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Poly ou Mono ?

Témoignage
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alps

le jeudi 14 mars 2013 à 04h33

Je vais commencer par dire que je n'ai rien contre cette pratique. Elle ne me choque pas au contraire. Elle répond à de nombreuses questions que je me posais. Essentiellement en fait sur un plan éthique. Ca ressemble pour moi à un compromis. Compromis tout a fait viable soit. Mais à un compromis éthique tout de même. Compromis ethique qui résulte d'un problème de moeurs. Ca légitime essentiellement de faire ce que l'on veut et fait. Ca déculpabilise. Et dans un monde liberal. Cette perspective individuelle, aux contours semblant naturels, peut avoir un avenir de masse. Ceci meme si je n'y adhère pas.

Je n'y adhère pas parce que :
premièrement le partage commence par l'abandon de soi à l'autre selon moi.
secondement et ca ve de paire. je trouve le concept de liberté largement surestimé pour un concept si mal conceptualisé.

Pour moi c'est une vision du monde qui peut se rapporter au laisser faire. Je pense que ca a plus de sens de décoreller le sexe des sentiments que de devenir polyamoureux.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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gdf

le jeudi 14 mars 2013 à 11h44

Réflexion intéressante...

alps
Le partage commence par l'abandon de soi

Pourquoi forcément s'abandonner ? Entre imposer à l'autre et s'abandonner à l'autre, il y a un juste milieu. Le partage, c'est prendre en compte soi ET l'autre.
Même constat pour la liberté : la liberté des uns s'arrete ou commence celle des autred. Pas apres, pas avant. la liberté sans prendre en compte l'autre, c'est un abus de liberté. Mais la privation sans justification, c'est aussi un abus. On peut renoncer à une partie de sa liberté parce que l'autre nous apporte autre chose encore plus positif. On peut renoncer à une partie de sa liberté pour ne pas blesser l'autre. Mais pourquoi se priver de liberté sans que cela n'apporte ni à moi ni à l'autre ?

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(compte clôturé)

le jeudi 14 mars 2013 à 11h46

Je suis poly, mariée et je n'ai pas de relations sexuelles abouties avec mon amoureux. Je ne suis donc pas poly pour m'offrir un quelconque plaisir sexuel ou pour me déculpabiliser de quoi que ce soit. Je suis poly par "définition".
On ne choisi pas ses sentiments envers une personne. Simplement, heureuse en mariage, j'ai fait le choix de ne pas changer de vie ; de ne pas casser une belle histoire pour en vivre une autre tout aussi belle, à sa manière. Je sais "m'abandonner" dans les bras de l'un comme dans les bras de l'autre. Ce sont deux relations différentes mais elles m'apportent beaucoup et j'espère aussi leur apporter beaucoup. Je donne sans compter et j'ai parfois l'impression que c'est encore très peu au regard de ce que je reçois de chacun.
L'amour doit-il se choisir ? Quel mal y a-t-il à avoir des sentiments ? Comme l'indique Catherine Ternaux : Doit-on nécessairement rompre si l'on rencontre une autre personne pour laquelle on ressent de l'amour ? Devrais je me mettre des œillères et rêver intérieurement de cette nouvelle personne ? Ce serait me rendre vraiment malheureuse, et malheureuse mon mari ne désire pas que je le sois. Comme l'indique un chanteur très connu : on ne dit jamais assez aux gens que l'on aime à quel point on les aime (ou qq chose comme ça). J'écoute mes émotions, mes sentiments, c'est tout. Par contre, j'ai l'honnêteté et la franchise d'exprimer ce que je ressens. Je ne cache pas, je ne mens pas. Je suis mariée depuis 1989 et nous formons un couple heureux. Chaque jour qui passe me rend heureuse et la complicité que j'ai avec mon mari est indescriptible.
Aimer l'autre, c'est aussi respecter sa personnalité, sa vrai nature, vouloir son bonheur et son épanouissement. Mon mari m'accepte comme je suis, les gens qui m'aiment (en amour et en amitié) m'acceptent comme je suis. Je me moque de l'éthique et des moeurs qui ne sont que des concepts humains, instaurés par l'homme (cultures, religions, etc).
Chaque amour est unique et je suis différente avec chacun. Chacun m'apporte et je m'enrichis doublement. C'est ma vie et elle ne peut être autrement, parce que j'ai rencontré au cours de ma vie plusieurs personnes qui ont chamboulées mes sens, qui ont eu sur moi un effet heureux et positif. On m'a dit une fois que j'entretenais une amitié amoureuse (puisque je n'ai de relation sexuelle aboutie qu'avec mon mari), soit, si l'on veut, mais ce que je ressens pour l'un comme pour l'autre est tellement fort que je ne supporterai pas de sacrifier l'un pour l'autre, et inversement.
Voilà ma conception du pourquoi je suis polyamoureuse et si ce "concept" ne te convient pas alors je comprends tes réticences et si tu n'as rencontré dans ta vie qu'une seule personne (ou aucune personne) pour laquelle tu ressens de l'amour alors tant mieux, c'est en effet plus facile à vivre au sein d'une société comme la notre. Par contre résumé une relation amoureuse a de la "coucherie" c'est n'avoir rien compris à l'amour...
CES PROPOS N'ENGAGENT QUE MOI !!!

