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Discussion : Je ne suis pas polyamoureuse mais...

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OMG

le vendredi 23 novembre 2012 à 14h30

Bonjour Katouchka,

J'ai remarqué que le mot "imposer" revenait plusieurs fois dans les réponses que tu fais à mon intervention. Je ne suis pas sûre de comprendre le premier : "Je lui en voudrais beaucoup que l'on m'impose cela", que veux-tu dire par là? Puis ce même mot revient ensuite avec : "Je n'imposerais jamais à quelqu'un d'autre ce que je ne voudrais pas qu'on me fasse." Et encore une fois avec : "Je vais faire ma "chieuse" mais je me dis que si ce code lui paraît imposé et qu'elle ne le voit que comme une contrainte ça ne marchera jamais."

Je ne veux pas t'importuner avec ce qui pourrait ressembler à une sorte d'analyse de texte, en fait, cela a attiré mon attention car j'ai beaucoup réfléchit dernièrement à la difficulté que l'on peut éprouver à demander quelque chose à quelqu'un quand on sait qu'une réponse positive de sa part aura des répercussions dans la vie de l'autre. Surtout si cette réponse positive risque de le priver de quelque chose, de lui causer de la peine. Et même si après tout, l'autre a la liberté d'accepter ou de décliner cette demande.

Pour revenir sur une belle phrase de Bouquetfleuri (j'ignore si je la comprend comme lui l'entend) : "la libération par l'expérience n'est pas l'expérience de la liberté", il me semble que l'on se libère quand on accepte ses limites, ses besoins, qu'on ose affirmer ce que l'on est. Pas contre l'autre, pour soi.
Souvent, la liberté implique un choix (y compris celui de ne pas choisir entre deux personnes), le choix implique un renoncement (à une vie telle qu'elle était par exemple)... Enfin, j'écris ça, mais ma réflexion n'est pas très aboutie... Je m'embrouille un peu, excuse moi.

En ce qui me concerne, je remarque que j'ai beaucoup de mal à demander certaines choses car je voudrais qu'elles me soient données de bonne volonté, sans douleur, sans reproches ultérieurs. Parfois, je sais que certaines attitudes chez l'autre ne me conviennent pas mais je préfère ne rien demander car je veux qu'il décide de le faire par lui même. Aussi, il arrive que je renonce à faire une demande qui me ferait du bien au nom de la liberté de l'autre et aussi parce que je me dis que l'influencer est probablement voué à l'échec. Car il m'en voudra et j'aurais de mon coté l'impression qu'il ne me donne pas librement ce que je désire... et donc, ça ôte de la valeur à son geste.
On pourrait voir les choses différemment et estimer que l'autre fait un cadeau qui lui coûte, certes, mais qu'il choisit de le faire. Tout comme on est soi même apte à accepter certaines choses pour le bien-être de l'autre. Mais bizarrement, le renoncement de l'autre me pose parfois plus de souci que le mien!

D'un autre coté, si j'accepte quelque chose qui me fait beaucoup de mal, sur la durée, j'ai également l'impression que c'est voué à l'échec car je néglige mes besoins. Mon ressentiment et mon malaise enfle et finalement, je risque de mettre fin à la relation pour sortir d'une situation devenue intenable...
Je ne sais pas si tu en es là, mais si c'est le cas, je trouve dommage de renoncer à faire une demande qui pourrait t'aider à restaurer ton équilibre. Mais cette demande ne semble pas consister à ce que j'ai évoqué (une pause ou un code) et je n'ai bien sûr pas idée de ce qui pourrait te convenir.

Bref, c'est compliqué... En tout cas, si ta situation te semble aujourd'hui insupportable au point d'envisager de quitter ton compagnon, ce que j'ai cru comprendre lorsque tu dis "Je suis souvent en train de souffrir alors c'est pourquoi je voulais tout arrêter", il serait probablement important de le prévenir que tu risques de partir. L'inconvénient, c'est que ça prend aussitôt l'air d'un ultimatum, mais on peut aussi voir cela comme de la communication franche et honnête où l'on indique à l'autre ses limites, quitte à les voir comme des limitations. Il me semble qu'annoncer qu'elles existent, les assumer, pose peut-être moins de problème que de les ignorer. D'autant plus que tu as beaucoup lutté pour essayer de dépasser le fait que ton compagnon ait établi une autre relation et qu'après un an, tu es peut-être capable de savoir si la situation telle qu'elle est menée actuellement te convient ou pas. Et de faire connaitre tes conclusions, qui peuvent peut-être évoluer dans le temps mais sont ce qu'elles sont aujourd'hui.

