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Discussion : « …L’intuition du sacré semble persister dans les relations amoureuses » - article du Monde des religions, par Marc Bonomelli, février 2026
crest
le jeudi 05 mars 2026 à 15h32
Un article du Monde des religions du 14 février 2026
Saint-Valentin : « Alors que l’athéisme progresse dans nos sociétés, l’intuition du sacré semble persister dans les relations amoureuses » (lien)
Chronique
Marc Bonomelli
A l’occasion de la Saint-Valentin, le journaliste Marc Bonomelli analyse, dans une chronique pour « Le Monde des religions », la place de la spiritualité dans le couple : « Il demeure un lien établi entre l’union amoureuse et le sentiment de transcendance, voire une vision sacrée de l’expérience amoureuse ».
[Marc Bonomelli est journaliste indépendant, spécialisé dans l’étude du fait religieux et des nouvelles spiritualités. Auteur de l’ouvrage Les Nouvelles Routes du soi. En immersion chez les nouveaux spirituels (Arkhê, 2022), il analyse, dans une chronique pour « Le Monde des religions », la spiritualité foisonnante de notre époque et la manière dont elle se réinvente. Des « néodruides » aux « soul surfers », ces nouvelles « routes du soi » semblent traverser tous les domaines, de la santé à la politique, en passant par le numérique, le développement personnel et, bien sûr, les religions.]
La plupart des traditions religieuses accordent une haute valeur spirituelle au mariage. Alors qu’il est un sacrement pour les catholiques, l’islam affirme que « lorsque le serviteur se marie, alors il a complété la moitié de la foi » (selon un hadith prêté à Mahomet). Cependant, depuis le XIXe siècle, sous l’impulsion des romantiques, le couple a progressivement perdu sa dimension institutionnelle : il repose sur le sentiment intérieur plutôt que sur une reconnaissance extérieure (prêtre, famille, Etat…).
Mais alors que l’athéisme et la spiritualité sans religion progressent dans nos sociétés, a-t-on jeté le bébé de la spiritualité en couple avec l’eau du religieux ? En réalité, l’intuition du sacré semble persister dans les relations amoureuses. Après quinze ans de recherche, la sociologue Chiara Piazzesi, spécialiste des relations intimes contemporaines, observe ainsi que si « le paradigme romantique d’amour qui dure toute une vie » tend à disparaître, « il persiste certaines croyances, en l’âme sœur ou au destin », et ce chez « tous les profils, identités de genre et orientations sexuelles ».
Bien que la modernité ait levé des normes (hétérosexualité, monogamie), « il demeure un lien établi entre l’union amoureuse et le sentiment de transcendance », voire une vision sacrée de l’expérience amoureuse, « même si elle n’a plus besoin d’être exclusive », estime ainsi cette chercheuse à l’université du Québec à Montréal (UQAM, Canada).
La théorie des « flammes jumelles »
A côté de l’« âme sœur », de nouveaux concepts ont d’ailleurs émergé. L’un des plus répandus est la théorie des « flammes jumelles », inventée en 1972 par l’écrivaine américaine Elizabeth Clare Prophet (1939-2009), autrice de Soul Mates and Twin Flames. The Spiritual Dimension of Love and Relationships (Summit University Press, 1999, non traduit). Elle s’inspire du mythe de l’androgyne primordial présent chez des auteurs antiques comme Platon, qui raconte une humanité originelle où chaque individu était à la fois femme et homme, avant que leurs deux moitiés se séparent. Dans les flammes jumelles, une connexion intense existe entre certains êtres qui auraient une seule et même âme, mais incarnée en deux corps différents. Leur rencontre déclencherait alors une quête initiatique ponctuée de séparations, de poursuite, parfois de souvenirs de vies antérieures (selon les intéressés) et d’expériences mystiques.
Plusieurs personnes que j’ai rencontrées assurent avoir eu l’intuition d’une telle grille de lecture des relations amoureuses, avant même d’en connaître le concept, qui est au cœur d’un documentaire Netflix l’ayant popularisé (Twin Flames, 2023). Nathanaël, Français ayant vécu en Suisse, manageur en informatique avec un haut salaire et « esprit cartésien », rejetait ainsi la spiritualité depuis une expérience d’« abus » vécue dans son enfance auprès de religieux.
Mais la rencontre avec sa petite amie va déclencher en lui « un éveil spirituel », marqué par des phénomènes paranormaux : rêves, visions et autres « coïncidences significatives », qui vont fissurer progressivement son rationalisme.
Peu à peu, grâce à sa compagne, son expérience spirituelle grandit : « J’ai découvert que j’avais une âme. La première vision que j’ai eue, c’était quand j’ai posé mes mains sur elle. J’ai vu qu’on fusionnait, et cette fusion générait un halo lumineux qui illuminait le monde. » Ce n’est que bien après qu’il entend parler de la théorie des flammes jumelles, qui se concrétise selon lui lorsque « deux âmes sont le miroir l’une de l’autre, mettant en relief les aspects de l’autre et de soi-même dont on n’a pas conscience ».
« Rencontre alchimique »
D’autres n’ont pas besoin de l’étiquette des twin flames pour associer quête spirituelle et intimité amoureuse. « Si tu médites seul, tu peux croire atteindre un haut niveau d’éveil. Mais si tu partages l’aventure à deux, cela peut t’aider à révéler tes zones d’ombre, celles sur lesquelles tu dois travailler », résume à sa manière Veronica, une Tchèque voyageant à bord d’un van emménagé à travers l’Europe avec son compagnon.
Un processus que ne renierait pas Maureen Mellet, thérapeute de couple et autrice de Quand le couple répare (Solar, 2024). La « relation de symbiote », conceptualise-t-elle, est un moyen de cheminer à deux vers plus grand que soi : « Comme une rencontre alchimique, le couple va nous permettre de grandir, il va nous mettre au travail, éclairer nos forces, mais aussi nos traumatismes, nos peurs, notre potentiel oublié et certaines compétences que nous avions laissées en nous. »
Maureen Mellet interroge également certaines injonctions courantes de l’univers du développement personnel : « Il faudrait d’abord s’aimer soi-même pour aimer les autres, entend-on souvent. Mais beaucoup ne peuvent pas s’aimer seuls : ils ont besoin du regard d’un autre pour recevoir une image positive d’eux-mêmes et de l’amour. »
« Transcender l’attachement »
Si le mariage, encore associé à la religion, peut crisper, de nouvelles formes d’officialisation du couple émergent aujourd’hui, à l’instar de certains rituels néopaïens inspirés de l’union entre « énergies masculine et féminine », concept très présent dans les nouvelles spiritualités contemporaines. D’autres ont même recours à l’astrologie dans le choix du conjoint et la gestion des problèmes de couple.
Elise et Thomas (prénoms modifiés), mariés jeunes dans un milieu chrétien évangélique, ont pour leur part traversé « une phase athée », avant de renouer avec la spiritualité, par des pratiques confinant au chamanisme, au tantrisme, au yoga et à la méditation. Dans le même temps, leur couple s’est ouvert au polyamour, cherchant à concilier engagement et exploration « hors des modèles patriarcaux ». Souvent critiquée pour ses dérives, y compris dans l’univers des nouvelles spiritualités, la relation polyamoureuse est, pour eux, perçue comme un moyen de « transcender l’attachement et la possessivité associés à l’ego, sans renier l’amour inconditionnel de l’âme ».
L’importance centrale accordée au couple chez certains néo-cheminants spirituels égratigne quoi qu’il en soit l’une des critiques souvent formulées à leur encontre : leurs voies seraient nécessairement autocentrées et ne traiteraient pas la question de l’autre. Comme les astres en orbite, l’univers de l’amour moderne s’est cherché en dehors du regard du ciel, mais il y revient parfois.
Marc Bonomelli
Liens du journal Le Monde intégrés à l'article :
- Fera-t-on l’amour après la mort ? Ce qu’en disent les religions
- La Saint-Valentin fut longtemps une fête des célibataires et de la rencontre
- Chez certains jeunes croyants, la proclamation d’une sexualité hyperactive va de pair avec l’éloge du couple marié
- Ces couples qui durent : « Il faut verbaliser, reverbaliser, y compris quand ça va bien »
Message modifié par son auteur il y a 7 jours.
Discussion : Expériences de vie vs modèle relationnel
crest
le jeudi 05 mars 2026 à 15h29
Didja
Ça montre à quel point nos repères amoureux sont culturels plus que naturels finalement.
Oui mais même le sentiment amoureux est culturel. En ce sens le polyamour est réellement normal à mon avis en tant que variation autour du sentiment amoureux.
Discussion : Je suis mono exclusif mais elle doit reprendre sa liberté
crest
le mercredi 04 mars 2026 à 23h49
Plus on met une personne unique au centre, plus on l’idolâtre (ce qui justifie souffrances et sacrifices), et plus on s’éloigne de la non-exclusivité réelle, surtout quand la non-exclusivité n’est qu’un arrangement mental venant en réalité redoubler l’idôlatrie romantique (je me force certes mais je le fais pour toi, ce qui prouve la centralité et la sacralité de notre amour). Les symptômes physiques révèlent la contradiction.
« The Most Skipped Step When Opening a Relationship »
https://www.reddit.com/r/polyamoryadvice/s/2ZnRrRt...
Discussion : Comparaison/imprévus/jalousie
Discussion : Comparaison/imprévus/jalousie
crest
le lundi 23 février 2026 à 22h01
Bien-sûr ce n'est pas une question de personne. C'est plutôt la situation hors norme et l'absence d'apprentissage (voire même la croyance qu'il n'y a même pas besoin d'apprendre) qui pose problème. Bref je pense que ta compagne ne se rend tout simplement pas compte dans quoi elle est prise, et qui fait qu'elle commet des erreurs en ne prenant pas soin de la relation.
Tu peux lire ou et suggérer de lire les quelques indications qu'on trouve sur le rôle de charnière (hinge en anglais), en l’occurrence le rôle de ta compagne :
https://www.nonmonogamyhelp.com/faq-what-is-a-hing...
https://www.reddit.com/r/polyamory/comments/qzv79r...
https://medium.com/polyamory-today/tips-for-hinges...
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Comparaison/imprévus/jalousie
crest
le lundi 23 février 2026 à 18h14
Ce que j'aimerais de sa part c'est un truc du genre "est-ce que ça va aller pour toi si je pars en famille de telle date à telle date?" Avec une petite proposition annexe du style "je serai dispo tel jour à mon retour" ou "on peut passer un week-end ensemble à telle date".
Oui c’est totalement légitime.
S’entendre répondre que tu n’es pas capable de « gérer le polyamour » parce que tu aurais aimé qu’on te parle comme cela, non.
C’est plutôt la personne qui dit ça qui a la flemme de bien faire les choses, mais qui se défausse du travail relationnel qui existe en plus par rapport aux relations monogames, et qui incombent à tous les protagonistes.
Discussion : Interaction VS Relation
crest
le lundi 23 février 2026 à 17h56
artichaut
(Je veux bien la réf du texte dont tu parles).
Elle parlait de l’article de Latour que j’ai mis en lien plus haut.
En très résumé Latour dit en effet que pour qu’il y ait interaction, il faut qu’il y ait un cadre. En l’occurrence, matériel dans cet article, car à l’époque il voulait que la sociologie tienne compte des objets (d’où le titre de l’article). Il dit que les singes n’ont pas d’interactions entre 2 individus car ils n’ont pas de cadre, ce qui fait qu’une action dépend de la réaction de l’ensemble des singes présents. Le cadre permet de mettre à distance le monde extérieur sans qu’il soit complètement absent aussi.
Latour ne critique pas vraiment l’interactionnisme mais la non prise en compte du cadre matériel qui permet l’interaction entre 2 individus.
Discussion : Relation hiérarchique, dépression et nouvelles relations
crest
le lundi 23 février 2026 à 06h26
D’accord merci pour ta réponse.
Je pense que relationner avec quelqu’un qui parle de sa liberté et qui met cela avant le reste, peut déclencher pas mal de personnes en réalité.
A court terme ça peut être intéressant de voir comment gérer l’intensité des émotions que ça déclenche. Je ne sais pas si tu connais l’EFT. C’est peut-être un peu trop léger comme technique mais de mon côté ça avait permis de soulager des états de panique amoureuse (alors même que le danger était réel, mes émotions ne m’avaient pas induit en erreur; simplement c’était réellement d’une intensité qui peut faire horriblement mal). Après je ne pense pas ça puisse traiter des pensées de rumination peut-être plus propres à la dépression.
Discussion : Rencontre de l'amoureuse de mon mari (sa méta)
crest
le lundi 23 février 2026 à 05h20
sabcp2meg
Avez-vous des sentiments ou retours d'expériences à partager ? Je sais que tout ceci est très personnel et subjectif, mais j'ai besoin de témoignages pour avancer dans ma réflexion.