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bouquetfleuri

le jeudi 14 mars 2013 à 11h58

Bonjour alps, j'aime bien ton interrogation.

Pour ma part, j'y réponds un peu différemment. Je ne vis pas mon amour comme un abandon, ni même comme un partage, mais comme un épanouissement.

Entendons-nous bien, je vis certaines choses en même temps que mes amoureuses, mais ce que je partage, ce ne sont que temps et espace, sinon j'offre absolument tout sans rien demander en échange. Je n'échange pas. Je ne partage rien, l'amour n'est pas un gâteau. Je n'appréhende pas mes relations sous un angle économique.
Je n'abandonne pas plus.

Dans le même temps, j'ai cette lucidité, parce que je fais l'effort de me connaître un peu, de savoir que ce sont les autres qui me construisent, plus que ne le peuvent mes petites capacités. Chacune des femmes et des hommes que je rencontre me construisent différemment. La complexité des interactions, leur richesse, leurs différences au gré de la densité forcément variable des rencontres instruit mon devenir.

Je sais aussi que tout ce que je peux offrir peut ne pas suffire, et je ne me vois pas exiger le contraire. À quel titre le ferais-je et de quel droit ?

Cela me permet juste de retourner cette question et de me demander si ma ou mes partenaires me suffisent.
Loin d'un laisser faire ou d'un laisser-aller, répondre à cette question demande une discipline de fer. Il m'appartient de répondre honnêtement après avoir patiemment appris à le faire, et il m'appartient de savoir quel est mon projet et comment il s'imbrique aux projets de mes relations. Je peux dire de temps en temps qu'une seule amoureuse répond momentanément à toutes mes aspirations en restant ouvert à tous les accidents heureux de la vie. Je peux aussi observer qu'un dialogue enrichi par autrui nous apporte plus que nous ne pourrions même l'imaginer.

Mais jamais, au grand jamais je ne pourrais accepter de n'être pas, invariablement, un être désirant. Sujet sexué, je veux combiner ma sexualité à celle d'autrui, parce que c'est aussi ainsi que nous marions nos histoires, nos êtres et que nous le faisons à chaque fois différemment, nourrissant le bonheur (ou l'illusion de bonheur) de nous connaître à travers mille plaisirs. Je précise là que ma sexualité se met à table aussi bien qu'au lit ou que devant une écritoire, comme elle peut arpenter des collines de solitude éclairées par des lumières qui scintillent, au loin.

Jamais romantique, pragmatique toujours, je survis dans ce monde parce que j'ai su faire confiance à celles et ceux qui ont su exprimer comme moi que trop d'amour n'est jamais de trop, que trop de vie n'est jamais de trop.