Il me semble noble de vouloir se dépasser pour le bien-être de l'autre, pour une idée que l'on trouve acceptable intellectuellement, mais si on la trouve invivable, qu'elle nous fait souffrir, qu'elle nous tourmente... il faut bien accepter d'entendre ce qui souffre en soi, d'en tenir compte et de réclamer des autres qu'ils en tiennent compte aussi.

Après... comment dépasser le rapport de force... je n'en sais rien. En fait, je partage probablement plus mes questions que mes réponses... Désolée de m'être autant étalée...
Je passe de mon côté par les affres du questionnement. Je me demande ce qu'il est juste de demander, voire d'exiger, quoi que ce soit de l'autre. Je me demande ce qui relève de l'égoïsme, ce qui est de l'ordre du sacrifice, etc... Il est donc clair que je projette mes réflexions actuelles sur la situation que tu décris et dont je ne connais pas grand chose. J'espère en tout cas que vous trouverez une voie pour que tu te sentes de nouveau bien, en phase avec la vie que tu mènes.

Voilà, je souhaite ne pas t'avoir ennuyée en te faisant partager ces pensées. C'est en toute humilité que je te les confies, je sais bien que nous sommes seul à diriger notre barque et qu'on fait tous de notre mieux, sans guide, sans radar, que la tempête fasse rage ou que la mer soit d'huile (comme c'est bon, une mer d'huile, de temps en temps!)...

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Discussion : Je ne suis pas polyamoureuse mais...

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OMG

le mercredi 21 novembre 2012 à 16h47

Je ne sais pas s'il est important de se définir comme appartenant à telle ou telle catégorie, mais il me semble important par contre de se connaitre et de respecter ses besoins. Pour avoir lu la plupart de tes interventions, j'ai cru comprendre que tu avais fait beaucoup d'efforts pour t'adapter à la situation et pour ne pas diaboliser ton homme, ni sa nouvelle amoureuse.
J'ai l'impression que le problème principal réside dans le fait que tu ne la sens pas bienveillante envers toi ni envers le couple que vous formez (j'extrapole peut-êtrei). Je comprends que ce soit très difficile à vivre et que tu aies besoin d'être rassurée sur le fait que cette femme ne "manigance" pas contre l'équilibre si précieux de ta vie de famille et de ta vie amoureuse (les deux étant très intriqués quand on a des enfants ensemble).
Enfin, je fais peut-être du hors sujet, mais si cette situation te rend toujours très malheureuse et que tu as l'impression que tes besoins sont négligés, c'est vraiment embêtant. Je n'ai aucune solution, je ne suis pas dans la même situation que toi, mais je compatis et j'espère que l'homme que tu aimes sauras prendre soin de ton équilibre. J'ai vu que certains polyamoureux avaient renoncé pour un temps à une relation nouvelle pour préserver celle qui était déjà établie. Peut-être qu'une pause pourrait être envisageable de leur coté? Pour que vous puissiez respirer à votre propre rythme, établir le fait que la priorité pour ton homme, c'est toi et la famille que vous avez, même s'il l'aime elle aussi, et que les choses entre eux ne peuvent reprendre que si ce n'est pas à tes dépends? C'est à dire avec une sorte de code de bonne conduite réciproque ? Bon, j'ai probablement un raisonnement très mono, avec une hiérarchie et tout et tout... Et si je suis à coté de la plaque, je suis navrée. En tout cas, je te souhaite du courage et... de l'optimisme! Tout change toujours. Ce qui te fait très mal aujourd'hui ne sera plus aussi douloureux demain et encore moins après demain.
Sinon, par rapport au fait que cette histoire avec elle a commencé pendant ta grossesse : de mon coté, après moults discussions avec mon homme (je sais bien que personne n'est à personne, "mon homme", c'est une formule), nous en avons conclu qu'il n'était pas étonnant que le passage à l'acte ait eu lieu à ce moment là. Il avait déjà eu envie d'autres personnes, mais il n'avait pas passé le pas car il ne se sentait pas enfermé. Il était libre d'être avec moi et il le sentait. Son désir de vivre autre chose n'était donc pas suffisamment fort pour qu'il le réalise et il ne le vivait pas comme un sacrifice mais comme un choix. Par contre, une fois la grossesse avancée, il a senti à quel point sa vie allait changer, à quel point il allait devoir "assurer", à quel point cela signifiait que nos vies se liaient pour de longues (et terrifiantes ;-) années... et dans ce contexte, le pire selon moi, il a décidé d'y aller, d'être "libre".
Bon, le mot liberté, dans ce contexte, me fait doucement rigoler tant il semble obéïr à des craintes et à des projections, mais chacun les siennes après tout... Enfin, je fais probablement du hors sujet, mais comme je n'avais pas répondu à tes interventions quand tu as répondu sur mon fil... et que je suis sur le site aujourd'hui, je me suis permise de t'écrire. J'espère ne pas avoir été trop maladroite et je te souhaite de te sentir plus légère bien vite, quelque soit la façon dont ça se passe.

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Discussion : Concours de slogans

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OMG

le mercredi 21 novembre 2012 à 13h16

Trop bon ces panneaux anglo-saxons!

Dans la même veine, en moins bien hélas, il y a...

"Tout le monde a le droit à l'erreur"

"Laissons les gays découvrir les joies du divorce!"

"Les homos ne voient pas qu'ils vivent dans le péché ? Laissons les se marier! L'amour rend aveugle, le mariage rend la vue"

En référence au drapeau arc en ciel : "Homophobes, n'ayez crainte : en se mariant, les conjoints gays en verront de toutes les couleurs !"

Et dans une style plus institutionnel, moins "Le mariage est une connerie que tout le monde a le droit de faire" (j'aime bien celle là)

"La famille n'attend pas la loi pour se fonder, elle attend la loi pour être protégée" ou encore "Une famille protégée, c'est une famille légalisée"...

Ouais... J'ai du mal à me concentrer sur le boulot ces jours-ci...

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Discussion : Concours de slogans

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OMG

le mardi 20 novembre 2012 à 09h35

Qu'importe le parfum, pourvu qu'on ait l'ivresse!

Hum... Trop pro-alcool... ça ferait mauvais genre ;-)
Sinon...

S'aimer ou pas , c'est un choix, se marier ou pas, c'est un droit!

Bon... l'idée de "choix" n'est pas forcément juste, mais ça se scande facilement... et oui, je sais bien que ce n'est pas encore un droit, mais c'est l'objet même du truc... Sinon, autre idée...

Si l'amour n'a pas de loi, le mariage lui en a!
Pour que chacun choisisse sa voie, le mariage pour tous est un droit!

... ou, dans le genre simple, militant....

Non, non, non, à la discrimination!
Homo ou pas, égalité d'options!

Bon, je cale, mais j'avais envie de participer un peu au brainstorming...

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Discussion : Dépasser la trahison

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le lundi 19 novembre 2012 à 11h17

Bonjour,
Plus d'un mois a passé depuis que je me suis confiée sur le site et je voulais simplement vous dire que vos diverses réponses m'ont beaucoup touché et qu'elles m'ont donné matière à réfléchir pendant ces quelques semaines.
Merci à chacun d'entre vous, vos messages m'ont donné du courage, de la force et j'en avais grandement besoin. Je ne sais pas trop ce qu'il adviendra de nous, mais le dialogue reste ouvert dans mon couple et les moments d'abattements diminuent. Lui et moi continuons de partager beaucoup de choses et son attitude m'aide à aller de l'avant. Mon sentiment amoureux n'est plus aussi fort par contre. Disons que je ressens toujours de l'amour pour lui, mais je ne suis plus aussi amoureuse... J'ai été déçue par son manque d'ouverture, j'ai beaucoup de difficultés à accepter le mensonge, mais je sais aussi que je ne suis pas parfaite, loin s'en faut. J'essaie donc de relativiser et de ne pas trop le juger... en me souvenant par exemple que je suis sacrément rancunière et que ce n'est pas une qualité. Enfin... tout le monde peut faire une erreur (en ce qui me concerne, l'erreur consiste à ne pas me dire qu'il se sent enfermé et qu'il a du désir pour une autre quand c'est le cas). Donc, puisque l''amour suit des cycles, je peux affirmer que nous sommes dans le creux de la vague... et j'attend de voir si ça remonte. Wait & see. En tout cas, merci à tous!

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Discussion : Dépasser la trahison

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le lundi 01 octobre 2012 à 13h13

Bonjour,

Je prends la plume pour la première fois dans un forum et choisi de le faire dans celui-ci car j'ai lu de nombreux échanges qui m'ont touché dans polyamour.info, alors j'ai pensé que je pourrais à mon tour bénéficier de certains éclairages. J'espère que certains d'entre vous prendront le temps de me lire.
Je vais donc vous raconter mon histoire. Excusez d'avance les longueurs. J'ai besoin de parler. J'espère être entendue et conseillée, peut-être ?

