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Le sentiment de vide

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31Tolosa

le mardi 01 février 2022 à 00h08

J’ai commencé cette relation en tant que polyacceptante il y a 1 an et 5 mois maintenant.

Sur le chemin, un tas d’images : moi qui découvre le polyamour, qui doute, qui apprend puis qui trébuche. Lui qui a peur, qui me rassure, qui cache des choses, qui me dit qu’il m’aime, puis me ment. A certains moments de la frustration, parfois de la compersion, souvent de la colère.

Au départ de notre relation, nous avions établi qu’on se dirait si on souhaitait fréquenter d’autres personnes. Pourtant cette autre partenaire il me l’a cachée pendant plusieurs mois, jusqu’à ce que je le devine par moi-même et le pousse à être explicite. Je suis vite passée à autre chose car j’ai compris que c’était la peur de me perdre qui le motivait. En comprenant j’ai gommé. Pourtant ce bout de gomme n’a fait que nous détruire encore et encore.

Les confinements successifs nous ont permis de passer énormément de temps ensemble, de s’ouvrir de parler. Lorsqu’il a pu revoir sa partenaire, notre relation ne s’est pas arrêtée pour autant. Ce forum a été mon échappatoire, mon journal intime, mon quotidien. Il l’est encore quasiment. Je vous lis, même si je ne trouve pas forcément quoi répondre. A côté de ça, on a connu des moments sexuels compliqués. Aujourd’hui il dit ne même pas s’en souvenir. Je ne comprends pas comment je peux être la seule à souffrir de ça. Peut-être ne voit-il pas les obstacles comme moi ? J’en fais une montagne, je pleure, j’ai besoin de me confier à la planète entière… et lui oublie. J’envie cette faculté de tri-sélectif.

Et puis un fameux nouveau jour où il me ment à nouveau. Ces mêmes excuses, cette même atmosphère par message et je comprends qu’il est avec elle, qu’il ne veut pas me le dire. J’insiste, mais non il est juste fatigué. S'ensuit les traditionnelles explications, la colère de mon côté et tout le reste.

Depuis octobre, je n’arrive pas à passer à autre chose. On a vaguement défini qu’on voulait rester ensemble. Il a quitté son autre partenaire pour faire le point sur lui-même (ce n’est pas une demande de ma part). Hier il m’a confié ce qu’il pensait de tout ça : je n’aurais jamais accepté le polyamour et ce mensonge de sa part n’était que la révélation de mon refus. Je ne sais pas si je me victimise en disant qu’il jette à la poubelle des centaines d’heures de lecture sur le sujet, de passage sur des forums et de partage en messages privés. Ce qui est sûr, c’est qu’il blesse la part de moi qui pensait bien faire.

J’ai le sentiment qu’on est devenus vides. Lui privé de liberté, frustré (ce sont ses mots) de ne pas passer du temps avec cette partenaire qu’il a choisi de quitter. Moi qui attends patiemment le moment où il se sentira trop étouffé et qu’on devra conclure « ça y'est, c’est la fin ».

Et puis la responsabilité dans tout ça, qui est fautif, qui doit prendre les torts, qui doit avoir mal à la tête et les épaules lourdes ? Je suis d’accord pour dire que les torts sont partagés. J’ai insufflé des doutes, de la peur. Mais ai-je le droit de dire que j’ai le sentiment d’avoir trop travaillé sur moi, trop attendu, été trop blessée, trop subi, et qu’aujourd’hui j’ai besoin de légèreté ?

J’ai découvert le polyamour comme cette chose simple, de partage, de joie, de joie pour l’autre, de joie pour moi-même. Mon chemin a été tout sauf simple et ce soir cette idée m’attriste.

Merci de m’avoir lue.

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Jack Haddy (invité)

le mardi 01 février 2022 à 08h01

@31Tolosa

J'aime beaucoup tes écrits, sur la l'élégance de la forme, pour le juste milieu de détails et d'informations, pour la conscience et le recul qui en transpirent.

J'aime beaucoup tes écrits pour le fond aussi. Je te lis "polyacceptante", je le devine polymotivé, polynaturel ou polyfacile.

