Être poly ne suffit pas?
#
Polyester
le lundi 15 décembre 2025 à 14h14
Bonjour à tous,
J’ai récemment du mettre terme à une relation de 9 mois avec B, et de part une réalisation, une relation de 7 ans avec A. J’écris à chaud donc pardonné moi si tout n’est pas clair.
Avec ma partenaire de 7 ans nous avons tous deux 31 ans, et cela fait 4 ans que nous sommes en relation polyamoureuse, mais je ne suis que le seul ayant des relations jusqu’ici. Il n’y a aucune jalousie et la relation est “parfaite” si l’on puis dire.
J’ai eu une relation de 9 mois sans que B ne sache que je suis polyamoureux, et qui vient de se terminer après lui avoir révélé. B l’a pris assez bien mais ne souhaitait pas une relation polyamoureuse, et j’ai proposé sur le moment de rompre avec ma partenaire actuelle de 7 ans, A.
C’est la première fois que je fais cette proposition, et aussi pour la première fois, j’ai commencé à remettre en cause ma relation avec A.
La raison principale est que, pour la première fois de ma vie, je me voyais fonder une famille avec cette personne. Jusqu’ici je n’ai jamais eu envie d’enfant, ni avec A, ni avec les dizaines d’autres personnes que j’ai fréquenté jusqu’ici.
Je ne souhaitais pas d’enfant car je pense que vivre est (beaucoup de) souffrance, et je ne veux pas infliger cette souffrance à quiconque. Mais avec cette personne, j’ai senti que non, vivre peut être joie, et qu’avoir des enfants est quelque chose de possible.
La relation n’a duré que 9 mois, mais je suis sûr que ce sentiment n’est pas juste dû à la NRE.
J’ai dis à B que je continuerai avec A, ne trouvant pas la force de rompre.
Le jour suivant, j’ai commencé à culpabiliser car je n’aimais pas suffisamment A pour fonder avec une famille avec elle, ou plutôt que ce n’est pas une personne avec qui je me sens prêt à fonder une famille. C’est vraiment une belle personne, et comme vous vous en douter, d’une gentillesse infinie, je veux bien préciser qu’elle est tout à fait apte à être une merveilleuse mère.
Nous avons 31 ans, et si nous voulons une famille, c’est la dernière fenêtre de tir. Je ne veux pas lui priver de la possibilité de trouver quelqu’un qui voudra vraiment construire une famille avec elle, et je ne veux pas me priver de cette possibilité également.
Elle ne cesse de dire que pour être avec moi, ce ne la dérangerait absolument pas de ne pas fonder une famille, et que pour elle ce n’est nullement un sacrifice. Mais j’ai trop peur, ne pas avoir une famille impacte notre vie entière, et je ne suis pas entièrement sur de ne pas en vouloir.
J’aimerais tant pouvoir avoir plus confiance que je puisse construire une famille avec elle, ou pouvoir être plus sûr de ne pas vouloir de famille, mais j’espère pouvoir rencontrer une personne comme B dans le futur, et fonder une famille.
Bien que j’ai menti à B, je suis incapable de le faire pour A, et je lui dois la transparence dans mes sentiments. J’ai choisi de quitter A, car dans ce monde le polyamour n’est pas acceptable, et il est trop trop trop impossible que je rencontre quelqu’un comme B qui soit en plus polyamoureuse.
Dans la douleur A m’a dit de tout de même vouloir être ami, et je ne peux lui refuser, je l’aime de tout mon coeur.
Pour l’instant on va essayer de devenir ami avec A car si jamais je retrouve une personne comme B, c’est la seule configuration qui est socialement acceptable, et je veux aussi donner le temps au temps, peut-être y verai-je plus clair.
Intérieurement je me sens déchiré, indigne de son amour et complètement perdu.
Est-ce la faute au polyamour? ou la faute à la monogamie? ou simplement la mienne? Je n’en sais trop rien, et la seule chose qui est sûr, c’est que je n’ai jamais enduré une telle douleur.
Je souhaite de l’aide pour voir la situation de manière extérieure, et aussi savoir s’il est possible d’être juste ami avec quelqu’un qu’on aime à ce point (PS: je fais référence à A).
Merci par avance pour votre lecture, et le temps donné dans vos réponses.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
#
Caellan
le lundi 15 décembre 2025 à 17h24
Bonjour Polyester,
Il y a beaucoup de choses dans ton message et il est difficile de répondre sur tous les plans. Je vais essayer de répondre à quelques éléments qui ressortent dans ma lecture.
