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L'incompatibilité entre les amours plurielles et la notion de couple

Poly/Mono
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cactus

le jeudi 13 août 2020 à 18h06

Ca fait déjà un moment que je réflexionne sur cette histoire de couple et d'amours plurielles, et plus j'avance sur cette voie relationnelle, plus je me dis que l'un et l'autre ne sont pas compatibles, il me semble que ce sont presque 2 visions du monde différentes (du moins dans ma vision des amours plurielles).

Bon, les pratiquants de longue date vont peut-être trouver que j'enfonce des portes ouvertes, mais ce post a juste pour but de livrer mes réflexions du moment, qui viennent avec la quantité de posts associant couple et polyamour apparus ces derniers temps.

Quand j'ai commencé à lire, lire, lire et re-lire sur le sujet de la non-monogamie, à réfléchir sur les expériences des uns et des autres, ce constat là est ressorti plusieurs fois d'avis extérieurs, mais c'est difficile de se rendre compte du pourquoi, en tout cas c'est difficile pour moi de réaliser les choses tant que je ne les ai pas expérimentées, tant que je ne me les représente pas concrètement.

La non-monogamie m'a amenée à considérer les relations différemment (pas que ça d'ailleurs, mais c'est un autre sujet). Quand je dis "amours plurielles" pour moi derrière le mot "amours", y'a beaucoup plus de configurations possibles que la relation amoureuse version classique "la totale romantico-sentimentale-sexuelle-complice-..."

Et justement, c'est là que le bât blesse avec la notion de couple je trouve. Parce qu'en posant un regard neuf sur ce qu'est une relation - je ne rajoute pas l'adjectif "amoureuse" parce qu'elle pourrait ne pas l'être justement - ben, on change d'angle de vue et ça commence à coincer avec ce qu'on met habituellement dans la marmite "couple", souvent le côté fusionnel, l'exclusivité, pas seulement sexuelle : l'exclusivité sur le temps passé ensemble, les projets, les lieux de vie, les passe-temps, les centres d'intérêts, les enfants...
J'ai plein de petits exemples en tête de limitations des libertés individuelles dans les couples que je cotois, et qui me sidèrent souvent (ils me sidèrent dans la mesure où ils n'ont pas lieu d'être dans le couple historique dans lequel j'évolue).

Je ne me considère pas comme "sortie" de ce schéma : même si j'ai des amours parallèles, je vis en couple avec mon amoureux historique, nous avons des enfants ensemble, nous gérons le quotidien ensemble, dans une maison commune. Globalement ça fonctionne assez bien, i.e. chacun le vit bien - c'est pas un long fleuve tranquille non plus hein ! - mais je pense que si mon choix de vie est conciliable avec ma relation historique, c'est pour des raisons bien précises :

- malgré ce choix, ça ne chamboule pas profondément notre quotidien dans les faits : mon autre amoureux habite loin et on ne se voit que qq jours tous les 2 ou 3 mois ;

- ce dernier n'a aucune velléité pour vivre une vie de couple, il est lui-même dans une vision poly des relations (et ça simplifie vachement les choses!!), et le rythme de notre relation lui convient pour l'instant, bref pas de pression pour "plus" ;

- mon amoureux historique constate aussi avec le temps que ça ne change pas tellement mon comportement envers lui, et les sentiments que je lui porte et que je montre ;

- quand j'ai commencé sur cette voie, notre vision et nos pratiques n'étaient pas, ou plus, celles du couple fusionnel : j'ai des passions, que lui ne partage pas - même s'il m'écoute en parler avec bienveillance - ça m'a amenée et m'amène souvent à vivre des choses de mon côté indépendamment de lui. Je sors également facilement seule, ou avec des amis qui ne sont pas communs, nos pratiques sportives sont séparées. Bref, on a en partie déjà chacun nos vies et je suis une personne indépendante dans mes activités (et mes finances, ce qui peut paraître un bête détail, mais qui n'en est en réalité pas un dans la pratique....) ;

