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Comment sortir de la “friend zone” ?

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ScottBuckley

le mercredi 27 novembre 2013 à 00h05

Bonjour,

Et merci beaucoup pour tous vos riches échanges, que je lis depuis quelques temps déjà.

Une question (qui du coup en amène plusieurs !) que je ne crois pas avoir vue vraiment traitée ici (mais peut-être j’ai mal cherché?) : comment faire pour sortir de la “friend zone” ?

Comment ne pas ou ne plus être considéré-e comme juste “un-e bon-ne pote” ?

Et comment éviter à la base de rentrer dans cette zone là ? est-ce possible ?

Est-ce lié à la durée de la relation d’amitiés entre potes ? à la façon avec laquelle elle a démarré ? il y aurait des étapes qui nous feraient glisser dans ce piège, et qui seraient à éviter ?

Est-ce que les femmes et les hommes tombent de la même façon dans cette zone ?
( je croise par exemple des femmes qui s'autocensurent dans leurs relations potentielles, pour ne pas risquer de passer pour des "femmes faciles", et des hommes qui eux s'autocensurent... pour ne pas passer pour des machos / lourdos de la drague alias Tapaunzerosix )

Les relations plurielles pourraient-elles permettre d’explorer à deux et + cette vaste et belle terre fraîche & en friche, ludique, énergétique, pleine de belles graines de complicités & sensualités potentielles, se situant entre “l’amitié” et “l’amour” ?

J’ai le sentiment parfois de passer à côté de belles personnes, très respectueuses (et aussi parfois trop timides, trop polies?), mais je ne sais pas quelle approche serait adéquate pour ne pas les “perdre” (comme amies) .

Que peut-on leur proposer de façon subtile pour les aider à sortir de leur réserve, pour mieux connaître nos attirances et/ou sentiments réciproques l’un-e pour l’autre ?

Merci de vos éventuelles réactions (+)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le mercredi 27 novembre 2013 à 00h29

Ton titre me gène. Pour moi la "friend zone", ça n'existe pas, c'est un mythe.

Au mieux une excuse facile pour certaines personnes qui ne veulent pas dire qu'elles ne sont pas intéressées...

"Tu comprends, maintenant on est amis depuis longtemps, et je ne voudrais pas gâcher tout ça..."

Oui oui. Des amis qui sont "sortis de la friend zone", j'en ai vus pas mal. Quand on en a envie, il n'y a pas vraiment d'obstacle à mon sens.

Pragmatiquement, si la personne en face de moi me semble "pas prête" - alors que je me dis que peut-être, il y aurait des envies de....mais peut-être qu'elle n'ose pas, ou peut-être qu'au fond je me plante complètement et qu'elle n'en a vraiment aucune envie ? - si je me trouve dans cette situation donc, qu'il y a un refus/une prise de distance, et bien :
Que la raison évoquée fasse référence de près ou de loin à la fameuse "friendzone", ou bien à tout autre chose (par exemple, un écart d'âge, une distance géographique, etc.) ce que je trouve le plus important c'est de respecter le rythme de cette personne.

Finalement on repart sur la question du consentement (lol ;) ). Je vis avec une personne ce que nous avons toutes les deux envie de vivre. Si elle ne souhaite pas vivre quelque chose, quelle qu'en soit la raison, je respecte cela.

Après, si ta question est "comment aborder la personne, lui faire part de mon désir ?" ben moi j'avoue que je suis en général assez directe si j'ai vraiment envie d'un rapprochement. Et que je n'ai pas "perdu" d'amis jusqu'à maintenant, parce que j'aurais fait une déclaration ou proposé un truc dont la personne n'avait pas envie (c'est peut-être même le contraire, le faire m'a peut-être rapprochée des ces gens - même si je reconnais que je n'ai aucun moyen de revenir dans le temps et de savoir ce qui se serait passé en ne le faisant pas ;) !).

Bon, y a bien quelqu'un qui ne m'a plus parlé pendant six mois (parce que c'était mieux pour moi (sic !)), mais qu'est-ce que six mois à l'échelle d'une vie ? C'est l'une des amitiés les plus précieuses que je partage aujourd'hui... Alors avec le recul, je ne regrette vraiment rien !

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Green-Man-Outside

le mercredi 27 novembre 2013 à 06h07

LuLutine
Ton titre me gène. Pour moi la "friend zone", ça n'existe pas, c'est un mythe.