Je lis que ton chemin depuis 1 an et 5 mois a été difficile et douloureux. Pas uniquement, mais quand même, par moments. Tu y as probablement investi beaucoup d'énergie, géré de la souffrance. Des moments de solitude et de jalousie lorsque tu le savais avec elle. Bref, j'ai l'impression que tu as fait le taf.

Pour compléter ces désagréments sont venus s'ajouter des mensonges, tout du moins par omission, des minimisations de faits, et un sentiment de trahison que tu n'exprimes pas, mais dont l'absence m'étonnerait.

Et, finalement, maintenant que tu as parcouru cette longue route très désagréable par moments, que tu as fait des kilomètres pieds nus sur du verre pilé, tu arrives à cet endroit où tu es déçue. Tout ça pour ça. (oui je sais, je parle au "tu", ça ne fait pas très CNV, mais ça m'a l'air adéquat néanmoins)

Voilà ce que je lis, interprète et ressens. Tu peux arrêter la lecture si je tape à côté.

(je m'essaie à un peu d'impératif, qui, je le souhaite, ne sera pas blessant)
Tout d'abord, n'aie pas de regrets. Dis-toi que, quoi que tu as dit ou fait, cela a toujours été juste dans le contexte du moment, avec les informations dont tu disposais, avec les espoirs qui te motivaient, avec tes forces et tes faiblesses d'alors. Que tous tes choix étaient les bons au moment où tu les as faits. Et soit fière de toi, il y a vraiment de quoi! (je ne ressens pas de déficit de confiance en toi, ce paragraphe sera pour d'autres lecteurs à qui il pourra faire du bien)

Pour les responsabilités, est-il réellement nécessaire d'en établir pour les choses passées? Serait-il plus bénéfique pour toi de lâcher prise, de prendre pied dans le présent, de juste regarder où tu en es, de te centrer sur tes besoins et envies pour toi-même? Tu n'en as peut-être pas beaucoup, à l'heure actuelle, à part ce besoin de te "reposer". Si c'est ça, pourquoi ne pas le faire, simplement?

Je comprends, quelque part, les peurs de ton compagnon qui ont motivé ses mensonges. Je ne les trouve pas acceptables pour autant. Si toi tu as fait tout ce chemin, que tu as combattu tes peurs et tes douleurs, pourquoi lui-même n'a-t-il pas travaillé sur les siennes? Cela réveille en moi un sentiment d'injustice. Que le/la polyacceptant-e ait du travail, d'accord, mais le/la polymotivé-e a aussi le sien. Accepter risquer de perdre l'autre (dont le PA ne serait finalement pas la voie), accepter de donner pleinement la transparence demandée, accepter de gérer la culpabilité de faire souffrir par ses actes et ses paroles. Cela me semble être un juste retour des choses, ainsi qu'une marque de confiance.

Finalement, le mensonge, c'est enlever à l'autre une partie de sa liberté, c'est une autre manière de lui mettre des barreaux, de lui construire une prison invisible, de le retenir prisonnier de ce que l'on souhaite. C'est pourquoi, je suppose, la transparence semble être de mise dans les relations poly qui fonctionnent sur la durée. Ceux qui s'y adonnent ressentent un besoin de liberté un peu plus élevé que la moyenne. La boucle est bouclée.

J'ai divergé et n'ai pas le temps de passer sur toutes les choses évoquées dans ton message. Le manque de reconnaissance de ton travail, le manque de confiance que tu peux avoir en lui. La tristesse et le vide peut-être liés à un deuil que tu fais... mais le deuil de quoi? Je reviendrai plus tard, peut-être. Belle journée à toi.

J.

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bonheur

le mardi 01 février 2022 à 08h17

Ton message @31Tolosa, sonne comme le glas, celui du ras-le-bol et de la fin.

La fin de votre lien, j'ignore. Celui de la lassitude des propos pas clairs. De perspectives obstruées par ce que je comprends comme une fuite. Tu fais des efforts et est perçue malgré tout comme en deçà de ce que tu surmontes. Sans doute aussi une répétition, ce encore et encore, qui vient certainement aggravé votre situation.

Peut-être que, et je dis bien peut-être, votre passé l'a quelque peu traumatisé. Les traumatismes peuvent être inconscients. La volonté de légèreté, il la veut aussi ? Pour l'avoir, il faut franchir ce seuil de l'angoisse de dire. Il se peut que son angoisse soit à la hauteur de ta colère.

