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Vivre une relation mono ? Angoisses et questionnements existentiels

Monogamie
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Aventurieresolitaire

le dimanche 02 décembre 2018 à 19h23

Bonsoir,

Actuellement, je suis un peu perdue, quant à mes "attentes" (si on peut appeler ça comme ça) concernant les relations d'amour...

Alors déjà, un bref exposé de ma situation passée : j'ai quasiment la vingtaine, jamais été en couple. Cependant, j'ai eu une relation poly qui a duré 4 mois. Nous sommes miraculeusement tombés d'accord sur la notion de polyamour avant même de nous rapprocher (puisqu'avant ça, nous étions déjà amis).
J'ai énormément souffert de ma jalousie (je n'étais pas sa relation primaire). Durant la relation, je ne lui en ai jamais fait part, par peur du rejet. Et parce que la jalousie ne fait pas partie de mes valeurs, ni de ce que j'attends d'une relation. Sans vouloir être en couple, ça me faisait extrêmement mal, je faisais très attention à limiter mes pensées négatives, je refoulais, mais c'était difficile (et pas forcément sain). Mais je n'ai rien dit, j'ai gardé ça pour moi car ma relation m'apportait tant d'un point de vue émotionnel que je me concentrais vraiment sur ça, faisant tant bien que mal abstraction du reste.
Le fait est qu'à partir d'une certain "point" de la relation, je n'ai plus réussi à surmonter ça, et plusieurs facteurs ont mené à la séparation. Nous nous sommes séparés il y a 6 mois maintenant. ça n'a pas été facile, ni pour l'un ni pour l'autre, mais c'était nécessaire et ça s'est fait sans violence.
Toujours est-il qu'après cette rupture, j'ai commencé à sérieusement me remettre en question.

Je ne pense pas être capable de vivre de nouveau une relation poly dans laquelle mon/ma partenaire aurait d'autres amoureux.se.s. Après, une part de doute subsiste, j'ai tendance à me dire que si j'étais une relation primaire (ce qui n'a dans ma relation passée pas été le cas), je le vivrai peut-être mieux. Mais en fait, non, je ne pense pas. ça ne me plaît pas de ne pas en être "capable" (mais peut-on vraiment parler de "capacité" ?), mais au bout d'un moment, mieux vaut affronter la réalité. Pour moi, il est largement plus envisageable d'être en couple dit "ouvert", où chacun aurait la possibilité d'aller de temps en temps voir ailleurs (en en parlant, ou pas, à l'autre).

J'en viens donc au sujet que je souhaitais à la base aborder dans ce post. Je sais qu'il a en partie déjà été traité dans d'autres posts mais étant totalement perdu sur mon cas, je me suis dit que quelques "conseils" (si tant est qu'on puisse en donner dans cette sphère-là) seraient peut-être les bienvenus (et puis ça peut peut-être mener à des discussions intéressantes).

Pour résumer, actuellement, je suis toujours célibataire. Mais j'envisage depuis plusieurs mois de me lancer, à plus ou moins long terme, dans une relation amoureuse avec une autre personne. Je ne vais pas nécessairement entrer beaucoup dans les détails, mais pour faire court : j'ai l'impression que ça peut vraiment être très sérieux (d'ailleurs ça l'est déjà, puisque notre relation, qu'on pourrait qualifiée "d'amicale", est jusqu'ici très épanouissante pour tous deux). Je suis bourrée d'angoisses (qui viennent davantage de mon vécu que de la relation), mais malgré cela je me sens capable de venir réveiller tout ça. Je me sens prête à m'investir durablement dans cette relation, à avoir des projets de vie commun avec cette personne. J'ai la sensation de vouloir absolument faire un bout de chemin à ses côtés. Nous n'en sommes pas encore là, et à vrai dire je n'ai pas forcément hâte que la relation évolue tout de suite, mais si cette éventualité se présente, j'y ai déjà réfléchi, même si je veille à ne pas faire de plans sur la commette, car une relation, cela se façonne et se vit à deux. (Et peut-être que la perspective ne viendra jamais "sur le tapis", auquel cas je serais tout à fait heureuse de conserver la relation "en l'état").

Le "problème", si on peut dire ça comme ça, c'est que pour en avoir déjà parlé avec cette personne, je sais que de son côté, seule une relation mono exclusive stricte est envisageable (donc les relations sexuelles avec d'autres seraient également exclues). Et donc actuellement, dans ma tête c'est un peu un énorme dilemme. La personne sait que j'ai tendance à aller vers le PA, que je peux séparer amour dit conjugal et sexualité, etc. Après, je n'ai pas forcément présenté ça comme un pré-requis de mon côté, et dans les faits, effectivement j'ai l'impression de pouvoir peut-être être plus souple que la personne sur le mode relationnel que je souhaite adopter.
A vrai dire, être mono a aussi un côté séduisant à mes yeux, mais malgré cela je suis bourrée d'angoisses en ce moment. Disons que prendre la décision d'entrer dans une relation mono c'est se confronter à une prise de décision. Suis-je prête à accepter de me restreindre moi-même dans ma liberté ? J'ai peur d'éprouver de la frustration et de possiblement mettre ça sur le dos de la personne si je fais ce choix. En fait, je n'ai pas une vie sexuelle trépidante, mais c'est juste que c'est assez agréable de se dire que "si l'occasion se présente", "si je me rapproche d'une personne", je n'ai pas à me poser de questions, pas de comptes à rendre à quiconque. Je tiens beaucoup à mon indépendance. Cependant la confiance est pour moi centrale dans une relation, et il est clair à mes yeux que si jamais je suis un jour en relation mono exclusive je ferais tout pour honorer mes engagements. C'est très compliqué comme réflexions, ça vient réveiller beaucoup de choses, certaines angoisses d'écrasement, d'étouffement, d'enfermement. En même temps, j'ai la sensation qu'une relation mono pourrait m'ouvrir à plein d'autres trucs, favoriser une certaine expansion (c'est un peu la "contrepartie", même si dit comme ça ça fait échange marchand). Comment dépasser cette peur de se tromper, cette peur de se trahir ? Comment ne pas mettre encore plus "d'attentes" dans une relation si à la base une concession est faite de mon côté ? (Je ne pense pas penser en ces termes, mais je crains de le penser).

Beaucoup de mal également à m'imaginer me conformer à un certain modèle... Comme je l'ai entendu récemment, disons que c'est la peur de me réveiller à trente ans, enchaîné à un homme, avec enfants à charge, et de penser m'être trompée.

J'ai également peur du désir et de la possible perte de ce désir, qui pour moi me semble planer comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête. De manière générale, beaucoup de mal aussi à savoir quand est-ce que j'en ai vraiment envie ou pas. Comment être en couple mono sans tomber dans un besoin de performance, dans cette histoire de "devoir conjugal" (berk) ? Penser qu'une personne pourrait en partie dépendre de moi me fout encore plus les jetons que de penser que je pourrais "dépendre" d'une personne.
Et quand l'un a des fantasmes que l'autre ne veut pas réaliser, comment ça se passe ? Quand la plupart des gens présentent le sexe comme le ciment du couple, toutes ces questions ont de quoi me faire peur. Suis-je capable d'avoir un désir durable pour quelqu'un ? Le désir de vivre, partager des choses, évoluer ensemble, je le ressens, au plus profond de moi. Et bien sûr cela s'accompagne d'un autre type de désir, mais comment être sûre que ce dernier sera durable ? ça me torture l'esprit.
En fait, être en couple mono c'est aussi pour moi accepter le fait que la relation repose en partie sur l'échange sexuel (mais alors comment ne pas tomber dans un échange marchand ?). J'aurais très peur de me réveiller un matin et de voir tout s'écrouler par manque d'envie sexuelle. J'ai aussi très peur d'être coupée dans mes envies justement à cause du mot "couple" (décidément, beaucoup de mal avec ce concept).

En même temps, je me dis que c'est inutile et contre-productif de tomber dans l'anticonformisme pour l'anticonformisme. Pourquoi s'empêcher de vivre des choses sous prétexte qu'elles correspondent en partie aux projections de la société ? Tout devrait normalement être plus ou moins modulable, malgré tout la peur d'être guidée par un désir de conformité me tient aussi en tenailles...

Enfin, la peur qui me cisaille le plus le ventre, c'est de tomber sous le charme de quelqu'un d'autre, et de ne plus avoir la force de m'investir comme je le souhaite dans la relation de couple. (A cause du refoulement, à cause du sentiment de culpabilité, de la peur de perdre l'autre, etc). Peur d'éprouver de la colère, de ne pas savoir gérer tout ça...

