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Après la phase passionnelle: descente en enfers ou montée en maturité?

Romantisme
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(compte clôturé)

le mercredi 21 octobre 2015 à 15h29

La phase passionnelle est censée durer entre quelques mois et quelques années selon la doxa:
après comment faites-vous pour vous adapter à la nouvelle donne relationnelle moins gorgée d’endorphines et où les petits défauts charmants deviennent un peu agaçants (il ronfle, elle n'aime toujours pas Woody Allen...)?
Qu’est ce que le polyamour amène de particulier à cette étape, de facilitant ou de plus délicat dans l’adaptation nouvelle à trouver?
Comment gerez-vous une éventuelle désynchronisation dans le couple au niveau du moment où cette transformation intervient et du rythme à laquelle elle se produit chez chacun(e)?
Avez-vous sciemment mis en place des choses pour vous adapter ou faites vous confiance à la communication habituelle à l’intérieur du couple sans nommer/repérer cette étape?
Ou pourquoi pas: seule la phase passionnelle vous intéresse, et quand c'est fini, c'est toute la relation qui est mise en cause (ça fait plutôt "serial mono" mais j'ai déjà entendu ça)?

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Nurja

le mercredi 21 octobre 2015 à 18h11

Mes plus belles relations se sont construites sans passer par la phase passionnelle. (le côté fusionnel de la phase passionnelle, c'est pas mon truc)
Il me semble qu'il est important de construire et pas de rester juste dans la passion si on souhaite qu'une relation puisse durer.

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(compte clôturé)

le mercredi 21 octobre 2015 à 22h05

Pareil que Nurja. Je n'ai connu que deux passions folles dans ma vie et ce ne sont pas les relations qui ont été les plus épanouissantes, même si je n'en regrette aucune. Donc je ne peux pas te répondre, je m'épanouis dans l'amitié sensuelle, la complicité, le jeu et les projets en commun. Pendant des années...

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(compte clôturé)

le jeudi 22 octobre 2015 à 10h51

Nurja
Mes plus belles relations se sont construites sans passer par la phase passionnelle. (le côté fusionnel de la phase passionnelle, c'est pas mon truc)
Il me semble qu'il est important de construire et pas de rester juste dans la passion si on souhaite qu'une relation puisse durer.

Hello,
qu'est-ce que tu entends par là: pas de passion sans fusion possible, du coup tu evites de trop voir un nouvel amoureux/se au début de la relation ou tu "choisis" des amoureux sans élan passionnel?
Est-ce que passion= fusion, d'ailleurs?

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bonheur

le jeudi 22 octobre 2015 à 11h58

J'ai eu plusieurs relations passionnées ces dernières années (suivant mon ressenti, je n'étais pas à l'intérieur émotionnel des personnes pour qui j'ai éprouvé cette passion). Toutefois, je prends désormais beaucoup de recul vis-à-vis de ce type de relation car cela n'aboutit qu'à des séparations.

La seule relation que j'ai conservé, est née d'une belle amitié réciproque et d'une magnifique complicité.

J'ai tendance aujourd'hui, et c'est dommage, à me méfier des émotions intenses. Je crois que dans le cas des relations type "aimantés l'un à l'autre" avec un ressenti impérieux qui "prend le dessus", il faut s'attendre à une chute brutale. Sachant cela, désormais, je laisse passé le plus intense avant de m'offrir une meilleure perspective d'avenir relationnel. Par contre, cela créé une grande frustration intérieure qu'il faut gérer et c'est vraiment difficile... toutefois, si c'est pour pérenniser le relationnel, le jeu en vaut la chandelle.

En tout cas, c'est mon point de vue actuel, qui ressort de mon vécu (prendre en compte que je suis sur-efficiente émotionnelle)

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bonheur

le jeudi 22 octobre 2015 à 12h09

Pour répondre à Bagheera, qui je pense se pose des questions sur qu'est-ce qu'un coup de foudre (ou passion amoureuse).

Actuellement, j'ai une personne que je vois quasi quotidiennement dans le cadre de mon travail. Nos "rencontres" sont courtes mais à chaque fois je suis complètement chambouler intérieurement. Sa voix, son rire, son attitude, son regard, sa silhouette, etc... tout en lui me PERTURBE à un point que je doive me concentrer afin de continuer à travailler, alors que j'ai justement choisi ce travail parce que je le réalise "les doigts dans le nez" (gagner ma vie sans dépenser mon énergie d'une manière inopportune). Face à cela, je ne peux QUE avoir la CERTITUDE de ce qui se passe en moi et de ce que je ressens.