Je me demande souvent comment se passerait l'arrivée d'une nouvelle relation, et je sais déjà que le temps physique que je serai capable d'accorder à cette relation serait assez limité, essentiellement de part la logistique familiale, et de part ma vie de couple en elle-même, car on a beau être plus indépendants que d'autres couples, malgré tout il y a une limite au temps que je peux passer hors de ce couple tout en conservant le bien-être et le sentiment de sécurité de mon amoureux historique (et aussi que les journées ne font que 24h mais ça c'est vrai pour tout le monde).

J'évolue dans un système contraint, le couple, dont je suis consciente des limites. Si je voulais un jour lever ces contraintes et ces limites, je pense qu'il n'y aurait d'autre solution que l'arrêt de la vie de couple, sans pour autant arrêter notre relation si c'était une volonté réciproque, mais ça demanderait une réinvention totale de la façon dont on vit et ça ne correspondrait pas forcément à ses besoins à lui, ce que je conçois totalement.
Et si un jour cette vie de couple, ce couple, venait à s'arrêter, j'ai la conviction que je ne re-signerai pas : je comprends totalement les solo-poly qui vivent en célibataires je crois. Je pense que ça me correspondrait assez bien. Même ce qu'on appelle "le couple libre", je ne suis pas sûre que ça soit compatible avec ma vision des amours plurielles dans la mesure où ça reste du couple.

Bref, bien que le nez dedans, je suis assez dubitative quand je vois les mots "couple" et "polyamour" juxtaposés car, de ma compréhension et de mon vécu actuel, j'ai l'impression que c'est souvent antinomique (mais peut-être que, dans qq années, je penserai l'inverse! La vie n'est qu'évolution et changements! :P ).

PS : j'ai mis ça dans "Poly/mono" mais sans grande conviction.

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bidibidibidi

le vendredi 14 août 2020 à 09h27

A te lire, j'ai l'impression que ce n'est pas le couple qui pose problème. C'est la famille.
Si tu n'avais pas d'enfants, je suis sûr que tu aurais beaucoup plus de liberté pour des relations extérieures. Tu pourrais te faire des weekends en amoureux (ou pas) avec tes autres relations. Tu n'aurais au final qu'assez peu de temps à accorder à ton couple originel. Ce sont les enfants qui te bouffent ton temps et t'empêchent de loger tout ce que tu voudrais dans ta vie.
Si tu te séparais de ton compagnon actuel, tu ne remettrais pas les pieds dans un couple ? Et si tu tombais enceinte après la séparation ? Tu resterais seule avec ton bébé une semaine sur deux ? Je pense que la question de se remettre en couple se poserait vachement plus.

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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bonheur

le vendredi 14 août 2020 à 14h36

Bonjour Cactus, cela faisait longtemps !

Je partage ton récit et tes ressentis dans toutes les grandes lignes. Et j'en arrive à la même conclusion que toi :

cactus
Et si un jour cette vie de couple, ce couple, venait à s'arrêter, j'ai la conviction que je ne re-signerai pas : je comprends totalement les solo-poly qui vivent en célibataires je crois. Je pense que ça me correspondrait assez bien.

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cactus

le vendredi 14 août 2020 à 16h05

bidibidibidi
A te lire, j'ai l'impression que ce n'est pas le couple qui pose problème. C'est la famille.

Alors, c'est rigolo que mon discours t'aie donné cette impression, mais en y réfléchissant, avoir des enfants, on pourrait presque en faire une question séparée, même si c'est lié au couple "classique" puisque ça vient généralement avec le package.

Évidemment qu'élever des enfants, ça demande un temps et une énergie de ouf!!!
Mais c'est vrai pour n'importe quel parent un tant soit peu attentif à ses responsabilités, quelque soit le contexte. Encore plus vrai pour les parents solo.
De plus, il n'y a pas que le couple comme configuration possible pour élever des enfants à plusieurs (même si ces autres configurations sont assez rares).

bidibidibidi
Si tu n'avais pas d'enfants, je suis sûr que tu aurais beaucoup plus de liberté pour des relations extérieures.

