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Sur ma situation personnelle

Témoignage
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Profil

Tangebat

le vendredi 01 mars 2019 à 17h33

Bonjour,

Je poste ici pour avoir un peu votre ressenti par rapport à ma situation. L'histoire qui suit, je l'ai déjà racontée dans un autre sujet, mais ce n'est pas grave. Je fais court ici :
Je suis marié, j'ai un enfant. Ma femme est quelqu'un que j'aime, mais qui est rapidement agressive lorsqu'elle se sent atteinte négativement par quelque chose, une situation, de la jalousie, et parfois la communication est difficile sans violence verbale.

Il y a quelques années, nous avons décidé de l'ouverture du couple (pas de polyamour alors), et tandis qu'elle ne cherchait pas, moi c'était le cas. La première relation que j'ai eu était acceptée par ma femme officiellement, mais des tensions apparaissaient malgré tout entre nous à cause de cette nouvelle relation. Cela a duré quelques mois, puis j'ai coupé court avec la deuxième (c'était devenu très pénible à la fois chez moi et avec l'autre, les deux étant jalouses). Du temps a passé, avec ma femme nous avons eu un enfant, et peu après j'ai commencé une nouvelle relation, avec une femme appelée B. J'ai rapidement développé pour B des sentiments (je ne connaissais pas encore le polyamour) sans que cela ne remette en cause ce que je ressentais pour ma femme. Mais celle-ci, entre le bébé que l'on venait d'avoir et la jalousie qu'elle ressentait, a brutalement décidé qu'elle ne voulait plus de couple ouvert. Moi, en pleine lancée dans cette nouvelle relation (et donc NRE inclus), je n'ai pas pu arrêter, et j'ai donc commencé à tromper ma femme. Cela a duré deux ans.
Après deux ans, ma femme l'a appris. Orage dans la maison. Elle a décidé elle aussi d'aller coucher ailleurs pour la première fois afin de rétablir un équilibre (je lui ai donné mon autorisation évidemment). Elle y a vite pris goût. La 1re fois étant un peu de la vengeance, avec le premier qui était là, même s'il ne lui plaisait pas. Elle est passée à un 2e homme qui lui plaisait bien plus, et a commencé à sortir un peu avec lui... Même si cela n'a pas duré longtemps.
Cela a considérablement apaisé notre relation entre elle et moi. Même si tout n'est pas encore tout rose.
Elle est ensuite passée à une relation plus sérieuse avec un polyamoureux. Et là c'était vraiment bien pour elle, elle a commencé à s'épanouir. Et à m'autoriser à reprendre avec mon amoureuse (B) à moi (relation en pause pendant ce temps). Cette amoureuse était en couple, et elle trompait son copain (ce ne sont pas vraiment mes affaires). Aujourd'hui, elle est célibataire (il l'a quittée).

Voici la situation actuelle :
La relation de ma femme avec son copain périclite en ce moment, parce que lui commence un couple avec une monogame, et il est en désarroi. Ma femme aussi du coup.
Moi en revanche, le célibat tout frais de B a généré une nouvelle NRE, c'est un truc de fou. Ça se passe hyper bien pour moi, et ça fait vraiment contraste avec ma femme.
Du coup, celle-ci est agressive et est encline à me culpabiliser, car je veux passer du temps avec B, je veux même partir en WE avec elle, j'ai envie de profiter pleinement de cette relation plus libérée de son copain à B, et B a envie de profiter de moi. Elle me mène la vie dure en me disant qu'elle est bien gentille d'accepter cette relation, alors que je l'ai trompée avec, et puis ça la soule que je veuille passer plus de temps avec elle, et elle m'accuse en gros de plus aimer B qu'elle-même. Évidemment cette agressivité ne m'aide pas à me rapprocher d'elle, alors que je préférerais largement qu'il n'y ait plus cette agressivité, et pouvoir ainsi passer du temps apaisé avec ma femme. Elle me met donc la pression.
D'un autre côté, moi-même j'ai envie de profiter de B et l'idée de ne pas passer assez de temps avec elle me hante, parce que je suis angoissé qu'elle en ait marre que je ne sois pas assez dispo (maintenant qu'elle l'est beaucoup plus), j'ai peur aussi qu'elle décide donc de se mettre en couple rapidement avec un monogame qui interdira cette relation.

C'est une situation difficile pour moi. J'ai peur de ne plus être aimé par B, j'ai peur de l'agressivité de ma femme (qui me stresse grandement), je me sens cerné entre le désir de ma femme de passer moins de temps avec B, et la peur de perte de désir de B car je ne peux pas passer plus de temps avec elle.

