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Mon bilan… Et ma tristesse

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(compte clôturé)

le vendredi 06 juin 2014 à 12h00

Tenir compte de l'avis d'autrui c'est bien mais CLM, ne peux tu pas prendre tes choix et ta destinée en main, faire confiance à ton sixième sens, et agir selon ta perception des choses.

Recueillir sur des forums des opinions divergentes c'est bien, mais agir suivant la vision d'autrui... je m'interroge.

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bouquetfleuri

le vendredi 06 juin 2014 à 12h09

la notion d'erreurs dans la relation me semble toujours incompréhensible. C'est la nature même de la relation de se construire sur des incompréhensions, des mots mal dits ou mal entendus.

On fait les choses ensemble dans une dialectique qui met en présence deux êtres humains. Le résultat est forcément particulier, mais il n'y a pas d'erreur.

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CLM

le vendredi 06 juin 2014 à 12h16

Le tromper alors que je faisais des crises de jalousie, je considère ça comme une erreur. J'ai agi avant de penser, avant de parler. Je sais que j'étais dans la confusion totale, que j'ai couché avec un autre pour me rassurer, mais je me considère quand même comme fautive en mode "foutage de gueule". Ceci dit son intransigeance me laisse quand même perplexe.

Gcd je n'agis pas selon autrui, je tiens compte de divers sons de cloches car je suis littéralement débordée, psychiquement, par cette rupture. Mais je ne compte pas me ranger à l'avis d'un forum ou d'un autre (d'ailleurs sur l'autre ils viennent de me confirmer pas mal de choses que vous m'avez dites aussi), j'espère trouver ma propre voie...l'apaisement.

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(compte clôturé)

le vendredi 06 juin 2014 à 12h32

Oui, je comprend. CLM cet apaisement a toujours été en toi, il faut que tu le trouves. D'autre part, je considère que l'on agit suivant son être intérieur à un instant T. Si la réflexion vient après, et c'est souvent le cas, c'est même presque toujours le cas, il n'y a pas nécessairement faute.

Tu es sensible, capable et intelligente, tu as toutes ces particularités en toi pour te poser, réfléchir intérieurement, et te trouver, voir clair en toi.
L'important c'est toi, et ta solution est en toi. Il fait beau, va t'allonger dans l'herbe, ferme les yeux et essaie de faire le vide autant que possible, retrouve toi, respire enfin, et s'il faut qu'il y ai débordement, laisse les larmes coulées, elles servent à cela. Lâche prise, retrouve ta beauté intérieure, celle qui te fait poser toutes ces questions existentielles. Parfois, faire une pause, ça fait du bien.

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LuLutine

le lundi 09 juin 2014 à 01h13

CLM
Le tromper alors que je faisais des crises de jalousie, je considère ça comme une erreur. J'ai agi avant de penser, avant de parler. Je sais que j'étais dans la confusion totale

Ben, une erreur, je sais pas. On peut le voir comme ça, oui. Mais c'était pas volontaire. Tu le dis toi-même, tu étais perdue (et puis, il y avait quand même des contradictions chez lui aussi, ce qui ne t'a pas forcément aidée, je me trompe ?).

Récemment j'ai souffert de "l'erreur" d'autrui. Ca ne veut pas dire que je lui en veux, et nous sommes en bons termes.

Personne n'est parfait, tu étais sans doute perdue (on peut le comprendre) et peut-être que lui aussi (malgré l'impression de cohérence à 100% qu'il cherche peut-être à donner).

Chercher un(e) fautif(ve) sur qui taper ne me semble pas constructif. Apprendre de ses expériences...oui :)

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CLM

le lundi 09 juin 2014 à 02h04

Salut, merci pour vos réponses.

Gcd je sais que cet apaisement existe, en moi. Mais aux dernières nouvelles j'ai mis plus d'un an à laisser partir quelqu'un et je ne peux m'empêcher d'avoir tellement, tellement peur.

Lulutine une partie de moi est d'accord avec toi. Personnellement j'ai été "trompée" 2 fois par le passé et ma colère ne faisait pas le poids face à la volonté d'arranger les choses/comprendre/etc. Mais peu importe, il l'a admis lui-même : "tu peux peut-être pardonner, moi beaucoup moins".