Pareil. Je prépare d'ailleurs un article en ce sens. Si tu veux GreenPixie, je t'enverrai le lien. Pas sûr pour autant que son contenu te plaise.

L'autre raison pour laquelle ton titre me gène, c'est que j'ai l'impression de tomber sur un forum de coaching en séduction. Attention, je ne dis pas qu'il faut bannir cette pratique, j'en traite moi-même dans mes activités, simplement je me dis que :

1/ si tu avais tapé "friend zone" sur google tu aurais probablement trouvé une dizaine (voire plusieurs) de fils de discussion ou d'articles traitant du sujet. J'en déduis que tu n'as pas cherché. C'est peu stimulant pour moi.

2/ la manière dont le sujet va être traité sur polyamour.info est très différente (et pas forcément efficace / réaliste) de la manière dont le sujet va être traité sur des sites de séduction.

3/ les sites de séduction, globalement, s'adressent à des ados (ceci entrainant cela, la profondeur des débats y est... hum... peu profonde)

4/ mais on ne peut pas jeter toute l'eau du bain. Malgré l'ambiance à la fois débile et nauséabonde qui règne généralement dans le coaching séduction, tout n'y est pas à jeter. Si je me permets de critiquer, c'est parce que je suis venu, j'ai vu, j'ai collaboru, je suis repartu.

En gros, "friend zone" ne veut rien dire vu que majoritairement, les filles disant aux garçons "je préfère qu'on reste amis" sont rarement amies avec leur prétendant. C'est une formule de politesse pour dire "tu me plais pas" sans blesser l'autre.
A contrario, dans une relation amicale, une vraie, on a généralement toute la liberté de parole pour discuter de la question avec un maximum de transparence.
[bon, après, ça dépend de la maturité des protagonistes]

Donc si tu plais pas à une fille... tu ne lui plais pas. C'est tout.

Pixie
Est-ce lié à la durée de la relation d’amitiés entre potes ? à la façon avec laquelle elle a démarré ? il y aurait des étapes qui nous feraient glisser dans ce piège, et qui seraient à éviter ?

Je te dirai plutôt : qu'est-ce qui fait que telle ou telle personne ne souhaite pas coucher avec toi ? Cela n'a sans doute rien à voir avec "l'amitié". Je connais plein de gens qui se sont rencontrés sur un mode plutôt amical et ont fini par sortir ensemble. Je connais également plein de filles qui couchent avec presque tous leurs potes parce que c'est une manière comme une autre de faire connaissance (ou d'avoir du pouvoir dans la relation, de créer un ancrage positif en quelque sorte). En vérité - et là je vais encore me faire des amis parmi les gens qui n'aime pas une certaine vision de la masculinité - la question c'est "es-tu un partenaire sexuel potentiel pour tes amies ?"

Soit tu ne plais pas à X pour une histoire absolument personnelle de goût. Ok. Soit... X n'est pas la seule à penser que tu es... pas très sexué. Donc, que tu n'es absolument pas un partenaire sexuel potentiel. C'est la différence entre être ami et savoir qu'il pourrait se passer quelque chose un jour parce que x ou y sont des êtres qui te plaisent (sensuellement, sexuellement, génitalement), et être ami en considérant qu'il te serait impossible (même avec un gun dans le dos) de coucher avec x ou y, parce que t'arrives pas à comprendre que qui que ce soit puisse les trouver attirant-e-s.

Je récapitule, par souci de concision :

A / la personne qui te dis "restons amis" est-elle vraiment une amie ? Si non, fin de l'histoire.

B/ si oui, n'a-t-elle jamais couché avec un-e de ses ami-e-s ? Si non, parce que c'est contraire à son éducation, parce qu'elle attribue/recherche vraiment des qualités différentes à ses partenaires et ses amis, pour des raisons culturelles, là encore, fin de l'histoire.

C/ Si oui, alors pourquoi avec toi ça foire ? Si la personne te considère comme un mâle reproducteur (je caricature, mais je suis sûr qu'il y aura bien une personne ou deux que ça choquera, alors n'hésitez pas soyez choqués) mais qu'elle supporte pas ton parfum, ta manière de t'habiller, ton caractère (heu... vous êtes censé être potes quand même) alors là encore fin de l'histoire.

