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Une limite : la satiété relationnelle

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Katouchka

le vendredi 03 avril 2015 à 19h55

C'est vraiment un chouette sujet qu'il serait intéressant de développer dans un café! :)

Pour ma part, je suis gourmande. Le fait d'être libre d'avoir autant de relations que je voudrais me donne l'envie d'en avoir beaucoup...
Mais non pas que moi je sature mais l'espace-temps se rappelle à moi sans cesse et j'ai l'impression qu'il y a certains types de relation (je parle de celles où l'on a envie de passer beaucoup de temps avec l'autre) ne peuvent être que limités et que la limite doit être posée à un moment.

Il y a une solution surement pour pouvoir repousser cette limite au maximum c'est le décloisonnement mais encore...

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LuLutine

le vendredi 03 avril 2015 à 23h13

Katouchka
j'ai l'impression qu'il y a certains types de relation (je parle de celles où l'on a envie de passer beaucoup de temps avec l'autre) ne peuvent être que limités et que la limite doit être posée à un moment.

Il y a une solution surement pour pouvoir repousser cette limite au maximum c'est le décloisonnement mais encore...

Je plussoie, mais je dirais aussi que c'est vrai pour les amitiés. En fait, c'est vrai des relations au sens large !
Pas seulement amoureuses.

Il y a des amitiés où l'on se voit souvent, et forcément ça prend du temps qu'on ne consacre pas à d'autres (car même en amitié le décloisonnement n'est pas toujours possible, et on peut aussi avoir envie de voir un(e) ami(e) seul(e) à seul(e) ou en petit groupe ce qui limite les possibilités de décloisonnement).

D'ailleurs, dans cette "satiété relationnelle" on pourrait inclure tous les types de relations sans distinction...une amitié ne "prend" pas que "sur" les autres amitiés, elle peut aussi "prendre" sur les relations amoureuses et inversement...

Selon les circonstances je peux privilégier une amitié plutôt qu'une relation amoureuse. Certains trouvent ça "anormal"...bon mais je pense que ce ne sera pas le cas des personnes ici. ;)

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Katouchka

le samedi 04 avril 2015 à 10h46

Oui c'est vrai aussi pour les relations amicales mais... comme disait Cendre au dernier café poly, les relations amicales peuvent rester aussi fortes même si les personnes impliquées ne communiquent pas systématiquement. Par ailleurs, je dirais que beaucoup de relations peuvent fonctionner ainsi: familiales, amoureuses, amouricaleuses...
Mais il y a des relations de type intense en dopamine et intense en engagements qui nécessitent beaucoup de temps et d'investissement. Dans la monogamie, ces relations se regroupent essentiellement sous l'étiquette "mariage". Mais dans le polyamour, la question de la limite se pose car l'on ne peut pas s'engager avec 50 personnes.
Parfois, j'ai l'impression de vivre des vies différentes en même temps... C'est comme si je pouvais dire à celui qui me dit "on n'a qu'une vie", "ah bah non moi j'en ai trois! :) "
Je suis à la fois heureuse mais parfois je suis fatiguée aussi... Cette fatigue va déterminer ma limite mais ce n'est pas l'envie qui me manque de vivre encore plus de rencontres et d'aller plus loin.
Finalement certains mono se sentent frustrés de ne pas avoir plusieurs relations sentimentales. Nous, nous avons une solution: le polyamour. Mais au lieu de laisser la société nous imposer la limite du nombre de nos relations, nous sommes quand même contraints de déterminer nos propres limites, d'en avoir conscience et d'en accepter la frustration. La seule différence c'est que ce n'est pas une loi extérieure qui nous l'impose, nous nous l'imposons à nous même.

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LuLutine

le samedi 04 avril 2015 à 19h49

Katouchka
Oui c'est vrai aussi pour les relations amicales mais... comme disait Cendre au dernier café poly, les relations amicales peuvent rester aussi fortes même si les personnes impliquées ne communiquent pas systématiquement.

Et qu'est-ce qui empêche les relations amoureuses de faire de même ?

Katouchka
Parfois, j'ai l'impression de vivre des vies différentes en même temps... C'est comme si je pouvais dire à celui qui me dit "on n'a qu'une vie", "ah bah non moi j'en ai trois! :) "

Je comprends, je me sentais même déjà comme ça avant d'être poly....alors depuis, forcément, c'est encore "pire" lol :P !

