Polyamour.info

Caelur

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Paris (France)

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Discussion : Mardi, c'est Poly (décembre)

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Caelur

le mardi 23 décembre 2014 à 14h29

Yes, nous avons trois sujets pour l'instant :

*Gerer l'annonce d'une rupture conflictuelle aupres de ses proches non poly, faire façe aux "on savait bien que ça ne marcherait pas ton truc" et autres joyeusetés, désamorcer la méfiance qui pourra se mettre en place plus tard, à l'arrivée éventuelle d'unE nouvelLE partenaire, sans se priver du soutien de ses proches, qui peut être nécéssaire en cas de rupture.

*rupture ET NRE simultanée, comment gerer le gerer? : faire cohabiter rupture et sentiments plutôt "négatif" et energie "positive" de la NRE sous un seul crane, dans un seul coeur quand ces évenement ont lieu quasi simultanement avec des partenaires différents.

*- parentalité, co-parentalité et polyamour : quel piège à éviter, organisation a mètre en place etc... évidement il n'y a aucun guide pratique donc c'est plutôt un appel a témoignage qu'autre chose. en premier lieu je serais ravis d'entendre des personnes qui ont fait le choix du polyamour avant de faire un enfant, voir le choix de la co-parentalité dans une relation non définit comme couple ou comme couple primary. ensuite évidement tout les témoignages qui touchent à la question des enfants et du polyamour sont intéressant.

Si vous souhaitez en ajouter d'autres, n'hésitez pas :)

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Discussion : Mardi, c'est Poly (décembre)

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Caelur

le jeudi 18 décembre 2014 à 14h50

D'ailleurs, n'hésitez pas à indiquer les sujets dont vous souhaitez que l'on parle :)

Vous pouvez le faire sur le forum, ou bien ici https://lite5.framapad.org/p/jvXFssC6iN

Au plaisir de vous voir le 23 !

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Discussion : Café poly de Lille

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Caelur

le lundi 15 décembre 2014 à 14h09

Normalement, oui, c'est sur fb.
Je vais la remonter.

Donc pour la petite histoire, nous devrions être une dizaine :)

Au plaisir de vous voir !

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Discussion : Café poly de Lille

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Caelur

le lundi 08 décembre 2014 à 10h21

Bonjour à tous et à toutes,

Petite info comme ça en passant, d'après les différentes conversations que j'ai pu avoir avec les un-e-s et les autres, je pense que nous devrions être une petite dizaine.

Voilà, n'hésitez pas !

Et n'hésitez également à proposer à vos ami-e-s belges !

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Discussion : Y a t il des poly dans le nord pas de calais

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Caelur

le jeudi 27 novembre 2014 à 13h30

Bonjour bonjour,

Très heureux d’avoir participé à ce proto café poly lillois. Nous étions une foule impressionnante de 4 personnes, ce qui, vu que le café avait été annoncé 6h à l’avance et qu’en plus, j’ai laissé le mauvais numéro, est plutôt très très bien 

Bref, à renouveler, en confirmer lieu et date à l’avance ! Dans tous les cas, il y a bien (pleins) de poly en NPDC ! 

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Discussion : Y a t il des poly dans le nord pas de calais

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Caelur

le mercredi 26 novembre 2014 à 11h04

Coucou !

Alors, comme prévu, c'est short pour trouver un bar et pour organiser le truc tout bien tout propre.

Donc, voilà ce que je vous propose : on se retrouve au bar "le café citoyen" ce soir à 20h 7 Place du Vieux Marché aux Chevaux

Je ne créé pas d'event ici parce que c'est vraiment trop à l'arrache.

Mais en gros, rencontrons nous à quelque uns, on pourra discuter tranquillement et on verra comment est-ce qu'on organise la suite.

Je vous laisse mon numéro de tél : xx xx xx xx xx (ce message s'autodétruira dans 24h) (merci de m'envoyer un sms si vous comptez venir :) )

Et l'event facebook : https://www.facebook.com/events/842972595725935/?c...

