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Pride ou fier, de quoi, pourquoi?

Médias
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(compte clôturé)

le mercredi 13 octobre 2010 à 15h19

A l’occasion de la polypride à New-York qui a eu lieu du 8 au 10 octobre dernier, le magazine GRAZIA se penche sur les polyamoureux (pluri-amoureux, lutins, amoureux pluriels, etc) français. J’y ai été interviewée mais n’ai pas relu l’article. Ce sera une surprise pour vous comme pour moi en espérant qu’elle sera bonne.
A propos de polypride, le terme de "fierté" m'interpelle. En quoi est-ce une fierté d'être pluri, pas plus que d'être mono, ou homo, ou trans... Parler de fierté, n'est-ce pas au contraire se revendiquer parce qu'on n'est pas sûr de soi? Plus de détails sur mon blog aujourd'hui
fsimpere.over-blog.com/article-autresmondesdiffusi...

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titane

le mercredi 13 octobre 2010 à 15h35

Tout à fait d'accord !!! dans la lignée du YES WE CAN...

Aucune fierté à aimer au pluriel, pas plus que d'aimer au singulier, pas plus qu'il y a de honte à ne pas aimer au pluriel...

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Goffio

le mercredi 13 octobre 2010 à 15h41

Tu as raison Françoise : on parle de fierté là, parce qu'on n'ose pas encore affirmer son être au naturel, dans le contexte... Presque comme pour s'excuser, d'être différent de la Norme ?!

Pourquoi ne pas parler plutôt du naturel à savoir être pluri ou poly ?

Tout comme du naturel à savoir être homo ou trans, puisque cela ne relève pas de la pathologie, mais d'un choix de vie...

Mais au moins quand on est fier, on fait comme tout le monde : on revendique son appartenance à un corps supérieur, ce qui reste une idéologie très en vogue, dans l'esprit !

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Siestacorta

le mercredi 13 octobre 2010 à 16h24

Je me demande si le sens littéral de pride est encore exact, dans ce genre de manifestation, pour les gens qui y participent...
Plus que "je suis fier", ça dit "j'ai pas honte, contrairement à ce qu'une partie de la société voudrait".
Pride, ça sonne mieux, hein.

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LittleJohn

le mercredi 13 octobre 2010 à 17h17

Je pense aussi que le pride ici s'oppose à la honte que nous devrions ressentir d'être poly, gay...

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LuLutine

le mercredi 13 octobre 2010 à 18h25

LittleJohn
Je pense aussi que le pride ici s'oppose à la honte que nous devrions ressentir d'être poly, gay...

Oui je pense que ça vient de là...ça me semble très logique comme raisonnement.

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bohwaz

le mercredi 13 octobre 2010 à 21h46

Pour moi le polyamour est un choix, pas une fatalité...

Sinon sur le fond, pour info la marche des fiertés LGBT défends l'égalité tout simplement, contre les discriminations basées sur la sexualité ou le genre. C'est simplement être fier d'être soi-même et de l'assumer, contre les oppositions et les injures, pas une quelconque supériorité. Pour info la marche des fiertés inclue aussi les hétéros dans tous les cas, donc ce n'est pas "les lgbt contre le reste du monde" mais plutôt toutes les sexualités ensemble...

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Dreltak

le mercredi 13 octobre 2010 à 22h07

Siestacorta
"j'ai pas honte, contrairement à ce qu'une partie de la société voudrait".

Donc je reste fier, la tête haute, entier....

Pour moi y'en a un peut besoin quand un pauvre mec du centre de dépistage m'annonce que nous (moi et alyagator) faisons partie d'une secte et que le croco en question se fait manipulé (non je ne l'ai toujours pas digéré). Ou quand la plupart pensent que le PA est une preuve d'immaturité, de perversité (si si ^^) alors que mon expérience me fait ressentir que je ne pourrait plus désormais me passer de cette forme de liberté.