C'est ce que nous ne faisons pas de ce trop plein qui peut ne pas suffire

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demeter

le jeudi 14 mars 2013 à 12h10

Il me semble que tu cherches à rationaliser une situation humaine en y plaquant un système de pensée qui jugerait éthique tel ou tel comportement. Ce qui conduit inexorablement à une réponse bien ou mal. Est-ce si important de juger éthique une situation qui ne repose pas sur une réalité ? Bien sûr on peut discuter à l'infini du bien fondé de telle ou telle pratique, on peut même regretter que le monde ne soit pas tel que l'on voudrait qu'il soit. Il me semble plus intéressant pour vivre de manière intéressante de comprendre simplement cette réalité, plutôt que de chercher à la modifier. Du reste je pense même que le seul changement réel, que la seule révolution sociale passe par la compréhension de soi même et du monde tel qu'il est plutôt que par l'intention manifeste d'un changement dont on est la plupart du temps bien incapable, même si cela a un côté exaltant de s'enfermer dans un système de pensée. Cela ne s'apparente pas à un laisser faire, mais bien à la compréhension d'un équilibre écologique dans lequel nous sommes partie et tout. Tu parles par exemple de décorrélation des sentiments et du sexe. Crois tu véritablement cela possible ? L'envie, une "liberté" sexuelle, serait-elle possible en dehors des émotions et des sentiments internes de chacun ? Une éthique sans compromis ne relève-t-elle pas d'un comportement névrotique pathologique, d'une inadaptation à la réalité, d'une illusion qui réduit le vivant à une mort prématurée, sans possibilité d'actualisation ? à une manière de vivre qui s'appuie essentiellement sur un passé que l'on perçoit tellement présent que l'idée de ce qui devrait être, ou a été, prend le pas sur tout ce qui donne sens à ce que l'on vit. Pour ma part, l'idée de polyamour est aussi contraignante et illusoire que celle de monogamie quand on s'y réfère pour justifier ses actes. En revanche, elle permet un concept qui permet au moins un temps d'élargir un champ d'observation que l'on a tendance à restreindre au nom d'une soi disant expérience à ce que l'on croit connaitre déjà, à rendre moins transparent un environnement que l'on ne voit plus à force d'y être totalement immergé. Mais en quoi le polyamour est-il l'opposé de la monogamie ? Pourquoi chercher à les opposer ? De la même façon, la haine est elle vraiment l'opposé de l'amour ? la dépendance l'opposé de l'autonomie ? Est-ce Paris la plus belle ville du monde ou bien Rio ? Ce sont des débats stériles, non ? N'est-ce pas plutôt le conformisme à telle ou telle idée, telle ou telle religion qui empêche véritablement d'aimer, de se comprendre, d'exister ? Sommes nous "formatés" par des idées et des croyances fausses, ou bien ces croyances sont-elles simplement une réalité qu'il faut prendre en compte plutôt que de les rejeter ?....
Bon, je cause, cela me défoule.

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(compte clôturé)

le jeudi 14 mars 2013 à 13h23

Je crois que Alps comprendra qu'il n'y a pas un schéma ou un concept proprement dit du polyamour. Il y a une définition très générale.
Ce qui est valable pour moi ne l'est pas pour Bouquetfleuri (que je connais et que je respecte énormément). Par contre ce qui nous rassemble c'est cette volonté d'offrir aux autres, de recevoir tellement et de penser que la vie sera de toute façon trop courte pour que nous puissions en tirer toutes les richesses humaines potentielles. Chaque jour nous passons à côté de personnes passionnantes, sans le savoir. Les poly se donnent généralement la peine, en terme d'énergie et de temps, de développer et nourrir les liens humains, quelque soit la forme (intellectuel, amour, amitié, sexualité...).
Je n'attache que peu d'importance à la richesse matérielle, je ne désire rien de plus que ce que j'ai et je m'estime déjà un peu privilégiée. A quoi bon passé 12 heures au boulot si nos proches sont seuls à la maison, à quoi bon se couper de ses amis parce que l'on a mieux à faire que de partager avec eux, etc. A quoi bon la voiture dernier cri si c'est simplement pour se satisfaire de la posséder et de l'exhiber. Ce schéma, ce concept convient à certains, mais pas à moi. Ce n'est pas le monde dans lequel je peux ni ne veux m'épanouir. Chacun trouve son bonheur où il veut et je ne jalouserai pas la nouvelle voiture rutilante de mon voisin, ni la vie intense des stars que je préfère admirer pour leur talent professionnel que pour leur villa à Cannes (ou autres).
Pour conclure, Alps, je te souhaite d'être heureux et de le rester. Parfois la vie nous amène à comprendre qui l'on est et ce qui nous convient réellement. Ma compréhension et mon bonheur est unique et j'ai cette chance d'avoir pu me découvrir et d'évoluer entourée d'un certains nombre de personnes (qui m'aiment chacune à sa manière et c'est valable aussi pour mes amis proches) qui ne m'ont pas contraintes à me renier. Ils ont contribuer à me trouver, m'identifier, par leur faculté de tolérance, de compréhension, de simplicité et surtout de complicité.
Je rejoins aussi Demeter sur le fait que mono et poly ne sont pas en opposition. Je dirai plutôt que ce sont des situations concrètes différentes. D'ailleurs des poly, peuvent se retrouver en situation de monoamour suite à une rupture et un mono peut se retrouver en situation de polyamour suite à une nouvelle rencontre... L'amour est un sentiment qui peut survenir n'importe quand et n'importe où, il faut l'accepter. La vie est aléatoire et évolutive, il faut l'accepter.