Au plaisir !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Discussion : Y a t il des poly dans le nord pas de calais

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Caelur

le mardi 18 novembre 2014 à 00h18

Ok, ok,

Je viens d'arriver sur Lille, j'ai pris des contacts avec deux bars. On verra ce que ça donne. Pe que le 26, direct, c'est un peu ambitieux. Tenons nous au courant dans tous les cas :)

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Discussion : Y a t il des poly dans le nord pas de calais

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Caelur

le lundi 10 novembre 2014 à 14h21

Bonjour à tous !

Je me présente rapidement. Caelur, je fais parti de la "communauté polyamoureuse de Paris", participe aux cafés poly 2 ans et vis dans une coloc polyamoureuse avec 3 autres personnes.

A partir de mercredi, je serai du lundi au jeudi à Lille pour le travail (d'ailleurs je cherche un appart, sait-on jamais).

J'organiserais bien un café poly sur Lille ! Si je vous propose le 26 novembre comme date, est-ce que ça vous irait ? (y'a plus qu'à trouver un bar/lieux pour nous accueillir).

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Discussion : [Lexique] Champ lexical du polyamour

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Caelur

le dimanche 06 avril 2014 à 12h05

Monogamish, d'ailleurs, vous le définiriez comment ?

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Discussion : [Lexique] Champ lexical du polyamour

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Caelur

le vendredi 04 avril 2014 à 09h16

Est-ce que c'est utilisé quaternion ? Autant j'ai déjà entendu le sémantiquement très moche "croupe" ou grouple, mais jamais quaternion

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Discussion : [Lexique] Champ lexical du polyamour

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Caelur

le jeudi 03 avril 2014 à 17h01

Et je ne résiste pas au plaisir de vous mettre la liste :)

adultère
agenre
amireux
amitié amoureuse
amour
amour fisionnel
amour fusionnel
amours libres
anarchie relationnelle
asexualité
BDSM
bisexualité
bisounours
bondage
co-amoureuse
coming out
communication non violente (CNV)
compersion
copain de couette
copain-câlin
cowboy
dont ask, dont tell
dépendance affective
emprise
escalator relationnel
faire le lien
famille composée
fluid bond
fuck buddy/friend
féminisme
gender blind
genderqueer
homophobie
homosexualité
hétérosexualité
jalousie
LGBTQIA
libertinage
licorne
limérence
lutinage
manipulateur
mariage ouvert
mono
monogamie
monogamie sérielle
monogamish
monopoly
multicité (qualitative des relations, brouillage des frontières)
multipartenariat
métamour
new relationship energy (NRE)
orgie
orientation relationnelle
orientation sentimentale
orientation sexuelle
panaffectivité
pansexualité
parent social
personne pivot/charnière
pervers narcissique
plan-cul régulier (PQR)
polyaffectivité
polyamour
polyandrie
polycurieux
polyexclusivité
polyfamille
polyfidélité
polygamie
polyginie
polygynandrie
polynormativité
polyphobie
polytolérant (ou polycompatible)
polyvangélisme
pronoïa
père-noël secret
période de réassurance
queer
queerphobie
relation en chaîne
relation en N
relation en V
relation en W
relation ouverte
relation primaire
relation queerplatonique
relation satellite
relation secondaire
salope
slut
swining / échangisme
tiers aimé
transitivité
transmission par rebond
trio
tryade ou triade
végétarianisme
écologie
érogramme

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Discussion : Nos plus beaux témoignages d’Amours de poly-heureux ☺

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Caelur

le jeudi 03 avril 2014 à 16h36

Ce matin je rentre chez moi sachant que la personne avec qui je vis avait passé la soirée/nuit avec un amireux que nous avons en commun.

Et là, alors que j'apprête à me lancer dans ma journée, sur le lit, un magnifique petit mot avec plein d'amour, signé par les deux :)

C'est quand même cool la vie :)

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Discussion : [Lexique] Champ lexical du polyamour

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Caelur

le jeudi 03 avril 2014 à 16h31

Oui, on fera le lien avec le Facebook. Et effectivement pour l'instant, c'est la phase foutrak, on va affiner par la suite.

En tout cas c'est super de voir toutes les participations ! Y'a une vraie aspiration à faire ce travail de définition.

