Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Couple mono puis ouvert en déstructuration...

Sexualités
#

Aoï (invité)

le mercredi 05 juin 2019 à 21h05

Bonjour à tous !

Bon alors voilà, je me lance. En essayant de résumer. Je n'ai pas réussi à mettre un thème car c'est transversal : monogamie, sexualités, jalousie, romantisme, témoignage

11ans et demi d'amour, j'ai 26 ans, elle 27.

Il y a environ 4 ans, crise majeure de notre couple. Perte de libido de sa part, jalousie de mon côté. Elle se sent étouffée par notre relation et ma jalousie, qui ne lui permet pas de laisser libre cours à son potentiel social, sexuel. Ce qui induit pour elle essoufflement dans notre relation, perte d'énergie globale et plus beaucoup de libido.
Remise en question de mon côté. Beaucoup de lectures. Je découvre le polyamour et j'adhère au concept. Je lui en fait part. Malgrès que de mon côté je ne ressent pas le besoin de m'ouvrir à d'autres relations amoureuses/sexuelles. La théorie de biodiversité amoureuse et sexuelle, de liberté et d'émancipation me séduit. Mais je vois surtout ça comme une "ceinture de sécurité" pour notre couple. Si je dépasse ma jalousie et ces peurs de elle avec un ailleurs et d'autres, tout ira mieux. On adopte le polyamour.

Depuis ce temps là, des hauts des bas. On a fait notre chemin, quelques aventures des deux côtés et même ensemble avec une troisième personne, qui s'est mal terminée. Par moments, remontées phénoménales de libido et d'énergie des deux côtés. Crises dramatiques à d'autres moments, particulièrement quand je suis fragile pour une raison ou une autre. Dans ces moments là, ces aventures me plongent dans des crises d'angoisses et de peurs paniques. Perte de confiance en moi, tristesse. Parfois accès de violence, pas envers des gens, mais des objets, il faut que j'aille couper pas mal de bois très fort pour que ça passe...

Jusqu'à présent, on a réussi à passer au dessus. Elle me "rattrapait" tout le temps comme je luis dit. Par ses sourires, son amour et son désir. Et moi j'arrivais aussi à remonter de mon mal de ventre.

Mais quand je suis mal, elle aussi. Et si on ne fait pas attention, suit un cercle vicieux où elle perd de l'énergie car comme j'ai mal réagit à des aventures qui elle la nourrisse, elle veux me préserver et s'en passe. Mais on retombe dans le schéma d'avant l'ouverture de notre couple...

On s'aime sans conteste. On arrive bien à communiquer. On tente de ne pas se faire de reproche. On y arrive plutôt bien. Ne pas se juger.

C'est la première fois depuis 11ans et demi que l'on envisage de se quitter. Et ça fait très mal.

Le problème majeur se cristallise dans le désir sexuel entre nous.
Pour moi il est fort et sans appel, depuis tout ce temps.
Pour elle il est cyclique.
Il y a des périodes comme en ce moment, où elle me dit avoir très peu et même pas de désir pour moi. Mais beaucoup pour d'autres.
Elle se sent un "devoir conjugal" sexuel envers moi, qui l'empêche d'être libre, et donc de me désirer. Bien que j’essaie vraiment par tous les moyens de ne pas la pressuriser. Elle me dit que j'y arrive, que ça ne vient pas de moi. Je ne sais plus quoi faire. J'ai même peur d'aller vers elle...
Et je suis malade qu'elle fasse l'amour avec d'autres.
Ca me met dans tous mes états. Et donc cercle vicieux dont j'ai déjà parlé. Qui prend depuis quelques mois des trop grandes proportions...
Sauf qu'elle a décidé de ne plus essayer de se changer pour rester en couple avec moi. Ce qui est honorable est sage j'ai l'impression.
Mais elle prend de la distance et vit des aventures. Mais voudrais rester avec moi et continuer nos projets. Mais j'ai tellement mal. Je me sens rejeté. J'ai une perte de confiance en moi et je me sens constamment en insécurité. Quand tout va bien entre nous, qu'elle vive d'autres relations me touche toujours assez profondément, mais j'arrive à bien les vivre. Mais quand ça va déjà pas terrible, particulièrement au niveau sexuel, c'est l’effondrement. Et là c'est le top niveau. Pour la première fois de notre vie nous envisageons de nous quitter. Mais elle arrive tout de même à vivre d'autres relations, qui lui font du bien. C'est très bien pour elle. Mais c'est tellement dur pour moi.

