Polyamour.info

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Soissons (France)

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Discussion : Poly-mono

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Topper

le lundi 30 mars 2026 à 14h17

Ce n'est pas possible de répondre à cette question car chaque personne peut réagir différemment.

Dans ma réponse précédente, je t'ai indiqué les points de vigilance à avoir. A vous de faire vos choix en fonction de ça.

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Discussion : Poly-mono

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Topper

le dimanche 29 mars 2026 à 20h46

C'est une possibilité, mais...

Il faut obligatoirement que le candaulisme soit une pratique qui t'attire de base et que tu trouves excitante. Ce n'est pas quelque chose qui va magiquement effacer toutes tes craintes. Cela peut même avoir l'effet inverse si tu angoisses de voir ta femme prendre du plaisir avec un autre homme.

Le fait que tu parles de hantise, n'est pas de très bonne augure. D'autant plus qu'il n'est absolument pas impossible que ta femme semble prendre plus de plaisir avec un autre. Cela peut être pour différentes raison, et rien que le contexte excitant peut faire cette effet.

De plus, il y a une différence entre voir ta femme prendre du plaisir avec toi, et la voir avec un point de vue extérieur. Cela ne donne pas du tout la même perception. Il faut être prêt à voir ça.

Le candaulisme peut te permettre de lâcher prise par rapport à l'exclusivité sexuelle. Cela peut être une source intense de complicité entre toi et ta femme. Cela peut aussi agir comme un déclic de voir ta femme s'épanouir et trouver ça si beau que tu ressentes de la compersion.

Si vraiment tu veux tenter ça, je pense qu'il faut absolument essayer avec un one-shot. Cela ne doit pas être avec une personne susceptible d'être une relation suivie. Si tu le vis mal et qu'elle est amenée à le revoir, tu auras toutes les images dans ta tête en 8K Imax Dolby surround.

Tu dois aussi comprendre que les relations qu'elle peut avoir ne sont pas des faire-valoir au service de vos fantasmes. Peut-être que certains seront d'accord pour ça, mais peut-être pas en permanence, et il se peut aussi que ça change avec le temps et que leur sexualité devienne privée. Il faut être capable de l'accepter dès le départ.

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Discussion : Les poly senior

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Topper

le jeudi 26 mars 2026 à 11h37

Bonjour @coquelicot,

Cela a été un gros boulot de déconstruction. Et si les progrès ont été très rapide au début, j'ai eu le sentiment d'un tassement de la courbe de progression. Il a fallut de nombreuses années pour que je me sente pleinement serein.

J'ai abandonné progressivement les applications de rencontre il y a quelques années. Cela fait un bien fou. La marchandisation des relations et les effets pervers que cela provoque sont extrêmement violents et bousille l'ego et la confiance en soi. Cela me donnait l'impression de faire des démarches pour trouver un travail et passer des entretiens d'embauche où on est 450 à postuler pour la même place. Horrible.

Désormais, je m'écoute mieux et je communique mieux mes besoins et mes ressentis.

En prenant de l'âge, j'ai moins d'énergie et ma vie quotidienne en consomme déjà beaucoup. Je suis donc attentif à ça, ce qui fait que je privilégie les relations qui demandent une énergie raisonnable. Cela ne signifie pas que je ne m'implique pas dans mes relations, bien au contraire. A une période, j'ai dégagé les relations dysfonctionnelles et qui bouffaient un temps considérable.

Je suis aussi plus alerte sur ce que m'apporte une relation et surtout à quel point elle m'affecte ou est susceptible de m'affecter dans le futur. J'ai eu de mauvaises expériences. Certaines qui m'ont fait sombrer très bas. Dès que j'entrevois de la toxicité, de la déconstruction bancale, une incapacité à communiquer, à exprimer ses besoins, ou apprendre de ses erreurs, je quitte la personne.

Je n'ai jamais attendu que quelqu'un soit parfait. Mais il y a des personnes avec qui on peut avancer, et d'autres non.

Aujourd'hui, mon expérience de la vie polyamoureuse est à l'image de ce que j'imaginais dans l'idéal quand j'ai débuté. C'est calme, plein d'amour, d'affection, d'écoute, de douceur et ça rend la vie plus belle.

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Discussion : Poly-mono

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Topper

le jeudi 26 mars 2026 à 10h26

Bonjour @Orgevaux67,

Je note un point important dans ton récit. Tu as eu une relation longue avec une femme qui s'est terminée suite à une infidélité venant d'elle. Puis avec une nouvelle femme, le désir de non-exclusivité revient.

Il n'est pas compliqué de se rendre compte que tu projettes la trahison et la douleur de la première relation sur la seconde. C'est un mécanisme naturel. Ton cerveau te met en alerte et te replace dans la même souffrance que celle que tu as déjà vécue.

Pourtant, ça n'a pas l'air d'être tout à fait la même chose. Dans le second cas, cette femme exprime une envie profonde, qui a dû être très compliquée à évoquer, et en se montrant vulnérable. On est loin de la démarche de la première.

Tu dois comprendre une chose. Rejeter son envie d'un "non" catégorique, c'est rejeter ce qu'elle est car ses envies, c'est ce qui l'anime et ce qui fait partie d'elle. Au mieux, ça la rend malheureuse et dépressive, au pire, elle te quitte ou te trompe. Est-ce que ces deux perspectives te conviennent ?

Si ce n'est pas le cas, il faut ouvrir la discussion sur le sujet.

La mauvaise façon de faire est la suivante : débattre l'un et l'autre du meilleur mode relationnel et essayer de convaincre l'autre en voulant compter les points et gagner à la fin.

La bonne façon de faire est la suivante : agir comme des partenaires qui avancent ensemble et dire "Ok, j'ai été radical dans ma réaction. J'en suis désolé. Je suis prêt à discuter de ton envie de relations multiples."

Je pense que cette discussion doit être faite en deux temps. Cela peut être extrêmement long. Faites des petites sessions, d'une heure à deux heures max. Arrêtez dès que c'est trop difficile émotionnellement. "J'ai besoin de digérer, on continuera la conversation plus tard."

Commencez par faire un bilan de votre relation. Qu'est-ce que vous aimez chez l'autre, ce qui fait que vous êtes bien ensemble, ce qui vous lie. Qu'est-ce qui vous manque, ce qui vous éloigne, ce qui ne va pas. Parlez également de vous, ce que vous ressentez à l'intérieur. Le temps qui passe, ce que vous avez vécu, ce que vous voulez vivre, vos aspirations, vos peurs. Déballez tout, c'est le moment.

Tu as évoqué des problèmes d'érection. Ce n'est pas un sujet anodin pour un homme dans une société où la vigueur et la performance sexuelle est attendue. Parle-lui de ce que tu ressens par rapport à ça, et comment ça peut te mettre en insécurité.

Ensuite, partez du principe que si vous ne partez pas dans la même direction, vous allez vous séparer. Donc, projetez-vous ensemble en prenant la direction d'une relation non-monogame. Contrairement au contrat moral implicite de la monogamie, dans les relations libres, vous fixez votre propre contrat moral. Essayez d'imaginer comment cela pourrait s'envisager dans l'idéal. Ecoute ta femme et laisse-la s'exprimer sur ce qu'elle désire, ce qu'elle recherche, ce qu'elle souhaite combler ou explorer.

Partez de cette base en gardant cet objectif à long terme. Cela vous permet de savoir à quoi vous attendre et où vous allez. Puis, imaginez des règles qui constituent votre contrat pour débuter. Avancez en douceur, ménagez-vous, et prenez soin l'un de l'autre. Ce n'est facile pour personne.

Ayez conscience que les règles initiales vont évoluer. Faites des bilans réguliers pour savoir comment vous vous sentez dans le couple, si des choses ne vont pas, si vous avez des besoins, pour faire des ajustements ou pour rediscuter les règles.

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Discussion : Avis des non-jaloux

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Topper

le lundi 23 mars 2026 à 09h58

Bonjour @Ancolie,

Ancolie
J'ai lu parfois qu'il fallait accueillir la jalousie car elle pouvait nous préciser là où nous avons besoin d' être consolé.

Moui, bof. Je trouve ça réducteur et pas pertinent. La jalousie peut avoir plusieurs sources qui n'ont absolument rien à voir.

La jalousie peut effectivement mettre en évidence des peurs qui résultent de notre histoire, et en particulier les douleurs affectives et émotionnelles qu'on a pu avoir dans le passé, ou des peurs qu'on a cristallisées sans s'en rendre compte et qui proviennent de notre entourage ou d'oeuvres culturelles qui nous ont marquées.

Si on arrive à bien analyser et comprendre ces peurs, la jalousie peut nous aider à les désamorcer.

Toutefois, on peut ressentir de la jalousie parce que le comportement et les actions de notre partenaire sont imprévisibles, incompréhensibles, impulsives, intenses qui résulte du développement d'une nouvelle relation. Ce contexte crée de l'angoisse car cela provoque de l'incertitude sur l'avenir de notre propre relation avec la personne.

Cela peut aussi venir d'un détachement et une attention particulièrement forte voire obsessionnelle envers une autre personne, ou tout autres changements comportementaux qui peuvent alerter sur un risque d'abandon ou de négligence de la relation.

Cela peut aussi être lié à des comportements toxiques, dénigrement, "gaslighting", conflictualité, "love-bombing", alternance de "ghosting", etc.

Ces contextes de jalousie disent plus de l'autre ou de la relation que de nous-même.

Pour certaines personnes, et en particulier avec la perturbation émotionnelle que ça provoque, il est très difficile de séparer ce qui résulte de soi, de l'autre ou de la situation. C'est d'autant plus compliqué de faire ce tri quand le ou la partenaire rejette la faute de la jalousie sur soi et sur l'incapacité à gérer ses insécurités alors qu'il ou elle peut en être la cause directe.

Enfin, la jalousie est aussi une construction culturelle dans la monogamie. Elle est valorisée et considérée comme une preuve d'amour. Elle est aussi une circonstance atténuante pour justifier certaines actions. Elle est la source de mécanismes, de règles implicites et subjectives, ainsi que de réflexes de pensées dont il est difficile de se détacher.

Lorsqu'on est dans une démarche de déconstruction de la monogamie, on réalise que les piliers de ce mode relationnel sont : l'exclusivité, la possession de l'autre, et la jalousie. Tout ça est lié ensemble et régit le fonctionnement du couple monogame.

Si l'on a pas viré ces préceptes de notre façon de penser les relations, la jalousie survient comme un réflexe car c'est le fonctionnement habituel et qu'il n'est pas remis en question.

Ancolie
Mais alors les non-jaloux le sont ils par simple confiance en eux? Zéro besoin de consolation ?

Selon-moi, non. La confiance en soi aide à se projeter célibataire et se dire que ce n'est pas dramatique si cela arrive mais ce n'est pas suffisant.

Avoir confiance en soi, ne change rien au deuil de la relation si elle change radicalement ou si elle se termine. On peut donc avoir confiance en soi et être angoissé à l'idée de perdre quelqu'un qu'on aime.

Ce qui a radicalement changé les choses pour moi est le lâcher prise concernant l'impermanence des relations. Des relations naissent, durent, périclitent, se terminent. On ne peut rien y faire. C'est comme ça.

Que l'on soit dans la résistance de ce fait et angoissé en permanence par des perspectives négatives n'y changera absolument rien. Je fais mon maximum pour entretenir mes relations et qu'elles soient saines. J'essaie d'être le meilleur partenaire possible car c'est le seul truc sur lequel j'ai prise. Si une relation doit se terminer, elle se terminera. Si une personne veut me quitter, qu'elle me quitte. Je ne la retiendrai pas. Je veux que les personnes que j'aime soient heureuses même si c'est pas avec moi. Je n'ai aucune envie qu'elles se forcent à être avec moi. Je veux qu'elles soient avec moi parce qu'elles en ont très envie.

Au lieu d'angoisser sur des projections futures négatives, cette acceptation m'a permis finalement d'être concentré sur le présent et heureux d'être choisi par mes relations amoureuses.

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Discussion : Acceptation

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Topper

le dimanche 22 mars 2026 à 10h26

Bonjour,

A la lecture de ta situation, je pense que tu dois travailler sur trois choses en parallèle.

La première concerne ta communication et ta difficulté à exprimer tes émotions et sans doute d'autres choses. Il est possible que tu sois vraiment autiste et te faire diagnostiquer peut te permettre de mettre des mots sur certaines difficultés que tu peux avoir, et surtout une lecture différente de ton entourage qui peut mieux s'adapter. Cela peut aussi être pour d'autres raisons qui n'ont rien à voir qui sont éventuellement à chercher auprès d'un psychologue. Ceci est pour l'aspect médical du problème (qui n'est pas à négliger), mais il y a aussi de nombreux outils pour aider et faciliter la communication.

Si tu as des difficultés à communiquer, il te faut sans doute plus de temps pour organiser tes idées et les exprimer. Tu peux dans certains cas passer par l'écriture. Dans d'autres circonstances, il y a des méthodes à mettre en place comme le bâton de parole (ou la balle). Il y a aussi des formules que tu peux apprendre pour initier un propos. Par exemple, aborder une situation difficile par "je ressens..." peut aider à formuler une problématique d'une meilleure manière qu'en accusant l'autre de nous faire du mal.

Cherche exercices+communication+couple sur un moteur de recherche pour trouver des ressources à ce sujet.

Tu as aussi le R.A.D.A.R. qui est un outil populaire dans le milieu polyamoureux et que je vous engage à mettre en place. Il s'agit d'un rendez-vous régulier pour prendre la température de comment vous vous sentez dans le couple. Cela a aussi l'avantage de ne pas miner le quotidien des difficultés rencontrées. Lorsque quelque chose ne va pas, on sait qu'on a ce rendez-vous dans quelques jours qui va permettre d'en parler. Au début, je pense qu'il faut faire ça une fois par semaine.
https://atesamours.fr/media/podcasts/atesamours/ra...

La seconde concerne ta déconstruction monogame. La manière dont tu vois les relations est monogame. La majorité des personnes se construisent sur ce mode relationnel. Cela induit des façons de penser particulières comme le fait d'avoir un seul amour possible, que l'on possède l'autre et qu'il nous possède, qu'il est impensable d'avoir du désir pour quelqu'un d'autre, que l'autre doit nous combler, qu'il est notre moitié, et de multiples règles implicites dont l'énumération serait laborieuse.

Il ne suffit pas d'accepter que ta compagne entretienne une autre relation. Actuellement, c'est déjà quelque chose que tu acceptes. La monogamie est une structure dans laquelle tu contrôles la liberté de l'autre. C'est sécurisant, du moins dans la théorie, comme tu peux le constater.

Or, aujourd'hui, tu as perdu cette sécurité qu'offre l'exclusivité et la possession de l'autre. Tu perds tous tes repères. C'est déstabilisant et provoque des peurs et angoisses diverses. Etre en résistance contre un autre mode de vie est un réflexe naturel.

Tu dois faire le deuil de ce qui était votre couple jusqu'alors. Tu dois comprendre que ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Ce ne sera plus jamais pareil, mais cela prendra une nouvelle forme. Surtout, il faut se rendre compte que c'est une opportunité pour ton couple de perdurer dans le temps. Dans la monogamie, la nouvelle relation amoureuse pousse la précédente vers la sortie. Dans le polyamour, les relations peuvent coexister.

Tu dois modifier la manière dont tu perçois les relations. Tu ne dois plus voir ta compagne comme un objet qui est à toi (et inversement). C'est un être différent de toi qui a ses propres pensées, ses propres désirs, ses difficultés, etc. Vous devez vous voir comme des partenaires qui ont des projets en commun et qui aiment être ensemble.

Si vous êtes libres, être ensemble, c'est réellement votre choix profond. Et c'est là dedans que tu dois trouver une nouvelle sécurité. J'aime à ce propos utiliser la métaphore de l'oiseaux et de la cage qui représente le couple. Si tu laisses la cage fermée, tu n'es jamais certain que l'oiseau est heureux d'être là. Si tu laisses la cage ouverte, que l'oiseaux s'en va et revient toujours, tu sais que l'oiseau a vraiment envie d'être là.

La peur que tu dois te supprimer de la tête est qu'une autre relation pourrait être la cause de votre séparation. Si vous êtes non-monogames et que ta compagne est libre de vivre ce qu'elle souhaite tout en étant avec son conjoint, elle n'a aucune raison valable de partir.

