Polyamour.info



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Combien de polys ?

Médias
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ScottBuckley

le mercredi 02 janvier 2013 à 21h38

Combien de polys (en France, et ailleurs) ?

Dans la série " minorité Vs majorité " (sic), j'ai entendu lors d'un très court reportage sur le polyamour (en guise de conclusion, diffusé sur youtube) : " Les polyamoureux seraient moins de 2% en France ", sur un ton qui laissait entendre, - du moins selon moi - , que c'est une pratique ultra marginale, et du coup presque méprisable, pas "représentative" du peuple français.

Présentés ainsi, pour sûr, les amours pluriels ça ne donnait pas trop envie, ça n'était pas dynamique, on ne sentait pas un courant en mouvement, de plus en plus médiatisé au niveau national, ni une nouvelle géographie amoureuse se dessiner sur la Carte du pays de Tendre du 21ème siècle.

Le polyamour est un arc-en-ciel de biodiversité, et le reportage nous montre tout juste très brièvement un aperçu d'une seule couleur de celui-ci (en l'occurence trois polyamoureux, vivant sous le même toit, plus facile "visuellement" pour un reportage télé), alors qu'on peut être poly pour de multiples raisons, bien différentes les unes des autres, et à des périodes de la vie bien différentes (étudiant-e, quadra, sénior...), à des niveaux de culture et de santé différents.

Présentés autrement, dans ce reportage télévisuel, on aurait pû dire : " Ils sont plus d'un million ( traduction des "2%" du reportage, à l'échelle des 65 millions de Français-es ) et sont de plus en plus nombreux à pratiquer le polyamour, préférant l'honnêteté de cette vie amoureuse plutôt que de se livrer lâchement à l'adultère en cachette comme ( x ) millions de personnes en France " .

Bon, je force un peu le trait, mais c'est une manière de dire que le reportage plaide à sa façon au final pour le monoamour (que l'on suppose pratiqué par 100 - 2% = 98% de personnes en France !), et que celui-ci serait un modèle majoritaire couronné de succès (là je "ris" intérieurement vues les statistiques catastrophiques sur les mariages et divorces et séparations), le tout sans le dire.

Présenter le polyamour en moins de sept minutes, quand le monoamour est lui omniprésent partout depuis des siècles, et assez peu contesté dans les médias, c'est un peu le pot de terre face au pot de fer.
Un peu comme si on nous disait, en filigrane : " There is no alternative to ... / Il n'y a pas d'alternative au monoamour exclusif " (c'est presque le discours que tenait Margaret Thatcher dans les années 1980 pour dire que le néolibéralisme / capitalisme n'avait pas d'alternative existante, qu'il est unique et hégémonique, et donc qu'il ne fallait pas le contester).

J'en profite pour citer cette phrase que j'ai lu l'autre jour, et qui va bien avec le sujet, je trouve :

" La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité " .
Albert Camus

Au plaisir de poursuivre cet échange avec vous !

Green pixie

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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LuLutine

le mercredi 02 janvier 2013 à 22h47

Tu aurais le lien vers ce reportage ?

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bouquetfleuri

le jeudi 03 janvier 2013 à 09h18

Bonjour Green Pixie,
tu soulèves un problème intéressant qui est celui de la norme "normalisante". Il suffit de la dire pour qu'elle s'impose et devienne l'étalon, la mesure avant de devenir l'archétype. Il en va ainsi de tous les poncifs qui encadrent l'appréhension des différences, par exemple les femmes seraient plus douces ou moins fortes que les hommes, les parents aimeraient leurs enfants etc. instituant des normes dont on a d'autant plus de mal à se défaire qu'elles sont intégrées dans leur forme d'outil de domination par ceux-là même qui en souffrent.

Je n'ai pas vu ce reportage, mais d'après ce que tu en rapportes, la première chose que je remettrais en cause, c'est la possibilité de compter les individus qui vivent leur mode de relation amoureuse sous l'angle de l'addition heureuse ou de la multiplication bienveillante. Combien de couples désignés comme des couples exclusivement monoamoureux font d'une diversité amoureuse la planche de salut de leur vie de couple et personnelle ? Combien de personnes font l'effort de remettre en question un schéma qu'elles ne choisissent pas et dont elles sentent bien qu'en biaisant un peu, elles seraient capables de reprendre en main un parcours qui leur échappe un peu ?