C'est vrai, c'est diffèrent des LGBT, c'est une orientation amoureuse et non sexuelle. Mais ça n'empêche que j'ai pas "choisie" ce parcours comme on choisie un menue sur une carte.

Autant rester fier de son parcourt, même si les circonstances influencent, sinon on se mange ce genre de claque sans broncher.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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PhaonSappho

le jeudi 14 octobre 2010 à 02h02

Qui dit polyamour dit souvent homosexualité. Pas systématiquement, évidemment, mais lorsqu'on est plus de deux dans une relation, il y en a toujours au moins deux qui sont du même sexe donc, si les personnes se retrouvent à vivre ensemble, la sexualité s'en trouve bouleversée. Et c'est pas forcément très bien vu par la société, surtout que c'est comparé à des pratiques comme la bigamie qui ont - à juste titre - une image détestable. L'une des premières choses qu'on nous a dites quand on a dit qu'on était polyamoureux, c'était : "tiens, ce sont tes femmes ? et ça se dit féministe...", vous voyez le tableau...
Du coup, je pense que ce n'est pas non plus inutile d'avoir ce genre d'affichage, qui permet de faire rentrer dans la tête des gens la différence entre ce qu'on fait et des choses auxquelles on ne veut surtout pas s'identifier.

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Siestacorta

le jeudi 14 octobre 2010 à 10h25

Tiens, je m'étais jamais vraiment penché sur cet aspect-là, dans le fonctionnement "fissionnel" on a pas trop à y penser. Mais c'est vrai, il y a intérêt à être bi pour au moins un des trois d'une tryade...

PhaonSappho
Qui dit polyamour dit souvent homosexualité. Pas systématiquement, évidemment, mais lorsqu'on est plus de deux dans une relation, il y en a toujours au moins deux qui sont du même sexe donc, si les personnes se retrouvent à vivre ensemble, la sexualité s'en trouve bouleversée.

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Romy

le jeudi 14 octobre 2010 à 15h56

Pour ma part, je vois ces événements (défilés, parade de la fierté etc.) comme un besoin de s'identifier à un groupe social, un besoin d'appropriation sociale, quelque chose qui m'est étranger (je crois, je l'espère...). Je crois que la volonté d'organiser ces événements et d'y participer vient d'un besoin de reconnaissance, d'un besoin de se faire dire qu'on est normal, donc oui, en quelque sorte, d'un manque de confiance en soi, car lorsqu'on est véritablement heureux, on se fout pas mal des autres. Le bonheur est subversif, le bonheur est clandestin... Mais ça peut ausi être un acte de générosité des personnes qui ont confiance en eux, et qui veulent aider ceux qui en manquent pour une raison ou une autre. En démontrant qu'on résiste aux préjugés, qu'on vit comme on veut. Mais voilà...vouloir le démontrer et le crier sous tous les toits, c'est qu'on ne vit pas totalement comme on veut...ça cache un malaise.

Le plus grand attrait de ces événements ce n'est pas de combattre la morale ambiante, mais de faire évoluer les lois pour combattre les injustices, si injustice il y a. Dans le cas des homosexuels, dans le cas des parades antiracistes, ça m'apparaît nécessaire. Dans le cas des polyamoureux et des libertins, beaucoup moins.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 14 octobre 2010 à 18h32

"lorsqu'on est véritablement heureux, on se fout pas mal des autres."

Chère Rosalie, aussi quand on est malheureuse, du moins je l'expérimente ainsi depuis de nombreuses années, depuis que j'ai fait mienne une phrase fameuse de Dr. Albert Schweitzer "Tout le mal que l'on dira de moi, coulera le long de moi comme la pluie sur les plumes d'une oie." Il était "médecin de la forêt-vierge", a fondé l'hôpital de Lambaréné au Gabon, il est très connu dans les milieux protestants et très estimé et a malgré cela trouvé des détracteurs pour essayer de détruire son oeuvre.

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(compte clôturé)

le vendredi 15 octobre 2010 à 00h42

dreltak
Autant rester fier de son parcourt, même si les circonstances influencent, sinon on se mange ce genre de claque sans broncher.