Bien entendu, mais c'est lié au temps accordé à la famille, pas au couple.
Dans ma tête, je dissocie beaucoup toutes ces notions (j'ai peut-être tort hein).

bidibidibidi
Tu pourrais te faire des weekends en amoureux (ou pas) avec tes autres relations.

C'est déjà le cas ;)
Tout comme avec mon amoureux historique d'ailleurs (sans les enfants :p).

bidibidibidi
Tu n'aurais au final qu'assez peu de temps à accorder à ton couple originel. Ce sont les enfants qui te bouffent ton temps et t'empêchent de loger tout ce que tu voudrais dans ta vie.

J'ai du mal m'exprimer, parce que je vis très bien cette parentalité, j'aime passer du temps avec mes enfants, y compris avec chacun d'entre séparément, on partage plein de choses ensemble et je ne considère pas qu'ils me bouffent mon temps.
J'ai choisi d'être maman et j'en suis heureuse :)
Je suis dans une phase de sérénité assez chouette actuellement, et l'origine de mon post ne vient pas d'un mal-être personnel loin de là, d'ailleurs, j'accepte volontiers les contraintes de mon couple actuel puisqu'elles me conviennent, simplement j'aime bien réfléchir sur toutes ces notions.

Quand à accorder peu de temps au couple originel, je ne suis pas sûre. Je connais pas mal de couples sans enfants qui, par exemple, n'envisagent pas une seconde de passer des vacances de façon séparée, de sortir chacun de leur côté, d'avoir des amis ou des projets non communs, etc... pas forcément qu'ils ne le voudraient pas, mais parce que quand on est un couple "ça ne se fait pas" (ou alors c'est que le couple "va mal").
Et parfois ils me donnent des exemples liberticides assez marquants : l'une ne peut pas sortir boire un coup avec ses collègues, l'un ne peut pas s'adonner à la moto car madame ne l'accepte pas, l'autre ne peut pas partir passer une semaine avec ses potes sans que ça provoque un drame...

J'ai forcément une vision biaisée parce que ce sont des cas que je constate, parce que j'ai peut-être tendance à ne voir que ces aspects-là, et ça ne veut pas dire que c'est représentatif de tous les couples classiques, mais ça me fait poser des questions quand même.

bidibidibidi
Si tu te séparais de ton compagnon actuel, tu ne remettrais pas les pieds dans un couple ? Et si tu tombais enceinte après la séparation ? Tu resterais seule avec ton bébé une semaine sur deux ? Je pense que la question de se remettre en couple se poserait vachement plus.


La maternité c'est une phase qui est derrière moi à présent, je n'aurai pas d'autres enfants donc la question ne se pose pas :P
Mais si c'était le cas, cf ma réponse plus haut : est-ce qu'on a vraiment pas d'autres solutions que d'être "en couple" pour élever des enfants et ne pas se retrouver seul.e à tout gérer et à tout supporter, y compris financièrement? Par exemple, je pourrais très bien envisager de faire un enfant avec une personne qui ne serait pas qq avec qui j'ai une relation sentimentale. Est-ce qu'on formerait néanmoins un couple ?

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Caoline

le vendredi 14 août 2020 à 17h31

J'ai l'impression que ça dépend beaucoup de ce qu'on appelle couple.
Incompatibilité couple exclusif faisant toujours tout ensemble et poly, bien sûr. Mais en fait juste couple exclusif car faire toujours tout ensemble n'empêche pas qu'il y ai un.e autre partenaire avec le couple à temps partiel ou même complet.

