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Une auberge espagnole polyculturelle & coopérative ?

Culture
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ScottBuckley

le samedi 12 octobre 2013 à 01h08

Bonjour,

À plusieurs reprises, j’ai remarqué que dans des pays anglophones (notamment aux Etats-Unis), les polys semblaient beaucoup mieux organisés qu’en France, qu’ils et elles avaient leurs propres magazines et newsletters, des cycles annuels comme OpenCon (qui a lieu ce week-end du 11-13 octobre 2013 en Grande-Bretagne, durant 3 jours), des émissions de radios très régulières, des BDs, et bien d’autres événements et activités, que je ne retrouve pas vraiment ici en France.

Pourquoi cette différence ? Est-ce culturel ?

Est-ce lié aux formes d’organisations ou aux structures existantes ? Aux financements, au salariat de personnes impliquées ?

A une forme d' " empowerment " * + spécialement anglophone ?

Ces structures existent-elles ou pourraient-elles exister chez nous en France, sous forme d’associations ou de coopératives (Scop) ?

Si oui, elles pourraient permettre de faire vivre des activités polyculturelles ** multiples en parallèle, localisées dans une ville ou une région et/ou nomades (éditions, graphisme, événementiels, conférences, festival, cafés polys, concerts, cuisine, web 2.0 ...), liées de près ou d’un peu plus loin aux polys cultures & aux relations affectives plurielles, et d’en vivre ?

À titre personnel, je me demande s’il serait possible d’y réfléchir ensemble, et d’envisager la création future d’une structure polyvalente (de type Café-concert & lieu-ressources associatif + activités annexes en extras) pour développer des activités polyculturelles, avec peut-être la possibilité de bénéficier de subventions publiques et/ou de mécènes culturels (en tant qu’association loi 1901 à but non lucratif, non religieuse et non politique/partisane).

En tout cas j’aimerais Vraiment beaucoup m’investir dans la création d’une telle structure (une forme d’auberge espagnole polyculturelle & lieu-ressources), avec la possibilité qu’elle soit économiquement pérenne et indépendante grâce à ses activités plurielles complémentaires (→ cuisine, concerts, expos, résidences d’artistes, happenings, ateliers théâtre/forum, scènes ouvertes, librairie, projections sur écran + débats, hébergements...), et permette à moyen terme de créer un à deux postes de salarié-es.

Ce type de structure poly/pluridisciplinaire coopérative me paraît manquer cruellement, dans notre pays.

Je sais que le sujet de l’argent est assez tabou en France, mais j’aimerais vraiment que ce sujet soit également abordé sans complexe (mais avec éthique), avec un certain nombre de critiques constructives proposées par vous, pour permettre à ce projet de grandir petit à petit, et de voir le jour en 2014.

Qu’en pensez-vous ?
Quels avantages // et-ou inconvénients y voyez-vous ?

A bientôt le plaisir de vous lire,

Bien à vous,

GreenPixie
.
..

* " Empowerment " :
ici je l'emploie avec l'idée d'une communauté humaine de personnes, qui serait dite "minoritaire", mais qui revendique le droit et le pouvoir d'exister pleinement, au grand jour, en tant que culture réelle, pleine et entière, et qui s'assume, sans honte (une forme de poly pride).

** Polyculturelles :
ici j’emploie ce mot dans l’esprit d’une philosophie poly, avec pour cultures et valeurs plurielles (notamment) :
>> des partages, avec esprit coopératif, consommation collaborative & Co., écologie et biodiversité, relations plurielles/autonomie affective, équité femmes/hommes, économie sociale et solidaire, non-violence, logiciels libres, habitat partagé, hébergement convivial, activités à but non lucratif...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le samedi 12 octobre 2013 à 01h35

Bizarrement, juste en lisant le titre de la discussion, j'ai deviné qui l'avait postée ! ;)

Bon à part ça, j'en suis ! Et plutôt plusieurs fois qu'une (on est poly ou on ne l'est pas ^^ ).

Euh par contre...pas d'idée constructive pour le moment, mais dès que j'aurai une petite pierre à apporter, je n'y manquerai pas.

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PolyEric

le samedi 12 octobre 2013 à 08h15

Je trouve qu'il y a une mauvaise habitude qui a été prise d'exiger que les choses soient gratuites.