Je pense qu'on lancera un wiki dans la semaine, pour attaquer les choses sérieuses. Et notamment :

définition
usage
emploi fréquent ou non
exemple

Pour la question de la sélection, on en débattra j'imagine, mais je serai personnellement aussi favorable à ce qu'on ne parte pas dans tous les sens (genre végétarien, pour moi, c'est trop loin, mais BDSM ok. Mais après, c'est de l'appréciation individuelle, d'où nécessité du débat)

Et effectivement, il faudrait faire un tri MetaZet. Je vois deux solutions :

Par domaine : émotions, relations, sexe...
Par catégories : spécifique au polyamour, usage différent, usage plus fréquent...

Voilà, pleins de chouette boulot !

Et bientôt, un dicopoly ! :)

EDIT

Et hop, j'ai mis la liste à jour avec un certain nombre de mots proposés par MetaZet and co (fb...).

J'ai commencé à définir, mais je vous avoue ne pas être en mesure de tout définir. Donc n'hésitez pas à aller proposer une définition pour les mots que vous avez proposé.

Nous sommes à plus de 100 mots ! :)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Discussion : [Lexique] Champ lexical du polyamour

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Caelur

le jeudi 03 avril 2014 à 00h24

Voilà, on peut modifier comme on veut maintenant !

Bonne édition ! https://docs.google.com/spreadsheets/d/1Ektp3IjUoc...

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Discussion : [Lexique] Champ lexical du polyamour

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Caelur

le mercredi 02 avril 2014 à 14h20

Merci, super !

On a ouvert un gdoc pour ceux et celles que ça intéresse. Et sinon vous pouvez continuer à poster ici ! :)

https://docs.google.com/spreadsheets/d/1Ektp3IjUoc...

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Discussion : [Lexique] Champ lexical du polyamour

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Caelur

le mercredi 02 avril 2014 à 10h58

Coucou à toutes et à tous,

Je vous propose aujourd'hui une expérience de construction collective. L'idée est issue d'une discussion avec des ami-e-s du café poly d'hier.

Donc, ça serait de "définir" tous les mots du polyamour. Je m'explique. Avec la construction de ce qu'il faut bien appeler une "communauté" ou un "milieu" poly et pleins de pratiques sociales liées, de nouveaux mots apparaissent, ou sont utilisés différemment, ou très souvent... L'idée serait de les recenser d'abord puis de les expliquer.

A la fin, on aurait une sorte de "recueil" qui pourrait constituer une porte d'entrée sémantique au poly.

Je vous propose quelques règles pour pas que ça soit trop le bordel :

- on ne fait que proposer des mots, rien d'autres, l'analyse, les phrases, les critiques, ça sera dans un deuxième temps (brainstorm!)
- les mots proposés sont "contextuels" au poly et pas forcément "analytique". C'est à dire qu'ils reflètent ce qui se vit dans et autour de la communauté polyamoureuse, et pas uniquement (même si aussi) toutes les conséquences logiques du poly. Par exemple, il y a une intersectionnalité forte (constatée) entre les groupes bondage et poly, donc bondage (et intersectionnalité) peuvent être des mots proposés, même s'ils n'ont à priori et logiquement parlant rien avoir avec le polyamour.

Voilà ! A vos propositions !

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Discussion : Une étude sur le polyamour

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Caelur

le mercredi 02 avril 2014 à 10h56

Bien vu le poisson d'avril. J'avoue, je me suis laissé prendre :P

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Discussion : [Humour] Manif de monos

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Caelur

le mercredi 26 mars 2014 à 09h54

Un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants !

(hein? Vous dîtes que ce slogan a été utilisé pour de vrai?)

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Discussion : Pour que le polyamour soit un choix

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Caelur

le mercredi 26 mars 2014 à 09h42

Merci à tout-e-s pour vos réponses ! Merci Lulutine pour la synthèse du propos, c'est bien plus clair comme ça :)

GreenPixie, j'abonde dans ton sens : je crois qu'expliciter le fait qu'il y ait un choix à faire entre mono et poly est l'un des "projets" du polyamour. On pourrait diffuser l'utilisation du terme "orientation relationnelle" pour cela. Comme orientation sexuelle, cela pose le fait que plusieurs options sont possibles, sans préjuger laquelle sera retenue par les personnes.

Trouble dans la liberté

Vaniel
À partir du moment où nous avons connaissance de plusieurs chemins, nous avons toujours le choix d'en emprunter un plutôt qu'un autre. La physique a démontré que l'univers n'était pas déterministe, mais probabiliste, à toutes les échelles.

