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Comment expliquer les sentiments ?

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08ynoN

le lundi 04 juillet 2022 à 16h52

Bonjour,

Ce n'est pas mon 1er post, mais j'ai besoin de votre aide.
Pour vous remettre dans le contexte, je me suis découvert polyamoureux, ma femme non.
On passe pas mal de temps à discuter du polyamour, à travers les sujets sur ce forum ou à travers des interrogations qu'elle peut avoir afin de nous faire avancer.
Hier, on a parlé d'un sujet et ce n'est pas la première fois.
J'ai toujours du mal à trouver les mots justes.
Pour moi aimer une autre personne ne veut pas dire, ne plus aimer ma femme. Ca ne veut pas dire non plus que je vais en aimer une plus que l'autre, c'est juste que j'aimerais deux personnes pour ce qu'elles sont.
J'ai repris l'exemple de parents avec plusieurs enfants où l'amour que l'on porte à un enfant ne se compare pas avec un autre, on aime nos enfants sans différence.
Ma femme ne comprend pas mon point de vue, déjà parce que malheureusement elle a vécu son enfance tout autrement et que pour elle, il y aura forcément une hiérarchisation de l'amour.
Est-ce que vous, vous avez les mots pour rejoindre ma vision ? Je sais que chez les polys, c'est très facile de me comprendre.

A bientôt, 08ynoN

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GeorgyPorgy

le lundi 04 juillet 2022 à 17h57

Hello @08ynoN

C'est marrant je suis passé récemment par exactement le même questionnement.

Perso, je suis pas super à l'aise avec la comparaison avec l'amour filial. Je sais qu'elle est très utilisée dans la "litterature" poly, et d'une certaine manière elle permet un peu d'illustrer cela. Mais je pense pas qu'elle soit super opérante. Je me demande même si elle ne produit pas, parfois, l'effet inverse. Il y a des dimensions différentes qui viennent jouer (parasiter?) le discours sur l'amour dans le cadre d'un amour romantique - qui n'existent pas dans l'amour filial : la possibilité de l'existence d'une sexualité (avec tout ce que ça peut soulever de peurs, d'enjeux entre plusieurs individus impliqués), la dimension de l'engagement respectif etc.

C'est uniquement mon ressenti, je ne généralise pas du tout. Mais, me trouvant moi-même dans cette situation & après avoir tourné le truc dans TOUS les sens, j'en suis arrivé à la conclusion que je n'avais aucun pouvoir là-dessus.

Je l'ai exprimé certes, mais je constate que c'est comme si la justesse de ma pensée se transformait en chemin dès qu'elle sort de ma bouche.

J'ai, pour le moment?, décidé de ne plus chercher à expliciter cela. Car le vécu, l'expérience, la vision des choses des personnes recevant l'information influencent forcément la perception de mon message en face.

Et je ne peux pas contrôler cela. Ma conclusion, c'est que pour le comprendre vraiment, il faut en faire l'expérience en soi-même.

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bonheur

le lundi 04 juillet 2022 à 19h58

Je ne suis pas non plus à l'aise avec un comparatif entre amour filial et amour amoureux. Déjà parce que j'ai fait l'amer constat que l'on puisse subir un enfant. Or, en amour amoureux, si je subit, je me barre. Avec son enfant, ce n'est pas si simple. Et puis, pour le coup, est-ce que j'aime tous mes enfants pareils ? Euh non ! Ceux que j'aime, ce n'est pas pareil et de toute façon, le verbe aimer ne me convient pas. Pas plus qu'avec mes parents ou mes amis. Je réserve quand même beaucoup "aimer" à l'amour amoureux, et pour le coup, lorsque j'utilise ce verbe, ce n'est pas à la légère (même si c'est léger d'aimer).

Je suis assez d'accord avec GeorgyPorgy, il faut le vivre pour le comprendre réellement. On m'a déjà dit que le polyamour c'était se partager. Alors que mes amours constituent mon entièreté. Je m'aperçois au cours de discussions à droite à gauche (je parle polyamour n'importe où avec n'importe qui) que nombre de personnes opposent systématiquement. Comme s'il y avait une sorte de rivalité obligatoire et de comparaison à faire. Ce sont des repères et abolir les repères mènent à l'incompréhension.

Ne plus expliciter cela ? Ne plus faire une fixette et vouloir absolument être compris. Ca oui ! Je crois qu'en fait, je n'explicite plus également, je vis et je laisse transparaitre.

