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Propulsé malgré moi dans le polyamour

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badin

le jeudi 10 mars 2022 à 23h45

bonjour à la communauté, voici venu le temps de me présenter brièvement ainsi que ma situation qui me questionne beaucoup.
Je vais tâcher d'être clair et synthétique, et je remercie par avance les personnes qui me liront et sauront me conseiller sans jugement et avec l'esprit ouvert qui définit les échanges ici ;)

Je suis un homme cis, j'ai 36 ans, et il y a un peu moins de 2 ans j'ai rencontré une femme. Nous sommes tombés très amoureux l'un de l'autre, et à l'époque, ignorants tout ou presque du polyamour, nous sommes entrés de manière parfaitement tacites dans un schéma de couple exclusif.
Par un effet d'opportunité unique, nous avons rapidement emménagé ensemble. Sans doute trop rapidement. Des nuages sombres se sont vite formés, sous formes de disputes difficiles, de plus en plus fréquentes et intenses, toujours soldées par une phase de réconciliation. Je voyais alors le ciel comme bleu et pur entre ces épisodes orageux. Mais je formai l'impression de mettre beaucoup d'énergie à recoller les morceaux, à ramer dans la barque, à nous réconcilier à chaque fois. Madame devenait jalouse, suspicieuse, sans arriver à formuler son insécurité. Elle me questionnait sur mes sorties, mes amies. Je passai beaucoup de temps à parler avec elle, j'avais à cœur de la rassurer, de répondre à ces angoisses, tout en essayant timidement de lui faire comprendre qu'il y avait peut-être une peur sous-jacente sur laquelle travailler.
J'ai alors pris l'initiative d'une démarche de médiation de couple, en laquelle j'avais beaucoup d'espoir.
Mais un soir, très peu de temps après, tout a explosé. Dans mon dos, madame avait fouillé mes tiroirs, mes journaux, mon téléphone. Interprétant des échanges avec mon ex dont elle connaissait l'existence, elle a imaginé que je projetais de la tromper. A 1h du matin elle m'a jeté à la rue de manière violente et irrévocable.
Après quelques entrevues, je lui ai expliqué que je voulais une rupture nette, avec silence radio.

Cette rupture, que chacun imaginait définitive a duré 2mois 1/2. Elle fût très difficile, angoissante et éprouvante pour chacun de nous.
Nous avons repris contact en novembre. Pour ainsi dire, nous sommes presque retombés dans les bras l'un de l'autre.
Acceptant de nous revoir tout doucement, nous nous sommes progressivement rapproché. Elle était comme transformée, épanouie, sûre d'elle, physiquement changée.
Inévitablement nous avons recommencé à faire l'amour. Sur ce plan elle m'avait déjà énormément apporté, elle m'a appris à prendre le temps, à être bien plus à l'écoute, dans l'échange. Avec elle j'ai appris à ressentir des choses que je ne connaissais pas. Le plaisir était partagé, vrai, et nous trouvions ça très beau et super. Je remarquai quand-même de son côté ce que j'appelle sa Quête de Plaisir Sexuel, la quête du Graal orgasme qu'elle n'a jamais connu, ni seule ni avec quiconque. J'apprenais que sa sœur de 28 ans n'a jamais joui non plus.
Je fais des rapprochements avec ses anciens troubles alimentaires, son besoin de tout contrôler, sa difficulté à lâcher prise, ses insomnies maladives qu'elle traîne depuis 10 ans...

J'ai ensuite appris qu'elle avait à présent des amants. C'était donc ce qu'elle entendait par "ne pas se prendre la tête". Je n'étais pas totalement surpris, mais en seulement 2 mois, le choc fût très rude pour moi.
Je décidais néanmoins de continuer à la voir, nos échanges étant honnêtes, la communication plus sincère, plus fluide, toute trace de reproche ou de communication bancale du passé ayant comme disparues.
Je prends un abonnement au site OMGyes, décide d'en apprendre plus sur le plaisir féminin, "rester dans la course", je me vois en compétition. Un peu bêtement, mais aussi très pragmatique.
Par la suite elle m'expliquera qu'elle les voyait en pensant à moi à chaque fois, puis que petit à petit un autre lien se formait avec eux malgré tout.

Je commençais à me renseigner sur le polyamour. Nous avons écouté ensemble le podcast "le coeur sur la table" qui nous a beaucoup apporté.
De fil en aiguille, je découvre qu'elle se sent parfaitement épanouie dans ce style de relation.
Elle a 2 amants qu'elle voit de temps à autre, fait régulièrement l'amour avec eux, partage parfois des sorties. Ne se projette pas spécialement dans le futur avec eux. Elle leur parle clairement de moi, leur a exprimé à quel point elle tenait à moi dans sa vie.
Avec moi, elle s'autorise petit à petit à me dire qu'elle m'aime, qu'elle imagine quelque chose, que je lui apporte bien plus, que le temps en ma compagnie est très précieux. On se fait des cadeaux, elle se projette dans des petites vacances avec moi.
Moi j'angoisse, je développe un besoin de plus en plus fort d'être rassuré, scrute ses réponses qui tardent toujours sur mon téléphone, j'essaie de sortir et continue à voir mes amis, mais je dors mal, je ne pense qu'à elle, ce qu'elle fait, qui elle voit. Je n'ai jamais connu un tel niveau d'insécurité sur une telle durée. Je me découvre sous une nouvelle facette dont je ne suis pas fier.

Puis boum, 2e coup de couteau. Alors que depuis nos retrouvailles je me protège toujours avec elle, que je ne vois personne d'autre, par hasard je découvre qu'elle ne se protège plus avec l'un de ses amants. Ils ont fait des tests, il ne mets plus de capote. Elle ne saurait pas dire de qui vient la demande, "mais c'est plus pratique".
Je suis halluciné. J'y vois une symbolique extrêmement forte.
D'un autre côté, elle ne veut pas nous définir elle et moi comme couple.
Je cogite, qu'ai-je le droit de demander, d'exprimer ? Je lui dis ma détresse, mon incompréhension totale devant ce symbole très fort pour moi.
Finalement elle acceptera de demander à son amant de se protéger à nouveau, sans toutefois pouvoir lui expliquer que la requête venait de moi.
Je continue à me protéger, je n'ai jamais demandé à avoir une forme d'exclusivité sans capote.

La relation continue, on se voit une ou 2 fois par semaine, souvent selon son planning, j'accepte souvent de traverser la ville pour la voir, elle me rassure continuellement sur son attachement à moi, m'exprime à quel point la relation que nous avons est différente.
Je dors mal, je perds du poids. Je suis souvent plongé dans mes cogitations.
De mon côté je n'ose pas exprimer mes besoins, mes attentes (je ne sais même pas où me situer d'ailleurs !). J'aurais l'impression d'être un horrible taliban. Pour reprendre les mots d'autres posts du forum, ma tête accepte le polyamour mais mes tripes se serrent en permanence.
J'ai dormi avec une autre femme, à qui j'ai bien tout expliqué, j'étais incapable de l'embrasser, mais très fier de m'être "autorisé" cette nuit.

Puis depuis presque 1 mois, elle me dit ne plus avoir de libido. Effectivement, on dors ensemble sans faire l'amour quand on se voit, elle ne m'embrasse plus trop. Je ne m'inquiète pas, cela arrive à tout le monde. La tendresse reste là, les câlins, les messages, les marques d'affections. Elle me dit que si elle a moins de désir, cela ne signifie pas qu'elle m'aime moins.

Puis hier, 3e coup de couteau.
Magistral cette fois, bien douloureux, et c'est ce qui m'amène ici.
Au lit, elle me demande de faire quelque chose. Je me sens mal à l'aise, j'ai l'impression qu'elle attend de moi que je reproduise un acte qu'elle a découvert avec un autre. Mais je sais qu'elle est dans sa "quête", et j'ai envie de lui donner du plaisir. Donc je le fais. Mais je me sens pas bien. Ce n'est pas moi, ce n'est pas du partage, c'est trop unilatéral à mon goût.
Je dors mal, on se tourne le dos, c'est pas bon signe.
Le matin je lui laisse un petit mot (que j'estime gentil) pour dire que je ne veux pas recommencer ça, il n'y a pas la connexion que j'aime avec elle.
Elle le prends très très mal, elle est furieuse, croyait "me rendre service", se sent aussi utilisée. Elle me reproche d'être trop en demande, d'avoir "toujours" besoin d'être rassuré. Je laisse passer sa colère à elle, j'étouffe la mienne qui gronde en moi, et comme souvent j'ai l'impression presque de m'excuser d'avoir exprimé ce que j'ai ressenti. Du moment que sa colère s'apaise.
Puis je lui demande si sa baisse de libido ne concerne que moi, ou aussi ses amants.
Silence, gêne palpable. Avec l'un elle a moins envie. Avec l'autre c'est super, il lui donne beaucoup de plaisir, il prends le temps qu'elle réclame, et elle lui donne aussi du plaisir.

Ouille. Ouille, ouille, ouille. (comme elle est loin la légendaire compersion !)
Comme toujours je prends sur moi, je reste impassible de l'extérieur. Mais ça fait beaucoup tout à coup. Mes oreilles sifflent, j'ai des frissons partout, j'ai tellement froid soudainement.
Dans la journée, elle m'envoie des messages, me dit que ça lui fait peur qu'on se dispute, me demande comment je vais. Je suis un peu laconique. En réalité je suis complètement désarçonné.
J'ai le sentiment d'être beaucoup trop dans mes limites, dans ma zone rouge, de ne plus m'écouter, d'étouffer mes insécurités. Je suis allé voir une psy pour réfléchir à ma dépendance affective, ce n'était pas concluant. Après demain je vais participer à un cercle de parole poly dans ma ville.
Encore une fois, le fossé la tête/les tripes.

J'adhère aux valeurs du polyamour, j'y vois une belle émancipation. Mais je crois que chez elle et moi, les actes et les mots ne concordent pas.
Ce que j'appelle les "coups de couteau", ce sont des révélations, j'ai été mis plusieurs fois devant le fait accompli sans le moindre tact, malgré moi, comme par hasard. Les amants, la capote, la libido intacte avec un autre mais plus avec moi.

Je sollicite votre aide, vos conseils tellement précieux. Est-ce que je suis en train de faire peau neuve ? Me débarrasser des vieux et poussiéreux modèles de couple exclusif ?
Ou est-ce que je ne m'écoute plus, par amour aveugle, est-ce que je paye le prix d'une relation unilatérale dans laquelle une personne s'amuse ou se cherche et l'autre souffre sans oser en parler librement?
J'essaie de rétablir une sorte d'équilibre en voyant d'autres femmes, mais mon cœur n'y est pas tellement, et la démarche effraie en générale quand j'en parle. Évidemment on me questionne sur le fond de ma démarche, et je n'ai pas de réponse...

Help please !

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badin

le vendredi 11 mars 2022 à 00h04

Maintenant, je ne sais pas quel comportement adopter.
Mon réflexe de défense est la rationalisation: comprendre son comportement à elle, de manière logique, me reprocher de ne pas avoir été assez attentif sexuellement.
Ma tête me dit de communiquer ce qui me fait peur, mes insécurités. Puis je me dis que je le fais déjà tout le temps, ce qui ne risque pas de rallumer son désir et son excitation pour moi. J'ai l'impression d'être de plus en plus ouin-ouin :)

J'ai envie de proposer, et je dis bien proposer car c'est un important, un petit break, une pause entre nous de 15 jours. Ne plus s'écrire, ne plus se parler. Essayer de moins penser à elle, ne plus scruter mon foutu téléphone, ne plus attendre. Lui montrer que je ne suis pas toujours disponible et si prévisible.
Avoir un comportement clair et déterminé. Mais est-ce finalement un simple et bête vengeance ?

Pourtant j'ai du mal à rester 5h sans nouvelles, j'ai envie de lui partager mon quotidien. Nous avons tellement grandi et évolué ensemble, on ne cesse de se complimenter, de se soutenir mutuellement, de se multiplier des marques d'attentions variées...
En bref, me voilà un peu perdu, je vis cet ultime rebondissement comme la goutte d'eau qui fait déborder mon vase !

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Elian (invité)

le vendredi 11 mars 2022 à 00h28

"dépendance affective" avez vous dit.
Cela me semble être un espace très important à aller éclairer en vous.
Et puis la tête vous dit de continuer dans l'idée de la partager, mais votre corps reçoit les coups de couteaux symboliques.
Votre coeur, débarrassé des peurs de la perdre et de dépendances affectives, que vous dirait-il ?

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Geraaldine (invité)

le vendredi 11 mars 2022 à 08h36

Tu subis par dépendance affective, sans t'écouter. Si madame a de vrais sentiments pour toi, elle devrait être capable d'entendre tes insécurités.

Il y a également un déséquilibre entre les relations de Madame. Tu l'as compris en te taisant. Trop t'effacer ne fera qu'augmenter tes inquiétudes et ton mal-être.

Elle a trouvé une sorte d'idéal de vie et tu n'es pas obligé d'adhérer à ses choix.

Prends soin de toi.

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badin

le vendredi 11 mars 2022 à 09h02

Merci Éliane et Géraldine pour m'avoir lu et répondu
Oui, il est évident qu'il y a un énorme déséquilibre, que j'ai supporté jusqu'à présent, mais avec la dernière révélation je ne peux plus me voiler la face.
J'avais beaucoup d'espoir quand au rdv avec la psy il y a quelques jours, mais c'était décevant. J'ai prononcé les mots polyamour et insécurité, pour elle l'affaire était pliée 🤷🏻

Mais alors quelle attitude adopter ?

Prendre de la distance, ce qui serait un paradoxe total de mon envie de rester proche d'elle ?
Exprimer mes craintes, ce qui est déjà fait mais ne fait rien évoluer (le fameux "je passe déjà du temps à te rassurer" lancé dans la colère)
Elle me communique régulièrement qu'elle a peur que je m'éloigne
Moi je ne sais pas formuler de demande, je ne la blâme pas d'avoir plus de plaisir sexuel avec un autre, mais peut-être de ne pas assez me demander comment je vis tous ces événements...

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Hawkeye

le vendredi 11 mars 2022 à 09h32

Bonjour,

Vous êtes 2 célibataires ayant plusieurs relations, enfin elle surtout puisque toi tu essaies d'en avoir d'autres mais tu bloques parce qu'il n'y a qu'avec elle que tu veux être. Il semble y avoir un décalage dans vos envies : toi d'être le plus important parce que votre histoire est plus ancienne et tu es plus attaché, mais de son côté elle semble de plus en plus te regarder en tant qu'ami qu'amant.
Le mieux serait effectivement que tu prennes du recul par rapport à votre relation ce qui va être compliqué parce que tu sembles amoureux. Et avec les autres femmes que tu rencontres, si dès le départ tu attaques par le je suis en couple polyamoureux et qu'en plus tu n'as que ta copine en tête, ce n'est pas étonnant que tu les fasses fuir.

Pour la psy, si le courant ne passe pas et que tu te sens jugé tu peux aller en voir un autre, mais il ne sera pas forcément plus ouvert au polyamour/relations libres. Le travail doit être fait sur toi, tes émotions, leur maîtrise, comprendre pourquoi tu ressens cette dépendance affective.

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badin

le vendredi 11 mars 2022 à 09h51

Merci PolyPasLeChoix pour ta contribution

je comprends très bien ta réponse, puisque c'est effectivement le constat que je commence à m'avouer. Je ne sais pas bien si elle commence à me voir comme ami, c'est pas clair, il y a toute cette confusion entre les actes et les mots. Et après tout une baisse de libido ça arrive non ?
mais c'est vrai qu'elle n'est pas tellement soucieuse de savoir ce que je ressens après cette dispute.

Avec les autres femmes, je trouvais que c'était une belle évolution que j'évoque ma situation assez vite, je prends ça pour de l'honnêteté, ce dont j'avais beaucoup de mal il y a des années. J'avais lu un article d'Hypatia qui disait "plus tôt on en parle, mieux c'est pour tout le monde". Comment faire autrement ?

Parfaitement d'accord pour le travail sur moi, ma dépendance et mes émotions, mais si c'est difficile avec les psy pas trop ouverts, comment faire ? Lire des articles et des livres c'est bien, mais il n'y a pas d'accompagnement

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GeorgyPorgy

le vendredi 11 mars 2022 à 10h17

Bonjour Badin,

J'ai lu avec beaucoup d'attention ton témoignage.

A te lire, on comprend un grand déséquilibre dans la relation, qui te fait beaucoup souffrir. Il y a pas mal d'éléments qui me frappent dans tes mots

D'abord, dans la manière dont tu évoques le polyamour. Dans ton discours on comprend presque que c'est une initiative personnelle & pas forcément partagée - malgré les "bénéfices" que ta compagne semble en tirer. En effet, même si tu évoques plusieurs éléments (écoute du podcast ensemble, le fait que ton existence / importance ne soit pas masquée auprès de ses amants...), j'ai l'impression que la partie du polyamour où l'on est censé "prendre soin de l'autre" est clairement négligée par ta compagne. Ton ressenti d'insécurité grandissant, qui trouve son origine dans les actes / comportements mêmes de ta compagne, en sont l'illustration à mes yeux. Cette personne, si elle tient à toi, devrait être en mesure d'être plus à l'écoute de tes difficultés. Elle devrait être en mesure de percevoir ton mal-être, et d'ajuster son comportement pour te remettre dans une position plus confortable et sécurisante.

La relation juste et belle (qu'elle soit mono ou poly) doit être une danse qui implique les deux partenaires, quand ils s'accordent à en prendre soin tous les deux, en prenant réellement en compte l'altérité du partenaire dans ce qu'il ressent.

Ensuite, certaines de tes phrases m'interpellent beaucoup : celles où tu sembles hésiter entre une écoute de tes propres émotions (légitimes) & une peur de paraitre trop pénible avec tes états-d'âme ("ouin ouin"). Cette dernière dimension revient presque à t'auto-assigner la responsabilité de la situation, en taisant par souci de préservation de la relation tes propres émotions. Je pense que c'est dangereux. Sans aller jusqu'à parler de gaslighting, je pense néanmoins qu'il faut que tu y prêtes attention.

Pour être plus clair sur mon positionnement, je me trouve de l'autre "côté" de la barrière : j'ai découvert mon polyamour il y a quelques temps, sans pouvoir le faire perdurer en pratique principalement par souci pour les autres personnes impliquées (voir mes posts précédents ici). J'ai donc du affronter les sentiments & émotions négatives que tu décris si bien (sentiment de manque terrible, attente interminable d'un signe / texto / message / appel qui ne vient pas...) mais c'est probablement nécessaire au final. C'est une période difficile à traverser, à coup sur, mais justement "ça passe". J'ai fini par accepter de voir quelqu'un de très important sortir de ma vie, malgré moi. Mais c'était aussi je pense la "bonne" orientation pour ne pas perpetuer une situation où d'autres personnes souffraient. Peut-être est-ce aussi cela, prendre soin des relations, en acceptant de les voir se terminer même si ça peut être incroyablement douleureux. (Ce qui ne veut pas dire qu'on arrête d'aimer...)

Pour les psy, comme beaucoup d'autres l'ont dit, malheureusement tous ne sont pas à même d'aider réellement dans ce genre de situation. Mais ça se trouve, je pense qu'il faut en essayer plusieurs si c'est un besoin (personnellement j'ai fait 3 tentatives avant de tomber sur la "perle rare" qui m'a ensuite beaucoup beaucoup aidé).

Prends soin de toi avant tout !

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Hawkeye

le vendredi 11 mars 2022 à 10h23

badin
Merci PolyPasLeChoix pour ta contribution

je comprends très bien ta réponse, puisque c'est effectivement le constat que je commence à m'avouer. Je ne sais pas bien si elle commence à me voir comme ami, c'est pas clair, il y a toute cette confusion entre les actes et les mots. Et après tout une baisse de libido ça arrive non ?
mais c'est vrai qu'elle n'est pas tellement soucieuse de savoir ce que je ressens après cette dispute.

A toi d'éclaircir ce point avec elle, bien sûr qu'une baisse de libido ça arrive, mais la question est est-ce que cette baisse est générale chez elle, parce qu'elle se cherche, a d'autres soucis ou juste avec toi ? C'est un grand classique des couples sur le long terme où le désir s'estompe mais peut être ravivé par une autre relation mais ça ne correspond pas trop à votre situation.

badin
[...]
Avec les autres femmes, je trouvais que c'était une belle évolution que j'évoque ma situation assez vite, je prends ça pour de l'honnêteté, ce dont j'avais beaucoup de mal il y a des années. J'avais lu un article d'Hypatia qui disait "plus tôt on en parle, mieux c'est pour tout le monde". Comment faire autrement ?

Je suis 100% pour l'honnêteté mais sans mentir sur ta situation tu peux la présenter sous un angle qui laisse plus de possibilités à l'autre. Je caricature mais entre dire "je suis en couple très amoureux, on se voit 1 à 2 fois par semaine mais elle a d'autres relations donc je cherche aussi" et dire "je suis célibataire, je ne cherche pas à m'installer, pour l'instant, mais vivre de belles rencontres" il y a de la marge.

badin
[...]
Parfaitement d'accord pour le travail sur moi, ma dépendance et mes émotions, mais si c'est difficile avec les psy pas trop ouverts, comment faire ? Lire des articles et des livres c'est bien, mais il n'y a pas d'accompagnement

Je suis d'accord avec toi lire et échanger avec d'autres dans la même situation aide à comprendre, accepter, relativiser une situation mais parler avec un psy est un travail personnel qui a un intérêt si justement tu ne te sens pas catalogué au premier rendez-vous. Il y a quelques psy qui ont mis leur coordonnées sur le site se disant ouvert au polyamour, il y en a peut-être un pres de chez toi ou qui pourrait te conseiller un confrère. Moi aussi je me suis senti jugé et je voyais bien qu'elle ne donnait pas cher de notre couple, ou essayait peut-être de me préparer à la future séparation qu'elle sentait inéluctable. Pour autant ça ne l'a pas empêché de faire son travail sur moi pendant presque 1 an jusqu'à ce que je décide d'arrêter parce que ça ne correspondait plus à l'aide dont j'avais besoin.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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Astre9 (invité)

le vendredi 11 mars 2022 à 23h58

Cette femme n'est qu'une égoïste, pourquoi rester si ce n'est pour se faire maltraiter?

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badin

le lundi 14 mars 2022 à 18h14

un énorme merci à vous GeorgyPorgy et PolyPasLeChoix pour vos remarques très justes.
Astre9, ton jugement me semble assez hâtif...

georgyporgy
Pour être plus clair sur mon positionnement, je me trouve de l'autre "côté" de la barrière : j'ai découvert mon polyamour il y a quelques temps, sans pouvoir le faire perdurer en pratique principalement par souci pour les autres personnes impliquées (voir mes posts précédents ici). J'ai donc du affronter les sentiments & émotions négatives que tu décris si bien (sentiment de manque terrible, attente interminable d'un signe / texto / message / appel qui ne vient pas...) mais c'est probablement nécessaire au final. C'est une période difficile à traverser, à coup sur, mais justement "ça passe". J'ai fini par accepter de voir quelqu'un de très important sortir de ma vie, malgré moi. Mais c'était aussi je pense la "bonne" orientation pour ne pas perpetuer une situation où d'autres personnes souffraient. Peut-être est-ce aussi cela, prendre soin des relations, en acceptant de les voir se terminer même si ça peut être incroyablement douleureux. (Ce qui ne veut pas dire qu'on arrête d'aimer...)

Donc si j'ai bien compris, la personne qui souffrait et qui ressentait beaucoup le manque dans ta relation, tout comme moi, a fini par partir ? Ou bien j'ai mal compris ?
Tu disais "ça passe", est-ce que tu veux bien expliciter ? J'essaie de voir justement si en me renseignant, en rencontrant des polys, en participant à des cafés et en lisant des livres, mon manque et ma jalousie éventuelle vont se calmer progressivement.
J'aimerais bien que tu m'orientes vers le ou les posts où tu présentes ton parcours !

polypaslechoix
Je suis 100% pour l'honnêteté mais sans mentir sur ta situation tu peux la présenter sous un angle qui laisse plus de possibilités à l'autre. Je caricature mais entre dire "je suis en couple très amoureux, on se voit 1 à 2 fois par semaine mais elle a d'autres relations donc je cherche aussi" et dire "je suis célibataire, je ne cherche pas à m'installer, pour l'instant, mais vivre de belles rencontres" il y a de la marge.

Excellente remarque !

Actuellement, après une grosse discussion calme mais intense, nous avons décidé de faire une petite pause de 10 jours à partir de demain.
Nous avons passé toute la nuit dernière ensemble de manière spontanée, et nous sommes une fois de plus surpris de toute la tendresse dont nous sommes capables de nous donner l'un l'autre.
C'est cela notre relation, avant comme maintenant, des hauts très hauts et affectueux, des descentes difficiles et dures, où la relation semble trop lourde et compliquée.
Au cours de cette discussion, madame m'a fait remarqué à très juste titre qu'il y a un gros décalage entre mes messages où j'exprime mon manque et ma douleur, et mes mots quand je suis devant elle, où je lui dit que ça va, que la relation n'est pas si difficile et qu'elle vaut largement d'être poursuivie. C'est exactement ce que j'appelle ma dépendance affective, la peur viscérale que tout s'arrête, et minimiser ce que je ressens de peur de tout perdre. Elle m'a encouragé à réfléchir à mes besoins pour parvenir à les lui exprimer.
J'ai aussi participé à un premier café poly, où j'ai pris plaisir à intervenir plusieurs fois, j'ai trouvé les sujets de discussion passionnants. Ma partenaire m'avait demandé si elle pouvait m'accompagner, mais j'avais préféré y aller seul pour cette première fois. Nous avons débriefé ensemble, et elle aimerait beaucoup m'accompagner pour une 2e édition.

On va profiter de notre pause de 10 jours pour souffler un peu, je vais pouvoir moins scruter mon téléphone. Je vais tenter aussi de contacter un.e psy moinis jugeant.e
Elle m'a avoué qu'elle voulait faire une pause également avec ses amants, elle se sent perdue. La guerre en Ukraine l'angoisse beaucoup, elle a demandé des anxiolytiques et des antidépresseurs à un psychiatre.
Et hier soir nous avons refait l'amour ensemble, ce qui n'était pas arrivé depuis 1 mois.

A suivre donc, pour le moment c'est apaisé et c'est bien ainsi.
Merci encore pour vos conseils très précieux !

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GeorgyPorgy

le mardi 15 mars 2022 à 09h55

badin

Donc si j'ai bien compris, la personne qui souffrait et qui ressentait beaucoup le manque dans ta relation, tout comme moi, a fini par partir ? Ou bien j'ai mal compris ?
Tu disais "ça passe", est-ce que tu veux bien expliciter ? J'essaie de voir justement si en me renseignant, en rencontrant des polys, en participant à des cafés et en lisant des livres, mon manque et ma jalousie éventuelle vont se calmer progressivement.
J'aimerais bien que tu m'orientes vers le ou les posts où tu présentes ton parcours !

Hello Badin,

Désolé en me relisant, je me rends compte que mon message peut sembler confus ou pas très clair.

En fait, dans ce paragraphe que tu soulignes, j'évoque principalement ce que j'ai pu ressentir moi-même. La personne avec qui j'ai noué une relation, dont je suis finalement tombé amoureux (je le suis toujours à vrai dire, je pense, tout en aimant aussi ma compagne) a décidé de progressivement s'éloigner de moi, de rompre le lien et pour ainsi dire, de disparaitre de ma vie.

Elle l'a fait pour des raisons que j'essaie de me représenter comme valides & légitimes dans SON rapport à notre relation, vis-à-vis des attentes qu'elle a & de son propre parcours.

Contrairement à MON rapport à la relation, où mon cheminement m'avait amené à considérer que si des sentiments existaient entre nous, le lien devait pouvoir se maintenir et s'inventer, au delà des schémas "intuitifs", dans le respect des émotions & attentes de chacun.e.

Bien sur cette personne souffrait de la situation, tout comme moi. La relation a donc pris fin & j'essaie de l'accepter, même si dans ma perception, tout cela me semble absurde.

Je suis donc passé par une phase (pas encore totalement terminée) où je vis ce que tu évoques quand tu envisages de t'éloigner : le manque, le poids de l'absence, l'absence de signe de vie avec laquelle il faut composer au quotidien, la frustration face à l'absence de communication, de réponses à des questionnements... Mais je traverse cela malgré tout par respect des choix qui ont été faits, c'est dur, mais avec le temps, "ça passe". Il reste malgré tout quelques jolis souvenirs, et pas mal de regrets & de frustration - mais j'arrive à apprendre à vivre avec.

C'est un peu bateau mais j'en suis arrivé à la conclusion que l'amour ne suffit pas : il faut certainement beaucoup d'autres ingrédients dans la recette pour qu'un lien se maintienne (de la communication honnête envers soi-même & les autres impliqué.e.s, des attentes qui peuvent se rencontrer, du lacher-prise, ...)

(PS : si tu cliques sur mon pseudo, tu dois pouvoir voir mes posts ici)

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badin

le jeudi 31 mars 2022 à 14h55

je vais clore le post en apportant la conclusion de mon histoire. J'en profite au passage pour remercier les personnes qui m'ont lu et ont pris le temps de me conseiller et de partager leurs impressions, je leur suis extrêmement reconnaissant. Merci à vous !

Suite à la pause de 10 jours, madame m'a partagé un mail. Plutôt bien tourné, sans agressivité, sans ressentis. Elle explique avant toute chose qu'elle n'a plus de désir pour moi, elle s'est même sentie "un peu sale et déconsidérée" lors de notre dernier rapport. Elle se dit déçue que je n'ai pas fait plus attention à son plaisir. Suite à quoi elle mentionne qu'elle a "trouvé du bon sexe avec un partenaire pour qui elle a du désir et du plaisir".
Mais elle m'aime toujours autant, ne veut pas qu'on s'éloigne, veut me garder (sic) dans sa vie. Ne veut plus de sexe avec moi, au moins un temps (comme si j'étais une option :-/ ...).
Me propose d'expérimenter cette nouvelle forme.

J'accuse le coup, laisse passer la colère, la jalousie, accepte de voir dominer le soulagement. Je ne me sentirai plus en "compétition" dans la quête de plaisir de madame.
Le lendemain pourtant, je me sens mal, je tire la sonnette d'alarme, par un simple message:
"help, je disjoncte, j'ai besoin que tu prennes soin de moi".
Elle me réponds par message, rapidement: elle m'aime, veut de moi dans sa vie, etc...
pas d'appel, ne me demande pas comment je vais, où je suis, ne cherche pas à me voir. Elle parle d'elle au final. pas de "ca va ?", pas de "bonne nuit", rien d'autre.

On se voit le lendemain. Dispute, réconciliation. J'arrondis les angles, comme toujours. J'avale des couleuvres. Elle disait faire aussi une pause avec ses amants, ce n'était pas vrai. Je demande trop à être rassuré, ça la fatigue. Les montagnes russes émotionnelles, à cause de moi. Mon message d'alarme pour lequel elle a pris le temps de répondre sans que je réagisse. Elle dit qu'elle ne pouvait pas m'appeler de toute la journée...
Pourtant, on se prend dans les bras, notre langage de réconciliation évident depuis toujours, le tactile et la tendresse.

Puis le lendemain, coup de fil en soirée, elle est confuse, un peu sous l'émotion, elle vide son sac, elle veut qu'on arrête définitivement. Elle a vu une médium que sa famille connaît (impartialité ??), sur une carte tirée, elle a pris sa décision.
Je soupire de soulagement.
Je n'aurais jamais réussi à la quitter, mais je sais que c'est la meilleure décision.
Calmement, je la remercie en toute sincérité sur ces belles pages que l'on aura écrite ensemble, et qu'on pourra maintenant tourner.
J'aurais fait le maximum, des heures sur les forums, les livres, les podcasts, un premier café poly, j'ai même rencontré des femmes de mon côté également. J'ai rencontré 2 psy différentes à qui j'ai partagé cette histoire.
Beaucoup de remise en question de mon côté.

Mais il me reste un goût amer, de ne pas avoir su dire stop, énoncé mes limites, mes attentes. Je l'ai senti devenir égoïste sur la fin, j'avais découvert les "coups de couteaux" sans jamais être consulté ou prévenu.
La quête de son plaisir sexuel a justifié beaucoup de choses, et nous avons cru qu'en enlevant cette pression il resterait une relation plus apaisée.
L'ultime surprise de cette pause annoncée avec ses amants mais pas respectée, cette dissimulation qui en cache certainement d'autres...

Merci de m'avoir lu.
Maintenant je vais apprendre à prendre soin de moi, et à ne plus foncer tête baissé dans la première relation prometteuse <3

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Siestacorta

le mardi 05 avril 2022 à 10h39

J'ai le sentiment que ton ex s'est menti avant de te mentir.
De bonne foi, hein, en croyant sans doute que ça pourrait passer de faire la relation sur les bases que vous aviez tenté de re-poser.
Mais elle a voulu croire en la matérialité de votre attachement quand pour toi la remise en cause de la dimension sexuelle de votre relation ne permettait pas de partager pleinement sa croyance.

Vous avez sans doute tous deux voulu inventer quelque chose, mais elle n'a pas entendu quand tu as posé des besoins. Est-ce qu'elle n'a pas entendu parce que c'était pas ce qu'elle voulait entendre, ou parce que tu as pas été plus affirmatif ?
C'est toi qui peux dire, mais je pense que lorsqu'on est la personne qui amène la non-exclusivité, on est aussi censé prendre (et partager) souvent l'initiative des soins de la relation historique.
Et dans ce que tu décris, tu as fait la recherche beaucoup de ton côté. Je me rends pas compte ce qu'elle faisait à côté, mais je suis toujours un peu peiné quand j'ai l'impression que lors de l'ouverture de la relation, on affiche vouloir un cadre polyamoureux, il y a une personne qui se contente d'organiser et vivre sa nouvelle vie, et une autre qui se cogne tout le taf d'apprentissage relationnel. C'est pas perdu si on le veut bien, mais ça crée pas les conditions les plus solides pour la suite.

Message modifié par son auteur il y a 8 mois.

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badin

le jeudi 21 avril 2022 à 17h48

merci Siestacorta pour ta réponse très juste.

siestacorta
Mais elle a voulu croire en la matérialité de votre attachement quand pour toi la remise en cause de la dimension sexuelle de votre relation ne permettait pas de partager pleinement sa croyance.

qu'est-ce que tu veux dire par matérialité de l'attachement ?

je crois que tu as parfaitement raison quand tu dis qu'elle s'est mentie à elle-même, de manière inconsciente. Finalement moi aussi.
Après la première rupture catastrophique, on s'est trop rapidement retrouvé, puis la 2e tentative bricolée de relation polyamoureuse. Je me suis voilé la face au début, trop heureux de pouvoir serrer à nouveau madame dans mes bras, mais mes insécurités sont devenues trop grande, malgré tous mes efforts, et mon travail de rationalisation. Aujourd'hui avec un peu de recul, je commence à m'avouer que madame n'a pas beaucoup pris soin de moi, pas assez, ce qui a créé cette spirale vicieuse: peu de soin donc insécurité, qui finit par agacer, donc peu de soin. Ceci ajouté aux demi mensonges, les dissimulations, les vérités découvertes "par hasard"...
De mon côté, je n'ai pas réussi à clairement formuler mes besoins, car je n'en ai pas encore clairement conscience...

siestacorta
il y a une personne qui se contente d'organiser et vivre sa nouvelle vie, et une autre qui se cogne tout le taf d'apprentissage relationnel

c'est exactement ça ! j'ai l'impression maussade d'avoir fait constamment le grand écart pour m'adapter en permanence, quand madame parlait encore et toujours de son plaisir, sa liberté, son libre arbitre. Tout en me gardant "sous le coude", en parlant de futur, d'attachement, de bulle d'amour.
Et bizarrement, quand elle a appris que j'avais couché avec une autre femme, le lendemain elle prenait la décision de me quitter.

Bon bref, une rupture de plus sur ma longue liste personnelle, mais je n'accuse pas le polyamour qui conserve à mes yeux toutes ses vertus, même si je ne sais pas encore si j'ai personnellement les épaules taillées pour ce modèle insécurisant ;)

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Siestacorta

le vendredi 22 avril 2022 à 11h55

badin
merci Siestacorta pour ta réponse très juste.

qu'est-ce que tu veux dire par matérialité de l'attachement ?

Que ce serait pas une relation "imaginaire", que vos autres habitudes de relation, sexe à part, suffiraient à faire exister le lien. Quelqu'un peut croire que se déclarer en relation est "performatif", c'est à dire qu'il suffit de le déclarer pour que ce soit vrai. Je parle de matérialité pour dire que peut-être, il y avait des gestes, des temps et des pratiques qui incarnaient et pouvaient paraitre suffisants pour incarner une forme d'amour.

badin
je n'accuse pas le polyamour qui conserve à mes yeux toutes ses vertus, même si je ne sais pas encore si j'ai personnellement les épaules taillées pour ce modèle insécurisant ;)

Ben il faut aussi que les autres partenaires concernés les aient, ces épaules. Je veux dire que si c'était quelqu'un de plus solide et clair avec elle-même qui t'avait proposé ça, ça aurait pu se passer au moins moins mal.

Je n'ai pas compris si la rupture était liée à l'histoire du médium ou à ta propre rencontre hors couple, du coup ?

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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badin

le vendredi 22 avril 2022 à 16h00

merci pour tes éclaircissements. Je trouve tes remarques pleines de bon sens !
oui, la relation était pleine d'affection hors sexe, beaucoup de tendresse, d'écoute, de temps de discussion, d'échanges. Il y avait beaucoup d'attachement, c'est indéniable.
Sur la toute fin, j'étais même près à tenter cet essai de continuer sans sexe, en ravalant ma fierté et mon ego blessé. On s'était même réconcilié en se prenant dans les bras, en s'embrassant, en planifiant de se revoir. J'étais même soulagé de ne plus me sentir dans une quête de performance sexuelle, dans sa recherche de plaisir. Je sentais tout de même se profiler une fin douce, la relation semblant se réduire comme peau de chagrin.

siestacorta
Ben il faut aussi que les autres partenaires concernés les aient, ces épaules. Je veux dire que si c'était quelqu'un de plus solide et clair avec elle-même qui t'avait proposé ça, ça aurait pu se passer au moins moins mal.

c'est un point de vue très intéressant, et ça me fait du bien de le lire. Au début, c'est moi qui ai proposé l'étiquette "polyamour" sur ce schéma qu'elle expérimentait. C'est moi qui l'ai encouragé à se renseigner, pour éviter qu'on fasse trop d'erreur, qu'on se fasse du mal. Elle de son côté disait en profiter "sans se prendre la tête". Visiblement, j'étais le seul à me la prendre, tout roulait bien pour elle...

siestacorta
Je n'ai pas compris si la rupture était liée à l'histoire du médium ou à ta propre rencontre hors couple, du coup ?

je ne sais pas bien non plus. Son dernier appel était un peu confus, ça a été rapide, elle a comme vidé son sac, me reprochant de ne pas faire attention à son plaisir (encore et toujours lui...), d'avoir aimé coucher avec une autre, que les retrouvailles soient à nouveau éprouvantes, puis cette histoire de médium qui a tiré une "carte négative à mon propos". J'y vois comme la goutte d'eau qui a fait déborder son vase.
Madame avait besoin de tout contrôler, les heures et les lieux de rencontres, le choix des films, les repas, les planning, les sorties, alors j'imagine qu'apprendre que finalement j'avais "réussi" à coucher avec une autre qu'elle l'a déstabilisé, ou ne rentrait pas bien dans sa vision des choses.
Simple hypothèse, je ne sais pas.
Elle était paradoxalement très influençable, et croyait de plus en plus dans l'ésotérisme, le paranormal. S'intéressait dernièrement aux flux d'énergie (pour expliquer sa tentative de suicide, sans jamais se remettre en question !), au pendule, au tarot.
Cela fait 3 semaines maintenant, j'essaie de ne plus trop y penser, de ne plus faire de suppositions quand je me réveille au milieu de la nuit.

Aujourd'hui je focalise mon énergie sur la connaissance de ma dépendance affective, ma tendance à me sur-adapter pour chercher de l'affection. Aussi sur le diagnostic TDA (trouble déficit attention) qui dit que je cherche des relations fortes et intenses avec des affects très vifs. Je me reconnais dans ces choses là, mais ne souhaite pas y rester prisonnier.

Je continue à fréquenter la femme avec qui j'ai "couché", et y découvre le plaisir de discuter avec une femme de mon âge, plus mature, tempérée, expérimentée. Je ne crains pas forcément qu'elle se mette en colère à chaque coin de phrase, qu'elle me garde rancune.
To be continued :)
Merci encore aux personnes qui prennent le temps de répondre, c'est constructif et très enrichissant !

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Siestacorta

le vendredi 22 avril 2022 à 16h42

badin

Elle était paradoxalement très influençable, et croyait de plus en plus dans l'ésotérisme, le paranormal. S'intéressait dernièrement aux flux d'énergie (pour expliquer sa tentative de suicide, sans jamais se remettre en question !), au pendule, au tarot.
Cela fait 3 semaines maintenant, j'essaie de ne plus trop y penser, de ne plus faire de suppositions quand je me réveille au milieu de la nuit.

Bien vu pour ce paradoxe. C'est effectivement pas si impossible chez des gens dans le contrôle de chercher du surnaturel / fatal pour expliquer ce qui ferait trop mal à l'ego d'expliquer autrement.

badin
Aussi sur le diagnostic TDA (trouble déficit attention) qui dit que je cherche des relations fortes et intenses avec des affects très vifs. Je me reconnais dans ces choses là, mais ne souhaite pas y rester prisonnier.

ha, je reconnais des bouts :-)

Avec ou sans impulsivité ?
J'avoue que comme gros rêveur, j'ai tendance à rencontrer aussi des personnalités intenses - sans doute que je préfère connaitre la cause de ce qui fait bouger mon monde plutôt qu'en porter la charge sans être capable de bien la maitriser (beaucoup de ce qui m'arrive, c'est comme si je me réveillais en retard sur une action que je n'ai pas vue commencer. Au moins quelqu'un d'intense, c'est prévu qu'il soit tout le temps dans le mouvement, je suis pas surpris...)

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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badin

le dimanche 24 avril 2022 à 12h22

siestacorta
ha, je reconnais des bouts :-)

Avec ou sans impulsivité ?
J'avoue que comme gros rêveur, j'ai tendance à rencontrer aussi des personnalités intenses - sans doute que je préfère connaitre la cause de ce qui fait bouger mon monde plutôt qu'en porter la charge sans être capable de bien la maitriser (beaucoup de ce qui m'arrive, c'est comme si je me réveillais en retard sur une action que je n'ai pas vue commencer. Au moins quelqu'un d'intense, c'est prévu qu'il soit tout le temps dans le mouvement, je suis pas surpris...)

super intéressant ce que tu racontes !
pour ma part, c'est sans impulsivité, même si je ne suis pas bien sûr de la définition. Je ne suis pas excessivement hyperactif, mais disons qu'il faut que je prenne l'air au minimum chaque jour, les journées canapé à regarder des séries ce n'est absolument pas pour moi. Randonner 20km avec plaisir, mais je peux aussi rester à mon bureau 2h sans trop d'effort (pas tellement plus non plus :-) )

Ce que tu dis sur la rêverie, la rencontre de personnes plus affirmées, ça me fait beaucoup penser à cette phrase de Jean-Paul Dubois dans "le cas Sneijder". Le narrateur parle de son ex femme qui n'avait pas cette capacité à lui "fouetter le sang", lui impulser de la vie ou des affects vifs. Je m'y reconnais beaucoup, j'ai vécu une très belle histoire de 3 ans, très douce et tendre, mais ma psy m'explique que c'était peut-être TROP simple pour moi, l'ennui a refait son apparition. Dur d'entendre ce discours, je devrais donc toujours rester sur le fil du rasoir pour ne pas m'ennuyer...

siestacorta
sans doute que je préfère connaitre la cause de ce qui fait bouger mon monde plutôt qu'en porter la charge sans être capable de bien la maitriser

Et comme toi Siestacorta (si je comprends bien !), je n'assume pas bien ma vie, j'attends la femme qui me prendra la main pour me faire bouger. Sauf que je ne suis plus un enfant, et qu'être un adulte c'est savoir se prendre en charge, je ne dois pas chercher une maman ou une coach...Dur dur, personne ne tombera du ciel pour me prendre la main ! Me voilà donc à 36 ans avec toutes mes questions et angoisses à gérer, mais comme tout le monde finalement.

badin
Je continue à fréquenter la femme avec qui j'ai "couché", et y découvre le plaisir de discuter avec une femme de mon âge, plus mature, tempérée, expérimentée. Je ne crains pas forcément qu'elle se mette en colère à chaque coin de phrase, qu'elle me garde rancune.

Pour continuer le roman de ma vie poly-rebondissements, j'ai rompu ce matin avec cette femme dernièrement rencontrée. Elle demande de l'engagement, de l'exclusivité, commence à souffrir d'apprendre que je flirte de mon côté.
C'est presque étrange de se dire qu'on s'entend bien, on a des choses à se dire, on aime faire l'amour ensemble, mais il faut s'arrêter. La vérité c'est qu'il faut s'arrêter parce qu'elle a déjà mal, il n'y pas à chercher midi à 14h finalement. C'est un peu triste, oui, mais je peux surtout affirmer que c'est une décision commune, respectueuse et attentive, et c'est ce qui prime avant tout.

La femme avec qui je flirte me plaît beaucoup, on ne s'est pas embrassé mais on y pense tous les deux yeux dans les yeux.
Elle rassemble tous les signes qui devraient "m'alerter" si je n'étais pas TDA (donc amnésique de mes expériences affectives): elle a un copain depuis presque 2 ans à distance, elle quittera sans doute ma ville d'ici quelques mois, elle est un peu plus jeune que moi.

Le fil du rasoir, la recherche de sensation, l'envie d'être accepté et aimé, j'arrive aujourd'hui à mettre des mots sur ces choses.
Voilà la théorie, pour les actes et les décisions constructives il faudra repasser un peu plus tard :-/

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