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La disponibilité dans les relations poly

Témoignage
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Strega

le mercredi 03 septembre 2014 à 12h17

Ces derniers temps, mes amies proches (exclusives) me posent une question dont j’ai l’intuition qu’elle recouvre plus que ce qu’elle n'énonce a priori : « pourquoi es-tu avec des hommes qui ne sont pas disponibles pour toi ? » et « Tu mérites d’être avec quelqu’un qui n’ait d’yeux que pour toi ».

Il se trouve qu’au quotidien je vis en solo, avec mon enfant (jeune), et que je vis aussi deux belles relations intimes/affectives/amoureuses (entourez la proposition qui vous convient) avec des hommes vivant en couple (en famille même).

Il y a plusieurs choses qui sont sous-entendues dans ce que me disent mes amies (que je déduis de nos conversations antérieures notamment) :
- « C’est bien gentil d’avoir des amants mais il faudrait quand même que tu vives une vraie histoire d’amour parce que tu le vaux bien » (l’Oréal quand tu nous tiens).
Oui, ok, je suis jeune, pas trop moche et pas trop conne mais pourquoi ça devrait signifier forcément que je doive être en couple ? Pourquoi me demander explicitement si j’ai réfléchi au problème qui se tapit derrière le fait que je ne suis pas avec quelqu’un qui n’aurait personne d’autre que moi dans sa vie (précision : la séparation avec le père de mon enfant datant de deux ans) ?
- « Ces histoires-là ne peuvent pas t’apporter autant qu’une relation exclusive, notamment parce que ces hommes n’ont que très peu de temps à t’accorder (et feront toujours passer leur famille en premier, donc tu te fais avoir quelque part). »

Je trouve que l’injonction d’encouplement est intéressante, sur un plan socio notamment mais ce n’est pas forcément ce qui me préoccupe tout de suite. Cela dit si vous avez des témoignages à apporter, ça m’intéresse.

Ce dont je voulais témoigner aujourd’hui, qui sera peut-être utile (ou non, je m’en excuse d’avance) à d’autres c’est que je n’ai pas le sentiment que mes amoureux ne sont pas disponibles pour moi. Certes, je ne fête pas Noël ou ne part pas en vacances avec eux. Mais pour autant ils sont au bout du fil, voire présents physiquement, lorsque j’en ai besoin et, de manière générale, très régulièrement.
En commençant il y a quelques mois, ma relation avec le 2e (par ordre d’arrivée), je me suis rendu compte combien le 1er était présent dans ma vie, pas uniquement pour se voir, se câliner et profiter de moments ensemble mais aussi pour m’épauler quand je rencontre des problèmes dans ma vie quotidienne (au boulot, avec mon enfant, etc.). Qu’il jouait ce rôle de compagnon (alors qu’il a sa propre famille aussi) et avait quand même (oui, quand même, car je déplore régulièrement de ne pas le voir assez ;-), beaucoup de disponibilité pour ça.
Autre point : les moments que je passe avec eux sont des moments où ils sont presque 100% disponibles pour moi/nous. Et je crois que lorsqu’on vit en couple et en famille, il est bien plus difficile de se dégager des moments de cette qualité.
Par ailleurs, comme nous sommes dans des relations poly et que chacun a à cœur que ça se passe le mieux possible pour tout le monde, je trouve chez eux une attention particulière à mes états d’âme, mes attentes et mes besoins. Ils m’encouragent à les exprimer et essaient d’en tenir compte au mieux de leurs possibilités. Certes, ces moments de dialogue ont plus souvent lieu par téléphone ou mail mais ils ont lieu.
Je note pour ma part que les amies qui me posent cette question sont aussi celles qui déplorent régulièrement que leurs conjoints ne les soutiennent pas au moment où elles en ont besoin et avoir du mal à communiquer avec eux. Il y a donc quelque chose d’assez paradoxal dans leurs injonctions à l’encouplement, avec pour argument la disponibilité (à moins que la disponibilité ne recouvre pour elles que la présence physique).
A leur décharge, nous n’avons pas souvent l’occasion d’aborder ensemble comment je vis mes relations amoureuses et j’ai certainement le tort de ne pas expliciter mieux comment j’y trouve mon équilibre et pourquoi.

