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Poly & LGBT : quels rapprochements possible ?

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Anarchamory

le lundi 28 janvier 2013 à 22h33

Boucledoux
sans développer sur ce que je pense sur le fond de ces gens là et des leurs combats, je pense que c'est assez évident, il y a quand même une autre de différence... qui est de fond aussi : ils sont du côté de la norme (et la plus rétrograde en plus) et du pouvoir... ce qui change quand même deux trois trucs : argent, réseaux, médias, ministres (enfin au moins ouvertement dans le gouvernement précédent), églises....Nous n'avons que nous et notre envie d'inventer notre façon de vivre... contre les normes dominantes. Perso je préfère mais du coup la comparaison est un peu biaisée non ?

La norme ? Elle n'est certainement pas au pro-vie : la plupart des gens sont favorables à l'ivg, les affiches "mon droit, mon choix, ma liberté " recouvrent les murs des villes, le planning familial a pignon sur rue et ses entrées dans les écoles, etc.

Le pouvoir? Pourtant, même le FN ne souhaite pas revenir sur le "droit à l'avortement . Seul le micro parti de boutin s'y oppose.

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Siestacorta

le lundi 28 janvier 2013 à 22h42

Feydeau, c'est quand même basé sur la cachotterie. Courteline je sais pas...

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Pierrot-tango

le lundi 28 janvier 2013 à 22h50

Boucledoux
sans développer sur ce que je pense sur le fond de ces gens là et des leurs combats, je pense que c'est assez évident, il y a quand même une autre de différence... qui est de fond aussi : ils sont du côté de la norme (et la plus rétrograde en plus) et du pouvoir... ce qui change quand même deux trois trucs : argent, réseaux, médias, ministres (enfin au moins ouvertement dans le gouvernement précédent), églises....

Nous n'avons que nous et notre envie d'inventer notre façon de vivre... contre les normes dominantes. Perso je préfère mais du coup la comparaison est un peu biaisée non ?

Effectivement, moi non plus je ne souhaite pas développer sur le fond de leur combat, retrograde, conservateur, plus que mâtiné d'une religiosité qui me fait parfois paraître pour virulent, voire intolérent vis à vis de toutes les religions dès que la conversation s'engage en soirée... Sur la forme: oui, il y a des limites. Des limites de moyens, d'ancienneté de la cause nous dirons. Cela dit, et c'est peut-etre parce que je suis tout jeune trentenaire, je constate qu'etre anti-ivg à mon âge, dans mon cercle de connaissances donc, est particulierement hors-norme et souvent très mal recu (et tant mieux finalement, meme si je préfère toujours le débat que la simple taxation de reac' pour discréditer... il 'arrive d'ailleurs de soutenir le contraire de ce que je crois vraiment pour susciter le débat).
Je crois que les anti-ivg (je me retrouve à parler d'eux alors que mon but au départ n'etait pas cela... mais pourquoi pas) sont minoritaires aujourd'hui. Très minoritaires. Je n'en sais strictement rien mais à vue de nez, s'il y a 10% de la population en France qui se dit anti-ivg, c'est un max. Mais peut-etre suis-je coupé de la réalité. Des réseaux existent, politiques, ils se meurent peu à peu, me semble-t'il. Mais les irréductibles sont très engagés. Ils utilisent des méthodes de com' qui peuvent être réutilisées. C'était donc mon propos. Arrêtons de parler de ces anti-ivg (ca m'apprendra...), parlons des méthodes de com' des anti-nuclaire si tout le monde est plus à l'aise avec cette cause. Des méthodes de com' tout court. Ou parlons des méthodes de com' des lgbt puisque c'est le thème et que c'est ce qui me semblait etre la seule passerelle envisageable.
Là où je ne peux que te donner raison, c'est que les gens se disant polyamoureux sont bien plus minoritaires que les anti-ivg. Mais ne parlons plus de cette cause dans ce fil, je crois que je polue le débat avec une cause qui ne me plaît guère en plus et que j'ai nommée pour souligner la diff' entre fond et forme.
Enfin, et c'est le plus important: oui, ces anti-ivg ont de l'argent, des réseaux (qu'ils entretiennent mais qu'ils pénètrent aussi (les comités ethiques "etude sur l'embryon" par exemple qui sont nouveaux, l'educ nat' aux USA), ont eu des ministres, ont des églises.
Mais les polyamoureux n'ont ils pas (je n'ai pas de certitudes) des philosophes pour eux, des ecrivains, des sociétés/civilisations anciennes en exemple, des mythes, éventuellement un peu d'argent aussi (un peu), une énergie surtout à vouloir défendre ou surtout faire connaître une cause qu'ils estiment salutaire?