Si ça vous inspire quelque chose...

Merci de m'avoir lu dans tous les cas.

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Profil

Santian

le vendredi 01 mars 2019 à 18h42

Bonjour Tangebat,
Je vais peut-être dire beaucoup de bêtises, mais ton histoire m'inspire des choses effectivement.
Tu exprimes beaucoup de peur. Peur de perdre B parce qu'elle en aura eu marre de toi, peur de perdre ta femme parce que tu en auras eu marre d'elle, si je résume grossièrement. Le premier conseil que je te donnerais, c'est de ne pas prendre de décision basée sur la peur. Les peurs que tu ressens sont des alarmes, il faut y faire attention, mais surtout pas les laisser te dicter tes actions. Il vaut mieux aller vers ce que tu veux pour toi, plutôt que d'essayer de fuir ce que tu cherches à éviter... et sur quoi tu n'as généralement aucun contrôle.
NRE et vie conjugale, ces 2 situations peuvent jouer sur la dépendance affective je crois. Tu sembles dans une situation intenable, et les femmes dans ta vie semblent avoir une emprise sur toi considérable, et pas forcément voulue par elles d'ailleurs.
Il y a évidemment un travail de communication à faire avec ta femme, et peut-être aussi avec B, pour arriver à des discussions moins violentes (je te renvoie à la page wikipédia de la CNV à ce sujet, c'est déjà pas mal). Et il y a un travail à faire chez toi. Il faut que tu te rendes compte que le fait que B pourrait se lasser de toi, c'est son droit le plus strict, et tu ne pourras rien faire pour empêcher ça. Tu penses qu'elle risque de se lasser parce que tu n'es pas assez disponible? Tu sais, la plupart des gens se lassent de leur chéri parce qu'ils sont tout le temps l'un sur l'autre justement. Etre moins disponible, ce n'est pas lassant. Et si vous voulez partir en week end, vous avez de longues années devant vous pour faire ça (à moins que B soit là de passage seulement, auquel cas c'est sûr, c'est le moment d'en profiter, mais attention à la dégringolade quand ce que tu as investi prendra la poudre d'escampette).
Quant à ta femme, si vos discussions se passent aussi mal et qu'il n'est pas possible de les améliorer, je dirais que votre couple est condamné à plus ou moins long terme. Est-ce que tu veux rester marié? Le veut-elle? On peut souvent trouver un petit quelque chose, un espoir, qui fait qu'on va s'accrocher et faire des efforts, peut-être aller voir un psy de couple ou lire un bouquin sur la communication ensemble. Il faut commencer par répondre à ces questions néanmoins pour savoir si vous voulez faire ces efforts, ou arrêter d'investir dans cette relation temporairement ou définitivement. Pas de jugement, c'est surtout à vous de savoir.
Essaie de rationaliser un peu tes peurs. Je sais que les peurs sont par nature irrationnelles, mais on peut quand même y réfléchir (en parler aide beaucoup, et je salue ton effort d'avoir écrit ce message) pour pouvoir se raccrocher à un ou deux trucs la prochaine fois qu'elles te mettront la tête et le coeur au court-bouillon.

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Profil

Tangebat

le vendredi 01 mars 2019 à 19h19

Merci de ta réponse et de ta vision des choses qui me chamboule.
Effectivement il y a beaucoup de peur. Je le vis assez mal. Moi ce que je veux c'est que ma femme se sente bien et ne soit plus agressive, et je veux passer plus de temps avec B sans que ça ne pose de problème dans mon couple. Ça c'est l'idéal. Actuellement je passe environ un soir par semaine chez B.

La peur ne me fait pas prendre de décision, elle me paralyse au contraire. Car je n'ose pas susciter d'agressivité chez ma femme, mais en même temps si je suis trop passif j'ai peur de perdre B.
Perdre B par manque de dispo me semble possible (à mes yeux), car au bout d'un moment elle aura envie de passer beaucoup de temps et de partager des choses à plein temps avec un chéri. Elle n'est pas spécialement polyamoureuse (elle l'est de facto, mais elle n'y réfléchit pas trop en fait), donc je ne vois pas (toujours à mes yeux et selon ma peur) pourquoi elle n'aura pas envie de briser les liens pour être à plein temps avec un autre.
Ceci dit, je suis très permissif et avec B, je ne pose aucune contrainte. Le jour où elle me larguera, je ne serai pas du genre à faire une scène, effectivement elle est libre.

Cela fait des années que je vois une psy, et un an que l'on voit une psy de couple. J'ai beaucoup progressé sur moi mais évidemment difficile de se défaire de cette peur qui me ronge... Certes c'est son droit à B de se lasser de moi, mais en attendant je préfèrerais mieux le vivre.