Je ne veux pas la quitter. Mais me demande si je ne suis pas entrain de m'acharner. Est ce que ce n'est pas une sorte de preuve d'amour romantique destructrice ?

Je serai prêt à continuer à travailler ma jalousie, prendre sur moi. Lui laisser prendre la liberté dont elle a besoin. Mais j'ai peur, à force, si son désir pour moi ne revient pas, de lui en vouloir. De me sentir le gentil copain qui fait des massages, qui est tendre et câlin, qui porte les projets avec elle, les engagements. Mais pas l’énergie vitale de lien et de partage corporel qui se retrouve dans le sexe.

Et je trouve ça triste de se séparer pour ça. J'ai l'impression que ça ne devrait pas être le facteur limitant d'une relation amoureuse. Mais mon corps me dit le contraire, avec mon ventre qui a mal, parfois en la regardant simplement, la trouvant tellement belle... mais hors de portée.

Bon. Et puis, moi je suis en train de m'installer. Je suis berger-éleveur. C'est un grand tournant dans ma vie. Le plus grand projet. Les plus grands engagements jamais pris. Et je crois que ça amplifie mes envies de «  projets de couple ». Mais elle pense ne pas vraiment être faite pour être en couple. Qu'elle a essayé pendant longtemps car elle m'aime et moi aussi. On se souvient tous les deux. La première fois qu'on a loué une maison ensemble. J'étais tout content. Elle avait peur.

Comme si elle avait essayé de faire couple avec moi sans y trouver son compte totalement. Et moi pareil, ouvrir notre relation au polyamour, prendre une certaine distance et liberté l'un vis à vis de l'autre, mais pas par envie, par besoin pour préserver notre couple... et ça ne marche pas. Les quelques aventures que j'ai eue m'ont largement chamboulé. Comme si je cherchais à la remplacer. Pas consciemment. Mais ma voix intérieure suggérais clairement de me mettre en couple avec ces autres filles. Mais je me résonnais. Et je l'aime trop.

Je crois que je ne suis pas polyamoureux. Et elle l'est par essence.

Bref.

Dompter mes émotions pour tenter à nouveau de rester ensembles. Mais dans ce cas, comment adapter nos comportements pour que ça se passe bien. Et comment faire car j'ai l'impression bien souvent de devoir couper mon cerveau émotionnel et théorique de ce que je ressent pour elle pour ne pas trop souffrir.
Ou alors nous quitter, afin de préserver notre amour et ne pas l'ensevelir sous la souffrance en essayant de préserver notre relation...

Est ce normal que dans une relation longue, il y ait perte de désir de l'un des partenaire pour l'autre mais pas pour d'autres gens …Et comment gérer ça sereinement dans une relation où il est permis aux partenaires d'avoir d'autres relations.

Ce n'est pas si court finalement. Et je ne sais plus quoi faire. Je ne sais pas si écrire ici m'aidera, et si je serai très réactif dans les réponses, c'est vrai que je n'ai pas trop le temps. Mais je crois que écrire déjà me fait du bien. Je ne parle de ça avec quasiment personne à part elle.

#
Profil

cactus

le mercredi 05 juin 2019 à 22h36

Bonsoir Aoï,

Je parlerai juste de la perte de désir, car je nous retrouve complètement dans "Le problème majeur se cristallise dans le désir sexuel entre nous.
Pour moi il est fort et sans appel, depuis tout ce temps.
Pour elle il est cyclique."

On a vécu une longue traversée du désert du point de vue sexe avec mon conjoint, et ce qui fait que nous en sommes sortis, c'est qu'un élément déclencheur m'a permis de commencer à comprendre le fonctionnement de ma libido. A partir de là, j'ai pu réfléchir sur moi et de nouveau avoir envie (alors que j'en étais arrivée au rejet de lui).

En revanche, mon désir reste variable, avec des hauts et des bas (fatigue, stress, soucis perso....), et surtout c'est du "tout ou rien", c'est a dire qu'il s'exprime envers toutes les personnes pour qui j'ai du désir, ou aucune. Le fait que je sois transportée par un sentiment amoureux génère aussi du désir pour mon conjoint.