Je me rends compte en lisant ton commentaire Vaniel que j'ai manqué de précision sur un point important, mais assez compliqué à expliquer, car cela va sembler très contradictoire avec mon premier message.

Quand j'écris ceci :

Caelur
Si l’on adhère à cette conception de l’individu et de la liberté individuelle, alors je crois qu’il est cohérent de considérer le polyamour de la même façon et d’en faire un choix.

Le mot important, c'est "si". J'ai développé cet argument précisément parce la majorité des personnes considèrent que quelque chose comme la "liberté individuelle" ou le "libre arbitre" existe. Mon propos est donc de dire que si l'on considère que cette chose existe, alors il est cohérent d'y inclure le choix de l'orientation relationnelle.

Sauf que, précisément, et même si cela peut sembler de prime abord contradictoire avec mon premier message, personnellement, je ne crois pas que quelque chose comme la liberté individuelle existe. Ou plus précisément, je crois que c'est un concept philosophique qui est du même registre que Dieu : une croyance humaine vectrice de sens dans l'existence humaine. Et de même qu'il est excessivement compliqué de démontrer l'existence ou l'inexistence de Dieu (par définition presque), il est pour moi impossible de démontrer l'existence ou l'inexistence de la liberté (bon, on peut toujours en débattre, mais ce n'est pas le coeur de mon propos ici).

Donc pour compléter mon premier message, il me faut explorer une troisième voie, le cas où l'on ne postule pas la liberté individuelle.

Qu'est-ce qu'affirmer vouloir que le polyamour soit un choix dans un monde sans liberté individuelle ?

En effet, stricto sensu, sans liberté individuelle, pas de choix possible. Un tel univers serait entièrement déterminé, avec des chaînes causales d'évènements partout. D'ailleurs, il peut fort bien être "probabiliste" de notre point de vue (physique quantique), cela ne l'empêche pas d'être déterministe.

On peut remarquer que dans un tel univers, le polyamour n'est pas un "choix", pas plus que n'importe quoi d'autre : le choix de nos études, de ce qu'on mange le matin, de ce qu'on regarde comme média, etc, etc. Tout ne serait que le résultat de chaînes déterministes, ou (Spinoza) "d'affectes" (littéralement, ce qui nous affecte). La catégorie de choix devient donc un non-sens complet, et puisqu'elle est vide, mieux faudrait arrêter complètement de l'utiliser.

Oui, mais, nous pouvons redéfinir différemment le mot "liberté" et donc le mot "choix". Nous pouvons la définir non plus comme "libre arbitre individuel», mais politiquement, collectivement, comme "absence de coût à payer pour obtenir quelque chose que notre volonté désire".

Dans le premier, nous sommes chez Sartre (en gros). La liberté est comme un absolu, comme ce marin dans son bateau qui lutte contre vents et courants (le monde extérieur existe, mais la liberté du marin également et elle est irréductible). Dans un tel monde "nous n'avons jamais été aussi libres que sous l'Occupation", puisque précisément, l'Occupation oblige chacun-e à poser un choix. La première conception de la liberté est aussi la conception libérale, puis néo-libérale. C'est celle qui fonde les discours types "je suis là où je suis grâce à mes efforts/talents/mérite/choix, et les pauvres n'avaient qu'à travailler plus dur". Même s'il est rarement formulé comme ça (sauf chez les connards), il est fréquemment vécu comme ça individuellement. Cette première définition est aussi celle qui permet les bibliothèques complètes de "développement personnel" et autres "si vous n'avez pas ce que vous souhaitez, c'est que vous n'essayez pas assez fort" (culpabilisation des perdants).

Dans le deuxième, nous sommes dans un monde nouveau. Un monde où s'attribuer le mérite de sa propre situation devient illusoire, et où il faut simplement reconnaître avoir été favorisé-e (ou défavorisé-e) par le jeu aléatoire de la vie. Eh oui, ça pose plein de questions politiques sur la répartition des ressources, vu qu'on ne peut plus le faire "au mérite".

,Mais qu'est-ce que cela nous dit du polyamour au juste ?