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Siestacorta

le lundi 28 janvier 2013 à 23h04

Ben... La forme et le fond, message - medium tout ça...
Je me suis posé souvent la question de pourquoi beaucoup de configurations polyamoureuses ont un peu de mal à passer à la télé.
C'est un peu la même question.
Il y a, d'abord, un côté "spectacle". Si tu peux montrer trois personnes ensemble, et faire que les gens se demandent si il y a des parties triangulaires de temps en temps, c'est accrocheur.
Mais, au négatif, ya plein de gens qui ont une intimité plus complexe. Un polyamoureux, il passe pas son temps avec ses amoureux passés aux bras. Il vit sa vie, rencontre une fois l'un, une fois l'autre, le truc tellement banal à regarder que tu t'en fous complètement.

Et donc, le poly, c'est beaucoup du consentement banal (faites gaffe, ya des lapsus de lecture possible avec ces derniers mots), et un peu plus de confiance et d'empathie que de jalousie.
Faire de l'agit'prop sur cette base "simple", c'est pas donné.

Quand une affiche de pub te vend des assurances avec une meuf à poil, voir un gars qui fait un bisou à une puis un autre à une autre un peu plus tard, c'est pas vraiment "significatif".
Et ça en dit sur le fond de notre "cause": on a pas grand chose à réclamer aux pouvoirs publics, je crois. Si ya moyen d'assouplir le pacs et établir des communautés de vie plus larges, faut essayer, mais à part ça, c'est surtout que les gens arrêtent de s'affoler pour rien, qui serait intéressant.
"je suis poly"
plutôt "ah, et avec qui"
que "han, je pourrai JA-MAIS".

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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lam

le lundi 28 janvier 2013 à 23h16

Je me dis souvent que si je vis comme ça et que je suis bien et que ça se perçoit, c'est surement plus efficace que les affiches... Encore faut-il être 'out' en tant que poly, ce qui n'arrive pas forcément tout le temps. Pas facile effectivement de 'communiquer'

"Des tee-shirts 'poly'?"
:-P

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wolfram

le lundi 28 janvier 2013 à 23h31

@Siesta en gros, nos revendications ne pissent pas loin :)
Pour ce que tu dis, ce site, des blogs, un bouquin et des discussions quand le sujet se présente suffisent à mon sens... ça me convient.

qu'en est-il de ton avis ?

@lam tu m'as accusé, ici, de propos homophobes prétendument tenus sur mon site et tu ne les a pas démontré ; ostraciser, dénigrer et diffamer les gens ne fait avancer aucun combat surtout si tu veux fédérer les polyamoureux autour d'un projet commun.

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Siestacorta

le lundi 28 janvier 2013 à 23h54

Wofram : mon avis est plus sur les moeurs que sur le poly (je crains d'être répétitif).
Le poly pose, au fond, plus de problèmes aux gens que le libertinage, les fétichismes. On voit des godes dans les séries pour filles, donc bon, c'est pas tellement le cul, la question.

Mais les sentiments ? Les gens veulent garder une exclusivité, pas seulement sur une personne, mais sur leur for intérieur. Je crois qu'ils flippent de se dire "si ça non plus n'est pas une rareté, alors l'amour sera aussi banal que changer de marque de céréales".