Ce chemin, valide le. Dis clairement que tu veux savoir. Dis clairement qu'il n'aura pas à assumer tes ressentis. Dis clairement que tu aimerais être accompagné par lui, afin d'évoluer. Dis clairement que tu désires bien faire, pour lui, pour toi (et il n'y a pas d'ordre entre toi et lui).

Avoir une responsabilité équitable, évidemment. Attention, considérer qu'il y a des fautes, des torts... c'est tombé dans le jeu pervers des dictats. Aimer n'est pas une faute et personne n'a tort en aimant. Il faut bien remettre à sa place et différencier. Pointer du doigt ce qui pèse sur les épaules, et non ce qui relève du "bien comme il faut". Sinon, on ne s'en sort pas.

La révélation de ton refus ? Il sait tout ce que tu fais pour accepter, tolérer à minima. Il sait tes interventions ici...
Pour poser sur la table et trier ensuite, il faut que chacun-e puisse exprimer. Il ne peut pas comprendre non plus ce qu'il ignore (si c'est le cas). Le polyamour c'est à mon sens franchir la barrière de "l'autre ne veut pas savoir". Je crois qu'il n'y a qu'ainsi que l'on peut évoluer. Il est resté bloqué sur la phase initiale, ta réaction de départ, qui n'était sans doute pas favorable à ce qu'il voulait vivre. Je crois que s'il a évolué, je crois que si tu as évolué, l'évolution commune, cette dynamique qui permet de tomber les freins, vous ne l'avez jamais connu.

Travailler sur soi, lire, venir sur ce forum, et garder pour soi ses découvertes, réflexions, ne peut entrainer qu'un décalage. Il te perçoit comme en étant au stage du rejet, alors que ce n'est pas le cas.

Partage-t-il ton chemin ? Partage-t-il le sien ?

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Siestacorta

le mardi 01 février 2022 à 10h22

Bonjour,

bravo pour tout le boulot que tu as fait. En t'étant informée, en lisant, en ayant poussé le dialogue, en tentant de faire le point aujourd'hui.

Je ressens un ressentiment légitime dans ce que tu dis : le mensonge, l'insouciance... Ca passe pas bien.
Je manque de détails pour me faire une idée assez précise, mais d'emblée, il faut bien savoir que ce sont les personnes qui ont plusieurs relations qui doivent faire le plus gros du boulot de communication, réassurance, et une bonne part de l'organisation pratique.
C'est un principe, donc ça tient pas forcément la route face au réel. D'accord on fait ce qu'on peut ; mais on essaie de le faire, et là c'est à lui que je pense.

J'ai quelques questions :

31Tolosa

Au départ de notre relation, nous avions établi qu’on se dirait si on souhaitait fréquenter d’autres personnes.

C'est vite dit. Dans certains cas ça peut suffire, mais j'ai du mal à croire que ce soit majoritaire.
Ma question c'est : qu'est-ce qui s'est dit, par la suite, pour préciser ce cadre ?

Et une autre : puisque tu t'es informée, à quoi ça ressemblerait pour toi une vie poly qui se passerait bien ? Il y a t'il des demandes de ta part sur la pratique (contraception, communication, tes contacts avec l'autre...), des choses que tu refuses (en quantités de temps, en jours particulier, qu'il communique avec elle à certains moments où tu es avec lui) ?

31Tolosa
A côté de ça, on a connu des moments sexuels compliqués. Aujourd’hui il dit ne même pas s’en souvenir. Je ne comprends pas comment je peux être la seule à souffrir de ça. Peut-être ne voit-il pas les obstacles comme moi ?

J'avoue que cet élément m'intrigue. Ou plutôt, ça m'intrigue que t'en parles (l'honnêteté t'honore !). Peut-être que ce point est juste là "en plus" sur vos difficultés de communication, ou peut-être qu'il est plus lié à la non-exclusivité. Ca peut être significatif, à mon sens (tfaçon le sexe est rarement un truc qui déconne tout seul sans lien avec les gens et l'état de la relation...)
Selon ce que tu jugeras le moins creepy, tu peux soit développer ici pour dire ce que ça peut vouloir dire, soit m'écrire en MP... Ou soit zapper parce que ça c'est pas racontable et qu'on a pas regardé les cochons ensemble, menfin pour qui il me prend lui !