Ce n'est qu'un exemple. Cet homme, un jour où nos emplois du temps respectifs ont fait que nous nous soyons retrouvés à déjeuner à la même heure et au même endroit, et que tout naturellement nous sommes allés l'un vers l'autre, alors que n'agit pas ainsi avec tous les visiteurs que je côtoie dans le cadre de mon travail (en général, je privilégie une distance), et il m'a parlé de nos auras. Je n'ai pas demandé d'explications supplémentaires. Mais oui, avoir une aura qui en appellerait une autre, ou qui en reconnaitrait une autre... ça se tient également.

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bonheur

le jeudi 22 octobre 2015 à 12h17

Egalement pour Bagheera (mais concernant le post initial). Je crois que les défauts que tu décris sont liés à la vie commune et non à l'amour en lui-même.

Personnellement, autant je peux vivre heureuse avec ma relation principale (nous sommes extrêmement complémentaire), autant je ne pourrai jamais vivre avec aucune des relations secondaires que j'ai eu (y compris les passionnées au départ).

D'ailleurs, la relation secondaire qui se pérennise, et avec laquelle aucune passion n'était ressentie au départ, est célibataire et tient à le rester, car sincèrement, il ne pourrait vivre avec autrui, il est beaucoup trop scrupuleux, minutieux et désire sa liberté d'action. Egalement, il désire vivre à son rythme et sans contrainte autres que celles que la vie impose de toute façon. Je ne partage pas sa vie, ou que très ponctuellement, et c'est ce qui fait que l'on puisse être aussi proche.

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Tcheloviekskinoapparatom

le jeudi 22 octobre 2015 à 14h13

Bagheera
Qu’est ce que le polyamour amène de particulier à cette étape, de facilitant ou de plus délicat dans l’adaptation nouvelle à trouver?

Sur cette question spécifique, je trouve que la non-exclusivité permet de beaucoup mieux gérer la crainte que j'avais eu dans mes relations mono "suis-je certain de vouloir passer toute ma vie en la partageant seulement avec cette personne ?

Pas seulement parce que si elle n'aime pas Woody Allen, je peux en regarder avec une autre amoureuse, mais aussi parce que si elle a un autre amoureux je peux plus facilement avoir du temps libre pour en regarder tout seul.
De manière générale, il est tout à fait possible de laisser de l'espace, ô combien nécessaire, dans une relation mono. Des monos peuvent choisir de ne pas habiter ensemble, par exemple, ou de ne pas passer leurs vacances ensemble, etc.

Mais c'est vrai que la non-exclusivité amène plus facilement à le faire, ne serait-ce que parce qu'on est fait à l'idée de ne pas tout être l'un pour l'autre.

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Lili-Lutine

le jeudi 22 octobre 2015 à 15h50

Depuis qu’en pratique je suis poly bien des choses ont changé pour moi quand je regarde ou partage du quotidien avec une de mes relations amoureuses.

Et c’est pareil même avec mes relations plus légères, avec moins ou pas du tout d’engagement.

Quelque chose s’est comme décoincé en moi (+)

Je connais toujours dans les débuts d’une relation des moments d’euphorie, parfois même de grande euphorie, peut être s’agit-il de la NRE ici ?

Ce qui a changé c’est bien l’acceptation de cette relation comme elle se présente, et des moments partagés, sans peur, ou sans préjugé plutôt, au début pleine et entière, afin de pouvoir accéder avec le temps à la connaissance de cette personne.

Si le temps m’est donné de pouvoir voir souvent, ou même vivre quelque quotidien avec une personne, je vais bien sûr commencer, au fil du temps, et de plus en plus avec le temps, à apprécier un fonctionnement propre à cette personne.

Et là évidemment, en tout cas c’est comme cela pour moi, en découvrant un peu plus cette personne, et en allant vers sa connaissance je vais commencer à pointer nos différences de fonctionnements, de pensées etc.

Je n’ai jamais réussi, ou su, aimer inconditionnellement les différences des personnes que j’aime, mais ce que je sais faire maintenant c’est de les accepter comme elles sont, comme une marque de respect de leur individualité.