Il n'y a pas longtemps, @Lenah a posté cette conf, assez intéressante :
https://www.ted.com/talks/esther_perel_the_secret_...

Et aussi : https://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2016/0...

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

#
Profil

Mark

le jeudi 06 juin 2019 à 05h41

@Aoï

bonjour,

d'abord, merci de ton témoignage qui, je trouve, brille par son analyse et lucidité de ta situation de couple.
Je me suis reconnu dans plusieurs points que tu as évoqué et ne peux que te suggérer de continuer sur la voie de développement personnel et de déconstruction de la jalousie que tu as entamé.

Elle ne sera peut-être pas suffisante pour te permettre de vivre sereinement le besoin de liberté de ta compagne,
il serait hypocrite d'affirmer le contraire, mais tu veux t'en donner les moyens, ce qui est compréhensible.
D'autres outils et pistes existent sûrement pour vous aider à avancer, vous pourriez explorer ça ensemble et peut être solliciter de l'aide professionnelle pour vous guider vers les solutions qui vous permettront d'avancer de manière plus sereine.

Après, il est toujours facile de te dire que si elle te reviens et continue de se projeter dans la durée avec toi est objectivement un engagement de sa part. Certes, mais si tu continues d'en souffrir et l'accepte par dépit, il est temps de lui demander une pause pour vous retrouver. Avec en plus le lancement d'une activité professionnelle, j'imagine que tu as sûrement besoin de te concentrer et t'investir à 200% les prochains temps et besoin de support plutôt que des soucis.

Je vous souhaite plein de courage, d'écoute et de bienveillance réciproque pour avancer positivement dans ce qui est de toute évidence, une très belle histoire d'amour qui a besoin de trouver son équilibre et des réponses.

#

Aoï (invité)

le jeudi 06 juin 2019 à 13h01

Bonjour à tous les deux.

Merci pour vos réponses qui me donnent de l'air.

Particulièrement avec le témoignage de cactus et les articles proposés, je me sens moins seul. Ou plutôt, j'ai l'impression que notre situation est "courante" et non isolée. Ce qui me rassure. Aussi, si c'est si courant la perte de désir de l'un des partenaires dans une relation longue, si j'ai à nouveau une relation longue avec une autre personne, ça risque fortement de se reproduire. Alors plutôt que de bloquer sur cet obstacle dans notre relation actuelle, il me semble plus judicieux de le dépasser aujourd'hui.
Le truc c'est qu'a force de dépasser des obstacles, je crois qu'on a tous les deux par moments le sentiment de s’essouffler. Et c'est donc difficile par rapport à la spontanéité de nouvelles relations et aventures. Et en même temps une grande force que l'on construit ensemble petit à petit.

Ca me re donne envie de continuer sur un chemin de compréhension et d'acceptation de mes émotions. Je crois que je n'y ai plus trop mis d'énergie ces derniers temps, car l'énergie je la met ailleurs. Et j'ai l'impression de retomber dans des schémas de jalousie que j'avais cru dépasser.

Mark, tu parles d'autres pistes et outils. Est ce que tu as des idées de ressources (livres, sites internet) sur ces sujets en particulier (sexe dans relation longue durée, jalousie) autres que celles déjà présentes ici? (j'ai déjà lu beaucoup d'articles ici et ailleurs, lu Françoise Simpère et la Salope éthique, peut être je devrais m'y replonger).
J'ai aussi pensé à des groupes d'échanges style café poly, mais j'ai peur de me retrouver avec des prêcheurs convaincus polypoly amoureux plutôt que polyacceptant en détresse, un endroit de rencontre et de désir, plutôt qu'un espace d'écoute et d'échange sur les situations de chacun, qui font réfléchir à comment bien/mieux vivre le polyamour.

Tu parles aussi de professionnel. Mais parler de ça avec un pro ça me fait peur. Est ce qu'il sera ouvert à ce type de schéma relationnel. Est ce que parler d'amour et de sexe avec un pro n'enlève pas encore une couche de spontanéité... C'est comme se faire opérer, c'est toujours dur de confier son corps endormi à un professionnel en toute confiance. Bon là c'est en pleine conscience, mais j'ai un peu le même sentiment, avec le risque supplémentaire de continuer à briser certaines choses entre nous et à force de nous dégoûter de nos efforts.
En parlant d'effort, c'est en fait déjà assez dur d'accepter de faire des efforts pour que ça marche. C'est facile et beaucoup plus sexy de se dire que tout devrait être spontané dans l'amour et le sexe,... Alors y "travailler", en couple, avec un pro. Pfiou.

On a commencé à aller voir une psy. 2 fois je crois. Ca nous a aidé à poser qu'il y avait un problème. Formaliser des choses. Mais je crois qu'on a pas touché directement au sujet cristallisant du sexe.perte libido/jalousie. Peut être parcequ'on a pas osé. Et que c'est plus facile de parler des autres problèmes.

Bref, en tout cas ça me fait du bien de m'exprimer ici, même si c'est curieux comme interaction sociale.

Merci

#

Aoï (invité)

le jeudi 06 juin 2019 à 13h24

En ce qui concerne une pause.
J'ai vraiment du mal à m'y projeter. Elle m'a proposé de faire ça. Que peut être ça nous donnerait l'occasion à elle de se sentir totalement libre et non responsable de moi, pour vivre et expérimenter ce qu'elle a envie.
Moi de mon côté je me dit que pourrais apprendre à vivre sans elle. Re développer des activités auxquelles je donne moins de temps.
Mais sincèrement je n'en ai pas envie. En ce moment, là où je donne et doit du temps c'est mon installation, et là où j'ai envie d'en mettre de tout mon coeur c'est notre relation.

Et pour faire une pause, dans la situation actuelle où l'on est, moi "bloqué" (géographiquement et socialement) dans mon projet pro, et elle très en vadrouille (géographiquement et socialement), je pense que je devrais fournir un tel effort que ça me demandera de me couper trop fortement d'elle. J'ai déjà vécu ça. Quand elle est quelque part, qu'elle vit pleinement sa vie, ses amours et ses désirs. C'est comme si mon mécanisme de protection était de la sortir de moi, de mon esprit et de mon corps. Tant bien que quand elle revient, j'ai du mal à me "reconnecter".

Et je crois ne pas réussir à concevoir le concept de pause. Pause de quoi ? Amour, je le sais, c'est pas possible. Alors quoi ? de câlins, de sexe, de temps, d'attention , de câlins, d'intimité, de partage ?
Ca veut dire se séparer non ?

#
Profil

Mark

le jeudi 06 juin 2019 à 14h17

@Aoï

Je m'excuse, j'aurais du mieux exprimer mes pensées malgré l'heure très tardive de mon message.
Par pause, je pensais à trêve, un moment pour vous rapprocher, vous reconnecter ensemble à votre relation. Ou ta compagne se rend plus disponible pour vous, pour toi. Dans ma pensée, tout le contraire d'une séparation ou prise de distance temporaire.

J'ai bien compris, car vécu, le danger des mécanismes de protection que tu évoques. Créer une distance de protection peut mener à un détachement affectif, contraire au but recherché.

Si tu passes un peu plus de temps ici, tu découvriras un espace d'écoute bienveillant, de partage de ressources, d'outils et de vécus. Cela peut effectivement paraître un peu curieux au premier abord, mais c'est tout sauf un repère de polys "convertionnistes". C'est même parfois plus proche d'un certain village gaulois ;-)

Le sujet sexe et relation longues? Voici un lien dont j'ai pris connaissance pas plus tard que ce matin. Tu y trouvera peut être quelques pistes de réflexion? D'autres viendront sûrement compléter la liste de suggestions.

www.madmoizelle.com/pas-envie-sexe-couple-998868
ceux cités par @cactus sont particulièrement intéressants.

Tu peux me contacter par messagerie interne si tu prends deux minutes pour t'inscrire, je pourrais te faire suivre quelques autres lectures.

#
Profil

PointG

le jeudi 06 juin 2019 à 16h35

Bonjour Aoï,

Je comprends tellement ce que tu ressens car je suis dans une situation similaire.
Je comprends tellement ton blocage vis à vis de la sexualité : comment vivre sereinement ses relations, quand tu sais qu'elle a du désir pour d'autres mais que pour toi c'est absent ? Personnellement j'ai été très clair avec ma femme : je ne le peux pas ! Je ne peux pas accepter cela, enfin si mais sous certaines conditions en fait.