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Topper

le lundi 04 juillet 2022 à 22h51

Bonjour @08ynoN,

Pour toi aimer une autre personne ne veut pas dire, ne plus aimer ta femme. Oui, c'est possible. Que ça ne veuille pas dire que tu vas en aimer une plus que l'autre, je ne suis pas d'accord.

Tu peux aimer une personne plus qu'une autre pour de multiples raisons. Tu t'entends mieux avec l'une, tu partages plus de choses, tu as un passé qui vous rapproche, elle te touche plus émotionnellement, elle a une personnalité qui te stimule plus, vous avez plus en commun, etc.

Chaque personne est différente et tu peux trouver des qualités chez l'une, et d'autres qualités chez l'autre. Pour ce que tu considères comme des défauts, c'est pareil. Du coup, c'est généralement compliqué, voire impossible, de quantifier une quantité d'amour que tu peux éprouver pour l'une et pour l'autre afin de les comparer avec une rigueur mathématique.

Toutefois, il peut y avoir une personne avec qui tu peux avoir envie de passer plus de temps (attention à la NRE qui fausse cette perception), avec qui tu as plus envie de t'investir, créer des projets, etc. Tu peux aussi choisir de prioriser une personne par rapport à une autre et créer une hiérarchie, qu'elle soit consciente ou non. Ce n'est pas une obligation, mais c'est une possibilité.

En outre, l'exemple de parents où l'amour est inconditionnel selon les enfants me paraît bancale. Il y a des parents qui n'aiment pas leurs enfants de la même façon et qui vont être plus proche de l'un que de l'autre. Je trouve aussi les arguments de @GeorgyPorgy très pertinents.

Par contre, il y a la théorie des vases communicants qui est une argumentation classique des monogames. Selon cette théorie, tu as une quantité d'amour finie. Sur ces 100% d'amour que tu peux avoir, si tu tombes amoureux d'une autre personne, la première n'aura plus les 100% d'amour. Ce serait par exemple 60% pour l'une et 40% pour l'autre. Jusqu'à ce que ça bascule et qu'on te dise "si tu aimes untel, c'est que tu n'aimes plus untel".

Or, ça ne fonctionne pas comme ça. Tu peux être pleinement amoureux de plusieurs personnes. Le fait de ressentir de l'amour pour une personne n'en retire pas à l'autre. Tu ressens indépendamment de l'amour pour chaque personne. C'est pour expliquer ce mécanisme qu'est utilisé l'exemple des enfants. L'amour que tu as pour un enfant, lui est propre. Il n'est pas diminué par l'arrivée d'un autre enfant.

Par contre, contrairement à l'amour ressenti, le temps et l'attention sont divisés. Le temps que tu donnes à l'une, tu ne le donnes pas à l'autre. Pareil pour l'attention (ou charge mentale).

C'est en principe pas pire que si tu as une activité chronophage ou si tu passes du temps avec des amis. Il faut néanmoins en avoir conscience et être vigilant par rapport à l'énergie et le temps donné à chaque relation, que l'une ne parasite pas exagérément l'autre.

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GeorgyPorgy

le mardi 05 juillet 2022 à 09h13

Pour boucler sur les explications fournies par @Topper, qui m'ont inspiré d'autres réflexions :

Toujours sur la comparaison amour filial / amour romantique, un autre élément qui je trouve est de nature à neutraliser le but de l'argument ("c'est pareil avec tes enfants, tu les aimes tous de manière égale")... Le choix du mot "égal" évoque chez moi le champs lexical de la quantité, et de la comparaison. De la comparaison à la compétition, on n'est vraiment pas loin. Or c'est justement un des éléments principal sur lequel je me suis trouvé en bute dans mon expérience. Les personnes que j'aime se sentaient fatalement mises en compétition (en tout cas, c'est mon ressenti) : ma compagne par peurs des risques apportés par une nouvelle relation potentielle. Ma relation "extérieure" par sentiment de toujours devoir passer "en deuxième". Du coup, j'ai rapidement été très prudent avec cet argument de l'amour filial dans mes discussions. Jusqu'à ne plus l'utiliser du tout.

Progressivement, je me suis tourné vers une vision beaucoup plus nuancée des choses de part et d'autres, comme t'y invite aussi @Topper si je comprends bien son propos.