Pour moi être en couple avec quelqu'un signifie que c'est quelqu'un avec qui j'ai envie de tout partager, pas forcément tout faire ensembles mais au moins lui parler de tout ce que je vis et que j'ai envie qu'il en soit de même dans l'autre sens. De fait, je me considère régulièrement 2 fois en couple voir 3...

Les personnes avec qui je ressens ça je pourrais vivre avec elle individuellement à temps partiel, voir un jour à temps complet. Le fait que je ne l'envisage pas pour l'instant, de vivre avec les 2 ou 3 (ça me semble encore plus complexe à 3), c'est les enfants. Je trouverai ça vraiment trop compliqué de gérer une vie commune avec les enfants et d'autres adultes avec qui on est pas forcément exactement sur la même longueur d'ondes vis à vis des enfants, ce qui est le cas avec leur père et je mesure chaque jour en voyant la grande majorité des parents autour de moi la chance que j'ai, donc hors de question de laisser cet équilibre être perturbé par la vie commune avec quelqu'un d'autre, sauf si nous étions vraiment sur la même longueur d'onde. Je n'ai croise qu'une personne avec qui j'ai pu envisager ça, et c'était même pas un amoureux ou plutôt j'ai pas osé lui dire...

Bon, de toute façon ce n'est pas mon idéal la vie commune avec plusieurs de mes amours, ça pourrait juste être une solution possible plus tard pour des raisons d'envie de leurs part ou des raisons pratiques. Mon idéal c’est vraiment partager ma vie entre mes amours et ce n'est vraiment pas mon compagnon historique qui empêche ça. C'est un peu les enfants bien que ils grandissent ça devient vraiment possible, mais surtout l'impression de mes autres amours que ça ne serait pas bien, pas normal, le fait qu'ils n'assumeraient pas ou qu'ils n'en ont pas envie.

Donc pour moi être en couple ce n'est pas vivre à plein temps ou presque ensemble, mais c'est tout se dire et avoir des projets à court et moyen terme et des rêves à longs termes ensembles. Et franchement autant je ne m'imagine absolument pas revenir à un couple exclusif autant vivre seule, n'avoir que des relations légères, ça ne m’attire pas du tout, j'aime beaucoup le partage du quotidien et pour moi il ne rime ni avec obligation ni avec routine.

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cactus

le vendredi 14 août 2020 à 18h02

Caoline
J'ai l'impression que ça dépend beaucoup de ce qu'on appelle couple.

Ah mais complètement ! Et d'ailleurs, dans mon titre j'aurais du préciser que je parlais de la notion de couple version classique, telle que je la vois autour de moi (du moins pour ce que je peux voir de ces couples de l'extérieur...).
Et quand je dis "couple", c'est vraiment ça que j'ai en tête.

Caoline
De fait, je me considère régulièrement 2 fois en couple voir 3...

Alors que perso, je me considère presque comme pas en couple qq part, avec personne. Justement parce que pour moi le couple, c'est un truc qui ne correspond plus à ce que je vis, même avec mon amour historique.

Caoline
Je trouverai ça vraiment trop compliqué de gérer une vie commune avec les enfants et d'autres adultes avec qui on est pas forcément exactement sur la même longueur d'ondes vis à vis des enfants

Hé bé en fait, je pense que c'est plus facile de trouver des personnes avec lesquelles on est sur la même longueur d'onde sur la façon d'élever des enfants, avec lesquels on a de vrais atomes crochus sur ce sujet, sans pour autant avoir des sentiments amoureux pour ces personnes, que des personnes dont on est amoureux.ses ET qui ont la même vision que nous sur la façon d'élever des enfants. Et ça rejoint un peu ce que tu évoques en parlant des parents que tu vois autour de toi : les gens sont en couple, font des enfants ensemble, mais ça n'est pas pour ça qu'ils sont d'accord sur la façon de les élever.

Caoline
Donc pour moi être en couple ce n'est pas vivre à plein temps ou presque ensemble, mais c'est tout se dire et avoir des projets à court et moyen terme et des rêves à longs termes ensembles.