Pour ce que tu dis sur la limite que nous nous imposons nous-mêmes (et pas la société), je suis très d'accord. Et dans mon vécu ça fonctionne aussi avec d'autres "choses" :
- les amitiés,
- les activités sociales et de loisir,
- l'investissement associatif,
- le travail...

(Exemples non exhaustifs. Et oui je peux être engagée à fond dans un truc, et oui ça m'empêche alors de m'engager à fond dans 56 autres trucs en même temps, faut être réaliste !).

J'aimerais avoir quinze vies et en plus des journées de 42 heures au lieu de 24... ;) !

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Sauge21

le samedi 04 avril 2015 à 21h04

Un bon sujet, qui en fait naître des co-latéraux ... j'ai survolé.

Juste mon vécu : je crois que la satiété relationnelle (je parle amoureuse) c'est ce que je ressens en ce moment, et c'est étrange pour moi ..; je ne suis pas sûre de l'avoir jamais vécu, je veux dire, alors que j'étais (soit-disant) en relation amoureuse (soite, mono-amoureuse) :
- soit la relation n'en était pas vraiment une et j'étais insatisfaite (une relation mono qui démarre mais ne prend pas vraiment et se délite lentement en 2 ans) ;
- soit dans une relation établie mais pas complètement satisfaisante (?) et je trouvais la satiété par la sobriété et donc en moi même ...
Ce qui est sûr, c'est que cette insatisfaction n'était pas liée à l'aspect mono, car quand j'ai eu fait des rencontres, je ne me suis pas privée de les vivres, quitte à mettre le bazard dans ma vie et les stéréotypes ... (même si n'ayant pas le concept, je n'ai pas abouti au polyamour avant d'avoir lu le Guide des amours pluriel - alors une évidence).

Aujourd'hui, j'ai juste un sentiment de satisfaction, avec une relation forte et une liberté de rencontre établie ; une relation qui me parait rêvée non parce qu'elle est facile, mais parce que la qualité du dialogue, de l'écoute par chacun de l'autre et de notre relation (ça fait trois) est partagée à égalité (ça ne veut pas dire qu'on entends les mêmes choses,mais que les capacités sont égales) ... et ça, ça m'était jamais arrivé ... il m'a fallu un long chemin pour entendre d'abord ce que je ne voulais plus puis ce à quoi j'aspirais ... puis rencontrer ...

J'ai bien des ami-e-s potentiellement amoureu-x-ses ou amant-e-s ... et je me laisse les rencontrer, en prenant soin de moi, d'eux-elles et de chaque relation, mais sans attente et même pas vraiment envie de développer ces relations, ni de voir ces personnes, c'est comme un manque de motivation. J'essaye juste d'accueillir chaque relation et mon envie de "relationner" comme elles sont.

Bon c'est vrai que je viens de passer par une surcharge (globale : boulot, famille, grippe, stress divers et variés) mais je sens qu'il y a autre chose et j'en arrivais moi aussi à l'hypothèse de la satiété, sans avoir trouvé le mot.

Je voudrais répondre à ce que disait quelqu'une : 'je comprends pas :: si tu n'as plus faim, tu n'as plus envie' disait-elle ...
et bien non, ce n'est pas si simple pour tout le monde ... et je ne vais pas passer par des explications, je vais juste dire que cette jonction "naturelle" entre faim et envie, qu'on pourrait qualifier de réaction instinctuelle, peut être altérée (ou mal mise en place) de par les conditions de vie dans l'enfance ou plus tard ... et c'est particulièrement vrai à mon gout pour la nourriture (boulimie), pour la sexualité et pour le champs relationnel (vivre ou pas une relation, qu'elle soit amicale, amoureuse, passionnelle ou de travail ...). Et la limite ente le pathologique et le non pathologique n'est pas simple à établir ici ... nous sommes tous des humains, vulnérables ...
Je dirai aussi, pour ceux-celles qui se reconnaîtraient là, avec un "instinct endommagé" que ça n'est jamais définitif, les réactions instinctuelles peuvent se rétablir ... par un travail (long) de prise de conscience, la mise en place de la bienveillance, etc ...

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Junon

le lundi 13 avril 2015 à 21h45

Je n'ai pas encore ressenti cette fameuse saturation mais par contre, je suis en pleine saturation sensuelle. Par facilité et egotisme, je me suis embarquée ou même laissée embarquer dans 3 débuts de relations avec des personnes que je considère comme des ami-es/amant-es. Et ça ne me convient plus, pour plein de raisons: peu de désir pour ces personnes que j'aime beaucoup par ailleurs, attentes différentes de leur côté, crainte que ces relations ne soient finalement basées que sur l'envie du regard flatteur porté sur soi, insatisfaction de ma part de ne pouvoir être plus là pour elles...je suis dans une période où j'ai besoin de m'alléger et d'arrêter certaines choses pour me recentrer, je pense que ces relations en font partie. D'autant plus que que je "crains" d'être plus monoamoureuse que je ne le pensais et incapable d'avoir deux relations amoureuses féminines simultanées...

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bonheur

le mardi 14 avril 2015 à 10h27

Qualité et quantité s'opposent-ils, y compris en amour ?

Je pense qu oui, surtout si une ou plusieurs relations se vivent mal. J'en reviens à dire qu'il faut prendre le temps de laisser la relation s'installer (perso, je dis deux ans) avant de vraiment s'impliquer d'une manière amoureuse importante.

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Sauge21

le jeudi 16 avril 2015 à 19h39

Intéressant cette idée d'attendre deux ans avant de s'impliquer "de façon importante" ...

Je continue mon témoignage car les jours écoulés m'en disent plus sur cette satiété : oui j'ai des nouvelles : une pause est en cours dans ma relation ... c'est comme si l'union de nous deux était devenue tellement présente qu'on a eu besoin de s'écarter pour redevenir chacun soi-même (enfin, lui je ne sais pas mais moi oui) ...

Ca rejoint ce que j'appelle le concept de respiration dans la relation : par moment on est très très proches et impliqués, puis vient un moment où on s'écarte pour se "ré-individualiser" et c'est de là qu'on retourne vers l'autre avec un "ressourcement" ...
C'est très différent des couples mono "qui font tout ensemble" et où à mon avis, l'entité (l'identité) couple a pris "le dessus" sur les individus ...
Enfin, à chaque couple son amplitude de respiration ... Et puis il y des respirations "de surface" (brèves et de faible distance) et des respirations plus profondes. Nous on a posé 2 semaines sans aucune interaction puis on regarde ce que ça fait et si on reconduit la pause ou bien si on se rapproche à nouveau.
Pour ceux qui s'engueulent, il faudrait voir si ce n'est pas parce qu'ils n'arrivent pas à se dé-solidariser et faire cette respiration ... (ça peut faire peur de s'écarter l'un de l'autre) ...

En tout cas, moi je suis ravie de cette pause qui donne de la respiration, du temps de ressourcement, et en ce qui me concerne, je sens déjà l'envie et le plaisir que j'aurai à le retrouver et à re-créer des projets et de la relation : vive les récréations !
Et donc je confirme : on peut rester en lien amoureux sans communiquer, comme des amis peuvent le faire ... mais bon, on a convenu qu'on le faisait, c'était pas notre fonctionnement ces derniers mois, qui était beaucoup plus impliqué que ça dans la communication au quotidien ou presque quotidien.

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LuLutine

le dimanche 19 avril 2015 à 04h05

Sauge21
Et donc je confirme : on peut rester en lien amoureux sans communiquer, comme des amis peuvent le faire ...

(+) (+) (+)

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bonheur

le dimanche 19 avril 2015 à 11h51

C'est la que l'on voit les différences individuelles.

Perso, une personne qui se moque de savoir si je vais bien ou non durant des semaines ou des mois et qui s'annonce d'un seul coup en disant "on peut se voir", désormais je l'envoie sur les roses. C'est purement et simplement pour moi un cas de non respect de ma personne. Le style "je m'intéresse à toi quand ça m'arrange et le reste du temps je m'en fous" ne ME convient absolument pas. Idem pour les personnes qui ne sont jamais disponibles ou qui me font faire des déplacements et ne profitent pas du fait que l'on puisse passer du temps ensemble. Idem pour les personnes qui soi disant veulent te voir mais qui ne sont jamais disponibles.

Je parle ici de mes amis et de mes amours, même si j'admets communiquer d'une manière moins journalière et moins systématique avec mes amis qu'avec mes amours.

Puisque sur un autre fil de discussion, on parle de "prise de tête"... pour moi ces attitudes sont matière à prise de tête, très clairement. Voici Sauge21 l'explication de mon précédent message (entre autres)

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Sauge21

le dimanche 19 avril 2015 à 18h08

Ok, bonheur.

Alors, j'ai une sensation que sur certains aspects, on est vraiment comme aux antipodes de la planète (planète poly?) ... ou alors je prends pour moi ce qui ne s'adresse pas à moi, c'est possible.