Certes le polyamour est gratuit. C'est bien que tout le monde puisse venir. Ok. Mais le métro que l'on prend pour venir, la salle dans laquelle on se réunit, la boisson que l'on consomme, le repas que l'on mange, le film que l'on regarde, ne sont pas du polyamour, mais le résultat du travail de quelqu'un. Donc ces choses n'ont pas à êtres gratuites, sauf à exploiter celui qui travaille. Je ne vois pas pourquoi l'amour serait incompatible avec le fait de payer un service. D'après mois, la gratuité des biens et des services, est une notion qui prend le contre pied du polyamour. Par suite, la lenteur de la mise en place d'une organisation satisfaisante, s'explique très bien. C'est la recherche de la gratuité qui en est la cause.

On se dit assez facilement qu'il ne faut pas créer une organisation dont le but serait la recherche du profit, car rechercher le profit sur le dos des polyamoureux serait honteux, en tous les cas, s'éloignerait du polyamour. Par suite, toute personne qui essaye de proposer quelque chose aux polyamoureux, recherche un moyen de travailler et de donner du travail aux autres, en étant payé, mais sans faire de profit.

Cette équation est en apparence facile à résoudre, grâce au mot magique de "association sans but lucratif", mais ce n'est qu'en apparence. En effet, dans une association, il y a soit des bénévoles (dont la motivation est cachée, donc potentiellement suspecte aux yeux des "clients" qui se demandent s'ils ne participent pas à un enrôlement caché), soit des salariés (dont la motivation est au minimum de se nourrir). Dans les deux cas, le polyamour peut être totalement absent des motivations des organisateurs. Par ailleurs, dans une association, les rémunérations des dirigeants sont limitées, ils peuvent donc avoir l'impressions justifiée qu'ils se font avoir, parce qu'ils ont tous les soucis et ne peuvent même pas profiter des services qu'ils rendent aux autres.

Mais quoi de plus normal que de ne pas se vouer au polyamour ?
En quoi "être polyamoureux" implique t-il d'agir en faveur du polyamour ?

Pour moi, il n'y a qu'une seule solution possible : Une société purement commerciale, dont le bénéfice distribuable est limité (et non interdit).

Une coopérative (scoop) est une organisation commerciale, dont les actionnaires sont les travailleurs, et dans laquelle une personne détient une voix pour voter quelque soit son apport (financier ou autre). C'est déjà mieux qu'une association, mais cela ralentit l'investissement. Par exemple, si une personne investit cent mille euros dans la société et que deux autres investissent dix euros chacun, les deux personnes pourront prendre des décisions qui provoquent des pertes, lesquelles pertes seront supportées essentiellement par celui qui a apporté le plus, et qui n'était pas d'accord avec la décision en question. Je pense que personne ne va relever ce défit, donc il n'y aura pas de gros investissement dans une scoop, et donc il y aura un manque de moyen flagrant.

Dans une société commerciale dont le bénéfice distribuable est limité (et les salaires limités aussi mais avec une limite haute bien supérieure à la limite que l'on trouve dans une association), il y a possibilité pour les uns de rechercher un profit (limité mais existant à une hauteur vaguement attractive), et pour les autres une garantie de ne pas trop se faire avoir (donc se faire avoir, mais en profitant d'une organisation qu'ils n'auraient pas pu se payer tout seul).

Voilà ce que j'en pense et aussi que quand j'essaye de parler avec toi de ces choses là par mail, cher GreenPixie, tu ne me réponds même pas. Il faut peut-être aussi que tu apprennes à faire avec les autres. Tu parles à l'assemblée comme si tu était au centre et que tu distribuais les rôles. Par ailleurs, tu lances plein de trucs qui n'ont pas de suite. Il faudrait déjà arrêter de déconner sur ce plan là, et ensuite, il se passerait peut-être quelque chose de vrai. :-)

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(compte clôturé)

le samedi 12 octobre 2013 à 08h45

Les anglo-saxons, notamment les américains sont très communautaristes. Il y a des clubs du "meilleur gâteau à la cannelle", "de l'oeuf le plus gros", etc, et bien sûr les polypride, gaypride, etc.
Personnellement, bien qu'amoureuse plurielle depuis toujours et appréciant beaucoup certains membres de ce site, je n'ai aucune envie de faire partie d'une communauté poly, c'est contraire à mon idée de la polyactivité, justement. J'ai été invitée par des polys à quelques soirées où il y avait une majorité de polys, et ça me mettait mal à l'aise, ce côté "on se retrouve entre nous". Féministe, j'ai toujours combattu les réunions féministes interdites aux hommes, parce que l'idée de catégoriser et étiqueter les gens m'insupporte. C'est la raison pour laquelle les deux fois où j'ai organisé un café "poly", j'ai précisé que c'était ouvert à tous, y compris les monos purs et durs, car c'est le meilleur moyen de faire connaître ce qu'on est que d'en parler avec ceux "qui n'en sont pas". En revanche, un lieu polyculturel où on parlerait de sujets divers et variés, avec des gens pas forcément d'accord entre eux mais ouverts au fait de découvrir d'autres façons de voir le monde, 100% d'accord, y compris si c'est payant. Ça existe d'ailleurs déjà dans certains bars alternatifs qui proposent des rencontres sur des sujets variés et hors normes.