En effet, j'ai besoin d'être occupé dans ces moments, ne pas être seul à la maison (surtout que nous sommes parents de 2 enfants, donc quand elle s'en va retrouver son amoureux j'ai juste l'impression d'être le gentil mari qui ferme sa gde bouche pendant que Mme va s'amuser !)
Nous avons donc trouvé un consensus qui autorise que la relation soit plus qu'amicale que dans certaines situations. Alors je sais que ça peut faire bondir les poly les plus fervents mais on part de loin quand même (au début rien que le fait qu'elle le voit même purement amicalement me retournait l'estomac !) Après de mon côté, j'ai travaillé sur ma jalousie et je me suis rendu compte au fil du temps, que le fait qu'elle le voyait ne m'enlevait rien à ma place. On a donc introduit progressivement un peu plus d'intimité. Mais le plus important ça reste l'écoute de chacun, et si ta femme est réellement dans une démarche polyamoureuse, la règle que bcp site ici est l'avancée selon le plus lent (en l’occurrence toi !)
En plus de ce consensus, un travail à 2 a été mis en place, parce que dans les relations longues durées, il est normal que la libido s'éteigne mais le désir peut revenir car ta compagne aime faire l'amour avec d'autres, elle a aimé faire avec toi (et aime surement encore faire avec toi) sauf que ça n'est plus spontanée. Mais parce qu'en vrai quand elle va voir ses relations, inconsciemment l'acte sexuel est intégré dans l'esprit de chacun même si de base on y pense pas automatiquement, ais c'est là en stand by. Donc, je pense qu'en fait, et ça n'engage que moi, la spontanéité est un leurre lol car la relation sexuelle quand elle va voir ses autres relations n'est de toute façon pas spontanée (même inconsciemment) https://youtu.be/HJ1zVPf9uWs

Je peux te dire que je reviens de loin, que le chemin est encore long, que la séparation a été évoqué aussi mais plus dans un souci d'arrêter de se meurtrir. Mais je suis un éternel optimiste et même si pour moi le polyamour ou du moins la polysexualité ne m'intéresse pas (pour l'heure), je crois en l'amour et si chacun à la volonté de maintenir ce qui a été construit alors tout est possible mais c'est à vous et à vous seul d'établir des règles car après tout sans règles claires et précises le consentement peut sembler acquis d'office alors que cela est totalement faux et sans consentement mutuel alors il n'y a pas de polyamour mais une simple infidélité !

Espérant que tout cela peut t'aider et restant à ta disposition si besoin !

#
Profil

oO0

le samedi 08 juin 2019 à 22h01

1° Piste de réflexion - Le lien à la sensualité : En ce qui concerne la question de l'essoufflement du désir dans les relations longues, je me demande souvent s'il n'y a pas simplement un changement de l'érotisme où la sexualité appelle plus de sensualité. Nous venons au monde avec l'empreinte d'un univers très sensuel si nous nous donnons la peine d'imaginer la vie intrautérine, l'empreinte que les premiers mois de notre vie a pu laisser en nous comme première impression de la vie et une boussole. Le sexe n'est-il pas un prétexte à retrouver cette sensualité plutôt que l'inverse ? Le désir ne se perd-t-il ainsi pas dans la recherche du prétexte, le sexe, en perdant ainsi de vue ce qu'il cherche au-delà du sexe ? À force de prendre le prétexte ou encore, le moyen pour la fin, il se perd et s'essoufflement naturellement. Le désir sexuel se confond facilement avec l'excitation, mais n'y a-t-il pas une autre manière de vivre le désir qui ne se réduit pas à la spontanéité de l'excitation ? Après, la manière dont j'introduis la sensualité peut faire peur d'une régression, mais n'est-ce pas une telle peur qui fait fuir la sensualité dans la spontanéité de l'excitation ? Cette peur de la régression n'est-elle pas infondée si nous commençons notre vie à sa base ? Pas mal de thérapie de l'absence de désir sexuel ne passe pas par la sexualité, mais plutôt par la sensualité qui, bien souvent, avec les années est ce qui se perd dans une relation longue.

2° Piste de réflexion - Le plaisir en soi du désir

Brigitte VASALLO
[...] si quelqu’un.e nous plait, il faut être avec cette personne, parce que le désir doit se concrétiser en quelque chose et que l’amour qui n’est pas correspondu n’est pas une joie, mais un malheur. [...]

Et si le désir était quelque chose de beau en soi ? Et s’il n’était pas nécessaire de faire toute une histoire chaque fois que nous éprouvons du désir ? Et si cela pouvait être plus simple et que nous pouvions dire à quelqu’un.e « je te désire » et que l’autre personne pouvait nous répondre « oh, c’est beau » et rien de plus, sans que le désir soit une proposition, ni une attente, ni rien de plus que du désir ? Imaginez-vous un monde ainsi?

Ici, c'est encore autre chose qui entre en jeu : le simple plaisir d'éprouver du désir... sans attente de satisfaction de ce désir, simplement la joie de se sentir vivre dans le désir, de sentir la présence d'une personne nourrir le désir de vivre. Quoi ? Vivre, simplement vivre. Il y a insatisfaction du désir qu'à partir du moment où il y a attente de satisfaction. Pourquoi tout désir devrait-il être satisfait ? C'est une attitude plus esthétique où la sensation en soi vaut pour elle-même, comme face à une oeuvre d'art ou un paysage qu'il n'est pas possible de posséder, mais dont la beauté n'en apporte pas moins le goût de vivre. Après tout, n'est-ce pas la réalité de l'autre que de ne pouvoir le posséder tout comme une oeuvre d'art ou un paysage ? Ce à que l'auteur de cette citation me semble nous inviter, c'est à apprécier le désir en soi, sans qu'il soit nécessaire d'en obtenir la satisfaction pour en éprouver du plaisir et du goût de vivre.

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

#
Profil

Aoi

le vendredi 14 juin 2019 à 21h17

Salut à tous,

juste pour vous dire merci. Ce forum, votre empathie et vos pistes de réflexions m'ont aidé à sortir du "trou" dans lequel je m'enfonçais.

J'ai bien faillit perdre la personne que j'aime tant.

Mais me confier ici et avoir vos retours, puis aller lire pleins de discussions, des articles, ça m'a remis dans un élan de confiance. Et j'ai regagné l'envie de ma partenaire de continuer ensemble.

On va tout les deux "re définir le curseur" entre nous. Ce qu'on est capable d'accepter avec amour et bonne foie pour continuer à rester ensemble. Et ce dont on est pas capable.

En essayant de vivre les instants présents. En sortant de l'idée que l'on va spontanément faire du sexe ensemble ensemble comme ça parce qu'on s'aime et qu'on se plaît. Ou oui, ça arrivera, mais rarement. Au bout de 11 ans, il y a forcément un bagage et des enjeux qui se sont greffés à la pure envie de profiter de nos corps. Et il faut qu'on les dépasse.

Pas facile pour moi, il va falloir que je travaille sur ma jalousie quand elle sera avec d'autres. Et que j'arrête de ressasser mes fantasmes d'elle excitée comme au premier jour, mais pas avec moi. Surtout dans des périodes comme maintenant, difficiles et sans sexe.

Le polyamour pour moi, c'est une sorte de "développement personnel", même si je n'aime pas ce terme.
Et avec tous mes projets de vie qui me prennent beaucoup de temps, j'ai arrêté sans le vouloir d'être das ce cheminement. Et j'ai donc très mal vécu tout élan extérieur de ma partenaire.

Je me suis ressaisit, et franchement ça fait du bien. Même si je sent, comme aujourd'hui, que j'aurais des hauts et des bas dans mon ventre, sans trop savoir pourquoi.

Longue vie à l'amour et au désir des gens qui s'aiment depuis longtemps, même si parfois le chemin est chaotique.

#

Polyarthrite (invité)

le samedi 15 juin 2019 à 09h46

Je souhaite de tout coeur que vous réussisiez à surmonter ses obstacles mais j'ai peur que sur le long terme, si son absence de désir pour toi perdure alors que son désir pour d'autres explose, tu ne puisse pas les supporter.

C'est super en théorie de vouloir tout redéfinir, les limites et tout ça, mais en pratique avec les trippes qui nous assaillent c'est nettement plus compliqué.

Et contrairement à bcp ici, je ne suis pas pour l'absolu nécessiter de taire ses ressentis à coup de lecture, de deconstruction et autres. Quand cela devient obsessionnel et déraisonnable pourquoi pas. Mais s écouter et être conscient des limites, c'est bien aussi.

Bonne continuation

#
Profil

oO0

le dimanche 16 juin 2019 à 16h32

Salut Aoï,

lorsque je t'ai écrit, j'écrivais autant pour toi que pour elle.

Aoi
... que j'arrête de ressasser mes fantasmes d'elle excitée comme au premier jour, mais pas avec moi. Surtout dans des périodes comme maintenant, difficiles et sans sexe.

Longue vie à l'amour et au désir des gens qui s'aiment depuis longtemps, même si parfois le chemin est chaotique.

Je pense que nous avons tous à gagner à comprendre le désir au delà du sexe, le sexe au delà de l'excitation ... des premières fois. Nous recherchons souvent à renouveler les sensations de nos premières expériences, mais est-ce pour autant la bonne manière d'évoluer que de vouloir revivre le passé. Une chose est la conception que nous pouvons avoir lors de la découverte de notre sexualité, mais est-ce pour autant cette conception qui doit régir notre vie ? Elle est spontanée parce que notre corps nous impose de la prendre en considération et sa spontanéité n'est pas forcément agréable vu que l'excitation sexuelle des débuts à tendance à se manifester pour n'importe qui à n'importe quel moment. Dans mon souvenir, cela n'avait rien d'agréable, je ne voulais pas de ces élans la plupart du temps. Dans ce n'importe quoi, le plus agréable, c'était finalement le ridicule de ce n'importe quoi qui me permettait d'en rire. Je m'en rappelle également comme le moment où j'ai pris conscience du caractère conditionné de ce qui pouvait m'apparaître spontané dans ce décalage entre l'excitation des pulsions et ce que je pouvais réellement désirer vivre. Si vous vous arrêtez à la vision du désir au début d'une relation, celle à laquelle nous avons été le plus habitué, vous n'évoluerez jamais vers une vision du désir au long cours. Elle ne s'imagine pas dans la facilité de l'attraction de la nouveauté et, en même temps, du point de vue de vos relations actuelles, la seule qui se prête à imaginer l'évolution du désir dans une relation à long terme, c'est la vôtre. C'est l'avantage que votre relation a sur toutes les autres relations que l'une ou l'autre d'entre vous peut avoir.

Quand tu remettais en question la spontanéité, je pense que tu mettais votre relation sur la bonne voie, tout comme la sensualité me semble être une bonne voie même si elle peut vous donner l'impression de perdre votre sexualité. Le corps a son langage affectif et fort heureusement, il ne se limite pas au sexe, pas plus qu'il ne l'exclut.

#
Profil

Aoi

le mardi 18 juin 2019 à 16h17

Salut !

oO0
Je pense que nous avons tous à gagner à comprendre le désir au delà du sexe, le sexe au delà de l'excitation ...

Je voulais revenir là dessus. Car c'est la première fois je crois que j'essaye vraiment de comprendre ce que signifie cette phrase. Ca m'est arrivé, tout seul dans un coin de ma tête, de me demander si il y avait une différence entre être excité et éprouver du désir. Mais ça en restait là. Je pense que les deux sont assez liés chez moi, car les personnes qui m'excite le plus, sont celles qui engendrent le plus de désir chez moi, et sont généralement des personnes que j'aime, pour qui j'ai une grande affection. Ca s'illustre très bien et très fort dans ce que je ressent dans la relation dont il est question dans cette discussion.

Bref, je ne voyais pas vraiment la différence, ou comment la faire.

Disons que j'ai pas appris à faire la différence je pense. Quand tu es excité c'est que tu as du désir me dit la voix dans ma tête. C'est un peu la voix du capitalisme et de la consommation soit dit en passant...

Mais en fait ça me semble faux. D'autant que j'ai déjà eu des expériences dans lesquelles moi ou ma/mon partenaire avait du désir mais n'était pas excitée.

C'est une bonne piste qu'il faut que je creuse. Et la petite phrase de Brigitte Vasallo m'aide bien. Je tente de considérer mon désir comme un sentiment, à priori beau et créateur. Et d'aimer ce désir en moi. Comme j'aime le sentiment de plénitude et de petitesse que je ressent quand je suis solitaire en haute montagne, qui me semble beau et créateur. Mais dont je n'attends pas forcément une application concrète et pratique à l'instant T. Je crois que ça peut m'aider a m'accepter, et aussi à mieux vivre mon désir, pour moi et et pour elle.