D/ si elle te trouve drôle, sympa, beau, intelligent, qu'elle aime ta compagnie, que vous êtes complices... pourquoi n'a-t-elle pas de désir ? Et surtout, pourquoi serait-elle surprise et choquée que tu en aies ? (même un désir potentiel, j'insiste, je ne couche pas avec toutes mes amies mais je sais distinguer celles avec qui ce serait possible et celles qui ne m'attirent pas du tout)

Et là on reboucle sur les goûts de la personne ne face. Ou sur ton rapport à toi-même et aux femmes (si t'es hétéro, ce qui semble être le cas). On ne peut pas plaire à tout le monde. Simplement, si on ne plait à personne, là on a le droit de commencer à se poser des questions.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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bodhicitta

le mercredi 27 novembre 2013 à 10h18

Mes amis savent, parceque j'le dis bien assez que j'aime l'amour et toutes les jouissances qui peuvent s'en suivre. C'est pour ça je pense que je suis jamais vu comme un bon pote malgré le fait que j'apprécie aussi parler mécanique.
C'est vrai que j'ai un cas ou ça a était plus délicat. Avec un "ami" qui me plaisait, m'attirait beaucoup, mais qui est un ours en fait, un solitaire, un peu timide. J'avais même questionné un ami en commun, qui m'avait répondu "ho tu sais lui, les femmes c'est pas son truc" (en fait c'est qu'il est trés réservé c'est tout) Aprés ça moi je me disais méme qu'il aimait p t etre les hommes, donc j'ai perdu un peu de temps.
Le déclic a était une main qu'il a posé sur mon dos en passant, p t etre vite fait mais là j'ai senti toutes ces énergies, d'amours et sexuels passer.
Justement je me dis que par exemple ce petit détaille de main dans le dos (donc contact) peut faire le déclique car ça peut etre sensuel si la personne en fasse est réceptive, ça peut aussi etre simplement amical, donc on ne prend pas le risque de "casser" cette amitié

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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ScottBuckley

le mercredi 27 novembre 2013 à 11h32

Bonjour,

Et merci déjà pour vos messages. Eh bien je regrette le titre de mon post (vous avez raison de le critiquer), qui conduit à de mauvais aiguillages (car le "coaching" est très souvent bourré de mots anglais destinés à des mecs qui veulent "closer" des plans Q : ça n'est Pas ce que je recherche sur un forum poly !).

Ma recherche ouverte, que j'aimerais partager avec vous, est plutôt celle d'une 3ème ' zone ' encore assez inédite, que j'ai décrit ici (plus haut) comme étant une forme de terre, quelque chose de vivant, d'organique, de mouvant, pimenté (non figée par les normes) :

' Les relations plurielles pourraient-elles permettre d’explorer à deux et + cette vaste et belle terre fraîche & en friche, pleine de belles graines de complicités & sensualités potentielles, se situant entre “l’amitié” et “l’amour” ? '

Ce n'est ni une "amitié platonique bien normée" ni "un plan Q" ni "le grand Amuuur de ma Vie" que je recherche (ce qui explique que je déteste comme beaucoup d'entre vous les scénarios de beaucoup de films à la sauce hollywoodienne et/ou monogames, très normatifs),
... mais des relations nouvelles & vivantes, vivifiantes, épicées, qui s'affranchissent de ces normes et cases là.

A présent que j'ai mieux précisé ce que j'aimerais partager & explorer avec vous, j'espère que l'on va pouvoir poursuivre ces échanges dans de nouvelles directions, loin de ces clichés de "coaching n' couching" pour puceaux fans d'American Pie, souvent bien stupides * en effet, et bien sexistes (qui traitent les femmes comme de la "viande" trop sage).

* Exemples d'âneries trouvées sur ces sites de techniciens pas polys (mais qui font X malgré tout) : " faire comme si la femme ne t'intéresse pas en te faisant passer pour indisponible ", sans oublier le pire du genre : " rappelle-toi dude : une femme est une hb/ une human bomb une salope une chaudasse en puissance mais son éducation la bride : close la et couche avec un max de femmes car elles ne demandent que ça, quand elle dit non c'est qu'elle hésite et que tu n'as pas été assez convaincant "
(si vous trouvez que c'est une caricature, c'est que vous n'êtes pas passé-es sur ces sites, bien imprégnés de la ' Culture du viol ' et de la Domination masculine, essentiellement destinés aux mecs, comme par hasard)

** Comment fait-on pour changer le titre d'un post ?
> Le titre plus juste serait plutôt : ' Une 3ème zone inédite à explorer ? (ni "amitié" ni "Amour") '

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Lunar

le mercredi 27 novembre 2013 à 12h40

Sur la so called “friend zone”, l'Elfe a écrit plusieurs billets vraiment très bons : le premier s'appelle Toutes des salopes, ou le mythe du mec trop gentil et on peut lire le reste de la série.