Cette dernière question me renvoie directement à une autre répartition : combien de personnes ont le courage d'affirmer leurs choix de vie amoureuse ou simplement l'expression de leur sexualité, combien ont la patience de réexaminer la manière dont elles s'inscrivent dans leur monde et comment elles rééchelonnent leur système de valeurs ?
J'attends une sérieuse étude sociologique avant de me pencher sur la pertinence des réponses à ces questions qui ne seraient pas seulement des impressions, ou des arguments journalistiques.
Pour ma part, je n'ai pas besoin de cela pour continuer à penser que laisser parler son désir et le nourrir de tout ce que d'autres ont pu penser sur la liberté, l'affirmation de soi, la découverte de son sujet est ce que l'on peut faire de mieux et que la société changera quand nous serons assez nombreux à le faire.
Peut-être qu'à deux pour cent, on n'est pas très loin d'un seuil critique qui bouleversera l'ordre du monde...

Comme LuLutine, je suis preneur du lien vers le reportage

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Clown_Triste

le jeudi 03 janvier 2013 à 11h58

Green-Pixie
[...]
Présentés autrement, dans ce reportage télévisuel, on aurait pû dire : " Ils sont plus d'un million ( traduction des "2%" du reportage, à l'échelle des 65 millions de Français-es ) et sont de plus en plus nombreux à pratiquer le polyamour, préférant l'honnêteté de cette vie amoureuse plutôt que de se livrer lâchement à l'adultère en cachette comme ( x ) millions de personnes en France " .
[...]

J'ai bien aimé ta façon ici d'illustrer comment le choix des mots et de la présentation met des faits "objectifs" en perspective. Tu devrais faire des reportages : )

C.T.

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Anarchamory

le jeudi 03 janvier 2013 à 15h44

Bonjour à tous, et puisqu'il est encore temps : bonne année 2013 ! :)

Ces questions démographiques m'intéressent au plus au point, et je pense qu'elles devraient intéresser tout un chacun qui est adepte des amours plurielles. En effet, je suis en train (depuis plus de 30 pages !) de défendre ma vision de l'amour sur un forum de discussion (Liberaux.org pour ne pas le nommer, et contrairement à Green-Pixie, je pense qu'il n'y a effectivement pas d'autres alternatives viables et justes au libéralisme, mais passons, ce n'est pas le sujet ;)). Or, on m'a sorti une objection qui, si elle ne remet pas entièrement en question le pluriamour, soulève quand même une difficulté qui ne m'était pas vraiment apparu jusqu'à lors.

Il m'a été objecté que les relations hommes/femmes sont inégalitaires du point de vue de la vision de l'amour. En clair, le pluriamour, en moyenne, ça intéresserait moins les femmes que les hommes. C'est une objection à prendre en considération car, sachant qu'il y a pratiquement autant d'hommes que de femmes, et si mettons, en moyenne, les hommes peuvent aimer simultanément 3 femmes, et les femmes seulement 2 hommes (je prends ces chiffres au hasard, pour expliquer le principe), alors un rapide calcul montre qu'en moyenne, un tiers des hommes ne pourront pas avoir du tout d'amoureuses et vont devoir se rabattre - selon les goûts - sur l'autosexualité, l'asexualité ou l'homosexualité... Par conséquent, aussi, ces hommes ne pourront pas avoir de descendance. Ainsi, même si, sur le principe, le pluriamour accorde exactement les mêmes droits aux hommes et aux femmes, il se transformerait, de facto, en un système inégalitaire excluant certains hommes de toute vie amoureuse hétérosexuelle, à cause d'un moindre attrait des femmes pour le pluriamour.

Il me semble donc important de pouvoir vérifier l'hypothèse centrale sur laquelle repose l'objection ; et pour cela, de connaître le nombre (approximatif) de pluriamoureux des deux sexes, ainsi que le nombre moyen de partenaires masculins simultanés pour les femmes et de partenaires féminins simultanés pour les hommes, au sein de la communauté pluriamoureuse.

Cordialement,
Mikaël

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Leolu

le jeudi 03 janvier 2013 à 16h15

Metazet : comme il a été écrit ici quelque part, les mathématiques (pluri)amoureuses ne sont pas si simples. Déjà, pour le couple ordinaire : 1 + 1 = 1 (...couple) ou 1 + 1 = 3 (...composantes).

Mais pour ce qui concerne le polyamour, il y a presque toujours des "enrôlements" plus ou moins forcés, donc des nouveaux membres des deux sexes à intégrer aux paramètres. Ainsi que des "conversions" spontanées ou façon "Monsieur Jourdain". Une grande part de ces fameux 98% étant susceptible d'entrer dans les 2% (et vice versa) à tout moment.

Pour les problèmes de misère affective, il faudrait, pour commencer à s'en préoccuper, que la proportion de polyamoureux devienne significative. Et de toute façon, elle est déjà présente dans la confrontation entre couples et célibataires...

Quant à l'affirmation : "le pluriamour, en moyenne, ça intéresserait moins les femmes que les hommes", j'aurais tendance à en douter.
D'abord, en observant l'échantillon visible dans ce site-ci. Ensuite en prenant bien en compte la véritable stabilité amoureuse qu'exige le polyamour (apprécié des femmes), contrairement au simple libertinage sexuel qui, à mon sens, aurait la préférence de beaucoup d'hommes.

Non, vraiment, s'il fallait appliquer les mathématiques à cette question, il faudrait mixer la probabilité à la physique (quantique) pour commencer à approcher d'une vérité première. Mais en tout cas sûrement pas une simple règle de trois ! :-D

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Apsophos

le jeudi 03 janvier 2013 à 19h43

MetaZet


Il m'a été objecté que les relations hommes/femmes sont inégalitaires du point de vue de la vision de l'amour. En clair, le pluriamour, en moyenne, ça intéresserait moins les femmes que les hommes. C'est une objection à prendre en considération car, sachant qu'il y a pratiquement autant d'hommes que de femmes, et si mettons, en moyenne, les hommes peuvent aimer simultanément 3 femmes, et les femmes seulement 2 hommes (je prends ces chiffres au hasard, pour expliquer le principe), alors un rapide calcul montre qu'en moyenne, un tiers des hommes ne pourront pas avoir du tout d'amoureuses et vont devoir se rabattre - selon les goûts - sur l'autosexualité, l'asexualité ou l'homosexualité... Par conséquent, aussi, ces hommes ne pourront pas avoir de descendance. Ainsi, même si, sur le principe, le pluriamour accorde exactement les mêmes droits aux hommes et aux femmes, il se transformerait, de facto, en un système inégalitaire excluant certains hommes de toute vie amoureuse hétérosexuelle, à cause d'un moindre attrait des femmes pour le pluriamour.

Il me semble qu'en effet le couple résulte en effet d'une considération économique, la ressource stratégique étant ici la femme. (d'ailleurs c'est pas pour rien si pendant l'Histoire on n'a souvent pas demandé son avis, sa préférence ou son "attrait pou" à la ressource) Il me semble également que pour ce point il n'y a en effet pas d'alternative au libéralisme :D
(rappel à propos de moi-même : je ne trolle jamais)

Sinon pour faire des statistiques sur une population, on peut faire des sondages. Même si j'imagine que personne ici n'aura les moyens de commander une étude, ce serait une étude facile à biaiser.

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Anarchamory

le jeudi 03 janvier 2013 à 20h45

Apsophos
Il me semble qu'en effet le couple résulte en effet d'une considération économique, la ressource stratégique étant ici la femme. (d'ailleurs c'est pas pour rien si pendant l'Histoire on n'a souvent pas demandé son avis, sa préférence ou son "attrait pou" à la ressource) Il me semble également que pour ce point il n'y a en effet pas d'alternative au libéralisme :D

Ben justement, en l'occurrence, je trouve que la monogamie, c'est plutôt du socialisme redistributif : on plafonne le nombre maximum de femmes autorisées à une seule par homme, afin d'éviter la concentration de "capitaux" à un nombre restreint d'hommes, et que chacun en ait une, de manière égalitaire :D

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gdf

le jeudi 03 janvier 2013 à 21h15

metazet
pour cela, de connaître le nombre (approximatif) de pluriamoureux des deux sexes, ainsi que le nombre moyen de partenaires masculins simultanés pour les femmes et de partenaires féminins simultanés pour les hommes, au sein de la communauté pluriamoureuse.

Il faut prendre en compte aussi les âges (au depart, il y a un poil plus d'hommes mais leurs vies de vices les fait mourrir plus tôt) et l'évolution des relations dans le temps (une femme peut avoir moins de relations simultanées mais plus de relations successives par exemple).
Ça fait un peu trop d'inconnu pour construire un modèle fiable...
Il nous faudrait Hari Seldon pour calculer l'évolution du nombre de polyamoureux.

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Anarchamory

le jeudi 03 janvier 2013 à 21h36

gdf
(une femme peut avoir moins de relations simultanées mais plus de relations successives par exemple).

Oui, mais là ça n'irait pas tellement dans mon sens, car j'essaye de défendre l'idée que le pluriamour est parfaitement compatible avec du CDI relationnel ;) Sinon, ça me chagrinerait personnellement, car j'accorde une valeur certaine au long-terme dans les relations en général, et prêche à qui veut l'entendre que non, fidélité et exclusivité, c'est pas la même chose, voire que la fidélité s'inscrit mieux dans l'inclusivité que dans l'exclusivité (puisque pas besoin de rompre une relation pour en entamer une autre, une fois admis le principe des amours plurielles...).

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gdf

le vendredi 04 janvier 2013 à 09h27

MetaZet
j'essaye de défendre l'idée que le pluriamour est parfaitement compatible avec du CDI relationnel ;)

Alors pour rappel, le I de CDI ne veut pas dire Infini mais Indéterminé. N'étant pas pratiquant, mon cas n'apportera pas d'élément. Cependant, il me semble que, certes, on peut commencer une nouvelle relation sans arrêter la première, mais que ça n'oblige pas à ce que toutes ces relations soient éternelles.

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maripoza

le vendredi 04 janvier 2013 à 12h28

gdf
Cependant, il me semble que, certes, on peut commencer une nouvelle relation sans arrêter la première, mais que ça n'oblige pas à ce que toutes ces relations soient éternelles.

bah de toute façon dans l'absolu on est obligé de rien !

par contre en lisant Leolu, MetaZet et Apsophos j'ai eu froid dans le dos... Une vision de la femme quelque peu étrange non ? :-(
Je pense que toute ces affirmation sont gratuites et que rien ne permet d'affirmer ou d'infirmer des phrases comme:

le pluriamour, en moyenne, ça intéresserait moins les femmes que les hommes
Ensuite en prenant bien en compte la véritable stabilité amoureuse qu'exige le polyamour (apprécié des femmes), contrairement au simple libertinage sexuel qui, à mon sens, aurait la préférence de beaucoup d'hommes.

Il me semble qu'en effet le couple résulte en effet d'une considération économique, la ressource stratégique étant ici la femme.
etc...

Une vision quelque peu réductrice et sexiste non? mais je suis sure que j'ai du me méprendre et mal interpréter le contexte de vos réponse ! :-/

et sinon moi aussi preneuse du lien !

:-)

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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ScottBuckley

le vendredi 04 janvier 2013 à 13h58

Clown_Triste
J'ai bien aimé ta façon ici d'illustrer comment le choix des mots et de la présentation met des faits "objectifs" en perspective. Tu devrais faire des reportages : )

C.T.

Merci Clown_triste !

Oui, le choix des mots et de la présentation est essentiel, et le choix des faits aussi (et comme on les choisit, ils ne sont plus totalement " objectifs " ! car l'angle de vue est du coup différent ;) . On peut dire " plan social " (sic) ... ou " licenciement massif " : même fait, mais traduction bien différente !

On peut traiter le thème du polyamour de mille façons, de façon hyper élogieuse ( " Le nouveau modèle miracle à faire adopter à toutes & tous " ) ou moraliste et négative, par exemple ( " ce sont des polygames chauds lapins immatures qui ne savent pas choisir entre deux êtres qu'ils aiment " ) .
On peut dans l'absolu opter pour le point de vue uniquement féminin, ou masculin, etc.

On pourrait aussi parodier ou imaginer un site forum " monoamour.info " en décrivant les déboires ou questions existentielles de nombreuses & nombreux monos, et en imaginant que le monoamour serait culturellement minoritaire dans une période historique (passée, future ?) ;) . Nul doute que ' la jalousie ' et ' la perte d'être quitté-e / seul-e ' serait là encore des thèmes récurrents !

Pour moi le polyamour c'est avant tout une nouvelle liberté amoureuse enfin honnête et lucide (sans "prince charmant" et sans " L'homme/ LA femme de ma vie " à chercher pendant des siècles en vain) et une option amoureuse en + (qui n'annule pas les autres) qui élargit la palette de couleurs des choix amoureux, pour conjuguer le verbe ' aimer ' avec moins de frontières (tout comme la tendresse, qui peut être amicale ou amoureuse ou les deux !), qu'on a le droit de connaître sans être regardé de travers, et qui mérite sa place comme mot nouveau dans le dictionnaire (surtout si on est un million ! :) .

Quand je regarde un dico "le robert" de poche, il y a des mots que presque personne n'utilise ("isomorphe", par exemple) alors que le nouveau mot " émoticône / smiley " a droit de cité depuis peu. Un jour j'espère que Alain Rey et ses collègues feront entrer aussi le mot ' polyamour '. Le dictionnaire sexe & rock ' Sexe libris ' (de Camille / Rue69 ) l'a déjà fait, d'autres peuvent suivre !

* Nb : ton conseil ( " faire des reportages " ) me touche, et c'est plutôt du côté de la BD (et de la BD-reportage) que je me tourne, car c'est un langage graphique bien plus universel (voir le succès de Marjane Satrapi avec Persépolis, d'Etienne Davodeau, de Joe Sacco, Guy Delisle...) .

Le jour où cette BD polyfriendly sortira (un 1er tome de 40 à 50 pages pour commencer, fin 2013 ?), même en français, je suis convaincu que des non-francophones pourraient être touché-es par ce qu'elle véhiculera, si la subtilité et la force des croquis et des mots sont là .

Un nouveau langage graphique reste à inventer pour parler des amours pluriels de façon sensible. Cela nous changera des mono-logues habituels !

A suivre ...

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ScottBuckley

le vendredi 04 janvier 2013 à 14h40

" Et sinon moi aussi preneuse du lien ! "

Mea culpa :
Oui, en fait en le regardant une nouvelle fois, ce petit reportage vidéo, je le trouve mieux (ou moins pire) que ce que j'avais en mémoire. Surtout quand j'en lis la transcription écrite placée ci-dessous, que je trouve assez équilibrée, et assez honnête. Ils citent même le taux d'échec des mariages monos.

Cela reste bien trop court à mon goût (j'avais dis "sept minutes", cela n'en fait que cinq, et ils appellent cela un " grand format "), et c'est une fois de plus Paris-o-centré (c'est à Paris que se trouvent la plupart des médias nationaux, et les 3 interviewé-es sont de Paris). Par contre c'est " cinq minutes " dans un JT d'environ 30 minutes et très regardé puisqu'il s'agit de France 2, donc beaucoup d'audimat.

Je reste à la recherche de DVDs, reportages et documentaires au long format (30 à 52 minutes idéalement) qui parleraient des amours pluriels (j'ai déjà vu et bien aimé ' La grande amoureuse ' dédié à la vie sentimentale et amoureuse de Françoise Simpère ! en sa présence à Paris) .

Et voici le premier lien :
amours.pl/medias-liste/?media_id=11
--> C'est celui de France 2 / Valérie Gaget / novembre 2011 .

... mais beaucoup d'autres liens figurent ici sur cette revue de presse avec extraits, vidéos... régalez-vous ! : amours.pl/medias-liste/

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Apsophos

le vendredi 04 janvier 2013 à 15h25

MetaZet
Ben justement, en l'occurrence, je trouve que la monogamie, c'est plutôt du socialisme redistributif : on plafonne le nombre maximum de femmes autorisées à une seule par homme, afin d'éviter la concentration de "capitaux" à un nombre restreint d'hommes, et que chacun en ait une, de manière égalitaire :D

C'est une manière d'acheter la paix sociale, comme les allocations avec lesquelles je vis, si on veut.

Maripoza (tu m'excuseras de rajouter une majuscule à ton nom, il tombe au début de ma phrase), tu sais que le langage permet des choses incroyables, comme par exemple exprimer tout à fait sérieusement une position qu'on ne partage pas ?

Pour résumer, si quelques hommes ont les moyens (quels qu'ils soient) d'avoir plusieurs compagnes et que la majorité n'en a pas, ils vont se rassembler et renverser ces tyrans ! Il vaut donc mieux leur laisser la perspective d'avoir une petite part du gâteau. L'anecdote forumienne rapportée par MetaZet prouve que cette conception n'est pas totalement diluée par des siècles de promotion de la monogamie hétérosexuelle par la fiction populaire et l'autorité morale.

Mon hypothèse concernant cette apparente disparité hommes-femmes est la même que pour toutes les apparentes disparités hommes-femmes : l'éducation (au sens large, regroupant donc cette fameuse fiction populaire dont je parle plus haut) façonne les petits garçons et les petites filles avec des outils de forme bien différente.
Diviser pour régner, tout ça.

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LuLutine

le vendredi 04 janvier 2013 à 18h37

Merci pour le lien, donc je l'avais déjà vu et pour un grand format du journal télévisé, je l'avais trouvé pas mal.

Et puis il n'est pas question que de Tomas, Meta et Aurélien, contrairement à ce que tu semblais dire ; enfin, des témoins qui veulent se présenter à visage découvert à la télévision, il faut en trouver....alors oui, ce sont toujours un peu les mêmes (Françoise, Guilain, Meta, Thomas, Aurélien...) !

Si tu connais d'autres volontaires, dis-leur de se présenter aux médias ^^ !

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Leolu

le vendredi 04 janvier 2013 à 18h58

mariposa
rien ne permet d'affirmer ou d'infirmer des phrases comme :

C'était un peu l'objet de la démonstration : "et si, moi, j'affirmais au contraire que..." ? L'inverse d'une généralité crée une nouvelle généralité, tout aussi discutable, puisque chacun peut constater des choses différentes autour de soi (ou en soi). J'ai juste eu besoin de ce postulat pour ajouter un paramètre de "calcul" dans cette balance imaginaire, c'est tout. :-)

Sinon la vidéo est plutôt bien faite, compte tenu du temps réduit de ce "grand format". Trois exemples bien différents, trois façons de vivre, sans exclure les contradictions apparentes (jalousie). Mais un minuscule cailloux dans un océan de certitudes !

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tentacara

le vendredi 04 janvier 2013 à 19h16

Merci Lulutine de rappeler que pour que les polyamoureux soient représentés correctement dans les médias, encore faut-il qu'ils acceptent de se montrer. En ce qui nous concerne, nous acceptons environ 1 reportage télé, 1 écrit et 1 radio par an. Nous sommes bien conscients que nous sommes très loin de vivre une situation répandue parmi les poly, c'est pourquoi nous insistons beaucoup sur les principes du polyamour et la grande diversité de ses applications. Malheureusement, nous ne sommes que rarement invités à influencer le montage.
Tous les reportages auxquels nous avons participé sont là :
www.inthemoodforlove.org (en principe, c'est à jour).

Nous ne saurions trop vous inviter à témoigner vous aussi, quelle que soit votre situation, si vous êtes "out" et que cela ne représente pas de risque social pour vous. Il est toutefois indispensable de faire attention à qui commande ou diffuse les reportages, beaucoup ont été trompés sur le but final du propos et quelques uns parmi les plus aguerris de la comm médiatique se sont retrouvés dans des sujets pour le moins tendancieux (je pense notamment à Françoise qui est apparue à son corps défendant dans un reportage zone interdite sur la polygamie - avec tous les sous entendus islamophobes que vous pouvez soupçonner.)
N'hésitez pas à demander des infos : nom du reporter, de la boîte de prod, nom de l'émission, chaîne de diffusion, googlez tout! Renseignez-vous minutieusement sur le sujet du reportage. Au besoin, n'hésitez pas à faire appel à nous pour des conseils.

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ScottBuckley

le dimanche 06 janvier 2013 à 20h54

Bonjour,

Avant toute chose, mes plus humbles excuses à Tentacara, car ma critique ne vous était pas adressée à vous trois (qui avez le courage de témoigner à l'écran), mais plutôt à nous (je m'inclus dans le "nous") qui sommes polys mais trop peu nombreux/ses en effet à témoigner. Nous sommes des centaines (voire + de 1000 ou 2000 ?) inscrit-es sur ce site ici, or ce sont souvent les mêmes qui se dévouent courageusement pour aller répondre à des médias, faute de réponses plus nombreuses venant d'autres coins de France, de Suisse, Belgique...

C'est de ma faute si l'adresse de la critique n'était pas claire, j'en porte la responsabilité. Et il me semble malgré tout que les médias et maisons de prods parisiennes y sont peut-être aussi un peu pour quelque chose (mais c'est peut-être plus compliqué pour eux et cela leur coûte plus cher peut-être de se déplacer avec une caméra en "province", en milieu rural, loin parfois de toute gare Sncf ?).

Pour ma part je ne suis pas contre témoigner, mais je préfère de loin par écrit (journal, site web, thèse universitaire, BD...) ou à la radio/voix audio/téléphone, pour l'instant pas en vidéo. Je suis à titre personnel pour le fait de témoigner si j'ai confiance en l'équipe ou en la personne qui interviewe, + dans son média, et, par exemple j'ai plutôt confiance en Camille (de Rue69).

Mais le polyamour est un sujet subtil, et un mot français encore très nouveau (inconnu des dicos), que trop peu de journalistes me semblent - pour l'instant - vraiment en mesure de " représenter " de façon équilibrée, et c'est parfois soit leur faute (leur culture, éducation, leurs a prioris...), soit une faute indirecte (format du média trop court, moyens de réalisation trop limités, censure par leur direction qui oriente le sujet vers du sensationnel genre "Vis ma vie" ou vers des mots détournés comme "polygamie"...), soit les deux.

Si vous avez des références de journalistes, de personnes, structures, médias, maisons de prods, qui vous semblent mieux que d'autres, qui ne vous ont pas trompé sur leurs intentions réelles, et dont le résultat (concernant les interviews et regard(s) sur le polyamour) a été à vos yeux honnête et réussi, je veux bien leurs noms et/ou contacts.

Cela pourrait nous encourager d'une part à regarder leur travail journalistique, leurs regards, leurs réalisations, et d'autre part peut-être à répondre "oui" si un jour illes nous sollicitent pour être interviewé-es (et les polys du territoire français ou de régions francophones seraient alors, qui sait, mieux représenté-es ?).

Qu'en pensez-vous ?

* Nb : mon ordi n'arrive pas à se connecter au site inthemoodforlove : cela vient-il de mon ordi, ou d'un problème technique autre ? Même en passant par un moteur de recherche ça ne marche pas là à 20h50 ce dimanche soir.

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ScottBuckley

le dimanche 06 janvier 2013 à 21h16

LuLutine
Et puis il n'est pas question que de Tomas, Meta et Aurélien, contrairement à ce que tu semblais dire

Oui Lulutine, là encore mea culpa, ma mémoire m'a joué un tour, mes excuses.

Quand à encourager des polys à témoigner à l'écran, ce sera (en ce qui me concerne) au cas par cas, et uniquement si les garanties sont assurées d'être écouté de façon honnête, et que le résultat ne soit pas bâclé, tronqué, détourné, volontairement ou involontairement par les journalistes ou personnes en charge du résultat (rédac' chef, maisons de prods, technicien-nes...).

Les amours plurielles sont les nuances d'une alchimie complexe, pas des couleurs noire et blanche opposées, pas des mots ("polygames" / "libertin-es" Vs "monos"), d'où la difficulté de trouver comment en parler, et à qui, en toute confiance.

Mais je suis confiant et je crois qu'avec le temps et les expériences, on réussira de part et d'autre à progresser en ce sens, vers des résultats meilleurs, plus équilibrés. A suivre ...

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