Famille, acceptation et paradoxes
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(compte clôturé)
le vendredi 15 avril 2016 à 15h14
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Dolly
le vendredi 15 avril 2016 à 15h54
Je vais me mettre à la place de tes parents
Ce que tout parent veut, c'est que tu vive une vie simple et facile, sans risque de bobo et gros chagrins. Zéro risque, zéro tracas.
Dans ta situation de couple, ton ex copine a eu le mauvais rôle, elle qui a DEUX copains et toi tu es la pauvre victime de cette succube
Oui, bon nombre de personnes se disent non raciste, non homophobe, ouvert,.... quand ça concerne les enfants de la voisine. Quand ce sont ses propres enfants, les gens sont moins ouvert (et c'est souvent à cause de la peur).
J'ai bossé dans un planning et j'ai reçu pas mal de jeunes en difficultés par rapport a leur orientation sexuelle. non pas que leur orientation leur pose problèmes à eux mais de comment vivre avec les gens tout autour. Parce que quand t'es homo, t'as forcément le sida, t'es p-ê même pédophile, mais quand tu baise tu fais la fille ou l'homme? Quand t'es bi, c'est encore pire, t'es un mec ou une fille? je dois être jaloux et à la fois des hommes et à la fois des femmes? (ceci est un tout petit aperçu de ce qu'on peut entendre)
Les gens ont tendances a définir ton identité sexuel par rapport à ta sexualité et la bisexualité fait énormément peur parce que ça crée un flou artistique.
On peut préciser qu'on aime une personne pour ce qu'elle est et pas forcement parce qu'elle en a ou pas dans le pantalon....
Je n'ai pas d'anecdote personnelle
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LuLutine
le vendredi 15 avril 2016 à 16h49
Je n'ai jamais dit ouvertement à mes parents que j'étais poly (anarchiste relationnelle, en fait, mais on va éviter de faire bugguer complètement les 99% des gens avec ce terme ^_^ ) et encore moins que je fréquente aujourd'hui des personnes indépendamment de leur genre. Et indépendamment de pas mal d'autres choses d'ailleurs, comme l'âge par exemple.
Mais....j'ai semé des indices.
S'ils voulaient poser des questions, ils auraient pu, ils ne le font pas, ou vraiment pas de façon directe.
Je les connais assez bien et j'ai bien compris qu'il ne souhaitent pas (c'est du moins le plus probable) recevoir d'informations frontales (à moins que je ne décide de me mettre en couple exclusif avec un jeune homme bien sous tout rapports, genre jeune cadre dynamique, là ça passera je pense ^_^ ).
Je les vois très bien dans la catégorie "On est tolérants mais bon tout ça c'est pas pour nos enfants" ;)
Après, peut-être qu'ils ont évolué....mais dans le doute, je ne dis rien.
De toute façon, le fait de donner le moins d'informations possibles sur ma vie a (malheureusement) toujours été la seule façon de me protéger, dans un contexte familial difficile voire dangereux pour mon intégrité psychologique (que j'ai d'ailleurs de la peine à maintenir/retrouver).
Certaines familles acceptent mieux. Toutes sont différentes.
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(compte clôturé)
le vendredi 15 avril 2016 à 18h15
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Message modifié par son auteur il y a un mois.
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LuLutine
le vendredi 15 avril 2016 à 22h43
EdK
Tu ne peu pas sonder le terrain ?
Oh si, ça arrive.
Par exemple une fois en famille quelqu'un parle de tel homme qui - à ce qu'on en sait - tromperait sa femme.
J'ai hasardé un "Mais si ça se trouve sa femme est au courant et d'accord !", prononcé à moitié sérieusement et à moitié sur le ton de l'humour.
Gros blanc, ils ont continué sur autre chose, comme si je n'avais rien dit du tout.
Donc ne t'inquiète pas moi aussi je reçois des indices, ça fonctionne comme ça chez nous... :)
EdK
Pour le cas de l'intégrité psychologique je pense qu'on s’expose dés que l'on sort des cadres normatifs. J'espère que ça ira de mieux en mieux pour toi.