Je m'en veux d'avoir trop voulu parler juste après la rupture et d'avoir amplifié sa colère, et d'un autre côté je dois accepter ce qui est : je ne peux rien faire de cette rancoeur, même si "ça passera" (?). J'ai pas pu m'empêcher encore de lui écrire une connerie sur fb ce soir, je suis insupportable!! (Puisqu'il m'avait tannée sur le fait que je "n'assumais en rien mes actes et que j'étais inconséquente" je lui ai dit que je voyais un psy depuis peu et que ça me semblait pas trop mal de la part de quelqu'un qui n'assume rien - c'est sorti tout seul comme ça, ce soir, 3 jours après ladite conversation, mais bon).

Moi et la notion de "laisser le temps faire les choses" ça fait vraiment deux. C'est comme si je ne voulais pas lui laisser l'espace nécessaire pour (peut-être) renoncer à moi, je suis dans un état d'alerte ou chaque minute de silence supplémentaire est un coup de poignard. Je lui dis "parlons" puis "bon bah laisse tomber ça ne sert à rien" et le lendemain je reviens pour dire quelque chose...C'est n'importe quoi. Je ne sais pas me tenir :-) Pour moi c'est trop dur de juste "laisser faire" les choses, mais le pire c'est que je ne sais pas dans l'attente de QUOI je suis exactement. Ou alors c'est juste de la dépendance.

Ce soir un collègue m'a dit (on ne parlait pas du tout de moi), "c'est fou comme les gens restent accrochés à leur passé, à le ressasser comme si c'était tout ce qui les définissait...Alors que c'est aussi comment ils envisagent l'avenir qui les définit, le futur compte au moins autant que le passé". Je sais pas exactement ce que je vais faire de ces mots mais ils ont eu une résonance particulière en moi...J'y ai vu une forme d'espoir dans mon cheminement (qui me semble bien tourner en rond par ailleurs).

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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CLM

le mardi 17 juin 2014 à 12h47

Salut salut,

je viens juste vous donner des petites nouvelles. Je viens souvent relire vos réponses sur ce fil pour me donner du courage...

Après son explosion "tout est de ta faute" il y a déjà pas mal de temps maintenant, j'étais très confuse. J'ai envoyé un message assez dur à cerner (lui disant que j'avais commencé à voir un psy et que pour quelqu'un qui n'assumait rien ce n'était pas mal) et dans un élan de fierté je lui ai aussi envoyé un lien "marrant", genre "je m'en fous".

2 jours après il m'a envoyé un message qui m'a tué, je vous retranscris la conversation :
"Je ne comprends pas ta démarche concernant notre relation. Mais je ne veux pas t'ignorer non plus, d'où ma réponse tardive et sans objet...". A ça, j'ai répondu "y a pas de démarche, début de rupture chaotique comme ça arrive, voilà tout".
Lui : "Ok, je comprends et ne juge pas...Mais ce temps tu en as besoin autant que moi. Et je n'aurais pas toute cette affection et ce respect pour toi, que j'userai de ce chaos pour assouvir mes envies et mon égo...Prends soin de ton équilibre et de ton bien-être, ils valent bien + que tout".

Ca m'a rendue dingue! C'est quoi ce revirement? Il a l'air tellement détaché. Ca me rend malade.

Suite à ça bien sûr j'étais hyper confuse, j'ai envoyé des messages qui allaient un peu dans tous les sens, et il a fini par dire "le mieux est que l'on se voie pour parler de tout ça, je ne comprends rien à tes messages". J'ai dit non...Parce que j'ai peur (qu'il me "largue" une deuxième fois, de ne pas savoir exactement ce que j'ai à dire, etc). Il a insisté, j'ai redit non.

Suite à ça deux jours après on a passé une aprèm ensemble (dans le cadre de notre activité) et même si j'ai gardé la tête haute, la chute a été dure ensuite. Il a parlé d'un concert qu'il avait vu et je savais que son ex y était allée aussi, des choses comme ça qui m'ont rongée le cerveau par la suite. J'ai peur que la douleur s'entretienne longtemps comme ça :-(

Désolée pour mes pavés, ça fait juste du bien de l'écrire.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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bouquetfleuri

le mardi 17 juin 2014 à 13h23

Bon, il veut parler, tu ne veux pas.

Penses-tu que tu as raison d'entretenir ta peur et ta douleur de cette façon ?

