Polyamour platonique ?
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gdf
le mercredi 27 avril 2016 à 10h12
elodidi
en clair on est jamais seul ou presque, en plus si on a plusieurs amoureux
Ben si, en fait, ça peut arriver. Etre polyamoureux, c'est avoir la possibilité de vivre plusieurs relations en même temps, mais cette possibilité ne se réalise pas forcément. On peut être célibataire. Ou n'avoir qu'un amoureux à un moment donné. Ou avoir plusieurs amoureux, et chacun a sa vie, et il peut arriver que personne ne soit disponible en même temps.
elodidi
j'ai l'impression que les polyamoureux ce sont surtout des gens qui ne sont pas satisfait sexuellement qu'avec une personne
Je ne sais pas d'où te vient cette impression. Moi j'ai l'impression que la plupart des gens qui témoignent ici attachent plus d'importance aux sentiments qu'au sexe. Le sexe fait partie de la relation, ou pas, mais ce n'est sûrement pas l'insatisfaction sexuelle qui amène les polyamoureux à ouvrir leurs horizons.
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Erion
le mercredi 27 avril 2016 à 12h06
elodidi, je trouve intéressant ton témoignage. J'ai moi aussi l'impression que les "relations platoniques" ne sont pas très valorisées dans le milieu polyamoureux. C'est pour cela que je préfère le concept d'anarchie relationnelle, et que j'ai récemment co-organisé un café autour de cette manière de relationner. Le rapport entre anarchie relationnelle et "relation platonique" est évoqué au début de son texte de présentation :
/evenement/-nc-/Cafe-Anarchie-Relationnelle-Jeudi-...
J'y indique également que je préfère la dénomination "relation de compagnonnage" (traduction peu élégante, j'en conviens, de compionate relationship), parce que ces "relations platoniques" sont connotées négativement et n'ont pas grand-chose à voir avec Platon. Cet article discute de ce sujet :
https://thethinkingasexual.wordpress.com/2016/02/1...
Je précise que j'ai entamé une telle relation, en découvrant avec enthousiasme les charmes de la chose ! Et que j'ai envie de développer ce type de relations autour de moi. :) Entre autres parce qu'elles nous libèrent d'un tas de peurs liées à normes dominantes de l'engagement (s'engager affectivement, ce serait faire ceci ou cela). Plus que dans le polyamour (mais le polyamour ne l'interdit nullement), les relations, sous l'horizon anarchie relationnelle et relation de compagnonnage, me paraissent plus visiblement "à la carte".
Par exemple, je suis un homme cisbi, et je n'aurai en général pas les mêmes envies sexuelles avec une femme, une personne non-binaire ou un homme. Et en particulier, ça dépend encore de la personne, et de la vie de la relation. ^^
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Siestacorta
le mercredi 27 avril 2016 à 14h12
Bonjour,
elodidi
J'ai réalisé qu'avec le polyamour je ne risque jamais de souffrir comme ça car la recherche d'amour est continuel, en clair on est jamais seul ou presque, en plus si on a plusieurs amoureux on a encore plus d'affection (mon ex était peu démonstrative, ça m'a attristé) et on moins focalisé sur une personne (j'étais trop obsédé par elle ça m'a rendu con). Bref j'ai conclu qu'être polyamoureux était la meilleure façon d'être heureuse pour moi, vivre dans un tourbillon d'affection ça serait génial.
Alors, le polyamour permet d'enrichir sa vie affective, certes, mais c'est je crois illusoire d'y chercher à obtenir une quantité d'amour qui fait aller tout bien.... parce que le polyamour pas plus que l'amour ne sont faits pour combler un manque d'affection. Et que si on est mal seul, ce mal sortira aussi dans la compagnie d'autres personnes.
C'est à dire que si le manque d'affection est plus important que le fait que telle ou/et telle personne sont des personnes qui te plaisent, t'intéressent, de donnent envie de t'exposer à être vulnérable, t'ouvrent à ton propre potentiel, alors tu peux créer des relations de dépendance, et les polyaddictions sont pas plus faciles que les addictions uniques.
L'amour peut ouvrir des voies d'épanouissement, mais c'est aucunement la garantie que la/les partenaires vont répondre à nos besoins personnels. Les tourbillons d'affection ça existe, mais on s'y oublie rarement, on est juste confronté à nos besoins avec plus de force ! Et, dans le cas poly, avec plus de fréquence.