Si une de mes relations, de par une de ses particularités me chiffonne vraiment, ou touche à ma propre intégrité je vais en parler, poser mon malaise ou mon mal-être si besoin, en discuter et trouver avec cette personne une sorte de compromis parfois, ou le plus souvent je vais réaliser que cela est bien peu en comparaison de ce que je vis avec elle de beau émotionnellement et intellectuellement.

Jusqu'à présent, depuis que je vis les relations plurielles, presque toutes les personnes que j’aime ou que j'ai aimé ont toujours su m’entendre avec patience.

Et si vraiment quelque chose m’est impossible à vivre en leur compagnie je peux compter sur des efforts de leur part pour faire de leur mieux, même si dans ma réalité leur « mieux » ne seront pas toujours ce que j’aurai voulu ou espéré.

Mais comment faire autrement ?

Je souhaite moi aussi, et probablement tout comme ces personnes avec qui je suis en relation, rester entière et pleinement vivante et vraie dans ce que je suis profondément.
D’ailleurs avec le temps, avec bien plus de temps que celui des débuts de la relation, j’ai apprivoisé (pas nié !) la venue de mes élans critiques et négatifs à leurs sujets, je les vois plus maintenant comme des êtres uniques et quand j’arrive à cela je les aime encore plus fort !

Et puis cultiver les points forts d’une relation il me semble que cela peut aider à mieux vivre le temps qui passe et les habitudes qui s’installent comme des petits repères, ou des petites manies propres à chaque couple.

Là aussi je crois qu’une déconstruction de ce que l’on imagine d’une relation amoureuse est à penser, mettre en œuvre, comme de se poser les bonnes questions sur ce qui ne nous semble plus glamour, trop routinier ou nous dérange, etc.
Cela ne veut pas dire que je suis en capacité de partager un long quotidien avec tous, ni que je le refuse avec certaines de mes relations. Cela veut dire que je me rends compte au fil du temps qui passe que je ne pourrai pas vivre au quotidien avec tous, que certaines de mes relations ne fonctionneraient pas aussi bien au quotidien, comme une forme de relation principale, que d’autres au contraire ont besoin du quotidien et de sa charge par moment de contraintes familiales, et/ou matérielles.

Si certaines de mes relations existent encore c’est bien parce que l’on a réussi ensemble à s’accepter tel que l’on est sans chercher avec force à changer l’autre.

Quand à la passion, ou même pire pour moi, l’idée de la fusion dans un couple, je laisse ces sensations là parfois me saisir sans les retenir, quand dans l’intimité mon corps et mon cœur ne fond plus qu’un en compagnie de la personne avec qui je fais l’amour, ou avec qui je partage un moment fort, émotionnel ou intellectuel.
Ce sont des instants plus ou moins bref mais ça ne reste que de magnifiques instants.

La passion ente deux individus est pour moi synonyme de névroses, donc de souffrance, et la fusion est impossible entre deux humains.

Je préfère bien plus parler d’euphorie dans une nouvelle rencontre, ce qui de fait pour moi, peut se renouveler souvent au fil du temps, comme quelque chose qui ne s’use ou ne bute pas aux limites des croyances sur ce que la société veut nous faire croire dans un couple et son soi-disant « mortel quotidien » ou « tue-l ‘amour ».

Alors oui peut-être il s’agit de maturité ? En tout ca j’ai l’âge où je peux commencer à l’imaginer ainsi sans me sentir trop prétentieuse hahahaha :-D

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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bonheur

le jeudi 22 octobre 2015 à 17h43

Dans ce cas, je dois être trop jeune ou en période d'essai :-D

Bravo à toi Lili-lutine d'avoir réussi à un 100% résultat positif (+)

Consolation, je n'ai pas un mortel quotidien et je suis incapable de tuer l'amour... puisque c'est la raison qui fait que je sois polyaffective.

Je vois une différence entre interrompre une relation devenue pesante et indisposante ET ne plus aimer. Je compartimente sans doute, mais l'émotionnel et le vécu possible n'ont pour moi rien de commun. Le fait également que je ne donne pas dans le sexuel en dehors de mon couple à sans doute un rôle impertinent à jouer. Le fait est que je ne puisse pas être aimer, pas que pour cela d'ailleurs, sans que l'on me demande de changer. Ou alors, c'est moi qui ne peut concilier ma vie avec la nature des autres. Que l'autre soit mono ou qu'il se "revendique" poly n'a d'ailleurs aucune incidence sur l'aspect communication.