Dans ta recherche de découverte de ce que tu appelles le concept du polyamour et que je qualifierais plutôt dans mon cas de situation de vie, tu peux lire :
"aimer, coup de foudre, passion et grand amour" de Susan Baur
"pourquoi ça casse alors que ça pourrait marcher" de Alon Gratch
"guide des amours plurielles (pour une écologie amoureuse) de Françoise Simpère
"garder intact le plaisir d'être ensemble (prévenir le désamour) de Y.A. Thalmann
"les 10 plus gros mensonges sur l'amour et la vie de couple" de Y.A. Thalmann
"vertus du polyamour (la magie des amours multiples)" de Y.A. Thalmann
"La polygamie pourquoi pas ?" de Catherine Ternaux
"Qui sont ces couples heureux ? (surmonter les crises et les conflits du couple)" d'Yvon Dallaire
etc...
Ce ne sont que quelques uns des nombreux ouvrages que je possède et que j'ai étudié, car pour se comprendre, il faut se chercher, alors j'ai cherché, étudié, retenu, compris (je l'espère) et garder ce qui me correspondait sans rejeter complètement ce qui ne me correspondait pas mais qui m'aide à comprendre mon entourage. Car le bonheur de ceux que j'aime a encore plus de valeur que le mien. Cela m'aide aussi à continuer à évoluer intérieurement comme avec autrui.
Je crois que je me suis aussi un petit peu défoulée :-)

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(compte clôturé)

le jeudi 14 mars 2013 à 14h07

alps
"e n'y adhère pas parce que :
premièrement le partage commence par l'abandon de soi à l'autre selon moi.

Selon moi, pas.

S'abandonner à l'autre de façon aussi absolue, ça s'appelle pas un partage mais un sacrifice. Ou alors faut m'expliquer.
Parce que formulé ainsi ça m'inspire plutôt une posture christique du type "prenez et mangez, etc". Or, personnellement je ne me livre pas à mes partenaires, et je ne crois pas qu'ils attendent rien de tel de ma part. On échange, c'est différent. Et pour pouvoir échanger quelque chose il faut bien qu'il m'en reste un peu. Si j'ai d'emblée tout donné, ben j'ai plus rien en magasin...

alps
secondement et ca ve de paire. je trouve le concept de liberté largement surestimé pour un concept si mal conceptualisé."

Moi je trouve pas.

Ou alors faudra que tu nous dises pourquoi on devrait le placer sous, par exemple, au pif, le concept de "fidélité" ou encore celui d'"amour" (qui sont tous les deux au moins aussi mal définis).

L'amour je sais pas bien ce que c'est. La fidélité, la mienne en tout cas, je peux la garantir dans une certaine limite mais jamais de façon éternelle - et en tout cas sûrement pas dans les termes habituels. En revanche ma liberté, ça c'est bien à moi, et je sais à peu près ce que c'est.

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(compte clôturé)

le jeudi 14 mars 2013 à 14h10

gcd 68
guide des amours plurielles (pour une écologie amoureuse) de Françoise Simpère

Pour cette discussion, je crois que "aimer plusieurs hommes" serait plus indiqué...
Cher Alps, comme bien d'autres ici, je suis surtout frappée par l'attention que les "polys" savent porter aux autres, quel que soit leur statut (ami, amant, enfant, mari, concubine...) vu que le statut leur importe peu, mais que les personnes leur importent. Rarement vous trouverez autant de gens qui s'interrogent sur le lien, l'amour, l'éducation des enfants, le bien qu'on peut se faire et le mal qu'on n'a pas envie de faire... Ce n'est pas une voie de facilité ou de laisser faire, bien au contraire, et même- tenez-vous bien- ce n'est pas toujours sexuel :)

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alps

le jeudi 14 mars 2013 à 14h27

Il y a beaucoup de réponses et de questions et d'objections. lol

Je vais répondre à chaque personne qui a pris le temps de répondre. Mais l'un après l'autre en fonction du temps que j'ai à disposition aujourd'hui.

qdf
Pourquoi forcément s'abandonner ? Entre imposer à l'autre et s'abandonner à l'autre, il y a un juste milieu. Le partage, c'est prendre en compte soi ET l'autre.
Même constat pour la liberté : la liberté des uns s'arrete ou commence celle des autred. Pas apres, pas avant. la liberté sans prendre en compte l'autre, c'est un abus de liberté. Mais la privation sans justification, c'est aussi un abus. On peut renoncer à une partie de sa liberté parce que l'autre nous apporte autre chose encore plus positif. On peut renoncer à une partie de sa liberté pour ne pas blesser l'autre. Mais pourquoi se priver de liberté sans que cela n'apporte ni à moi ni à l'autre ?

Il existe trois grandes théories du contrat social. Celle de hobbes, Celle de locke et celle de rousseau. Je vais me contenter de copier wikipedia pour plus de clarté.

wikipedia
Le contrat social selon Hobbes[modifier]

Thomas Hobbes
La conception hobbesienne du contrat social, présentée dans le Léviathan (1651), s’inscrit dans une logique sécuritaire. L’état de nature est défini comme une « guerre de tous contre tous », où « l'Homme est un loup pour l'Homme » et dans laquelle chacun, guidé par son instinct de conservation, cherche à préserver sa vie. Le contrat social intervient donc pour assurer la sécurité, c’est-à-dire au fond la vie de chacun, en aliénant les libertés individuelles des uns sur les autres. L’État est donc là pour rompre avec l’état de nature en restreignant les droits de chacun. Hobbes prévoit toutefois un droit de résistance aux abus de l’État, lorsque ce dernier met en péril la vie de ses sujets. La vie peut être invoquée comme principe supérieur à la valeur du contrat, car c’est pour sa sauvegarde que l’État a été instauré.
Le contrat social selon Locke[modifier]

John Locke
Locke formule sa théorie du contrat social dans le Second Traité du gouvernement civil (1690), d’après une logique libérale. L’état de nature est caractérisé selon lui par les droits naturels que sont la liberté individuelle et la propriété privée, chacun voulant préserver sa liberté et ses biens. Le contrat social intervient pour garantir ces droits naturels, pour assurer leur sauvegarde. L’État est donc instauré pour garantir l’état de nature (caractérisé par la jouissance par tous de leurs droits naturels) en lui donnant une sanction légale. Locke prévoit un droit de résistance aux abus de l’État, lorsqu’il met en péril la liberté et la propriété qu’il doit sauvegarder. Comme la vie chez Hobbes, la liberté et la propriété peuvent ici être invoquées contre l’État, car le contrat social vise justement à leur sauvegarde. On retrouve chez Locke l'abandon de la volonté de tous à un certain nombre d'instances chargées d'organiser la vie publique : l'exécutif (qui comprend également le pouvoir judiciaire), le législatif et le fédératif (qui correspondrait aujourd'hui aux affaires extérieures). Le contrat lockéen est établi pour diminuer les conflits, et non pour établir la paix ou le bonheur comme dans le contrat social de Hobbes.
Le contrat social chez Rousseau[modifier]

Jean-Jacques Rousseau
La conception que Rousseau se fait de l'état de nature est complexe : l’homme est naturellement bon mais rapidement la société le corrompt, jusqu'à ce que chacun agisse bientôt égoïstement en vue de son intérêt privé. Le contrat social, tel qu'il est théorisé dans Du Contrat social (1762), a pour but de rendre le peuple souverain, et de l’engager à abandonner son intérêt personnel pour suivre l’intérêt général. L’État est donc créé pour rompre avec l’état de nature, en chargeant la communauté des humains de son propre bien-être. Le contrat social rousseauiste est davantage proche du contrat hobbesien en ce qu’il vise lui aussi à rompre avec l’état de nature (le contrat lockéen visant, lui, à le garantir par un cadre légal). Mais, à la différence de Hobbes comme de Locke, le contrat social rousseauiste ne charge pas un tiers de la sauvegarde de la vie ou de la liberté et de la propriété de chacun, mais charge les citoyens eux-mêmes de cette sauvegarde par le principe de la volonté générale. Le contrat rousseauiste est un pacte d’essence démocrate, dans lequel le contrat social n’institue pas un quelconque monarque, mais investit le peuple de sa propre souveraineté.

Donc pour vivre en société il faut bien s'abandonner aux autres. C'est une conditions nécessaire. Première avant même la liberté. C'est parce qu'on s'abandonne à la société qu'on peut être libre.

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alps

le jeudi 14 mars 2013 à 14h35

qcd68
L'amour doit-il se choisir ? Quel mal y a-t-il à avoir des sentiments ? Comme l'indique Catherine Ternaux : Doit-on nécessairement rompre si l'on rencontre une autre personne pour laquelle on ressent de l'amour ? Devrais je me mettre des œillères et rêver intérieurement de cette nouvelle personne ?

Ce n'est pas parce que je peux manger deux plats ce soir qu'il est opportun d'en manger deux ce soir. Ce n'est pas parce que je peux faire quelque chose que je le fais. Je n'ai pas l'ambition d'etre soumis à mes désirs. Je suis un humain et par suite perfectible à defaut d'etre parfait. J'ai la qualité de pouvoir choisir ce que je veux ou non indépendamment de mes pulsions et émotions et sentiments. C'est ce qui me distingue de l'animal soumis au destin de ses pulsions. La faculté à les dompter. .Je ne souhaite pas errer ma vie comme le dit la celebre chanson" l'amour est enfant de bohème". J'ai des valeurs qui contrairement au reste des choses n'evoluent pas avec le temps. Valeurs qui me permettent de m'appuyer sur quelque chose de stable pour entrevoir l'avenir. Plus je multiplie les partenaires amoureux en meme temps. Plus ma situation est instable et soumise aux aléas des choix d'autres personnes. Je ne concois pas ma vie comme un lien amoureux entre differentes personnes 3 ou 4 ou 5 ou plus.. C'est déjà assez compliqué à deux. On doit faire des concessions alors des concessions à x partenaires. Je préfère et de loin concentrer mon attention sur mon precieux et unique amour et mes enfants.

Je n'evoque ici meme pas les problèmes logistique du mode de vie que vous vivez. Moi je ne pourrais pas vivre deux histoires et avoir une vie professionnelle mobile. Quand je demenage. tout le monde déménage ? Et les enfants ? Quand je demenage j'en abandonne combien ?

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 14 mars 2013 à 14h42

AAAAAAARRRRGH

1) aliénation n'est pas abandon

2) s'aliéner à un Etat n'a rien à voir avec s'abandonner à un individu ou à un groupe d'individus. Justement c'est le sens de l'aliénation hobbesienne : on s'aliène à l'Etat pour ne plus être abandonné au bon vouloir des individus.

3) absolument aucun des trois digest que tu cites ne permet de poser en conclusion logique : "Donc pour vivre en société il faut bien s'abandonner aux autres." Ou alors tu fais une démonstration, tu ne t'arrêtes pas au copier-coller parce que là, pour le moment, moi je ne suis pas. Tu as remarqué, je suppose, que tu nous assènes trois définitions différentes qui ne disent pas du tout la même chose ?

4) l'aliénation des droits naturels (entière ou limitée) est une garantie qui permet d'assurer... tadadam... la liberté civile. Locke est un fondateur du "libéralisme" (ou, ça a un rapport avec liberté) politique. Donc à aucun moment du processus on ne renonce à "sa liberté" ; on renonce à une forme limitée de liberté pour en obtenir une plus intéressante et plus stable. Si on est contractualiste bien entendu. Il y a d'autres options possibles.