Faut savoir que le polyamour, ça peut être plusieurs histoires amoureuses, donc aussi plusieurs "ruptures" (même si le genre de rupture varie un peu plus que dans la monogamie).
elodidi
Sauf qu'en me renseignant j'ai l'impression que les polyamoureux ce sont surtout des gens qui ne sont pas satisfaits sexuellement qu'avec une personne.
Non, ça c'est faux. Ca peut arriver, mais c'est se cacher derrière son petit doigt que penser que les rencontres supplémentaires qu'on fait sont basées sur les besoins sexuels en priorité. Ils peuvent entrer dans la dynamique, comme ils entrent dans celle de beaucoup de relations affectives, mais dans le cas du polyamour, ce serait dommage de parler de relations multiples, de se prendre le choux à informer les partenaire, vérifier leur consentement à la non-exclusivité, proposer les diverses possibilités de compartimentation ou d'inclusivité (tout ça prend du temps et de l'énergie), si c'est juste pour baiser un peu plus. Il y a plusieurs moyens d'avoir plus de sexe sans faire tout ça (dont l'usage de ses propres mains).
Message modifié par son auteur il y a 10 ans.
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LuLutine
le mercredi 27 avril 2016 à 22h48
Je ne vais pas reprendre en détail tout ce qui a déjà été dit plus haut, mais je vais confirmer / ajouter / préciser deux-trois choses :
1) Il y a vraiment de tout chez les poly, déjà ils ont tous les âges (y avait des fils de discussion là-dessus, notamment celui-là : /discussion/-GQ-/Quel-age-ont-les-polyamoureux/ ) ; ensuite il y a des poly sexuels bien sûr mais aussi des poly asexuels, greysexuels ou encore autre-chose-sexuels...je fréquente le "milieu" (selon une expression utilisée plus haut) depuis sept ans donc tu peux me croire je pense :) ; et en effet la plupart d'entre nous (même les sexuels) ne mettons pas le sexe au centre de notre polyamour, du moins c'est ce qu'il m'a semblé....
2) Attention Attention Danger !!! Le polyamour ne préserve pas de la solitude, et être poly c'est bien souvent en premier lieu apprendre à être seul plus souvent ! Si si !
En fait c'est logique ! En couple exclusif, on peut supposer que (hors horaires de boulot - à moins de travailler ensemble - ou activités séparées) on va passer "tout" son temps ensemble : rien ne nous en empêche !
Ainsi, certains modèles de relation exclusive (pas tous bien sûr !) tendent d'une certaine façon à s'assurer qu'il y aura toujours quelqu'un près de nous : notre partenaire exclusif (qui nous donnera priorité sur toutes ses autres relations, familiales, amicales....sauf cas particulier exceptionnel - par exemple un proche à l'hôpital ou que sais-je, et encore, dans ce cas si on n'a rien à faire on pourra y aller avec lui/elle en tant que conjoint, donc on ne sera pas seul.e non plus).
Et globalement, mon expérience et mes observations tendent à me faire penser qu'une relation exclusive permet plus facilement de s'assurer la présence de l'autre.
Maintenant, que se passe-t-il en relations poly ?
Tel jour, A n'est pas disponible parce qu'il/elle a décidé d'aller voir quelqu'un d'autre que moi ;
J'appelle B, mais B est en mission à l'étranger, pas de bol ;
Donc j'appelle C, mais C a promis à un.e autre partenaire d'être avec lui/elle ;
Je contacte D, mais D a envie d'être seul.e ce jour-là ;
Enfin, E a pris des places pour aller voir un spectacle avec ses enfants (et je ne peux pas les rejoindre, toutes les places sont déjà vendues, sans compter que E peut ne pas souhaiter me présenter à ses enfants, ça dépend des cas...) ;
Comme j'entretiens plein de relations, il reste F, G, H et I, mais aucun.e d'entre elleux n'habite la région...
Je me retrouve donc seul.e !!! Horreur !! Malheur !!! :D
Note en passant : l'exemple ci-dessus était totalement fictif.
Il me semble donc dangereux de se dire qu'en relation poly on sera moins seul.e, car le jour où l'exemple ci-dessus se produit, on est d'autant plus désemparé.e qu'on espérait ne "plus jamais" être seul.e !
Alors surtout, surtout, ne pas se dire qu'il y aura toujours quelqu'un de disponible : ce n'est pas forcément vrai !
Pour terminer, cette phrase entendue un jour de la bouche d'une poly :
Je n'ai jamais été aussi seule que depuis que je suis poly.