Si vous vous séparez, c'est uniquement dû à votre relation. Peu importe les raisons. Une autre histoire peut tout à fait mettre en évidence des lacunes dans votre couple. Mais ces lacunes sont déjà là et ce n'est pas l'autre partenaire qui les crée. Elles impactent votre couple quoi qu'il arrive et ce n'est pas nouveau.

A vous de travailler tous les deux pour comprendre ce qui peut être défaillant dans votre relation et corriger ça.

La troisième concerne ta façon de vivre les relations. Tu es en souffrance et il est habituel que dans ces circonstances, tu ne te voies pas développer de nouvelles relations amoureuses. C'est néanmoins quelque chose à prendre en considération et ça me parait primordial.

Le but n'est pas d'être dans un équilibre. Ce ne sera jamais équilibré. Les femmes hétérosexuelles ont plus de facilité à avoir de nouvelles relations. Cela ne signifie pas qu'elles seront qualitatives mais peu importe. Lorsque tu es un homme, la comparaison est compliquée à gérer.

En outre, dans un couple les personnes vont avoir des aspirations différentes. Un membre du couple va apprécier cumuler plusieurs relations légères, tandis que d'autres vont trouver satisfaction auprès d'une seule autre relation très prenante. Les modes de vie extérieurs seront donc complètement différentes et ne s'articuleront pas du tout de la même manière au quotidien.

Aussi les relations extérieures ne sont jamais synchrones. Les débuts (NRE) peuvent être particulièrement intenses par rapport à une relation bien installée. Cela crée des décalages de dynamiques entre les deux personnes du couple.

Le but est que tu te rendes compte de ce que c'est de vivre une relation extérieure à ton couple historique. Tu pourras ainsi réaliser que si tu fais la déconstruction dont j'ai parlé plus haut et que vous corrigez ce qui ne fonctionne pas ou mal dans votre couple, une relation ne remplace pas l'autre. Tu peux avoir des coups de coeurs, de l'attirance, de l'amour pour quelqu'un d'autre, sans que ça n'efface tes sentiments ou ton envie de vivre avec ta compagne.

Autre avantage, cela permet non seulement de ne pas être passif et ne pas être dans l'impression de subir un changement dont tu ne tires aucun bénéfice.

Enfin, et c'est extrêmement important, cela forcera ta compagne à vivre aussi la non-monogamie en étant celle qui reste à la maison à s'occuper de l'enfant pendant que tu passeras la nuit avec une autre femme.

Et ça n'a l'air de rien comme ça, mais une problématique qui fait que des ouvertures de couple vont droit dans le mur est que la personne qui initie les choses profite de la non-monogamie sans à avoir à gérer de la jalousie, de la possessivité ou de sentiment d'abandon. De ce fait pour cette personne, tout va bien et elle ne ressent aucun besoin à déconstruire quoi que ce soit. La personne est focalisée sur sa nouvelle histoire et c'est tout. Puis quand la roue tourne, c'est le drame.

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Discussion : Ouverture du couple

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Topper

le mardi 10 mars 2026 à 09h51

Bonjour @Xaltar,

Le sexe est sacralisé dans notre société et plus particulièrement dans la culture monogame, influencée par diverses religions tout au long de l'histoire.

On y met tout une symbolique, et le sexe est souvent considéré comme le point culminant du lien entre deux personnes. Cela donne à la relation est statut privilégié.

C'est déjà donc compliqué d'accepter que ce point peut être atteint indifféremment avec plusieurs personnes.

Aussi, la construction masculine met une pression énorme sur les capacités sexuelles, que ce soit l'endurance, l'érection, la facilité à procurer des orgasmes, ou même la taille du sexe. Beaucoup d'injures ou de railleries sont sur ce sujet. C'est donc très intégré et suscite des inquiétudes et insécurités.

Les relations non-monogames apprennent à s'extraire (au moins un peu) de ça. On découvre que faire du sexe avec différentes personnes c'est pas tellement comparable. Chaque partenaire va agir différemment et cela en fait une expérience singulière qui a autant d'intérêt qu'une autre.

Avec l'un ce sera plus doux, avec l'autre ce sera plus bestial, avec un autre ce sera plus intense, avec un autre ce sera plus fusionnel, avec un autre ce sera plus surprenant, etc. Les dynamiques et les pratiques peuvent aussi être très différentes d'une personne à l'autre.

Il faut comprendre aussi que dans les relations monogames, comme tu ne doit avoir qu'un seul partenaire, tu dois t'efforcer de comparer pour choisir la meilleure personne pour toi selon plein de critères, dont sexuels. Les monogames se retrouvent à faire des choix au détriment d'autres, même si ce n'est pas totalement satisfaisant.

Dans la non-monogamie, il n'y a pas cette compétition car il n'y a pas à faire un choix sur un partenaire qui serait meilleur qu'un autre.

En tant que monogame, c'est normal que ce soit une inquiétude très prononcée. C'est dans ta conception des relations. A toi de faire évoluer cette façon de penser.

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Discussion : Corps médical

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Topper

le samedi 28 février 2026 à 09h49

Bonjour @May,

Tu fais face à de la polyphobie. Ce n'est pas du tout propre au milieu médical mais l'on peut attendre de la bienveillance, de la compréhension et une certaine érudition venant de soignants. Leur parole et leur jugement est donc beaucoup plus impactante et violente que si c'était les propos d'un voisin, un collègue ou un garagiste à qui on attribue aucune expertise sur la santé physique ou mentale.

Les soignants restent des humains qui ont leurs modes de pensée, leurs certitudes et a prioris.

Concernant ta santé physique, si tu as des doutes sur les risques liées aux IST, je t'invite à te rapprocher du Cegidd le plus proche de chez toi. La santé sexuelle, c'est littéralement leur métier. Tu ne seras pas jugée, correctement accompagnée, avec beaucoup de gentillesse.

Concernant ta santé mentale, selon ton état émotionnel, cela peut être facteur de stress, perturber ton sommeil, et t'affecter à un niveau plus large.

Toutefois, un soignant ne devrait pas donner son avis sur ta vie relationnelle si tu ne lui demandes pas. Comme dit plus haut, tu peux faire le choix de ne pas parler de ta vie polyamoureuse qui n'est pas pertinente. Tu peux aussi changer de soignant mais selon le lieu de vie le choix peut être particulièrement réduit.

Une fois dites, les paroles restent impactantes. Pour démêler tout ça et que ça arrête de tourner dans ta tête, dis-toi que tu peux avoir des symptômes équivalents en étant monogame ou célibataire. Est-ce qu'on remettrait en cause le fait que tu sois en couple ou seule ? Alors pourquoi ne pas se conformer à la monogamie serait la cause de tes troubles ?

En résumé, réserve chaque sujet au spécialiste concerné. Tu ne vas pas demander conseil au boulanger sur la cuisson de la côte de boeuf. Pourtant, ils travaillent tous les deux dans la nourriture.

Si tu as besoin de parler de ta sexualité, parles-en aux personnes dont c'est le métier. Si tu as besoin de travailler sur toi, parles-en à un psychologue. Si tu as besoin de parler de polyamour, parles-en à un thérapeute spécialisé. Etc.

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Discussion : Relations à plusieurs : des expériences à partager ?

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Topper

le samedi 28 février 2026 à 09h03

Bonjour @Dwayn, ce qui importe c'est la déconstruction de la monogamie, modèle dans lequel tu as grandi et qui a forgé tes mécanismes et pensées actuelles, ainsi que la communication.

Il y a un outil qui peut être très utile pour débuter, c'est de faire des séances de RADAR à des moments fixes (par exemple tous les dimanches) pour faire un point sur comment on se sent et parler de ce qui ne va pas ou les émotions par lesquelles nous sommes passés durant la semaine : https://atesamours.fr/media/podcasts/atesamours/ra...

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Discussion : Rencontre de l'amoureuse de mon mari (sa méta)

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Topper

le mercredi 18 février 2026 à 12h34

Bonjour @sabcp2meg,

Il n'y a pas que deux façons de vivre cette situation. Il y a des modes de fonctionnements qui peuvent servir de base :

- Kitchen Table : allégorie des partenaires/métamours qui se côtoient et passent du temps ensemble. Il faut imaginer un fonctionnement semblable à celui d'une famille. On ne choisit pas les membres de sa famille, mais il y a un lien particulier qui fait qu'on est amenée à interagir en groupe ou à deux.