Juste une alerte.
C’est une relation à 3 en réalité.
Je pense que l’attention doit aussi et surtout se porter sur le rôle de « charnière » (hinge) de ton compagnon.
C’est en général de là que viennent les complications, parce que la charnière va devoir jongler avec deux relations qui ont le même cadre, amoureux, et qui implique un imaginaire d’exclusivité, et énormément d’erreurs et de maladresses qui peuvent etre commises.
La relation avec la Meta n’est pas une interaction à deux personnes, mais à trois, même si la charnière n’est pas là physiquement.
Par le passé sur ce forum on a beaucoup glosé sur le fait que les charnières étaient polyamoureuses par nature et que les personnes qui galéraient d’un côté de la charnière étaient peut-être un peu trop mono et pas vraiment « poly » ou assez déconstruites etc. Pourtant c’est les charnières qui ont la responsabilité du bien-être de leurs partenaires. Cela demande une grande vigilance et d’attention à beaucoup de détails.
Le fait que les Meta se rencontrent n’est pas gage que ce travail de charnière sera bien fait. Au contraire il peut être tentant pour la charnière de laisser les deux bâtants de débrouiller pour se positionner mutuellement et de déléguer ce travail qu’il doit en réalité faire lui-même.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Comment approcher le polyamour avec une collègue de travail ?
crest
le lundi 23 février 2026 à 05h01
Sortir avec une collègue en mode polyamoureux n’est pas forcément une bonne idée pour débuter (et même sans débuter).
Pourquoi l’amitié ne serait-elle pas pertinente dans cette situation ?
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Interaction VS Relation
crest
le lundi 23 février 2026 à 04h51
Je trouve la proposition de réfléchir ainsi super intéressante !
Je te propose d’utiliser une notion supplémentaire, celle de cadre. Je brode là-dessus ci-dessous.
artichaut
il faut 100 fois remettre son, travail interactionnel sur le métier.
et c’est une autre sorte d’engagement, que d’ainsi accepter l’impermanence, le perpétuel mouvement d’un lien
Est-ce que ce n’est pas une spécificité des relations intimes modernes de faire l’objet d’une réflexivité sur elles-mêmes ? Par comparaison c’est aussi ce qui différencie les sociétés modernes des sociétés traditionnelles, qui sont capables de sécréter des discours ou des visions sur elles-mêmes, et ainsi de d’auto-analyser, de s’auto-critiquer.
Je dirais ainsi que l’amitié n’est pas une relation, de ce point de vue, du moins tant qu’il n’y a pas un moment où les protagonistes ne prennent pas un moment pour discuter ensemble de leurs interactions.
Cependant les interactions se font toujours dans un certain cadre. Ce cadre ne fait pas que contraindre l’interaction, il la permet !
Ton premier exemple illustre très bien comment deux personnes peuvent utiliser le cadre « amoureux » pour créer une interaction, qui ne serait pas la même dans un autre cadre.
Il y a dans le mot relation je pense le fait qu’un certain cadre d’interactions sera conservé et répété dans le temps (par facilité ? On ne va pas à chaque fois répéter ce moment de réflexivité à chaque fois que l’on se voit).
Ton deuxième exemple montre donc une deuxième modalité où le cadre de l’interaction (amoureux en l’occurrence) est rappelé à chaque interaction.
J’imagine que faire ça rend possible le fait de changer de cadre sans heurt ou sans décevoir.
Ce serait super intéressant d’en savoir plus sur comment ça se traduit et ça évolue pour les personnes en question ! Qu’est-ce que ça change par rapport à une relation amoureuse classique.
