœur, pouvons dire à peu près n’importe quoi et exprimer des jugements parfois durs mais toujours entendus. Nous nous apprécions réciproquement, jouons les conseillers du cœur dans nos histoires respectives, dont nous n’ignorons rien. Nous nous invitons parfois respectivement l’un chez l’autre, conjoints et enfants compris. Nous sommes amis et confidents.

Et puis, nous sommes aussi autre chose. Pour ne pas dire « plus que ça », parce que je serais bien en peine de hiérarchiser ces deux pans de notre relation. Nous nous envoyons des messages tous les jours, hors du boulot. Pensons l’un à l’autre. Il me complimente sans arrêt, ses éloges boostent mon égo. Nos regards et nos voix ne trompent pas. Nous plaisantons souvent sur l’existence d’un désir réciproque, nous racontant des rêves ambigus, nous envoyant des photos vaguement équivoques. Tout en ne franchissant jamais « sa » limite : l’humour est de rigueur, le contact réel exclu. Si je l’invite en famille il viendra, si je l’invite à voir un film à deux et sans aucun sous-entendu, il déclinera.

Il peut me dire « je suis convaincu qu’un peut être amoureux de deux personnes en même temps », mais nous n’allons pas jusqu’à admettre ouvertement quoi que ce soit. Nous plaisantons encore tout haut d’escapades à deux, mais nous savons qu’elles n’existeront pas. Parce que pour lui, ce serait une limite infranchissable. Parce qu’il est un « homme fidèle » selon ses termes. Et quand, de rage, de désespoir ou de provocation, il me dit - l’air de rien - vouloir que cela change, se trouver une "maîtresse", je l’enjoins très sincèrement (vraiment) à ne pas faire de connerie. On débat ensuite pendant des heures et/ou des dizaines de sms du non-sens que cela représenterait, pour lui, pour sa relation, etc.

Bref, j’oscille quotidiennement d’amie de choix à amoureuse platonique. Et parfois, entre les deux et toujours à mon initiative, nous discutons de savoir si une telle relation est vraiment acceptable pour un homme qui se dit fidèle. Sa limite à lui est purement physique: nous ne sommes pas d’accord là-dessus. Mais on en parle…

Je suis frustrée, parfois, de savoir que pas une fois je ne serai dans ses bras. Et soulagée en même temps : ce serait un peu étrange, après tout.

Est-ce une vraie ambivalence, ou simplement une relation qui évolue vers une amitié forte et j’espère durable ? A suivre... Mais c'est beau et riche.

#
Profil

bonheur

le jeudi 15 février 2018 à 13h39

Merci pour ces nouvelles !

Un avenir reste à vivre...

#
Profil

petitebulle

le jeudi 01 mars 2018 à 13h32

Sincèrement, hormis le respect d’une situation et / où d’une personne, je ne vois absolument pas en quoi le polyamour ne serait pas possible dans le cas où l’une des personnes ne peut pas le dire à son conjoint !
Le simple fait que l’une des personnes se sent polyamoureuse ne doit pas l’empêcher de le vivre sous prétexte que son conjoint ne peut pas l’accepter ! C’est une notion de respect de soi même ! Le simple fait d’être honnête envers la nouvelle personne rencontré est signe de respect ! Soit on l’accepte, soit on passe son chemin....

Le sujet est tellement vaste qu’on ne peut avoir une définition générale.... Que chacun le vive à sa façon....

Bien à vous ;)

Arnaud, Lille

#
Profil

bonheur

le jeudi 01 mars 2018 à 20h21

Non, rien ne l'empêche. Ca s'appelle de l'adultère (affectif et/ou sexuel). Ce n'est pas du polyamour qui veut justement, une franchise envers tous ses amours et envers tous ses métamours. Après, personne ici ne prétend avoir "inventer" quoi que ce soit...

Aussi, respecter par la franchise la nouvelle relation, et mentir à l'ancienne...

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion