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Polyamoureux… est-ce vraiment un choix ?

Bases
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boucledor

le dimanche 29 juin 2014 à 23h13

Voilà, je me pose cette question: est-on polyamoureux "par essence" ou le devient-on sous l'influence de circonstances extérieures?
J'arrive à cette question en faisant plusieurs constats:
- Dans les situations que je connais personnellement: l'amant que j'ai eu il y a deux ans et l'amante qui fréquente mon mari depuis 6 mois me semblent être de parfaits "mono" embarqués dans une situation "poly" puisqu'ils sont tombés amoureux d'une personne mariée.... Ils acceptent donc une situation d'"amour à trois" mais par défaut car dans les deux cas subsiste (ou subsistait) l'espoir , même inavoué, de vivre une relation exclusive avec la personne aimée.
- Je connais une seule personne qui a un "fonctionnement" polyamoureux: il entretient simultanément plusieurs relations amoureuses, dont certaines durables. Mais lorsque je l'interroge sur son parcours, je me rends compte qu'il a vécu des expériences amoureuses qui se sont soldées par un échec (surtout quand il s'agissait de vivre ensemble, il me dit que "ça ne collait" jamais vraiment...) et j'ai l'impression que ce sont ces déceptions successives qui l'ont mené à préférer ne vivre "que des débuts", à ne prendre que le "meilleur" dans des relations qui restent "en pointillés"

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LuLutine

le dimanche 29 juin 2014 à 23h35

Ce sujet-là peut être vaguement connexe à ton questionnement (bon, le point de vue / l'angle d'attaque n'est pas le même, j'ai dit vaguement...)

/discussion/-Pw-/Pour-que-le-polyamour-soit-un-cho...

J'ajouterais que pour moi, et par rapport à ce que tu dis, oui c'est un vrai choix, dont je me suis "privée" au début de ma vie amoureuse parce que j'étais persuadée de devoir "faire comme tout le monde" et ne vivre qu'une histoire à la fois...même si j'avais déjà trompé une fois...

Puis un jour, je n'ai plus voulu me forcer, me contraindre, et j'ai voulu vivre comme cela me convenait.
Vivre tout court, d'ailleurs.

Je le dis dans le sujet dont j'ai donné le lien au-dessus : pour moi, ce n'est pas possible de vivre autrement. Survivre, à la rigueur. Et encore.

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Anarchamory

le dimanche 29 juin 2014 à 23h39

Bonsoir boucledor,

Mon avis sur la question est que l'on n'est pas polyamoureux par naissance, mais qu'on n'est pas davantage polyamoureux du simple fait de circonstances extérieures. Je pense que chaque individu possède deux curseurs :
- un curseur "degré de possessivité" qui va de : "pas du tout possessif" à "complètement possessif" ;
- un curseur "degré de focalisation" qui va de : "focalisé sur aucune personne" à "focalisé sur une seule personne".
Je pense que ces deux curseurs sont largement indépendants, et que beaucoup de gens sont à la fois peu focalisés et très possessifs. C'est-à-dire qu'ils peuvent être attirés sexuellement et romantiquement par plusieurs personnes à la fois mais qu'ils ont en même temps besoin que ces personnes ne fassent pas de même...
Je pense que les divers styles relationnels : monogamie, monogamie en série, polyamour, libertinage, couple ouvert, anarchie relationnelle, etc. ne sont que des solutions que trouvent les gens pour vivre au mieux leurs relations, en fonction de la position de leurs curseurs et de la position des curseurs des gens avec qui ils entrent en relation.

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boucledor

le lundi 30 juin 2014 à 06h29

ca me parle bien cette histoire de "curseurs"..... et c'est vrai qu'ils ont l'air de fonctionner tout à fait indépendamment.... Preuve en est ma difficulté à vivre la situation (que mon mari ait une amante) alors que je l'ai vécu aussi et que j'ai pu éprouver, même un temps, qu'il était possible d'aimer plusieurs personnes à la fois... Une autre "preuve" est que je sais pertinemment que ce qui rentre en compte dans la prise de décision de mon conjoint de poursuivre ou pas sa relation c'est de devoir concevoir ma propre liberté d'aller "voir ailleurs"... Je pense même qu'au départ il m'avait caché sa relation pour éviter la réciproque.....

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(compte clôturé)

le lundi 30 juin 2014 à 07h40

Il y a aussi plusieurs enjeux dans la vie sentimentale-amoureuse-familiale, enjeux qui ont des modalités très différentes entre eux:

- l'amour romantique et passionnel, très intense mais de courte durée (1 à 3 ans)
- la vie familiale et le fait de faire des enfants ensemble: un engagement de très longue durée (20 ans environ)
- l'amitié amoureuse, qui peut durer pour très peu de temps comme pour très longtemps (de quelques jours à toute la vie)
- le fait de vivre ensemble, de faire des activités ensemble, qui peuvent avoir des temps également très variables...

Au vu de ces enjeux différents, souvent le polyamour simplifie les choses.

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(compte clôturé)

le mardi 01 juillet 2014 à 10h37

Je pense que l'amour romantique et l'amour passionnel sont à dissocier (à mes yeux).

La passion peut aboutir à de belles choses, si l'on a conscience que la passion n'est qu'un état temporaire qui peut donner sur du "moins intense" et "plus durable". Dépasser le stade de la passion est gérable, enfin je l'espère. En tout cas la passion, dure concrètement que peut de temps en comparaison d'une vie amoureuse, mais elle laisse des traces très vives jusqu'à la fin de nos jours.

L'amour romantique, en ce qui me concerne, c'est plus un état de bien être intérieur que l'on ressent quand on est avec l'autre. Moi, qui ne met pas de frontière nette entre amour et amitié, j'aurai tendance à lié un peu l'amour romantique à l'amitié amoureuse. Cet amour n'implique pas en effet une vie commune et peu, à mon sens, durer très très longtemps. Un amour sans obligation du quotidien, sans contrainte qui viennent parasiter, sauf les aléas de la vie.

Bon après, c'est une optique toute personnelle. Mais oui, il existe différents types d'amour et différentes manière de vivre l'amour. D'ailleurs, qui peut définir l'amour ?

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(compte clôturé)

le mardi 01 juillet 2014 à 10h46

Pour reprendre les interrogations de Boucledor et l'important est de faire preuve de réalisme.

Je suis en relation secondaire avec une personne auprès de laquelle je suis bien mais par petites touches. Je ne pourrai vivre avec, faire un quotidien. Il y aurait complète incompatibilité. Pourtant, nous sommes très complices, aimons se retrouver tous les deux pour de longues randonnées, sommes toujours présents pour l'autre, entretenons une communication importante. Ni lui, ni moi, ne désirons plus, c'est génial ainsi. Une belle amitié amoureuse que nous espérons faire perdurer dans le temps.

C'est un exemple, mais même mes amours passions (j'en ai eu trois au cours de ma vie), je n'aurai pas désiré vivre avec eux. Une vie commune, ça ne s'improvise pas. C'est possible, il y a compatibilité, ou ça ne l'est pas. L'amour ne suffit à réunir deux individus mais pas à faire qu'ils puissent vivre ensemble. On peut s'aimer, chacun chez soi.

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(compte clôturé)

le mardi 01 juillet 2014 à 10h48

La-Salope-Helvétique
Au vu de ces enjeux différents, souvent le polyamour simplifie les choses.

(+) Ne pas s'interdire une forme d'amour au nom d'une autre. Ne pas s'interdire d'aimer (et donc passer à côté de personnes qui peuvent nous offrir, à leur manière) au nom de l'amour et de la norme qui IMPOSE mariage, enfants, vie commune...

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(compte clôturé)

le mardi 01 juillet 2014 à 10h50

Boucledor, cette personne que tu as aimé, tu ne l'aimes plus ? Rappelle toi de la perception que tu avais alors de la situation. Cette personne que tu as aimé, avait-elle mis en péril ton couple ?

Tes craintes viennent elles de ton passé ou du présent ?

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boucledor

le mardi 01 juillet 2014 à 18h16

En fait, je suis à une période de ma vie, et c'est en partie ce que m'a apporté comme enseignement notre "crise" d'il y a deux ans, où je ne vis pas du tout ma situation de femme mariée au même homme depuis 14 ans avec deux enfants comme étant imposée... Au contraire je le perçois comme un choix renouvelé jour après jour et notre vie commune est le lieu principal de mon épanouissement.
Bien sûr d'autres aspects de ma vie participent aussi à ce sentiment d'être "bien dans ma vie": mon travail, mes amis, mes activités sportives.... mais pour ce qui est du sentiment amoureux et du désir, je me sens "comblée".... Je sais bien qu'il y a des "stades", des évolutions possibles de ce ressenti-là: je n'étais sans doute pas dans cet état d'esprit à l'époque où j'ai entretenu une autre relation... Mais là, c'est le cas.
Donc, ce qui est déstabilisant, c'est que mon conjoint est sans doute à une autre étape que moi actuellement et j'espère simplement qu'on pourra être à nouveau "synchrone" - dans un sens ou un autre: un retour à un fonctionnement "mono" ou au contraire "poly".... mais ça ne se décide pas.... si?!

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 01 juillet 2014 à 19h12

tu n'es pas lui. Tes étapes ne seront pas les siennes

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boucledor

le mercredi 02 juillet 2014 à 08h13

Cela, je le sais bien! Mais n'est-il pas légitime de ma part d'espérer qu'on trouve "un terrain d'entente", qu'on parvienne à s'épanouir tous les deux tout en restant un couple? Après, la question serait de redéfinir les modalités d'ouverture de ce couple: fermé? semi-ouvert? ouvert ou je ne sais quoi!
Je disais hier soir à mon mari que je ne m'interdisais pas d'imaginer "un autre fonctionnement" de notre couple même si pour l'instant le fonctionnement "couple à ouverture limitée" (cf Paule Salomon) me convenait très bien.
La seule chose, c'est que je ne concevrais pas que l'on devienne de simples "colocataires" qui feraient chacun "leur part" pour que la vie commune se passe bien: tâches ménagères, enfants, sexe.... et qui "vivraient l'essentiel" ailleurs....
Lulutine évoquait dans un autre fil "l'énergie" que demande toute relation... Je crois, en effet, que chaque relation (avec un collègue, ami, un amant...) exige un certain degré d'investissement ou en tout cas oblige à y consacrer une certaine quantité d'énergie.... Je suis maintenant assez convaincue que l'"amour" n'est pas "un gâteau" à partager, on peut aimer plusieurs personnes sans que cela enlève une part d'amour à l'une... Mais, pour ce qui est de l'énergie, je pense que cela est différent et qu'elle n'est pas inépuisable!
Dans ce cas, chacun doit réfléchir à la quantité d'énergie (et aussi de temps, qui n'est pas lui non plus, infini et étirable) qu'il souhaite consacrer à telle ou telle activité ou relation dans sa vie....

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boucledor

le mercredi 02 juillet 2014 à 08h24

Boucledor, cette personne que tu as aimé, tu ne l'aimes plus ? Rappelle toi de la perception que tu avais alors de la situation. Cette personne que tu as aimé, avait-elle mis en péril ton couple ? Tes craintes viennent elles de ton passé ou du présent ?

gcd 68, l'amant avec lequel j'ai rompu m'aimais (m'aime sans doute encore) profondément, en tout cas il surinvestissait notre relation et je pense que cela m'a fait "fuir" car je sentais que les "projections" qu'il faisait sur notre histoire ne correspondait pas à ce que je pouvais lui offrir.... Je pense que mes sentiments étaient différents: j'aimais le retrouver mais j'étais également heureuse de retourner à ma "vraie vie"....
Je pense qu'il était préférable dans tous les cas (même si mon mari avait fini par accepter cette relation) d'y mettre un terme. Le fait de le considérer à présent comme un "ami" me paraît plus sain.
Je pense que mes craintes viennent en partie du fait que j'ai senti qu'il est très déstabilisant de se sentir aimé et que les sentiments de l'autre peuvent parfois être si forts que l'on ne sait plus très bien ce que l'on ressent soi-même.... un peu comme si l'amour que nous porte l'autre nous faisait nous persuader qu'on l'aime aussi, par "jeu de miroir"....

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MagentadeMars

le mercredi 02 juillet 2014 à 08h51

Finalement, ça veut dire quoi de "quitter" un personne avec laquelle on ne cohabite pas, et dont la relation n'empêche pas de voir des autres ? Une relation se fait des sentiments des deux côtés et un accord pour échanger. OK, on déchire l'accord... mais c'est afin de modifier les sentiments de l'autre, ou de soi-même ?
Pour faire opérer l'oublie ?

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(compte clôturé)

le mercredi 02 juillet 2014 à 12h28

C'est fou, ce que tu dis Boucledor, je me pose actuellement la question de "quitter" une relation secondaire parce qu'il ne s'investit pas assez dans la relation.

Peut-on aimer "trop" ? Il faut croire que oui. Pas simple tout ça... mais là, j'ai à réfléchir. Ca ne t'aidera pas Boucledor, mais ça m'apporte en tout cas, alors merci :-)

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MagentadeMars

le mercredi 02 juillet 2014 à 13h47

Je cite un para de l'article de Carsi Blanton sur le une:

Du coté de la personne dont on tombe amoureux, l'énorme avantage sera qu'être aimé ressemblera moins à une agression et davantage à un cadeau. On en parle peu, mais c'est très inconfortable d'être aimé quand ce n'est pas réciproque (allez écouter ma chanson Please). Inconfortable à tel point qu'il y a beaucoup de gens qui préfèrent se comporter comme des connards froids et insensibles plutôt que de devoir côtoyer quelqu'un qui les aime. On panique, on prend ses distances, on arrête de témoigner le moindre intérêt ou la moindre attention, on ne répond plus aux SMS. Mais ça ne veut pas dire qu'on déteste l'amour ou l'amoureux ; c'est simplement à cause de tout cet attachement et de toutes ces attentes qu'on nous balance avec une telle force. Si on pouvait badiner avec l'amour, on pourrait le considérer comme un très beau compliment - dire « merci ! » et avoir chaud au cœur. On pourrait mieux compatir pour l'amoureux (qui a le ventre tout noué et a du mal à bien manger et à bien dormir), ce qui permettrait de réagir mieux et plus humainement.

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boucledor

le mercredi 02 juillet 2014 à 14h46

Oui, sans doute, "mais cet attachement et ces attentes qu'on nous balance" sont également ancrés dans les esprits des uns et des autres et mon amant de l'époque a très mal vécu cette "rupture" - c'est vrai que ça fait bizarre de dire que je l'ai "quitté" puisqu'on ne partageait que des moments...- ayant l'impression d'avoir été pris pour un c.. que je ne respectais pas ses sentiments, que je reniais les miens (car il était persuadé que puisque je prenais le risque de perdre mon mari en voulant assumer cette relation, c'était que quelque part je tenais encore plus à lui..... - ce que je n'ai jamais ressenti comme étant vrai-)
Bref, j'ai effectivement "paniqué" un moment donné, j'ai pris mes distances en ne répondant pas systématiquement à ses messages... il faut dire qu'il se montrait très insistant et complètement dépendant de ce lien.... ce qui ne m'a jamais semblé très sain.

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boucledor

le mercredi 02 juillet 2014 à 14h49

Pour faire opérer l'oubli ?

à magentademars:
Oui, je crois que j'ai voulu qu'il m'oublie car je pense qu'en investissant trop une relation qui n'aurait jamais abouti à ce qu'il aurait pu en attendre, ce n'était pas un "cadeau" que je lui faisais, ou alors un "cadeau empoisonné"...

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(compte clôturé)

le mercredi 02 juillet 2014 à 15h02

CB
Inconfortable à tel point qu'il y a beaucoup de gens qui préfèrent se comporter comme des connards froids et insensibles plutôt que de devoir côtoyer quelqu'un qui les aime

ouais ouais ouais, il y a sans doute de cela.

J'ai toujours considéré que l'amour était un cadeau de la vie. Je dis d'ailleurs souvent merci. J'estime que c'est le moins que l'on puisse faire. Je ne veux pas parasiter ce fil de discussion, j'arrête donc là ma réflexion personnelle. Je comprends ainsi que mes merci avait pour effet des "rien d'insurmontable". Je pensais qu'il parlait de la situation, du fait que je sois mariée, et de la culpabilité que ça pouvait entrainée... j'ai peut être tout faux sur toute la ligne.

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LuLutine

le mercredi 02 juillet 2014 à 20h08

boucledor
Mais, pour ce qui est de l'énergie, je pense que cela est différent et qu'elle n'est pas inépuisable !

LuLutine-crevée te le confirme ;)

boucledor
il surinvestissait notre relation et je pense que cela m'a fait "fuir" [...] Le fait de le considérer à présent comme un "ami" me paraît plus sain.

Ah, je vis ça avec quelqu'un. C'est un ami que j'apprécie, pour qui j'ai de la tendresse, mais il est mono et veut vivre avec moi (d'une façon qui me semble assez "classique")...comment dire...il a du mal à comprendre que ce n'est pas possible.
J'en suis arrivée à la même conclusion que toi : nous sommes "amis".

Ca reste compliqué car pour lui il semblerait qu'il n'y ait rien entre "simple ami" et "homme de ma vie" (oui oui le prince charmant, "ils étaient faits l'un pour l'autre", tout ça..). Rien dans l'éventail des possibles...c'est tellement à mille lieues de mon vécu que j'ai un peu de mal avec ça.

gcd68
Peut-on aimer "trop" ?

Pour moi, aimer, ressentir de l'amour, c'est un sentiment, et il n'y en a jamais trop. C'est un sentiment qui me nourrit positivement, me fait avancer. Quel que soit l'état de la relation (ou même s'il n'y en a plus).

Par contre comme le dit boucledor, on peut surinvestir une relation, et ça ça ne me semble pas très sain, je pense que dans ce cas il faut essayer de rééquilibrer...

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