Je crois que justement découvrir indique que l'on a une base de départ imprécise. Avec du vécu, l'on détecte plus rapidement ce qui pourra porter préjudice plus tard, et donc, euphorie ou non, prendre la décision de ne pas entamer une relation. On acquiert des "réflexes" et un système de "sauvegarde". Savoir garder l'amour intact pour soi est largement aussi beau que de se jeter en permanence dans de nouvelles relations mitigées. Donc, pour moi, il est parfaitement normal que des relations puissent se pérenniser et que d'autres non. Je refuse de m'accrocher à tout prix à ce qui ne rend pas heureux (dans la réalité, pas dans le coeur), sous prétexte que je ressens de l'amour. La communication, les efforts, la patiente, je crois que tout à une limite, celle de bien vivre et de prendre les bonnes décisions au bon moment, y compris celle de dire adieu.

Le 100% merveilleux, j'ai des difficultés avec cela et pour être franche je n'y crois pas du tout. J'aime me croire humaine, les autres personnes également et vive l'imperfection !

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Nurja

le jeudi 22 octobre 2015 à 23h57

Bagheera
Hello,
qu'est-ce que tu entends par là: pas de passion sans fusion possible, du coup tu evites de trop voir un nouvel amoureux/se au début de la relation ou tu "choisis" des amoureux sans élan passionnel?
Est-ce que passion= fusion, d'ailleurs?

Mon impression est que quand on est dans la passion, on a tout le temps envie de voir l'autre d'où la fusion (et le fait que rien d'autre ne trouve de place). Et cela ne me convient pas.
Cela dit, ce n'est pas simple de construire quelque chose (engagement) tout en disant clairement qu'on ne veut pas fusionner (surtout quand on en parle avec des personnes exclusives).
Je sais que j'ai besoin de dépassionner (défusionner) les choses pour qu'une relation puisse durer et être épanouissante.

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Anarchamory

le dimanche 25 octobre 2015 à 02h14

Nurja
Mes plus belles relations se sont construites sans passer par la phase passionnelle. (le côté fusionnel de la phase passionnelle, c'est pas mon truc)
Il me semble qu'il est important de construire et pas de rester juste dans la passion si on souhaite qu'une relation puisse durer.

(+)

APH
Pareil que Nurja. Je n'ai connu que deux passions folles dans ma vie et ce ne sont pas les relations qui ont été les plus épanouissantes, même si je n'en regrette aucune. Donc je ne peux pas te répondre, je m'épanouis dans l'amitié sensuelle, la complicité, le jeu et les projets en commun. Pendant des années...

(+)

Pour ma part, la phase passionnelle, je crois que je ne sais même pas ce que c'est, et franchement ça ne me fait pas envie ^^ Je suis en train de réaliser que ça a toujours été de l'amitié intense, tendre, sensuelle voire sexuelle et en tout cas non-normée. Je ne "tombe" pas "amoureux", je choisis librement mes amours comme je choisirais mes ami·e·s, en fonction de critères rationnels, conscients ou conscientisables. Les seules fois où j'ai vécu un semblant de phase passionnelle, j'ai l'impression que c'était avec des personnes au fonctionnement plus "classique" qui a interféré sur mon propre fonctionnement. A noter que c'était toujours des simili-phases passionnelles négatives. Bref, ça arrivait quand la relation merdait, ou quand mes sentiments étaient non-réciproques, pas quand tout allait bien et que mes sentiments étaient réciproques...

J'aurais tendance à répondre que pour éviter les désagréments liés à la fin de la phase passionnelle, le mieux consiste à ne pas se baser sur la passion amoureuse (ou son absence) pour choisir d'entrer (ou non) en relation intime avec quelqu'un·e ^^

Il vaut mieux "sortir avec" ses meilleur·e·s ami·e·s, en fait.

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Nicolas_Fox

le dimanche 25 octobre 2015 à 09h30

Cela fait quelques temps que je cherche les mots pour répondre à ce fil et au final la personne au dessus décrit parfaitement mon vécu et ressenti.

J'ajouterai simplement qu'il semble que ma manière de communiqué avec l'autre lui laisse à penser que je suis dans une phase passionnelle.

C'est très déroutant autant pour lui, que pour moi quand je prends la contre réaction...