Bref, j'aime pas le procédé et mon sang d'ex prof de philo se coagule en lisant ça. Un peu de précision, que diable !!!

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alps

le jeudi 14 mars 2013 à 14h53

ok. Pas envie de rentrer dans des details inutiles pour dire untel a tort ou a raison.

le demontrer est tres simple. comment faire valoir un droit si tout le monde ne s'y soumet pas ? c'est parce qu'on se soumet a la justice que la justice est appliquee.

que la question de la fidelite soit sexuelle ou de promesse ca ne change rien au truc. il faut se soumettre a la regle pour vivre avec l'autre. il y a dobc abandon de soi pour vivre avec l'autre.

voila.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Siestacorta

le jeudi 14 mars 2013 à 14h58

Oh, et créer une relation n'est justement pas une pulsion. C'est toujours vrai quand on en crée plusieurs, on est encore dans la construction, l'écoute, les compromis (pas la compromission, hein, les compromis).

Si il ne s'agissait de satisfaire que des pulsions, on aurait pas besoin du poly, la société contemporaine offre déjà des exutoires.

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Siestacorta

le jeudi 14 mars 2013 à 15h00

alps
comment faire valoir un droit si tout le monde ne s'y soumet pas ? c'est parce qu'on se soumet a la justice que la justice est appliquée.

que la question de la fidélité soit sexuelle ou de promesse ça ne change rien au truc. il faut se soumettre a la règle pour vivre avec l'autre. il y a donc abandon de soi pour vivre avec l'autre.

Ben dans le poly aussi, hein, on est deux à se mettre d'accord sur la possibilité d'aller voir ailleurs et la nécessité pour chacun de gérer sa possessivité...

Mais on s'abandonne pas à l'autre : à aucun moment, poly ou mono, on ne dit à l'autre "fais tout ce que tu veux de moi". On partage avec l'autre les décisions, ça n'a rien de total.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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alps

le jeudi 14 mars 2013 à 15h03

Siestacorta
Ben dans le poly aussi, hein, on est deux à se mettre d'accord sur la possibilité d'aller voir ailleurs et la nécessité pour chacun de gérer sa possessivité...

c'est bien ce que je dis des mon premier message. C'est pas la liberte qui est le fondement du couple mais l'abandon de soi. le concept de liberte n'est pas premier.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Siestacorta

le jeudi 14 mars 2013 à 15h04

dzolé, édité ma réponse...

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alps

le jeudi 14 mars 2013 à 15h06

Siestacorta
dzolé, édité ma réponse...

biensur que si c'est que je viens de demontrer. on s'abandonne bien a l'autre pour vivre ensemble. ce qui differe entre le monogame et le pa c'est le degre, ou plus exactement l'espace que circonscrivent les limites.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 14 mars 2013 à 15h06

Ha ben non, c'est un peu facile de balancer des pavés sur des gens et ensuite de dire qu'on ne va pas s'abaisser à mener sa démonstration jusqu'au bout. Je suis désolée mais pour le coup c'est contraire à l'éthique de la discussion - que je place très haut dans ma propre échelle de valeurs, figure-toi.

Et personnellement je suis kantienne : donc je ne me soumets pas à une règle en m'y abandonnant sans réflexion. Non, je l'assume avec autonomie et liberté de choix, avec tout mon discernement d'être rationnel - et ce faisant je n'abandonne rien de moi-même, au contraire, je déploie la plus haute de mes capacités d'être humain : celle de prendre des décisions libres. Si j'étais pas libre de le faire avant, pendant et après, je serais un esclave et mon engagement n'aurait aucune valeur.

En décidant de partager ma vie avec plusieurs personnes, selon des modalités différentes mais avec une même intensité de sentiments et une même constance dans l'engagement, je ne m'abandonne pas : je donne une partie de moi pour recevoir en échange. Encore une fois je partage ma vie, je ne la sacrifie pas. Et rien ne m'oblige à tout donner sans rien garder à une seule personne - et ce n'est pas non plus ça que j'attends de ceux que j'aime. On peut construire de très belles, très riches, très longues relations, on peut fonder des familles et nouer des liens puissants sans tout donner à un-e seul-e. Et heureusement ! Sinon la société, comme tu dis, serait un patchwork de dyades fusionnelles isolées les unes des autres, vivant en autarcie affective et sociale.