Je ne comprends pas bien le titre de ton post. Dans ton histoire telle que tu la racontes, je ne vois pas vraiment d'enjeux polyamoureux. Ta relation avec B n'était pas polyamoureuse puisque rien n'était explicite et le choix que tu fais vis à vis de A ne semble pas lié à une question polyamoureuse mais à la façon dont tu te projettes (ou pas) avec elle. Je ne pense donc pas qu'il y ai une modalité relationnelle à remettre en cause en soi ici (ni la monogamie, ni le polyamour). Mais plutôt ce que toi tu veux pour toi, et la façon que tu as toi de relationner et de communiquer avec tes partenaires.
Polyester
La relation n’a duré que 9 mois, mais je suis sûr que ce sentiment n’est pas juste dû à la NRE.
Je serais prudente avec cette idée. On a coutume de dire qu'il ne faut pas prendre de décision importante dans la première année d'une relation parce qu'il y a justement cet élan enthousiasmant qui obscurci notre jugement. Dans ton contexte, il y a en plus une certaine forme d'instabilité liée au mensonge et à sa révélation. Cela ne semble pas être un cadre qui permette de bien jauger la cohérence de nos émotions et de nos pensées. Peut être que dans quelques temps tu revisiteras cette histoire en la regardant avec un autre œil.
Polyester
Je souhaite de l’aide pour voir la situation de manière extérieure, et aussi savoir s’il est possible d’être juste ami avec quelqu’un qu’on aime à ce point.
A court terme en tout cas cela semble compliqué. Il est probable que la présence de B dans ta vie soit source de souffrance. Parfois il est nécessaire de couper au moins un temps pour laisser le sentiment amoureux s'apaiser.
Polyester
Je ne souhaitais pas d’enfant car je pense que vivre est (beaucoup de) souffrance, et je ne veux pas infliger cette souffrance à quiconque. Mais avec cette personne, j’ai senti que non, vivre peut être joie, et qu’avoir des enfants est quelque chose de possible.
Je crois qu'il y a quelque chose d'important là. Tu as fait cette découverte. Maintenant, peut-être qu'un travail sur toi est nécessaire pour pouvoir ressentir cette joie indépendamment de B.
Bon courage à toi
Message modifié par son auteur il y a un mois.
#
Polyester
le lundi 15 décembre 2025 à 23h14
Merci beaucoup pour tes propos, j’ai beaucoup à réfléchir et ca m’aide vraiment.
Caellan
A court terme en tout cas cela semble compliqué. Il est probable que la présence de B dans ta vie soit source de souffrance. Parfois il est nécessaire de couper au moins un temps pour laisser le sentiment amoureux s'apaiser.
B n’est désormais plus dans ma vie, et c’est avec A que je souhaite être ami. Désolé si cela n’était pas clair.
Le lien n’est pas complètement rompu avec B, et il est possible qu’elle souhaite tout de même continuer notre relation. Néanmoins ma décision est indépendante de ce que B décidera de faire.
J’ai l’espoir que si B ne souhaite pas continuer la relation, qu’elle puisse devenir amie avec A, car je sais qu’elles seront bonnes amies, et que peut-être cela apaisera, même qu’un peu, la souffrance de A. Je ne sais pas si c’est sain, et je sais que c’est surement trop en demander à B, mais c’est ce que je pense aujourd’hui.
#
Caellan
le mardi 16 décembre 2025 à 12h20
Tant mieux si ma réponse t'aide :)
Un éventuel lien amical entre A et B ne serait pas directement lié à toi et ton avis sur si ce serait possible ou pas ne me semble pas vraiment pertinent. Cela leur appartient.
Pour l'amitié entre toi et A, même si c'est une autre personne je reste sur ma première idée : il est probable que ce soit difficile pour A au moins dans un premier temps.
Je ne comprends pas bien : pourquoi tu dis "il est possible qu’elle souhaite tout de même continuer notre relation" alors que tu dis aussi que B n'est plus dans ta vie ?
#
Polyester
le mercredi 17 décembre 2025 à 15h29
Caellan
Je ne comprends pas bien : pourquoi tu dis "il est possible qu’elle souhaite tout de même continuer notre relation" alors que tu dis aussi que B n'est plus dans ta vie ?
On s’est séparé avec B le temps que “tout soit réglé”. Personnellement je n’aime vraiment pas cette approche d’attendre de quitter quelqu’un pour se mettre avec quelqu’un d’autre. Vu que je lui ai dis que je resterai avec A, puis que j’ai quitté A le lendemain, je ne sais pas quel est son état d’esprit.
Donc pour moi elle n’est plus dans ma vie, je lui expliquerai demain au téléphone pourquoi j’ai quitté A, mais rien ne guarantie qu’elle souhaite/souhaitera renouer le lien.
