Polyamour.info



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Evolution des sentiments

Engagement
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Chupapink

le mercredi 27 août 2014 à 17h52

Lorsque l'on découvre que l'on peut être polyamoureux, je parle ici de se rendre compte après avoir découvert la tromperie de son mari, que l'on est capable de continuer à l'aimer tout en sachant qu'il aime une autre femme. De décider de continuer une relation, tout en sachant qu'il en entretien une autre en parallèle. De faire le choix, car je considère que c'est un choix, de ne pas écarter un amour qui tient malgré les circonstances houleuses, de vouloir tout faire pour que la relation continue d'exister et surtout de prendre conscience que la jalousie n'est plus présente.

Mais une fois tout ce travail sur soi effectué, que reste-t-il ? Depuis presque un mois, je me rend compte que j'aime toujours autant mon mari mais que je ne le supporterais plus tous les jours, que je ne veux pas qu'on se sépare mais que je sais que ça finira par arriver un jour, que j'admets le fait qu'il puisse aimer une autre femme tout en sachant que de son côté elle attend qu'il ne devienne qu'à lui. Le sentiment d'insécurité du départ n'est plus vraiment présent, mais un autre semble avoir pris sa place. Qu'attend-il de moi au juste ? Est-ce nous faisons parti de ces amoureux qui passent par le polyamour comme une transition après un adultère pour surmonter l'épreuve ? J'ai beaucoup lu sur le forum ces derniers temps, et je retrouve ce terme de temps en temps : transition.

Il m'a demandé : c'est quoi le mariage pour toi ? Hier, j'aurais répondu : c'est appartenir à l'autre pour toujours !
Aujourd'hui, j'ai découvert que je pouvais continuer à l'aimer en lui autorisant d'aimer quelqu'un d'autre. De ce fait, il ne m'appartient plus, même si dans mon coeur il est toujours à moi. Mais ça veut dire quoi finalement : être à moi ? Aujourd'hui, s'il me dit qu'il m'aime et qu'il veut continuer à venir passer des nuits à la maison, je considère qu'il est à moi les jours où il est avec moi (et nos enfants), mais qu'en est-il lorsqu'il n'est pas là ? Je sais qu'il pense à moi, il m'écrit des messages ou il m'appelle les jours où il ne vient pas. Du coup, ce n'est pas l'appartenance qui fait le lien de l'amour, mais la pensée qui elle, dans tous les cas, ne peut être contrôlée. Comme je sais que si un autre homme venait vers moi, je ne pourrais pas cacher que j'aime toujours mon mari, même si je ne vis pas avec lui à temps plein. Il est et sera toujours dans mes pensées.

En fait, la question qui me taraude depuis hier, est celle-ci : sommes-nous devenus des polyamoureux ou sommes-nous simplement en train de nous adapter à la situation actuelle qui nous dépasse ?
Polyamoureux : avoir un coeur capable d'aimer plusieurs personnes et de le vivre librement
Situation actuelle : adultère - découverte - non acceptation de la perte de l'autre (réciproque) - toujours amoureux l'un de l'autre

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Leolu

le mercredi 27 août 2014 à 18h41

La question serait donc :
Peut-on être polyamoureux "par défaut" si on ne l'est pas "par conviction" ?

Est-ce que ça ne commence pas souvent comme ça (lorsque le polyamoureux nouveau vient d'un couple stable), la conviction ne venant (ou pas) qu'après coup ? ;)

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Chupapink

le mercredi 27 août 2014 à 18h52

Oui, c'est un peu ça, en partant du principe que la conviction peut aussi venir en n'acceptant pas que son couple se termine en miettes !
Je me demande si je n'ai pas fini par faire ce choix par "défaut" comme tu dis. Mais cela semble tellement proche de ce que je ressens que ça me trouble. Je commence même vraiment à envisager de pouvoir tomber amoureuse de quelqu'un d'autre aussi de mon côté, mais sans enlever la possibilité que je continuerais d'aimer mon mari. Ce qu'il a d'ailleurs du mal à comprendre, alors qu'il vit ça de son côté. Il pense que si je me retrouve à aimer un autre homme, je n'aurais plus besoin de lui et que mon amour pour lui finira par s'en aller. Ou peut-être qu'il ne supportera tout simplement pas l'idée de me savoir avec quelqu'un d'autre, et que c'est lui qui s'éloignera de moi. Mais du coup, est-ce que cela voudra dire que le polyamour aura vraiment été une transition dans notre séparation du coup ? Je suis persuadée au fond de moi que c'est lui que j'aimerais toujours en 1er, et que si un autre homme se présente, c'est qu'il m'apportera autre chose de différent, mais pas pour remplacer mon homme à moi.

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Phoenix

le mercredi 27 août 2014 à 21h54

Je remarque sur ce forum que les polyamoureux peuvent aimer plusieurs personnes d'amour simultanément. Mais je constate aussi que les polyamoureux éprouvent généralement une impossibilité à désaimer.

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Leolu

le mercredi 27 août 2014 à 23h25

Phoenix
les polyamoureux éprouvent généralement une impossibilité à désaimer.

Plutôt beau, non :-) ? De ne désaimer que lorsque c'est vraiment grave...
Mieux que de désaimer par lassitude ou par caprice, je trouve.
Même le désamour par évolutions différentes n'est plus inéluctable : l'amour peut éventuellement perdurer, avec la distance, le temps, et la redécouverte, en positif, de cette "nouvelle" personnalité. Aimer sans vivre ensemble, ça aide souvent...

Jezebel
Je me demande si je n'ai pas fini par faire ce choix par "défaut" comme tu dis. Mais cela semble tellement proche de ce que je ressens que ça me trouble. Je commence même vraiment à envisager de pouvoir tomber amoureuse de quelqu'un d'autre aussi de mon côté

Tu vois, le monde polyamoureux se divise en deux catégories : ceux qui n'ont jamais connu autre chose... et ceux qui creusent l'idée après une crise ou une séparation.
Toi, tu creuses.
;)
Sans rire, je suis persuadé que, dans notre culture actuelle, la grande majorité des gens ne peuvent comprendre/découvrir le polyamour qu'après une crise.
Il ne naît que dans une certaine amertume : on comprend enfin que rien n'est éternel si ce n'est soi même et ce qu'on a vécu. On a testé le rêve à deux, et puis on se contente d'amours successives ou parallèles. Et finalement, ça ne s'avère pas si mal que ça (les parallèles) ! Parce que ce qu'il reste, une fois bien tamisé, c'est peut-être le meilleur.

Mais pour répondre à ta question : transition ? pas transition ?
Peut-être transition. Peut-être évolution et réorganisation.

Quand on a l'état d'esprit suffisamment détaché (comme le tiens) pour admettre l'un comme l'autre, on est assez mûr pour que le meilleur subsiste. Et le meilleur, c'est la complicité unique que tu as avec ton mari. Complicité qui demeurera quel que soit l'avenir : comme ami, ou comme co-conjoint (ou même comme conjoint unique après un temps d'expériences !)

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Siestacorta

le mercredi 27 août 2014 à 23h31

Phoenix
je constate aussi que les polyamoureux éprouvent généralement une impossibilité à désaimer.

Pas une impossibilité, une réticence renforcée par le choix d'expérimenter autre chose que "prince et princesse, mode d'emploi".

Ceci-dit, c'est beaucoup de poly mais pas tous qui se sentent comme ça. Ca tient en partie à la partie encore un peu idéaliste, au romantisme 3.0 de la démarche.
Je crois qu'avec plus de bouteille, plus de franchise avec nous-même sur nos histoires qui foirent (et les polys aiment pas plus les raconter que les monos, surtout dans un forum à fonction ré-assurante), et plus de gens différents ayant essayé l'option poly, il y aurait moins cette musiquette-là, et plus de "si c'est possible on fait durer, sinon c'est comme le reste, passer à autre chose quand il le faut c'est aussi mûrir".

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le mercredi 27 août 2014 à 23h40

Jezebel
Mais du coup, est-ce que cela voudra dire que le polyamour aura vraiment été une transition dans notre séparation du coup ?

On ne peut pas savoir d'avance, non ?
Un intérêt du polyamour, c'est que l'option existe. Ensuite, que vous vous sépariez complètement, qu'il reste quelque chose de "non-décrit par les téléfilms M6 sur les divorcés" ou que vous restiez sur une base approximativement amoureuse au sens traditionnel d'amoureux, l'intérêt c'est que cette option puisse vous faire du bien.
Ca ne serait qu'une transition, ce serait déjà, dans certains cas, une meilleure transition que les bonnes vieilles ruptures bien dramatiques à l'ancienne où tout le monde répand ses tripes sur les murs en pleurant et en disant des grandes phrases définitives pour prouver à quel point c'est si Tragique et Magnifiquement Pâââssionnelll et Inéluctable et pourquoi les Dieux nous ont-ils môôôôdiiiiii.

Et peut-être que ce n'est pas une transition. La question, selon moi, c'est qu'est-ce que vous auriez à perdre à faire ça plutôt qu'autre chose ? Dans votre situation où vous avez discuté, vous vous respectez et décidez ensemble, pourquoi ça serait un piège parce que c'est pas comme sur M6 ou c'est soit fini-fini soit retour à tout à fait comme avant en encore plus couple parfait ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Chupapink

le jeudi 28 août 2014 à 00h25

Vraiment un grand merci à vous pour ce soir, vous m'avez remonté le moral alors que je suis seule chez moi avec mon mari et mes enfants qui sont l'autre amoureuse. Je déprimais un peu avec mes interrogations psychologiques !

Vous m'avez confirmé ce que je ressens au fond de moi, c'est à dire que oui, je peux me dire que ça finira un jour mais que aujourd'hui, j'ai envie de vivre le meilleur de ce qu'il nous reste et de ce qui ressort de toute cette histoire entre nous. Nous avons envie tous les deux de continuer à nous fréquenter, à partager ce bout de vie qui m'est encore accordé sans avoir à me dire "ça ne se fait pas", parce que finalement les moments que nous passons ensemble maintenant ne sont plus "abîmer" (à défaut d'un autre mot) par les maux de la vie courante.

Depuis que j'ai appris que mon mari m'avait trompé, je m'écroule sous les larmes et la déception de réaliser que ma vie ne va pas finir comme je l'avais prévue. Mais en même temps, qui peut dire comment sera fait demain. Alors, si demain, j'ai la possibilité de continuer à vivre mon amour pour mon mari et peut-être de rencontrer un autre amour, et bien je ne vois pas pourquoi je m'en priverais.

Et voilà, ce soir, c'était un bas et un haut, mes sentiments font un peu ça en ce moment, et ça peut varier pendant le cours d'une même journée. Cette fois-ci, tout à commencer quand il m'a parlé de la signification du mariage, mais ça a continué quand il m'a parlé de divorce. Qu'est-ce que ça changerait pour nous, si de toute façon on décide de continuer à se fréquenter ? Si on part du principe théorique, ça ne change rien finalement, qu'on soit marié ou divorcé, ce sont les sentiments que nous avons l'un pour l'autre qui comptent. Mais voilà, pourquoi cela m'a tant chamboulé alors ???
Donc, je lui ai dis que je n'étais pas prête pour l'instant et il a compris. Que c'était peut-être me demander trop d'un seul coup. Pour moi, je crois que ça reste encore un lien important, et que peut-être je me rattache à ça en me disant que tant qu'il y a ce lien entre nous, il ne peut pas m'abandonner. Alors que je sais qu'il ne m'abandonnera pas, mais pour l'instant c'est dans la tête. Mais il a compris et m'a dis on verra ça plus tard quand ça se présentera peut-être plus naturellement. Je sais que tout ça lui trotte dans la tête à cause du bébé qu'elle va avoir. Il a peur qu'une fois qu'il annoncera qu'elle est enceinte, on vienne le voir en lui disant : "mais ? t'es pas encore marié ? et tu va avoir un enfant avec une autre ?" Vendredi soir il dort à la maison, je sais que le sujet va revenir sur le tapis parce que ça me trotte dans la tête depuis. C'est ça que j'aime bien, par contre depuis le début, c'est notre capacité à dialoguer beaucoup plus ouvertement et librement sur tout ce qu'il nous arrive. Il vous dirait que c'est surtout moi qui cause, mais il ne se rend pas compte lui même qu'il parle 20 fois plus que sa normale habituelle. Et ça c'est cool !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Phoenix

le jeudi 28 août 2014 à 08h27

Oui, parler ça fait du bien! Concernant le mariage, je pense qu'il faudrait qu'il aille voir un notaire pour que les droits de tous ses enfants soient égaux. Je ne m'y connais pas suffisamment mais il n'est pas du tour certain que cela doive passer par un divorce,

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Juliejonquille

le jeudi 28 août 2014 à 09h30

Ah, le qu'en dira-t-on ! Les gens réagiront toujours mal même si vous êtes divorcés et que vous continuez à vous voir. C'est absolument contraire à la norme. Peut-être en essayant d'être discret sur votre vie privée sauf avec les proches ? En cloisonnant ? J'imagine que c'est dans la vie professionnelle que c'est le plus gênant, le jour où l'on devra poser les congés paternité et expliquer, justifier...

Pas facile de vous cacher, le bébé est déjà malgré lui l'élément qui vous rend visibles.
Ou alors en envoyant un faire-part avec tout le monde radieux... ou tous les enfants...

Je comprends que le divorce te bouleverse, quelque part c'est l'image d'une union que l'on détruit. La procédure est pénible, symboliquement assez brutale.
Je suis aussi mariée, mon mari se sentirait abandonné si je le faisais.
Pourtant, le mariage est vraiment contraire dans ses termes à la vie de polyamoureuse (exclusivité).
Sinon, la séparation simple ?
J'imagine que ce ne sera pas facile d'expliquer aux enfants : "on divorce/on se sépare mais c'est pour de faux"
Et les gens autour de vous ne vont pas comprendre ce divorce, ils vont venir te soutenir et tu seras aussi mal à l'aise.

Pas facile d'être entre deux chaises avec la pression sociale.

C'est vraiment votre choix et il faut beaucoup beaucoup discuter et vous rassurer.

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MagentadeMars

le jeudi 28 août 2014 à 11h11

Question droits des enfants : je ne comprends rien dans la loi française, mais le principe général est que l'enfant a ses droits indépendamment du statut de ses parents : on ne divorce pas ses enfants. Dans ce cas, il faut uniquement que le nom du père soit sur le certificat de naissance.
Mais à vérifier !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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boucledor

le jeudi 28 août 2014 à 14h18

Je constate en te lisant que, comme je le pressentais dans mon cas, RIEN N'EST SIMPLE et les bonnes résolutions d'un jour sont balayées par les doutes d'un autre.... Je passe aussi par tous les états et toutes les émotions ces temps-ci et je crois que j'ai peur comme toi d'être en train de "jouer la montre", d'éviter temporairement une séparation mais en craignant parfois que ce soit la seule issue...
Pour l'instant, de mon côté, j'explore plutôt la possibilité de vivre une autre relation, en espérant souffrir moins de la situation et pour permettre à mon mari de savoir si c'est ainsi qu'il veut vivre... Mais là aussi, je doute, Est-ce la bonne solution, est ce qu'on ne risque pas "la surenchère", une escalade dans l'exercice de notre liberté...un peu comme si on allait "pousser le bouchon" le plus loin possible et voir ce que ça donne. J'ai l'impression de "jouer avec le feu", de nous mettre en danger permanent, de tester encore et encore la force du lien qui nous unit.... Est ce le bon chemin? est-il pire qu'un autre? Je n'en sais rien....
Je comprends que la demande de ton mari te déstabilise? Quel est le sens de sa démarche? Est ce une demande de son amante? Je crois que cela n'a rien à voir avec l'arrivée de l'enfant puisqu'il s'agit simplement de savoir s'il souhaite le reconnaître ou pas... Le fait qu'il soit marié ne change rien légalement....

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Chupapink

le jeudi 28 août 2014 à 15h52

Oui cela ne change rien. Il y en a plein qui ont des doubles vies avec enfants et qui sont toujours mariés. L'un n'empêche pas l'autre. Mais bizarrement je crois qu'il se soucis de ce que les gens vont lui dire. Alors que je pense que c'est plutôt moi qui devrait m'en soucier. Le plus dur pour lui sera le jour où il devra l'annoncer à ses parents car ils ne vont pas comprendre que nous ne divorcions pas. Comme ils ne comprendront pas mon retournement de sentiments à l'égard de leur fils. Comment expliquer qu'on ne veuille pas se séparer toit en justifiant qu'il vive chez elle maintenant. C'est pas si facile avec les parents. Pour les miens c'est réglé, on se sépare et la partie privée ne les concerne pas, on ne va pas faire un communiqué. Mais avec ses parents à lui, nous sommes plus proche et on se voit beaucoup plus souvent donc pas facile de planquer nos relations polyamoureuse.

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LuLutine

le vendredi 29 août 2014 à 00h12

Jezebel
Du coup, ce n'est pas l'appartenance qui fait le lien de l'amour, mais la pensée qui elle, dans tous les cas, ne peut être contrôlée.

Oh merci !
Je crois que je viens de comprendre pourquoi un ex et moi, on n'arrivait pas à se comprendre !

Probablement que pour lui (exclusif), "l'appartenance fait le lien de l'amour" comme tu dis - et vu que je ne lui appartenais pas, ça lui posait un problème...

Alors que moi, j'essayais de lui expliquer exactement ce que tu écris : que c'est la pensée qui fait le lien...

Je n'ai jamais réussi à le lui faire comprendre !

Après, comme tu l'écris aussi, la pensée ne peut être contrôlée...et ça, ça lui faisait peut-être peur ?

Jezebel
Depuis que j'ai appris que mon mari m'avait trompé, je m'écroule sous les larmes et la déception de réaliser que ma vie ne va pas finir comme je l'avais prévue.

Alors, pour régler ce genre de problème, j'ai une super solution : ne prévois plus ! ;)
Ne pas (trop) se projeter, surtout dans des futurs plus qu'hypothétiques, ça me semble pas mal... :)

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boucledor

le vendredi 29 août 2014 à 08h11

Ne pas (trop) se projeter, surtout dans des futurs plus qu'hypothétiques, ça me semble pas mal...
N'empêche que j'ai aussi du mal avec cette incertitude permanente, avec l'impossibilité de "faire des projets" sur le moyen ou le long terme... Alors, je sais bien qu'on peut me rétorquer qu'avec ou sans polyamour, on ne sait JAMAIS de quoi demain sera fait, et que nos "projets" peuvent de toute manière être perturbés par des évènements imprévisibles... mais peut-on réussir à ne vivre QUE le présent lorsqu'on a fondé une famille et que l'on avait l'habitude de s'enthousiasmer autour de projets communs?

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Juliejonquille

le vendredi 29 août 2014 à 08h55

Et si vous en parliez ensemble à ses parents ?
Il faut aussi qu'il prenne ses responsabilités et ne se comporte pas en petit garçon qui a peur d'annoncer une mauvaise note. Je ne les connais pas mais il vaudrait mieux ne pas leur mentir, assumer, braver la tempête quelques temps. Après tout, la situation vient de lui. Cette séparation pour dissimuler la situation de polyamour peut avoir une conséquence sur votre relation.
A long terme, ce sera très lourd de leur cacher, ce sont ses parents.

Souvent les beaux-parents s'attachent à leur belle-fille et un divorce les bouleverse, cela signifie qu'ils perdent tout lien avec une personne qu'ils appréciaient et ne reverront jamais.
Pour se consoler, souvent on charge la personne de tous les maux.
En fait, en croyant leur faire plaisir, ton mari va peut-être leur faire beaucoup plus de peine qu'il ne l'imagine. Plus de vacances chez eux tous ensemble, etc...

Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de divorcer (ou de se marier d'ailleurs) pour faire plaisir ou rassurer les proches et le qu'en dira-t-on.
Il faut que vous en ayez envie, que cela vienne de vous, pas que cela vous soit imposé pour rentrer dans le moule. Si vous trouvez tous les deux ce cadre plus pratique, pourquoi pas, mais ce serait dommage de le faire pour de mauvaises raisons : les autres.
Pensez à vous, à votre petite tribu, à votre bonheur... les autres s'y feront. (ça va jaser mais tant pis)

Arrêtez-moi si je dis des bêtises... ^^ Ce sont juste des intuitions et opinions subjectives.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le vendredi 29 août 2014 à 12h22

boucledor

N'empêche que j'ai aussi du mal avec cette incertitude permanente, avec l'impossibilité de "faire des projets" sur le moyen ou le long terme...

Alors bon, ça vaut ce que ça vaut, mais mon idée c'est que c'est faire des projets à portée concrète qui aide à se projeter dans un avenir plausible.
En gros, faire le projet de partir en vacances une semaine à tel moment, ça n'est pas trop. Mais ça fait qu'on a une idée d'avenir, qu'on sent que chacun a envie qu'il y en ait un.
Se projeter sur "qui serons nous dans dix ans", comment je serais à la fin de ma vie moi j'avais déjà fait la liste des courses pour 2070, bon, c'est peut-être un peu illusoire. Mais projeter des trucs plus ou moins importants pour le prochain w-e prolongé, les vacances, tels trucs à bricoler dans le logement, tel achat important pour le budget ?
En gros, en faisant ça ensemble, vous ne vous jurez pas que tout va bien marcher, mais vous marquez votre confiance mutuelle. Il y a un risque qu'au final ça ne se fasse pas, mais vous prenez le pari, en commençant, que ce risque est moindre que la chance de bien rester ensemble. Et bon, l'échéance d'un projet concret, même un truc bête comme "au printemps prochain on redécore ensemble la chambre", ça vous met un repère.

Et si certains projets se réfléchissent différemment qu'avec le cadre tradi-bien-expliqué-par-mamie, c'est justement le moment de voir comment on peut quand même les conevoir, en prenant en compte les nouveaux fonctionnements. Ca change peut-être le rythme d'élaboration, ça engendre peut-être des projets "mirroirs" de l'autre côté, ça définit qui participe comment, comment on peut demander à trois (ou plus) de s'impliquer pour que tout le monde bénéficie, plutôt que rester tous enlisés dans la crainte d'avancer.

Il y a des projets réalisables, qui ne sont pas tellement plus difficiles à tenter qu'avant. Ceux-là, faut y aller, c'est des occasions pour les têtes d'arrêter de mouliner de l'abstrait.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Chupapink

le vendredi 29 août 2014 à 12h29

Je suis d'accord avec toi Boucledor sur le fait que s'arrêter de faire des projet est très dur, surtout quand c'est ça qui nous permettait finalement de tenir. Un couple sans projet, ça fini par s'éteindre puisqu'il n'y a pas de but vraiment à atteindre. Par contre c'est aussi difficile pour moi de ne rien prévoir car c'est un peu mon système de fonctionnement dans la vie. J'avais fait un post la dessus justement où je disais que j'avais du mal à me lancer dans cette "nouvelle vie" car il est difficile de faire des prévisions et que j'avais justement besoin de savoir si demain il serait là ou pas, et comment s'organiser avec les enfants. C'est pour ça, que nous avons fait un planning, accepté par moi, mon mari et les enfants, mais pas du tout par Mlle, qui semble ne même pas vouloir en entendre parler. Du coup, quand mon mari lui dit qu'il ne sera pas là tel soir, et bien ça ne se passe pas très bien. En même temps, je lui ai dit qu'il n'a qu'à laisser traîner le planning dans la cuisine (ou ailleurs) et que du coup elle sera bien obliger de le regarder.

Et concernant ses parents, pour répondre à Juliejonquille, nous sommes effectivement très proche, voir un peu plus qu'avec les miens. Nous nous voyons souvent et les enfants sont souvent chez eux aussi. Ce sont des grands-parents qui veulent profiter de leurs petits-enfants (ce qui me convient très bien). Mais de là à leur annoncer ensemble que nous voulons continuer à vivre en "trio" (à défaut d'un autre mot), je considère que c'est à mon mari de le leur dire, mais nous nous sommes plus ou moins mis d'accord sur le fait de ne pas donner de détails parce que du coup, ils vont bien constater par eux même que nous sommes encore ensemble régulièrement, et que de l'autre côté il vit aussi avec Mlle. Mais je ne sais pas s'ils iront aussi passer du temps chez les parents. Peut-être une fois que le bébé sera là. Pour l'instant c'est surtout le fait d'annoncer à ses parents qu'ils vont être à nouveau grands-parents mais dans des circonstances un peu différentes de la normale. Je m'amuse à lui dire que j'aimerais être une petite souris pour voir ça ! Lol ! Je sais bien qu'on va essuyer des critiques car ils ne vont pas comprendre pourquoi ni comment on peut continuer à vivre comme ça, mais je me dis que ça passera avec le temps. Quand ils constateront que nous sommes tous heureux (enfin presque) et que les enfants sont bien, je pense que toute cette situation passera beaucoup mieux.

Et pour Lulutine, ça me fait plaisir d'avoir pu te rendre ce service de compréhension. C'est vrai qu'en lisant les discussions, on y trouve souvent des réponses à des questions qu'on se posent, ou des idées pour régler certaines situations, je trouve ça très bien. Je suis venu sur ce forum pour y trouver des réponses et surtout être comprise, et je me rend compte aussi que je présente aussi des "solutions" pour certains. C'est vraiment bien le partage ! Les expériences de chacun soutiennent les expériences des autres.

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Chupapink

le vendredi 29 août 2014 à 12h37

C'est marrant que tu parles de ça Siestacorta car justement mon mari se demande déjà comment vont se passer les vacances de Noël. A cela, je lui ai répondu : "c'est pas un peu loin Noël pour prévoir déjà ce qu'on va y faire ?"
Perso j'ai poussé les prévisions (uniquement d'ordre planning) jusqu'aux vacances de la Toussaint pour l'instant. On ne sait pas comment va se passer le "partage", pour l'instant de mon côté ça se passe bien mais pas de l'autre, on ne sait pas comment les enfants vont vivre ça sur plusieurs semaines d'affilées, et on en sait pas comment vont évoluer nos sentiments dans une situation comme celle-ci. Donc les prévisions au long termes, j'ai un peu mis de côté.
Mais effectivement, prévoir ce qu'on fera le prochain week-end où on sera ensemble, ça c'est largement faisable. Et puis, je pense que tout le monde a quand même besoin de savoir ce qu'il va se passer ce week-end ou la semaine prochaine. On a suivi ton conseil avec google agenda, on a encore du mal avec le principe d'utilisation mais on va y arriver. C'est le truc de partager un agenda commun qui nous tente bien.

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Siestacorta

le vendredi 29 août 2014 à 13h28

En même temps, il a raison, à l'échelle de relation amoureuses engagées, noël c'est pas loin.
Si c'est difficile de prévoir noël, c'est pas forcément qu'en soi ya pas de solutions matérielles.
C'est qu'il va falloir dire la chose. Là il ya la partie symbolique d'un projet. Derrière la difficulté à dire pour trois partenaires comment s'organiser, il ya la difficulté à affirmer ce qu'on désire, à s'engager dans une mise en place pratique des équilibres sentimentaux.
On sait que ça va forcément chiffonner l'un ou l'autre : pour Noël, c'est déjà souvent le cas en couple et même avec les familles.
Le bonheur de noël est codifié, tout changement a un sens...
Mais ça a un sens aussi de prendre son parti, de décider comment on peut faire pratiquement pour que chacun retire du bien être : quand va-t'on s'autoriser dans ce cadre codé à faire signe à l'absent, qu'est-ce qu'on propose comme efforts pour la suite sur d'autres partages pour apporter le bout de noêl (comme les cadeaux des membres de famille absents qui sont quand même au pied du sapin : ça a l'air idiot, mais c'est un deal avec le réel)...

Donc, la difficulté, elle est de se mettre à travailler sur la façon de faire. Prendre le risque que ce travail déplaise à l'autre ; mais aussi l'obliger à faire avec l'idée que ce sera pas un projet construit sans le tiers, que ça, d'emblée, c'est écarté de la situation.
Ton mari, qui a les responsabilité de la personne charnière, va devoir prendre pas mal de courage.. Mais en échange il peut obtenir vraiment une double relation, pas juste le rêve d'une double relation qui marche toute seule... ça, c'est un conte de fée. A noël, on habille en conte de fée des trucs concrets. Et c'est un signe d'affection, alors faites-le :-)

C'est ça qui est bien avec un projet à moyen terme : c'est qu'on est contraint de trouver des bonnes solutions... et que celles-ci peuvent marcher et démontrer que plus généralement, vivre cette vie c'est possible.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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