Si vous devez vous éloigner l'un de l'autre, n'est-il pas préférable de le faire ensemble, au lieu de lui laisser cette initiative et de contrebalancer par ta peur, dont ni lui ni toi ne ferez quelque chose de bon ?
Tu esquives, tu es sur la défensive, tu as peur, tu laisses un peu de toi dans ce combat. Reprends ta place, retrouve l'intégrité de ta personne (je sais, injonction paradoxale).
C'est peut-être la meilleure façon de vous quitter, ou de vous retrouver.

Et continue de nous écrire

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CLM

le mardi 17 juin 2014 à 13h51

Merci de ta réponse Bouquetfleuri.

Il veut surtout entendre ce que j'ai à dire (lui n'a pas mentionné le besoin de parler mais a dit "si tu as des choses à me communiquer on se voit et on en parle pour mettre les choses au clair), mais ce que j'ai dit ça partait un peu dans tous les sens, c'était des trucs que je ne suis pas sûre de devoir dire à lui. Beaucoup de gens me disent "juste ignore-le, fais ta vie, tu peux trouver tes réponses toute seule, là tu lui sers de faire-valoir en te montrant faible et soumise". De + sa réaction de "grand sage détaché" m'a pas mal irritée. J'aimerais parler mais j'ai peur que ce soit pire après, je sais pas. J'avoue : je suis incohérente.

A la fois je trouve incohérent qu'il me chie (pardonnez-moi) sur la gueule (pardonnez-moi encore) et qu'il revienne comme ça, tout détaché.

Je sais pas quoi faire. J'avoue qu'en laissant traîner il y a des choses qui ne se disent pas et que ça pourrait nous coûter (qu'il comprenne pourquoi je l'ai trompé par exemple, ça me paraît important). Mais j'ai peur aussi d'avoir de l'espoir en reparlant avec lui, l'espoir de repartir sur quelque chose ensemble. Peur qu'il me dise qu'il voit quelqu'un. Bref, je suis dans la peur et c'est mauvais.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Drya

le mardi 17 juin 2014 à 14h41

C'est pas forcément constructif ce que je vais dire, mais j'identifie clairement un phénomène que je vis très souvent: à force de vouloir forcer l'autre à discuter ou à avoir l'initiative de la discussion tandis que l'autre prétend ne pas avoir besoin de discuter mais qu'il le fait "pour faire plaisir", ça finit effectivement par donner une impression de dépendance (soi) et de condescendance de l'autre... Rétablir l'équilibre, c'est pas facile, et quand en plus au final on obtient pas les réponses qu'on attend, parce qu'elles restent vagues ou incohérentes et pas constructives, ça maintient dans le cercle vicieux du "c'est toi qui demande à discuter et je suis bien gentil d'accepter de me prêter à ce jeu pour te faire plaisir". Bref, y'a plus qu'à trouver un moyen de lui laisser l'occasion de faire un pas à son tour vers toi/la relation/surtout la construction.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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CLM

le mardi 17 juin 2014 à 14h53

Salut Drya et merci d'avoir répondu.

Là où je suis d'accord avec toi c'est qu'effectivement, depuis 3 semaines qu'on a rompu, c'est toujours moi qui revenait et quand il m'a fait cette "offre" d'entendre "ce que j'avais à lui communiquer" j'ai été extrêmement blasée et mon refus était instinctif. En + c'était le jour de mon anniversaire, je lui avais mille fois répété la date pendant notre relation et il ne me l'a pas souhaité (c'est un détail mais bon). Donc là je me dis plutôt "j'ai peut-être des choses à dire, mais si lui n'a rien à dire, est-ce bien utile?". Finalement à part le silence radio je ne vois pas. Et quand on se voit, comme dimanche, je fais mes blagues, il rigole, voilà voilà.