Ok, mais ce n'est pas la vision générale je pense, par exemple les couples qui ne vivent pas ensemble justement : la plupart du temps, les gens ne les considèrent pas comme un "vrai" couple, c'est suspect aux yeux des autres !
Et la question qui revient systématiquement, c'est : quand est-ce que vous prenez un appart ensemble ?

Caoline
Et franchement autant je ne m'imagine absolument pas revenir à un couple exclusif autant vivre seule, n'avoir que des relations légères, ça ne m’attire pas du tout, j'aime beaucoup le partage du quotidien et pour moi il ne rime ni avec obligation ni avec routine.

Hmmm.... vivre seule ne signifie pas n'avoir que des relations légères (et d'ailleurs, ça veut dire quoi, légères ?)
Je connais des personnes qui vivent seules et qui ont des relations très engagées, émotionnellement, sentimentalement, avec des projets communs ;)

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Mark

le vendredi 14 août 2020 à 18h59

cactus
J'évolue dans un système contraint, le couple, dont je suis consciente des limites. Si je voulais un jour lever ces contraintes et ces limites, je pense qu'il n'y aurait d'autre solution que l'arrêt de la vie de couple, sans pour autant arrêter notre relation si c'était une volonté réciproque, mais ça demanderait une réinvention totale de la façon dont on vit et ça ne correspondrait pas forcément à ses besoins à lui, ce que je conçois totalement.

Je crois que c'est pour notamment cette raison qu'il est dit si souvent qu'il y a le deuil du couple pré -pluralité (ou, peut être mieux, de la défusion de la relation?) à faire avant d'entamer une nouvelle construction, sur d'autres bases.

cactus
Je me demande souvent comment se passerait l'arrivée d'une nouvelle relation, et je sais déjà que le temps physique que je serai capable d'accorder à cette relation serait assez limité, essentiellement de part la logistique familiale, et de part ma vie de couple en elle-même, car on a beau être plus indépendants que d'autres couples, malgré tout il y a une limite au temps que je peux passer hors de ce couple tout en conservant le bien-être et le sentiment de sécurité de mon amoureux historique (et aussi que les journées ne font que 24h mais ça c'est vrai pour tout le monde).

Je pense que ce point est tout aussi légitime à prendre en considération pour l'ensemble des relations. Je ne ferais en ce sens pas de distinction hiérarchique entre couple et relation, primaire ou secondaire. Il est vrai que d'un point de vie solopoly, ou j'imagine, anarchie relationnelle, cela se pose différemment.

bidibidibidi
Si tu n'avais pas d'enfants, je suis sûr que tu aurais beaucoup plus de liberté pour des relations extérieures. Tu pourrais te faire des weekends en amoureux (ou pas) avec tes autres relations. Tu n'aurais au final qu'assez peu de temps à accorder à ton couple originel. Ce sont les enfants qui te bouffent ton temps et t'empêchent de loger tout ce que tu voudrais dans ta vie.

mode taquin/ ce n'est pas, au hasard, en partie ce qui te travaille en ce moment dans tes réflexions sur la parentalité ? ;-)

Caoline
"...autant vivre seule, n'avoir que des relations légères, ça ne m’attire pas du tout,..."

J'interprête mal ou tu associes solopoly avec relations légères? ^^

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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Caoline

le vendredi 14 août 2020 à 19h40

Mark

Caoline
"...autant vivre seule, n'avoir que des relations légères, ça ne m’attire pas du tout,..."

