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Tolérance

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Romy

le samedi 07 mai 2011 à 23h03

Je pense aussi que, plus qu'une différence de conception des relations amoureuses, les monogames et les polyamoureux ont des différences de personnalité et de goûts. Du coup, la tolérance s'impose effectivement, car on touche à l'essence même de la personne.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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oO0

le mardi 10 mai 2011 à 02h16

J'ai essayé plusieurs fois de répondre à ce fil, mais je n'y suis pas arrivé. Reste que la question me semble importante.

Personnellement, il m'arrive aussi de trouver certains propos relativement intolérant par rapport à la "monogamie", mais je le comprend pour en avoir moi-même tenus. Ce qui m'a longtemps mis hors de moi, c'est que la question de la liberté en amour se traduise par dévaluer la personne aimée, voire l'incapacité même d'aimer. Parler de liberté à l'intérieur de mes premières relations revenait ainsi systématiquement à insulter la personne avec qui j'étais et, bien évidement, je me faisais insulter en retour.

Assez vite, je me suis rendu compte que cela n'avait rien avoir avec moi ou ma relation, mais au fait que les moyens de communiquer sans de douloureux malentendus faisait défaut. Le registre "monogame" offre un langage assez clair et distinct et en sortir signifie s'exposer à tenir des propos obscurs et confus, ce qui ne facilite pas l'engagement, ne fut-ce que l'engagement affectif nécessaire à l'épanouissement.

Assez lentement, je me suis mis à dissocier les personnes des moyens de communiquer pour me rendre compte de plus en plus que l'apparente domination de la "monogamie" s'apparentait davantage à une domination par défaut qu'une réelle hégémonie. Je constatais dans mes relations et dans mon entourage amical que si je prenais soin d'exprimer mon point de vue comme un point de vue personnel, ils exprimaient le leur de même. Que, si je le formulais comme une part de ma personnalité et de mon affectivité, ils le formulaient de même. Assez souvent, même si c'était loin d'être systématique, chacun, chacune trouvait l'occasion de s'exprimer librement sur la question du tiers et ce n'était pas trop difficile d'arriver à s'entendre sur le fait que de vivre une tiers personne comme une menace pour sa relation était difficile.

J'ai connu de moins en moins de conflits intérieurs par rapport au registre "monogame" à partir du moment où j'ai cessé de le voir comme l'ennemi de mon épanouissement. Pendant des années, à chaque couple que je croisais, je ne pouvais que constater que je n'avais rien contre leurs personnes et donc que quelque chose sonnait faux dans ce conflit intérieur que j'avais avec l'exclusivité. Je ne m'y reconnaissais pas pour autant, mais les conflits que j'ai eu dans mes relations sur cette question du tiers m'ont permis d'envisager que la question de l'exclusivité et de la non-exclusivité pouvaient se compléter. Ces conflits ont été source de remises en questions épanouissantes, obligeant l'un et l'autre à sortir de l'obscurité de ses préjugés pour s'exprimer le plus clairement possible et quelque part être clair avec soi-même vis-à-vis de soi et de l'autre.

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Je suis désolé de m'exprimer en des termes si généraux, mais au-delà de la tolérance, je pense qu'il y a la possibilité d'un épanouissement mutuel. La question du tiers en amour a souvent baigner dans l'obscurité et la confusion au détriment tant de ceux qui aspirent à l'exclusivité qu'à la non-exclusivité. Les uns ignorent ce qu'ils redoutent et vivent dans des peurs obscures et confuses et les autres ignorent ce qu'ils désirent vivant leurs désirs avec la même intensité de peurs pour, finalement, vivre de part et d'autre en ennemis ce qui est tout sauf épanouissant. Bien au-delà de la tolérance, je pense qu'il s'agit d'une question de maturité, de maturation en cours de la question du tiers. L'infidélité n'est plus stigmatisée comme elle l'était même si elle est aujourd'hui banalisée de telle sorte que nombre de personnes en éprouve une certaine précarité. Du point de vue des amours plurielles cette précarité se traduit par une compréhension en termes de permissivité à l'infidélité ce qui n'est pas la meilleure manière de les traduire, mais...

... je pense que cela fait seulement deux ou trois générations que la question du tiers sort petit à petit du tabou qui l'entourait.

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Enfin, bref, pour se "tolérer" un minimum, la question de ce que "mono" et "poly" peuvent s'apporter de part et d'autre me semble permettre d'envisager mieux que de la tolérance.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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prince_lutin

le mardi 10 mai 2011 à 08h38

RIP +1

J'ajouterais que la difficulté de dialogue entre mono et poly peut aussi s'apparenter à de l'incompréhension.

Personnellement, je crois en la vie après la mort, ce que réfutent la grosse majorité des polys que je connais (bon, je n'en connais pas encore beaucoup...). Et quand je leur parle de cette croyance, ils ne me comprennent pas, ou au mieux, me disent que c'est bien mais qu'eux ne croient pas et ne croirons jamais. Et voilà toute la difficulté ! Tout polyamoureux qui se respecte fantasme sur l'idée qu'un jour, la terre sera remplie de polys. Eh non ! Car tout comme la croyance ou la non-croyance, les monos sont empreints d'une culture qui fait que la frontière entre les deux est très très difficile à franchir. Lorsqu'on est mono, on se berce d'illusions que l'amour, le vrai, est exclusif. Mais comment peut-on les blamer ? Tout autour de nous va en ce sens ! Meme les sites de rencontre qui jouent sur l'infidélité pronent le secret de la relation extra-conjugale !!!! Moi même, je me suis bercé de ces illusions avant de rencontrer une femme qui a bouleversé ma conception de l'amour et m'a fait alors prendre conscience que je pouvais aimer ma femme et une autre femme. Bien sur, de façon cachée à l'époque, et avec tous les remords qui me tiraillaient. Mais au fond de moi, j'avais déjà le sentiment que je ne faisais rien de mal !
Combien de fois j'ai entendu un mono me dire : "c'est génial ce que vous vivez, mais moi je ne pourrais pas, je suis trop jaloux pour accepter que ma femme, mon mari, fréquente un(e) autre...". Le fond de cette phrase, c'est bien qu'un mono, en grande majorité, reconnait que d'être poly est une grande force mais qu'ils ne se sentent pas capable d'avoir, non ?

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oO0

le mercredi 11 mai 2011 à 01h08

Juste, il n'y a pas que les malentendus, il y a aussi les incompréhensions, mais ce n'est guère différent. Il est possible de s'entendre sur des incompréhensions s'il s'agit de manière différentes de comprendre l'existence.

Par exemple, je ne pense pas qu'il soit possible de réfuter la question de la réincarnation. Une croyance spirituelle ne se réfute pas au contraire d'un savoir scientifique, une personne y adhère ou n'y adhère pas. Pour ma part, je n'y adhère pas, mais je la trouve intéressante du point de vue de certaines perspectives, notamment, entre autre exemple, de la responsabilité. Elle invite à se responsabiliser au-delà de sa propre mort, à penser chacun de ses actes comme ayant des conséquences au-delà de sa propre vie, dans d'autres vies. Que ces autres vies donne lieu à des cycles de réincarnation, cela relève des choix spirituels de chacun, chacune.

Ici, il est avant tout question d'affectivité plutôt que de spiritualité, même si ni l'une, ni l'autre ne s'excluent. L'affectivité ne se choisit pas, nous ne choisissons pas ce qui nous affecte et comment cela nous affecte, seulement la manière de le vivre. (Là, la spiritualité intervient.) Ce que ressent une personne s'accepte avant tout, même si une meilleur compréhension facilite l'acceptation. S'il faut attendre de se comprendre pour s'accepter, nous ne sommes pas sortis de l'auberge.

Pour ce qui est des sites de rencontre, je doute qu'une offre commerciale soit représentative de la réalité affective de notre époque. Facebook qui pèse incommensurablement plus que ces sites propose aux personnes le choix d'un statut relationnel ouvert : open relationship. A peu de choses près, ce n'est guère différent du polyamour et, pour ma part, je m'y retrouve davantage. Il n'est pas question d'une ou plusieurs personnes, mais d'exclusivité ou de non-exclusivité (inclusivité).

Sinon pour "c'est génial ce que vous vivez, mais moi je ne pourrais pas, ...", je trouve que ce genre de phrase est auto-dépréciative, mais elle reflète une acceptation des polys et, quelque part, de ses propres limites. Cela ne fait pas d'une personne mono, une personne plus limitée qu'une poly, elle a juste d'autres dispositions affectives et c'est dommage que cela ne soit pas formulé comme tel. Je n'ai par exemple que peu dispositions affectives pour une vie de famille et je ne me sens pas limité pour autant. D'autre part, je pense que la monogamie a eu ceci de bénéfique de favoriser un développement de la culture familiale, de l'éducation et de l'attention portée aux enfants.

Dans le fond, Prince Lutin, je pense que j'abonde dans ton sens même si je le formule différemment par ci, par là.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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oO0

le mercredi 11 mai 2011 à 01h42

Dans l'ensemble, j'ai un peu du mal avec les expressions "mono" et "poly". J'ai souvent l'impression que cela donne lieu à des logiques d'opposition qui occulte le fait que nous sommes avant tout des personnes dont le consentement importe beaucoup en la matière.

Exclusivité ou non-exclusivité, je pense qu'il s'agit d'une question importante du consentement. Si elle est formulée de manière dépréciative dans un sens ou dans un autre, cela biaise la question du consentement. Déprécier dans un sens pour compenser une dépréciation dans un autre sens ne compense strictement rien, c'est s'enfermer dans une logique de dépréciation mutuelle où personne n'a à y gagner en dignité.

Alors, oui, merde, ce n'est pas sans difficulté, beaucoup d'obscurité et de confusion qui donne l'impression de frères ennemis entoure la question d'une relation avec une tierse personne. Reste que si cette question gagne en clarté, de part et d'autre, mono ou poly, chaque personne y gagne en clarté du point de vue du consentement.

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