J’ai aussi l’intuition qu’une « relation » implique de l’intimité, et qu’en cela il y a une recherche d’authenticité, d’être soi-même, etc. Qui est je pense un peu contradictoire avec le fait de prendre de la distance, cette auto-réflexivité dont je parle plus haut. Il y a une tension entre l’aisance et le repos que l’on cherche dans l’intimité avec ses proches (ce qui passe par la régularité rassurante de la répétition) et cette mise à distance du cadre pour l’observer et en discuter, qui n’est pas forcément vu comme une activité routinière mais plutôt le signe d’une crise ou d’une interruption de ce qui semblait acquis et aller de soi.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Ma nouvelle compagne pratique l'échangisme depuis des années.
crest
le lundi 23 février 2026 à 04h05
Ne te force pas. Peut-être que tu as déjà eu un peu trop de détails sur comment ça se passe, plus que tu en aurais eu besoin. Si tu as envie de « déconstruire » une limite à ce sujet, c’est chouette, et tu es sûrement tombé sur le bonne personne. Mais si tel n’est pas ton projet (ce qui semble être le cas) alors tu devras sûrement véritablement faire respecter cette limite, et en l’occurrence le fait même de « remettre ça sur le tapis », vu l’état où ça te met, est au minimum à questionner, et tu n’es peut-être pas tombée sur la bonne personne.
Discussion : Relation hiérarchique, dépression et nouvelles relations
crest
le samedi 21 février 2026 à 12h58
Mon dernier paragraphe c’était que je me demandais ce qui faisait que l’autre relation existante de ton partenaire (relation socle) ne provoquait pas en toi d’insécurité.
Discussion : Interaction VS Relation
crest
le samedi 21 février 2026 à 08h59
artichaut
Oui, j'avais aimé l'idée.
crest
Après, il est possible de voir des limites de cette notion d’interaction, en regardant ce qui a été dit sur l’interactionnisme qui est un type de sociologie particulier.
Et tu nous ferait un peitt résumé ?
parce que je suis allé voir et je n'ai pas trouvé grand'chose…
Il y a cet article de Latour qui traite de cette question (les limites au fait de réduire la société à des interactions) :
https://www.persee.fr/doc/sotra_0038-0296_1994_num...
Il faudra que je le relise pour t’en faire un résumé.
Discussion : Relation hiérarchique, dépression et nouvelles relations
crest
le samedi 21 février 2026 à 08h52
Pam
L’autre personne en socle est toute aussi importante que moi, Malou partage sa vie entre nous deux et s’investît beaucoup dans nos deux relations.
Je vis clairement avec le fait que cette situation ne me plaît pas et ne me sécurise pas et que je ne pourrais pas accepter un refus de cette demande : ce qu’il n’a pas fait aujourd’hui, il réfléchit à nos discussions mais n’a pas opposé de « non » ferme pour le moment.
Je tente cette nouvelle interprétation - désolé si c’est à côté de la plaque :
Il est donc possible que tu sois dans un grand stress parce que tu envisages très sérieusement une rupture avec Malou, et que ça te semble une montagne infranchissable. Et en même temps, comme tu n’as pas de réponse claire à ta demande d’une pause de plusieurs mois dans l’établissement d’une nouvelle relation par M, tu es dans l’incertitude sur le fait que tu vas avoir effectivement à franchir cette montagne. Donc tu es bloquée, tu ne peux ni te préparer à la suite qui sera difficile, ni te reposer sur la situation présente. Tu n’as pas de réalité sur laquelle t’appuyer pour agir.
J’ajoute cette réflexion que j’ai eu la première fois en te lisant :
Je ne sais pas comme ça fonctionne avec l’autre relation socle. J’aurais tendance à dire que si les choses ont marché jusque ici avec l’autre relation, ce serait de tenter de se baser sur cette expérience positive. Par exemple si le fonctionnement est très « parallèle » alors le fait d’avoir un coup de fil avec l’autre relation en ta présence est typiquement un dépassement de limite ou un écart par rapport à une règle sécurisante pour toi.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Relation hiérarchique, dépression et nouvelles relations
crest
le samedi 21 février 2026 à 08h38
En même temps Pam semble associer sa dépression à la relation elle-même qu’elle entretient avec Malou (avec quelque chose qui se passe en ce moment mais qui fait echo à des moments antérieurs de leur relation), donc je ne pense pas qu’on puisse voir Malou comme un « aidant » contrarié.
C’est comme ça que je comprends les choses du moins. Puisque Pam ne nous dit absolument pas que sa dépression aurait des causes extérieures ou antérieures à sa relation avec Malou.
Il est vrai qu’appeler maladie son propre état amène en effet à poser les proches comme des possibles aidants. Mais quand la maladie est générée par ces proches on est dans quelque chose de très confus voire pervers.
Discussion : Communication et planning
crest
le vendredi 20 février 2026 à 05h55
Tu es peut-être avec une personnes qui est incapable de planifier en général et pas seulement dans la situation particulière que tu décris.
Je dis ça pour ne pas répéter ce que les autres intervenants t’ont répondu, avec qui je suis d’accord.
Normalement si tu es dans une relation socle avec une relation secondaire qui a du mal à planifier, alors c’est la relation secondaire qui s’ajuste à la relation socle (qui rentre dans les trous dans le planning de la relation socle, ou disons de son rythme habituel).
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Interaction VS Relation
crest
le vendredi 20 février 2026 à 05h41
Merci Artichaut c’est vraiment intéressant et ça peut faire du bien de voir les choses comme ça. Plutôt que donner une trop grande importance aux aspects symboliques, s’attacher à ce que l’on vit concrètement.
J’avais proposé la notion de conversation pour déplacer le regard vers les aspects concrets des relations au sens large:
/discussion/-cYM-/Les-relations-sont-des-conversat...
En un sens la conversation est une interaction, et une relation le fait qu’une conversation, puisse continuer dans le temps, alors même qu’elle est discontinue, interrompue par d’autres évènements.
Après, il est possible de voir des limites de cette notion d’interaction, en regardant ce qui a été dit sur l’interactionnisme qui est un type de sociologie particulier.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Relation hiérarchique, dépression et nouvelles relations
crest
le vendredi 20 février 2026 à 05h30
Bonjour,
Étant donné que tu étais déjà dans une configuration poly, qu’est-ce qui fait que cette nouvelle relation génère une insécurité spécifique chez toi ? As-tu peur d’être délaissée étant donné que déjà tu trouvais que le nombre d’interactions était réduit avec ton compagnon ?
D’ailleurs c’est la première fois que j’entends parler de deux relations socles en parallèle. J’y vois une contradiction logique pour un terme qui implique une hiérarchie avec une pluralité de relations secondaires à côté d’une relation socle unique.
De plus, si j’imaginais à ta place une troisième relation socle possible, je me dirais forcement que je serais impacté fortement par ce changement.
Comment ça se passe pour l’autre personne en relation socle ?
Tes demandes de ralentir me paraissent légitimes, sont légitimes.
Mais la question est plutôt comment tu dois agir (te positionner, penser…) maintenant devant la réalité que ces demandes sont refusées. Cette réalité n’est pas facile à voir et à accepter.
Aussi la notion de limite implique une action de la part de la personne qui pose la limite. Du style « la prochaine fois que tu me parles de cette personne empêtrée dans une relation monogame avec qui tu veux sortir, tu sors de chez moi ».
Bon courage à toi.
Discussion : Polyamour solo au pays de la monogamie
crest
le mardi 23 décembre 2025 à 08h39
Je lui ai communiqué mon envie de cultiver des sentiments amoureux, il a immédiatement paniqué car "notre histoire n'a pas d'avenir" (au sens du couple monogame) puis après échange, et envoie de cet article du site : /-dN-/Badinons-donc-avec-l-amour/ il a décidé de s'engager un peu plus. Il est tombé un peu amoureux, moi aussi, c'était super. La relation s'est terminée dans un coup de téléphone très affectueux dans lequel nous reconnaissions l'impossibilité de poursuivre la relation à distance. Là aussi pour lui, la motivation était aussi que nous n'avions pas "d'avenir", et qu'il ne voulait pas me "bloquer" une partie de ma vie amoureuse... Ça faisait pas trop sens pour moi mais soit, je m'y attendais.
Sur un plan théorique je pense que le vocabulaire du sentiment « amoureux », le mot « amoureux » lui-même, engendre un script romantique, lui-même intrinsèquement monogame.
C’est une question de vocabulaire. Le texte « Badinons avec l’amour », justement, entend revendiquer le mot « amoureux » sans le script du couple qui va avec. J’ai l’impression au contraire qu’il serait plus stratégique (pour éviter les quiproquos, les complications inutiles) de ne pas le faire, et d’utiliser ou inventer un vocabulaire propre aux genre de relations qu’on souhaite. Ce texte clairement n’atteint pas son but : il ne dit rien des relations que l’on souhaite dans ses aspects les plus concrets (les seuls qui comptent à mon avis), tout en produisant et même revendiquant le quiproquo en désignant par un même mot les relations qu’on souhaite et celles que l’on ne souhaitent pas.
Message modifié par son auteur il y a 3 mois.