J'interprête mal ou tu associes solopoly avec relations légères? ^^

Non non tu comprends bien. Je n'ai rien contre les relations légères, j'en ai aussi et c'est les plus agréables dans un sens car faciles à vivre. Ca ne veut pas dire sans sentiments dans mon esprit, ça veut dire sans gestion d'un quotidien régulier ensembles. En fait dans mon esprit, j'ai une relation très impliquante matériellement car lourde ça ferait péjoratif, ça veut dire qu'il y a pleins de choses à gérer ensembles. Une ou 2 relations semi-légères, car on partage avec ces personnes notre quotidien au niveau moral mais on a pas des enfants, une maison et tout ce que ça implique, un budget... communs donc il y a des implications émotionnelles fortes mais pas matérielles et mine de rien, ça allège sérieusement. Cependant si c'est des contraintes, c’est aussi du partage fort, ça implique plein de réflexions, de échanges profonds qui créent des liens tellement forts que franchement, j'ai beau avoir des sentiments hyper intenses pour un de mes autres amours, plus encore que pour mon compagnon historique et c'est la première fois que ça m'arrive, le lien n'a pas et n'aura jamais la même force sans partager tout ça. Et j'aimerai partager pas les enfants, c’est fini aussi pour moi, mais le reste et m'occuper un jour de mes petits enfants avec lui aussi, déjà pour le plaisir d'être avec lui mais aussi pour renforcer l'intensité du lien.

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Caoline

le vendredi 14 août 2020 à 19h46

cactus
Ah mais complètement ! Et d'ailleurs, dans mon titre j'aurais du préciser que je parlais de la notion de couple version classique, telle que je la vois autour de moi (du moins pour ce que je peux voir de ces couples de l'extérieur...).
Et quand je dis "couple", c'est vraiment ça que j'ai en tête.

Notre différence de vision vient probablement de notre entourage. Moi ce que tu appelles couple j'en connais très peu, quelques couples fusionnel, ce que nous avons été longtemps avec mon compagnon historique, et les quelques autres c'est subi, car une des deux personnes est sous l'emprise de l'autre et je n'appelle pas ça un couple mais une relation toxique.

Pour la relation légère j'ai répondu à Mark.

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Henriette34

le mardi 18 août 2020 à 10h58

cactus
Je connais pas mal de couples sans enfants qui, par exemple, n'envisagent pas une seconde de passer des vacances de façon séparée, de sortir chacun de leur côté, d'avoir des amis ou des projets non communs, etc... pas forcément qu'ils ne le voudraient pas, mais parce que quand on est un couple "ça ne se fait pas" (ou alors c'est que le couple "va mal").
Et parfois ils me donnent des exemples liberticides assez marquants : l'une ne peut pas sortir boire un coup avec ses collègues, l'un ne peut pas s'adonner à la moto car madame ne l'accepte pas, l'autre ne peut pas partir passer une semaine avec ses potes sans que ça provoque un drame...

Bonjour Cactus,
Merci de lancer cette réflexion que je trouve passionnante et riche, sans doute la pierre angulaire des amours plurielles.
Je te rejoins sur le constat que je n'aime pas le couple dans son acception commune, le TOUT ensemble ou presque. J'ai moi aussi constaté que trop souvent il y a absence de liberté, déséquilibre flagrant, souvent à l'avantage de l'homme, j'ai l'exemple d'un couple, lui participe à d nombreuses sorties pour un loisir, fait des bouffes à la maison avec le cercles d'amis liés au loisir, part quelques jours pour ce loisir, mais sa femme n'a pas trop le droit de voir ses amies (amis impossible ), elle est une fois restée une heure au téléphone avec moi, une scène de jalousie d'anthologie a suivi, et quant à partir quelques jours, il n'en est évidemment pas question, et je ne pense pas malheureusement qu'elle soit la seule à vivre cela.
Donc si le couple à force de compromis, de concessions nécessaires à la bonne entente nuit à l'un ou à l'autre, entrave l'épanouissement, combien sommes-nous à réclamer une chambre à soi ? une soirée à soi ? des vacances à soi ?

Tu as beaucoup de chance à mon avis d'avoir construit un couple qui intègre sans mal tes activités, ta liberté sans que ça déclenche la jalousie, la gêne, l'éloignement ("on ne passe plus de temps ensemble") et ça doit malgré tout rendre plus simple de vivre les amours plurielles.

C'est peut-être aussi plus évident si les deux dans le couples sont en amours plurielles, avec évidemment l'emploi du temps est chargé et complexe... mais il y a meilleure compréhension.

C'est une vaste question, sans doute autant de réponses que de couples.
Me concernant, même conclusion, si mon couple historique était remis en cause, je ne re-signe pas pour un autre couple dans le quotidien et tout le reste, et pour autant @Caoline ça ne signifie pas "relations légères", même si j'ai bien compris les explications données, je ne vois pas en quoi l'implication matérielle, financière en font un couple sérieux, dense, et rendent le lien plus fort etc. j'ai des exemples de couples qui ne sont que des foyers fiscaux, ce n'est pas une relation dense et profonde, à l'inverse d'autres peuvent être dans une relation riche, nourrissante sans jamais projeter l'achat d'un bien immobilier ou d'avoir des enfants ensemble.
Merci pour cette réflexion partagée,
Bonne fin de journée

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artichaut

le mardi 18 août 2020 à 20h34

Le couple est un mythe. Celui d'Aristophane. Il s'agit pour une personne se considérant comme incomplète de trouver sa complétude dans un nouveau UN. (C'est d'ailleurs souvent confondu avec l'Amour).

Que l'un·e des membres du couple se permettent d'aller voir ailleurs, peut être considéré comme la négation, la mort du couple. Donc en ce sens oui, p-être que les amours plurielles sont la négation du couple. Idem pour l'adultère, même si l'on tente ainsi de sauver la face de son couple (se faire croire à soi-même et au monde qu'il n'est pas mort).

Sauf peut-être si LE couple cherche une autre partenaire (couple hétéro cherche licorne, libertins et autres mélangistes). Mais pourquoi un couple complet aurait-il besoin d'une autre partenaire ? C'est bien que le couple à la base est bancal.

Donc oui je pense que symboliquement les amours plurielles sont incompatibles avec la notion de couple.

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artichaut

le mardi 18 août 2020 à 20h55

De même que Karl Popper notait que «  l'abandon de la référence à Dieu » (Dieu est mort) entraîna la question « qui va le remplacer ? »… (in Conjectures et Réfutations, 1985)

De même, savoir ou énoncer aujourd'hui que le couple est mort entraîne(ra) fatalement la question « qu'est-ce qui va le remplacer ? ».

Peut-être que l'on vit quelque chose aujourd'hui du même ordre que ce qu'on vécu les croyants quand Dieu est mort.

Or les amours plurielles ne me semblent pas répondre aux même besoins que le couple. Qui sait alors si la mort du couple n'entraînera pas… un retour vers Dieu ?


En cette période covidienne, où l'on constate une fois de+ que rien jamais n'occultera la peur de la mort, je ne sais si la mort du couple (et les tentatives d'amours plurielles) sont une bonne ou une mauvaise chose…

C'est comme si "progresser" (supprimer Dieu, supprimer le couple…) était voué à aller dans le mur : les âmes effarées par la perte de ce qui leur permettait de ne pas voir la mort en face deviennent tous +fous les uns que les autres…

…pardon, je dévie…

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bidibidibidi

le mercredi 19 août 2020 à 13h46

Henriette34
J'ai moi aussi constaté que trop souvent il y a absence de liberté, déséquilibre flagrant, souvent à l'avantage de l'homme, j'ai l'exemple d'un couple, lui participe à d nombreuses sorties pour un loisir, fait des bouffes à la maison avec le cercles d'amis liés au loisir, part quelques jours pour ce loisir, mais sa femme n'a pas trop le droit de voir ses amies (amis impossible ), elle est une fois restée une heure au téléphone avec moi, une scène de jalousie d'anthologie a suivi, et quant à partir quelques jours, il n'en est évidemment pas question, et je ne pense pas malheureusement qu'elle soit la seule à vivre cela.