Pour moi, il s'est agit de réflechir à quelles dimensions se rattachaient chacun des amours que je ressens. Je trouve que c'est beaucoup plus fin, et que ça ne porte pas sur les personnes elle-mêmes (qualités, défauts) mais plutôt sur ce que représente chaque relation pour moi.
Je trouve que ça a l'avantage de contourner (un peu) ce paramètre "compétition" et rapport de force qui s'installe fatalement & vient parasiter grandement la communication.

Ainsi, tu peux trouver que la dimension d'engagement à long terme va être privilégiée avec tel.le ou tel.le relation. Et encore, on pourrait se dire qu'il y a différentes façons de s'engager avec quelqu'un, sur le long terme, pas forcément le schéma Escalator Relationnel on se rencontre > on va au ciné > on s'embrasse > on couche ensemble > on s'installe > on a des enfants > on veillit ensemble.

Tu peux aussi déceler qu'avec cette relation précise, tu te sens plus à l'aise pour vivre & laisser respirer des dimensions d'intimité (c'est quelqu'un avec qui tu partages peut-être une expérience de vie positive ou négative qui fait que vous vous sentez une connexion particulière, qui n'existe pas dans ta relation historique) ou la passion (qui fatalement pourra s'amenuiser avec le temps).

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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bonheur

le mardi 05 juillet 2022 à 11h35

En ajout. Je propose personnellement deux "métaphores", qui m'ont toujours inspirées : celle du ballon gonflable et celle de l'Univers (donc au choix).

Pour moi, ma capacité à aimer, expanse, dans les deux cas.

Certes, plus on gonfle le ballon, plus il risque d'exploser. Et j'ai été une fois en état de surcharge (mentale, émotionnelle, de temps...). C'était surtout liée à des difficultés cumulées dans chaque relation, qui s'était transformé en un ingérable. C'est le risque en polyamour. Autrement, quand les relations sont belles et se vivent bien, mon ballon expanse d'une façon surprenante et n'explose pas. Sa seule fragilité vient de la qualité "de l'air" qui est à l'intérieur.

L'univers, expanse. Il est extrêmement vaste et il y a à découvrir. Et puis, des corps célestes, apparaissent, disparaissent. On fait attention, plus attention parfois à l'un d'eux. Il "brille" différemment, par exemple. Il interpelle et le temps que l'on réalise, le pouf est survenu et on est amoureux. Le hic serait de chercher à comprendre pourquoi celui-là plutôt qu'un autre. Ne pas chercher une réponse à cette question. Après, le comparatif avec l'Univers a cet avantage de présenter l'ensemble avec les impactes de l'attraction. Dans un système, un corps qui demeure qui étant désormais intrinsèquement lié à ce système, va avoir indiscutablement un impact, plus ou moins important, de part sa simple présence (attraction des corps). Et puis, l'Univers se façonne. Je suis en pleine NRE, actuellement, à ne pas "quitter mon téléphone". C'est plus fort que moi. Mon chéri de vie me taquine avec ça (mes garçons me renvoient à la figure les remarques que je leur fais de "décrocher" :-D ). Il y a quelques années, l'ambiance aurait été moins à l'humour et plus à me mettre mal à l'aise (j'exagère, je ne les respecte pas). Le fait est que mon Univers a un passé et une évolution. Le fait est que l'Univers de mon chéri de vie a un passé et une évolution... Nous harmonisons en permanence. Quand je fais mine de ne pas savoir que j'ai reçu un sms et donc de ne pas répondre, c'est mon chéri de vie qui m'indique "tu viens de recevoir un message" avec le sourire qui va avec. Libre à moi de répondre que je répondrais plus tard ou de me jeter sur mon téléphone. Je sais que les deux sont possibles car mon amoureux (distance) ne me demande pas de répondre dans la seconde et encore moins que ses messages viennent perturber ma vie de famille. Autrement dit, il est un nouveau corps céleste qui a choisi une orbite proche et non intrusive.

Il faut chasser le côté compétition, rivalité. J'ai entendu un jour l'expression "rivalité saine". Euh ? Perso, je ne trouve pas que ce soit une expression juste. Le simple fait de se placer en rivalité (même sans arrogance ou autres) devient pour moi malsain.

Faute de répondre à comment expliquer les sentiments (ce qui est autre chose), voilà de quoi expliquer le fait que l'on ampute pas un amour en tombant amoureux de nouveau.