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alps

le jeudi 14 mars 2013 à 15h08

Janis
Ha ben non, c'est un peu facile de balancer des pavés sur des gens et ensuite de dire qu'on ne va pas s'abaisser à mener sa démonstration jusqu'au bout. Je suis désolée mais pour le coup c'est contraire à l'éthique de la discussion - que je place très haut dans ma propre échelle de valeurs, figure-toi.Et personnellement je suis kantienne : donc je ne me soumets pas à une règle en m'y abandonnant sans réflexion. Non, je l'assume avec autonomie et liberté de choix, avec tout mon discernement d'être rationnel - et ce faisant je n'abandonne rien de moi-même, au contraire, je déploie la plus haute de mes capacités d'être humain : celle de prendre des décisions libres. Si j'étais pas libre de le faire avant, pendant et après, je serais un esclave et mon engagement n'aurait aucune valeur.En décidant de partager ma vie avec plusieurs personnes, selon des modalités différentes mais avec une même intensité de sentiments et une même constance dans l'engagement, je ne m'abandonne pas : je donne une partie de moi pour recevoir en échange. Encore une fois je partage ma vie, je ne la sacrifie pas. Et rien ne m'oblige à tout donner sans rien garder à une seule personne - et ce n'est pas non plus ça que j'attends de ceux que j'aime. On peut construire de très belles, très riches, très longues relations, on peut fonder des familles et nouer des liens puissants sans tout donner à un-e seul-e. Et heureusement ! Sinon la société, comme tu dis, serait un patchwork de dyades fusionnelles isolées les unes des autres, vivant en autarcie affective et sociale.

vous n'allez pas tois justifier votre liberte en vous disant d'un penseur ou d'un metier ?
soyez au moins ivre de vous meme.

mot clef : pulsion d'avoir envie d'un bebe avec le second.
pulsion de vivre une autre histoire d'amour supplelentaire. c'est naturel mais rationnel et idealise ??? ca n'est pas consistant.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 14 mars 2013 à 15h19

Heu... cher alps, c'est toi qui a commencé en balançant du wikipédia philosophique. Soit-disant pour nous calmer de suite, et nous faire bien comprendre à qui on avait affaire : un type qui a réfléchi, lui, un type à qui on ne la fait pas, et qui a des preuves et même des démonstrations pour nous expliquer qu'on se trompe. Tu t'es dit que citer Hobbes, Locke et Rousseau dans le même post ça allait nous faire crier grâce, et que nous allions admettre ta toute-puissance rhétorique ET conceptuelle sans protester.
Bon, à ta décharge (hihihi je l'aime bien celle-là, je ne m'en lasse pas) je suppose que tu ne t'attendais pas à tomber sur une hystérique dans mon genre, qui n'aime rien tant que gloser à l'infini sur des concepts et décortiquer des doctrines. Tu nous envoies Hobbes, Locke et Rousseau, je te réponds Kant et même si tu continues à t'obstiner je te menace avec Marx. Et là ça va moins rigoler :-D

Maintenant je suis d'accord avec au moins une des choses que tu dis : c'est assez puéril de discuter par auteur interposé. Pour l'avoir fait subir à de pauvres adolescents de terminale qui ne m'avaient rien demandé (et j'en ai bien eu honte ensuite), je le dis en connaissance de cause : ça n'a jamais fait avancer une discussion.
Reste qu'on est coincés, là. Tu nous dis : "moi je crois que dans une relation il faut s'abandonner à l'autre". Et nous on te répond "ben non, nous c'est pas ça qu'on fait et pourtant on a bien l'impression de vivre des relations quand même".
Sans rire, tu sais, c'est pas facile pour nous : on croyait vivre des relations, et puis paf : tu arrives et tu nous expliques qu'en fait pas du tout, on suit nos pulsions désirantes et nos désirs pulsionnels, et qu'on ne construit rien, qu'on a aucune stabilité. Je vais dire ça ce soir à mon mari depuis 15 ans, ça va lui faire tout drôle à lui aussi...
Ha ben non je peux pas, ce soir il est chez sa copine.

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