Bref, tu as du grain à moudre !. Bon courage pour la suite.

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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31Tolosa

le mardi 01 février 2022 à 20h31

Jack Haddy
@31Tolosa

J'aime beaucoup tes écrits, sur la l'élégance de la forme, pour le juste milieu de détails et d'informations, pour la conscience et le recul qui en transpirent.

J'aime beaucoup tes écrits pour le fond aussi. Je te lis "polyacceptante", je le devine polymotivé, polynaturel ou polyfacile.

Je lis que ton chemin depuis 1 an et 5 mois a été difficile et douloureux. Pas uniquement, mais quand même, par moments. Tu y as probablement investi beaucoup d'énergie, géré de la souffrance. Des moments de solitude et de jalousie lorsque tu le savais avec elle. Bref, j'ai l'impression que tu as fait le taf.

Pour compléter ces désagréments sont venus s'ajouter des mensonges, tout du moins par omission, des minimisations de faits, et un sentiment de trahison que tu n'exprimes pas, mais dont l'absence m'étonnerait.

Et, finalement, maintenant que tu as parcouru cette longue route très désagréable par moments, que tu as fait des kilomètres pieds nus sur du verre pilé, tu arrives à cet endroit où tu es déçue. Tout ça pour ça. (oui je sais, je parle au "tu", ça ne fait pas très CNV, mais ça m'a l'air adéquat néanmoins)

Voilà ce que je lis, interprète et ressens. Tu peux arrêter la lecture si je tape à côté.

(je m'essaie à un peu d'impératif, qui, je le souhaite, ne sera pas blessant)
Tout d'abord, n'aie pas de regrets. Dis-toi que, quoi que tu as dit ou fait, cela a toujours été juste dans le contexte du moment, avec les informations dont tu disposais, avec les espoirs qui te motivaient, avec tes forces et tes faiblesses d'alors. Que tous tes choix étaient les bons au moment où tu les as faits. Et soit fière de toi, il y a vraiment de quoi! (je ne ressens pas de déficit de confiance en toi, ce paragraphe sera pour d'autres lecteurs à qui il pourra faire du bien)

Pour les responsabilités, est-il réellement nécessaire d'en établir pour les choses passées? Serait-il plus bénéfique pour toi de lâcher prise, de prendre pied dans le présent, de juste regarder où tu en es, de te centrer sur tes besoins et envies pour toi-même? Tu n'en as peut-être pas beaucoup, à l'heure actuelle, à part ce besoin de te "reposer". Si c'est ça, pourquoi ne pas le faire, simplement?

Je comprends, quelque part, les peurs de ton compagnon qui ont motivé ses mensonges. Je ne les trouve pas acceptables pour autant. Si toi tu as fait tout ce chemin, que tu as combattu tes peurs et tes douleurs, pourquoi lui-même n'a-t-il pas travaillé sur les siennes? Cela réveille en moi un sentiment d'injustice. Que le/la polyacceptant-e ait du travail, d'accord, mais le/la polymotivé-e a aussi le sien. Accepter risquer de perdre l'autre (dont le PA ne serait finalement pas la voie), accepter de donner pleinement la transparence demandée, accepter de gérer la culpabilité de faire souffrir par ses actes et ses paroles. Cela me semble être un juste retour des choses, ainsi qu'une marque de confiance.

Finalement, le mensonge, c'est enlever à l'autre une partie de sa liberté, c'est une autre manière de lui mettre des barreaux, de lui construire une prison invisible, de le retenir prisonnier de ce que l'on souhaite. C'est pourquoi, je suppose, la transparence semble être de mise dans les relations poly qui fonctionnent sur la durée. Ceux qui s'y adonnent ressentent un besoin de liberté un peu plus élevé que la moyenne. La boucle est bouclée.

J'ai divergé et n'ai pas le temps de passer sur toutes les choses évoquées dans ton message. Le manque de reconnaissance de ton travail, le manque de confiance que tu peux avoir en lui. La tristesse et le vide peut-être liés à un deuil que tu fais... mais le deuil de quoi? Je reviendrai plus tard, peut-être. Belle journée à toi.

J.