Je suis en couple depuis près de 8 ans et nous avons un enfant adorable de deux ans. J'ai eu cet enfant tardivement, en fin de trentaine, car j'ai toujours craint de ne pas pouvoir offrir une famille solide, aimante et paisible à un petit, car j'ai moi-même grandit dans un contexte relativement violent, violence qui s'est essentiellement manifestée lorsque j'ai été violée à 8 ans par un grand cousin adolescent chez qui nous passions régulièrement des vacances.
L'impact de ce viol a été "relativement limité". Au niveau physique en tout cas, il ne m'a pas empêché de découvrir une sexualité désirante et vibrante, avec de l'imagination, de l'abandon et beaucoup de plaisir. Au niveau du lien affectif, par contre, je crois avoir été affectée, notamment en développant une méfiance très forte envers mes amoureux. Etaient-ils vraiment ce qu'ils prétendaient être ? M'aimaient-ils autant qu'ils le disaient ? N'y avait-il pas, derrière tout docteur Jekyll un affreux Mister Hyde n'attendant que l'obscurité pour révéler ses sombres desseins ?
Cette méfiance outrancière m'a conduit à vivre d'immenses jalousies, à faire des scènes épiques à des hommes qui ne le méritaient pas, à souffrir des nuits entières par crainte du mensonge et de la lâcheté ordinaire.

Puis j'ai rencontré "mon" homme. Je le connaissais depuis longtemps, nous étions des amis-amants, il était délicat et ouvert. A cette époque, je doutais de tout et surtout du schéma classique proposé par le couple monogame. Il me semblait que le plus important pour pouvoir vivre un bel amour, capable d'évoluer, de grandir, de s'épanouir, c'était d'avoir la capacité de communiquer, de se dire les choses, y compris les difficiles. Notre histoire a commencé en pointillé, il est parti quelques temps à l'étranger, pendant son absence j'ai rencontré une femme qui m'a beaucoup attiré et puisque rien n'était vraiment installé entre nous, je me suis permis de vivre une aventure légère. Je n'étais pas sûre qu'il considérait que nous formions vraiment un couple aussi, quand il est revenu et qu'il ma fait savoir que je lui avais manqué, qu'il souhaitait me voir au plus vite, qu'il m'a laissé des messages amoureux (alors qu'il avait été presque entièrement silencieux pendant un mois), j'ai compris qu'il considérerait probablement que je l'avais trahi.
J'ai pris mon courage à deux mains et je lui ai dit que j'avais fait une rencontre en son absence. Sa réaction a été d'une telle douceur que j'en ai été complètement déconcertée. Il ne m'en voulait pas ! Il m'a dit qu'il était probable que le fait que cette aventure aie eu lieu avec une femme le menaçait moins et qu'en tous cas, il ne se sentait pas jaloux. Il m'a dit que je pouvais en avoir de temps en temps si je le souhaitais. J'ai ressenti une grande vague d'amour à ce moment là. Il semblait m'accepter pour ce que j'étais ! Il ne demandait rien en échange !

Notre histoire a vraiment commencé à ce moment là. Nous avons emménagé en colocation dans un grand appart avec deux copines, nous avons partagé un moment libertin et amoureux avec l'une d'entre elle et avons su dépasser au mieux la jalousie que cela a crée en moi lorsque je suis partie pour du travail à l'étranger et qu'ils se sont retrouvés sans moi. Par la suite, nous avons vécu dans un autre pays où j'ai eu une nouvelle aventure féminine... Lui et elle se connaissaient et s'appréciaient. Cela semblait lui convenir. Il me disait parfois qu'il avait envie de moments libertins avec moi et d'autres femmes, que c'était cela qui l'inspirait le plus, il ne souhaitait pas d'aventure "sur le coté' ou de relations amoureuses... Nous étions prêt à vivre cela si cela se présentait. Nous ne voulions rien d'organiser, que du spontané. Puis une période compliqué est arrivée. Soucis de boulot, difficulté à penser la suite... Nous sommes rentrés en France.

Après quelques mois ici, j'ai fait une rencontre très émouvante avec une femme. Si émouvante que j'ai pensé que le polyamour était peut-être la voie pour moi car j'éprouvais des sentiments vifs pour elle. Il m'a laissé la liberté de vivre cette histoire, de partir en week-end avec elle... tout le monde était informé même s'ils ne se connaissaient pas. Elle ne le souhaitait pas et a commencé à être un peu jalouse. Si bien qu'il s'est également senti menacé. Comme elle partait à l'étranger, cette relation a été naturellement mise sur pause. Mais je le sentais déstabilisé et je détestais le voir souffrir ainsi. J'ai donc expliqué à cette femme adorable mais complexe que je préférais ne pas rester en contact avec elle pendant ses trois mois d'absence car nous avions besoin de nous pencher sur notre couple. Par la suite, quand je l'ai revu, mon attirance pour elle a changé et notre relation s'est transformée en amitié. Elle aussi a réalisé que cela ne lui convenait pas.
Dans mon couple, les choses ont évolué à l'aune de cette histoire qui était venue nous questionner. Et ce que nous avons découvert sur nous à ce moment là a renforcé notre conviction que nous nous aimions et que nous n'allions pas vivre le schéma monogame classique, même si nous n'allions pas non plus dans une direction diamétralement opposée puisque nous restions organisés sur une sorte d'unité centrale. En tout cas, il nous semblait clair à ce moment là que nous aurions dans le futur des contacts sexuels et sentimentaux avec d'autres personnes et que ce qui comptait avant tout, c'était de nous parler en toute sincérité, d'oser la franchise, d'oser l'honnêteté. En ce qui me concerne elle est essentielle. Il me disait que pour lui aussi.

Nous avons décidé de faire un enfant. Peu de temps auparavant, il me confiait avoir envie de contacts avec une autre femme, aussi ai-je été assez surprise quand il m'a dit qu'il tenait à ce que cette période de grossesse ne soit consacrée qu'à nous deux, avant que nous ne soyons trois. Je l'en ai remercié car j'étais heureuse de pouvoir me replier sur ce cocon en construction et je lui ai assuré qu'après la naissance du bébé et les premiers temps très prenants que nous allions traverser, nous pourrions de nouveau envisager d'autres partenaires. Je savais que la dernière histoire que j'avais vécue avec cette femme l'avait troublé et qu'il en avait conçu une certaine jalousie qui avait aussi pour fond son propre désir de vivre une histoire avec une autre. Je savais que ce désir allait le poursuivre et que la naissance d'un enfant n'allait probablement pas changer cela. J'ai cependant été heureuse d'entendre qu'il voulait se consacrer à nous pendant cette période pré et post naissance. Je le désirais aussi.
J'étais si heureuse !
J'avais l'impression d'être guérie de ma méfiance, confiante enfin en l'amour, en la vie. Je trouvais mon homme formidable, si ouvert, si franc. Je savais que j'allais devoir accepter de le laisser "partir" avec une autre un jour, mais la qualité de notre dialogue me donnait l'impression que j'en aurais la force. Lui me l'avait permis, d'une part et nous avions tellement échangé, l'un et l'autre, que je nous sentais suffisamment solide pour ne pas être mis en danger par une nouvelle rencontre... Je m'étais en tous cas fait la promesse d'essayer et de combattre pied à pied la jalousie qui viendrait probablement me tourmenter.