J'ai surtout l'impression que ma femme devrait maîtriser son agressivité, c'est ce que j'espère le plus, mais en attendant que le travail avance avec sa propre psy, je le vis très mal, même si je ne me laisse pas faire et que j'essaie d'être très logique (ce qui ne fonctionne pas vraiment).

Merci en tout cas pour ton message qui me laisse songeur.

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Profil

Santian

le vendredi 01 mars 2019 à 20h03

C'est difficile à vivre, l'agressivité d'un conjoint ou partenaire. Pour avoir été celle qui était agressive avec son époux, je peux dire que ça m'a pris des plombes, des mois et des mois à comprendre vraiment qu'est-ce que je faisais de travers, à commencer par pourquoi je faisais effectivement quelque chose de travers (moi, j'étais en colère, je pleuvais de l'agressivité, c'était normal quoi). Ca a pris énormément de discussions, de temps, de patience de tous les deux pour progresser à ce sujet... Pour que je trouve surtout comment gérer ça autrement, et que ça se passe mieux pour nous deux (parce que ça ne me plait pas spécialement d'être agressive, en soi). Pour simplement reconnaitre mes torts, dire que j'étais désolée, reconnaitre le mal que je faisais, prendre mes responsabilités. Me rendre compte de ce que je faisais, en fait. Je sais que c'est difficile... Mais si elle essaie, si elle voit un psy, c'est qu'il y a quelque chose à sauver, c'est que vous voulez essayer. Alors avec du temps, de la patience, ça marchera, je le pense vraiment. Oh je ne dis pas que je ne suis plus du tout agressive, je le suis encore beaucoup et souvent, mais j'arrive à le reconnaitre aussi souvent et ça se passe beaucoup mieux pour tout le monde rien que pour ça. Je fais attention, maintenant. J'essaie. C'est tout ce qu'on peut demander à quelqu'un je crois. Le tempérament, le caractère, on n'y peut pas grand chose, mais on peut essayer. Je crois que je ne m'en sors pas si mal et je suis fière de moi par moments, quand j'arrive à passer outre, à me dire laisse tomber, on verra ça plus tard, à faire redescendre la tension. C'était tellement étranger et difficile pour moi! Ca va de mieux en mieux, ça demande de moins en moins d'efforts. Mais ça sera aussi toujours là, comme chez tout le monde je pense.

Pour ce qui est de B. C'est tout simple : il n'y a qu'elle qui puisse confirmer ou infirmer vos craintes, et elle le peut. Demandez lui simplement ce que vous avez besoin de savoir. Est-ce qu'elle pense qu'elle se lassera si vous n'arrivez pas à vous rendre assez disponible? Et si vous faites des efforts mais que ça prend du temps, est-ce que ça ira? Essayez de lui parler. Je suis sûre que vous vous sentirez mieux après. Les peurs basées sur des hypothèses comme ça, c'est très simple pour les démonter : il faut les confronter à la réalité. Prenez votre courage à deux mains. Vous risquez de vous voir confirmer vos peurs. Mais dans tous les cas, vous en serez libéré : si vous savez que vous risquez de perdre B pour telle ou telle raison, vous saurez où vous allez, et vous pourrez prendre des mesures pour votre propre santé, bonheur et raison.

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bonheur

le samedi 02 mars 2019 à 14h08

Le caractère, oui, on peut guère demander à autrui de se changer. C'est à la personne de prendre conscience et d'avoir la volonté. Reconnaitre que notre comportement est négatif pour tout le monde. C'est par là qu'il faut commencer. Ensuite, il faut se prendre en main, et exprimer. La colère n'est pas mauvaise en soi, c'est la façon dont elle surgit que l'on peut agir.

Par expérience, devant un caractère de cochon qu'était le mien, je crois qu'il faut laisser sortir, mais pas contre autrui. Aussi, demander ce dont on a besoin pour soi. Du temps pour digérer. Du temps pour aller extérioriser ou se ressourcer dans la nature. Etc. Un exemple très con. Mon chéri de vie pensait à un moment que je fuyais certaines discussions. En fait, non, j'avais besoin d'intériorisation, d'un temps de moi avec moi-même. Du coup, indiquer simplement "laisse moi, on en reparlera plus tard" (ce qui se passait, le temps de solitude étant déterminé par ce dont j'avais naturellement besoin) et ensuite, la discussion pouvait se faire positivement.

Quand tout est dans l'implicite, dans la supposition, on tombe souvent à côté. D'ailleurs, ces peurs, maintenant que tu en as conscience, vas-tu les exprimer ?

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