En somme il est possible qu’on se remette ensemble avec B, mais je me projette comme si ce n’était pas le cas.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
#
Miamou (invité)
le mercredi 17 décembre 2025 à 20h28
Bonjour,
Je ne comprends pas ta question concernant une amitié possible en aimant quelqu'un à ce point. De qui parles-tu? De A, de B?
Personnellement, il me semble un peu utopique d'imaginer une amitié entre A et B actuellement. Peut-être plus parce que pour A, B est la personne qui t'a fait prendre conscience que tu ne l'aimais pas "suffisamment ". En tous cas, je ne sais pas si ce serait très sain dans un premier temps de chercher à les mettre en relation.
C'est une situation particulière parce que j'ai l'impression que dans ce que tu exprimes, il y a eu une espèce de forme de trahison avec les deux personnes dont tu parles. Je n'arrive cependant pas à le mettre en mot, c'est probablement que je suis à côté de la plaque.
#
Polyester
le jeudi 18 décembre 2025 à 00h11
Miamou
Je ne comprends pas ta question concernant une amitié possible en aimant quelqu'un à ce point. De qui parles-tu? De A, de B?
Je parle de A.
Je souhaiterais aussi être ami avec B si elle ne souhaite pas continuer notre relation, mais ce ne serait pas un problème pour moi.
Miamou
C'est une situation particulière parce que j'ai l'impression que dans ce que tu exprimes, il y a eu une espèce de forme de trahison avec les deux personnes dont tu parles.
C’est bien le cas.
A se sent trahi et surtout infiniment triste d’imaginer sa vie sans être à mes cotés.
B ne se sent pas trahi, mais plutôt que mes actions ne rentrent pas dans son système de valeurs. Elle a dit (après lui avoir révélé) que en temps normal cela mettrait fin à la relation, et que c’était quelque chose qu’elle avait decidé en elle-même avant de me rencontrer, mais que quand bien même elle m’aimait encore.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
#
Miamou (invité)
le jeudi 18 décembre 2025 à 01h30
Merci pour les précisions.
Ce qui m'interpelle dans ce que tu expliques, c'est le fait de ne jamais avoir voulu d'enfant jusqu'à ta relation avec B. Tu parles d'une relation "parfaite" avec A.
Une fois que tu penses qu'avec elle tu pourrais avoir des enfants, tu décides de mettre fin à ta relation avec A. Bon, c'est très très résumé.
Tu n'as pas de certitude quant à l'avenir de ta relation avec B. Aucune non plus quant à celle avec A (si ce n'est qu'elle est triste et qu'elle souhaite être ton amie, mais les choses changent et dans ce contexte-là, il ne me semblerait pas inadéquat qu'elle puisse, à un moment choisir de se protéger et prendre des distances).
Mais visiblement, ce qui te semble sûr, c'est que tu ne veux plus de relation amoureuse avec A. Sauf si c'est aussi ça que tu questionnes quand tu demandes si l'amitié est possible?
Par contre, ce qui m'interpelle, c'est qu'en toile de fond, tu sembles rechercher une personne avec qui tu serais sûr de vouloir des enfants.
Alors que tu n'as plus l'air sûr de rien.
J'ai l'impression que pour une remise en question d'une relation de 7 ans, que tu sembles avoir envisagé pour la première fois, tout s'est enchaîné très rapidement dans les prises de décisions et que celle-ci n'est peut-être pas complètement indépendante du fait que tu espères que B va souhaiter poursuivre une relation amoureuse avec toi.
Bien que tu sois persuadé que ça n'a rien avoir avec la NRE, quelques mois, c'est court, et sans partager de quotidien, qui soit en plus, basé sur de l'honnêteté, ça laisse peu de temps et de place pour se connaître soi et l'Autre dans la relation. Probablement encore plus s'il est question de fonder une famille ensemble.
Si ça ne marche pas avec B, être à la recherche d'une personne qui te fera éprouver ce sentiment de vouloir des enfants, alors que tu n'en as pas voulu pendant 30 ans et que tu t'es posé la question différemment il y a quelques mois seulement, ça ne me semble pas forcément l'approche la plus porteuse.
Pourquoi ne pas juste se dire que tu cherches une personne avec qui tu seras bien dans la relation?
Alors, je ne sais pas ce qui vous a mené à une relation polyamoureuse A et toi, mais il me semble que c'est un raccourci important que de se dire que personne ne pourra accepter ce mode relationnel, même si c'est plus complexe, et surtout, est-ce que mettre cet aspect de côté serait viable pour toi sereinement sur du long terme?