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Hawkeye

le mardi 05 juillet 2022 à 12h22

C'est compliqué d'exprimer les sentiments, l'amour. Personnellement je peux exprimer des ressentis quand je suis avec une personne, ce que j'apprécie chez elle, dans notre relation.
Par contre il n'y a pas de raison de chercher à comparer et le pire pour moi sont les réflexions classiques "si tu l'aimes c'est que tu ne m'aime plus", "est-ce que tu m'aimes plus que lui ?" .
Par rapport à l'image classique des enfants qu'un parent se doit d'aimer, je ne suis pas fan non plus. Par contre pour les parents ayant plusieurs enfants l'image de la naissance et de l'arrivée du 2eme qui ne retire rien à l'amour que l'on portait au premier me paraît plus intéressante.
Ce qui est par contre comparable comme cela a déjà été dit c'est le temps consacré à l'autre. Et même sur ce temps il y a une notion de qualité. On peut vivre avec son conjoint mais être tellement pris dans la routine et les obligations du quotidien (travail, enfant, activités, maisons, ...) qu'on ne passe presque plus de temps en couple. Et occasionnellement passer quelques heures avec un autre dans une bulle, la fameuse parenthèse où toutes les contraintes du quotidien s'évanouissent comme par enchantement parce qu'on s'organisent pour les remettre à plus tard. Mais je m'écarte du sujet original qui est sur les sentiments mais comme la notion de comparaison est apparue et m'a parlé j'ai rebondi dessus.

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GeorgyPorgy

le mardi 05 juillet 2022 à 13h06

J'aime beaucoup la métaphore de l'Univers @bonheur, c'est assez parlant je trouve.

Encore une fois ça n'est que mon vécu personnel, mais pour me défaire de ce "noeud", j'en suis arrivé à interroger en moi ce qu'est vraiment l'amour.

Je m'explique.

A un moment, je sentais bien que j'avais ces sentiments pour 2 femmes sans que ca s'imbrique parfaitement dans mon mental. Dès lors, c'était aussi très difficile de l'exprimer à peu près correctement à l'extérieur. C'était comme si j'essayais de faire rentrer un cube dans un rond plus petit. Ca coinçait, ça marchait pas. Et ça m'épuisait, comme une sorte de casse-tête impossible à résoudre.

- J'ai l'impression que j'aime deux personnes...
- Mais c'est pas normal... Les autres me disent en tout cas que c'est pas normal...
- Peut-être que c'est une illusion, que je me raconte que j'aime 2 personnes par peur d'admettre que j'aime quelqu'un de nouveau & plus mon amoureuse historique..
- Mais si quand même, y'a ça... et puis ça...
- Etc.
Bref, ça tourne en rond.

Ma thérapeuthe m'a fait faire un pas de recul, de distance. Pour réflechir à ce que je voulais "mettre" dans "ma" définition de l'Amour.

Ce mot en soi est un problème, notamment en français dans la mesure, où il est utilisé à toutes les sauces (amitié, amour filial, romantique, faire l'amour, l'amour des timbres... je blague mais pas totalement). C'est très con, mais je me suis rendu compte que je ne m'étais jamais vraiment interrogé sur ce que je mettais là dessus, en 20 ans de vie de couple. Et puis aussi, que j'avais hérité de représentations qui - peut-être - ne me correspondait pas via les figures auxquelles j'étais exposé (parents notamment). Je traversais la vie un peu benoitement en me disant que ce que je vivais ca devait être de l'amour, parce que c'est à ça que j'avais toujours été exposé tout autour de moi.

C'est très con, mais même en ayant un certain bagage culturel, m'abreuvant de livres, de réflexions - j'ai compris que j'étais en fait empli involontairement de représentations faussées, et que je les utilisais malgré moi pour essayer d'exprimer maladroitement ce que je ressentais.

Savoir définir pour soi ce qu'on met dans ce concept de l'amour, c'est aussi être plus en accord & à l'aise avec ce qu'on va tenter d'expliciter au dehors, aux autres.

Du coup, la démarche a consisté à se poser ce genre de questions :

- Est-ce que cette personne suscite en moi une forme d'inspiration, d'admiration?
- Suscite-t-elle de l'étonnement, du mystère, une envie de découverte?
- Est-ce que sa présence dans ma vie me semble nécessaire?
- A revers, est-ce que la perspective de la voir disparaitre totalement de ma vie m'est douleureuse?
- Est-ce que j'ai le sentiment de la comprendre en profondeur?
- Est-ce que je me sens à l'aise pour lui dévoiler ma vulnérabilité, mes failles?
- Quelle place occupe-t-elle dans mes pensées? Souvent, très peu?
- Quel imaginaire j'associe avec cette personne?
- Est-ce que j'ai pu construire avec cette personne m'est source de satisfaction?
(c'est juste quelques exemples)

Ca ne veut pas dire que la personne en face va être en position de comprendre exactement ce que j'exprime. Là encore, ses propres représentations vont transformer mon discours.

Mais au moins, cela m'a permis de rassurer plus directement ma compagne en ayant des axes à même d'expliciter plus clairement / authentiquement en quoi consiste mon amour pour elle.

Pour l'autre relation, j'ai eu l'occasion de dire que j'aimais mais la communication étant rompue & beaucoup de biais parasitant nos échanges, je n'ai pas le sentiment d'avoir pu l'expliciter aussi clairement que j'aurais souhaité.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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bonheur

le mardi 05 juillet 2022 à 14h19

GeorgyPorgy
Pour l'autre relation, j'ai eu l'occasion de dire que j'aimais mais la communication étant rompue & beaucoup de biais parasitant nos échanges, je n'ai pas le sentiment d'avoir pu l'expliciter aussi clairement que j'aurais souhaité.

Une idée comme une autre. Ecris tout ça, même si le message ne parvient pas à la personne concernée, tu auras mis en mots et extrait de toi. Libre à toi ensuite de faire ce que tu veux du fichier informatique ou des pages d'écrits. Clic droit "supprimer" ou brûler... ou alors garder ces mots comme beaux et en souvenir de la relation. Ne pas oublier, justement d'exprimer le merveilleux. Il n'entre pas en conflit avec l'amertume et encore moins avec la nostalgie. Si tout ceci s'amalgame en toi, alors tout ceci est exprimable et doit sortir de toi, pour être transformer en ce à quoi tu aspires pour ton avenir.

C'est en cela que les ex, à mon avis, devraient rester des ex, avec absence totale. Sinon, la transformation en ce qui convient subit des parasitages et c'est... parasitant donc instable, donc pas obligatoirement viable. Houlà, je m'égare.

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lau93

le mercredi 06 juillet 2022 à 21h43

GeorgyPorgy
Savoir définir pour soi ce qu'on met dans ce concept de l'amour, c'est aussi être plus en accord & à l'aise avec ce qu'on va tenter d'expliciter au dehors, aux autres.

Du coup, la démarche a consisté à se poser ce genre de questions :

- Est-ce que cette personne suscite en moi une forme d'inspiration, d'admiration?
- Suscite-t-elle de l'étonnement, du mystère, une envie de découverte?
- Est-ce que sa présence dans ma vie me semble nécessaire?
- A revers, est-ce que la perspective de la voir disparaitre totalement de ma vie m'est douleureuse?
- Est-ce que j'ai le sentiment de la comprendre en profondeur?
- Est-ce que je me sens à l'aise pour lui dévoiler ma vulnérabilité, mes failles?
- Quelle place occupe-t-elle dans mes pensées? Souvent, très peu?
- Quel imaginaire j'associe avec cette personne?
- Est-ce que j'ai pu construire avec cette personne m'est source de satisfaction?

Merci pour l'exposé très intéressante et interpellante de cette démarche. Je me pose en ce moment beaucoup de question sur ma façon d'aimer mon compagnon. J'ai comme l'impression que j'avais construit un amour autour de lui empreint des représentations d'amours toujours et toi et moi contre le monde entier l'âme soeur tout ça. Et que continuer de l'aimer de cette façon ,la seule que je connais au fond, est inadéquat parce qu'elle ne colle pas du tout avec ce qu'il est et que je n'avais pas intégré dans l'équation. Et finalement est-ce qu'il ne faudrait pas que je cesse de "l'aimer" pour réinventer ensuite une autre relation ou l'amour serait moins dans la dépendance et la demande d'illusions. Sauf que j'ai peur qu’entre la destruction et la réinitialisation je me perde et nous perde.

