Polyamour.info

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(France)

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Discussion : Construire la non-exclusivité en dehors du couple

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le mardi 03 décembre 2024 à 21h50

Merci pour vos réponses, en particulier celles d'artichaut qui me fait voir les choses autrement. Il y a déjà de bonnes bases pour un nouvel article ^^

La belle liste donnée pour redéployer les relations hors du couple est super intéressante, pour l’indécrottable amoureux que je suis. Dans cette liste, c'est le cercle de parole que je pratique et je peux témoigner que ça m'a fait du bien dans les périodes de panique sentimentale, puisqu'il y est directement d'intimité avec des personnes avec qui on ne partage pas une intimité amoureuse. Et qui peuvent ensuite devenir des ami.es.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Discussion : Toute relation amoureuse et sexuelle est monogame

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le mardi 03 décembre 2024 à 21h32

Je peux témoigner que ce concept de polymonogamie lancé par artichaut a une très grande vertu thérapeutique pour sortir du schéma infernal mono-poly :

- Il permet à la personne monogame qui se fait "ouvrir" son couple d'améliorer son estime de soi, puisque tout le monde est monogame, même le partenaire qui a 2 relations. Elle n'est donc ni à la traîne, ni le maillon faible, ni la plus lente, ni la plus mono, ni la moins poly.

- Il permet de voir un truc qui sinon reste dans l'ombre : dans le polyamour comme projet, c'est un même type de relation que l'on superpose dans le temps, dont l'essence est l'exclusivité c'est-à-dire l'intimité, c'est-à-dire la séparation radicale et existentielle, entre un intérieur et un extérieur.

- La personne qui se fait ouvrir son couple vit une crise existentielle. La bulle qui la protégeait de l'extérieur est comme percée. Elle perd pied car le centre à partir duquel elle se situait dans le monde est emporté dans cette tempête entrée dans sa bulle.
La personne qui ouvre le couple (pour avoir deux relations au lieu d'une seule par exemple), elle, devra se faire violence pour scinder en deux son intimité, comme ses autres relations le lui demandent.
Les deux personnes ne peuvent plus se comprendre directement (malgré les sentiments restés intacts), elles ne partagent plus les mêmes coordonnées du monde.

- La jalousie n'est jamais que l'autre face de l'exclusivité qui a servi de base pour se construire une existence, protégée de l'extérieur (nous et les autres)

A part cela je dirais que :

- Le couple de 2024 n'a presque rien à voir avec le couple des sociétés traditionnelles.
Cette intimité qu'il peut y avoir à tous les niveaux, et que l'on recherche dans le couple moderne, est très historiquement située. Et propre aux sociétés où l'individu est émancipé des communautés de base (famille, village, corporation etc) donc libéré dans un sens, mais sur un autre plan soumis à des épreuves continuelles dans une société basée sur la concurrence et la marchandise. Le couple est cet espace minimalement communautaire à partir duquel bricoler le confort affectif domestique, sans lequel il n'est pas possible de se projeter vers la société, dans l'espace public que sont les différentes scènes sociales (travail etc) qui n'offrent à l'individu que des liens faibles.
- L'exclusivité tant décriée est cette bulle de sécurité psychique, gage de santé mentale car elle valide l'importance de la personne et sa dignité à l'abri des épreuves de la société. Ces épreuves, par définition, comparent les personnes sur un même plan, tandis que dans le couple exclusif la personne est unique, mais comparable quand elle se fait ouvrir son couple. Sauf à ce que les deux relations soient fortement différenciées (distance géographique, sociale) et hiérarchisées (par des règles, des limites, des interdits, etc) pour créer autant que possible une incommensurabilité des personnes aimées.

- Le polyamour est une sorte d'opportunité dont les gens se saisissent pour ne pas rompre, alors que les individus dans le couple se mettent à diverger sur l'une ou l'autre des facettes de leur exclusivité. A condition qu'il n'y ait pas trop de facettes à remettre en jeu à la fois, le couple peut transformer son lien sans le détruire.
- Tant que la société est comme elle est, de plus en plus anxiogène et concurrentielle, les individus pourront y trouver une forme de sécurité psychique minimale. C'est donc plutôt la société telle qu'elle est devenue qui est à critiquer, plutôt que les moyens précaires par lesquels les gens bricolent des conforts affectifs.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Discussion : Construire la non-exclusivité en dehors du couple

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le dimanche 01 décembre 2024 à 12h06

Coucou,

J’essaie de trouver des stratégies pour être moins fusionnel dans mon couple avec ma compagne, qui a une relation avec une autre personne depuis quelques temps, cette situation étant amenée à durer.
De mon côté je ne suis pas super emballé par l’idée d’avoir une autre relation de mon côté. Notre couple était ouvert dans son principe depuis le départ mais monogame de fait, très fusionnel et très fluide jusqu’à ce que cette ouverture se concrétise, avec peu de consentement de mon côté (j’euphemise parce que je n’ai pas trop envie d’appuyer là-dessus dans mon propos pour l’instant).

Je lis ce forum et en particulier ´artichaut’ pour trouver de nouvelles façon de voir. Et de me sortir d’impasses qui je pense ont un lien avec les mots qu’on utilise pour décrire une situation.
Par exemple je coche pas mal de cases de la personne ´mono’ et ´polyacceptant’. Et s’ensuivent des réflexes comme par exemple l’idée qu’avoir une autre relation de mon côté serait une façon de retrouver l’équilibre intérieur perdu.

En partant du principe que ma partenaire qui a deux relations et mes metamours qui en ont deux aussi ne sont pas en polyamour mais en polymonogamie, je me dis que je pourrais construire du polyamour d’une autre manière qu’en investissant des relations amoureuses, sachant que dans mon couple la complicité est très forte avec beaucoup d’activités communes, répondant à mon idéal du couple de «  créateurs » (en l’occurrence dans le champ social/politique).

Je me dis aussi que ce changement dans mon intimité, soit je le ressens négativement comme une nostalgie douloureuse où tout était plus simple, soit je le vois comme un nouvel espace dégagé pour construire une autre manière d’être au monde, plus hardie envers les autres, moins recroquevillée sur le couple, que je pense on peut investir très fortement, non pas par conformisme social (et c’est là où je suis moins d’accord avec artichaut) mais parce c’est pour moi un espace de liberté et de sécurité incroyable dans une société en crise.

Cependant c’est un autre genre d’espace que je visualise comme alternative au couple. Le polyamour n’est pas forcément le nom de cet espace mais dans mon cas c’est peut-être une sorte de première mesure révolutionnaire, dans la mesure où la nouvelle relation de ma compagne peut être une force de changement comportant une part destructrice et créatrice.

Une autre raison qui pourrait donner du sens à une abstinence polyamoureuse dans mon cas (ne pas avoir d’autre relation alors que la voie est libre) c’est que je cumule pas mal de privilèges. Et que dans un sens la configuration où je reste avec une seule relation est une façon de rééquilibrer les liens existant et voir quelle dynamique ça peut créer.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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