Quelques larmes ce matin en lisant ton message après cette nuit éprouvante. Tout d'abord, merci, pour tes mots si justes et percutants.
J'ai véritablement été apaisée par tes mots. J'ai surtout eu le sentiment d'être comprise. Et c'est ce qui me manque en ce moment : qu'on me comprenne.

Je sais que ce n'était pas toujours simple de le savoir avec elle, mais je crois avoir toujours trouvé de quoi m'occuper. A côté de ça, j'ai identifié une dépendance et une volonté d'être sa sauveuse. Ma thérapeute m'a énormément félicitée pour le travail que j'ai accompli. Et moi aussi je me félicite ! Comprendre ça m'a libérée d'un poids.

J'aime bien ton idée d'avoir marché sur du verre pilé. C'est précisément ce que je ressens quand je regarde dernière moi. Marcher sur du verre pilé, tout en étant obligée de porter le sac de ses blessures passées. De par ses relations précédentes qui n'ont pas pu fonctionner sur le modèle du polyamour, ce sac est rempli des frustrations ressenties dans un modèle exclusif, de la douleur d'être quitté. Et moi, je devais assurer c'est clair, parce qu'on était attachés et que je ne voulais pas le blesser plus qu'il n'a pu l'être. Les moments difficiles, je préférais les partager ici plutôt que de les lui transmettre. C'est ainsi que ce forum est devenu mon petit havre de paix, un peu comme tous les groupes d'échange sur le polyamour. Tu as raison, j'ai cette sensation étrange de "tout ça pour ça".

Pour ce qui est des responsabilités à établir, tu as entièrement raison. J'ai besoin de lâcher prise, pas de jouer à qui a fait quoi.
Tu as tout aussi raison sur la colère que je ressens à l'idée d'être la seule à travailler sur moi. Ajoutons à ça le fait que son étape de "se recentrer sur lui" depuis octobre en est au point mort et que nos discussions sur le sujet tournent inlassablement autour des mêmes conclusions au goût amer.

Je ne sais pas de quoi je suis en train de faire le deuil non plus. De notre relation ? De l'amour ? Je ne crois pas que ça soit aussi simple.

En tout cas, merci infiniment pour ce message plein de justesse que j'ai plaisir à lire et relire quand j'ai besoin de réconfort.

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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31Tolosa

le mardi 01 février 2022 à 20h41

Siestacorta

C'est vite dit. Dans certains cas ça peut suffire, mais j'ai du mal à croire que ce soit majoritaire.
Ma question c'est : qu'est-ce qui s'est dit, par la suite, pour préciser ce cadre ?

On échangeait souvent sur nos envies, nos besoins, et lui me répétait qu'il n'avait pas envie de fréquenter quelqu'un d'autre, qu'il était bien dans cette configuration. J'engageais énormément de conversations sur le sujet, notamment parce que c'était une période où lui était très seul. C'était le début de notre relation, je suis partie loin pour mes études, il y a eu le confinement. Un jour je lui ai même demandé s'il n'avait pas envie de passer du temps avec une autre pour pallier cette solitude.

Sa réponse a été formelle : non, pas envie/besoin. Quelques mois plus tard j'ai su qu'il avait couché avec son autre partenaire sans m'en informer. On a discuté calmement de ce premier mensonge. J'ai compris. Il m'a expliqué qu'il avait peur de me perdre. Il n'a pas été question pour moi de le quitter. A partir de là, nous avons acté qu'on communiquerait sur ces envies/besoins, et si on passait du temps avec quelqu'un d'autre.

Il était parfaitement d'accord avec cette idée. Moi ça me permettait de lui laisser du temps et de ne pas être trop présente quand il la voyait. Et puis je voulais pouvoir être heureuse pour lui.

Le second mensonge est quand même venu malgré ça, alors même qu'entre temps il était capable de communiquer quand il voyait cette autre partenaire. Je n'y comprends toujours foutrement rien pour être honnête. Je lui ai redemandé si cette configuration lui convenait. Il m'a affirmé que oui. Peut-être que j'ai fait quelque chose de travers ou que j'ai mal compris ? Ça me paraissait plutôt clair et c'était tout autant son souhait.