En tout cas, je ne me fiche pas de ce que devient mon amoureux, quand on a installé cette pause, on l'a fait à ma demande mais ensembles : il avait compris et accepté mon besoin et on a fixé la durée pendant laquelle on "respirait sans l'autre". Et convenu qu'on ferait le point pour savoir si on a besoin de prolonger, si on reprend à l'identique, si on reprend à bas régime et progressivement ...

Il me semble que tu interprètes les façons de se comporter comme une façon de "s'en foutre" alors que ce n'est sûrement pas cela. En revanche, il y a un défaut de dialogue sur ce que vous attendez de la relation et sur la façon de la vivre, et ça c'est concréto-concret, genre "tue l'amour" ou "tue la liberté" mais je trouve que c'est indispensable si on veut ensuite recevoir et donner ce qu'il y a de mieux possible dans chaque relation.

Je viens, au bout de 2 ans et demi (dont 6 mois de silence à l'autre bout du monde) d'arriver à m'accorder avec une amoureuse (qui est maintenant à 3h de routes), sur le fait que cette relation entre nous va fonctionner comme une amitié lointaine, avec des rencontres intenses et assez peu de communication entre les rencontres, et des rencontres "quand on pourra" et non programmées ... c'est à dire exactement ce que tu rejettes dans ton message ...
Mais je pense que si je peux accepter ça avec elle aujourd'hui, c'est pour deux raisons,

et la première c'est justement la satiété relationnelle dans laquelle je me trouve avec mon premier amoureux ... et donc en général

La deuxième, c'est la haute capacité que l'on a elle et moi (entre elle et moi) à dialoguer et en particulier à dire ce qui ne nous convient pas, sans pour autant claquer la porte, mais au contraire pour permettre à soi et à l'autre de s'adapter. Et cette capacité c'est pas ce qu'on apprend à l'école, ni dans notre société ...

Et donc, je la reverrai avec plaisir et les yeux qui pétillent, même sans avoir de nouvelles, mais je ne sais pas quand : je me cale sur ce qu'elle peut offrir ; attendre autre chose c'est nous faire du mal à moi et à elle - ce qu'on a un peu fait pendant 2 ans avant de se comprendre et d'accepter. Mais ce dont je suis sûre, c'est qu'elle tient fort à notre relation, à mon existence et que pour cela, elle avait peur que je la rejette totalement.

Bon on s'éloigne de la satiété, mais on évoque le fait qu'il y a une infinité de façons de vivre (moi je dis d'incarner) un lien, une attirance amoureuse ... Rythme, durée des entrevues, fréquence des paroles échangées, lieux et objets partagés ou pas ... déconstruire les idées toutes faites et, même si elles sont hors normes, déconstruire les attentes qu'on a vis à vis de l'autre et de la relation, c'est le cadeaux que je gagne dans le (poly-)amour.

Bonne soirée

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Sauge21

le dimanche 19 avril 2015 à 18h09

Et du coup .. non, qualité et quantité ne sont pas forcément indissociable, c'est plus complexe que ça ...

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LuLutine

le dimanche 19 avril 2015 à 18h10

bonheur
une personne qui se moque de savoir si je vais bien ou non durant des semaines ou des mois et qui s'annonce d'un seul coup en disant "on peut se voir", [...]Le style "je m'intéresse à toi quand ça m'arrange et le reste du temps je m'en fous"

Sauf qu'ici il n'était (à mon sens) absolument pas question de ça.

Tu fais quoi du troisième accord toltèque ?

Que la personne se moque de toi, c'est juste une supposition, une interprétation. Absolument pas la réalité (du moins, rien ne le prouve).
On n'a pas tous la même manière de montrer qu'on tient à quelqu'un.

Moi je trouve dommage de zapper totalement quelqu'un uniquement parce qu'il ne communique pas de la même façon que nous.
Voire ne sait pas communiquer...bah oui, on n'a pas tous appris à le faire !
Ou bien n'en est pas capable...on n'a pas tous une vie parfaite comme la tienne, exempte de problèmes et de traumatismes plus ou moins anciens ! ;)

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Siestacorta

le dimanche 19 avril 2015 à 20h45

LuLutine

Moi je trouve dommage de zapper totalement quelqu'un uniquement parce qu'il ne communique pas de la même façon que nous.
Voire ne sait pas communiquer...bah oui, on n'a pas tous appris à le faire !

