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Le polyamour n'est pas une destination, mais une manière de vivre ?

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ScottBuckley

le mardi 08 janvier 2013 à 13h37

Bonjour à toutes & tous,

En lisant cette citation " Le bonheur est une manière de vivre, pas une destination " (citation de Roy Goodman ?), j'ai aussitôt pensé aux amours plurielles (étonnant, non ? ;) )

Reformulée, cette citation pourrait être :
Les amours plurielles sont une manière de vivre, pas une destination. Pas un “bon port” à atteindre.

Il y a derrière cela l'idée de vivre autrement, de voyager différemment, et où le temps du voyage en lui-même, les multiplicités de chemins empruntés, les coeurs découverts, sa douceur, sa lenteur, sont plus essentielles que l'idée d'une " destination finale " à choisir et cocher une fois pour toutes dans une liste préétablie d'une agence de "voyages organisés" (sic) . *

On pourrait ainsi partir non pas pour "faire le Népal" (sic) tel un touriste occidental, mais pour faire des rencontres, humaines, conviviales, sentimentales, tout au long d'un chemin, d'un itinéraire, plus ou moins annoté à l'avance, l'espace d'un week-end, de quelques semaines, quelques mois...

Chercher " l'homme ou la femme de sa vie " c'est chercher une forme de destination finale, qui pourrait être scellée “à vie” par un mariage, avec promesse officielle, publique et juridique de garder cette personne dans votre coeur et dans votre lit jusqu'à votre dernier souffle.

Les amours plurielles, me semble-t-il, cherchent davantage une liberté et une franchise amoureuse dans la multiplicité des chemins, des êtres, sans savoir avec quelle(s) personne(s) elles poursuivront voire finiront leurs vies.

Et entre chaque relation, en guise de ponctuations,
non pas un ' point .
final ' qui clot, mais deux points qui ouvrent :
un point virgule qui fait une pause et respire, mais ne sépare pas ;
une parenthèse ouverte ) (
, des points de suspension pour titiller notre suspense ...

... jusqu'à de nouvelles rencontres, telles des pépites ou étoiles inédites qui brillent encore de tous leurs feux *

C'est une toute autre philosophie de vie(s), comme si on libérait notre esprit d'une seule direction à prendre, d'un mono gouvernail à saisir, devant l'infini de l'océan.

Une manière de dire ' Le hasard fait bien les choses, aidons-le ! '

Comment voyagez-vous ?
Voyagez-vous comme vous ' aimez ' ?

Qu'en pensez-vous ?

* Nb : pour un éloge du voyage désorganisé, lire l'anthropologue Franck Michel, notamment ' L'autre sens du voyage : manifeste pour un nouveau départ ' (éditions Homnisphères) , ainsi que d'autres livres portant sur l'autonomie, l'évasion, l'esprit libre nomade .

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Françoise Simpère (invité)

le mardi 08 janvier 2013 à 13h59

100% d'accord, bien au-delà des relations amoureuses, les amours plurielles sont une façon d'ouvrir le monde, de s'ouvrir à lui, de découvrir et savourer sans barrière l'infinie variété des êtres, et effectivement cela devient alors un état d'esprit.

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Goldmund

le mardi 08 janvier 2013 à 14h31

Dans le même ordre d'idée je réitère la citation de Lao Tseu que j'avais utiliser pour mes voeux:

" le vrai voyageur n'a pas de plan établi et n'a pas l'intention d'arriver" .

Pour moi voyager c'est être ouvert au monde qui m' entoure, aux êtres qui le peuple. se laisser surprendre par les rencontres, les vivres simplement, généreusement, amoureusement. Avancer là où la vie et l'amour me portent sans certitude que celle d'être un vivant désirant être vivant. Voyager c'est ne jamais se fixer, s'arrêter en pensant être arrivé (même si voyager c'est aussi prendre le temps des rencontres et les vivres pleinement: voyager dans la rencontre!). Arriver c'est mourir.
Aucune vie n'est linéaire, écrite d'avance. La vie n'est jamais une morne autoroute , elle est plutôt chemins de traverses . Pour moi ces chemins n'ont d'autre sens et de but que de nous faire nous découvrir nous même et le monde qui nous entoure. Cette quête est infinie comme la vie et l'amour.
J'aime recevoir la vie et l'offrir en partage. J'aime être vivant!