Intuitivement, je trouve cet angle de la disponibilité assez intéressant mais je n’arrive pas forcément à cerner tous les enjeux qu’il recouvre. C'est pourquoi je sollicite votre aide et vos éventuels témoignages à ce sujet. Merci d'avance.

Une question pourrait être : est-ce qu'une disponibilité physique (au quotidien) permet une plus grande disponibilité pour l'autre ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Lili-Lutine

le mercredi 03 septembre 2014 à 12h48

Très belle discussion qui me parle beaucoup.

Actuellement je ne suis pas assez dispo pour en écrire bien plus :-(

Ce que j’ai envie de partager avec toi c’est ce que j’ai appris/compris au fil du temps et aux côtés de mes relations amoureuses et amicales.

Ce que je retiens c’est ce sentiment bien réel, fort et solide, qui est celui de ressentir que l’on prend chacun bien soin de notre relation.

Sans cela, impossible pour moi de savoir ce que je vis, comment je le vis et pourquoi je le vis.

Prendre soin chacun de la relation en prenant soin aussi de l’autre, c’est trouver cet équilibre qui permet pour moi de me projeter, de me reposer, de me cogner, d’aller plus loin encore dans nos connaissances, la sienne, celle de l’autre et celle de notre relation .

Pour moi il n’y a pas besoin d’une disponibilité physique de mes amoureux au quotidien pour que je sois disponible à l’autre et que je prenne soin de ma relation.

Ma vie amoureuse et amicale va bien plus loin, plus fort et plus intensément dans la conscience de ce que je vis avec chacun, en présence ou pas.

Et j’adore pourtant les avoir ensemble tout à côté de moi le plus souvent hein ! Ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit (+)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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ScottBuckley

le mercredi 03 septembre 2014 à 16h25

Bonjour chère Strega,
Et merci pour ce partage de questionnements, qui me parle aussi beaucoup.

Cela me fait réagir, en tant qu’homme, et donc je prends la plume pour essayer de te répondre ci-dessous :

Strega
( ... )
A leur décharge, nous n’avons pas souvent l’occasion d’aborder ensemble comment je vis mes relations amoureuses et j’ai certainement le tort de ne pas expliciter mieux comment j’y trouve mon équilibre et pourquoi.

> Une envie et idée qui me vient :
pourrais-tu essayer d’écrire une lettre, bienveillante - mais malgré tout franche! - , aux copines dont tu parles ci-dessus, en guise de réaction ou réponse à leurs questions ?
( ... quitte à ne pas leur envoyer, et/ou quitte à juste t’en servir comme exercice d’entraînement pour leur parler de vive voix, la prochaine fois que tu auras envie de mettre ce sujet au coeur d’une discussion avec elles ? )

Qu’en dirais-tu ?

Et Si tu le sens, tu pourrais même nous en présenter un extrait de cette lettre ou esquisse/brouillon ici sur le forum ?
( et/ou par mess@ge perso aux chéris, ami-es & contacts avec qui tu te sens de partager cela, pour recueillir leurs paroles et réactions ? )

Par ce partage éventuel sur le forum, tu aiderais peut-être aussi d’autres personnes à trouver les bons mots pour en parler à leurs ami-es & proches, de polyamory et d’engagements pluriels, car avoir de justes réparties bien senties, à ce moment-là, quand on cherche plus ou moins à nous ‘coincer’ et à nous montrer du doigt ( “ Han mais toi tu n’as pas encore trouvé Le Bon, L’Unique, tu mérites mieux qu’une passade ! ” )

Dans ce que tu sembles dire de ces copines, il y a aussi (me semble-t-il) un non-dit chez elles : pourquoi te parler de “ disponibilité à trouver + facilement dans l’exclusivité affective ”, si elles-mêmes ne la trouvent pas toujours auprès de leur chéri/The One, quand elles souffrent, cette disponibilité affective précieuse ?

Est-ce que le compte y est toujours chez les couples exclusifs, le bonheur toujours total & disponible ?