Ca peut être dommage de zapper, certes, et faut pas se fermer aux fonctionnements qu'on a pas prévu d'avoir, mais, parfois, zapper quelqu'un qui ne sait pas communiquer ou communique très différemment, c'est pas forcément une erreur, ou un manque d'ouverture. On peut connaître ses propres besoins en communication, et être attentif (pas forcément en général, à certaines époques de sa vie) à ce que l'autre présente des qualités précises.

Ceci dit, j'ai beau dire que je tente de pas déprécier les gens qui ont pas du tout les qualités de communication qui me sont nécessaire, y a des moments où quelqu'un qui compte sur le côté "magique" de l'amour et trouve que le recul qu'on prend pour certaines conversations est "tue l'amour" parce que ça demande de sortir du langage passionnel, et qui estime que mon besoin d'être rassuré comme ça est un manque de confiance en elle, en l'hâmour... Je suis pas indulgent.

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Siestacorta

le dimanche 19 avril 2015 à 21h07

LittleJohn
Hm, je me demande s'il n'y a pas une forme de morale sous-jacente dans la question posée, comme si il devait y avoir un assez ou un trop... après tout, on pique dans le gâteau de personne (pour reprendre l'image).

Ben le assez ou le trop ne sont déjà pas des limites similaires chez chacun, donc je les vois pas comme un rapport autorisé/interdit, à partir de là c'est Mal, avant c'est Bien. Ce côté individuel, donc pas dans un moule moral systématique, est aussi vrai avec la nourriture, il y a vraiment des gens qui métabolisent super bien et d'autre pas... C'est vrai avec les relations, il y a des gens qui sont vites débordés, d'autres qui avec les mêmes intensités et les mêmes nombres, seraient parfaitement à leur aise.

Autrement dit, pour répondre à la phrase de ton profil, "chouette c'est jamais trop" est aussi une injonction éthique, elle pose un absolu, certes hédoniste, mais c'est déjà un parti-pris quand même. Mon histoire de satiété a un aspect moral, mais pas au sens réac. Il s'agit, quand on a pas ça instinctivement, d'apprendre (avec l'expérience, donc là aussi, c'est pas moral, c'est à dire pas posé avant les rencontres, mais au fur et à mesure d'une vie amoureuse poly, sur un plus long terme).

Là où ça moralise un peu, c'est dans le soucis de l'autre. Faire la différence entre notre besoin affectif "continu" et les moments qui sont plus circonstanciels et pour lesquels on sera pas cap de donner la plce qui correspond à l'émotion d'un moment, c'est aussi savoir jusqu'où on va pouvoir donner aux gens, et ce qu'on ne pourra pas leur re-donner ensuite. Il peut y avoir un trop dans le sens aussi où on aura plus assez de réserves, de temps, d'énergie, d'altruisme, d'émotion, de libido (oué, parce que chez moi, c'est rarement inconditionnellement renouvelable, ça).

LittleJohn
Je sais que tu aimes être bousculé sur tes aprioris, Siesta, donc je me permets en toute amitié ;)

Non, non, pas de problème, la bousculade peut aussi bien m'ouvrir que transformer mon a apriori en position plus réfléchie, c'est très bienvenu
Et puis là, je proposais l'idée pour voir l'écho, justement, j'ai pas tout à fait développé mon truc en sermon sur la montagne.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le dimanche 19 avril 2015 à 22h44

Siestacorta
Ca peut être dommage de zapper, certes, et faut pas se fermer aux fonctionnements qu'on a pas prévu d'avoir, mais, parfois, zapper quelqu'un qui ne sait pas communiquer ou communique très différemment, c'est pas forcément une erreur, ou un manque d'ouverture. On peut connaître ses propres besoins en communication, et être attentif (pas forcément en général, à certaines époques de sa vie) à ce que l'autre présente des qualités précises.

Oui, je te rejoins tout-à-fait.
En fait je répondais à bonheur dont je ressens le discours très "binaire", genre "si la personne ne fonctionne pas exactement comme moi, je la zappe !"

Pour ma part je dirais qu'il y a un "minimum" pour que je sente que la personne me respecte (pas se désister sans me le dire, par exemple - ce qui peut sembler être la base mais ne l'est pas pour tout le monde), mais par exemple une personne qui a besoin de plus de distance ou de plus de silence que moi, ça ne me pose pas problème.
Ca me poserait problème si j'étais dépendante (plus jeune, je l'étais facilement), mais je ne suis dépendante de personne, donc je peux tolérer qu'on fonctionne différemment de moi - du moins dans la plupart des cas - et heureusement !