Disons que la perspective d'avoir des relations PA m'ôte certaines angoisses. Je vis le fait d'être aimée presque comme un poids, une responsabilité, et derrière ce refus, cette peur de l'exclusivité, il y a encore cette possibilité de se tromper... Et alors, si on en vient à désirer quelqu'un d'autre, bonjour la culpabilité qui vient corroborer ce sentiment de malhonnêteté, d'illégitimité. Je sais que je suis en plein dans le syndrome de l'imposteur.
Donc je me demande, me cantonner à des relations PA et totalement éviter la possibilité du couple exclusif ne seraient pas une manière de me rassurer ? (Même si les relations PA éveillent d'autres blessures). Les relations PA, pour moi c'est aussi la possibilité de traverser la vie en limitant la casse (ça, c'est ce que je crois...). Dans mon raisonnement : pas trop d'investissements, donc pas trop de blessures. Traverser l'existence en solitaire en somme, sans attache ni compte à rendre. M'investir dans une relation, c'est venir réveiller la peur de l'envahissement, de la peur de contrôle. La peur du mauvais choix encore, de "rater" ma vie... C'est un raisonnement biaisé par mes peurs je le sais, je ne sais juste pas comment dépasser ça sans foncer tête baissée, sans me forcer la main. Et ce n'est pas parce que je dois dépasser ça qu'il ne faut pas réfléchir au comment, quand, avec qui. En bref, aux modalités de ce dépassement.

Est-ce que mon dilemme ne se situe pas davantage entre solitude et amour partagée, je ne sais pas trop. Beaucoup de choses mélangées. Mais c'est sûr que la perspective d'une relation mono vient encore plus brouiller mes cartes, me secouer de l'intérieur. Mais j'aime réfléchir à des situations individuelles, les modèles tout faits ne m'intéressent pas tellement, c'est dans la déclinaison que les choses font sens.

Bon, je suis extrêmement brouillon et je me suis complètement étalée sur ma vie, cependant je ne me voyais pas poster ce message ailleurs qu'ici. J'ai parcouru quelques discussions et vraiment, je trouve qu'il y a une belle ouverture d'esprit sur ce forum.

Alors voilà, merci aux personnes qui auront lu ce long message jusqu'au bout, et aussi merci à celles qui auront envie de réagir. Je serais ravie de lire un aperçu de vos expériences individuelles ou quelques-unes de vos réflexions.

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alinea7

le dimanche 02 décembre 2018 à 21h08

T'as la vingtaine, tu ne veux plus de poly mais tu ne veux plus de mono, tu voudrais faire un bout de chemin avec quelqu'un mais vous n'en êtes pas encore là.
J'ai l'impression que tu analyses beaucoup. Certaines choses ne s'analysent pas.

Tout ça a l'air de beaucoup tourner dans ta tête, comme si tu devais choisir un chemin optimal sans te tromper, pour le restant de tes jours. Détends toi, tu as la vingtaine.

Tu ne peux pas tout anticiper. Ce serait déjà juste beaucoup d'arriver à suivre ton ressenti au moment où il arrive pour être bien dans ce que tu vis au moment où tu le vis. On décide avec les éléments qu'on a au moment où on les a. Tu ne peux pas être tenue responsable de ce qui arrive ensuite et que tu ne pouvais pas prévoir : un rapprochement, une baisse de sentiment, une rencontre,...

Je pense qu'on a tous des points de notre vie dont on se dit après coup, qu'on aurait pu ou dû faire différemment. C'est en se trouvant à côté de ses pompes qu'on découvre où elles sont, qui ont est, ce qu'on veut vivre.
Nos erreurs, nos essais nous dévoilent, nous façonnent et ne sont pas à regretter.

Voilà mon ressenti en te lisant. ^^

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El (invité)

le dimanche 02 décembre 2018 à 22h07

Pense à ton épanouissement , l'équilibre affectif est important, je suis mono dans ma liberté sexuelle parce que c'est cette relation qui m’épanouit mais j'ai d'autres formes d'amour pour le monde entier et plus encore!je suis dans une bienveillance et sexuellement on a des moments intenses remplis d'amour avec mon homme!il y a des difficultés mais on a tenu bon ,mon homme a essayé une relation poly qui ne le satisfait pas et il ne veut pas que je sois polyamour.Cela me sied!On s'accomplit !il y aura d'autres relations ensuite ,il y aura d'autres difficultés,mais si on y trouve notre épanouissement et qu'on soit heureux , c'est le top!

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Profil

bidibidibidi

le lundi 03 décembre 2018 à 10h47

Je rejoins Alinea. Ce qui est important, c'est de vivre chaque instant tel qu'il se propose, en en connaissant les limites. Tu rencontres quelqu'un qui est mono. Tu es pour le moment célibataire. Tu n'as donc pas de raison d'avoir peur de cette relation, qui te mènera où elle te mènera. Et la probabilité qu'elle dure toute la vie est faible, et, même si ça arrive, il est fort possible qu'elle change entre temps. Donc plutôt que de faire des plans sur la comète, prends ce que la vie te donne, en sachant qu'elle pourra te le reprendre aussi vite qu'elle te l'a donné. Profite.

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