Bon, après, ce qui est difficile là dedans, c'est qu'il y a asymétrie du désir et de l'excitation. Elle me dit avoir du désir pour moi. Le fait est qu'il se traduit rarement en excitation, contrairement à moi.

Oo0
Quand tu remettais en question la spontanéité, je pense que tu mettais votre relation sur la bonne voie

PointG
Donc, je pense qu'en fait, et ça n'engage que moi, la spontanéité est un leurre

Ce que vous me dites, et les autres discussions que j'ai pu avoir, et les lectures, me fait prendre conscience que peut être je dois faire le deuil de la spontanéité sexuelle entre elle et moi.
Soit. J'essaye. C'est pas facile: de une j'ai l'impression que la spontanéité existe chez moi (asymétrie), de deux elle a (ou pense avoir) cette spontanéité avec d'autres partenaires.

Et du coup, c'est comme si je devais faire le deuil de quelqu'un qui n'était mort que pour moi. Alors que c'est une personne (une partie seulement on est d'accord) avec qui j'aspire farouchement à partgaer...
Comme je suis à tendance jaloux, c'est pas facile, même en contrebalançant avec tout ce qui existe d'autre de beau dans notre relation. J'y arrive de mieux en mieux mais c'est long.

oO0
lorsque je t'ai écrit, j'écrivais autant pour toi que pour elle.

Je n'avais pas bien compris. Mais de toute façon, ça fait cinq ans qu'on tourne autour du pot sans que n'i l'un ni l'autre ne vive bien les choses plus de quelques mois... Et aujourd'hui elle a décidé de mieux écouter ses besoin et sentiments propres plutôt que d'en taire trop pour conserver notre relation. Et je sens que là, c'est pas négociable, elle a besoin de liberté sexuelle, de découverte et d'aventure de ce côté là. Pas totale, elle est toujours prête à me prendre en considération et à faire attention à moi. Mais c'est comme ça. Et j'ai fait le choix de vivre avec ce besoin qu'elle a pour l'instant. Je travaille donc pour que ça se passe bien.
D'autant le désir et l'excitation ne sont pas totalement absents entre nous non plus, il y a des hauts des bas. Et les quelques piste dont les vôtres @cactus, @PointG, @oO0, @Mark, me donnent envie d'explorer nos désirs et notre sexualité autrement. J'ai beaucoup d'espoir, en sachant que les chutes sont possibles voir obligatoires.
En parlant de ça je suis en train de lire le livre "Compersion, transcender la jalousie en polyamour" et je découvre un terme qui me parle beaucoup : la neutralité bienveillante . Je me retrouve totalement dans cet état, que j'arrive à atteindre par moments quand elle est avec d'autres. Mais je sens bien que c'est se tenir au bord du gouffre de la jalousie d'en rester là, même si c'est déjà bien.

Et @Polyarthrite, merci pour ton soutien, mais je voulais répondre à une de tes phrases:

Polyarthrite
Et contrairement à bcp ici, je ne suis pas pour l'absolu nécessiter de taire ses ressentis à coup de lecture, de deconstruction et autres. Quand cela devient obsessionnel et déraisonnable pourquoi pas. Mais s écouter et être conscient des limites, c'est bien aussi.

Je me suis pas mal posé la question depuis 5 ans. Est ce que je ne suis pas en train d'aller à l'encontre de mes tripes. Est ce que une bonne partie de ce que je ressent spontanément n'est pas une erreur ? ...
Vu comment j'étais avant, je pense arriver de loin question remise en question de ma manière d’appréhender les relations amoureuses. Mais il y a 4/5 ans, quand on a fait ce choix, si j'avais seulement écouté mes tripes, sans lire, rencontrer des gens. Alors on ne seraient plus ensembles à l'heure actuelle.

Et pour tout ce que l'on s'est apportés, tout ce que l'on a vécu ensembles et individuellement depuis ce moment là, je peux assurer que ça valait le coup, et de loin. Donc j'ai envie de continuer.
Mais merci du conseil, c'est vrai qu'il faut apprendre à respecter ses limites. J'aimerais le faire tout en restant avec elle.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion