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Progressivité

Témoignage
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amantparisien

le vendredi 04 mars 2011 à 10h18

Je repars de ce commentaire de Françoise :

Sachant combien c'est un long chemin, je pense que le respect de l'autre implique certes de ne pas lui mentir, mais implique aussi de respecter sa capacité à entendre peu à peu les choses, et il n'est pas indispe,nsable de les lui asséner brutalement et en détails.

J'ai fait, par la force des choses, le chemin un peu inverse...
Quand une "tentation" s'est présentée a moi (apres ma tres longue fidélité), j'ai avoué a ma femme cette tentation, et c'est elle qui m'a remercié de ma franchise, et encouragé a vivre cette aventure. Donc, nous avons été d'emblée dans la définition du ployamour. Elle savait quand je partais ( 24 heures, a 500 km...), et meme me "couvrait" vis a vis de la famille, des enfants, qui n'en ont rien su. Celà a duré plus de deux ans. Une vraie relation de ployamour sans mensonge ni cachotterie, mais a sens unique, ma femme n'etant pas en polyamour de son coté.
Une deuxieme amoureuse a remplacé la premiere.. et cela s'est moins bien passé, trop de souffrance pour ma femme. En fait, je me confiais trop. Je disais trop de choses (meme si bien sûr je ne disais jamais les secrets d'alcove), et j'en suis venu a la conclusion qu'elle devrait plutot rester dans l'ignorance, mais ma femme m'a au contraire fait promettre de toujours lui dire "s'il y avait quelqu'un".

Donc, on en est arrivés a ce compromis : Je ne lui dis s'il y a eu une rencontre que, "apres"... quelques jours apres, disons... pour lui éviter de vivre une journée en sachant que je suis dans les bras d'une autre, ce qui est toujours une douleur pour elle, meme si elle comprend mes motivations et les accepte.

C'est moi même qui ai voulu mettre cette limitation a ma liberté qui s'arrete a trop de souffrance pour elle. çà me ferme plein de possibilités (soirées, week end, avec une lutine), mais l'amour que je porte a ma femme le justifie a mes yeux.

Pour résumer mon experience. Dire la vérité, oui. Tout dire, non. Et même en disant... le moins possible c'est mieux. Ne pas se dédouaner a bon compte, en se disant que sans mensonge on a tous les droits.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Siestacorta

le vendredi 04 mars 2011 à 10h56

Le dédouanage à bon compte peut aussi avoir lieu dans la confidence en elle-même.

Parler d'un de tes amours à un autres, en termes positifs, ça peut être mal motivé :
- jouer sur "faute avouée donc à moitié pardonnée", donc se soulager de l'éventuelle mauvais conscience d'avoir pris des plaisirs sans l'autre.
- vérifier que l'autre est toujours d'accord, donc lui faire prendre un peu de "responsabilité" sur ce qu'on continuera à faire...

J'ai eu la chance de faire cette part de mon parcours assez tôt donc assez vite, avant que cette délicatesse soit un grand changement dans un couple installé. Donc c'est vrai que ma position était différente !

Mais ce "après-coup", tel que tu le pratiques, est assez limitant... Et si ta femme t'as accompagné dans tes recherches, elle peut comprendre.
Je pense que face à cette situation, tu peux préparer autrement l'espace de vérité, faire que l'omission soit plus directe tout en coûtant moins.
Tel que je le vois, tu pourrais reprendre, sans que ce soit les rv amoureux qui le justifient, du temps libre, du temps où tu n'es pas là, amoureuses ou pas.
Dans le cadre du couple classique, on tend à croire que ce temps là n'est pas nécessaire.
Mais je pense notemment à cet article de libé.

L'article est très orienté vers la partie infidélité. Mais le constat me semble global, sur le temps dont on a besoin avec d'autres, ou "exclusivement avec soi" (de ces "vacuoles de solitude et de silence" que nous souhaitait Deleuze, un homme qui aimait les oeufs en omelette), bref, la possibilité de définir personnellement les marges de liberté de mouvement qu'on s'accorde par rapport à un conjoint.

C'est ce principe de besoin d'autonomie, que ton épouse a probablement déjà acquis, qui rend compréhensible que tu ne racontes pas tes aventures. Tu peux dire qu'elles existent, qu'il y en a une qui est plus continue, mais tu n'as pas à en rendre compte, puisque, par principe, le temps que tu prendrais pour toi ne la concerne pas.

Voilà, une piste.

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wolfram

le vendredi 04 mars 2011 à 13h01

raconter ou non...
dans la suite de Siestacorta, raconter peut être une mode confessionnel où l'on se situe dans l'attente du pardon de l'autre... si on éprouve le besoin du pardon, c'est que l'on ressent agir dans le mal... mais si on est plus "Jenseit der Gut oder Böse", par delà le bien et le mal... on n'a pas forcément besoin de cela... en revanche, dans le cadre du partage et de l'échange, raconter ses joies prises ailleurs fait partie de la reconnaissance d'un lien fort !

quand j'ai rencontré ma compagne, j'étais marié et elle vivait depuis trois ans avec un garçon... nous nous racontions tout de nos vies ailleurs... et puis un jour, elle a quitté son copain et s'est remise à le voir... j'ai mal vécu cela mais le fait qu'elle continue à tout me dire me réconfortait, j'étais complice de ses joies et pouvais me réjouir avec elle... aimer l'autre et aimer le plaisir qu'elle peut prendre ailleurs, c'est l'aboutissement de notre amour... pour moi !
finalement, c'est le garçon qui a mis un terme à la relation !

maintenant, nous sommes plus orienté vers le trouple mais toujours avec le besoin que chacun raconte ses moments deux à deux pour unir nos vies et nos souvenirs !

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Siestacorta

le vendredi 04 mars 2011 à 13h31

wolfram
en revanche, dans le cadre du partage et de l'échange, raconter ses joies prises ailleurs fait partie de la reconnaissance d'un lien fort !

C'est sûr ! Mais les besoins et capacités de chacun en empathie, donc en "compersion" pour être précis, c'est très divers. Il n'y a pas d'idéal de partage et transparence à atteindre, simplement un modus vivendi à trouver (et parfois remettre en cause).

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Elfe66

le samedi 05 mars 2011 à 11h13

Bonjour

je suis un peu d'accord avec Amantparisien dans le sens où lorsqu'on aime vraiment son conjoint, il est trés difficile, voire source de douleur pour soi même de voir souffrir sa "2ème moitié", et c'est là que vivre totalement le polyamour, parce qu'il est une façon d'aimer qui nous correspond vraiment nous tiraille de toutes les façons, surtout lorsque le conjoint n'est pas du tout dans le polyamour.
Comment, quand on s'est presque juré fidélité (même totalement devant Mr le Maire), parce que l'on ne se sentait pas encore polyamoureux, que c'était meme qq chose que l'on ne pouvait encore concevoir, comment bien vivre le fait qu'on lui impose ce changement ? quand lui ou elle n'ont rien demandé ?
Voilà la difficulté et quand je lis certaines interventions où dans le polyamour d'une femme ou d'un homme, l'amoureux est quasi imposé au conjoint, au point même de lui demander de partager le même toit, sans aucun jugement bien sûr de ma part (chacun est adulte de ses choix, tout comme moi j'ai encore fait le choix de ne rien dire à mon conjoint de ces "amours plurielles") , je sais qu'il me serait totalement impossible d'imposer cela à mon mari. Cela releverait pour moi d'un profond égoisme, sachant que déjà n'étant pas polyamoureux, je lui impose mon polyamour, avec toutes les souffrances que cela peut générer dans sa tête, dans son corps même, à me savoir partagée avec d'autres ...
Voilà ce qui constitue pour moi, dans le polyamour, un grand problème, toujours (trop ?) soucieuse de ne pas blesser ceux que j'aime (j'ai même dû cacher à mon 2ème amoureux, la poursuite de ma relation avec le1er, parce qu'il en était excessivement jaloux, tout cela pour le protéger et permettre de vivre cet amour profond - amour qui a fini d'ailleurs par une prise de distance ...), j'ai véritablement peur de choquer, d'agresser, d'imposer ... et à aujourd'hui c'est l'unique raison du maintien encore de mes mensonges, me sentant incapable encore de lui dire la totale vérité sur ce que je suis : la peur de le perdre parce que sa souffrance sera trop forte, tout autant que la peur s'il accepte, que mes relations le détruisent ...
Je vois bien à travers les différents posts, expériences, que le chemin vers le polyamour, dans le polymamour même, est trés complexe, et que rien n'est encore vraiment gagné, parce que quand on aime, on est tjs au moins deux, et l'autre n'est pas forcément moi. Ma façon d'être et de penser, m'empeche d'imposer à l'autre, ce que je suis ... sachant bien que c'est forcément souvent donc à mon détriment ... Le polyamour nécessite il finallement d'apprendre un peu l'égoisme, le détachement de l'autre, pour soi .... un peu comme dans le Bouddhisme ? Là est ma question ...

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(compte clôturé)

le samedi 05 mars 2011 à 11h26

wolfram en revanche, dans le cadre du partage et de l'échange, raconter ses joies prises ailleurs fait partie de la reconnaissance d'un lien fort !

Je ne suis pas tout à fait d'accord. Pour l'avoir vécu, je sais que cet idéal de "transparence totale" peut être aussi une provocation, un jeu de domination ou un côté exhib pour voir comment réagit le ou la partenaire régulier(e). Un titillement pour tester sa jalousie, avec deux conséquences: s'il y a réaction, celui qui est moins polyamoureux triomphe "tu vois, tu es jalouse!". S'il n'y a pas réaction (ce qui était mon cas) l'autre angoisse: "si elle reste indifférente c'est qu'elle n'en a rien à foutre de moi", et monte en puissance dans les provocs pour susciter une réaction. Et, s'il n'y arrive pas, craque... C'était il y a longtemps, mais si je m'en souviens aussi précisément, c'est que ce fût très dur à vivre...
Par ailleurs, dès lors qu'il n'y a pas mensonge, que les partenaires savent tous qu'on a une vie amoureuse plurielle et en sont d'accord, je ne vos pas l'intérêt de raconter ses différentes relations. Cela relève de l'intime, parfois de l'indicible (comment définir le mot "amour", qui a une signification différente pour chacun, et différente selon le type de relation) et je défends fermement le fait que le pluriamour n'est pas seulement le fait d'avoir des amours ailleurs, mais aussi celui d'avoir une autonomie, une capacité à assumer seule ce qu'on fait (sans mensonge, je le répète) sans avoir besoin d'aller au rapport tous les jours! Comme je l'ai raconté dans "Aimer plusieurs hommes", c'est plus difficile pour certains hommes d'admettre qu'ils n'ont pas droit d'entrée dans notre cerveau ou notre coeur que d'admettre qu'on fasse l'amour ailleurs. Pour d'autres, c'est au contraire la révélation sexuelle qui les mine... Il n'y a donc pas de règle, juste le principe de ne pas mentir, mais ensuite le modus vivendi dépend de multiples facteurs.

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Siestacorta

le samedi 05 mars 2011 à 11h52

Elfe66
Voilà la difficulté et quand je lis certaines interventions où dans le polyamour d'une femme ou d'un homme, l'amoureux est quasi imposé au conjoint, (...) je sais qu'il me serait totalement impossible d'imposer cela à mon mari. Cela releverait pour moi d'un profond égoisme, sachant que déjà n'étant pas polyamoureux, je lui impose mon polyamour, avec toutes les souffrances que cela peut générer dans sa tête, dans son corps même, à me savoir partagée avec d'autres ...

Pour le moment, pour toi, c'est "tout un", mais être honnête sur ses besoins poly et imposer un nouvel amant avec mille changements de modes de vie, c'est très différent.

Ensuite, tu ne veux pas imposer le polyamour, mais, du point de vue de quelqu'un qui a des besoins poly, c'est l'autre qui impose la monogamie.
La monogamie est présente avant, et tout autour, elle semble donc moins passer en force, mais comme dirait Brecht (quand il craque sur un pot de nutella), on parle de la violence d'un fleuve, mais pas assez de la violence de ses rives.

Quand on se sacrifie à la vision de l'autre (poly ou mono), on se voit plus vertueux et plus prudent. Mais à moyen terme, c'est cet oubli de soi qui amène le plus de violence.
On a rien dit pendant tellement de temps, quand on révèle sa jalousie ou son polyamour, on le fait soudainement, en tout cas l'autre nous a tellement pas vu venir...
Tu as déjà commencé un truc progressif, puisque du point de vue de ton mari, tu vois des gens pour toi, sans lui. Il n'est pas encore question de relations amoureuses, mais ton mari a déjà reconnu ton droit à une intimité, une indépendance.... que beaucoups de conjoints n'accordent pas, ou avec moults signes d'incompréhension.

Je voulais souligner qu'il ne s'agit pas de te pousser à parler tout à trac, hein. Mais devant toi, c'est pas forcément tout bloqué, ça dépend par quel côté tu le prends. Il n'y a pas tellement de différence entre un mur et un pont, ça dépend d'où tu le vois.

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LuLutine

le samedi 05 mars 2011 à 15h14

Siestacorta
Tu as déjà commencé un truc progressif, puisque du point de vue de ton mari, tu vois des gens pour toi, sans lui. Il n'est pas encore question de relations amoureuses, mais ton mari a déjà reconnu ton droit à une intimité, une indépendance.... que beaucoups de conjoints n'accordent pas, ou avec moults signes d'incompréhension.

Bien dit, et très vrai.

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