Pour ce qui est de sortir des cases, le texte de Corinne Monnet n'a pas vieilli en 15 ans : À propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité. Disponible en ligne depuis peu : La fabrication artisanale des conforts affectifs. Et puis on peut conseiller à nouveau The Ethical Slut (qui a finit par être traduit en français) ou les écrits de Françoise Simpère.

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bodhicitta

le mercredi 27 novembre 2013 à 13h18

En effet:

GreenPixie
' Les relations plurielles pourraient-elles permettre d’explorer à deux et + cette vaste et belle terre fraîche & en friche, pleine de belles graines de complicités & sensualités potentielles, se situant entre “l’amitié” et “l’amour” ? '

Oui le polyamour et bien un mélange parfait entre amitié et amour à mon sens.
Un amour, un désir, qui peut etre aussi de construire ensemble une relation unique et intense.
Tout en aillant la complicité qui permet de parler de tout, de nos coups de coeur, de nouvelles envies indépendante à la relation.
Sans exigence, si ce n'est la franchise (celle qui est aussi demandée à des amis)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le mercredi 27 novembre 2013 à 13h19

GreenPixie
** Comment fait-on pour changer le titre d'un post ?
> Le titre plus juste serait plutôt : ' Une 3ème zone inédite à explorer ? (ni "amitié" ni "Amour") '

Je peux le faire, mais je ne sais pas si c'est une bonne idée ?
On ne va plus comprendre les premiers messages....

D'habitude on se contente de corriger les fautes de français ou de frappe...

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aviatha

le mercredi 27 novembre 2013 à 13h22

Je me permet de rebondir, notamment sur la classification de GMO, et notamment sur les points B et D (ça, c'est de la réponse ciblée).

Le côté "une personne attribue des qualités différentes à ses amis et à ses partenaires" à quelque chose de sensé, en tout cas qui résonne bien chez moi. Mais c'est plus une question de ressenti de ces qualités, de comment on les perçoit. Du coup, quand on arrive à "si elle te trouve drôle, sympa, beau, intelligent, qu'elle aime ta compagnie, que vous êtes complices... pourquoi n'a-t-elle pas de désir ?", la réponse pour moi c'est "parce que c'est un ami". Et les amis pour moi font plus partie du cercle de la famille que des partenaires potentiels.
Mon frère a beau être quelqu'un plein de qualités (il est drôle et un peu caustique, incroyablement intelligent, beau gosse, super sympa à avoir en vacances, en soirée ou intéressant pour bosser sur des projets avec lui), il n'y a absolument aucun désir possible entre nous. Et mes amis font partie de la même catégorie (ce qui, contrairement à ce qu'on pense, n'est pas une catégorie moindre que celle des partenaires potentiels, ils constituent une vraie deuxième famille pour moi).

Du coup, logiquement "Et surtout, pourquoi serait-elle surprise et choquée que tu en aies ? (même un désir potentiel, j'insiste, je ne couche pas avec toutes mes amies mais je sais distinguer celles avec qui ce serait possible et celles qui ne m'attirent pas du tout)", parce que je serai tout aussi choquée si c'était un de mes cousins ou de mes oncles qui me faisait des avances.
Et aussi, mais ça c'est sans doute beaucoup plus particulier à moi seule, parce que j'ai besoin de gens à qui faire confiance et qui en aient rien à secouer. Des partenaires potentiels, j'en ai, des gars qui me courent après vraiment, y en a encore plus, et des qui se contentent de regarder de loin mais qui font bien savoir que si y avait moyen ils fonceraient, y en a des caisses.
Et les rapports vierges de tout désir avec mes amis me reposent, je peux tout ouvrir, tout montrer sans problème, je peux finir torchée dans leurs bras en sachant que demain je me réveillerai bordée dans un petit lit toute seule, je peux leur demander un massage si j'ai mal en sachant que la seule chose qui occupe leur esprit est de savoir si cette vertèbre est vraiment droite, je peux parler sans tabou et sans ambiguïté pour autant, je peux les loger chez moi et jusque dans mon lit, parfois par deux (j'ai un grand lit^^) sans qu'ils aillent y voir une tentative d'approche ou quoi que ce soit. Et c'est génial.
Et savoir du désir chez l'un d'eux gâche ça, parce que je ne peux pas faire ci ou ça de peur de lui donner de faux espoirs, parce que je ne sais jamais ce qui est désintéressé et ce qui ne l'ai pas, parce que je suis obligée d'être sur mes gardes et que je ne peux pas faire une confiance absolue comme aux autres. Et c'est comme si on m'enlevait un bout de mon ami.