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(compte clôturé)

le samedi 12 octobre 2013 à 10h12

Je plussoie aimerplusieurshommes

J'ai pas envie de m'enfermer dans un "univers que poly". Par contre, je m'entoure de personnes qui m'aiment et m'apprécient telle que je suis. Perso, ceux qui n'en sont pas (et n'en deviendront jamais) ne me dérangent pas et ils ont le droit d'être en désaccord avec moi. Mes meilleurs amis n'en sont pas mais ils sont géniaux. L'un d'eux me dit toujours que "non non on ne peut pas aimer plusieurs personnes à la fois", ce à quoi je répond "alors je suis une affabulatrice" et là on éclate de rire. Toujours est-il que quand je l'appelle, s'il est avec sa copine, il a droit à son sermon. Le simple fait que l'on a l'aise ensemble, elle ça la met mal à l'aise. C'est son problème, juste aujourd'hui qu'il a l'illimité, j'envoie un sms et c'est lui qui me rappelle. Qu'est ce qu'il ne faut pas faire pour ne pas vexer la susceptibilité :-( . D'ailleurs, aux rencontres poly auxquelles j'ai participé et à celle que j'ai organisée, il n'y avait jamais QUE des polys (ne serait-ce que mon mari, pour commencer) et c'était d'autant plus enrichissant.

Pour ce qui est de payer un service, évidemment que c'est normal. Etre polyvoyageur ça coute cher, il faut ajuster son budget en conséquence où faire comme moi, ne pas voyager si on n'a pas le budget. Il faut faire des choix. Je ne suis pas partie en vacances cet été mais je suis allé au pique-nique de bouquetfleuri (co-voiturage avec Eve69, ça réduit les frais). Certains poly font parti de mon entourage proche, quand je me déplace pour les voir, je paie mon essence, mon autoroute, comme pour n'importe quel déplacement. C'est normal. Par contre, se loger les uns les autres, aider les autres à réduire les coûts (co-voiturage), oui évidemment.

J'en profite pour rappeler que je mets à disposition une chambre d'amis (lit 140) à ceux qui veulent séjourner à proximité de Dijon.

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ScottBuckley

le samedi 12 octobre 2013 à 13h43

Merci déjà chère LuLutine pour ton encouragement, qui fait chaud au coeur (+) !!

Eric_50

(...)

Voilà ce que j'en pense et aussi que quand j'essaye de parler avec toi de ces choses là par mail, cher GreenPixie, tu ne me réponds même pas. Il faut peut-être aussi que tu apprennes à faire avec les autres. Tu parles à l'assemblée comme si tu était au centre et que tu distribuais les rôles. Par ailleurs, tu lances plein de trucs qui n'ont pas de suite. Il faudrait déjà arrêter de déconner sur ce plan là, et ensuite, il se passerait peut-être quelque chose de vrai. :-)

Non, je ne suis pas d'accord avec toi Eric.
Et c'est vraiment dommage que tu utilises le forum pour écrire cela sur moi.

C'est facile de montrer mon verre à moitié vide, mais ce serait plus honnête de montrer aussi que le verre est également à moitié plein, non ? Je n'ai rien fait ni rien organisé depuis quatre ans ? Tout ne marche pas toujours, mais c'est la vie aussi.

Et ma BD ' en cours ' est réalisée de façon bénévole sur mon seul modeste temps libre, donc c'est logique que cela soit long, ça peut mettre 2 à 4 années de réaliser une BD, parfois beaucoup plus, surtout quand on a des exigeances comme les miennes, pour une 1ère BD faite maison, avec de jolis bouts de ficelles.

Je l'ai déjà dit et je le répète : il y a beaucoup de choses que j'ai plaisir à faire, comme co-organiser (et non pas "organiser tout seul) des cafés polys, ou d'autres événements, Mais c'est du bénévolat, ça ne paye pas le loyer, et à présent la condition sine qua non est que d'autres mettent la main à la pâte SI ils et elles veulent que le projet proposé & discuté ouvertement se fasse. Est-ce clair ?