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bonheur

le dimanche 25 octobre 2015 à 09h47

J'aurai tendance à être d'accord avec Dieu, même si ce n'est pas si simple en fait. On ne peut éluder, nier, ce que l'on ressent... sinon je ne me compliquerais pas la vie et je ne serais pas poly. Il y a 8 ans, j'étais "dans les souliers" de Clairette117 (ne pas m'en vouloir de citer cet exemple actuel) et sincèrement, si ça n'avait pas été intérieurement important, je me serai abstenu.

Les effets de la passion n'ont rien à voir avec du classique ou du non-classique. D'ailleurs, en amour, il y a avant tout à ressentir. Le fait que certaines personnes ressentent moins les émotions, ce qui créé des disparités (non-réciprocités) n'impliquent pas qu'il n'y avait pas amour. J'étudie cela actuellement en lisant "l'erreur de Descartes" de Antonio R. Damasio (neuro-scientifique)

Dire que l'on "choisi" ses amours, c'est un peu enlever à l'autre sa liberté. Donc, en réalité, on dépend toujours de l'autre, encore plus que de nous-mêmes.

Aujourd'hui, je prend du recul face à la phase première, quelque soit l'intensité de ce que je ressens. C'est plus, pour non-parasiter la phase de découverte, que pour fuir la passion. La passion n'est pas négative, je crois, en elle-même... ce sont ces effets pervers qui le sont. D'un côté la passion fait du bien, de l'autre, elle ne doit pas masquer ce que l'on doit voir. Et puis, la passion ne masque pas l'instinct, et si l'on ressent un beug, même si l'on ne l'identifie pas immédiatement (Merci E. pour ton aide (+) ), la non précipitation et notre capacité d'interrogations fera que la source du beug apparaitra. Par contre ce n'est évident seul, car même si l'on met le doigt dessus, on demeure aveugle.

J'aurai donc tendance à dire, la passion oui, la précipitation non.

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(compte clôturé)

le dimanche 25 octobre 2015 à 10h20

Hello

Il est difficile pour moi de distinguer «  phase passionnelle » et «  New relationship energy ».
ça se ressemble beaucoup, au point que je me demande s’il y a un intérêt à les distinguer (autrement que par la langue d’origine) et si oui comment?
NRE, ce n’est pas l’acronyme anglais pour dire cet état d’âme et de corps en ébullition dans les premiers mois/années d’une relation?

@Lili-lutine, merci de ton long témoignage, très parlant; dans la relation,, il y a clairement un dessin progressif des différences, décalages alors que dans les débuts de la NRE pour moi ces différences sont comme gommées/dépassées par ce bouillonnement.
Et j’aime cela. C’est une étape qui m’est, je crois, nécessaire même si elle cache des contradictions qui devront être résolues plus tard (parfois dans la douleur). J’aime cette fracture, qui me change, fait tomber mes défenses, m’ouvre et comporte peut-être les germes de ce qui permettra d’évoluer dans l’après NRE.
J’aime aussi ces moments de fusion, qui pour fugaces et éphémères et illusoires qu’ils soient constituent des bulles qui transfigurent le quotidien et son lot de rationalité/d’attendus/sens commun.

J’ai d’ailleurs aimé, dans les moments de différenciation, séparation à l’occasion d’un découcher ou de vacances séparées, les moments de retrouvaille, leur intensité, l’occasion qui nous était donné de retremper nos sentiments et nos sens dans du vif ardent, de redonner du champ à l’envie de l’autre, de fracturer l’ordinaire avec un regard neuf.

je complète plus tard
bon dimanche

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Siestacorta

le dimanche 25 octobre 2015 à 18h41

NRE et phase passionnelle, en termes de ressentis, c'est assez semblable, oui. Je ne sais pas si dans le monde anglophone on fait la distinction, mais lorsque j'entends l'expression chez les poly francophones, c'est aussi pour dire que la "nouvelle relation" vient s'ajouter à une déjà existante, quand le concept de passion amoureuse est conditionné par la norme exclusive.

NRE permet donc de concevoir que :
- certaines personnes peuvent ressentir de la passion simultanément pour plus d'une personne à la fois
- il y a beaucoup de gammes de sentiments possibles entre "être amoureux" et "aimer", on peut donc "être amoureux" / en phase passionnelle et continuer à aimer d'autre personnes.

"phase passionnelle" aurait plus tendance à valider une fatalité à négliger les autres relations simultanées, par sa proximité avec le cadre de référence mono.