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LuLutine

le mercredi 27 novembre 2013 à 13h30

A part ça GreenPixie, pour ma part je continue à dire que si la personne n'est pas "prête" et/ou que ce que tu proposes dépasse ses limites, ben on s'arrête là. Histoire de consentement, toujours.

Et sinon, je connais certains amis (dans un cadre tout-à-fait "mono") qui se font des câlins, qui peuvent être très proches etc. Et quand je dis "câlin", c'est pas juste une accolade, vraiment un câlin.

Pour ma part même si je ne suis pas très tactile (bien que ça soit en train de changer), je n'(av)ai(s) pas pour habitude de faire des câlins aux amis, mais si j'en ai envie, ça ne me gêne pas de proposer.

Donc en fait je ne comprends pas trop ce qui te bloque GreenPixie ? Si tu as envie de faire un câlin à un(e) ami(e), de l'embrasser sur la joue ou le front, ou que sais-je, tu demandes et le pire c'est que la personne dise "non". En quoi est-ce un problème ?

Pour ce qui concernerait des gestes peut-être vus comme plus "sexuels" et "non-ambigus" de la plupart des gens (par exemple un baiser sur les lèvres), car tu penses peut-être à ça aussi, je pense qu'après un premier rapprochement avec la personne, il devient plus facile d'en parler non ?
En expliquant si besoin que tu ne cherches pas l'Amûûûr de ta vie comme tu le dis, mais que tu ressens cette envie-là, par rapport à cette personne-là. Non ?

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aviatha

le mercredi 27 novembre 2013 à 13h32

Je plussoie, les câlins, c'est le bien :-)

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Siestacorta

le mercredi 27 novembre 2013 à 13h36

Et moi, "friend zone", du point de vue poly, je trouve ça bien qu'on en parle.

Ce n'est pas parce que le concept nous vient de l'extérieur, et même d'une forme de rapports sociaux avec laquelle nous somme en désaccord que cette pratique n'a pas d'effet telle quelle sur nous.

Quitte, effectivement, à ce que la réponse poly soit la redéfinition de cette zone.

Pour un mono, "friend zone", ça se situe en opposition à la zone de L'amant par amour. On peut envisager en mode mono soft avoir plusieurs friends with benefits et/ou amants, mais si un amour se présente, les autres seront remis à la case friend (s'ils sont encore tolérés dans le paysage !)

Pour certains polys, et ce qui a été posté ici en témoigne, il y a un problème, dans le sens où il peut y avoir le souhait d'une intimité avec les amis.
Du coup, ils ont l'impression, avec la notion de friend zone, non seulement d'être exclus sexuellement - ce qui n'est pas forcément le soucis - mais de devoir observer pour l'amitié aussi des codes monos.

Mais derrière cette revendication d'une liberté d'intimité et de tendresse en amitié, il y a l'idée que sortir de la friendzone, en termes poly, ça voudrait dire partager cette liberté là.
Pour moi, c'est pas si simple.
Avoir une vision touche-touche de l'amitié, ça ne se confronte pas seulement à une morale trop compartimentaliste, à une "ouverture" pratique des langages affectifs, mais aux simples affinités, attirance et logique d'attachement des gens.
Bien sûr que les codes sociaux sont construits, éduqués, donc parfois pas conscients. Ca ne veut pas dire qu'ils sont complètement inadaptés à la vie sentimentale.

Concrètement, avoir une capacité d'amitié sensuelle ne me donne pas le désir de m'exprimer tactilement avec tous mes amis, ou la capacité durable d'accueillir leur tendresse.
Déjà parce que ce toucher ne se fera pas de même manière avec mes amis hommes ou femmes.
(uui, c'est hétéro-centré, et j'admets que ça se pose différemment pour d'autres mais) pour dire ça clairement, entre deux amis tactiles et sans attente sexuelle, un homme et une femme, je n'espère pas des deux pouvoir passer la soirée lové contre dans un canapé, ou de leur tenir la main dans la rue.

Je sais, puisque j'aurais pu être éduqué dans des lieux ou des époques où ça se faisait ... "en théorie", je peux le faire. En théorie, le pays où tout se passe bien.
Mais en pratique, je ne le désire pas. Et surtout, je comprend qu'on ne le désire pas. Qu'on ne soit pas attiré, qu'on soit plus à l'aise avec d'autres qu'avec moi, que la confiance qui permet l'intimité ne s'installe pas mais puisse s'installer avec d'autres. Même en imaginant que j'aie plein de vertus qui pourraient faire de moi l'ami le plus chouette que les autres voudraient avoir, c'est pas ce qui décide de comment il vont agir avec moi. Il y a des parents qui n'ont pas le même comportement physique avec leurs enfants, selon l'âge qu'ils sont, leur sexe, et leur personnalité. Les affinités qui font que ça passe bien ou pas, ça se décrète pas, c'est pas d'un seul bloc "personne fiable = intime = personne que j'ai envie de toucher".

Après, on peut réapprendre, essayer de proposer sa tendresse, expliquer ce qu'on fait. Mais ça s'arrête a ce que l'autre désire prendre, et ça, ça n'est pas seulement dépendant de son éthique affective.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le mercredi 27 novembre 2013 à 13h50

Siestacorta
Ce n'est pas parce que le concept nous vient de l'extérieur, et même d'une forme de rapports sociaux avec laquelle nous somme en désaccord que cette pratique n'a pas d'effet telle quelle sur nous.

Moi, c'est pas pour ça que je disais que je pense que c'est un mythe.
Je le pensais déjà quand j'étais exclusive et que je ne connaissais rien au polyamour...

D'ailleurs je pensais presque le contraire : je ne voyais pas bien comment dans la plupart des cas, un amoureux ne pouvait pas être d'abord un ami. D'autres personnes exclusives que je connais pensent la même chose. Certaines même ont épousé un(e) de leurs ami(e)s devenu(e) un(e) amoureux(se)...

Bon, je me dis que cet article de Françoise est peut-être en lien avec le sujet ?
fsimpere.over-blog.com/article-j-aimerais-que-nous...

Siestacorta
Après, on peut réapprendre, essayer de proposer sa tendresse, expliquer ce qu'on fait. Mais ça s'arrête a ce que l'autre désire prendre, et ça, ça n'est pas seulement dépendant de son éthique affective.

Ben oui, c'est un peu ce que je disais plus haut.

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Siestacorta

le mercredi 27 novembre 2013 à 14h13

LuLutine
Moi, c'est pas pour ça que je disais que je pense que c'est un mythe.

Ma conclusion, je ne sais pas si c'est évident, c'est qu'il n'y a pas de friendzone unique, elle dépend des gens.
Mais, s'il s'agit de définir une sphère amicale où il n'y a pas de toucher sans que ça remettre en cause la qualité de l'amitié, alors pour moi c'est pas un mythe, ni un concept inopérant.

Quand la séduction fait plaisir mais qu'on ne souhaite pas qu'elle aboutisse, quand on veut dire "je ne souhaite plus vraiment te parler" mais que texto ça peut être mal pris (ça dépend des gens et des contextes), quand il s'agit en vrai de dire "on ne partagera pas un langage tactile parce que ça passe pas / parce que j'agis pas comme ça en général" mais que ça sort pas tout seul, alors, oui, il y a friendzone.

Ce qui est au centre de beaucoup de sites sur la séduction, c'est l'antinomie entre cette friendzone et le désir de séduction. C'est la période où on devient et demeure proche de quelqu'un, et où on a dans la tête que ça puisse évoluer, alors que dans la tête de l'autre, non.
Ca ne veut pas dire qu'on peut pas rester ami, mais ça veut dire qu'on renonce à se rapprocher différemment.
Je suppose que ça peut être simple de mettre vite les choses au clair. Mais je crois que la complexité des rapports humains fait qu'il n'est pas toujours évident de vouloir sortir de l'ambiguïté, de vouloir en sortir l'autre, de "se contenter" d'une amitié qui ne correspond pas à la façon dont on la vivrait si ce n'était qu'à nous de décider.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le mercredi 27 novembre 2013 à 14h21

Pour résumer, la friendzone, c'est quand il y en a un qui veut plus et l'autre qui n'en veut pas.
On peut cesser de proposer plus, ça ne veut pas dire que l'autre ne continue pas à pratiquer sa propre limite, à interpréter ce qui en sort.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le mercredi 27 novembre 2013 à 14h44

Siestacorta
Pour résumer, la friendzone, c'est quand il y en a un qui veut plus et l'autre qui n'en veut pas.