Je ne sais pas si cela peut aider les polyfacile à entendre mon avis de polycatapulté comme dirait JH :quelque soit la manière dont on le dit, si l'autre n'est pas prêt à comprendre et s'approprier cette nouvelle réalité c'est voué à l'échec car tout est programmé pour dire que e sont des conneries et qu'en fait on ne nous aime plus "en vrai". Et même après des mois de déconstruction plus ou moins malhabile , de lectures et podcast /vidéo etc le cerveau comprend, il sait, il dit c'est une super théorie et une super éthique relationnelle voir même il s'offre de temps en temps des moment de compersion tranquille, mais le cœur lui continue de hurler à la mort plus souvent qu'à son tour, parce que les dragons ne lui laissent pas de répit ,fourbes qu'ils sont et connaissant sa tendreté. Donc on fait pas exprès d'être relou, de vous prendre la tête avec les réactions désordonnées qui peuvent vous paraitre disproportionnées, juste on rame et on rame ; et apriori si on accepte de continuer de ramer c'est qu'on aime l'autre. A moins de décider que d’être triste tout le temps pouvait être un projet de vie.Bon j’espère ne pas avoir trop casser le groove de ce fil, je vous souhaite une belle soirée

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GeorgyPorgy

le mercredi 06 juillet 2022 à 22h23

@lau93

Hello. Par rapport à la conclusion de ton message, peut être est-ce quelque chose que j'aurais du présenter comme essentiel en préalable dans ma démarche : le fait de considérer que les réactions des autres (ma compagne, la femme dont je suis tombé amoureux) restent toujours absolument valides, légitimes et prépondérantes.

Le fait d'arriver à renoncer à expliciter participe presque aussi de cela. Choisir de ne pas insister sur ce que je ressens pour ne pas tomber dans une logique d'argumentation (rationnelle) face à ce qui relève de l'émotionnel dans la réaction en face bien souvent.

La douleur, l'incompréhension n'est pas feinte. Et il s'agit donc de trouver les moyens de l'apaiser, non de mettre "l'autre" dans une position oú il se sent *en plus* responsable de ne pas entendre le discours de son partenaire.

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lau93

le jeudi 07 juillet 2022 à 09h07

GeorgyPorgy
Choisir de ne pas insister sur ce que je ressens pour ne pas tomber dans une logique d'argumentation (rationnelle) face à ce qui relève de l'émotionnel dans la réaction en face bien souvent.

Je trouve cette proposition particulièrement juste: pour avoir accès à la rationalité il faut d'abord que les émotions se calment. L'enfant intérieur en train de se rouler parterre de rage et de désespoir est assez peu apte à entendre la logique du "tout va bien si on regarde les faits". C'est une fois que sa détresse aura été comprise sans être banalisée qu'il pourra entrevoir les alternatives que lui offre la nouvelle réalité:mieux se connaître, mieux communiquer, être en mesure de choisir ou pas de poursuivre la relation dans ses nouvelles limites.
Une difficulté que j'entrevois pour le partenaire poly est d'être exposé à des réactions qu'il n'anticipe pas lorsqu'il aborde son souhait de changer de modèle ( ou quand il annonce une modalité inédite comme un WE ou des vacances passés avec un.e autre par ex)car il n'a pas la possibilité de connaitre les déclencheurs qui existent en face et qu'il peut croire à tord que tout est réglé à un moment donné. Il me semble que dans ces moment là il faut acté qu'un stimulus a déclenché, que c'est difficile, et laisser à l'autre le temps de se remettre sans prendre la responsabilité de ses émotions mais en acceptant qu'elles soient exprimées.
Bref communiquer et aussi communiquer. Les modalités CNV sont super intéressantes mais nécessitent que chacun des 2 protagonistes acceptent une manière au départ assez peu naturelle de s'exprimer.

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bonheur

le jeudi 07 juillet 2022 à 10h28

@lau93. Je ne sais pas si je vais réussir à exprimer suffisamment et correctement tel que je le désire. Je vais essayer.

La CNV devrait être, je pense, la seule façon de s'exprimer lorsque l'on expose ou réagi à une situation qui met en jeu l'émotionnel. Je trouve au contraire que c'est naturel. Non conventionnel et peu habituel, ni usité. Le fait est que pour y arriver, il faut lâcher cette emprise de garder pour soi. Accepter de livrer et de se livrer, au maximum. Accepté aussi que l'on est imparfait et que parfois, vivre mal revient à mettre sur la table. Il s'agit de libérer avant que ça ronge. C'est comme la rouille. Un petit point de corrosion demande un peu d'entretien. Quand tout est rouillé, la tâche devient colossale.

A une époque, une membre parlait ici des scories. Et bien le polyamour encourage à l'écologie... transformer les résidus pour les valoriser. Cela ne signifie pas qu'il n'y aura plus de scories. Cela signifie qu'ils seront recycler positivement. Je suppose qu'il faut une grande dose d'imagination. Le polyamour n'est pas commun, alors il faut inventer différemment. Créer, imaginer. Toi @lau93, tu sais imaginer et créer. Ton roman le prouve. Juste, ça prend du temps, et oui, de s'y consacrer. J'en reviens à ton cerveau très rationnel malgré tout et qui je suppose prend le dessus. Il prend refuge là où il sait faire, où il se sent bien.

Je crois que certaines personnes ne sont pas faites pour le polyamour (le vivre pour soi ou le vivre en métamour mono). Avec le temps, quelques unes de ces personnes trouvent finalement leur équilibre et leur bonheur.

Pour moi, la "définition" de l'amour n'est pas unique. Même pour moi. Je vis actuellement quelque chose d'époustouflant. Et je dirais, qu'aucun de mes amours n'ont eu le même aspect, la même forme... et que ce n'est pas figé. Alors, je dirais que considérer l'amour comme étant définissable, ce n'est pas possible. Ce que je sais, c'est la certitude d'aimer. Ca c'est le point de convergence. Egalement ce qui est décrit dans le livre d'Isabelle Filiozat "l'intelligence du coeur". Gcd68 avait ouvert 4 fils de discussions intitulés :
- Ode à la JOIE
- Amour et Respect
- Amour et Responsabilité
- Amour et Gratitude

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Ayna

le jeudi 07 juillet 2022 à 17h07

Lau93
le cœur lui continue de hurler à la mort plus souvent qu'à son tour, parce que les dragons ne lui laissent pas de répit ,fourbes qu'ils sont et connaissant sa tendreté. Donc on fait pas exprès d'être relou, de vous prendre la tête avec les réactions désordonnées qui peuvent vous paraitre disproportionnées, juste on rame et on rame ; et apriori si on accepte de continuer de ramer c'est qu'on aime l'autre.

C’est exactement ce qu’exprime mon chéri de vie… et je ne comprends que trop bien car il y a 4 ans j’étais ici sur ce site à la meme place que vous… et pourtant… aujourd’hui… de l’autre côté du miroir… je ne sais pas comment faire… je suis mon intuition. Aucune règle, ni d’un monde ni d’un autre, ne me guide en absolu. J’écoute au maximum, lui, moi, les autres impliqués. Je m’exprime et invite chacun à s’exprimer, encore et encore. Je m’efforce que chacun se sente pris en compte -y compris moi par moi-même !!! Et je garde confiance en l’amour. Je me dis que seul l’Amour peut être notre véritable guide.

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bonheur

le jeudi 07 juillet 2022 à 17h14

A la fois, l'amour est simple et léger. Il porte, il transporte. A la fois, c'est si compliqué. Et puis, nous vivons, gagnons des certitudes, en perdons d'autres. Nous évoluons. Nous rencontrons aussi et nos certitudes s'effondrent. Certaines reviennent en force, parfois. C'est ce qui fait son charme, à l'amour :-D .

Ayna
Et je garde confiance en l’amour. Je me dis que seul l’Amour peut être notre véritable guide.

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08ynoN

le jeudi 07 juillet 2022 à 17h19

Bonjour,

Merci à vous tous pour vos réponses.
Je vais arrêter dés maintenant de prendre l'exemple de l'amour aux enfants qui, en effet, ne peut pas parler à tout le monde en fonction de son vécu.

@Topper : je te rejoins sur la quasi totalité du message sauf le passage où tu dis que l'on peut aimer une personne plus qu'une autre car ce n'est pas ma vision. Et d'ailleurs tu le dis plus loin, on aime pleinement les personnes. Pour moi, c'est la passion qui peut être plus forte d'une personne à l'autre mais pas les sentiments amoureux (c'est peut-être propre à moi).

@bonheur : j'avais déjà lu ta métaphore de l'univers sur un autre post et je trouve que c'est à la fois criant de vérité, à la fois ça montre le recul que tu as sur le Polyamour.

@GeorgyPorgy : comme la dernière fois, je trouve que l'on est passé par les mêmes réflexions, les mêmes blocages et les mêmes questions. Je pense que l'on a vécu sensiblement la même histoire et que tout ce que l'on traverse est une suite logique.

@PolyPasLeChoix : "Par contre pour les parents ayant plusieurs enfants l'image de la naissance et de l'arrivée du 2eme qui ne retire rien à l'amour que l'on portait au premier me paraît plus intéressante." Ecrit comme ça, ça ressemble beaucoup à une vérité du PolyAmour, en tout cas ça fait sens dans ma vision du PolyAmour.
La notion de partage de temps est importante car là c'est du concret, on ne parle plus de sentiments ou ressentis mais d'actes consacrés à sa femme ou à son amoureuse.