Depuis petite, je n'ai jamais été "dans la norme"....
Je ne l'ai pas choisi, évidemment.
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(compte clôturé)
le samedi 16 avril 2016 à 11h56
Les parents ont généralement envie que leurs enfants soient heureux, mais leur conception du bonheur dépend de leur propre éducation (religieuse, bourge, fermée, ouverte).
Mes parents ont été dans un premier temps heurtés par ma façon de vivre, non pas tant par ce que je vivais, mais parce qu'ils pensaient que ça allait me poser plein de problèmes (regards des autres, enfants, etc) et nous mener à la séparation, alors qu'ils aimaient beaucoup mon mec. (je parle à l'imparfait car mes parents sont morts) Puis un jour, j'ai eu cette réflexion: "Tu vis d'une drôle de façon, mais vous avez l'air heureux, c'est l'essentiel", et plus tard, devenue veuve, ma mère a davantage parlé avec moi d'amour, d'hommes etc. En quelque sorte, mon choix de vie lui a permis de se libérer elle aussi.
Du coté de mes beaux-parents, j'ai été évacuée de leur vie pendant dix ans et ne les ai retrouvés que quelques années avant leur décès, mais c'était logique vu leur éducation...
Mes frères et sœurs savent et j'en parle avec certains, pas avec d'autres, mais c'est logique: si j'étais mono et pure hétéro, irai-je pour autant leur raconter ma vie amoureuse? Non, c'est privé. Pareil avec les ami(e)s.
Au final, ce qui m'a le plus libérée a été de me dire: "Je suis comme ça, et alors?" après un travail psy de qq mois, et d'admettre que ceux qui n'étaient pas d'accord en avaient absolument le droit et même, que cela ne signifiait pas qu'il ne m'aimaient pas, juste qu'ils ne partageaient pas mon point de vue. Un peu comme j'apprécie certaines personnes de droite, alors qu'on n'est pas d'accord quand on discute politique :)
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bonheur
le samedi 16 avril 2016 à 12h56
Pour ma part, et ça vaut que pour moi, j'ai fait un énorme tri dans mes relations, y compris celles qui ont un lien ADN. Ce n'est pas seulement lié à ma polyaffectivité. Deux personnes de la même famille peuvent être incompatibles, c'est le cas avec mon fils ainé avec qui j'ai coupé définitivement les ponts. Mes parents, et là, c'est lié à ma polyaffectivité, j'ai pris une très grande distance et coupé la complicité que j'avais avec ma mère... un énorme fossé s'est creusé et ce n'est pas moi qui le comblerait. Je m'efforce de rester aimable durant les quelques repas familiaux annuels, à condition que ceux-ci soit de courtes durées. Si mon fils doit être présent, je n'y vais pas, tout simplement. Je n'impose ma présence à personne et je ne m'impose pas celle de personnes que je ne désire pas côtoyer.
C'est simple, clair et net.
Je vis très bien ainsi, j'ai un entourage riche et varié, un entourage qui m'accepte tel que je suis et qui m'apprécie justement pour celle que je suis. Le "lien du sang" n'assure aucunement le bonheur d'être soi.
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Evavita
le samedi 16 avril 2016 à 20h22
Salut Edk,
J'ai été et suis toujours à ta place, je vais bientôt avoir 28 ans et j'ai mis ma famille devant une situation poly peu avant mes 18 (même si honnêtement je le vis bien et que c'est pas aussi poussé qu'avec tes parents).
J'ai une grande sœur qui se dit anarchiste impliquée (j'en sais pas trop plus) mais qui m'avait fait le coups de "c'est les hormones, ça te passera avec l'âge". C'est connu, les grandes sœurs ça sait toujours mieux les choses de la vie.
Ma mère est de gauche, m'avais choisi un parrain qu'elle savait être gay (pour un baptême dans une église orthodoxe donc on peut dire qu'elle doutait pas d'elle). C'est avec elle aussi que j'ai eu la discussion fatidique de "maman, c'est quoi un pédé? Est-ce que c'est mal?" et qu'elle m'avait dit que "chacun fait ce qu'il veut et que du moment qu'il ne fait de mal à personne, c'est pas à nous de juger". Donc on pourrait dire que la pomme n'est pas tombé loin de l'arbre.
Mais je vois clairement son malaise, elle comprend pas, elle n'ose pas en parler, se ferme si elle sent que la conversation va de se côté là. Alors au lieu de parler du concept, je parle des humains : "X a passé son permis, Y compte changer de post dans son travail, je peux proposer à Z de passer pour nous aider à ranger le bois si tu veux, je ne serai pas là la semaine prochaine, je pars avec X et Y en vacance et on va peut-être y croiser G et H sur place, je me suis faite dépister avec Y et I la semaine dernière, le centre était très bien, si t'as besoin de rediriger des personnes de se côté là". Et là dedans il y a les amoureux, les co-amoureuses, les amis toutes personnes confondus. Elle demande jamais ce que chacun-es représentent pour moi mais bon elle n'est pas idiote, elle arrive très bien à se repérer avec des noms qui viennent plus ou moins souvent. Elle constate que ces personnes m'entourent, qu'on fait des choses les uns pour les autres et même si elle n'est pas à l'aise avec le concept, au moins elle n'est pas dans tout ces états à l'idée de rencontrer l'un d'eux.
Mais oui le paradoxe est là, elle n'est pas à l'aise, elle en as honte parce que ce n'est pas en accord avec ses valeurs et du coups elle est en évitement. Je ne sais pas ce que je peux faire pour elle à part lui montrer au quotidien que ça m'apporte et que ça me fait du bien.
Mais c'est pas le seul domaine où ça arrive donc je réalise que ce n'est pas vraiment le polyamour le soucis.
L'été dernier, avant de partir de chez elle pour rentrer chez moi, je mets un shirt cours, et je m’apprête à partir et elle me fait :
- Tu vas pas sortir habillé comme ça!
- Ah pourquoi?
- Bein tu vas prendre le train, ça c'est plutôt une tenue pour la plage.
- Et il fait froid dans le train? (oui, je fais l'idiote quand il y a besoin)
- non, non. Elle murmure un truc incompréhensible dans sa barbe et ne dit plus rien.
A cet instant là je vois bien le combat qui se livre dans sa tête : "la féministe qui se bat pour empêcher un "ça fait pute ma fille" de sortir de sa bouche.
Je me dis que ça doit être dur pour elle d'être la mère qui m'a biberonné à coups de : "tu te rends compte à quelle point la France était en retard pour donner le droit de vote aux femmes?" C'est dans sa bouche que j'ai entendu parler pour la première fois des plannings familiaux, du droit à disposer de sont corps. Et à côté de ça, pendant qu'elle pourrait être fière de sa fille de voir à quelle point j'avais embrassé ces valeurs là, je pense que c'est une lutte pour elle de s'y accrocher.
Je ne sais pas si j'ai raison mais je la laisse mener sa lutte interne en me disant que c'est son combat et pas le mien. Je ne pousse pas le bouchon de mon côté pour la laisser continuer à faire son chemin et faire en sorte que ce soit la partie d'elle qui est ouverte d'esprit qui gagne toujours le combat.
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LuLutine
le dimanche 17 avril 2016 à 00h19
Evavita
Je ne pousse pas le bouchon de mon côté pour la laisser continuer à faire son chemin
Y a sûrement beaucoup plus d'implicite dans ma famille, mais ça résume bien ma démarche aussi.
Pas pour rien que je sème des indices...
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(compte clôturé)
le dimanche 17 avril 2016 à 11h43
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Message modifié par son auteur il y a un mois.
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LuLutine
le dimanche 17 avril 2016 à 14h55
EdK
Avant d'être impliqué dans une relation polyamoureuse je me rapprochais déjà naturellement des personnes ouvertes d'esprit et seul ce type de personnes pouvais compter pour moi.
J'ai expérimenté un peu la même chose, par contre la famille, on ne la choisit pas... :)