Simplement que, sans liberté individuelle, affirmer que "le polyamour amour soit un choix", revient en gros à dire "qu'être polyamoureux/ses ne soit pas associé à une discrimination/marginalisation/rejet du reste de la société".

D'une liberté individuelle, inaliénable, absolue, souveraine, on est passé à une liberté politique, sociale, construite et relative. Être libre dans ce cas, c'est simplement pouvoir faire ce que l'on souhaite sans avoir à payer un prix exorbitant pour cela (j'insiste, mais il s'agit bien de deux conceptions totalement séparées de la liberté, et la séparation n'est généralement pas faite).

Donc, pour cette raison, je continue de croire qu'il est important de dire "j'ai choisi d'être polyamoureux/ses". Parce que la majorité des personnes se sentent individuellement libres, et projettent ce sentiment sur les autres. Et donc, s'imputer son orientation relationnelle à soi-même me paraît beaucoup plus fécond que de l'attribuer à notre biologie. Ou alors, comme je le fais ici, il faut expliquer que l'on n’adhère pas au récit de l'individu comme agent libre, pour le polyamour comme pour le reste, et qu'on utilise le mot "choix" dans un autre sens, un sens politique.

Quant au risque de "nivellement" ou de "normalisation", ou encore d'absence de souffre, du polyamour, j'aurais tendance à croire qu'il est faible, réel, et pas si grave. Déjà parce que nous sommes minoritaires chez les minoritaires.

Ensuite parce que tout mouvement politique/social se dilue en grandissant. On peut essayer de "lutter contre" (pas sûr que ça soit une bonne idée), mais c'est une mécanique universelle. Et personnellement, la marginalité pour la marginalité ne m'intéresse pas tant. Je préfèrerais de loin vivre dans une société où mes parents ne trouveraient pas du tout surprenant que je leur ramène ma copine ET mon copain à dîner, où une de mes ex ne pourrait pas utiliser le polyamour contre moi dans un procès et où mes amies ne risqueraient pas de perdre la garde de leurs enfants à cause de leur orientation relationnelle.

Vivre dans un monde où, en fait, être polyamoureux/ses pourrait se faire à moindre coût social/politique. C'est-à-dire, si l'on reprend la distinction entre les libertés que j'ai faites plus haut, un monde où nous serions plus libres.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Discussion : Pour que le polyamour soit un choix

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Caelur

le lundi 24 mars 2014 à 14h36

[NB : Avis aux nouveaux arrivant-e-s sur le forum, qui chercheraient plutôt des réponses à leurs questions, se demandent si le polyamour est pour eux, ou encore, comment gérer une relation polyamoureuse naissante, ce post est politique/social. Mais, je vous invite chaleureusement à poster vos interrogations dans un autre message, je suis certain que plein de gens seront heureux d’y répondre avec la bienveillance qui caractérise notre petit milieu :) ]

[NB Ce post pourrait être ressenti comme violent par certain-e-s, parce qu’il est normatif. Il affirme qu’une conception est meilleure qu’une autre, et même qu’il explique pourquoi. Sachez, en tout cas, que votre vécu, s’il est différent de ce qui est exposé ici, est pleinement respecté par l’auteur en tant que vécu, et donc, inattaquable en soi. Mon propos n’est d’ailleurs pas le vécu subjectif]

[NB Le terme polyamour-subi fera référence à une conception du polyamour où le polyamour est donné par son histoire et ses déterminismes. L’individu ne peut pas le choisir. (Je ne désigne pas le fait que votre partenaire veuille être poly et vous pas, c’est un autre sujet). Le terme polyamour-choisi désigne une conception où le polyamour est un positionnement (choisi donc) de l’individu face à ses déterminismes]

Il est un débat dans le polyamour qui me tient particulièrement à coeur. Il s’agit de savoir si le fait d’être polyamoureux relève «  d’un choix », d’une décision d’une personne ou bien si c’est quelque chose qu’elle «  subie », qui s’imposerait à elle, qui serait donc plus soit de l’ordre du biologique, soit de l’ordre de la construction psycho-émotionnelle profonde, de ces constructions qui nous sont héritées des strates de notre histoire affective (qui commence à la naissance donc)

Pourquoi ce débat est-il essentiel pour moi ? Car en fonction de la réponse que l’on y apporte, ce qu’est le polyamour, socialement, politiquement (dans le rapport normé aux autres) et aussi personnellement (et identitairement) change du tout au tout.