Voilà pourquoi je propose à la réflexion collective et de façon ouverte cette idée d'auberge espagnole polyculturelle, dans laquelle j'aimerais m'investir pleinement (en mode monotâche) à condition que les activités complémentaires de ce lieu permettent d'en vivre, de se payer chaque mois.

C'est une revendication toute légitime, surtout à l'heure où des dizaines voire centaines de millions d'euros de subventions publiques sont gaspillées dans l'agriculture pesticidée (qui pollue notre sang à toutes & tous) et dans des Grands Projets Inutiles imposés par l'Etat.

Pour le reste, Eric, on en reparlera de vive voix si on en a envie quand on se reverra, mais par courriel cela m'est difficile, car j'ai déménagé, et ai un accès assez restreint à internet par moment (avec un vieil ordi), et par em@il ce n'est pas un vrai dialogue en temps réel : je préfèrerai donc toujours un vrai dialogue de visu et de vive voix, autour d'un verre (de toute façon je n'ai pas skype) .

Bon week-end à toutes & tous, en attendant la suite constructive de ce projet ouvert !

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LuLutine

le samedi 12 octobre 2013 à 15h25

Je voulais préciser qu'à l'instar d'aimerplusieurshommes, j'espère bien sûr que personne (poly ou non-poly) ne sera de fait exclu de ce type de structure !

Ce n'était pas ainsi que je l'avais compris, en tout cas.

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Dom

le samedi 12 octobre 2013 à 16h06

Bonjour GreenPixie,

Je pense être un peu loin pour mettre la main à la pâte au sens propre du terme. Ceci dit, quelques réflexions me viennent sur ce projet, ma foi fort intéressant!

Tout d'abord, j'ai l'impression qu'à ce stade nous sommes dans un "projet rêvé", c'est pas une critique, je pense même que c'est le premier stade par lequel il faut passer quand on a un projet. A terme, ce serait bien par exemple de définir en quelques mots (exercice difficile) "mission" (la raison d'être de l'association/entreprise), "vision" (quelle est mon objectif, ce que j'aimerais que l'entreprise devienne, accomplisse dans l'idéal), "stratégie" (comment faire pour arriver à accomplir la vision). Cela permet de savoir ou l'on va, et ne pas trop se disperser. Ça pourrait même p-e bien d'articuler la réflexion autour de ces trois points (dans l'ordre), histoire de suivre une logique.

Quelques questions/suggestions pour tenter de rapprocher du réel le projet rêvé:

Serait-il possible de contacter des organisations anglophones pour voir s'ils seraient prêt à partager leurs expériences sur leur lancement et leur mode de fonctionnement? Si oui, ça donnerait une bonne base, pour voir à quel point ils sont subsidiés ou non, et vérifier si cela serait "transposable" ici.

J'ai l'impression que le projet, si tout ce que tu écris est réalisé (scène, matos de projection, cuisine assez grande, sale d'expo, auberge,...), va demander des infrastructures assez conséquentes et je ne sais pas si c'est raisonnable de se lancer dans tout à la fois. Commencer petit, c'est limiter les risques et gagner de l'expérience sans être dans une situation où on se débat pour garder la tête hors de l'eau. Je pense que ce ne serait pas mauvais de comparer, et voir l'activité ou l'infrastructure permettant plusieurs activités (comme une scène permettant théâtre, concerts, etc - ou un hébergement pouvant faire des expos dans son hall,...) qui permettrait d'être le plus rentable/qui demande le moins d'investissement. Ensuite, rien n'empêche de tester les autres activités en louant les infrastructures dans un premier temps (pour les évènement ponctuels).

Deuxièmement, le fait de savoir si c'est réservé aux polys ou polys-acceptants: outre les valeurs véhiculées, il y a le problème de la rentabilité. Si c'est non, la communauté poly est-elle assez large pour faire vivre la structure? A ce sujet, vu que je ne sais pas qu'il y a de statistiques pour la France... si aimerplusieurshommes acceptait de te communiquer les ventes de ses livres, ce pourrait être un premier indicateur. A prendre avec des pincettes parce que: tous ceux (et toutes celles) qui l'ont lu ne sont pas poly, tous les polys ne l'ont pas lu, tout ceux qui l'ont lu ne l'ont pas acheté, mais ce serait mieux que rien quand même ^^. Idéalement il faudrait refaire une petite étude de marché sur la région/ville où le projet s'implanterait.