Moi j'appelle pas ça la "friendzone". Surtout que tel que le concept est utilisé, on laisse toujours entendre que c'est "foutu à jamais" si on "tombe dans la friendzone".

Alors que quelqu'un qui te dit un jour : "Non merci, j'ai pas envie de ça" peut très bien changer d'avis plus tard. Ca n'a rien de définitif. Et j'en sais quelque chose, d'expérience.

Et même en admettant que la "friendzone" ça soit ce que tu résumes, ben dans ce cas je ne vois pas pourquoi on chercherait à "en sortir", car là pour moi ça signifierait "chercher à contraindre l'autre". Et ça me gène profondément (et je sais très bien que c'est pas un truc que tu ferais).

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Siestacorta

le mercredi 27 novembre 2013 à 16h34

Ce n'est pas parce que ce n'est pas définitif que c'est illusoire le temps que ça existe. Si une relation a commencé par une friendzone et en sort plus tard, ça veut pas dire que le besoin amoureux était là depuis le tout début pour les deux. La friendzone avait sa motivation.

Pourquoi en sortir ? La friendzone est perçue par l'un quand rien d'autre n'est souhaité par l'autre. Toutefois, si on en éprouve le désir, on peut faire valoir l'intérêt de passer à autre chose, se faire valoir en autre chose qu'ami désensualisé, que ce soit pour une vision de séduction traditionnelle, ou pour une vision de partage de tendresse. Rendre cela souhaitable (pas que par la rhétorique et la justification intellectuelle des beautés de l'amitié tendre, hein, par le comportement aussi).
Ca ne marche pas à chaque coup, mais ça ne veut pas dire que c'est bête d'essayer.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le mercredi 27 novembre 2013 à 20h22

Siestacorta
La friendzone est perçue par l'un quand rien d'autre n'est souhaité par l'autre.

Oui ben alors on n'a pas la même définition.

Ce que moi j'appelle "friendzone" sous-entend l'acception courante du mot, qui signifie : "Maintenant qu'on est amis c'est comme ça à jamais et on ne pourra jamais rien être d'autre l'un(e) pour l'autre."

Je trouverais hyper violent que quelqu'un veuille me forcer à une relation "autre" si je n'en ai pas envie. Donc non, si je n'en ai pas envie ou si je sais avec certitude que l'autre n'en a pas envie, je n'essaierai pas d'en "sortir" !

Mais si comme GreenPixie le suggère, j'ai le sentiment qu'au contraire ça pourrait être évolutif, ben je propose, verbalement ou par mon attitude (se rapprocher doucement de quelqu'un par exemple, ne l'empêche pas de s'éloigner si cela le met mal à l'aise). L'autre est libre d'accepter ou refuser, et en prenant le temps de se connaître, on verra bien où ça nous mène.

Je suis "dans la friendzone" de certains depuis des années et ça ne me gêne pas plus que ça, je respecte leurs (non-)envies.

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Anarchamory

le mercredi 27 novembre 2013 à 21h03

Bonsoir,

Je signale ce post que j'avais écrit et qui me semble recouper pas mal les problématiques abordées ici :

/discussion/-LT-/Trucs-et-astuces-pour-susciter-le...