Ce qui m'insupporte c'est comment tout ça s'est déroulé, finalement. Qu'il y ait eu cette cascade de catastrophes au moment-même où on commençait à s'auto-critiquer, et que ça se soit fini comme ça...Ca me laisse dans une tension qui, même 3 semaines après, même si c'est court, ça me ronge. Je ne sais pas ce que je vais en faire.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 17 juin 2014 à 17h03

CLM peut être devrais tu lire le fil de discussion "des sentiments de trop" qui est encore relativement récent.
Que vas tu faire de ta tension. Tout d'abord tu en parles, donc tu la reconnais. Ensuite tu te l'apprivoise, apprend à la connaître mieux, sans non plus tombé dedans à 100 %. Attention, elle n'est qu'une composante (sans doute ponctuelle) de ton toi intérieur actuel. Enfin apprend à t'en faire une alliée qui te donnera force et courage. Si tout va bien, elle te rongera toujours, mais plus pareil. Enfin, je te le souhaite.
Les sentiments négatifs, contre tout sentiment, inutile de lutter contre, ça ne fait que les nourrir et les alimenter.
Apprendre aussi à se focaliser sur le reste, car ta vie n'est pas que cette relation (sans en sous estimé l'importance, inutile, elle est là et elle est importante). Ta vie n'est pas non plus que ce déséquilibre. Retrouve tes esprits, ta sérénité, donne toi de l'intérêt car pour l'instant je dirais que tu te préoccupe plus de lui et de votre lien que de toi même. Or, c'est en y voyant clair en soi, que tous les équilibres pourront redevenir possibles.
Bon, après, je ne suis pas toi. Je ne peux dire avec certitude ce qui te convient. Simplement, si ça peut t'aider...

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CLM

le mardi 17 juin 2014 à 18h39

J'ai lu un peu le fil, merci GCD.

J'admets que je suis obsédée cette relation et jalouse de lui car il a des amis (y compris ses nombreuses exs...), que moi je suis moins sociable, j'ai peu d'amis, moins de champ de liberté psychique en fait. Donc je pense tout le temps à ça, à la fois c'est irrésistible et à la fois je m'en veux car dès que je suis "obligée" de me concentrer sur autre chose je relativise.

Après c'est aussi la situation : toutes mes ruptures n'ont pas eu cette importance là et l'investissement que j'ai eu avec lui est le plus fort que j'ai eu dans ma vie avec un mec. Or je ne sais pas à qui j'ai affaire : quelqu'un à qui je peux parler, avec qui je peux débriefer, démêler? Ou bien quelqu'un qui "jouit" pas mal de la position de dominant dans la situation?
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(compte clôturé)

le mardi 17 juin 2014 à 19h29

CLM je t'ai adressé un message en privé. Il arrivera dans ta boite mail mais certainement dans les spams ou les indésirables.

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(compte clôturé)

le mardi 17 juin 2014 à 19h31

Tu dis être jalouse de lui car il a des amis. Qu'est-ce qui t'empêche d'en avoir ? Pas lui, en tout cas, ou alors c'est toi qui te crée une dépendance...

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CLM

le mardi 17 juin 2014 à 19h53

Je t'ai répondu GCD.

J'avais la même jalousie avec mon ex...C'est surtout que je fantasme pas mal, qu'en me quittant il s'est dit 'youhou!!!' et qu'il n'arrête pas de sortir et que "ah que la vie est douce maintenant que l'épuisante CLM est sortie de ma vie!". Mais bon ça, c'est mon délire. J'ai des amis mais je suis une grosse flemmarde sociale. Mais bon ça j'en prends l'entière responsabilité.

C'est l'idée qu'il vive si bien dans ce silence surtout, qui me rend un peu malade. Mais j'ai un problème de temporalité aussi. Pour moi ne pas se parler pendant 1 semaine c'est le bout du monde, alors que, j'imagine, il faut juste que ça se tasse...Mais oui c'est dur ce sentiment d'être zappée du jour au lendemain. On se voit pendant 6h dimanche, une politesse par-ci, une blagounette par-là, et après, le grand vide. Comme si on ne s'était jamais connus, comme si rien n'avait existé.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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LuLutine

le mercredi 18 juin 2014 à 03h14

CLM
De + sa réaction de "grand sage détaché" m'a pas mal irritée

Peut-être est-il réellement détaché maintenant, qu'en sais-tu ?
Si c'est le cas, pourquoi cette réaction t'irrite ?

Tu penses plutôt qu'il fait "semblant" ?

CLM
"j'ai peut-être des choses à dire, mais si lui n'a rien à dire, est-ce bien utile?".

Si j'ai quelque chose à dire à quelqu'un, et qu'il est prêt à m'écouter, je le lui dis.
Pourquoi faudrait-il que l'autre aie nécessairement aussi quelque chose à me dire ?

Et puis, parfois c'est parce que tu dis ce que tu as à dire, que l'autre a quelque chose à te répondre...mais si tu n'avais rien dit, il n'aurait rien eu à dire de son côté...tu peux pas savoir d'avance.

CLM
Ca me laisse dans une tension qui, même 3 semaines après, même si c'est court, ça me ronge. Je ne sais pas ce que je vais en faire.

Tu es peut-être dans le sentiment d'une relation pas finie, ou mal finie...je me trompe ?
Dans ce genre de cas, parler ça peut être une bonne solution pour dénouer les choses (après, la suite va dépendre de son attitude d'écoute à lui aussi...).

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Semeur

le mercredi 18 juin 2014 à 10h17

Bonjour,

je rebondis sur l'état de « grand sage détaché ».

C'est une posture que je pratique, et qui a déstabilisé mes interlocutrices dans différentes relations plus d'une fois, y compris la semaine dernière, ma moitié avec qui je suis pourtant engagé depuis plus de 7 ans.

Me concernant, cela ne signifie pas que je ne ressens rien. J'ai simplement besoin de ce détachement par rapport à mes émotions pour me mettre en situation d'écoute de l'autre.

Comme s'il y avait un temps pour écouter l'autre, et un temps pour me dire, et que je ne mélange pas les deux, sinon il y a risque de confusion, de non-écoute, ou de pollution relationnelle.

Je ressens bien évidemment des émotions : ça tiraille, ça fait du bien, ça heurte mes schémas (ou pas) ; je vis avec, j'en fais quelque chose (ou pas) mais dans tous les cas, je fais mon possible pour les mettre un moment de côté afin d'être dans de bonnes conditions pour écouter celles de l'autre. Et puis on inverse. C'est l'échange, la communication, le partage. Un moment je transmet, un moment j'écoute. Pour écouter je dois être [me mettre] en situation favorable.

Ça semble peut-être un peu artificiel, mais pour moi la qualité d'écoute de l'autre est à ce prix. Pour écouter l'autre, et même m'écouter moi, j'ai besoin d'arrêter mon propre torrent émotionnel/sentimental. J'ai besoin d'apaisement. Le détachement est une conséquence peut-être un peu « forte » du fait que j'essaie de vraiment tout arrêter.

C'est aussi par phases : à certains moments je n'y arrive pas du tout, et je suis obligé de le dire pour prévenir l'autre : « désolé mais là c'est trop le bazar en moi, je ne peux pas t'écouter, je ressens trop de colère, trop de tristesse, ou trop de joie que j'ai envie de partager plutôt que t'écouter parler… etc ». Et d'avoir confiance en l'autre, pour qu'il soit capable, à cet instant, de m'entendre et d'adopter une attitude d'écoute… Ou pas. C'est le chemin de chaque relation, je crois.

Tout ceci ne m'est pas venu « naturellement », j'ai planché des années sur moi-même, sur mes relations, ce que je mettais dedans. J'ai beaucoup lu, planché avec mes moitiés pendant des heures sur elles, sur moi, sur nos relations, sur les ressentis de chacun, la meilleure manière de les écouter, de les entendre (ou pas). Elles ont lu aussi. Même encore, ces trois dernières semaines nous avons lu ensemble.

On démarre avec « parle-moi, j'ai des choses à te dire » de Jacques Salomé, simple et lyrique, tourné sur le couple mais largement applicable en poly ; pour arriver à « Je t'aime, une nouvelle politique de l'amour » de Vincent Cespedes, typiquement poly avec la famille constellaire et touchant d'autres sujets ; en passant par « au delà du personnel », recueil de l'atelier de création libertaire, analyse des schémas sociaux dominants et de leurs alternatives. Lire de notre côté, puis ensemble, nous permet d'échanger dans des moments de calme, en dehors de nos torrents.

Du coup, quand je « passe en mode écoute », ça se voit, ça surprend, quelque fois ça choque ou ça heurte. L'empathie implique un certain détachement pour être efficace.

Dans ton cas, peut-être que ce détachement est mal vécu de ton côté, car il est facile dans un moment de « trop plein émotionnel », de confondre le détachement émotionnel et l'abscence de sentiments, ce qui est évidemment très différent quand on est au calme pour y réfléchir avec soi-même (ou l'autre).

Je ne dis pas que c'est ce qui s'est passé dans ton [son] cas, mais c'est peut-être une piste pour comprendre. Si lui a eu un moment d'apaisement alors que toi était en plein torrent émotionel, son « pseudo » détachement a pu t'apparaître choquant, alors que c'est simplement le reflet de deux états individuels distincts.

Je ne juge pas la manière dont tu as reçu cette situation (le choc), en revanche, il t'appartient de choisir comment tu veux la vivre, ce que tu veux en faire, comment l'écouter, la verbaliser (ou non) et la transformer en quelque chose d'utile, en expérience, en connaissance de toi-même…

Bien plus facile à dire qu'à faire. Là je me le permet car je suis complètement extérieur à la situation. Quand je suis dans ma propre tourmente, c'est une autre paire de manches ;-)

Bonne continuation,

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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CLM

le mercredi 18 juin 2014 à 11h02

@Lulutine, oui, peut-être est-il détaché. Mais j'admets que le fait qu'il m'ait écrasé à peine une semaine auparavant avoir montré ce détachement m'a irritée car ça donne l'impression d'un cheminement "je te fais tout porter -> je suis apaisé". Oui je trouve ça injuste. J'aurais au moins aimé une transition "je n'aurais pas du être si violent", mais non. Ca a été un passage du blanc au noir d'un coup. Mais ce sont les émotions qui parlent, je peux bien me débrouiller seule malgré ça j'imagine...

Plusieurs personnes m'ont dit comme toi que s'il était prêt à m'écouter alors je devrais effectivement en profiter. Mais pour moi, comme dit par Semeur, je suis dans le torrent émotionnel...Je déprime, il me manque, même si rationnellement je fais (plutôt) la part des choses. J'ai peur qu'en le voyant, les émotions reprennent le dessus. Il y a aussi le fait que les quelques fois où j'ai tenté de lui parler, bah, la communication est difficile. Comme si on ne parlait pas le même langage, tout devient extrêmement complexe et fatigant (j'admets que je devrais m'attacher à ça pour accepter la rupture car ce n'est pas très bon signe...).

Si lui n'a rien à dire, j'admets, c'est mon égo qui serait blessé. Que moi je sois dans cet état alors que lui dépasse si facilement la chose. C'est de la fierté, rien de très enviable, mais c'est bien présent. Je dois être immature de ce côté-là. C'est aussi pour ça que j'ai peur de lui parler : je ne veux pas lui "montrer" que je suis malheureuse parce que dans l'état dans lequel je suis, sa compassion ça reviendrait un peu à la métaphore "donner de l'amitié à quelqu'un qui veut de l'amour c'est comme donner du pain à quelqu'un qui meurt de soif".

Pour finir, oui, le sentiment d'inachevé est immense (il l'avait mentionné aussi avant que ça parte en vrille). Il y avait les conflits, mais derrière ça on en était encore à la phase des débuts sur plein de choses, ou complètement en évolution sur d'autres. C'est con à dire mais même les conflits étaient en évolution, quand j'ai été voir ailleurs quelque chose s'est passé en moi et...voilà le résultat. Mais bon j'assume!

@Semeur, je comprends ta position. A vrai dire j'ai pu la partager aussi, dans des conditions semblables à celles que tu décris. De même je suis la première à connaître ce sentiment de détachement par rapport à une personne en face qui serait en plein "torrent" alors si ça peut m'arriver, je doit l'accepter chez l'autre aussi...

Comme tu dis il m'appartient de vivre ça comme je veux et j'admets que j'essaie juste de gérer quand je le vois. Etre sympa sans +. Mais c'est après que c'est très dur, quand je suis seule. J'ai énormément de mal à supporter les séparations et j'identifie clairement avoir du mal à imaginer qu'il renonce à moi si...facilement.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 18 juin 2014 à 13h56

Semeur
C'est aussi par phases : à certains moments je n'y arrive pas du tout, et je suis obligé de le dire pour prévenir l'autre : « désolé mais là c'est trop le bazar en moi, je ne peux pas t'écouter, je ressens trop de colère, trop de tristesse, ou trop de joie que j'ai envie de partager plutôt que t'écouter parler… etc ». Et d'avoir confiance en l'autre, pour qu'il soit capable, à cet instant, de m'entendre et d'adopter une attitude d'écoute… Ou pas. C'est le chemin de chaque relation, je crois.

Semeur, je t'ai laissé un post sur un autre fil, avant d'avoir lu ici. Désolée. Tu comprendras je crois.

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