Quand on nous dit "yen a marre de l'hédonisme consumériste gnagnagna", c'est ça : ils craignent de devenir interchangeables, jetables.
Ils n'ont pas confiance dans la profondeur des sentiments de l'autre.
Ils ne comprennent pas qu'on cherche pas à additionner les amours, mais plutôt à avoir du bonheur exponentiel (dans la limites des heures disponibles :-D )

Donc, en gros, je crois que les gens qui ont des moeurs plus fun devraient les manifester, faire des jeux avec, mettre les gens dans des situations ambivalentes, inhabituelles sans êtres nécessairement chocantes.
Je dirai, multiplier les soirées "no upset", avec des bis, des poly, des kinnky, sur un mode soft. Bouillonner ensemble et attirer jusqu'à ce que ça devienne une ambiance plutôt qu'un entre-soi.
Aller, peut-être, dans certains milieux voisins, et faire du polysplaining (héhé), là où les gens seraient plus intéressés que spectateurs.
Pisser dans des bénitiers. Ha, non, tiens.

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(compte clôturé)

le mardi 29 janvier 2013 à 01h04

lam
Je me dis souvent que si je vis comme ça et que je suis bien et que ça se perçoit, c'est surement plus efficace que les affiches...

<3

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Anarchamory

le mardi 29 janvier 2013 à 07h00

Siestacorta
Hmmm donc c'est mieux que les homos aient moins de droits, pour qu'ils paient plus d'impots que s'ils étaient hétéros ?
C'est... très discriminant, pour dire le moins ?

Rigoureusement parlant, les homos n'ont pas moins de droits que les hétéros. Les homos peuvent fort bien se marier... avec une personne du sexe opposé (même si ça ne les intéresse pas). De même, les hétéros ne peuvent pas se marier avec une personne du même sexe (mais de toute façon ça ne les intéresse pas). Il y a une égalité de droit d'accès au mariage "traditionnel". Il y a juste une différence de motivation et de capacité (mais la loi ne peut rien changer là-dessus).

Je crois que l'incompréhension entre nous tient à une différence fondamentale de conception du droit. Selon moi, droit et capacité sont deux choses différentes.

Je vais encore essayer d'éclairer mon point de vue avec quelques exemples :

¤ j'ai autant le droit que les catholiques d'aller à la messe, simplement ça ne m'intéresse pas (faut-il donc exiger une messe "athée" pour satisfaire mes préférences ? et si je vais à la messe et que je distribue là-bas des tracts en faveur de l'athéisme et que je me fais éjecter, est-ce de la discrimination injuste à mon égard ?).

¤ tout le monde a également le droit de se rendre dans un camp de naturistes, mais évidemment, si on veut y aller, il faut accepter de se mettre nu : si un camp de naturistes refuse l'entrée à quelqu'un qui veut garder ses vêtements, ce n'est pas une atteinte à ses droits ! on ne va pas interdire les camps de naturistes ou les obliger à accepter des personnes habillées, sous prétexte fallacieux de non-discrimination.

Le mariage "traditionnel" est donc fait pour les hétéro monogames (y compris les monogames "ouverts") comme la messe est faite pour les cathos, comme les camps de naturistes sont faits pour les naturistes.

En ouvrant le mariage civil aux couples homosexuels, il est donc faux d'affirmer que l'on accorde à une catégorie de la population un droit qui lui était jusqu'à présent refusé. On invente juste un nouveau truc, une nouvelle "institution", qui n'existait tout simplement pas avant, comme si on créait des messes pour athées ou des camps naturistes pour textiles...

La bonne question à se poser n'est donc pas : doit-on donner aux homos les mêmes droits qu'aux hétéros, car à cette question, la réponse est clairement OUI ! (et dans les faits, ils ont déjà les mêmes droits).

La bonne question à se poser c'est : doit-on inventer un nouveau type d'union (le mariage dit "pour tous"), en lieu et place du mariage "traditionnel" ?