J'ai l'impression de changer depuis quelque temps, et je trouve ça un peu surprenant. Je me rends compte que la question de la réciprocité ne me taraude presque plus. Je pense que c'est à la fois une question de maturité affective (liée à la compréhension du caractère irrationnel et imprévisible de l'attirance et du caractère vain de la quête amoureuse), mais aussi qu'il y a un lien avec le polyamour.
Il faut dire qu'une amitié très tendre, par exemple, "apporte" déjà beaucoup de ce qu'on peut attendre d'une relation amoureuse (et ça rejoint ta "3ème zone", GreenPixie). Du coup, ben même si parfois je pourrais souhaiter plus, j'arrive à me contenter de ce qu'on est prêt à m'offrir au temps T. Or, en monogamie exclusive, la frontière floue amitié-amour est beaucoup plus rare, et souvent vue avec suspicion. Par conséquent, les amitiés développées sont souvent moins riches en affects, en tendresse, en sensualité... Tandis qu'en polyamour, on s'en fiche pas mal que la relation entre A et B soit ambiguë, ils font bien ce qu'ils veulent : il n'y a pas lieu de s'inquiéter que cette amitié très très tendre pourrait peut-être bien être de l'amour. Quand on aime et qu'on est poly, on ne compte pas ! :P
De plus, en polyamour, un refus ne ruine pas ta vie amoureuse, puisque tu peux avoir d'autres personnes que tu aimes et qui t'aiment avec qui tu es en relation. Bien sûr, chaque personne est unique et irremplaçable, mais l'impact n'est pas le même quand on essuie un refus, selon qu'on soit "tout seul" ou déjà en relation amoureuse —ou amicalo-amoureuse— avec d'autres personnes.

Sinon, j'ai tendance à penser que ce qu'on prend pour de la timidité est dans 99 cas/100 un manque d'attirance, et qu'il n'y a donc pas lieu de trop se poser de questions du genre : "comment aborder cette personne timide sans la choquer/blesser/faire fuire ?". La réponse qui marche dans 99% des cas c'est : "ça ne sert à rien de l'aborder, et si on ne voit pas de signe un tant soit peu tangible de rapprochement de sa part... c'est qu'il n'y a tout simplement pas de volonté de rapprochement".

Je suis bien convaincu qu'il n'y a pas un trop grand seuil d'amitié à partir duquel être amants / amoureux ne serait plus possible. Surtout chez les polys. Au contraire. Ce qu'il y a c'est que, peut-être, ainsi que le suggère aviatha, certaines personnes, à la base, ne nous attirent pas érotico-romantiquement, bien qu'elles soient supers intéressantes. On va donc vouloir être ami avec elles. Celles-ci, si elles sont attirées, et si elles finissent, parce qu'elles se sentent en confiance, par déclarer leur flamme, risquent fort, bien entendu, d'essuyer un refus, et vont penser que ce refus sera lié au fait qu'elles sont tombées dans la "friend zone" (impression accentuée si on leur sort le fameux : "mais je ne veux pas briser notre belle amitié !"). La vérité c'est qu'ils ne sont pas tombés dans la "friend zone", dès le départ, ils étaient déjà dans la salle d'attente de cette "friend zone".

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dominik

le mercredi 27 novembre 2013 à 23h59

@ siesta => Ma conclusion, je ne sais pas si c'est évident, c'est qu'il n'y a pas de friendzone unique, elle dépend des gens. ... / ... Les affinités qui font que ça passe bien ou pas, ça se décrète pas, ../..

c'est comme cela que je vois ces choses là ..

l'amour , l'amitié , la "friend zone" dans ce qu'elle pourrait avoir de dimension "autre" comme nous l'a re-souligné green pixie , je crois que cela ne se décrète pas , cela se ressent ... et comme tous les ressentis , cela peut de plus évoluer dans le temps , l'impermanence des sentiments en somme ..

j'aime bien aussi ce qu'en dit aviatha , sans voir les choses maintenant de façon aussi "entières" et pures , c'est plutôt sur ce versant là que je me suis situé tout au long de ma vie, un peu le coté "sacré" et bien cloisonné des choses de l'intimité amoureuse où amicale ... encore que, ces choses là évoluent lentement en moi également ...

et c'est d'ailleurs seulement depuis assez peu de temps que je comprends vraiment de façon claire (et total respect ) que d'autres fonctionnent dans des dimensions différentes .. certaines inter-action entre 2 personnes pouvant très bien déboucher vers des fonctionnements autres que "amour" versus "amitié" ... et pourquoi pas une ou des "zones" autres

et je rajouterai même que si je qualifie de "sacré" un mode de fonctionnement , ce n'est qu'un mot qui tente maladroitement d'éclairer ce fonctionnement , et surtout , cela ne retire rien à des modes de fonctionnements différents , car après tout , chacun(e) a bien le droit de trouver du "sacré" où tout autres choses , dans les modes d'intimités dans lesquels il où elle s'épanouit ...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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