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bouquetfleuri

le mardi 08 janvier 2013 à 14h35

Je vais mettre mes pas dans ceux de Françoise...
Les relations amoureuses ne sont finalement que l'expression parfaite, parfois idéale, parfois idéalisée de la façon dont on tente, et réussit, de s'inscrire dans notre monde, dans notre rapport à l'autre, dans l'appréhension de toutes les différences, dans l'individuation comme un projet d'exister avec ses choix et tout ce que l'on peut offrir aux autres.
Le "bonheur" ou l'idée de bonheur accompagne alors des rencontres particulières, qui par ailleurs peuvent être heureuses même dans la souffrance, le rose permanent n'étant pas une couleur bien naturelle.
C'est bien le choix d'aller vers la richesse de l'autre qui construit la sérénité nécessaire pour le faire, comme une philosophie bien outillée.

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demeter

le mercredi 09 janvier 2013 à 20h39

Le bonheur n'est sans doute pas une destination, il n'est probablement pas un chemin du tout. Le polyamour est le récit de quelqu'un qui a suivi une route, une balise sur un parcours de vie déjà écrit, une "obscure clarté" sur la vie et, comme le dit bouquetfleuri, une expression d'une manière d'exister dans le monde. Il y a, aussi surement, d'autres façons d'être vivant, d’autres manières de voyager, d'autres manières de rencontrer l'Autre, d'autres bonheurs.

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demeter

le mercredi 09 janvier 2013 à 20h44

Et puis, malheureusement, il y a aussi des histoires qui s'écrivent dans les larmes et qui s'y noient. Celles là ne rencontrent jamais le bonheur.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Pive

le mercredi 09 janvier 2013 à 22h19

[Bonjour Polyamour.info, c'est mon premier post sur ce site !]

Merci Green-Pixie de nous faire partager cette réflexion que je trouve intéressante et qui rejoint en plus ma propre expérience, ma propre "vue" sur le sujet qui s'essaye à voir de ce que j'ai devant les yeux et de pouvoir m'en émouvoir plutôt que de me concentrer sur un point à venir en estimant le chemin qu'il reste à faire.
J'aimerais peut-être étendre la réflexion, au risque d'être complètement à côté du sujet, à partir des deux paragraphes suivants (et tant pis si c'est du graillage de mou, comme on le dit chez moi) :

Green-Pixie
Chercher " l'homme ou la femme de sa vie " c'est chercher une forme de destination finale, qui pourrait être scellée “à vie” par un mariage, avec promesse officielle, publique et juridique de garder cette personne dans votre coeur et dans votre lit jusqu'à votre dernier souffle.

Les amours plurielles, me semble-t-il, cherchent davantage une liberté et une franchise amoureuse dans la multiplicité des chemins, des êtres, sans savoir avec quelle(s) personne(s) elles poursuivront voire finiront leurs vies.

Dans ce qui me dérange là-dedans, c'est le verbe "chercher".
Dans un premier cas, celui du premier paragraphe, il est très claire que la "recherche" est quelque chose de négatif. En plus de la vision morbide d'une "destination finale" il y a surtout un cheminement absolument fermé à tout autre chose que ce but-là. Chercher, c'est avoir un regard particulier sur les événements, même si on se transpose sur la métaphore du voyage. Lorsqu'on cherche quelque chose dans une rue qui nous est étrangère, on ne "voit" pas cette rue, on s'en prive.
A partir de là, si j'étends cette idée au second paragraphe, quelque chose me gêne. C'est à nouveau cette "recherche". Je peine à concéder qu'on puisse parler de liberté avec une consigne telle que la "recherche" puisque la liberté serait pour moi justement l'absence de recherche pour vivre tout simplement.

A quel point peut-on dire que le bonheur est "une manière de vivre" ? A quel point pont-on dire qu'il y a un bon type et un mauvais type de carte ou de chemins ? Le polyamour n'est-il pas plutôt une ouverture plus simplement ?

Se fixer, se "marier", partager un maximum de son temps avec une même personne jusqu'à la fin de ses jours... Je suis d'accord qu'il peut être malsain de prendre cette situation pour but, mais faut-il pour autant repousser tous les chemins qui pourraient mener à une destination finale, sous prétexte qu'il faudrait toujours être en voyage ?

Je pense qu'il faut être ouvert à la vie, que c'est bien de s'ouvrir des possibilités mais pourquoi fermer les autres ?

Bien à vous tous,

La Pive.

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ScottBuckley

le mercredi 09 janvier 2013 à 22h44

demeter
Le bonheur n'est sans doute pas une destination, il n'est probablement pas un chemin du tout.
Le polyamour est le récit de quelqu'un qui a suivi une route, une balise sur un parcours de vie déjà écrit, une "obscure clarté" sur la vie et, comme le dit bouquetfleuri, une expression d'une manière d'exister dans le monde. Il y a, aussi surement, d'autres façons d'être vivant, d’autres manières de voyager, d'autres manières de rencontrer l'Autre, d'autres bonheurs.

Hum, " le polyamour : un récit, une personne, une route, une balise, un parcours de vie déjà écrit, une obscure clarté " ? Un et un seul ? Une fatalité digne d'un spleen ou soleil noir de Baudelaire ?
Non, je ne le vois pas comme cela.

Les amours plurielles (expression plus longue, en deux mots, certes ce n'est pas un adjectif, mais c'est plus riche et plus juste, je trouve, quand il y a la place), comme leur nom l'indique, sont avant tout une et même des ouvertures : on ne se résigne pas à un horoscope, à un supposé "destin" venu d'en haut, on ne regarde pas d'un monocle une vie monochrome, ou une seule personne, on ne regarde pas uniquement dans la même direction qu'elle, on ne cherche pas " l'homme ou la femme sa vie " ni sa "moitié" .
On est plutôt dans des regards et des pratiques multiples, on cherche, on confronte son point de vue aux autres, sa jalousie, ses peurs, ses réalités aux autres vécus ...

Et bien sûr oui, parfois comme vous le dites il y a de la tristesse, des larmes, mais comme partout, chez les monos comme chez les polys. Aucune recette miracle ni autoroute ni vie linéaire ne mène au bonheur. Ce serait trop simple (et bien laid, je trouve, la routine garantie à vie).

Mais pour voyager et avancer, à cheval sur la vie, on retire ses oeillères, pour avoir un angle de vue plus proche de 360° . On reste des êtres mortels, mais aussi des personnes plurielles, moins pessimistes, plus hédonistes, et peut-être plus heureuses ...

' A la fin le pessimiste aura, peut-être, un jour raison, mais l'optimiste aura mieux vécu ' .

(citation d'anonyme)

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Katouchka

le jeudi 10 janvier 2013 à 09h13

Je trouve la question intéressante, le débat assez élevé et j'hésite avant de dire quoi que ce soit car j'ai l'impression que beaucoup de choses m'échappent. Je ne comprends pas tout effectivement. Peut-être parce que je n'ai jamais ressenti l'envie ni le besoin de connaître plusieurs amours en même temps.
Mais quelque chose me chiffonne...

Green-Pixie
Les amours plurielles (...), comme leur nom l'indique, sont avant tout une et même des ouvertures : on ne se résigne pas à un horoscope, à un supposé "destin" venu d'en haut, on ne regarde pas d'un monocle une vie monochrome, ou une seule personne, on ne regarde pas uniquement dans la même direction qu'elle, on ne cherche pas " l'homme ou la femme sa vie " ni sa "moitié" .
On est plutôt dans des regards et des pratiques multiples, on cherche, on confronte son point de vue aux autres, sa jalousie, ses peurs, ses réalités aux autres vécus ...

Est-ce qu'il serait sous-entendu que les monogames, eux, regardent dans un monocle, qu'ils estiment qu'il n'existe qu' un homme ou qu'une femme de leur vie, qu'ils sont tous persuadés d'avoir un destin?
Les monogames ont des oeillères?
Quelle vision du monogame?
Moi qui le suis (encore un peu) je peux te dire que ce n'est pas du tout comme ça que je vois les choses. J'ai conscience qu'il n'y a pas un homme de ma vie (j'en ai déjà connu 3 et je sais que j'en rencontrerai peut-être encore!) De mon point de vue de mono, pour vivre pleinement un amour, il faut d'abord le rencontrer, puis il faut du temps, de l'énergie et parfois même de l'argent, alors pour 2, 3, 4 amours il faut multiplier tout ça. Ce n'est pas parce qu'on ne choisit pas ce chemin qu'on n'ignore qu'il existe. Il y a aussi des monogames qui réfléchissent... et pour un tas de raisons qu'ils leur sont propres restent monogames. Je sais que tu ne pensais surement pas cela mais comme c'est écrit on pourrait le penser.
Et c'est pourquoi je suis d'accord avec Bouquet Fleuri que cite Demeter "le polyamour c'est une expression d'une manière d'exister dans le monde. Il y a, aussi surement, d'autres façons d'être vivant, d’autres manières de voyager, d'autres manières de rencontrer l'Autre, d'autres bonheurs."
En fait vous dîtes un peu la même chose, pour moi une ouverture c'est l'expression d'une manière d'être.

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demeter

le vendredi 11 janvier 2013 à 01h10

Green-Pixie, nous sommes probablement d'accord sur le fond, mais tu établis une analogie entre deux notions qui n'ont pas nécessairement de rapport entre elles, qui ont chacune une connotation émotionnelle forte : "le bonheur" et "le polyamour", et qui mises côte à côte ont tendance à faire croire à un lien de cause à effet entre les deux ou établir des similitudes qui semblent ne pas être sans rapport entre elles dans la manière dont tu les présentes.

Je répète ce que je viens de dire, mais le bonheur n'est sans doute pas une destination, ni même à mon sens une manière de vivre, c'est une expérience. Le bonheur ne peut être là, sans arrêt à chaque instant, il ne résulte pas d'un choix raisonnable, ni même des évènements qui parsèment la vie mais plutôt du regard que l'on porte sur les choses que l'on vit et des personnes qui sont là autour pour entendre ce discours. Il ne peut être écrit à l'avance, il ne s'applique qu'à une vie donnée, pas à la vie en général. Chaque évènement, chaque rencontre, chaque acte, peut donner lieu à un drame ou à une jouissance, une honte ou une fierté, selon le tricotage que chacun fait avec son entourage, ses relations, le sens que l'on y met, sa capacité de résilience, sa capacité au milieu des autres à faire d'un vécu une histoire qui peut être entendue, partagée, reconnue. Le danger est multiple d'en faire une analogie avec une manière de vivre : faire croire tout d'abord que ce bonheur résulte d'un choix individuel ne dépendant pas de la société dans laquelle il s'opère, de la qualité de son entourage, faire croire à la qualité même de ce choix, voire même au mérite de telle ou telle manière de vivre et par conséquent, et ce serait le comble, transformer justement ce bonheur en objectif à atteindre.Il ne s'agit pas de banaliser et ou d'amoindrir la portée des actes, mais de comprendre que chaque parcours peut permettre ou non de vivre ce bonheur.

Le concept de polyamour quand à lui, est justement à mon sens une manière de vivre, c'est à dire un regard porté sur les choses, une façon de raconter, d'exprimer, de tricoter ses ressentis avec l'environnement, de matérialiser, voire de revendiquer un cadre de pensée, en rapport avec un parcours de vie, c'est à dire de mettre des mots sur quelque chose de déjà vécu, dont on a cru pouvoir tirer une leçon. Il est possible ici, dans certains milieux, comme dans beaucoup de pays, il n'est surement pas possible ailleurs, avec d'autres personnes ou dans certains autres où pourtant les gens sont heureux également. Comme tous les cadres, il est structurant, il est aussi enfermant. Il permet de construire également un discours social dans lequel certains pourront y faire leur place, y trouver leur bonheur. Mais ce n'est pas une expérience, ce sont des mots qui racontent cette expérience, et préparent les suivantes, un sens donné à des évènements. Nul doute que cela te plaise et que tu t'y sentes bien. Mais comme toute philosophie, le concept atteint ses limites à donner du bonheur quand il devient plus enfermant qu'ouvert. Comme tu le dis toi même, il n'est pas une recette miracle pour donner du bonheur, mais simplement et là je me répète encore, un éclairage, une expression d'un vécu (et bien d'un seul : de celui qui le raconte) que l'on écrit d'une certaine façon et qui permet des instants de bonheur pour certains et de malheur pour d'autres. En s'enfermant dans ce concept, comme dans tous les concepts, toutes les philosophies, toutes les religions, certains y écriront une histoire, un regard sur leur vie qui les conduit au suicide, d'autres qui les conduiront à une vie heureuse. Ce concept peut paraitre plus ouvert que d'autres, dans la mesure ou il s'oppose à un dogme préexistant ; s'il n'est pas compris et présenté en tant que modèle auquel il convient d'accéder ; mais il n'est pas plus éclairant qu'un autre. Il n'est pas besoin, comme le souligne Katouchka de s'y référer pour comprendre, pas nécessaire de vivre des amours plurielles pour "confronter son point de vue aux autres, sa jalousie, ses peurs, ses réalités aux autres vécus ..." Il est libérateur s'il représente un besoin inavouable, mais est aussi enfermant qu'un autre s'il devient lui même dogmatique, et comme le dit Pive s'il "cherche" à prouver quelque chose.

Les oxymores par ailleurs ne sont pas réservés à Beaudelaire et au spleen, ni au drame cornéliens mais bien à la condition humaine en général et sa "merveilleuse médiocrité" avec laquelle chacun doit composer. Rien de pessimiste la dedans si ce n'est justement le sens que tu mets sur mes mots au travers du filtre de ta propre histoire. Je n'aimerais pas que mon ressenti soit récupéré pour en faire un discours social en faveur ou non du polyamour, un discours qui ne m'appartiendrait plus. Je n'aime pas les étiquettes et chacun vit avec ses drames parce qu'il est nécessaire de grandir pour ne pas mourir. Certains s'en sortent d'autres non. Il est certain que nos représentations et la manière dont elles sont accueillis ou acceptées, produisent des émotions différentes, avec plus ou moins de bonheur.

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