Siestacorta

Et une autre : puisque tu t'es informée, à quoi ça ressemblerait pour toi une vie poly qui se passerait bien ? Il y a t'il des demandes de ta part sur la pratique (contraception, communication, tes contacts avec l'autre...), des choses que tu refuses (en quantités de temps, en jours particulier, qu'il communique avec elle à certains moments où tu es avec lui) ?

J'ai mentionné le fait qu'on n'en avait jamais vraiment discuté avant, et que ça a sans doute contribué à ce que ça ne fonctionne pas.
Sur mes demandes, que eux se protègent, qu'on puisse tous communiquer quand quelque chose nous dérange. Je ne cherche pas forcément à avoir des contacts avec elle mais s'il faut en avoir, que cela reste cordial. Je n'ai jamais posé ni exprimé de limite. Je sais juste que je réponds aux messages quand il est avec elle, mais je n'en envoie pas spontanément pour ne pas déranger. Pour le reste ça s'adapte en fonction de nos envies du moments.

Siestacorta

J'avoue que cet élément m'intrigue. Ou plutôt, ça m'intrigue que t'en parles (l'honnêteté t'honore !). Peut-être que ce point est juste là "en plus" sur vos difficultés de communication, ou peut-être qu'il est plus lié à la non-exclusivité. Ca peut être significatif, à mon sens (tfaçon le sexe est rarement un truc qui déconne tout seul sans lien avec les gens et l'état de la relation...)

Je ne sais pas pourquoi c'est si intriguant, mais si tu veux plus de détails j'en ai déjà parlé dans une précédente discussion. Nos moments sexuels avaient toujours été dans l'épanouissement, la communication, l'exploration à deux, l'expression de nos envies.
D'un coup, plus rien, aucune connexion, le sexe était une corvée. Pendant ces moments, je le voyais beaucoup fermer les yeux. Je ne ressentais rien, que de la tristesse, j'avais l'impression d'être dans un mauvais porno. Il m'arrivait de pleurer après.
Il m'a avoué plus tard qu'il fermait les yeux pour se représenter ses fantasmes et continuer à être en érection. A côté de tout ça, il voyait quand même son autre partenaire. Je me suis sentie rejetée, pas désirée, pas désirable.

En tout cas, je te remercie pour ce chouette message qui m'a permis d'éclaircir certains points.

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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Siestacorta

le mardi 01 février 2022 à 21h53

Je suis assez impressionné par le travail que tu as fait, sur la relation et sur toi-même.

Je suis sur un mobile donc c'est plus compliqué de répondre de façon développée.

Mais je commence à voir qu'une partie de ta peine se prend dans un gros nœud de sentiment d'injustice et de culpabilité, les versants sombres de la responsabilité et de l'empathie qui semblent également te caracteriser.

Et je relance sur ce que Jack dit également : normalement, la personne qui se tappe le plus de taf', c'est la personne qui multiplie les liens.
Si ton partenaire a été aussi désinvolte dans de précédentes relations poly, tu m'étonnes que ç'a pas marché...Ça veut pas dire qu'il a pas le droit de souffrir et d'avoir peur, mais qu'il doit être un peu à la hauteur pour que ça puisse faire moins de mal.
C'est gavant, quand je vois à travers ce genre d'histoires nos lâchetés relationnelles de mecs... Je résume pas ça à ça, mais difficile de pas y penser.
...
Bon, quand j'aurai un clavier plus adapté à mes gros doigts :
- les yeux fermés, le rejet,
- le sauveur qui fait le tri de ses responsabilités, s'allège, mais se retrouve à devoir s'aimer lui-même meme sans se donner systématiquement un beau rôle (c'est faisable)

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Siestacorta

le mercredi 02 février 2022 à 13h58

Or, doncques.
- le cadre
Je pense que même si tu te sens capable de faire avec beaucoup de choses sans trop stresser, donner un cadre précis, des modalités pratiques (comment on se retrouve après, un appel tel à tel moment du rencard, n'importe...) permet de "se sentir" chacun,dans une relation ouverte. Ça ne se passe plus dans un ailleurs inaccessible, abstrait, c'est un moment de la vie. On peut respecter l'intimité mais comme ailleurs, on affiche que dialoguer est possible de telle manière. On s'est fabriqué un mode d'emploi juste à deux. Savoir qu'il y a des modalités concrètes prévues rend le mensonge par défaut moins utile, c'est moins de la mauvaise impro.