NRE c'est donc aussi une façon de prendre conscience de la passion, de prendre le recul sur les rapports sociaux qu'elle va engendrer, de les interroger avec les partenaire concernés, plutôt qu'en rester à un constat fermé au travail personnel, qui dirait "je suis pris par la phase passionnelle" comme on dirait "j'y peux rien si je fonctionne pas comme d'habitude, je suis malade".

Je n'ai pas de vraies réponses à tes questions de départ, je vais quand même faire semblant avec la première :

Bagheera
Qu’est ce que le polyamour amène de particulier à cette étape, de facilitant ou de plus délicat dans l’adaptation nouvelle à trouver?

De plus délicat à gérer, c'est assez clair : le cadre poly expose à plus d'occasions de passion, puisqu'il permet (en théorie...) des rencontres dans plus de cas. On consent à ce que l'autre vive une intensité qui ne nous concerne pas. Donc on tente de lâcher prise sur sur certaines projections à court-moyen terme ; et la sécurité, qui dans la monogamie est "garantie par contrat", doit maintenant être garantie par le travail pour la confiance, sur soi, et avec l'autre.

De facilitant, pas grand chose en soi...
C'est le fait de pouvoir parler de polyamour, de nommer les situations qui peut aider. Il y a d'autres gens qui ont vécu ça, qui échangent sur le sujet, on a l'occasion de trouver les mots des autres, donc on sort de "l'impensé". On a ainsi plus de chances de pointer exactement ce qui marche et ce qui ne marche pas, donc de pouvoir travailler dessus.
Par exemple, sans la "communauté polyamoureuse", la culture poly qui se développe dans les cafés, les livres et les sites internet, on pourrait ressentir la compersion mais ne pas la nommer, donc manquer de la valoriser et de constater que c'est tout aussi "réel" que la jalousie, qu'on peut donc s'appuyer sur ce ressenti pour déterminer ce qu'on projette de faire.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 26 octobre 2015 à 11h32

Dieu
(+)


APH

Pareil que Nurja. Je n'ai connu que deux passions folles dans ma vie et ce ne sont pas les relations qui ont été les plus épanouissantes, même si je n'en regrette aucune. Donc je ne peux pas te répondre, je m'épanouis dans l'amitié sensuelle, la complicité, le jeu et les projets en commun. Pendant des années...



(+)

Pour ma part, la phase passionnelle, je crois que je ne sais même pas ce que c'est, et franchement ça ne me fait pas envie ^^ Je suis en train de réaliser que ça a toujours été de l'amitié intense, tendre, sensuelle voire sexuelle et en tout cas non-normée. Je ne "tombe" pas "amoureux", je choisis librement mes amours comme je choisirais mes ami·e·s, en fonction de critères rationnels, conscients ou conscientisables. Les seules fois où j'ai vécu un semblant de phase passionnelle, j'ai l'impression que c'était avec des personnes au fonctionnement plus "classique" qui a interféré sur mon propre fonctionnement. A noter que c'était toujours des simili-phases passionnelles négatives. Bref, ça arrivait quand la relation merdait, ou quand mes sentiments étaient non-réciproques, pas quand tout allait bien et que mes sentiments étaient réciproques...

J'aurais tendance à répondre que pour éviter les désagréments liés à la fin de la phase passionnelle, le mieux consiste à ne pas se baser sur la passion amoureuse (ou son absence) pour choisir d'entrer (ou non) en relation intime avec quelqu'un·e ^^

Il vaut mieux "sortir avec" ses meilleur·e·s ami·e·s, en fait.

Est-ce que ça implique pas de NRE non plus? Je vais pousser ce raisonnement jusqu’à l’absurde: un amour purement rationnel qui fait le tri en choisissant ce qui vit le moins, ce qui ne bouge pas trop fort, sans passion ni NRE, c’est pas comme boire de la bière sans alcool, manger des profiteroles au chocolat sans chocolat, lire un poème sans présence?
Est-ce qu’à contourner la NRE par la conscience connaissante et détachée, on ne contourne pas complètement les “jeux de l’amour et du hasard” pour sombrer dans une ataraxie presque une anorexie émotionnelle?Pas de descente certes mais pas de montée non plus. Bref le bébé n’est-il pas jeté avec l’eau du bain?

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Anarchamory

le mardi 27 octobre 2015 à 22h24

Bagheera
Est-ce que ça implique pas de NRE non plus?

