Participation aux discussions
Discussion : J'ai juste besoin de partager ce moment compliqué
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 17h19
Alastor
Pourquoi la monogamie de B. est un problème parce que chaque "étape de l'escalator relationnel" est comme une acquisition qui ne pourra plus être remise en cause.
Oui c'est le problème de la norme dominante, qui s'impose sans même s'en rendre compte. Qui considère pour acquis tout ce qui est mis en place une fois. Etc.
Pour un peu, si W devenait A, alors tu deviendrais… une C.
Salut : je suis une C.
- Je ne peux pas définir la relation.
- Je n’ai pas de voix.
- Je n’ai pas d’opinions, ni de souhaits, ni de besoins ou de volonté.
- Ma relation n’est pas reconnue.
- Je ne peux pas participer aux processus de prise de décision sur les aspects qui me concernent.
- Je suis invisibilisée.Natàlia Wuwei, traduction Elisende Coladan.
Discussion : Monogamie et essentialisme
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 17h08
Alastor
Je crois que c'est la société dans laquelle on baigne qui façonne notre être social.
Je suis comme tout le monde ici j'ai grandi dans un monde fait pour les hommes cis-hetero blanc patriarcal et monogame. (…)
Et il est vraiment plus facile pour tous de rentrer dans la normes que de les remettre en question.
C'est comme si nous avions un genre "d'essence sociale" (qui s'acquière après la naissance et qui nous est transmis par nos référents parentaux, par la culture audio et visuelle, et par toute la société), une sorte de culture commune partiellement inconsciente.
Une culture commune pourtant acquise, mais de façon tellement lointaine qu'on en a oublié le commencement.
Comme si le système monogame, et pas que lui, circulait en nous tel un ensemble de mécanismes réflexes et rassurants, générant des comportements et des émotions spécifiques.
Discussion : Retour vers la solitude
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 16h53
Je me suis demandé si ce besoin — différent selon les personnes — que l'on peut avoir (ou pas) de partager de la quotidienneté, donc de se lancer dans des projets d'habitats partagés (de la coloc au couple, en passant par toutes sortes d'habitats collectifs), de rechercher de la compagnie (animal, enfant…) n'était pas lié à comment on a vécu des moments de bonheur enfant, et donc à retrouver une part d'enfance révolue.
Je constate ça déjà sur le son ou le silence. Je connaît des persones qui ne peuvent vivre qu'avec un bruit de fond permamanent (télé, radio, etc.) d'autres pour qui le silence s'impose.
Je pense que c'est fondamentalement lié à ce qui était notre univers rassurant dans notre toute petite enfance.
Et du coup, ça me fait élargir cette question de la solitude vs la quotidienneté partagée (la présence des autres autour de soi), à la question de l'habitat d'une part, et à la question des styles d'attachement d'autre part.
Est-ce qu'on habite comme on vit l'attachement ? Est-ce que nos besoins de solitude/quotidienneté racontent notre style d'attachement ? Etc.
Si je suis plutôt évitant·e, j'habite seul·e. Si j'habite seul·e, je suis plutôt évitant·e.
Si je suis plutôt anxieux, je cherche la compagnie en lien avec mon habitat.
Si je suis ambivalent (ou désorganisé, ou « préoccupé/fuyant») j'ai du mal à trouver un équilibre en matière d'habitat.
etc.
Discussion : Habitat et non-monogamies
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 16h29
artichaut
Que serait un « habitat non monogame » (c’est à dire une manière d’habiter qui remet en cause — au moins en partie — les fondements systémique de la monogamie) ?
Une nouvelle idée vient de m'apparaître.
Et si on partagait une maison, non pas dans l'espace, mais dans le temps ?
Considérant que je suis quelqu'un qui a besoin de beaucoup de solitude, et plutôt ne veut pas vivre en collectif, en tout cas pas à temps plein.
Je me suis dis :
- et si j'habitais 6 mois dans cette maison que j'habite actuellement, et 6 mois ailleurs (ou 3 mois, 3 mois, etc) et que quelqu'un d'autre venait habiter ici ?
- et si ma maison devenait aussi la maison de quelqu'un d'autre, mais à tour de rôle ?!
- et si on partageais une maison, mais sans s'imposer une co-habitation ?
Un peu comme les échanges de maison, le temps de courts séjours (vacances…) mais pensé à l'année.
Ça peut aider à régulièrement tenir sa maison rangée, et surtout à la penser fonctionnelle (pour d'autres).
Ça permet (même en location) de contrer le futile sentiment de propriété.
Ça prépare à la mort et donc à la destination de toute chose que d'être réutilisée par d'autres, mais sans attendre que la mort ou un déménagement advienne pour ça.
Ça invente d'autres façon d'être, de vivre, de partager, d'habiter, y compris pour les personnes ayant beaucoup besoin de solitude.
Ça optimise les logements, car de fait, on ne vit pas h24 chez soi.
Évidemment j'ai conscience que c'est impliquant, que tout le monde ne peut pas faire ça, que ça demande une mobilité (d'esprit et de vie), etc.
Mais exactement comme la non-monogamie, en somme.
On est tellement tellement tellement toujours dans des schémas de pensée normée. On manque tellement d'imagination…
Discussion : Habitat et non-monogamies
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 16h17
Anecdote :
À une personne qui hier me parlait d'un projet d'habitat partagé, qui me disait devoir se projeter pour dans 10 ans, et hésitait un peu de ce fait à s'engager, j'ai sans réfléchir répondu :
- et tu ne peux pas être poly-habitat ? (sous entendu participer à ce projet de loin, et être en même temps dans d'autre projets)
Ça m'a fait repenser à ce fil de discussion.
Discussion : Relations amoureuses et comparaisons
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 15h16
crest
on n'a pas le choix de se comparer ou pas, c'est induit dans la façon dont est codée la relation amoureuse
Je dirais même que la relation amoureuse en soi, par son caratère hiérachisant de fait induit la comparaison.
Dire qu'une relation est amoureuse, c'est lui donner un statut, non pas seulement différent, mais généralement supérieur à une autre forme relationnelle.
Donc dès qu'il y en a plusieurs elles tendent à se comparer entre elles.
La hiérarchie fabrique la comparaison (ou la comparaison fabrique la hiérarchie).
Discussion : Relations amoureuses et comparaisons
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 15h15
Alinea7
C'est amusant je comprenais la métaphore à l'envers : tant qu'il y aura des podiums et des trophées, il y aura une mise en compétition.
Je pense que les deux sont vrais. Et s'encouragent mutuellement.
Discussion : Monogamie et essentialisme
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 14h46
Si je prend comme exemple le cas du genre.
L'essentialisme c'est considérer que parce qu'on est homme ou femme on aurait telle ou telle façon d'être (on serait plus fort, plus intelligent, plus beau, plus intellectuel, plus ceci ou moins celà…) et que si c'est le cas c'est parce que c'est par nature et non par construction sociale. On ne peut donc pas le changer, et il nous faut l'accepter.
La sociologie en revanche étudie les spécificités (et pourquoi pas les privilèges) associés à telle ou telle catégorie sociale. Et avec la sociologie (qui s'appuit beaucoup sur la statistique) on peut par exemple constater que les mec cis ont tendance à plus couper la parole ou plus commettre d'agressions sexuelles.
Affirmer que parce qu'on est un mec cis on à très probablement déjà commis des agressions sexuelles — même sans l'avoir conscientisé — n'est pas de l'essentialisation, c'est de la statistique.
En revanche dire d'une personne qu'elle est un agresseur ou une victime, c'est potentiellement réduire la personne à sa catégorie sociale ou à certains de ses actes (qui peuvent être caractéristique de ladite catégorie). Et a minima c'est un abus de langage (qu'il soit utile ou non).
Dire que tous les mec cis sont des agresseurs, serait une généralisation, et une réduction de la personne à un trait caractéristique d'une de ses catégorie sociale.
Pourtant je pense sincèrement que la quasi totalité des mecs cis ont commis des agressions (et pour la plupart, sans en avoir encore pris conscience). Suis-je essentialiste pour autant ?
J'ai envie de penser que non, même si bien sûr, je peux me tromper (je n'ai pas de preuve de ce que j'avance), et je peux parfois sur-généraliser.
Discussion : Monogamie et essentialisme
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 13h43
Déjà, je me rends compte qu'il y a une nuance à faire entre Mono en tant qu'identité et mono en tant qu'adjectif.
"Tout le monde est mono" (pour moi), mais certain·e·s plus que d'autres. On est plus ou moins imbibé·e de la norme, plus ou moins sujet à la monogamie réflexe.
On ne devrait donc pas qualifier quelqu'un de Mono, encore moins à sa place, mais parler de sa construction mono (plus ou moins consciente, plus ou moins assumée, plus ou moins normative).
Et je devrais donc dire : Tout le monde a une construction mono. Tout le monde a des réflexes mono. Au lieu de "Tout le monde est Mono".
(Sachant que ce "Tout le monde" est déjà une généralisation à celles et ceux qui vivent dans ce monde où le système monogame s'impose.)
Discussion : J'ai juste besoin de partager ce moment compliqué
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 13h27
crest
Concernant le récit fait ici je m'étonne qu'on s'en tienne au fait que quelqu'un "soit" "mono" comme l'explication ultime (…) hypothèse essentialisante (des gens seraient "mono" et d'autres pas)
Avant d'éventuellement répondre contextuellement ici, j'ai déjà envie de creuser le sujet sur un plan théorique, alors je le fait sur un nouveau fil, pour ne pas surcharger celui-ci.
Discussion : Monogamie et essentialisme
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 13h27
Je reprend ici une réflexion en forme de question posée par @crest sur un autre fil.
crest
je m'étonne qu'on s'en tienne au fait que quelqu'un "soit" "mono" comme l'explication ultime (…) hypothèse essentialisante (des gens "seraient" "mono" et d'autres pas)
Je m'interroge sur l'emploi du mot essentialisant ici.
La monogamie est-elle investie comme une essense (comme peuvent l'être par exemple les mots femme, homme… dans l'essentialisme de genre) ?
Je fais partie des gens qui pensais ou a pu dire que tout le monde est poly à la base (au même titre que tout le monde est bi, etc.) et donc notre "essence" serait plutôt pas mono selon moi.
Aujourd'hui d'ailleurs je dirais plutôt : personne n'est mono à la naissance. Tant il est vrai qu'on le devient par défaut… on est socialement construit par cette norme… avant d'éventuellement déconstruire ce shéma.
Du coup la notion d'essence me semble possiblement incorrecte ici. Ou alors comme une sorte d'essence du capitalisme en nous.
Mais je comprends ce que tu veux dire sous forme de catégorisation : est-ce qu'on n'identifie pas la personne à sa catégorie pour simplifier le discours et la pensée (au lieu de regarder ses actes et ses comportements) ?
Et en même temps, sauf à vivre en dehors de ce monde, j'ai tendance à penser que tout le monde est mono (y compris d'ailleurs celles et ceux qui prétendent ne pas ou ne plus l'être, car on vit dans ce bain-là).
Mais il s'agit là d'une donnée historico-sociologique et non d'une pensée essentialisante. Et j'ai bien peur que parler d'essentialisme à propos de catégories sociologiques, puisse être une inversion systémique d'oppression (comme parler de racisme blanc, ou de sexisme anti-hommes).
En tout cas, j'y voit un fort risque de glissement de pensée. Même si j'entends aussi la limite de la pensée sociologique, qui peut devenir totalisante si l'on perd de vue d'autres grilles de lectures possibles et surtout si l'on indentifie la personne à l'une de ses catégories sociales.
Pourquoi j'y vois un risque de glissement de pensée ?
C'est la pensée normée monogame qui me semble essentialisante en prétendant que la monogamie va de soi, que tout le monde est ou devrait être monogame, que si non est poly c'est "qu'on a pas trouvé le bon", etc.
C'est ôter la complexité sociale de la chose. Le fait qu'on a été construit monogame et qu'on peut le déconstruire. Que la monogamie est une norme parmi d'autres (dans l'espace géographique et le temps historique).
Avec la mainstrimisation du polyamour, je rencontre aussi des personnes qui débutent leur vie affective, sentimentale, amoureuse et sexuelle avec la non exclusivité, y compris parfois de manière très assumée (et non pas seulement comme une errance initiale, ou un non-choix imposé). J'ai appris à mes dépends que même ces personnes sont en réalité imbibés de réflexes monogames, et peuvent 'retourner leur veste poly' du jour au lendemain.
Du coup j'ai vraiment tendance à penser que la Monogamie, en tant que norme dominante, est essentialisante de fait. Et que traiter quelqu'un·e de mono ne l'est pas ('tout le monde est mono').
Après, que l'on simplifie à l'extrême, et que l'on puisse avoir tendance à confondre la personne avec l'une de ses catégories sociales, me semble autre chose.
Et considérer que parce que telle personne "est mono" elle va obligatoirement se comporter de telle manière, c'est oublier la complexité inhérente à chaque individu.
(Je poste déjà ça, même si je n'ai pas fini mon raisonnement, et que je sens que certaines choses ne vont pas ou qu'il manque certaines nuances importantes. Bienvenue à la contradiction.)
——
Voir aussi :
- Monogamie(s) — définition(s) —
- Les outils pour relations non-normées.
Discussion : J'ai juste besoin de partager ce moment compliqué
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 11h51
crest
J'ai finalement déplacé mon message ici :
/discussion/-cZx-/Relations-amoureuses-et-comparai...
Comme convenu, j'y ai recopié mes messages…
Discussion : Relations amoureuses et comparaisons
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 11h50
Que peut-on faire face à ça : la monogamie qui revient nous frapper par la porte de derrière, alors même que nous avions le sentiment de créer à plusieurs autre chose ?
Je pense que les réponses sont à la fois individuelles et collectives.
individuelles
Chacun·e est responsable de soi, de s'engager ou pas, de s'impliquer ou pas, d'accueillir ses émotions, d'assumer ses choix et les conséquences de ses choix. etc.
Choisir d'être non-monogame — quand c'est un choix — n'est pas la solution de facilité.
Aimer, c'est pour moi vouloir le bonheur de l'autre. Y compris si le bonheur de l'autre veut dire qu'il/elle cesse de relationner avec nous. Et donc ça peut aussi être accepter que l'autre (que l'on aime) se fasse pervertir par un·e mono. Avec les conséquences que ça va avoir pour nous.
Et c'est là qu'on va avoir besoin de beaucoup d'amour de soi, pour non seulement accepter ça, mais le désirer.
Comme avec nos enfants, l'amour c'est accepter de laisser partir l'autre, c'est désirer ardemment le bonheur de l'autre, tout en le laissant maître à bord du chemin de son bonheur.
collectives
D'une part on n'est pas toujours non-monogame par choix. Et l'être quand ce n'est pas un choix est encore plus difficile.
D'autre part, quelque soient nos choix, nos privilèges, nos compétences, nos traumas, etc… toujours, quand on dévie de la norme (ici la monogamie), celle-ci viendra nous mettre des bâtons dans les roues.
Sans aller jusqu'à considérer la Monogamie comme une secte, et ses missionnaires comme de dangereux manipulateurs, de fait la monogamie et ses adeptes nous font du mal.
Et face à quelque chose de systémique, les réponses individuelles ne suffisent pas.
(Et comme pour chaque sytème d'opression, je ne dit pas que chaque monogame est un·e monstre, mais qu'à travers chaque monogame se déploie la monstruosité de la Norme).
C'est pourquoi il y a besoin de tels forums, d'entraide, de solidarité, etc.
C'est pourquoi il y a besoin de réléchir/théoriser/échanger ensemble et d'inventer des parades.
Discussion : Relations amoureuses et comparaisons
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 11h50
Déjà il y a t-il une différence entre comparer et le sentiment d'être comparé ? Est-ce qu'on se compare, car on a le sentiment d'être comparé ?
Ensuite j'aime bien la métaphore (pas si caricaturale) de l'épreuve sportive : tant qu'on vivra les relations comme des compétitions, la comparaison, les podiums, les trophées seront de rigueur.
Enfin je trouve que tu décris bien ce que tu appelle Institution (le poids de la Norme) avec ses règles, ses scripts, ses injonctions, ses mécanismes.
Pour autant il y a toujours un Je, un Moi, au prise avec cette institution, qui peut choisir (d'essayer) de vivre autrement.
Puisqu'on est dans des dynamiques relationnelles, certes ça ne dépend pas que de nous, et lorsqu'on est en dynamique non-exclusive, le danger, vient même des tiers (lorsque ceux-ci sont capables de retourner la personne avec qui nous étions en relation, que nous pensions sincérement non-monogame, et qui d'un coup se fait mettre le grapin dessus, le grapin de la norme, et de ses promesses).
Discussion : Filmographie thématique : Films sur l'amitié
artichaut
le dimanche 30 mars 2025 à 04h54
Allez, j'ajoute ici des films (non cités ci-dessus) quand j'en rencontre :
Voleuses de Mélanie Laurent, 2023
-> un duo puis trio féminin, et une amitié à toute épreuve
Discussion : J'ai juste besoin de partager ce moment compliqué
artichaut
le samedi 29 mars 2025 à 10h30
Et pour revenir à ta situation @Alastor je dirais qu'elle est
- à la fois parfaitement acceptable, et même désirable (par amour) ;
- à la fois parfaitement innaceptable, en tant que ré-intrusion de la Norme par une porte dérobée.
D'où peut-être ta confusion face à des ressentis contradictoires.
Avec cette complexité supplémentaire que ce qui fonde la non-monogamie à savoir la compersion, l'accueil quasi inconditionnel des metamours, en tant que vecteur de bonheur de nos amours, cet accueil même qui créée de la rassurance relationnelle, puisqu'on aime et est aimé·e pour nous-même, et qu'une relation nouvelle n'est pas un danger
Ce qui fonde la non-monogamie, cette compersion donc, est justement ce qui est mis à mal, lorsque qu'un·e mono-extrémiste débarque dans un schéma non-mono. Et ce qui était rassurance (une nouvelle relation n'en n'annule pas une autre, ma relation ne dépend d'aucune autre à venir) devient tout à coup danger imminent.
Comment alors ne pas se faire avoir, et ne pas par mimétisme tomber dans l'oubli de nos compersions pour plonger dans les seules affres de leur compétition monogame ?
Perso en pareil cas, je lâche l'affaire, je déclare forfait.
Discussion : J'ai juste besoin de partager ce moment compliqué
artichaut
le samedi 29 mars 2025 à 10h02
Que peut-on faire face à ça : la monogamie qui revient nous frapper par la porte de derrière, alors même que nous avions le sentiment de créer à plusieurs autre chose ?
Je pense que les réponses sont à la fois individuelles et collectives.
individuelles
Chacun·e est responsable de soi, de s'engager ou pas, de s'impliquer ou pas, d'accueillir ses émotions, d'assumer ses choix et les conséquences de ses choix. etc.
Choisir d'être non-monogame — quand c'est un choix — n'est pas la solution de facilité.
Aimer, c'est pour moi vouloir le bonheur de l'autre. Y compris si le bonheur de l'autre veut dire qu'il/elle cesse de relationner avec nous. Et donc ça peut aussi être accepter que l'autre (que l'on aime) se fasse pervertir par un·e mono. Avec les conséquences que ça va avoir pour nous.
Et c'est là qu'on va avoir besoin de beaucoup d'amour de soi, pour non seulement accepter ça, mais le désirer.
Comme avec nos enfants, l'amour c'est accepter de laisser partir l'autre, c'est désirer ardemment le bonheur de l'autre, tout en le laissant maître à bord du chemin de son bonheur.
collectives
D'une part on n'est pas toujours non-monogame par choix. Et l'être quand ce n'est pas un choix est encore plus difficile.
D'autre part, quelque soient nos choix, nos privilèges, nos compétences, nos traumas, etc… toujours, quand on dévie de la norme (ici la monogamie), celle-ci viendra nous mettre des bâtons dans les roues.
Sans aller jusqu'à considérer la Monogamie comme une secte, et ses missionnaires comme de dangereux manipulateurs, de fait la monogamie et ses adeptes nous font du mal.
Et face à quelque chose de systémique, les réponses individuelles ne suffisent pas.
(Et comme pour chaque sytème d'opression, je ne dit pas que chaque monogame est un·e monstre, mais qu'à travers chaque monogame se déploie la monstruosité de la Norme).
C'est pourquoi il y a besoin de tels forums, d'entraide, de solidarité, etc.
C'est pourquoi il y a besoin de réléchir/théoriser/échanger ensemble et d'inventer des parades.
Discussion : J'ai juste besoin de partager ce moment compliqué
artichaut
le samedi 29 mars 2025 à 09h36
Même si le point de départ est ici, j'ai le sentiment que poster sur un fil à part aurait pu être judicieux… car le sujet que tu aborde est plus vaste qu'un fil au titre "J'ai juste besoin de partager ce moment compliqué" (qui bientôt se perdra dans les flots de ce forum).
[Si finalement tu le fais, je recopierais mon/mes message là-bas]
Déjà il y a t-il une différence entre comparer et le sentiment d'être comparé ? Est-ce qu'on se compare, car on a le sentiment d'être comparé ?
Ensuite j'aime bien la métaphore (pas si caricaturale) de l'épreuve sportive : tant qu'on vivra les relations comme des compétitions, la comparaison, les podiums, les trophées seront de rigueur.
Enfin je trouve que tu décris bien ce que tu appelle Institution (le poids de la Norme) avec ses règles, ses scripts, ses injonctions, ses mécanismes.
Pour autant il y a toujours un Je, un Moi, au prise avec cette institution, qui peut choisir (d'essayer) de vivre autrement.
Puisqu'on est dans des dynamiques relationnelles, certes ça ne dépend pas que de nous, et lorsqu'on est en dynamique non-exclusive, le danger, vient même des tiers (lorsque ceux-ci sont capables de retourner la personne avec qui nous étions en relation, que nous pensions sincérement non-monogame, et qui d'un coup se fait mettre le grapin dessus, le grapin de la norme, et de ses promesses).
Discussion : J'ai juste besoin de partager ce moment compliqué
artichaut
le vendredi 28 mars 2025 à 18h38
ok je comprends et je suis aussi passé par là..
Alastor
B. est totalement monogame et aspire à vivre une vie "normale et bien rangée" de monogame.
Ah mais tout s'explique alors !
Évidemment que tes compétences en gestion de la jalousie sont mises à mal par le fait que B soit mono.
Ce qui habituellement va de soi, est même un gage de rassurance, s'inverse totalement ici.
Et le risque n'est pas seulement projection, mais est bien réel.
Le principe de la monogamie c'est de grignoter du terrain, et de fermer les choses à double tour dès que possible.
Pour moi W ne peut pas te rassurer de manière satisfaisante, seul·e B pourrait le faire (à part toi-même, bien sûr).
Un·e mono qui débarque dans une config poly, c'est un des pires cas de figure pour nos non-monogamies.
Discussion : Retour vers la solitude
artichaut
le vendredi 28 mars 2025 à 13h18
Siestacorta
Pour moi ni connexion à soi ni esseulement ne sont garantis
Oui, c'est ce dont je me suis rendu compte en développant, et qui m'a fait nommer :
Ça mériterait encore un autre nom entre la connexion à soi, et l'esseulement.
La bulle peut-être… (pour ce dont tu parle toi)