Si c'est ouvert à tous, comment faire pour garder des valeurs polys, tout en attirant des non-polys face à la concurrence? Serait-il possible de trouver des partenaires dans le monde de l'alternatif (bio, artistes,...), qui seraient prêt à faire des offres combinées/ de la pub réciproque (exemple: atelier jardinage sur terrasse organisé par "BioTerr", avec la possibilité de loger à "L'auberge Polytiquement correcte". Et que tu annonces l'atelier jardinage sur terrasse aux clients arrivant). Pour faire ça un seul moyen: se créer un réseau de contact. Dans un tel réseau de structures alternatives, la survie et la pérennité seraient plus envisageables à mon avis.

La forme juridique... Ce sera celle qui sera la plus adaptée: aux activités, à la finalité, au système décisionnel souhaité, au besoin d'investissement, etc. Quand le projet sera clairement défini, si le choix ne s'impose pas de lui-même, il sera à tout le moins limité (il sera alors temps de voir quelle forme présente le plus d'avantages/le moins d'inconvénients).

Sur la question du prix/gratuit: 'faut voir sur quoi on veut mettre la priorité. Il y a de fortes chances que si l'on veuille proposer des activités de qualité: il faille faire payer au moins un petit peu, histoire d'être rentable (ça ne veut pas forcément dire qu'on a tiré le profit maximal de l'activité, nuance importante!). Si la priorité est d'offrir un service non payant, il faudra bien rogner quelque part (salaire, qualité,...) pour atteindre le seuil de rentabilité.

J'espère qu'il y aura des choses utiles dans ma tartine :-)

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PolyEric

le samedi 12 octobre 2013 à 21h11

Moi ça me plait bien, tu es plus diplomate que moi.

Je ne cherche pas à te montrer du doigt, GreenPixie, ni à faire une critique facile, mais à te prévenir que tu prend des risques inconsidérés. C'est bien plus facile d'imaginer un château que de le construire. Tu en as eu l'expérience, donc pourquoi ne tiens tu pas compte de cette expérience ?

Par ailleurs, les gens ne t'aideront pas à la hauteur de ce que tu imagines. Tu devras tout te coltiner tout seul, car c'est ton projet et pas le leur.

Pour ta BD, ça ne me gênerait pas du tout de payer pour la lire, et même, ça me gênerait qu'elle soit gratuite.

On peut boire un coup si tu veux, mais ça ne changera pas la dureté de la vie.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Green-Man-Outside

le dimanche 13 octobre 2013 à 05h34

Je plussoie complètement à ce qu'a écrit APH, même si je ne suis pas féministe. :-)

GreenPixie
Pourquoi cette différence ? Est-ce culturel ?

Oui. La gaypride vient de là-bas. Le mariage homosexuel vient de là-bas. La théorie du polyamour vient de là-bas. Le hip-hop vient de là-bas. Le communautarisme a le vent en poupe aux USA, parce que le communautarisme relève d'une forme d'individualisme ("je veux choisir qui je fréquente") mais ils sont aussi en avance sur beaucoup de choses : en musique, les français ont Téléphone, les américains ont Black Flag. En politique, les américains avaient Martin Luther King, les français ont Harlem Désir... on comprend tout de suite pourquoi ce n'est pas nous qui régnons sur le monde. ^^

Quand je lis "activités polyculturelles" je tique un peu. Je laisse de côté le mot "polymusique" qui appartient au lexique technique de l'ethnomusicologie, alors formulons ça comme ça : j'ai fait du métal, du rap, du punk hardcore, et là je fais de l'electro-house-black-metal, je suis polymusicien ?
A côté de la musique, j'écris et j'ai fait un peu de danse et de théâtre : je suis polyartiste ? O_O
Et si je sais cuisiner plus d'une recette différente, est-ce de la polycuisine ? :-D
Je taquine un peu pour dire que la diversité des activités culturelles me paraît difficilement soluble dans le "polyamour". En musique, inviter uniquement des groupes dont les chansons parlent de relations plurielles ? Tu vas vite être à cours d'artistes.

A Paris, des établissements qui proposent "activités plurielles complémentaires (→ cuisine, concerts, expos, résidences d’artistes, happenings, ateliers théâtre/forum, scènes ouvertes, librairie, projections sur écran + débats" il y en a pas mal. Je peux comprendre qu'à Avignon ce soit fort différent, aussi l'idée d'en faire un étendard de la polygamie (oui, j'ai du mal avec le mot polyamour) me paraît réducteur pour la pérennisation du lieu : il y a plein de gens "alternatifs" qui reste monogames dans leurs approches, et "le bar poly du coin" c'est pas super vendeur. Même une asso à but non-lucratif a besoin de fonds : "non-lucrative" ne signifie pas "déficitaire".

Concrètement il faut un lieu, et un lieu se paye à moins d'être prêter par la mairie ou par une autre asso. Autant commencer par vérifier si dans ta région il n'y a pas un lieu alternatif avec lequel tu peux collaborer. Organiser des débats sur le polyamour dans un bar autogéré ou un restau qui bosse en partenariat avec une amap plutôt qu'avec le bar/restau lambda qui propose de la cuisine d'assemblage.
Idem pour les projections : il y a bien un cinéma art et essai à Avignon qui pourrait héberger une soirée à thème.

Parce que si tu tiens vraiment à cette thématique de lieu polyculturel (yeux aux ciel) autant commencer en asso pour évaluer le succès de la thématique dans ta région.
Tu peux également lire la revue S!lence, qui fait la part belle aux Scoop et aux initiatives alternatives de toutes sortes.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le dimanche 13 octobre 2013 à 09h40

Green-man-outside
il y a plein de gens "alternatifs" qui reste monogames dans leurs approches,

exemple vécu: il y a quelques années, dans la Décroissance, canard alternatif s'il en est, j'ai été présentée comme amours plurielleuses dans la série des gens qui optent pour un mode de vie. Volée de critiques de lecteurs, choqués qu'on remette ainsi en cause l'Amour, pensant que c'était de la conso sexuelle (alors que l'article précisait bien ce qu'il en était) et, péché suprême, trouvait que c'était un sujet pour bourgeoises friquées qui n'avaient rien de mieux à penser!

green-man-outside
La théorie du polyamour vient de là-bas.

Non, elle a été théorisée dans les années 1925/30 par des anarchistes français, j'ai plein de fascicules de cette époque parlant de la prison du mariage monogame et de l'amitié (ou la camaraderie) sexuelle, contre la notion de possessivité associée à la propriété privée. Ma première ITV sur le sujet date de 1977 ou 78 sur FR3, bien avant que le mot polyamour apparaisse aux USA. A l'époque,je parlais d'ailleurs de "fidélités plurielles". Le mot polyamory (puis polyamour) vient des USA, mais pas l'idée.

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PolyEric

le dimanche 13 octobre 2013 à 11h45

Intéressant, ça mériterait d'être dans un fil dédié du style "les origines du polyamour".

Pour en revenir au sujet, dans la lignée de Green-Man-Outside, ça me parait possible de vivre d'un métier qui consiste à organiser des événements culturels, dont certains ont un rapport avec le polyamour, alors qu'il me parait difficile de vivre du polyamour, surtout en le mettant en avant de la scène.

Il y a trop d'opposants et pas assez de personnes intéressées. En outre, je ne vois pas trop pourquoi un politicien signerait une subvention pour le polyamour au risque de perdre les élections qui suivent. Si subvention il y a, alors caché doit être le polyamour.

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Dom

le dimanche 13 octobre 2013 à 12h27

Oups, c'était un peu naïf de ma part pour le coup, d'en appeler aux autres mouvements alternatifs! C'est bon à savoir :)

Je plussoie ce que dit Eric_50: le polyamour c'est encore plus "dégueulasse" que le mariage pour tous (ou du moins dur à concevoir et accepter). Remarque pertinente sur le politique, dont l'unique but est d'être réélut.

Je rejoins aussi green-man-outside sur l'organisation dans un premier temps d'évènements dans des structures extérieures. Et j'en profite pour rajouter que ce serait l'occasion rêvée de discuter, avant ou après, avec les personnes présentes sur leurs attentes (en termes de type d'activité, de fréquence, de prix, d'image, sur ce qui les a attirés à l'évènement, etc), leur demander si telle activité qui te parle les intéresserait aussi,.... Bref, cela permettrait de confronter ta vision, ton projet, aux personnes supposées être touchées par celui-ci (et surtout supposées le faire vivre). Si correspondance, bingo, sinon il faudra faire des ajustements. Tu pourras alors rebondir sur ce qu'ils t'auront dit, ou décider que cela ne correspondrait plus à ce que tu souhaites et décider d'arrêter. Idéalement, je ne parle pas de discuter avec 2 ou 3 personnes, il faut que tu parles à suffisamment de personnes (même si cela peut s'étaler sur plusieurs activités) pour avoir un bon échantillon :)

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Plusssdamour

le dimanche 13 octobre 2013 à 13h08

Il me parait possible de vivre de l'organisation d'évènements culturels, de mariage, de fêtes diverses...
Nous sommes trop peu nombreux pour intéresser des gens à notre mode de vie, peut être dans un premier temps, si tu rayonnes dans toute la france, par curiosité...
Mais à terme, les gens ne sont pas pour, et ce ne sera pas rentable !

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Green-Man-Outside

le dimanche 13 octobre 2013 à 16h18

aimerplusieurshommes
Non, elle a été théorisée dans les années 1925/30 par des anarchistes français, j'ai plein de fascicules de cette époque parlant de la prison du mariage monogame et de l'amitié (ou la camaraderie) sexuelle, contre la notion de possessivité associée à la propriété privée. Ma première ITV sur le sujet date de 1977 ou 78 sur FR3, bien avant que le mot polyamour apparaisse aux USA. A l'époque,je parlais d'ailleurs de "fidélités plurielles". Le mot polyamory (puis polyamour) vient des USA, mais pas l'idée.

Au temps pour moi ADP. Loin de moi l'idée de nier qu'une critique de l'exclusivité sexuelle ait vu le jour dans différents pays et à différentes époque ou de nier ton travail.
Simplement, comme tu le dis, "le mot polyamory (puis polyamour) vient des USA". Or, si aujourd'hui nous sommes en train de discuter sur ce forum, c'est à mon avis bien plus parce que la France est grande importatrice de phénomènes/mouvements états-uniens que par lecture d'écrits français datant des années 30. ;-)

C'est comme le reiki : c'est passé du Japon à Hawaï, d'Hawaï aux USA, puis des USA à la France par le mouvement new age. Alors, aujourd'hui il y a des maîtres japonais en Europe et des français qui vont se former directement au Japon, mais la vulgarisation/popularisation de la discipline vient de fait du rayonnement culturel (qui a dit "Transformers" dans l'assistance ?) des USA.

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PolyEric

le dimanche 13 octobre 2013 à 21h12

Nul n'est pro-fête en son pays

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Geraldin-e

le mercredi 16 octobre 2013 à 21h15

C'est bien ce foisonnement d'idées.
Je n'arrive pas bien à comprendre ce que tu souhaiterais, peut-être parce que c'est une réflexion en cours d'élaboration ?

Est-ce que tu voudrais développer une sorte de culture "poly" avec diverses activités, comme on dit une culture gay, ou une culture bretonne ?
Ou est-ce que tu voudrais développer diverses activités culturelles dans un esprit poly (définit ici comme ouverture, respect, mélanges, émancipation, liberté) ?

Apparemment, c'est plutôt le 2ème point si on lit les notes à la fin de ton post ? ou les deux ?

En tout cas le 1er ne me convient pas bien. On ne peut pas créer une culture à partir de tout, il y a un côté "forcé", et puis le monde poly est tellement divers. Et puis ça risquerait de créer une "cloison" de plus par rapport à déjà toutes les cultures et courants existants ?
Je ne vais pas créer par exemple une culture végé, une culture bi ou pansexuelle, une culture pour les personnes qui veulent s'émanciper des genres F/H, etc.
Pour moi, ce qui serait intéressant c'est de créer une sorte de "culture" (je ne crois pas que le mot soit adéquat) qui interroge et met en relation tous les aspects de la vie (individuelles comme collective), avec un esprit critique, ouvert, de débats, et cherchant des solutions pour vivre mieux et promouvant leur expérimentation. Là dedans, les relations plurielles ne seraient qu'un aspect parmi d'autres.

Je vois plusieurs aspects à ce que tu souhaites si j'ai bien compris :
1. la diffusion des modes de vies et réflexions autour des relations plurielles
2. des activités culturelles pour promouvoir d'autres façons de vivre ensemble (dans l'économie, la politique, la relation aux animaux et à la nature, etc.), proches d'un esprit poly entendu d'une certaine manière à préciser
3. la possibilité de gagner de quoi vivre pour les personnes impliquées

Pour le point 1., il y a plein de possibilités, ça se fait petit à petit. Il existe des lieux pour parler de ça, la possibilité de participer à des émissions, de créer des films, etc. Est-ce vraiment utile et pertinent de créer une structure spécifique pour ça ?, de créer une culture spécifique ?

Pour le point 2, c'est tout un projet à préciser, ça peut être plein de choses...
Ca pourrait être un mouvement "politique" apolitique, qui ne dise pas vers quoi on veut aller, mais qui brasse tous les possibles pour aider à faire le tri ? Une sorte d'éducation populaire émancipatrice ?

Pour ce qui est de gagner de l'argent, ça me parait très difficile pour des activités artistico-culturelles de nos jours, surtout dans un secteur très minoritaire. Je verrais plutôt des activités économiques "classiques" (nourriture, logement, vêtements) qui peuvent mieux rapporter (ça rejoint sans doute ce que tu voulais dire ?), mais menées dans un "esprit poly" (à définir), et reliées aux côtés militants et culturels.

Je réfléchi aussi en même temps que j'écris. Ca m'intéresse de réfléchir là dessus, mais je ne sais pas si ça peut faire vraiment partie de mes projets.

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ScottBuckley

le jeudi 17 octobre 2013 à 01h05

Bonjour,

Désolé pour cette réponse tardive, mais mon emploi du temps est assez compliqué en ce moment, et notamment parce que j'essaie justement de trouver des manières de me rapprocher de ces expériences professionnelles existantes et qui marchent (et qui peuvent payer et faire vivre leurs membres & 'personnels') qui mêlent nourriture du ventre (agriculture bio, restauration locale...) et nourriture de l'âme (cultures, art & essai, biodiversité, logiciels libres, autonomie affective & développement des réseaux et tissus relationnels...) .

Ce que je peux dire, c'est que vous avez très bien répondu à la question, et ouvert exactement les pistes que je souhaitais creuser petit à petit & concrètement, et rien que pour cela déjà : Merci !

Et il va de soi qu'il ne s'agit pas de se replier "entre polys", mais d'ouvrir les espaces critiques et constructifs, en partant notamment de certaines valeurs essentielles :
> intelligence relationnelle, créativité, émancipation individuelle & collective, communication non-violente, estime de soi, autonomie affective, esprit critique, etc.

Reste à présent à trouver comment développer de façon concrète ce projet de lieu-ressources/auberge et/ou d'espaces polyculturels et permaculturels (je reviendrai sur ce que peuvent dire ces adjectifs, qui restent à préciser, même si l'astérisque en haut en disait déjà plus) .

--> Car d'après vous, combien de personnes connaissez-vous actuellement et qui font un métier alimentaire / qui ne les passionne pas ou plu(s), qui n'est plus porteur de sens ou d'une philosophie de vie ?

J'en connais trop qui doivent faire des boulots ennuyants à mourir (et qui passent chaque année 300 à 330 jours par an à s'y coller, à gâcher ce temps - en partie -), alors qu'elles sont bourrées de qualités à développer, dans une société moisie qui aurait + que besoin d'elles pour se renouveler sur de larges et belles nouvelles valeurs, sans peur de l'autre !

On doit pouvoir faire quelque chose ensemble, chacun-e à notre niveau, pour faire bouger les choses.

Merci de votre patience quant au délai de réponse (qui peuvent parfois prendre une semaine, ou moins, ou plus). N'hésitez pas à me relancer par message perso également.

A bientôt j'espère pour avancer ensemble !

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Geraldin-e

le jeudi 17 octobre 2013 à 11h31

@GreenPixie, je suis assez d'accord avec ce que tu dis. Ca m'intéresse aussi.
Ca me parait compliqué de parler à fond de ça par internet. C'est assez énorme en fait. On peut dégrossir le sujet, mais je trouverais bien une réunion real life avec les personnes intéressées, genre un week-end ou plus.
...à suivre

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Geraldin-e

le jeudi 17 octobre 2013 à 11h55

Faut voir aussi qu'il y a plusieurs "niveaux" là-dedans.
- Les moyens de subsistance : envisagés collectivement ou individuellement ? ou un mix des deux ?
- l'habitat : groupé, communauté, individuel ?, un mix de tout ?
- l'échelle plus collective de réseau (au delà d'un ou plusieurs groupes ou regroupement d'individus ayant leurs projets propres) : et là je trouve que les projets et réalisations de "coopératives intégrales" donnent une très bonne base, voir par exemple : à Nantes, article sur Toulouse, la coopérative à Toulouse, voir aussi Calafou + le site de la CIC
(j'ai pu entendre l'année dernière une présentation d'un des fondateurs de la coop intégrale catalane, et c'est très enthousiasmant !).

Pour moi, l'idéal serait d'arriver à mixer/relier tout ça.
Avant ou après une réunion, ça pourrait sans doute être très intéressant de visiter la coopérative en Catalogne, ou à Toulouse (c'est moins loin, en français, mais beaucoup moins avancé) ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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