Difficile à dire. Je dirais que ça implique de la RE vu qu'il n'y a pas de descente ^^ Ça fonctionne peut-être moins en pic d'intensité (faut dire qu'en absence de processus idéalisateur on voit bien que l'autre en face n'est pas parfait·e), mais je n'ai pas dit que ce n'était pas émotionnel comme truc.

Bagheera
Je vais pousser ce raisonnement jusqu’à l’absurde: un amour purement rationnel qui fait le tri en choisissant ce qui vit le moins, ce qui ne bouge pas trop fort, sans passion ni NRE, c’est pas comme boire de la bière sans alcool, manger des profiteroles au chocolat sans chocolat, lire un poème sans présence?

Je peux avoir des squishes mais pas de crushes. A posteriori, en analysant le truc, je peux conscientiser les raisons de mon squish (c'est entre autre pour ça que je considère que c'est un squish). La raison c'est pas forcément un truc froid et desséché. L'amitié est-elle froide et desséchée ? J'ai lu quelque part qu'être rationnel, c'est simplement chercher à optimiser son bien-être. L'amour romantique est irrationnel car on ne travaille clairement pas à son bien-être quand on s'attache à quelqu'un qui nous pourrit la vie et avec qui on n'a rien de compatible, juste parce que "c'est plus fort que moi".

Bagheera
Est-ce qu’à contourner la NRE par la conscience connaissante et détachée, on ne contourne pas complètement les “jeux de l’amour et du hasard” pour sombrer dans une ataraxie presque une anorexie émotionnelle?Pas de descente certes mais pas de montée non plus. Bref le bébé n’est-il pas jeté avec l’eau du bain?

Je n'ai pas l'impression. Après ça doit dépendre des attentes et de la personnalité de chacun·e. Personnellement je n'ai pas envie de me mettre (ou pas) en relation intime avec quelqu'un·e sur un coup de dés... Je préfère m'attacher à ses qualités réelles, à ce qui me convient vraiment pour une relation, etc. plutôt qu'à d'obscures toquades (que du reste je n'expérimente pas donc ça règle le problème ^^ ).

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raz (invité)

le mardi 27 octobre 2015 à 23h05

squishes ? crushes ? Kesako ?

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Anarchamory

le mercredi 28 octobre 2015 à 00h54

raz
squishes ? crushes ? Kesako ?

www.asexuality.org/fr/wiki/index.php?title=Attiran...

Pour ma part, je dirais qu'un crush c'est un "coup de foudre amoureux" et un squish c'est un "coup de foudre amical". Pour compliquer le tout, je peux avoir des envies de câlins et de sexe avec des amies ^^ Ça devient du coup difficile à distinguer tout ça d'un point de vue extérieur. Mais pour prendre un exemple, je vais copier-coller un extrait d'une conversation avec une amie (monogame), qui montrera bien la différence d'approche entre moi et une personne "normale" :P :

« Moi — Il est intéressant / gentil / pro-féministe / végane / célibataire / monogame, A. ? O:)
Elle — Absolument :)
Moi — Il ne s'intéresse pas à toi ?
Elle — Hm non pk ?
Moi — Ah, ben parce qu'il aurait peut-être eu les qualités requises pour être ton futur chéri... Mais je vois donc qu'il lui manque une qualité essentielle puisqu'il ne s'intéresse pas à toi ;)
Elle — Bah oui mais non c'est un ami fin il faut la petite étincelle quoi :P
[...]
Moi — Ah je pensais que tu ne t'arrêtais pas à des histoires d'étincelles... :o
Les étincelles ne sont pas toujours (rarement en fait) bonnes conseillères [...]
Et puis les étincelles ne durent qu'un temps...
Inversement, elles peuvent apparaître en cours de route :P »

Pour moi, le fait qu'une femme soit intéressante, gentille, corresponde à mes valeurs, etc. (*) est un critère nécessaire et suffisant pour qu'une relation "amoureuse" avec elle me paraisse envisageable...
Pour les autres personnes, c'est tout au plus un critère nécessaire, mais jamais un critère suffisant. Il faut cette mystérieuse "petite étincelle".

_____________________
(*) Bon, ne me soit pas désagréable à regarder et à prendre dans les bras aussi, mais j'ai les goûts assez larges en la matière ; alors que pour trouver une femme qui partage mes valeurs, centres d'intérêts, etc. c'est plus compliqué...

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