@lau93 : rassure toi, tu n'as rien cassé au fil de la discussion. Je t'avoue ne pas saisir tout dans tes messages, mais c'est sûrement dû au fait que je ne me rappelle pas de ton histoire, de ce que tu vis et dans la position dans laquelle tu te trouves.

En tout cas, ma femme a lu tous vos messages, pour le moment elle entend que l'on peut aimer 2 personnes mais elle ne le comprend pas. Et elle y voit toujours une rivalité et une comparaison.

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bonheur

le jeudi 07 juillet 2022 à 17h47

08ynoN
En tout cas, ma femme a lu tous vos messages, pour le moment elle entend que l'on peut aimer 2 personnes mais elle ne le comprend pas. Et elle y voit toujours une rivalité et une comparaison.

Je vais tenter de m'adresser à elle, à ma façon. Entendre que l'on peut aimer 2 personnes, est un excellent début. Au cours de sa vie, elle n'a sans doute pas aimer que toi. Nous vivons dans un monde de commerce. On doit avoir une valeur, y compris l'humain. Le mérite aussi : les médailles, les prix, les diplômes... Depuis toujours on entend que l'on être le-a meilleur-e. Du coup, en amour on pense que c'est indispensable pour être aimer. On se doit d'être valorisé et d'être dans le mérite. Ces notions ne peuvent, à mon avis, pas s'intégrer dans le monde des émotions et des ressentis.

Après, il y a la légitimité. De mon expérience, bien vivre un amour (pour moi) c'est se sentir légitime de le vivre. En cela, la volonté des polyamoureux, rejoint à mon avis cette volonté des personnes homosexuelles par exemple. J'ai regardé hier un documentaire sur Stonewall. Dans les témoignages des personnes qui ont vécu l'évènement, j'ai retrouvé beaucoup de ce que j'ai vécu. Ce côté incompréhension que l'on m'interdise d'aimer, comme si c'était dérangeant. Aussi ce côté libérateur que l'amour, même cet amour là, soit légitime. Ces témoignages ont beaucoup fait écho en moi. Qui dit illégitime, dit honteux ? L'amour est honteux ? J'invite à cette réflexion, simplement.

La comparaison. Pour le coup, je ne comprends pas. Je parle d'amour, d'émotions et de ressentis intérieur + l'expression de mes "je", l'écoute des "je" (donc "tu") et l'harmonie dans les "nous", formant un "vous" global. Ce n'est pas l'amour qui est en cause. C'est l'individu et sa peur. Perdre la "première place" alors que l'on a fait tous les efforts pour être reconnu comme la bonne épouse, le bon mari. Qui demande cela ? L'amour en soit ne demande pas cela. La société, oui, et elle "impose" d'une certaine manière. Mais pas l'amour.

Métaphore (qui parlera ?). Je rencontre quelqu'un que j'appréciais et que je n'avais pas vu depuis longtemps. Je suis heureuse et je serre cette personne dans mes bras. Ca me fait du bien. Le soir, je vois une amie que j'apprécie et comme à l'accoutumée je la serre dans mes bras. Ca me fait du bien. Je ne vais même pas me poser la question de savoir si ça m'a fait plus de bien de serrer l'une ou l'autre de ces deux personnes. Ca m'a fait du bien (et j'en garderai un beau souvenir) et ça m'a fait du bien (et idem pour cet autre souvenir). Bon après, si l'une des personnes concernées me dit que j'ai eu tort de serrer quelqu'un d'autre qu'elle dans mes bras... ce serait par pure jalousie (même si actuellement, avec la situation sanitaire, c'est un autre débat). Doit-il y avoir une note à donner à ma première étreinte, à ma seconde étreinte ? Suis-je à juger d'avoir ce tempérament à serrer les gens que j'apprécie (et encore plus celles que j'aime) ? Est-ce que je place en rivalité ? Est-ce que je compare ?

Je laisse à la réflexion. La métaphore n'est pas optimale, je sais. Elle a ses failles. L'amour est affaire intérieure (je le vis ainsi) et se moque de donner une place, une note, un prix ou autres. Je ressens ET je ressens. Rien d'autre à ajouter sur la base d'aimer. Après, la place dans la vie. Autre débat.

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