Fier de son parcours, oui, comme lorsqu'on surmonte une peur ou une phobie. Mais c'est qq chose d'individuel. Comme certains l'ont écrit ici, en faire une marche, une manifestation, c'est dire aux autres "je n'ai pas honte", et être encore sur le mode défensif. Il n'estpas nécessaire de se proclamer pour être, noln?
à Bohwaz: être polyamoureux n'est pas une fatalité, c'est un plaisir:)! Mais ce n'est pas un choix intellectuel, on intellectualise après coup. A la base, il y le besoin d'être en accord avec ce qu'on ressent très profondément, donc avec sa nature, qu'on n'a pas choisie... Ceux qui essaient d'être pluriamoureux parce que "c'est tendance" ou "pour sauver leur couple" ou par curiosité ont de grandes chances de se planter s'ils ne sont pas convaincus au plus profond d'eux-mêmes que le pluriamour est naturel.

Dernière minute: l'article de Grazia prévu ce vendredi est retardé, je viens de l'apprendre

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titane

le vendredi 15 octobre 2010 à 07h16

sage Françoise... sagesse basée sur le simple vécu et ressenti... je note au passage l'utilisation du terme "pluriamour"... :-)

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Dreltak

le vendredi 15 octobre 2010 à 17h17

Francoise
Fier de son parcours, oui, comme lorsqu'on surmonte une peur ou une phobie. Mais c'est qq chose d'individuel. Comme certains l'ont écrit ici, en faire une marche, une manifestation, c'est dire aux autres "je n'ai pas honte", et être encore sur le mode défensif. Il n'estpas nécessaire de se proclamer pour être, noln ?

Deux chose: qu'en est il d'après toi de l'aspect social de l'individu, qui n'existe au final que quand il (essaye d')agit(/r) sur son milieu? Et de l'aspect revendicatif que peut revêtir egalement un tel type de marche? Se proclamer pour être ou se proclamer pour être admis, défendre et faire reconnaitre, au final, son droit a l'indifférence?

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Drya

le vendredi 15 octobre 2010 à 17h44

Selon moi, il faut des extrémistes, des démonstrations fortes d'opposition à ce qui est communément admis, pour interpeller les esprits "standard" et créer une place concrète dans le paysage commun. Un mal nécessaire en quelque sorte, chacun le faisant selon ses convictions, on finit un jour par trouver un équilibre globalement accepté.

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titane

le samedi 16 octobre 2010 à 06h53

Une logique "systémique" Drya... je ne sais pas si "il faut"... mais ce qu'il faudrait c'est de leur laisser de l'espace et de la liberté... tout comme celle de ne pas participer à de telles prides.. dans la joie et la bonne humeur

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Gin

le samedi 16 octobre 2010 à 10h47

Je suis PA et autre chose.

Mon autre chose a toujours été bien plus difficile à vivre que le PA (qui n'est pour moi pas difficile à vivre) et impossible à cacher, depuis ma naissance.
J'ai dû apprendre très tôt à assumer ce autre chose, face à tous les regards, à tous les commentaires.

La honte d'être autre chose, je connais bien.

On m'a souvent dit que je devrais être fière de ce autre chose... je crois que parfois ça m'arrive, que je me la pète, que je me dis que ouais je suis trop classe d'être autre chose... mais ce n'est pas le sentiment que je préfère entretenir en moi.

Il y a quelques années, un travail énergétique m'a permis de libérer beaucoup de la honte enfouie vis à vis de mon autre chose. Un peu douloureux mais très libérateur... la honte c'est pas bon, on est d'accords !

Et puis voilà que depuis peu, les autre chose se mobilisent aussi, il y a des débuts de "pride".

Je me suis posé la question si je souhaitais participer à ces mouvements...