Une relation, c'est aussi une histoire d'échange et d'adaptation réciproque, parce qu'on est tous différents !
Pour moi ce sont ceux qui trouvent étrange de s'adapter qui sont des aliens. ;)

En fait je trouverais ça très triste de ne fréquenter que des gens qui fonctionnent exactement pile-poil comme moi, je trouve que ça m'appauvrirait.

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Sauge21

le dimanche 19 avril 2015 à 22h53

Siestacorta
quelqu'un qui ... trouve que le recul qu'on prend pour certaines conversations est "tue l'amour" parce que ça demande de sortir du langage passionnel, et qui estime que mon besoin d'être rassuré comme ça est un manque de confiance en elle, en l'hâmour... Je suis pas indulgent.

on est bien d'accord ... et aussi que zapper n'est pas forcément une mauvaise chose ...

mais l'argument de "on se moque de moi" ou "on s'en fou de moi" ne tient pas à mes yeux, ce qui compte c'est que l'autre accueille mes besoins et essaye de les prendre en compte, autant qu'il-elle peut ... et parfois, c'est fait en l'absence de toute communication de la part de l'autre, alors j'ai intérêt à mettre toutes mes paires de lunettes pour voir ce qu'il/elle fait pour prendre en compte mes besoins et aussi pour voir si ça lui est juste impossible ... on peut parfois (j'entends à juste titre) zapper une relation très forte juste parce que les "pas possibles" de l'un-e et de l'autre sont trop incompatibles, c'est un deuil à faire assez douloureux ...

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Sauge21

le dimanche 19 avril 2015 à 22h58

Siestacorta
Il s'agit, quand on a pas ça instinctivement, d'apprendre ...
les moments qui sont plus circonstanciels et pour lesquels ...on sera pas cap de donner

..., c'est aussi savoir jusqu'où on va pouvoir donner aux gens.

Il peut y avoir un trop dans le sens aussi où on aura plus assez de réserves, de temps, d'énergie, d'altruisme, d'émotion, de libido (oué, parce que chez moi, c'est rarement inconditionnellement renouvelable, ça).

(+) (+) (+)

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Sauge21

le dimanche 19 avril 2015 à 23h10

LuLutine
En fait je trouverais ça très triste de ne fréquenter que des gens qui fonctionnent exactement pile-poil comme moi, je trouve que ça m'appauvrirait.

euh, perso, j'ai jamais trouvé ... c'est plutôt moi que je sens comme une alienne parmi les ??? moldus ...

@siesta
mais du coup, entre satiété et avoir une "saine réserve" ... il y aurait un rapport ? ... une histoire de digestion peut-être ... quand on a "trop" mangé on a plus faim, parce qu'on a besoin de digérer ... ?
dans mon cas, ça me parait bien correspondre ...

en médecine chinoise, pour garder l'équilibre, j'ai entendu qu'il est suggéré de ne manger, à chaque repas, que jusqu'à 80% de ce qu'on pourrait manger = une satiété légère ...
Ca doit laisser la réserve pour avoir facilement de nouveau faim ... et aussi éviter la lourdeur de la digestion (ça oui, voir le principe de "l'élément terre dit rate-estomac")...
bon, bas, j'ai de quoi réfléchir ... comment est-ce qu'une relation très "proche, intime, soutenue ..." peut tourner à l'indigestion ? (enfin, je pense avoir des pistes)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le lundi 20 avril 2015 à 10h19

Sauge21
@siesta
mais du coup, entre satiété et avoir une "saine réserve" ... il y aurait un rapport ? ... une histoire de digestion peut-être ... quand on a "trop" mangé on a plus faim, parce qu'on a besoin de digérer ... ?
dans mon cas, ça me parait bien correspondre ...

J'ai raisonné par analogie, donc ça a énormément de limites.
L'idée de la saine réserve, de pas aller jusqu'au bout de sa faim, ça prolonge la métaphore. Pour moi, ça correspondrait plus à me réserver des temps de solitude, dans ce cas.
Beaucoup de gens ont un désir de relation et remplissent leur planning et leur foyer, ne sont jamais seuls. J'ai besoin de l'être pour comprendre qui me manque comment, pour avoir envie de projeter. Je connais des gens qui à l'inverse, se sentent lancés, imaginatifs que parce que la présence de l'autre les met en mouvement, quand seuls, ils sont perdus...

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