J'avoue qu'il y a un truc qui me gène et me pose problème dans cette discussion vis-à-vis de ta vision du couple. Ce que tu as l'air d'appeler couple, moi j'appelle ça couple dysfonctionnel. L'exemple que tu donnes n'a rien à voir avec le couple mais avec une relation toxique. Ca me donne l'impression que ta question est "Y a-t-il incompatibilité entre les amours plurielles et les relations toxiques ?".
Un couple, ça peut être harmonieux, équilibré, fonctionnel. Ma compagne et moi sommes par exemple fusionnels et pourtant ça ne nous empêche pas d'avoir des tas d'activités séparées (et encouragées par l'autre). Je pense pas qu'on puisse brosser un portrait du couple en un coup de crayon. Et clairement, je suis pas un grand défenseur du couple, mais j'ai l'impression que tu le descends encore plus que moi en en donnant une image plutôt extrême et, à mes yeux, injuste.

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cactus

le lundi 24 août 2020 à 19h15

C'est toujours la difficulté d'employer des termes, et de ne pas mettre les mêmes choses/éléments/faits derrière :

L'exemple que donne @Henriette34 n'a peut-être rien à voir avec un couple fonctionnel tel que tu le définis et le vis - et tel que je le vis également - mais dans les faits, même si ce cas est presque extrême, tous les petits exemples que je constate autour de moi - famille, amis, collègues... - me montrent beaucoup de couples au moins partiellement "dysfontionnels" dans ce cas. D'où mes interrogations, questionnements, etc...

@Caoline cite comme toi des relations toxiques plus que des couples, n'empêche qu'aux yeux de la société, ce sont bien des couples non ?

Encore une fois, c'est probablement une vision biaisée, et je n'ai pas dit qu'un couple ne pouvait pas être fonctionnel - d'où mon emploi de "habituellement" et "souvent", simplement, de ce que j'en vois, dans une partie des couples que je connais, le fonctionnement classique sociétal est "enfermant" (je ne trouve pas d'autre terme, désolée). Et ça n'est pas qu'une question liée à la présence, ou pas, d'enfants.

  Henriette34
 je ne vois pas en quoi l'implication matérielle, financière en font un couple sérieux, dense, et rendent le lien plus fort etc. j'ai des exemples de couples qui ne sont que des foyers fiscaux, ce n'est pas une relation dense et profonde, à l'inverse d'autres peuvent être dans une relation riche, nourrissante sans jamais projeter l'achat d'un bien immobilier ou d'avoir des enfants ensemble.

@Caoline, j'ai eu un peu la même réaction que @Henriette34, j'irai même jusqu'à dire, avec ma tendance à décomposer, que dans ma façon de vivre les relations, l'implication matérielle n'est pas une composante du couple/de la relation amoureuse en soi. Tu peux avoir la même implication entre des colocataires par exemple, ou des fratries qui vivent ensemble. Et d'ailleurs, c'était une des craintes de mon amoureux historique au début, que mon choix de vie "ne fasse plus de nous que des colocataires".

 

  Mark
Je pense que ce point est tout aussi légitime à prendre en considération pour l'ensemble des relations. Je ne ferais en ce sens pas de distinction hiérarchique entre couple et relation, primaire ou secondaire. Il est vrai que d'un point de vie solopoly, ou j'imagine, anarchie relationnelle, cela se pose différemment.

Je n'en fait pas ;)
Ma réflexion étant couple-centrée, j'ai éludé volontairement une partie de la big picture, alors je complète et précise : faire entrer une nouvelle relation dans ma vie me fait me poser des questions sur ma capacité à maintenir la qualité actuelle des relations avec chacun de mes amoureux et amours, vu mes contraintes de couple et mes contraintes familiales.
Tiens, d'ailleurs un peu comme les réflexions récentes de bidibidibidi sur un second enfant (même si évidemment c'est pas le même niveau de responsabilité et d'implication hein !)

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