Après tout je participe déjà beaucoup au mouvement, toute seule dans mon coin depuis toujours (une fois j'ai même faillit faire un procès à l'université où j'allais pour insulte et discrimination vis-à-vis des autre chose, mais je ne suis pas procédurière, j'ai juste engueulé les profs et refusé de faire le devoir demandé)

alors pourquoi ne pas participer en groupe ?

....parce que je n'aime pas la foule.... certes....!

....parce que j'ai peur d'être mise encore plus en lumière et donc encore plus en danger en m'exposant avec toute ma communauté d'autre chose.... possible aussi....

....parce que j'ai du mal à revendiquer une quelconque fierté particulière à être quelque chose... je serais sans doute plus facilement fière de faire que d'être....

....parce que justement j'ai résolu une bonne partie de ma honte et que donc je n'ai plus besoin d'être particulièrement fière...

....parce que j'aime être heureuse d'être qui je suis, plus que j'aime en être fière....

....parce que c'est tendance....

....parce que le temple du commerce essaye de nous récupérer....

....parce que je ne crois pas que les manifestations en groupe rendent les gens qui regardent passer la manif plus intelligents....

....parce que c'est mon histoire d'être comme ça, et que c'est pour grandir moi-même que je suis comme ça, pas pour dire quelque chose de particulier au reste du monde....

....parce que je n'en ai pas besoin, tout simplement...

Donc non, je n'irai pas au autre chose-pride, et encore moins au poly-pride puisque pour moi être PA n'est absolument pas un problème... et que ça ne l'est pas non plus pour la loi (ni le PA ni le autre chose) c'est juste un problème dans le regard des gens qui ont encore plus peur que moi, et leurs regards ben..... et puis ça va leur faire quoi qu'on défile pour qu'ils nous voient encore plus ?!
Si c'est leur vie de ne pas m'aimer parce que je suis ce que je suis, d'avoir peur de qui je suis, ben vraiment, tant pis, c'est leur vie, c'est pas la mienne.

Par contre, quand l'occasion se présente, quand quelqu'un se pose des questions sur ses peurs vis-à-vis des différences des autres, ben là je veux bien en discuter un peu, mais entre 4 yeux, ou sur un petit forum, mais pas dans la rue... c'est mon côté pudique !

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(compte clôturé)

le samedi 16 octobre 2010 à 11h37

@ Gin: je plussoie avec ce que tu dis. J'irai manifester en groupe pour les pluriamoureux s'ils venaient à être persécutés par la loi, pour revendiquer sur un truc précis, mais prider juste pour dire "j'en suis" n'est pas ma tasse de thé, et en plus, les pluriamoureux sont une nébuleuse si variable dans ses motivations et ses pratiques que ce n'est pas une communauté ni une idéologie, juste une façon de vivre.

Un jour, Bertrand Delanoë avait été interrogé sur son homosexualité par un journaliste qui lui avait dit: "Donc, vous avouez être homosexuel?" "Il lui avait répondu: je n'avoue pas, je dis simplement que je le suis. C'est une composante de ma personnalité, certes importante,mais ce n'est pas la seule, et je ne me définis pas uniquement par mon homosexualité." Le journaliste avait insisté: "Qu'aimeriez-vous que les parisiens pensent de votre homosexualité?" Delanoë avait répondu: "Ce que j'aimerais? Qu'ils s'en foutent, tout simplement." J'ai bien aimé...

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Gin

le samedi 16 octobre 2010 à 12h40

Francoise
"Qu'aimeriez-vous que les parisiens pensent de votre homosexualité?" Delanoë avait répondu : "Ce que j'aimerais ? Qu'ils s'en foutent, tout simplement." J'ai bien aimé...

Tu m'étonnes... John !

Je crois qu'il serait plus facile pour les gens de s'en foutre de la vie des autres s'ils arrivaient déjà à bien vivre et bien assumer leur propre vie.

Il serait donc peut-être plus utile d'aider les gens à s'autoriser à vivre leur vie plutôt que de leur foutre la notre en pleine gueule...

Allez les thérapeutes, au boulot !!

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