- Garden Party : allégorie des partenaires/métamours qui se côtoient uniquement pour des occasions spéciales. Les personnes se voient et/ou interagissent de temps en temps lorsque ça se justifie. Il n'y a pas de volonté à créer du lien ou l'entretenir mais la relation reste cordiale.

- Relations parallèles : chaque personne vit sa relation en parallèle des autres. Les autres partenaires sont connus mais il n'y a pas d'interaction directe. Il peut y avoir un intérêt sur les autres relations mais sans s'impliquer dedans.

- Don't ask, don't tell : il y a connaissance d'autres relations, mais en ayant aucun détail sur celles-ci.

Ensuite, à toi de trouver pour toi, mais aussi avec les personnes concernées le fonctionnement qui conviendrait le mieux, en sachant que ça peut être plus nuancé que les définitions précédentes et aussi varier dans le temps.

En ce qui me concerne, je trouve que le "Kitchen Table" est un fonctionnement qui est extrêmement casse-gueule. D'expérience, j'ai constaté que c'était une source de complications. Forcément, plus tu mets en relation des personnes, plus tu prends le risque qu'il y ait des divergences, des vexations, de la jalousie, etc. Même si au début, tout le monde est amical et s'entend bien, il est plutôt habituel que ça finisse par provoquer des conflits à deux qui se répandent comme une trainée de poudre.

Le plus classique c'est lorsque parmi trois personnes qui s'entendent bien, deux sont en conflit, ou en rupture. Toutefois, la troisième personne ne veut pas mettre fin à sa relation avec les deux autres personnes. Il peut alors y avoir des conflits de loyauté, des rancoeurs, des sentiments d'injustice. Pire quand il y a des prises de parti.

Difficile de gérer des situations du type : "Cette personne m'a blessée, je ne veux plus que tu relationnes avec, cela me met mal à l'aise." ou alors "Je me suis aperçu que je n'aimais pas cette personne ou que j'ai rien à partager avec".

Il y a aussi le tout aussi commun "Tu choisis de passer plus de temps avec elle plutôt qu'avec moi".

Bref, cela peut se passer parfaitement bien et de manière fluide. Il n'y a pas de règle et cela dépend des personnes impliquées. Cependant, je conseillerais plutôt ça à des polyamoureux aguerris.

Quant au "Don't ask, don't tell", c'est mettre sous une chape de plomb tout une partie de la vie de son partenaire. Si c'est une relation occasionnelle, ça ne pose aucun problème. Si c'est une personne avec qui on partage sa vie ou avec qui on a une relation suivie, ça complique pas mal de choses et l'organisation s'apparente à une relation adultérine.

Or, comme la vigilance permanente est difficilement tenable, il n'est pas rare que des informations soient révélées alors que l'autre personne ne s'y est pas préparée, ce qui cause des drames.

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Discussion : Gérer le polyamour de l'autre

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Topper

le mardi 20 janvier 2026 à 18h50

Bonjour @Viperval,

Tu es tombée dans le piège de la relation légère qui avec le temps ne devient plus si légère que ça et ce qui te convenait à l'origine ne te convient plus.

Il est polyamoureux. En ayant l'espoir qu'il ne soit rien qu'à toi, que tu allais le changer, tu t'es bercée d'illusions et je comprends que la confrontation à la réalité soit douloureux.

Tu ne peux que souffrir en étant monogame et en relation avec une personne polyamoureuse. Tu t'es construite ainsi et tu as donc une manière de penser le couple et la relation à l'autre qui est en contradiction avec le polyamour.

Tu ne peux pas bien vivre le fait qu'il ait des relations sexuelles avec d'autres filles si tu ne fais qu'accepter cet état de fait pour être en relation avec lui. Tu ne peux pas non plus accepter cette situation, uniquement parce que tu es la seule relation suivie ou amoureuse. Il y a toujours une potentialité à un moment donné qu'une nouvelle personne entre dans sa vie et devienne très importante. Il faut donc être prête à cette éventualité.

Si tu veux appréhender la relation avec cet homme de la meilleure manière possible, tu dois te demander si le mode relationnel polyamoureux est quelque chose qui te fait théoriquement envie (sans prendre en considération cet homme, ni tes difficultés). Si c'est le cas, renseigne-toi sur le polyamour. Consulte des livres, articles, témoignages, vidéos, podcasts sur le sujet. Tu peux participer à des café-poly qui permettent d'échanger avec d'autres personnes polyamoureuses ou qui aspirent à l'être.

Il n'y a pas de recette miracle. Tu dois faire évoluer ta façon de penser et ça peut prendre du temps.

C'est essentiellement une lutte interne contre tes mécanismes monogames. Par exemple, si il est indisponible, inutile de te triturer la tête sur le fait qu'il soit peut être avec une autre fille. Oui, c'est possible. Part du principe que c'est le cas et que ce n'est pas un problème. Il ne t'appartient pas.

Il ne doit pas l'exclusivité même si il t'aime. Il n'a pas à penser qu'à toi. Tu n'es pas le centre de son monde. Tu ne peux pas combler tous ses besoins. Tu ne peux pas être toutes les personnes qu'il rencontre.

Ça ne fait pas de toi quelqu'un de nulle, pas suffisante, qui ne mérite pas l'exclusivité. Garde en tête qu'une personne polyamoureuse est libre et peut partir. Si elle reste avec toi, c'est qu'elle est bien avec toi.

En repoussant les raisonnements monogames et en les remplaçant (encore faut-il en être convaincue), peu à peu ta pensée spontanée évolue.

Attention à ne pas te "monogamiser" avec lui. C'est à dire que tu ne dois pas être dans une dépendance et une exclusivité avec lui, alors qu'il ne l'est pas avec toi. Sois ouverte aux nouvelles rencontres.

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Discussion : Triade / Trouple : Entre l'envie et les peurs

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Topper

le mardi 20 janvier 2026 à 10h39

Bonjour @Kerrigane,

Une ouverture de couple, c'est toujours de l'inconnu et donc des angoisses sur ce qui pourrait mal tourner.

Toutes tes peurs peuvent arriver. Et les éléments négatifs que tu identifies sont pertinents (lassitude de tes insécurités, mise à l'écart, lien fort qu'ils se créent entre eux, adultère de son coté qui implique du mensonge dans son fonctionnement). Ton cerveau ne brode pas des choses au hasard. Il se base sur des éléments concrets et des potentialités crédibles pour te préparer au pire et réagir au mieux.

C'est effectivement épuisant et affecte tous les pans de ta vie : efficacité dans le quotidien, travail, relation aux autres... Cette saturation permanente doit absolument être traitée pour ta santé mentale. Il est nécessaire que tout ne tourne pas autour de cette histoire à trois. Je t'invite à mettre un gros coup de frein à tout ça pour reprendre le cours de ta vie habituelle, pour retrouver un sentiment de stabilité ce qui calme ton cerveau et te permet dans un second temps d'avoir l'espace nécessaire pour réfléchir correctement à la situation.

Ce par quoi tu passes est normal. On ne vit pas une relation non-monogame comme une relation monogame ou plusieurs relations monogames juxtaposées. Ce qui a fait ta construction, les repères que tu avais dans ta vie de couple, ne sont plus des choses sur lesquelles tu peux t'appuyer.

De ce que j'ai compris, cela n'a pas été anticipé, rien a été préparé, vous n'avez pas créé de bases solides pour la suite. Il faut donc tout reprendre depuis le début et il n'est pas trop tard.

Selon moi, la première étape est d'exclure cette troisième personne de vos réflexions. La raison est que c'est un élément perturbateur et potentiellement éphémère dans votre vie. Vous n'avez absolument aucune idée de combien de temps cette relation va durer. Ne la prenez donc pas en compte dans vos choix de vie qui eux seront définitifs.

Si vous ouvrez la boîte de Pandore pour elle, une fois qu'elle sera partie, la boîte restera ouverte.

Demandez-vous ce que vous voulez pour votre vie future. Est-ce que vous voulez rester un couple monogame et exclusif ? Est-ce que vous voulez avoir la liberté de développer des relations amoureuses et sexuelles à l'extérieur de votre couple ? Ne vous projetez pas dans 3 mois mais plutôt dans 5 ans. Lisez la définition du polyamour et demandez-vous si c'est une façon de considérer les relations vers laquelle vous voulez aller ou si au contraire ça ne vous convient pas du tout.

Prenez en considération des situations radicales, c'est à dire le couple monogame totalement exclusif, et le couple polyamoureux totalement libre. La raison est que l'entre-deux n'est jamais assuré et que la perception de ce que vous avez des relations multiples est extrêmement éloignée de la réalité. Ne prenez donc pas de décision en considérant que ce sera uniquement avec telle personne, en suivant tel cadre et telles conditions. Ce qui importe si vous faites le choix du polyamour est d'être en accord avec cette philosophie de vie et que vous soyez convaincus que c'est ce que vous voulez.

Confrontez vos envies et voyez si vous êtes en accord. Peut-être que vous êtes alignés, peut-être que vous êtes à un carrefour de votre vie et que vous avez envie de prendre des chemins différents.

La seconde étape est de réfléchir à un cadre à court terme. Même si l'objectif théorique est de vivre des relations polyamoureuses totalement libres, on ne passe pas de la monogamie à ça juste par volonté. C'est un long chemin vers une autre façon de considérer les relations durant lequel vous allez beaucoup changer et apprendre sur vous.

Imaginez le couple monogame avec une clôture très serrée autour de vous. Imaginez maintenant où vous placez cette clôture en fonction de ce dont vous êtes capables. Ne voyez pas cette clôture comme une façon de contraindre l'autre dans sa liberté, mais plutôt comme l'espace de liberté raisonnable dans lequel vous vous sentez suffisamment en confiance pour sortir de votre zone de confort.

Par exemple, est-ce que tu peux relationner avec d'autres hommes de ton côté sans que ton conjoint soit intégré ? Est-ce que tu peux multiplier les rencontres ? Est-ce que tu peux passer une nuit seule avec une autre personne ? Faire un week-end ? Est-ce que ça peut être des personnes que vous connaissez ? Dans votre travail ? A quelle fréquence ?

Peu importe de si c'est ce que tu veux faire mais si tu peux le faire. Qu'aujourd'hui tu n'aies pas envie de rencontrer un mec pour partir en week-end avec n'est pas le sujet. Ce qui est important c'est de déterminer si c'est quelque chose d'envisageable si l'opportunité et l'envie survient, en d'autres termes de quelle liberté vous disposez, où se situe votre clôture.

Echangez là dessus pour savoir où vous en êtes tous les deux, puis prenez le cadre le plus restrictif comme référence. Au fur et à mesure de votre expérience et votre aisance, élargissez le cadre.

La troisième étape est de déterminer si cette autre femme peut faire partie du cadre que vous avez établi précédemment. Si ce n'est pas le cas, arrêtez cette histoire et passez à autre chose. C'est une histoire encore jeune donc tout le monde s'en remettra. Ce n'est pas une décision à prendre dans 6 mois. Prenez aussi en considération le fait que vous êtes tous deux en relation avec la même personne et que ça augmente énormément les complications à gérer. Cela ne vous empêche pas d'ouvrir votre couple et de développer de jolies relations sur de bonnes bases et qui correspondent à votre cadre (et aussi à votre éthique relationnelle).

Si elle rentre dans votre cadre, expliquez clairement et très précisément le cadre que vous avez décidé (vous devrez faire ça avec toutes relations potentielles). Il est tout à fait possible que ça ne lui convienne pas et il faut l'accepter.

La quatrième étape est de faire le deuil de la monogamie et du sentiment de sécurité que cela induit. Si vous choisissez le polyamour, votre couple ne sera plus jamais celui que vous avez connu. Peut-être que votre couple explosera, peut-être qu'après ça il te paraitra mille fois plus solide que ce qu'il était auparavant. C'est un pari sur l'avenir, comme lorsqu'on décide de faire un enfant avec quelqu'un. C'est un bouleversement comparable. C'est se dire "j'ai envie de vivre ça et j'ai confiance en cette personne pour que ça se passe bien".

La cinquième étape est de faire le grand saut. "Je suis polyamoureuse" et je vais tout faire pour gérer au mieux cette transition. Tu peux lire tous les témoignages, tous les articles, livres, cela ne reste que théorique et abstrait. Attention, je ne dis pas que c'est inutile, bien au contraire. C'est important de nourrir tes réflexions de cette manière car ça va t'aider à te construire en tant que polyamoureuse et te déconstruire en tant que monogame. Par contre, beaucoup de tes évolutions seront très personnelles et propres à celle que tu es aujourd'hui et ton histoire. Aussi, la plupart des modes de pensées non-monogames ne peuvent pas avoir de prise, ne sont pas compréhensibles ou entendables. Il ne faut pas rejeter ça pour autant, c'est juste pas le moment. Reste ouverte et avance à ton rythme.

A ce propos, oublie la compersion. Tu en es pas là et ça ne doit pas être un objectif. Si un jour tu ressens ça, tant mieux. Cela viendra de toute façon sans que tu le décides. Ce qui importe, c'est que tu trouves un équilibre dans lequel tu te sentes en confiance pour travailler sur toi et tes insécurités.

Tu dis que ton mari est au top de la compersion, mais là il a commencé la partie en mode "facile". Si un jour tu es folle amoureuse d'un autre homme qui occupe toutes tes pensées et mouille ta culotte en permanence, on verra si il est toujours au top de la compersion.

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Discussion : Ouverture débutante d'une relation monogame

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Topper

le mardi 06 janvier 2026 à 14h49

Bonjour @Sepharis,

Sepharis
J’essaie désormais de me rappeler l’essentiel : ne pas me demander si je suis “poly” ou “mono”, ou si je veux l'être, mais expérimenter et aimer.

Selon-moi n'y a pas à se torturer avec ça. Je n'aime pas l'idée qu'il y ait de bon ou mauvais poly ou qu'il y ait un poly légitime ou non.

Il y a une définition claire. Pour moi, si philosophiquement tu adhères à la pensée poly et que tu mets des actions en oeuvre pour adopter ce mode relationnel, tu es poly. Si tu multiplies les partenaires en gardant ton mode de pensée et tes mécanismes monogames, tu n'es pas poly.

Il y a forcément une période de transition durant laquelle la pratique se confronte à une construction monogame. Ce n'est pas évident. On peut se considérer incompétent mais ça n'a rien de définitif. Cela ne fait pas non plus que l'on est pas poly puisque la transparence, et la non-exclusivité sexuelle et amoureuse n'est plus en vigueur.

Sepharis
Je me suis demandé si je devais changer quelque chose dans ma manière d’être avec elle : ne plus la penser comme “l’unique”, adopter une vision plus rationnelle. Mais pourquoi faudrait-il changer cela ? Est-ce qu’une ouverture implique forcément de renoncer à cette façon d’aimer ?

Oui. C'est forcément quelque chose à changer dans ta considération de la relation. Tu n'es plus l'unique. Elle n'est plus l'unique pour toi. Cette vision romantisée du couple est très fragile lorsqu'on la met face à la réalité. L'unique depuis quand ? Pour combien de temps ? Est-ce que durant une vie de couple il ne peut pas y avoir des coups de coeurs ? D'autres personnes que le ou la conjointe qui occupent les pensées ? Le plus important est d'être heureux ensemble le temps que ça dure ou le plus important est d'être ensemble même si l'on est malheureux ?

Il faut aussi se rendre compte en tant que monogame, que l'on peut avoir cette perception de l'unique ou de l'âme-soeur à chaque nouvelle histoire. Ainsi ce caractère spécial est totalement annihilé par la relation suivante qui prend le même statut. Est-ce que le ressenti lors de la relation précédente était faux pour autant ? Non. En règle générale, les gens s'imaginent sincèrement être tout pour l'autre et inversement et que ça durera jusqu'à la fin. Pourtant, c'est une illusion. Il suffit de regarder autour de soi.

Même en rejetant cette sacralisation de la relation, le caractère unique de celle-ci perdure d'une autre manière. La complexité d'une personne est telle qu'elle est unique et le lien que tu crées avec elle l'est tout autant. C'est concret et c'est ce qu'il faut valoriser.

Sepharis
Il y a cette peur de perdre le caractère “sacré” de notre relation intime.

Je comprends cette peur. C'est assez naturel lorsque l'on sort de la monogamie. Dans ce mode relationnel, la sexualité est sacralisée. On y met une symbolique extraordinaire. Forcément, puisqu'il n'est possible de s'adonner au sexe qu'avec une seule personne.

Pourtant, le sexe est la rencontre intime de deux personnes qui ont chacune leur histoire, leur personnalité, leurs fantasmes, leur sensibilité, leur façon de prendre du plaisir. On peut ajouter à cela la représentation que l'on se fait de la personne, puis le lien émotionnel. Ainsi ce lien physique, issu de ce qu'on apporte et ce que l'autre apporte, est chaque fois unique.

De ce fait, le sexe avec une personne ne remplace pas le sexe avec une autre. C'est moins flagrant lorsqu'on est monogame car la temporalité n'est pas la même mais on peut néanmoins se rendre compte (expérience mise à part) que le sexe est toujours différent d'un partenaire à l'autre.

Si ta compagne partage du sexe avec Quentin, cela n'aura rien à voir avec Anthony, et rien à voir avec toi.

C'est quelque chose qu'il est difficile à concevoir lorsqu'on ne le pratique pas. C'est pourquoi ça peut être très difficile lorsqu'un couple s'ouvre et une des deux personnes a du mal à faire des rencontres alors que l'autre est déjà engagée dans une histoire. Expérimenter soi-même que faire du sexe avec Sophie a beau être génial, cela ne remplace pas le sexe avec sa conjointe. Se rendre compte de ça aide à relativiser que celle-ci puisse avoir d'autres partenaires sexuels.

Sepharis
Notre histoire à ce niveau a été tellement complexe et l’intimité est tellement difficile pour elle, que j’ai parfois l’impression que, si elle parvenait à vivre quelque chose avec un autre homme, elle pourrait m’oublier, que “il” deviendrait “l’élu”, et qu’elle partirait avec.

Considérer qu'un homme deviendrait "l'élu" uniquement grâce au sexe et qu'elle te quitterait pour ça, c'est donner bien peu de valeur à tout ce que représente votre relation. C'est aussi très réducteur sur ce que ta compagne considère comme important dans une relation.

En outre, elle dit rechercher en priorité une connexion émotionnelle, alors que dans ton cas la priorité est axée sur du sexe avec une dynamique de domination. Ne penses-tu pas qu'elle devrait être bien plus inquiète que toi en ce qui concerne la qualité de la sexualité avec une autre personne ?

C'est moins le cas aujourd'hui, mais ma compagne rencontrait beaucoup d'hommes. Disons que c'était par période. Quand elle me parlait de ses multiples rencontres, j'ai réalisé que je devais faire le deuil d'une phase passionnelle dans laquelle j'étais resté figé dans ma tête. Elle ne peut plus vivre avec moi ce qu'elle vit avec d'autres. Plus jamais il y aura ce premier contact physique, le premier baiser, la découverte du corps, de l'odeur, de la peau, de la façon de se mouvoir. Il n'y aura plus ce premier frisson, cette première étreinte, cette vulnérabilité. C'est excitant et grisant.

Cela a débloqué quelque chose de réaliser ça. Ce ne sont pas ces autres hommes qui me retirent ça. C'était déjà plus là, plus possible. Notre relation en est à un autre stade. C'est quelque chose que je ne suis plus en mesure de lui apporter. Je ne serais jamais ce nouvel homme.

Et c'est pareil pour le reste. Tout ce qui peut l'attirer chez l'un ou chez l'autre, je ne serai jamais ça. Je ne serai jamais ce jeune homme soumis. Je ne serai jamais cet homme beaucoup plus âgé avec de l'embonpoint. Je ne serai jamais cet homme avec qui elle n'a échangé aucun mot. Je ne serai jamais cet homme qu'elle a rencontré dans une voiture. Je ne serai jamais cet homme très grand et massif. Je ne serai jamais cette femme.

Je serai toujours celui qu'elle a rencontré à 20 ans, avec qui elle a eu un enfant, qui l'accompagne au quotidien, qui lui permet de vivre toutes les histoires qu'elle a envie de vivre. Cette place, aucune autre personne ne pourra l'avoir car elle est unique.

Sepharis
Mais comment savoir quand nous sommes prêts ?

Vous ne serez jamais parfaitement préparés. Et c'est pour tout le monde pareil. Vous avez discuté longuement de vos peurs, vos règles, vos envies. Il n'y a rien d'autre à faire.

Ensuite, c'est le grand saut. Pour moi, c'est principalement une histoire de confiance en la personne qui nous accompagne dans cette aventure.

L'apprentissage ne peut se faire que par la pratique.

C'est comme apprendre le code de la route. Vous ne saurez pas conduire même si vous étudiez le code de la route pendant 5 ans. A un moment donné, il faut prendre le volant et appuyer sur l'accélérateur. De la même manière, vous pouvez commencer doucement pour ne pas finir dans le fossé.

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Discussion : Ouverture débutante d'une relation monogame

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Topper

le lundi 05 janvier 2026 à 13h07

Ame-lune
Une autre question me vient, elle concerne la gestion de la jalousie. Mon mari est plus enclin à ressentir ce sentiment vis-à-vis de mon ouverture. Cela vient parfois en bouffées d'angoisse. Nous travaillons sur les générateurs, notamment en thérapie, mais cela reste difficile. Avez-vous des conseils?

Conseils d'urgence :
- Prendre des respirations lentes et profondes. Si c'est possible, marcher, faire un tour dehors. Ou alors avoir une activité manuelle ou physique (le ménage n'a jamais été aussi bien fait que quand je devais gérer ma jalousie).
- Accepter la sensation physique désagréable, la ressentir pleinement et se détendre pour la laisser partir. Il faut le vivre comme quelque chose qui n'est que passager.
- Prévoir quelqu'un à qui se confier ou pour simplement s'occuper la tête à autre chose.

Conseils à long terme :
- Déconstruire la monogamie et la représentation du couple, notamment en ce qui concerne la propriété de l'autre. Accepter que l'autre nous appartient pas et est libre. La captivité obtenue par le contrat monogame est relative et illusoire. Même dans ce cadre, les gens peuvent tromper leur partenaire et le quitter à tout moment. C'est un très long travail. Il ne suffit pas de se dire que "la propriété c'est nul, collectivisons les moyens de production et d'amour". On intègre énormément de façons de penser et mécanismes sans le savoir lors de notre construction. Cela influe sur toutes les réactions que l'on peut avoir. Déconstruire tout ça, ça prend du temps. Et quand on pense qu'on a fait le gros du boulot, il y en a encore. Il faut savoir être patient. Petit pas, par petit pas.
- Intégrer le fait qu'une personne ne remplace pas l'autre. Chacun a sa personnalité, ses qualités, ses défauts. Même la sexualité est singulière selon la personne avec qui on la partage.
- Apprendre à vivre et à se rassurer sans l'autre, en particulier chez les personnes fusionnelles et/ou qui ont une peur de l'abandon.
- Travailler à être une meilleure personne. En prenant conscience de ses propres lacunes et en faisant en sorte de les corriger, on améliore la confiance en soi. On réalise que l'on a de la valeur et que l'on mérite d'être aimé. Si notre partenaire s'éloigne ou nous quitte, c'est lui ou elle qui perd quelque chose.
- Intégrer le consentement à l'existence même de la relation : si l'autre veut partir, qu'il en soit ainsi. On doit valoriser l'envie de la personne d'être avec soi. Si elle devait rester par loyauté, obligation matérielle, devoir conjugale, pour les enfants, ce ne serait pas une relation désirable et qui mérite d'être poursuivie.
- Accepter la fin pour ne plus être dans l'angoisse qu'elle arrive. En se projetant dans une vie seul, on se prépare mentalement à cette perspective qui devient moins vertigineuse.
- Privilégier le bonheur de l'autre. Sans oublier ses propres besoins et envies, on doit avoir envie que l'autre soit heureux et épanoui même si ça passe par d'autres amours.
- Intégrer le fait que si l'autre est libre d'aller, venir (d'une relation à l'autre), partir, et qu'elle revient toujours, alors c'est la meilleure preuve d'amour et qu'elle se sent bien avec nous.

Ame-lune
Sommes-nous réellement moins sensibles avec le temps? j'ai personnellement l'impression que si tout se passe bien entre lui et sa relation, que je vois qu'il est heureux, qu'il respecte nos conditions, j'en viendrais à avoir un sentiment de reconnaissance envers elle, voire même à être capable de la rencontrer. Lui pas. La durée d'une potentielle relation lui fait peur. Il ne semble pas apaisé par la constance.

Non. Si on ne fait pas évoluer notre façon de penser, la jalousie perdurera indéfiniment. Même chose si on ne travaille pas sur ses insécurités.

Le temps qui passe peut avoir un effet apaisant car il peut faire en sorte qu'on réalise que la relation évolue mais que l'amour, l'affection, l'intérêt, le désir, perdure dans un contexte non-exclusif.

Ce dont tu parles (être heureux pour l'autre et reconnaissant qu'une autre personne rend notre partenaire heureux), c'est de la compersion. C'est souvent présentée comme l'opposé de la jalousie car conceptuellement, la jalousie est plutôt associée à de la défiance, de l'animosité ou de l'hostilité. Tandis que la compersion est associée à de la bienveillance et de la compréhension.

Toutefois ce n'est pas un curseur avec d'un côté la jalousie et la compersion. Il faut imaginer que chaque sentiment à son propre curseur et il est tout à fait possible de ressentir à la fois de la jalousie et de la compersion, ce qui est déroutant pour les personnes qui expérimentent ça. C'est aussi possible de passer de l'un à l'autre très rapidement en fonction des pensées qui nous traversent, ou selon notre humeur ou notre fatigue.

Comme la jalousie, la compersion ne se commande pas. C'est souvent considéré comme le graal chez les polyamoureux. Il est vrai que c'est très agréable et euphorisant à ressentir. Cela arrive sans prévenir (ou pas) et ça peut surprendre. Ce n'est pas nécessaire pour vivre le polyamour de manière épanouie.

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Discussion : Ma femme en aime un autre après 19 ans passées ensemble.

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Topper

le dimanche 04 janvier 2026 à 20h04

Perdu63
Et j'ai décidé aussi de...je ne peux pas dire aller voir ailleurs, mais en tout cas de sortir davantage et si une occasion se présente, et bien...de m'y intéresser, peut-être ? C'est quand même flou dans ma tête. Mais ce qui est sûr c'est que je ne veux pas être la troisième roue du carrosse, je ne veux pas non plus faire d'autres rencontres par vengeance. Je veux exister et je veux le faire debout, et pas à genoux.

Je trouve ton approche par rapport à ça réfléchie et saine.

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Discussion : Ouverture débutante d'une relation monogame

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Topper

le dimanche 04 janvier 2026 à 20h02

Bonjour @Ame-lune,

Déjà, vous semblez placer de bonnes bases pour ouvrir votre couple à l'exploration des relations multiples : vous analysez vos ressentis, vous réfléchissez à vos envies, vous communiquez et prenez votre temps.

Ame-lune
Je serais très preneuse de vos retours d’expérience, conseils ou mises en garde, notamment sur :
1. La gestion de la ‘NRE’ quand le couple de base est très fusionnel, et quand on sait que si on mène chacun une recherche de nouvelle relation (ce que nous devrons faire activement via des sites de rencontre), en tant que femme je serai beaucoup plus plébiscitée que lui à priori…
La NRE est par définition incontrôlable, mais avons-nous un certain contrôle sur son envahissement ? L’auto-discipline et l’amour du couple socle suffit-il ?

La NRE n'est pas incontrôlable. C'est un état émotionnel qui résulte de bouleversements chimiques dans le cerveau : euphorie, enthousiasme, énergie, plénitude, sérénité, attachement.

Ce n'est pas propre aux relations polyamoureuses. Les monogames expérimentent ça lors d'une nouvelle relation. Toutefois ce n'est pas un sujet, alors que ça en est un dans les relations polyamoureuses. Mal gérée, la NRE peut créer des bouleversements provoquant de sérieux dommages dans les relations préexistantes.

Là où c'est problématique c'est lorsqu'une personne est en pleine NRE et n'en a pas conscience. Comme elle ne sait pas que son état altère sa perception de la réalité, elle peut chercher à favoriser les situations qui lui provoquent du plaisir et alimentent la NRE.

Par exemple, ça va être la personne qui devient particulièrement égoïste, veut voir de plus en plus un nouveau partenaire à une fréquence totalement déraisonnable, elle va se détourner de sa vie conjugale et/ou familiale, ne supporte pas les critiques ou alertes qui pourraient entraver cette recherche de plaisir, perd patience quant aux souffrances d'autres partenaires, fuit les conflits. Il peut y avoir d'autres conséquences comme le manque de sommeil, perte d'appétit, difficultés à se concentrer dans le travail ou d'autres tâches de la vie quotidienne.

Cela passe par une idéalisation de la nouvelle relation car elle provoque beaucoup de bien. Elle fait voir ce qu'on a envie de voir et cache ce qu'on n'a pas envie de voir comme des comportements problématiques ou toxiques. Cela peut faire en sorte qu'on se projette exagérément dans une relation car on a le sentiment de très bien connaitre la nouvelle personne alors que ce n'est pas le cas.

En d'autres termes, ça peut faire prendre des choix complètement pourris alors qu'on baigne dans une réalité alternative.

Sachant ça, il n'est pas si compliqué de faire la part des choses entre ce qu'on ressent et la réalité. Ainsi, rien n'empêche de profiter de ce qui est agréable dans la NRE sans se laisser entrainer négativement. Enfin, être toujours à l'écoute des alertes de son ou ses partenaires historiques.

Ame-lune
2. L’ouverture avec des besoins émotionnels un peu différents

La non-exclusivité est sexuelle et émotionnelle. A partir de là, chacun va trouver dans d'autres relations des choses qui lui plaisent. Il n'est pas nécessaire que les deux membres d'un couple aient des relations similaires.

Par rapport à ça, il faut avoir conscience que selon les types de relations, cela peut demander des choses différentes. Par exemple, quelqu'un qui a une relation amoureuse très prenante va avoir des envies particulières comme des séjours plus long. Quelqu'un qui multiplie les relations légères aura peut être plus besoin de faire des rencontres et de temps de discussion pour se faire de nouvelles connexions.

Vous ne pouvez pas prévoir en avance ce que sera une rencontre. On rencontre une personne et on ne peut pas calquer une envie dessus. On peut s'accorder sur le fait que ce sera un plan-cul et ça donne une relation amoureuse très intense.

Notez que vos situations ne seront jamais équilibrées. C'est quelque chose que vous devrez accepter, en particulier pour ton conjoint qui aura bien plus de difficultés à faire des rencontres.

Ame-lune
3. Vos expériences et connaissance éventuelle des erreurs fréquentes à éviter dans ce type de configuration

Ayez conscience que vos règles sont faites à un moment précis avec le vous d'aujourd'hui. C'est à dire avec vos connaissances actuelles, vos insécurités et le contexte relationnel dans lequel vous vous trouvez.

Vous allez évoluer très rapidement et ce que vous pensez aujourd'hui et les règles que vous avez dictées vous paraitront complètement caduque.

Soyez donc souples et ayez conscience que la plupart de vos règles vont sauter ou changer.

Selon le rythme de chacun, cela pourrait être toujours la même personne qui va vouloir supprimer des règles tandis que l'autre sera en résistance. Il va falloir faire preuve à ce moment là de compréhension des deux côtés, sur l'envie de l'une à vouloir plus de liberté, et l'autre à vouloir ralentir au maximum les changements.

Les règles est quelque chose de très casse-gueule car chacun peut y mettre une symbolique particulière. Lorsqu'une règle est dictée elle répond aussi à des besoins et/ou des insécurités profondes. Une règle implique aussi une attention particulière à ce qu'elle soit respectée. Cela peut amener à des comportements de contrôle sur l'autre malsains.

Lorsqu'il n'y a pas de règles, il n'y a pas de risque de les enfreindre et donc pas de problèmes. Je ne dis pas de n'avoir aucune règle pour autant, mais gardez ça en tête. Car à l'inverse, multiplier les règles augmentera les frustrations tôt ou tard, les difficultés et les causes potentielles de trahison et de rupture de confiance.

Choisissez donc bien vos règles, demandez-vous pourquoi vous les dictez (cela vous protège de quoi ?), formulez-les correctement et de manière précise afin qu'elles soient parfaitement comprises, évitez les règles trop complexes ou soumises à interprétation.

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Discussion : Ma femme en aime un autre après 19 ans passées ensemble.

