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[Livre] Écris-moi tes hauts faits et tes crimes... : Correspondance 1962-1991 — de Nelly Kaplan et André Pieyre de Mandiargues. Tallandier, 2009.

Culture
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artichaut

le mercredi 09 janvier 2019 à 17h04

Petit extrait (avant-propos par Nelly Kaplan) du livre :

« Il y a des hommes à femmes, La monogamie n'est pas leur fort. On les, critique, on les jalouse, on les admire en secret.
Il y a aussi des femmes à hommes. La monogamie n'est pas leur fort. On les critique beaucoup, on les jalouse en secret et on ne les admire point,
Étrange inégalité dont j'attends l'explication par le truchement d'une savante thèse en Sorbonne.
En ce qui me concerne, ayant abordé bien plus que le milieu du chemin de ma vie, et me trouvant depuis toujours dans une forêt obscure où je fabrique ma propre lumière, je m'aperçois que j'ai toujours été une femme à hommes. Dans le tumulte de mes amours, l'unité fut presque toujours absente. Dire que cette « non-exclusivité» plaît à mes amants, serait mentir. J'ai beau leur expliquer que cela n'enlève rien à la beauté et à l'intensité de nos rapports, ces hommes, presque toujours des artistes ouverts à toutes les aventures de l'esprit, refusent bizarrement mon attitude avec des réactions de vierges effarouchées.
Je n'ai connu qu'une exception : l'amitié amoureuse que j'ai vécue dans les années soixante avec André Pieyre de Mandiargues, l'une des plus ludiques et des plus charmantes de ma vie sentimentale. Pas d'orages, pas de remontrances, beaucoup d'humour et, pendant deux années des rapports érotiques puissants ayant pour témoin un bizzare lit recouvert de velours rouge dont il est souvent question dans les échanges ; rapports qui évoluèrent vers une affection jamais désavouée. Nous avons ri ensembles d'autrui et de nous-même, avec cet humour qui nous était commun : la plus haute révolte de l'esprit. Il savait que je vivais en même temps d'autres amours. Je savais qu'il attendait toujours le retour de Bona, (retour qui eut lieu quelques années plus tard). Bona, sa grande passion, avec qui il se remaria. La parenthèse amoureuse qui nous unissait n'avait rien à voir avec tout cela, c'était un cadeau qui ne se refuse pas. Quand, plus tard, je lui ai présenté un être qui devint important dans ma vie, il l'accueillit avec amitié ; cette même amitié que Bona et moi-même avions toujours ressentie l'une pour l'autre.

Je connaissais depuis longtemps l'œuvre d'André Pieyre, mais nous nous sommes rencontrés seulement en 1961, lors de la présentation de mon film consacré à Gustave Moreau. Ce fut le début de notre amitié, et d'une longue correspondance. J'avais conservé ses lettres, et j'ai eu la chance d'avoir une copie des miennes (certaines semblent manquer, mais il s'agit peut-être des missives que je n'ai écrites qu'en rêve et que, bien entendu, André recevait par des voies qui nous étaient exclusives). L'lmec a eu l'amabilité de me faire parvenir des copies.

Last but not least, que Sibylle de Mandiargues, qui m'honore de son amitié, reçoive ici mes remerciements pour l'élégance avec laquelle elle m'autorisa, sans hésiter un seul instant, à publier la correspondance que son père m'avait adressée.
N.K. »

Avant-Propos, in Écris-moi tes hauts faits et tes crimes... : Correspondance 1962-1991 — de Nelly Kaplan et André Pieyre de Mandiargues. Tallandier, 2009. 98 pages.

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Lili-Lutine

le mercredi 09 janvier 2019 à 18h34

Texte qui m’est très agréable à lire , je viens de commander le livre , cela attise ma curiosité et j’ai bien hâte de me plonger dans la lecture de leurs correspondances :)

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artichaut

le mercredi 09 janvier 2019 à 21h34

je conseille aussi ses films (quoiqu'ils ne soient pas tous facile à trouver en France)…

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