Il y a des arguments pour et il y a des arguments contre. Mon avis est que c'est une mauvaise réponse à une bonne question qui est la suivante : comment organiser la vie commune et la succession entre tout ensemble de n personnes consentantes ? (ma réponse : par le droit privé)

Siestacorta Tu veux dire que c'est une motivation, un problème qui va faire plus se mobiliser les gens que, mettons, un (nouveau) rabotage de droits du travail ?

Tu as vu l'épaisseur du Code du travail ? C'est une véritable usine à gaz qui a pour résultat de freiner les activités économiques et d'étouffer le marché de l'emploi. Il faudrait simplifier tout ça.

Siestacorta
Je checke ma conscience perso... Ok, va pour plus d'impots si c'est à cause de ça. Bon, faut prévenir "le cri du contribuable", quand même, qu'ils devraient s'intéresser à la sexualité.

Ce n'est pas une question d'orientation sexuelle, c'est question de la nature du couple. On pourrait très bien imaginer un gay et une lesbienne se mettre en couple ensemble, se marier, avoir ensemble un enfant (par insémination artificielle "artisanale"), et vivre leurs amours à côté, avec des amants (cela contribuerait d'ailleurs à distinguer, dans l'esprit des gens, entre l'amour romantique et la fonction procréatrice, et donc à lever un des principaux obstacles cognitifs au polyamour).

Cela étant dit, je ne défends pas le mariage civil "traditionnel", ainsi que je l'ai déjà dit. Il est clair que ce dernier est instrumentalisé par des couples qui ne souhaitent pas d'enfants et qui ne recherchent que les avantages fiscaux ou à essayer de donner une légitimité républicaine à leur amour (ce dont la République n'a que faire).

Même si ce n'était pas le cas, l'Etat n'a pas à se mêler de la vie privée des gens, à octroyer des privilèges à certains au détriment des autres. Le taux et l'assiette de l'impôt devraient être les mêmes pour tout individu (il me semble que calculer l'impôt par foyer n'est pas une très bonne idée).

Siestacorta
Pas d'enfants à naître d'un couple homosexuel... Bon, déjà, une lesbienne ça a des ovaires. A moins de changer la fiscalité pour les bâtards d'hétéros, je vois pas pourquoi j'irai dire que l'usage des matrices sera plus ou moins régi par la loi en fonction de la sexualité.

Je ne vois pas non plus. Mais est-ce que j'ai dit que j'étais opposé à l'autorisation de la GPA et de la PMA pour tous ?

Siestacorta
Ensuite, que tu procrées ou adoptes un enfant, tu prends en charge. Et dans les deux cas tu entres dans le renouvellement démographique...

Bref : qu'une famille se fasse par la procréation ou autrement, il y a des parents, des gosses, des relations de famille.
Ca vit ensemble, ya des couches, des biberons, des jeux des rires et des nuits incomplètes ?
Famille. Même droits.
Point barre.

Si je suis célibataire, que j'adopte un enfant, je devrais donc pouvoir me marier tout seul avec moi-même ? (la question est sérieuse)

Siestacorta
La seconde exigence ne me parait pas moins légitime pour autant.
Les droits et les libertés ne tombent pas du ciel : faut les demander, se bagarrer pour. Personne ne te les donne si tu ne pousse pas à la roue.

Le problème c'est que si tu exiges d'avoir le droit que quelqu'un fasse quelque chose pour toi contre sa volonté (par exemple qu'il t'accepte), alors on peut exiger semblablement de te contraindre à faire quelque chose pour quelqu'un d'autre contre ton gré (par exemple te contraindre à la monogamie pour satisfaire le consensus mou).

Hop, un p'tit lien qui éclairera ma conception du droit :
www.wikiberal.org/wiki/Faux_droits

Siestacorta
Après, c'est toi qui décides de ce que tu trouves juste et nécessaire.

D'après moi, le seul usage légitime de la force contre quelqu'un c'est pour l'empêcher de faire usage de la force contre quelqu'un d'autre sans son consentement.

Siestacorta
Je trouve que c'est juste d'avoir les mêmes droits qu'on soit homo ou hétéro. Que mon pays doit traiter tout le monde pareil.