Si cela n’a pas encore transparu dans mes premiers paragraphes, soyons clairs, je défendrais l’idée que le polyamour est un choix, un choix fait par un individu pris dans un faisceau de contraintes extérieures et intérieures (comme tous les choix, d’ailleurs).

Cette idée a quelque chose de révoltant, car un certain nombre de personnes vivent une expérience subjective où le polyamour «  s’impose à eux ». Le rapprochement avec l’homosexualité est fréquemment fait. Comme l’attirance homosexuelle, le polyamour serait donné, il s’agirait d’une caractéristique d’une personne, et l’enjeu serait donc d’accepter et d’accueillir cette caractéristique. Dans les récits, cela se traduira par des éléments comme «  j’ai toujours été polyamoureux/ses, mais il a fallu du temps avant que je l’accepte ». Éventuellement, cette conception donnera lieu à du combat politique pour aménager la société afin de faire une place aux polyamoureux/ses (les pauvres, ce n’est pas de leur faute, illes sont né-e-s comme ça).

Et je veux parfaitement bien croire que ce que je dis en ce moment soit perçu comme particulièrement violent par certaines personnes, car elles vivent effectivement subjectivement le polyamour de cette façon-là, comme quelque chose qui s’est imposé à elles. Mon propos ici, n’est pas de nier leur vécu, ni même de le juger inférieur ou supérieur. Un vécu est, il existe pour la personne qui le ressent, il n’y a rien à juger dessus, on ne peut que l’énoncer.

Mais le vécu subjectif (le mien ou celui d’un autre) est-il suffisant pour élaborer une conception politique/sociale du fait polyamoureux qui nous rassemble ? Il y a deux raisons majeures qui me font croire que non.

Le polyamour-subi n’est pas cohérent avec le récit d’une personne libre

La grande majorité des personnes considèrent aujourd’hui (dans l’espace socio-historique qui est le nôtre, cela peut changer) que les personnes ont un certain degré de liberté. Oh, bien sûr, on va admettre que les déterminations existent. Sociales, génétiques, biologiques. On a tout de même plus de chance de s’en sortir fille de cadre que de chômeur. Mais tout de même, rares sont les personnes qui considèrent qu’elles n’ont aucune liberté et qu’elles ne sont que le fruit de leurs déterminations.

En général, l’idée qui est retenue, c’est que certes, nous sommes «  influencé-e-s » par un certain nombre de choses, mais qu’à la fin, c’est la conscience souveraine qui tranche, qui fait des choix et qui avance dans la vie.

Si l’on adhère à cette conception de l’individu et de la liberté individuelle, alors je crois qu’il est cohérent de considérer le polyamour de la même façon et d’en faire un choix.

Ainsi, nous, polyamoureux/ses, avons un certain nombre de choses qui nous sont données et que nous ne choisissons pas. Nous avons la «  capacité » d’aimer plusieurs personnes. Nous pouvons gérer (ou ne pas ressentir) notre jalousie. Nous sommes attirés par plusieurs personnes à la fois. Et nous avons très envie de nous laisser aller à ce désir… Voire même, nous avons fait des expériences désastreuses de la monogamie, ce qui nous a durablement conforté-e-s dans nos positions. Chacun-e à son parcours…

MAIS ! Cela est-il suffisant pour dire que nous ne choisissons pas notre «  orientation relationnelle » ? Que cette orientation relationnelle nous serait donc «  imposée »? Je ne crois pas.

Car à y regarder de près, les éléments que je viens d’énumérer et qui forment «  un terrain propice au polyamour » ne sont pas suffisants en eux-mêmes pour faire d’une personne une polyamoureuse. Nombreuses sont celles qui présentent ce «  terrain propice » sans être polyamoureuses pour autant ! Nombreuses sont les personnes à vivre des désirs multiples, à avoir envie de plusieurs partenaires, à en avoir plusieurs, à ne pas être (trop) jalouses et qui ne sont pas polyamoureuses pour autant : parce qu’elles ne se conçoivent pas comme telles tout d’abord, et parce qu’elles n’agissent pas comme telles ensuite (sincérité, défense des intérêts de toutes les relations, polyamour conçu comme une non-possession de l’autre et pas comme une autorisation donnée, etc.)

Bref, ce qui fait d’une personne une polyamoureuse, c’est que lorsqu’elle se trouve face à toutes ses déterminations, ses envies et désirs, ses partenaires, elle (se) dise : c’est entendu, je suis polyamoureuse ! En d’autres termes, c’est qu’elle le choisisse et l’assume (au minimum auprès d’elle-même et de ses partenaires)

Dire qu’une personne reçoit le polyamour sur la figure, comme on reçoit sa taille ou sa couleur de peau, c’est nier la capacité de cette personne à faire face à ses déterminismes pour s’affirmer comme individu (libre).

Comme polyamoureux/ses, nous sommes l’altérité : le polyamour interroge la norme monogame

Il s’agit de la deuxième raison qui me pousse à défendre l’idée d’un polyamour choisi. C’est de pouvoir en faire une catégorie politique. Catégorie politique signifie pour moi «  truc qui a la capacité d’interroger une situation sociale donnée ». Pas besoin de prendre des pancartes et d’aller défiler, ou de prendre votre carte au PP, le Parti des Polyamoureux/ses donc.

Si nous considérons le polyamour comme quelque chose qui s’impose à nous, alors, il n’y a pas de remise en question de la norme monogame. Être monogame est la situation «  normale », normale à la fois comme que «  majoritaire » et surtout comme «  non-pathologique ». De même qu’être valide (par rapport à handicapé en fauteuil roulant) est la situation normale, à la fois comme «  majoritaire » et comme «  non-pathologique ».

Et, ce polyamour-subi, serait alors exactement comme un « handicap ». Quelque chose d’anormal, que l’on ne peut pas choisir. Oh, bien sûr, cela n’empêche pas de se battre pour notre cause. Les handicapé-e-s se battent pour avoir des villes plus accessibles (moins handicapantes justement). Mais personne parmi les handicapé-e-s ne songent à remettre en question la norme «  valide ». D’ailleurs, un handicapé qui pourrait se défaire de son handicape, par la science ou la médecine par exemple, s’en déferait.

C’est exactement la même chose pour le polyamour-subi. Si nous le concevons comme subi, alors, il devrait être possible de nous ramener dans la bonne norme monogame. Car, il faut bien nous comprendre, pauvre nous, nous n’avons pas choisi notre condition. D’ailleurs, j’en profite pour rappeler que oui, des thérapies pour soigner les homosexuels ça existe, et que cela procède exactement de la même logique : comme on soigne des handicapés anormaux, on soigne des homosexuels anormaux. A quand donc, les thérapies pour faire devenir mono ? La médecine peut nous sauver !

Sauf si… Sauf si nous arrêtons de considérer le polyamour comme quelque chose qui s’impose à nous. En le choisissant, il n’est plus possible de nous en soigner, car nous ne sommes plus «  malades ». Nous restons anormaux par contre. Mais cette fois, anormaux uniquement comme « minoritaires » et non plus comme pathologiques. Outre le fait que cela nous permet de nous construire comme «  discriminés » (le polyamour-subi le permettrait aussi à la rigueur) cela nous affirme comme libres. La norme monogame est dans ce cas pleinement remise en question.

Et c’est dans cette dernière phrase qui est la plus importante à mes yeux. La remise en question de la norme monogame. J’utilise norme ici non pas comme quantité, mais comme caractère de ce qui est acceptable, bien, sain, présentable en société.

Le projet politique du polyamour c’est d’affirmer «  l’exclusivité et la non-exclusivité sont toutes les deux aussi valables et recevables pour construire des relations belles et saines ». Et je peux vous dire qu’on a du chemin sur ce volet…

Et puis, se battre pour affirmer que mono et poly sont aussi socialement estimables les un-e-s que les autres, et pour qu’être polyamoureux/ses soit un choix comme un autre, c’est tout de même plus sexy que se battre pour qu’on nous laisse vivre dans notre coin ? (et vous élevez des enfants en plus ? Haaain. Mais vous êtes sûr que ce n’est pas mauvais pour leur développement psychologique?)


Finalement, on pourrait dire, qu’être polyamoureux/ses, c’est un peu comme être femme : on ne le naît pas, on le devient. (Beauvoir)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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