Bon cheminement
#
Hawkeye
le jeudi 18 décembre 2025 à 09h52
Je ne lis pas beaucoup de polyamour dans cette histoire, peut-être plus de la monogamie multiple.
Une relation non exclusive avec A.
9 mois de relation avec B qui devait se croire en relation monogame et qui s'arrête nette à la découverte de la relation avec A.
Tu changes les termes de la relation avec A d'amour à amitié dans l'espoir d'offrir à B ce qu'elle veut : une vraie relation monogame.
On a le droit de changer d'avis d'aimer différemment certaines personnes et de changer de plan de vie. Ce n'est pas un problème tant qu'on l'assume ouvertement et ne le fait pas porter aux autres.
#
Polyester
le vendredi 19 décembre 2025 à 15h29
Merci beaucoup pour toutes vos réponses.
J’ai eu le coup de téléphone avec B où je me suis expliqué sur mes décisions et mon raisonnement. J’ai aussi exprimé pourquoi je pensais pouvoir fonder une famille avec elle.
Plus que les tromperies et les mensonges, elle a été déçu de la facon dont j’avais géré les événements. J’ai d’abord annoncé rester avec A, tout en demandant si elle était vraiment sûre de refuser le polyamour, puis après notre 1er coup de téléphone, je me suis ravisé en quittant A, comme si j’avais en fin de compte quitté A car elle avait refusé une relation polyamoureuse.
Ce n’est pas le raisonnement que j’ai eu, mais c’est comme ça que ce fut perçu par B. B aurait préférée que je quitte immédiatement A et prennent les conséquences de mes actions.
B a aussi pointé le fait que je ne pensais pas assez aux autres, ou du moins, que je disais parfois que mes actions étaient pour quelqu’un, alors qu’en fait c’était surtout pour moi-même.
Par exemple, si je revenais plus tôt pour passer du temps avec quelqu’un, je dirais que je l’ai fait pour l’autre, alors que c’était moi qui voulait passer du temps avec l’autre.
En y repensant, je pense que je suis très fort pour créer des scénarios faisant passer mon égoïsme en action bienveillante.
Par exemple, je n’aime pas l’idée de sauter d’une relation à une autre, car on laisse quelqu’un dans la misère pour notre bonheur. Et je ne souhaitais pas faire porter le poids de la rupture à B, mais qui en était pas du tout responsable de toute façon. Du coup j’ai préfèré une situation où je perds tout, puis dans l’idéal que B revienne, du coup je me sens moins coupable, c.a.d. je rejette une part de responsabilité.
Personne ne m’avait jamais fait la remarque jusqu’ici, ou du moins pas aussi clairement que B, qui a une forte éthique sans être dogmatique, assez rare pour être noté. Je lui en suis très reconnaissant.
J’ai demandé conseil à deux bon amis, et decidé de prendre mes distances avec B pour quelques mois.
Cela marquera un point final à cette semaine bien forte en émotions. Un grand merci pour votre aide !
Hawkeye
Je ne lis pas beaucoup de polyamour dans cette histoire, peut-être plus de la monogamie multiple.
Oui tu as raison, et plus que la dynamique relationnelle, il semble surtout que ce soit au final un problème avec moi-même.
Hawkeye
On a le droit de changer d'avis d'aimer différemment certaines personnes et de changer de plan de vie. Ce n'est pas un problème tant qu'on l'assume ouvertement et ne le fait pas porter aux autres.
Je n’avais pas compris cette phrase à la première lecture, mais maintenant c’est en effet assez clair que j’aurais dû assumer mes choix sans fabriquer un pêle-mêle pour dédouaner tout le monde de leur responsabilité (qu’ils n’ont même pas).
Ca à l’air assez ancré dans mon fonctionnement de penser que les autres vont se sentir responsable alors que ca n’a pas lieu d’être.
Miamou
Mais visiblement, ce qui te semble sûr, c'est que tu ne veux plus de relation amoureuse avec A. Sauf si c'est aussi ça que tu questionnes quand tu demandes si l'amitié est possible?
De toute évidence on ne peut pas dire que je suis polyamoureux, mais pour moi l’amitié et l’amour c’est quasiment la même chose sentimentalement parlant, et la différence n’est que social / comportemental.
Ma relation avec A, on pourrait dire que c’est une relation amoureuse sans sexe, sans bisous et sans se tenir la main, ou juste que c’est de l’amitié.
Miamou
Pourquoi ne pas juste se dire que tu cherches une personne avec qui tu seras bien dans la relation?
C’est en effet une option, personne ne sait ce que je trouverai donc je suis d’accord, autant être ouvert à d’autres possibles.
Message modifié par son auteur il y a un mois.