Je suis d'accord, mais donc, comme je l'ai dit, c'est déjà le cas. La question du "mariage pour tous" n'est pas une question d'égalité des droits.

Siestacorta
Si ma fille devait devenir lesbienne, je veux être sûr qu'elle le soit dans une société où elle n'aura pas plus d'emmerdes avec le mariage que si elle était hétéro.

Si le mariage civil est supprimé, elle n'aura pas plus d'emmerdes avec le mariage que si elle était hétéro :-D

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Apsophos

le mardi 29 janvier 2013 à 15h07

Siestacorta
Ils n'ont pas confiance dans la profondeur des sentiments de l'autre.

Axe d'observation intéressant. Beaucoup de gens ne manqueraient-ils pas de confiance dans leur propre profondeur en général ? On fait parfois remarquer que ce forum (entre autres) est un repaire de gens instruits et cultivés, est-ce que par hasard il n'y aurait pas un lien avec une forme de confiance en soi (pas forcément dans l'action, mais dans "l'état" et dans la réflexion), quelque chose qui fait qu'on s'aime en premier lieu nous-même pour ce que nous sommes, et qu'on cherche donc à aimer les autres, et à être aimé, de la même façon, et donc indépendamment du fait d'"être avec" quelqu'un ?

Ou alors c'est encore moi qui pars dans des hypothèses fumeuses, mais que voulez-vous j'aime ça.

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Siestacorta

le mardi 29 janvier 2013 à 16h33

Dire qu'homos et hétéros ont les mêmes droits face au mariage aujourd'hui (argument de boutin : les homos peuvent se marier... si c'est avec un hétéro), ça me fait penser à ce dessin (autre débat)

www.lolroflmao.com/wp-content/uploads/2012/04/educ...

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Siestacorta

le mardi 29 janvier 2013 à 16h51

MetaZet
Je ne vois pas non plus. Mais est-ce que j'ai dit que j'étais opposé à l'autorisation de la GPA et de la PMA pour tous ?

non, tu disais que les couples homosexuels ne sont pas féconds.
Je te dis que si, une mère lesbienne est féconde, donc que son couple l'est
Maintenant, il y a des outils médicaux, mais, pour elle, c'est même pas obligatoire, si elle veut un gosse, elle le peut autant que si une mère hétéro avait fait un enfant alors que son mari est stérile. La loi ne ferait pas la différence pour cet enfant là, parce que, par défaut, on ne demande pas si le père est géniteur. Le couple serait fécond mais le père stérile dans ce cas... mais avec les droits de mariés. Bon, ben pareil, on égalise par le haut.

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Reveur

le mardi 29 janvier 2013 à 18h41

Que les polys et LGBT aient envie d'être amis ou plus si affinités ça je le conçois bien. Mais on voit bien dans ce débat que les points communs de revendication envers la société semblent bien rares... Il ne me semble pas que les polys aient envie de Mariage, avec tout ce que l'attachement à ce terme suppose (à quand des revendications pour le mariages pour tous à l'église :)) Nous n'avons pas non plus besoin de lois anti poly phobie :), du moins pour l'instant. Par contre faire voter quelque chose pour pénaliser la jalousie ça ça pourrait être marrant et plus dans notre "orientation" :)
Bon d'accord je sors :)

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Anarchamory

le mardi 29 janvier 2013 à 19h36

Siestacorta
Dire qu'homos et hétéros ont les mêmes droits face au mariage aujourd'hui (argument de boutin : les homos peuvent se marier... si c'est avec un hétéro), ça me fait penser à ce dessin (autre débat)

www.lolroflmao.com/wp-content/uploads/2012/04/educ...

Et pourtant, tous ces animaux ont bien le même droit de grimper sur l'arbre, même si seul le singe peut le faire...

L'erreur est en amont, au niveau de la première phrase : "For a fair selection, everybody has to take the same exam".

L'idée de faire passer un même examen à tout le monde n'a rien de libéral et est contre-productive. Cela tend à instaurer une hégémonie et à gâcher des talents alors que la diversité est une richesse. Il faut accepter le fait que tout le monde est différent, et que celui qui n'est pas doué dans un domaine peut être doué dans un autre domaine. Ensuite, l'idée même de sélection n'est pas forcément mieux lotie. Sélection par rapport à quoi ? Si c'est sélection dans l'absolu, c'est idiot. Il faut des critères adaptés, qui permettent de faire émerger les personnes les mieux qualifiées pour tel ou tel type de tâche. Quant aux autres, elles trouveront peut-être ailleurs de quoi se réaliser. Dans une société libérale, chacun serait libre de commencer à travailler - éventuellement à son compte - sans justifier de diplômes ou d'autorisations administratives. Il y a toujours moyen de trouver à se rendre utile.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Anarchamory

le mardi 29 janvier 2013 à 19h48

Siestacorta
non, tu disais que les couples homosexuels ne sont pas féconds.
Je te dis que si, une mère lesbienne est féconde, donc que son couple l'est

Non, car c'est par un élément extérieur à son couple qu'elle peut enfanter. Sa compagne n'y sera pour rien. Biologiquement, elle ne sera pas la mère de l'enfant porté par sa compagne.

Siestacorta
Maintenant, il y a des outils médicaux, mais, pour elle, c'est même pas obligatoire, si elle veut un gosse, elle le peut autant que si une mère hétéro avait fait un enfant alors que son mari est stérile. La loi ne ferait pas la différence pour cet enfant là, parce que, par défaut, on ne demande pas si le père est géniteur. Le couple serait fécond mais le père stérile dans ce cas... mais avec les droits de mariés. Bon, ben pareil, on égalise par le haut.

Je ne veux pas empêcher les couples de lesbiennes de faire appel aux mêmes techniques que les couples hétéros dont le mari est stérile. Je me demande simplement : l'Etat doit-il institutionnaliser la chose ? Remarque que je me pose la même question avec le mariage "traditionnel", pour les raisons déjà données. Et plus on s'éloigne de la configuration "normale", plus la question se pose. C'est pourquoi je suis assez d'accord avec ton idée d'égaliser par le haut, sauf que selon moi, égaliser par le haut, ça veut dire séparer totalement le mariage de l'Etat.

Et si la loi ne demande pas si le mari est le géniteur, c'est parce qu'en principe, c'est bien le cas. Dans le cas d'un couple de lesbiennes, il y en a forcément une des deux qui n'est pas génitrice. Ça tombe sous le sens.

Bon, comme tu n'as pas commenté le reste, j'en infère que tu es d'accord.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Siestacorta

le mardi 29 janvier 2013 à 21h10

Non, pas d'acc sur le fond.

Je crois contre-productif de ne pas soutenir un progrès imparfait sous prétexte qu'il y a une perfection envisageable. Ce serait un peu comme s'engager à être juste à condition seulement que tous les autres se soient mis tous d'accord pour construire un paradis terrestre.
Mettre la barre haut pour ne pas monter les échelons à portée.
Remettre au grand soir toute améliration possible des conditions de vie.

J'entend bien en quoi tu estimes le contrat privé plus intéressant, adapté à d'autres usages... Le principe est bon.
Mais puisque l'adaptation du mariage passe mieux, on fait flèche de tout bois. Ca désacralise la famille "traditionnelle", ça ouvre des possibles en pratique, ça s'inscrit dans une suite d'actions poitiques.... Donc, ben c'est une étape valide, à mes yeux.

Et tant pis si les homos auprés desquels j'ai été ne rendront pas la pareille si les poly avaient un jour une pression politique à mettre... Un liberté gagnée pour eux, ça fait une petite frange qui en voudra un peu plus.

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Siestacorta

le mardi 29 janvier 2013 à 21h23

MetaZet
Non, car c'est par un élément extérieur à son couple qu'elle peut enfanter. Sa compagne n'y sera pour rien. Biologiquement, elle ne sera pas la mère de l'enfant porté par sa compagne.

Ni fécond, ni stérile. Que fait la police...

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Anarchamory

le mardi 29 janvier 2013 à 21h46

Siestacorta
Non, pas d'acc sur le fond.

Je crois contre-productif de ne pas soutenir un progrès imparfait sous prétexte qu'il y a une perfection envisageable. Ce serait un peu comme s'engager à être juste à condition seulement que tous les autres se soient mis tous d'accord pour construire un paradis terrestre.
Mettre la barre haut pour ne pas monter les échelons à portée.
Remettre au grand soir toute améliration possible des conditions de vie.

J'entend bien en quoi tu estimes le contrat privé plus intéressant, adapté à d'autres usages... Le principe est bon.
Mais puisque l'adaptation du mariage passe mieux, on fait flèche de tout bois. Ca désacralise la famille "traditionnelle", ça ouvre des possibles en pratique, ça s'inscrit dans une suite d'actions poitiques.... Donc, ben c'est une étape valide, à mes yeux.

Je ne verrais pas la chose comme un progrès imparfait (*), mais éventuellement comme un moindre mal qui peut déboucher sur un mieux (un peu comme la déchristianisation violente qui a entouré la loi de 1905). C'est pourquoi, même si je conteste le projet en théorie, je n'irai pas manifester contre non plus en pratique, et si le projet passe, ça ne m'empêchera pas de dormir. Je pense qu'il y a plus prioritaire que ça.

Après tout, peut-être que le "mariage pour tous" permettra de prendre conscience du caractère obsolète et incohérent du mariage civil en tant que tel et ouvrira la voie vers la privatisation du mariage ?...

(*) un progrès imparfait, ça serait par exemple que les obligations entre les époux deviennent optionnelles pour certaines d'entre elles, qu'il y ait davantage de régimes matrimoniaux possibles et qu'on puisse même y apporter des variantes personnelles, que l'on supprime l'obligation de contracter un mariage civil avant de célébrer un mariage religieux, etc.

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lam

le mardi 29 janvier 2013 à 23h33

Apparté
@wolfram: heureusement, je ne cherche pas à fédérer les polys autour d'un projet commun. C'est déjà beaucoup que des gens se reconnaissent dans une définition commune.

Sinon, j'ai relu le truc qui me choquait et je m'excuse: ce n'est pas homophobe. J'avais mal compris le lien entre l'histoire des faits divers et l'intention de l'enquête.
Je crois bien que j'ai lu en diagonale tant le déferlement d'homophobie ambiant (en ces temps de polémique autour du mariage pour tous) me hérisse le poil.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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lam

le mardi 29 janvier 2013 à 23h58

MetaZet
Après tout, peut-être que le "mariage pour tous" permettra de prendre conscience du caractère obsolète et incohérent du mariage civil en tant que tel et ouvrira la voie vers la privatisation du mariage ?...

Pour moi ça ne peut pas être rétrograde de changer, biaiser, élargir l'institution du mariage (et de la famille) dans l'idée d'une évolution vers des formes d'organisation plus souples et modulables.

Je comprends ta vision où l'état devrait se dégager des arrangements interpersonnels, mais... on vit aujourd'hui et maintenant. C'est progressivement que les valeurs sociétales évoluent, le mariage civil ne sera certainement pas supprimé sous peu.

Je pense en tout cas que le débat "mariage pour tous" fait se questionner sur l'institution du mariage, sur les liens choisis entre les gens, sur la filiation. Ca fait aussi qu'on entend plus parler du bilan de l'institution "famille" aujourd'hui, ce qui donne du grain à moudre.
Pareillement sur la question de "dé-biologiser" la filliation.
En vrai surement que pas mal de monde s'en fout, mais en voyant les réactions fortes que ce débat suscite je me dis que ça génère des questionnements profonds sur "le mariage", "la famille" et je ne vois pas comment cela pourrait nuire à la cause polyamoureuse qui elle aussi remet en question la norme des cadres existants.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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