Notre enfant est né. Notre bonheur était immense. Il ne cessait de me dire à quel point il m'aimait. Je n'en revenais pas de cet amour. J'avais l'impression d'avoir compris la recette : la confiance, le dialogue, la délicatesse.
Nous nous sommes retrouvés un soir dans le cadre d'un vernissage pour une exposition de ses travaux. Je l'avais beaucoup aidé à mettre en place cet événement. Notre bébé était là. Il y avait une chanteuse. Belle, pulpeuse, exactement son genre. Je l'ai trouvé jolie. J'aimais bien son sourire. Elle avait l'air saine. Parce que je savais qu'elle lui plairait physiquement, parce qu'avant que je tombe enceinte il m'avait confié plusieurs fois son désir d'un "plan à trois", je lui ai dit qu'avec ce genre de fille, je ne serais pas contre. J'avais envie de rouvrir le dialogue, de lui faire savoir que ce dont nous avions parlé n'était pas lettre morte.
Je l'ai trouvé froid et tendu ce soir là. A peine aimable avec les musiciens d'ailleurs. Je me suis dit que c'était un évènement important pour lui, avec près de trois cent personnes, c'était sa première expo et ça avait une certaine ampleur...
Quand la chanteuse a terminé de chanter, elle est venue vers le buffet pour parler avec diverses personnes. Puis elle s'est dirigée vers moi. Je l'ai félicité, elle m'a répondu que c'était un "plaisir de soutenir un artiste de talent". Notre enfant était là. Elle s'est penchée vers lui, m'a demandé quel âge il avait, a dit qu'il était mignon.
Vous devinez la suite, n'est-ce-pas ? J'ai découvert des mois plus tard qu'il avait eu une aventure avec elle alors que j'étais enceinte de 7 mois. Alors que je m'occupais du chat de son frère, de ses amis à la maison, que je le soutenais dans son travail sans compter mes heures, que j'acceptais ses absences parce qu'il était stressé par la venue du bébé et que je sentais qu'il avait besoin d'espace...
Je me suis sentie trahie à un point ! C'était horrible. J'ai eu l'impression que le ciel s'effondrait sur ma tête. J'ai toujours craint d'être avec quelqu'un qui ne me respecte pas. Qui soit capable de me trahir. Pour qui je ne compte pas.
Quand je l'ai senti absent, pendant une courte période de la grossesse, je me suis demandé s'il ne voyait pas quelqu'un d'autre. Je le lui ai demandé et il m'a dit que non. Je n'ai pas insisté. Je me suis dit qu'il ne pourrait pas faire cela. Pas à ce moment là. Pas au moment où nous étions en train de lier nos deux vies pour toujours avec la venue d'un enfant. Pas alors que nous avions ouvert des possibles pour le futur, pas quand nous avions tant échangé autour de la possibilité d'autres voies, d'autres chemins... Pas alors qu'il savait à quel point l'honnêteté était importante pour moi...

Cette découverte a eu lieu il y a 8 mois. Depuis, nous avons beaucoup échangé. Mais c'est comme si une plaie ancienne s'était réouverte et était plus à vif que jamais. Une vieille croyance que j'avais a été réactivé et emporte tout sur son passage : "il ne faut jamais faire confiance à personne". J'entends constamment des phrases de ce genre, elles résonnent dans ma tête à chaque fois que je ressens un semblant de complicité avec lui : "Ne te leurre pas, pour lui, tu ne comptes pas", etc... Mon énergie s'est envolée. La vie me semble moche, j'ai l'impression d'en être dépossédée. Ma première envie a été de prendre l'avion et de m'envoler en Inde où j'ai vécu près d'un an pour faire du yoga et méditer. Pour m'isoler. Mais nous avons un bébé ensemble et je ne peux me résoudre à partir loin de son père avec lui. D'ailleurs, je ne pense pas en avoir le droit. Je n'ai pas non plus envie d'élever un enfant seule.
Bref, ça a été le chaos.
Et maintenant, cela fait 8 mois. Bientôt 9.
Je sens qu'il faut que j'accouche d'autre chose. Ma relation telle que je l'imaginais est morte. Cet homme que je croyais sincère n'a pas su ou n'a pas voulu attendre. Quand il a été sur le point de devenir père, il a eu besoin de vivre autre chose. Il m'a menti car il s'était engagé à ce que rien de se passe à ce moment là. Il n'a pas voulu attendre. Il s'est dit qu'après tout, moi, je ne m'étais pas gêné !
Aujourd'hui, nous sommes perdus.
Le polyamour, ou une variante du polyamour, enfin bref, une forme d'union à la fois ouverte et honnête me semblait la meilleure option pour nous. Il est vrai que jusqu'alors j'avais toujours été celle qui avait bénéficié de cette ouverture sur les autres, si ce n'est lors de cet unique épisode de trio avec une de nos meilleures amies. Mais je voyais que nous y allions, je me disais que la vie était longue, que j'allais réussir à combattre ma jalousie grâce à l'honnêteté réciproque dont nous ferions preuve...

Je voudrais lui pardonner. J'aimerais être capable de balayer tout cela d'un geste. De voir que c'était une faiblesse passagère, que ça n'a pas eu beaucoup d'importance. Mais l'enfant blessée que j'ai été hurle à chaque fois que je l'envisage. Je ne sais pas comment apaiser cette enfant. Je voudrais pouvoir grandir et être capable de dépasser tout cela. Il n'a cessé de s'excuser, a entrepris une thérapie pour comprendre... Moi aussi je vois quelqu'un mais ma déprime reste importante. Ca doit sembler absurde de faire un tel plat de cette histoire, mais la nuit je rêve qu'on a tatoué le nuage d'Hiroshima sur ma peau... Oui, je rêve de ça...

Enfin, voilà... Si quelqu'un a réussit à me lire jusqu'au bout... si quelqu'un à quelque chose à me renvoyer... je suis preneuse.
Merci.

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