Car on peut être "présent physiquement en mode 24h/24" mais absent émotionnellement ! (avec peu ou pas d'empathie, peu d'écoute active, peu de compréhension pleine de l'état d'autrui)

Faire reposer “Tout son bonheur” affectif, sensuel et sexuel dans le corps et coeur d’une seule personne, sur une planète si riche de milliards d’autres êtres humains, n’a-t-il pas aussi des désavantages parfois, quand le compte affectif n’y est plus ?
(après les premiers mois et années du début, les années-passionnelles)

N’y a-t-il pas chez elles et eux aussi des moments où illes sont “ ensemble mais paradoxalement bien seul-es ”, avec personne de présent à qui en parler pour se sentir –mais vraiment!- écoutées et entendues et réconfortées, dans des conversations sans tabous ni non-dits ?

À part Causette, tous les magazines dits “féminins” nous (sur)vendent “L’Homme de sa vie” comme “LA Recherche Ultime”, et comme un pur produit marketing, aux côtés d’une pub de parfum pour homme ultra normé/dominant , "Mon-Beau-Brun-Ténébreux-à Moi qui toute-l’année-a-une-barbe-de-3-jours”,

...mais la réalité de la gente masculine n’est-elle pas bien ailleurs que dans ces pubs où les hommes sont largement idéalisés et photoshopisés ?

Les hommes (même “exclusifs”) ne sont-ils pas eux aussi parfois ( voire souvent ? ) des êtres fragiles, parfois inconstants, capables de gros manques d’attentions et d’indisponibilités dans une relation de couple, de défaillances, et/ou d’infidélités ?

Strega
( ... )

Une question pourrait être : est-ce qu'une disponibilité physique (au quotidien) permet une plus grande disponibilité pour l'autre ?

Message modifié par son auteur il y a 2 heures.

Et bien la question me semble plus vaste que cela (et tu pourrais d’ailleurs questionner tes copines à ce sujet) :

> où sont les hommes et où sont les pères, lorsqu’il s’agit de s’occuper des enfants (parfois encore très jeunes), pendant la relation de couple parental, mais aussi et notamment après une séparation, ou un divorce ?

Il y en a beaucoup ( mais pas tous ) qui préfèrent n’avoir les enfants qu’un week-end par semaine ou par mois, et/ou payer une pension alimentaire, plutôt que de s’en occuper au quotidien ( certains ne savent même pas s’en occuper, et n’ont jamais eu un brin d’éducation ou d’intérêt pour cela, or il serait temps que ça change ! ) .

D’ailleurs dans l’univers de la petite enfance (les enfants de moins de 6 ans), une très grande majorité (voire 99% des personnes dans certains cas) qui s’en occupent de près ou de loin (sages-femmes, assistantes maternelles, instits, puéricultrices, orthophonistes...) sont des femmes.
( et les “hommes qui montent en haut d’une grue” sont souvent des masculinistes cachés derrière un masque, ou pire des fans du nabot Eric Zemmour, et non “de gentils papas incompris par la Justice” )

Il me semble d’ailleurs qu’Hanna Rosin parle notamment d’eux, dans son livre ‘The end of men and the rise of women’ >
www.slate.fr/story/68867/fin-hommes-hanna-rosin

Des hommes vraiment ‘ disponibles ’ (et non pas dis-pénibles), et qui prendraient comme valeur la virilité-vertueuse ( même origine étymologique du mot latin vir et virtus : fr.wikipedia.org/wiki/Vertu ) ,
... et non pas la masculinité/froideur / violence / domination des autres, voilà ce à quoi pour ma part j’aspire davantage pour notre société (+)

* Nb : il me semble qu’il vaut mieux avoir l’attention sincère & précieuse de plusieurs êtres (parfois disponibles, ayant chacun une partie du couteau-suisse de la vie), que d’un seul (pas toujours disponible ou capable, et n’ayant pas “à lui-tout-seul” toutes les qualités humaines nécessaires d’un couteau-suisse ;) ), car quand l’un n’est pas disponible ou pas capable de faire face à un défi, on peut demander de l’aide à un autre être, qu’il soit père, mère, chéri-e, amant-e, ami-e, ... ou juste une personne proche de vous ayant envie de vous aider !

Pour que la route soit plus large que longue ;)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Vaniel

le mercredi 03 septembre 2014 à 17h01

Strega
Une question pourrait être : est-ce qu'une disponibilité physique (au quotidien) permet une plus grande disponibilité pour l'autre ?