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Topper

le samedi 03 janvier 2026 à 15h16

Perdu63
Je lui ai demandé si elle voulait coucher avec lui, et elle m'a dit que ça serait la suite logique, sans répondre oui ou non.

Peut-être que c'est une mauvaise retranscription de la conversation mais elle ne répond pas à la question.

Ce n'est pas est-ce que vous allez coucher ensemble mais est-ce que tu veux. C'est simple comme question, facile d'y répondre et ne concerne que elle.

Admettons que la question soit plus générale et concerne la projection commune de coucher ensemble. Il n'y a pas de suite logique.

On ne choisit pas de développer des sentiments pour quelqu'un par contre on choisit ce qu'on en fait. Il n'y a absolument aucune nécessité d'être intime sexuellement et encore moins de suivre des étapes obligatoires.

C'est problématique à plein de niveaux, notamment l'écoute de ses envies et le consentement que ce soit le sien ou celui d'autrui.

En outre, si après s'embrasser le sexe est une suite logique, il serait intéressant de savoir qu'elle est la suite logique après le sexe.

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Discussion : Violence, rejet, humiliation, trahison : comment un homme se perd… et cherche à se réparer (témoignage sans réserve)

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Topper

le mardi 25 novembre 2025 à 10h23

Jojodabro
elle a d ailleurs eu un date il y a quelques jours, et je l ai bien vecu, j en ai profite pour passer du temps avec ma fille et elle a kiffe, et j etais serein

Tu as transformé un moment potentiellement difficile en te concentrant sur quelque chose de positif avec ta fille. Tu peux être fier de ça. Comme tu dis, il y a du chemin. Tu dois absolument t'attacher à ces petites victoires. Petit pas par petit pas.

Jojodabro
Je pense que @Topper a certaienement mis le doigt sur le bon point, j etais tellement bas dans ce qu un etre bon peut etre, que si elle avait vu d autres personnes, elle saurait le nase que j etais.. au lieu de m elever moi, je rabaisse les autres (mon pere faisait ca)

A la question "pourquoi tu vas chez le psy" la réponse est bien souvent "parce que mes parents n'y sont pas allé".

Jojodabro
Je recherche des temoignages, des conseils, des tips, meme des ouvrages, podcast ..

Tu peux écouter le podcast "Se sentir bien" d'Esther Taillifet qui peut t'aider à mieux gérer tes émotions, mieux communiquer et faire de l'introspection. Il faut écouter du tout début car il y a des notions qui sont utilisées par la suite.

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Discussion : Violence, rejet, humiliation, trahison : comment un homme se perd… et cherche à se réparer (témoignage sans réserve)

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Topper

le mardi 25 novembre 2025 à 10h12

Jojodabro
la fidelite est dans l esprit pour elle, pas dans le sexe

C'est une déformation typiquement monogame de ce que représente la fidélité. Dire que pour untel la fidélité c'est ci, et pour untel la fidélité c'est ça, n'a aucun sens.

La fidélité, c'est le respect du contrat moral conclut entre vous.

Si vous décidez d'être exclusifs sentimentalement, alimenter des sentiments amoureux envers quelqu'un d'autre, c'est être infidèle.

Si vous décidez d'être exclusifs sexuellement, avoir des interactions sexuelles avec quelqu'un d'autre, c'est être infidèle.

Si vous décidez que vous ne pouvez manger des choux de Bruxelles qu'ensemble, manger des choux de Bruxelles avec quelqu'un d'autre, c'est être infidèle.

C'est important de bien comprendre qu'être fidèle ou infidèle n'est pas une appréciation personnelle, ni lié à un ordre moral dicté par la société. Cela signifie trois choses :
- Vous définissez vous-même le cadre de ce qui est possible dans votre relation. Vous n'avez pas à vous baser sur ce qui est soi-disant acceptable ou moral, de ce que le voisin considère être fidèle ou non. Cela ne concerne que vous.
- Si vous êtes précis dans votre cadre, ce n'est pas soumis à interprétation. Vous n'avez pas à tenter d'imaginer selon ce que vous pensez de l'échelle de valeur de l'autre si vous êtes bien dans le cadre ou pas. Il n'y a pas non plus à avoir de considération personnelle du type "moi, je considère que ça c'est être fidèle" pour dépasser les limites fixées en ayant bonne conscience.
- Si vous avez plusieurs partenaires, le cadre peut être différent dans chaque relation et ce que représente la fidélité également.

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Discussion : Monogame marié en dilemme

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Topper

le lundi 24 novembre 2025 à 10h08

Bonjour @Roki,

J'arrive après la bataille mais je vais commenter pour apporter un autre point de vue par rapport à ce qui a été dit.

Pour commencer, tu ne rends pas ta femme malheureuse. Ta femme s'est mise dans une situation qui la rend malheureuse. C'est complètement différent et ça change drastiquement la manière de considérer les responsabilités de chacun.

Vous êtes un couple monogame, implicitement vous vous devez donc une exclusivité sexuelle et amoureuse, car c'est la règle normative du couple. C'est votre contrat moral.

En déviant des règles fondamentales de ce mode relationnel, ta femme souhaite, ni plus, ni moins, casser ce contrat. Ce n'est pas une faute. C'est un choix personnel tout à fait légitime. Il faut simplement garder en tête qu'il y a des conséquences, peu importe le choix qui est fait. Choisir, c'est renoncer.

Dans la vie d'un couple, il peut y avoir des divergences, des évolutions différentes, des choix de vie, qui font que la compatibilité initiale n'est plus. Dans ce cas, il y a deux possibilités : se séparer et que chacun suive ses aspirations, se forcer à rester ensemble et être malheureux à deux. C'est généralement la seconde possibilité qui est choisie, sous le prétexte de "oui mais on s'aime". Souvent cela cache aussi une dépendance affective, une dépendance financière ou matérielle, une peur de l'abandon, une peur du célibat, un manque de confiance en soi, un égo brisé, un sentiment d'échec, une dévalorisation sociale.

Il est possible que vous soyez à ce moment de votre relation. Il faut que vous preniez en considération la possibilité que vous ne soyez plus compatible, même si vous vous aimez encore (cela ne change rien).

Attention à une psychologisation de l'envie de non-monogamie. Elle a un passé difficile, soit. Cependant, des envies de liberté, de plaire, d'exploration, d'amour, ce n'est pas nécessairement une aspiration de personne abîmée par la vie. Ce n'est pas ce qui est explicitement dit, mais le raccourci peut être vite fait. Il ne faut pas attendre d'une thérapie que ça la remette dans le droit chemin de la monogamie.

Il me parait important de creuser ce qui motive ta femme dans le fait d'avoir d'autres relations. Est-ce que c'est une fuite de sa vie ? Est-ce qu'elle se sent enfermée dans le couple exclusif ? Est-ce qu'elle veut profiter de la vie de cette manière ? Selon les réponses, cela change radicalement l'approche à avoir de cette situation. Il y a déjà eu de l'adultère, et elle semble à l'aise avec l'idée d'avoir plusieurs relations, alors c'est possible que ce soit nécessaire à son épanouissement. Je crains que, si passé cette crise, vous enfouissez ça comme un petit problème mineur, ça ressorte tôt ou tard, éventuellement sous forme d'adultère car en prônant la transparence ça a été un échec.

Le fait que tu ne conçoives pas le fait d'avoir plusieurs amoureux soulève des questions intéressantes que tu peux travailler de ton côté. Est-ce que tu ne comprends pas comment c'est possible ? Est-ce que tu ne considères pas ça viable ? Est-ce que c'est simplement que tu n'as jamais vécu ça ? Est-ce que c'est immoral pour toi ? Pourquoi tu le conçois pas non plus pour ta femme ? Elle a sa propre perception des choses. Ce n'est pas à toi de juger de ce qu'elle peut penser ou non. Si vous n'êtes pas en accord sur vos valeurs, c'est peut-être un signe d'incompatibilité.

Je te conseillerais de beaucoup discuter de ce que vous ressentez, de vos frustrations et de vos envies dans la vie. Ecoutez vos points de vue, sans enjeux, réfléchissez, débattez.

Enfin, si vous vous dirigez vers la non-monogamie, tu dois en avoir envie, pour elle, pour toi. Si tu te forces pour ne pas la perdre, ça ne fonctionnera pas.

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