- les yeux fermés
J'ai compris comment les expériences sexuelles décevantes intervenaient dans l'histoire. Je vois deux aspects : le fonctionnement de sa propre libido et comment tu as perçu un changement entre vous. Tu parles de votre connexion auparavant, et le moment de sa rencontre semble correspondre au moment où cette connexion n'était plus là. Il y a un certainement de son côté aussi un lien entre les deux, et c'est assez dommageable qu'il ne te permette pas de le comprendre depuis son point de vue. Du tiens, on peut dire que toute de bonne volonté que tu sois, c'est normal que les doutes entrent par ce moment-là.
Je voudrais quand même pointer, au cas où ce serait utile, qu'indépendamment du lien entre déconnexion et situation non-exclusive, une connexion + du bon sexe + les yeux ouverts, ça peut être ce que vous pouvez vivre sans être l'unique cadre de référence de bien vivre le sexe ensemble. Autrement dit, s'il a besoin de fermer les yeux et d'évoquer un imaginaire à lui, ça ne fait pas forcément du "mauvais sexe" (perso je ferme les yeux aussi, une assez bonne partie du temps. Ca dépend pas de la partenaire, c'est ma façon de ressentir). Entre son addiction au porno que tu évoquais sur un autre fil et sa façon de vivre ses rencontres, son désir a des fonctionnements qui ne dépendent pas de toi. Si ça se trouve, il rencontrera avec une autre amante, ultérieurement, après la NRE, les mêmes difficultés de vie sexuelle.
C'est un autre problème qu'il ne veuille pas plus travailler avec toi pour améliorer le plaisir partagé - comme il ne travaille pas beaucoup sa communication. Tu n'as pas à accepter qu'il zappe tes ressentis et tes demandes... Si votre relation se poursuit assez longtemps pour ça, un suivi avec un.e psy spécialisé.e sexo serait une bonne idée, pour trouver une façon de sortir d'un sexe binairement On ou Off entre vous. Je dis pas que toi aussi tu dois bénéficier d'un soin, hein ? Là ce serait lui et la relation.

- l'autre amour
Derrière le mensonge, je pose qu'il y a un Mec un peu lâche et pas mature sur ses sentiments. C'est une hypothèse triste mais pas la plus dure, parce que sur ça il peut y avoir du travail, si c'est ça seulement.
L'autre hypothèse, c'est que la contradiction entre l'amour qu'il te porte et ce qu'il vit ailleurs ne pourrait pas se résoudre juste en posant une bonne éthique poly sur la table. NRE, Rencontre Déterminante de Sa Vie, besoin de vivre ailleurs complètement... Ca change pas grand chose au fond, mais ça voudrait dire qu'il ne deale pas ça et votre relation. Ca veut pas dire qu'il t'aime pas et t'as jamais aimée, mais qu'il y a une limite dure sur la suite, et que poser le mot polyamour sur ce changement c'est reculer pour mieux sauter. Si c'est le cas, et si ce sont des peurs et qui font qu'il a "vaguement" parlé de rester ensemble plutôt qu'une conviction sur votre relation, alors autant limiter la casse.

- le sauveur.
Bon ça c'est plus proche de ce que j'ai déjà mis en deux mots. Tu as passé une étape en te rendant compte que tu te mettais en position de sauveur. Quand on fait ça (on le fait tous un peu... même ici... au moment où j'écris... grumf...), c'est en partie pour se renflouer l'ego. Donc ne plus le faire par réflexe, c'est aussi devoir chercher d'autres stratégie pour avoir une bonne image de soi. Dans un contexte où on t'a menti, où ton imaginaire peut te comparer (notamment sur la partie sexuelle), où tu crains de ne plus être aimée, cet ego est vulnérable. Le fait que tu sois en colère est plutôt un bon signe, même temporaire : ça veut dire que tu t'accordes une valeur. Dans le cadre de votre relation, le tout va être de l'affirmer, de dire ce qui compte pour toi, de le demander. Il peut ne pas pouvoir/vouloir répondre ; mais dans ce cas, si tu as défini tes besoins clairement, fait le tri entre ce que tu fais toi pour toi et ce qui est à faire pour la relation, et que lui n'y réponds pas, tu auras un point d'appui pour savoir si tu peux poursuivre toi la relation.

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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