Je n'ai pas eu le temps de tout lire (peut-être l'aurais-je plus tard) mais cette question a retenu mon attention.
Vivre avec quelqu'un au quotidien ne garantit en rien une plus grande disponibilité pour l'autre. On peut être seul à deux dans la même pièce. Partager le quotidien augmente souvent les potentialités de disponibilités mais il n'est pas toujours évident d'en profiter sur le long terme. D'autre part, le quotidien peut aussi être générateur d'indisponibilité pour l'autre. Je crois que je n'aide pas beaucoup là. La réponse à cette question dépend trop des personnes/personnalités en présence.

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Lili-Lutine

le mercredi 03 septembre 2014 à 17h58

.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bouquetfleuri

le mercredi 03 septembre 2014 à 17h59

J'allais avoir la même approche que Vaniel, à savoir dissocier disponibilité et quotidien.
Mais cela demande quelques précisions.

Je proclame souvent qu'une histoire d'amour exige du quotidien pour la connaissance qu'il permet de faire au delà du discours et des attitudes cérémonieuses. Le lapsus, le geste pas retenu, las ou habituel renseigne autant qu'une délicieuse caresse, le millième "je t'aime" fait autant de bien que le premier (dans des situations normales) et les contacts directs ou indirects remplissent bien leur office dans la construction explicite et implicite d'une histoire. Ce quotidien là permet aussi de jauger la disponibilité.

En contrepartie, la disponibilité de deux amoureux permet de construire du quotidien, même à distance. J'appelle disponibilité cette permanence de l'état amoureux, assumé, qui permet (soit dit en passant) de faire exister deux histoires d'amour simultanément.

Une histoire d'amour n'est pas seulement marquée par les attributs qui ont permis d'élaborer un schéma commun, le ou la conjointe, les enfants, la maison et le chien. Elle est avant tout instruite par le travail que l'on accepte de faire pour respecter l'autre, le connaître, le laisser responsable de la relation, autant que soi etc.
Les outils déterminent le reste.

Ainsi, je peux vivre une fabuleuse histoire d'amour avec quelqu'un que je vois (trop) peu, parce que nous faisons quotidiennement l'expérience de notre disponibilité soit directement pendant les vacances, ou quelques journées et nuits éparses, soit par le téléphone, le tchat ou les lettres enflammées.

Mais cela peut être difficile à comprendre pour des personnes dites exclusives. C'est bien cette distinction entre disponibilité et quotidien qui peut donner du corps à des schémas différents de relation amoureuse.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le mercredi 03 septembre 2014 à 19h29

Strega
Oui, ok, je suis jeune, pas trop moche et pas trop conne mais pourquoi ça devrait signifier forcément que je doive être en couple ?

Hihi, je plussoie ! ;)
Je n'ai pas d'enfant mais à part ça ma situation est proche de la tienne : séparée depuis deux ans de quelqu'un avec qui j'étais "en couple" (avec projets de vie etc.), je suis aujourd'hui seule (j'ai essayé un "projet de couple" avec quelqu'un d'autre depuis mais il était exclusif, moi poly, ça n'a pas "tenu").

Strega
Autre point : les moments que je passe avec eux sont des moments où ils sont presque 100% disponibles pour moi/nous. Et je crois que lorsqu’on vit en couple et en famille, il est bien plus difficile de se dégager des moments de cette qualité.

Je plussoie !
Après, on peut avoir des moments de cette qualité avec un quotidien, mais il est sûr (je le sais pour l'avoir vécu et pour en entendre régulièrement des témoignages) que ce ne seront pas 100% des moments passés ensemble.
(Et ce n'est pas grave, bien sûr !)

Strega
Une question pourrait être : est-ce qu'une disponibilité physique (au quotidien) permet une plus grande disponibilité pour l'autre ?

J'ai un peu le même genre de constat que tu as fait avec tes amies (qui se plaignent d'un conjoint présent physiquement mais pas réellement disponible).

J'ai vécu (et habité) en couple avec quelqu'un plusieurs années, pour me rendre compte au final que l'emploi du temps de la soirée était assez souvent : je nous fais à manger, il prend son assiette devant le pc pour continuer à discuter avec quelques filles en ligne (qui pour le coup le trouvaient hyper disponible et à l'écoute, ben oui forcément il se connectait lorsqu'il en avait envie, pas comme avec moi qui pouvais le solliciter à tel moment parce que je me sentais mal, alors qu'à ce moment précis il aurait voulu être "tranquille", et du coup ne montrait pas à mon égard la même disponibilité, du moins pas à chaque fois). Ensuite il met un film ou une série à regarder, parfois tout en continuant à chatter...

J'ai vraiment passé des soirées "avec" lui ou pour moi il était clair que nous n'étions pas ensemble !

Ce n'est pas une critique dans l'absolu, ça peut être sympa aussi comme moments, mais ce n'est clairement pas la même qualité de présence à mon sens. Donc non, pour moi disponibilité physique ne rime pas avec disponibilité tout court. Son corps était là, c'est sûr. Le reste...ça dépendait ! ;)

Je précise que moi non plus je ne suis pas toujours disponible si je passe beaucoup de temps en présence avec quelqu'un (j'aime bien passer en mode autiste et me mettre sur mon pc ou encore prendre un bon bouquin !). Donc encore une fois ce n'est pas une critique négative que je fais, plutôt un constat.

Comme le dit Vaniel :

Vaniel
On peut être seul à deux dans la même pièce. Partager le quotidien augmente souvent les potentialités de disponibilités mais il n'est pas toujours évident d'en profiter sur le long terme.

Et je plussoie ce que tu dis Strega, sur les relations multiples mais néanmoins disponibles (et pour moi j'inclus les amitiés dedans, je vis de merveilleuses amitiés avec des personnes hautement fiables qui justement sont là pour moi lorsqu'elles voient que j'en ai besoin...même parfois alors que je n'avais rien demandé ! Merci les amis même si vous ne me lirez pas ! - Ben oui certains d'entre eux sont "mono" et ne traînent pas vraiment par ici...! ;) )

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Strega

le jeudi 04 septembre 2014 à 15h00

Merci pour vos réponses.
J'ai deux ou trois trucs à ajouter suite aux interventions de GreenPixie (Bonjour !!!) et de Bouquetfleuri (<3) mais ça devra attendre un peu...

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Junon

le jeudi 04 septembre 2014 à 15h41

Je reviendrais à cette discussion qui mérite plus que le rapide coup d'oeil que je peux y apporter aujourd'hui...mais comme ça, vite fait, j'aime beaucoup te lire Strega.

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Boucledoux

le samedi 06 septembre 2014 à 12h40

tout pareil que Junon, la discussion m'intéresse beaucoup mais là je pars en wé, pas dispo pour l'instant ;)

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bodhicitta

le samedi 06 septembre 2014 à 23h16

J'ai un peu de mal avec la notion de disponibilité. Tout est relatif, dispo pour quoi? "l'importance" de la raison pour laquelle on veut l'autre disponible pour nous, joue un gros role je pense.

Mon ours chéri, (un sauvage solitaire) malgré le fait qu'il vie à une 10éne de km je ne peux pas dire qu'il est dispo même aprés l'adoption "forcée" d'un tel portable, qui aide vraiment de ce coté là...
Mais il n'empêche que si pour une raison ou une autre il sent que j'ai besoin d'étre réconfortée, il le fera il me tendra la main et m'écoutera, avec une oreille tendre et attentive.
Donc malgré le fait qu'il ne soit pas dispo, je sais que si j'vais pas bien il sera là pour me prendre dans ses bras et essayer de me sortir de la tristesse.

Dans quelles limites peut on demander la disponibilité de quelqu'un?
L'autre peut ne pas etre disponible tout court et ne pas disposer de son temps librement, ça aussi il faut le prendre en compte aussi

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MagentadeMars

le dimanche 07 septembre 2014 à 10h58

Voilà, la disponibilité est autant une question dans une relation monogame.... si une personne bosse plus, ait d'autres passions (peindre, jardinage, lecture, sport) qui ne soient pas compatible avec l'autre membre du couple. Si lui est un ours sauvage, et sa seule partenaire est sociable, les choses pourraient s'équilibrer si elle a un autre amant (une collection d'ours, quoi :-) )

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bodhicitta

le dimanche 07 septembre 2014 à 13h46

MagentadeMars
Si lui est un ours sauvage, et sa seule partenaire est sociable, les choses pourraient s'équilibrer si elle a un autre amant (une collection d'ours, quoi :-) )

hihi :-D t'as bien compris la situation!!

bouquetfleuri
Elle est avant tout instruite par le travail que l'on accepte de faire pour respecter l'autre, le connaître, le laisser responsable de la relation, autant que soi etc.

Ce "travail" est donc la disponibilité que l'on Donne à la relation, au partenaire.

LuLutine
solliciter à tel moment parce que je me sentais mal, alors qu'à ce moment précis il aurait voulu être "tranquille", et du coup ne montrait pas à mon égard la même disponibilité, du moins pas à chaque fois). Ensuite il met un film ou une série à regarder, parfois tout en continuant à chatter...

J'ai vraiment passé des soirées "avec" lui ou pour moi il était clair que nous n'étions pas ensemble !

Disponibilité que l'on donne, ça me semble important. On ne peut la réclamer, quand on la demande je pense qu'elle n'est pas entière

(+) J'ai p t etre compris pourquoi j'ai du mal avec la notion de disponibilité: En regardant dans dico Français/latin > Disponibilité: dont on a la disposition, emploi libre. Le dico me renvoie à potestas: et ce mot me donne: pouvoir; propriété, // pouvoir, faculté, droit (de faire quelque chose)
Je pense qu'on utilise ce mot trop facilement et sans préciser ce qu'on entend par là ce mot est rentré dans le langage courant, avec la connotation de pouvoir et de propriété, plus ou moins présente dans l'esprit des gens. Moi par exemple, je n'y voit pas vraiment de rapport avec le quotidien.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bouquetfleuri

le dimanche 07 septembre 2014 à 19h42

Je préfère les sens auxquels je me réfère : "qui est libre de se consacrer à une quelconque activité" (Littré); et "dont l'esprit est libre de tout engagement" (Gide), mixés. au lat. médiév.disponibilis "dont on peut disposer".

Mais tu as raison, bodhicitta, il faut préciser quelques petites choses essentielles. La disponibilité est bien celle que l'on offre.

Si mon amoureuse a besoin de moi, pour n'importe quelle raison, j'entends bien être disponible pour elle, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. C'est pour cela que je parle à propose de la disponibilité de la permanence de l'état amoureux. J'offre cela, et à toutes mes amoureuses. À partir de là je suis disponible. C'est le premier palier d'un dialogue multiforme : comment se concrétise cette disponibilité, comment je me consacre à la construction de notre histoire, de nos histoires, comment je choisis d'offrir mon temps, ma pensée, ma personne ? Comment dialoguent nos envies, nos désirs, nos contraintes environnantes ou intérieures, comment s'articulent nos vies ?

Dans une expérience polyamoureuse (mon expérience du moins), la disponibilité ne peut pas se confondre avec la présence. Dans une expérience exclusive non plus, mais c'est souvent la première erreur de parallaxe du couple : l'autre doit être là comme le signe de sa disponibilité, alors que la disponibilité n'est pas seulement une affaire de présence.

La disponibilité pour moi est un des marqueurs de la réciprocité dans une histoire d'amour, sachant que les deux disponibilités ne peuvent pas être identiques, ni même se répondre sur les mêmes bases ou avec les mêmes outils. C'est même dans le ressenti, l'élément impalpable le plus parlant.

Je n'imagine même pas possible que ma disponibilité recouvre le seul temps où je vois, sens, entends, touche et goûte mes amoureuses. Cela réduirait mon état amoureux à de la combustion sensuelle seulement, ce que j'appelle de la consommation.
Mais c'est un choix personnel. Ma disponibilité fait partie du travail nécessaire à la construction d'une histoire d'amour, comme une discipline poétique.

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Sauge21

le dimanche 07 septembre 2014 à 21h45

Tout comme Junon et Boucledoux,
avec cette nuance que je peux apporter une part d'analyse sur le "besoin de disponibilité lié à la parenté (fait d'être parent ou d'en exercer le rôle) ... dans un angle non loin de GreenPixie

Comme je ne sais pas quand je vais être dispo, je vous donne quelques miettes :
tes amies n'ont pas toutes les données, certes, mais ...
personnellement, j'ai fini par comprendre (il y a déjà quelques années) que mon aspiration à une relation principale était fortement liée au besoin de partager le quotidien de parentalité et non celui de couple amoureux
Effectivement, vivre ensemble (et encore plus avec un ou des enfants) ne garantie pas la disponibilité permanente à l'autre (adulte aimé), et heureusement au passage ... il y tant d'autres choses passionnantes à faire .... et certes, ça ne veut pas dire que l'amour n'est pas permanent ....
Mais là, pour moi, ce qui était très difficile (et c'est personnel), c'est que en revanche, l'enfant et sa socialisation, demandent une grande disponibilité au(x) parent(s) ...
je ne prends qu'un exemple : les demandes des instit. ou des écoles qui déboulent le soir pour le lendemain, justement le jour ou vous avez prévu de ... quoi que ce soit .... et vous savez que ça va vous prendre le temps que ça prend et surtout la tête aussi (genre comment je trouve des photos de famille moi qui n'en prends jamais et comment je fais une copie de ça pour demain ??? (ou après-demain, allez) ... moi qui n'ai pas d'encre dans mon imprimante etc etc ...) ...
Alors, quand on est deux parents ... l'un fait à manger ou range les courses et l'autre s'occupe de ces satanés demandes ou besoins (ce coup là c'est la fièvre qui monte et faut appeler le médecin ...) .... mais en mono-parental ... en tout cas moi, je ne m'en suis pas sortie pendant des années .... pas de vie sociale ni amoureuse quand j'avais mon fils avec moi ..... ça commence juste à changer tout doucement maintenant, que mon fils devient ado ...

et ! ; oui, mon amoureux qui me cache de sa femme mono depuis 2 ans est 100% dispo (je peux dire "présent" pour changer de mot) quand il est avec moi physiquement ou au tel., et il est aussi à l'écoute de 100% de mes états d'âmes et ça a été un début de soutien moral sur ma parentalité, car il est père et nous parlons de nos enfants entre pairs (enfin un vrai père !! ... dans son état, pas pour mon enfant ...) ... mais jamais il n'a pu et ne peut toujours pas prendre le relais "matériellement", physiquement en cas de besoin ...

pfiou ... je dois quitter ... au plaisir, belle discussion (+) (+)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le lundi 08 septembre 2014 à 13h20

Je plussoie bouquefleuri, il a mis le doigt sur quelque chose de très vrai, disponibilité et présence sont deux choses différentes.

Je dis souvent aux gens que je ne suis pas très disponible, mais c'est parce que la plupart confondent disponibilité et présence justement ("Tu peux pas venir me voir tel jour ? mais t'es pas disponible alors !").

Oui, de la disponibilité j'en ai toujours pour les gens qui comptent. :)

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Strega

le mercredi 10 septembre 2014 à 12h51

Merci à tous pour vos contributions sur ce fil. Cela me fait plaisir qu'il rencontre un tel écho chez vous.

Oui disponibilité et présence sont deux choses différentes. Pour autant, on peut imaginer que quelqu'un qui est très présent physiquement aura mathématiquement plus d'occasions d'être disponible non ? C'est ce qui a pu pousser Sauge21 à chercher un partenaire "primaire" lorsqu'elle se débattait dans les affres de la monoparentalité (c'est d'actualité pour moi en cette rentrée !).

Un des avantages du polyamour pour moi c'est qu'il m'a poussée à sortir du schéma "s'il m'aime, il doit (me comprendre, m'aider, me soutenir, deviner mes besoins, etc.)". Peut-être que mes amoureux sont disponibles pour moi en partie parce que je sais leur demander clairement ce dont j'ai besoin (et parce qu'ils savent que s'ils ne peuvent pas accéder à ma requête je ne leur en voudrais pas) ?

@GreenPixie : ce que j'ai rapporté sur ce forum concernant la disponibilité de mes amoureux et mon ressenti vis-à-vis d'elle est ce que j'ai dit à mes amies (en tout cas à celle à qui j'ai eu le temps de le dire). Je préfère parler directement avec elles de ce type de sujet, ce qui favorise les échanges et la reformulation des propos, plutôt que leur écrire. Faire une lettre pourrait être en plus mal perçu et accentuer l'incompréhension.

@Bouquetfleuri : j'aime beaucoup ta définition de la disponibilité, merci.

Bouquetfleuri
J'appelle disponibilité cette permanence de l'état amoureux, assumé, qui permet (soit dit en passant) de faire exister deux histoires d'amour simultanément.

@Sauge21 : merci beaucoup pour ton témoignage. Ce qui m'est venu en te lisant c'est que ça serait pas mal un fil sur les polys solo qui ont des enfants en bas âge non ? Et sur les difficultés qu'on peut rencontrer avec les enfants mais aussi à vivre ou maintenir des relations amoureuses multiples ? Tu serais partante pour lancer quelque chose là-dessus avec moi ?
Personnellement, j'ai du mal avec l'idée de me chercher un partenaire primaire avec, entre autres motivations, celle de me faciliter le quotidien. Même si ça doit signifier que ma vie sociale et mes loisirs seront amputés pendant encore 10 ans. Mais je trouve que c'est un chouette sujet de discussion, que j'aimerais vraiment approfondir. Et je n'ai rien contre le fait de rencontrer quelqu'un qui peut être très présent à mes côtés et qui aura envie de m'épauler dans les tâches du quotidien (en mode "cerise sur le gâteau").

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Sauge21

le lundi 15 septembre 2014 à 12h23

Coucou,

ma disponibilité pour le site atteint son maximum ces jours-ci, du coup je n'ai pas répondu ...

Je ne dis pas que cette motivation "pragmatique" pour "rechercher" une relation principale soit ni une bonne chose, ni volontaire. C'est un constat que j'ai fait d'un fonction assez inconscient qui se faisait chez moi.

Personnellement, je n'émets pas de jugement sur ce genre de fonctionnement puisque c'est inconscient et que ce qui est inconscient ne se maîtrise pas.
Maintenant que c'est conscient, ce n'est plus "si simple" ... je veux dire pour l'insconscient : il ne peut plus juste contrôler les choses impunément : je finis par m'en rendre compte ;-).

Bref, ma conscience dit que "utiliser" un-e amoureux-se pour remplir mon besoin de soutien parental n'est pas une solution dont je peux "décider", elle peut arriver par "hasard" (par bonheur) mais pas être imposée ...

Pour autant n°1, chez une majorité de personnes (mono-hétéro normées), ces mécanismes sont actifs et inconscients. La norme rend ce mécanisme invisible. Et je voulais donc dire que chez tes amies il est peut-être présent sans qu'elles sans doutent.

Pour autant n°2, les besoins de soutien ou de relais "matériel" (ou "concrets" ou "physiques" je ne sais quel mot mettre) sont bien réels et j'ai bien essayé d'y réfléchir, mais ...
Ok c'est bien là le sujet d'un autre fil de discussion.
Pour te répondre Strega : ne suis pas prête aujourd'hui à le lancer, pas opposée à l'idée bien que je sous-marine souvent du site (disparitions pour réapparaître momentanément plus tard, etc ...) et : si on le lance, ça pourrait être avec ton même témoignage de départ auquel on ajoute les extraits de mes réponses sur la parentalité ...

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MagentadeMars

le lundi 15 septembre 2014 à 12h47

Strega
Personnellement, j'ai du mal avec l'idée de me chercher un partenaire primaire avec, entre autres motivations, celle de me faciliter le quotidien.

Pourtant, quand un-e mono dit chercher un-e partenaire afin de fonder une famille, personne ne semble choqué... bien qu'on puisse y lire "pour faciliter la fondation d'une famille".

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Strega

le lundi 15 septembre 2014 à 14h37

Ça ira mieux en le disant je pense : je ne porte aucune espèce de jugement sur le fait d'avoir comme motivation (consciente ou inconsciente) de chercher un partenaire pour avoir un soutien au quotidien ou fonder une famille. Que la personne soit mono ou non.
J'ai juste dit que pour ma part j'avais du mal avec cette idée, et que je m'y refuse. Je dis pas pour autant que c'est bien ou mieux, je ne dis pas non plus qu'il ne m'arrive jamais de rêver d'avoir un partenaire au quotidien, surtout les jours où c'est particulièrement éprouvant. Comme Sauge21, je paie le lourd tribu de la (quasi) monoparentalité (subie). Et pourtant, j'ai adopté cette position de refus assez forte, je ne sais même pas pourquoi.

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