Participation aux discussions
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Nicogab
le mercredi 04 mars 2026 à 00h48
Allyah148
il ne pourra pratiquement jamais exprimer ses émotions : ni l'école, ni à la maison, ni avec ses amis alors il prendra juste l'habitude de se taire. Habitude très ancrée, compliquée à changer...
Tout a fait d’accord Allyah148. Je crois que la connexion aux émotions, les siennes comme celles des autres, est l’une des choses les plus difficiles a changer chez les hommes. On peut toujours faire un travail conscient ou psy pour y parvenir, mais c’est la connexion intuitive, celle du coeur, qui est la plus dure à retrouver. Heureusement les femmes et les enfants sont là pour nous le montrer.
Discussion : Monogamie choisie ou conditionnée ?
Nicogab
le mercredi 04 mars 2026 à 00h32
Quelques réponses dans ce livre:
‘Décoloniser les affects’ de Geni Núñez
Discussion : Je suis mono exclusif mais elle doit reprendre sa liberté
Nicogab
le mercredi 04 mars 2026 à 00h20
Bonjour,
Super message que cette réponse de Caellan..
Effectivement, votre relation ressemble a un grand challenge.
Elle rappelle un phénomène assez courant de partenaires qui se choisissent pour leurs opposés. Il semble que votre attachement et votre désir de la posséder n’a d’égal que son aspiration à s’en libérer pour vivre sa liberté relationnelle. Si toutefois votre partenaire est authentiquement polyamoureuse, de votre coté vous etes radicalement monogame. Tous deux avez été attirés par vos opposés, a votre insu probablement, au tout début de votre relation.
Avant d’aborder la question du polyamour, je peux vous conseiller l’approche ou la thérapie de couple Imago (livres et thérapeutes), ainsi que des sexologues compétents (qui abordent la question des affects, pas uniquement la question sexuelle). Et puisqu’elle voit une psy, vous pourriez faire de même… notamment sur la question d’idéalisation et du sacrifice envers elle (ou votre mère), que vous évoquez.
Compte tenu du besoin de libération de votre femme, vous pourriez aussi lui proposer de voir avec vous un thérapeute de couple, sans que cela n’implique nécessairement une solution ou une décision a prendre, mais plutôt comme un moyen de vous livrer authentiquement l’un l’autre et de vous apprécier avec vos différences de valeurs. En réduisant ainsi la pression, les jugements, les blessures, on peut parfois entrevoir un chemin.
Vous êtes dans une situation douloureuse, où votre frustration d’intimité et de rapport sexuel est exacerbée par l’idée qu’elle vive de l’amour et du sexe avec un autre. Vous vous sentez légitime, on le serait a moins, d’être prioritaire et d’avoir au moins ces égards de sa part. C’est bien compréhensible, et très courageux de votre part de l’assumer, tout en lui faisant confiance. Si elle a vraiment une inclination pour le polyamour, ou la non-monogamie, elle ne vous rejettera pas en trouvant chez un autre ce qu’elle n’a pas dans votre relation. Ça peut même l’aider a mieux accepter ce manque. De même, vous pourriez trouver chez une autre personne ce que vous ne vivez pas ou trop peu avec elle, comme la sexualité. Vous pourriez ainsi découvrir une personne très différente de votre femme et qui vous apporte un autre équilibre, une sécurité affective, en atténuant votre sentiment de rejet.
Si vous le pouvez, de préférence après avoir vu et pris les conseils d’un(e) thérapeute de couple, je vous conseille de prendre un rendez-vous régulier avec votre femme pour communiquer ensemble via les méthodes d’écoute sans jugement (du type cercle de parole).
L’important c’est de vous réouvrir, ou d’ouvrir une communication authentique entre vous, pour dépasser les frustrations et les incompréhensions.
De nombreux couples monogames tentent de s’ouvrir au polyamour, et cela vient généralement d’un seul des deux partenaires comme dans votre cas. C’est difficile de réussir une telle transformation de la monogamie vers la non monogamie lorsqu’on a commencé sa relation en monogame. Mais pas impossible. C’est d’ailleurs ce qui m’arrive en ce moment avec une femme que j’aime depuis 5 années, sauf que c’est moi qui suis d’inclination poly et elle mono. Il faut du temps, de la patience, beaucoup d’écoute des besoins de chacun, rester soi-même tout en respectant infiniment l’autre (les autres lorsque d’autres partenaires entrent dans la danse). Il y a des hauts et des bas. On fait des tests, on expérimente, on pose des conditions, puis on n’en pose de moins en moins. L’amour, le désir, le respect font leur chemin.
J’espère vous avoir aidé un peu
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Nicogab
le vendredi 27 février 2026 à 10h09
Ce fil de discussion est très intéressant, que de témoignages ! Merci.
Je suis un homme hétéro (jusqu’à ce jour), probablement pas très représentatif de la masculinité, et c’est peut-etre ce qui peut nourrir le débat.
A l’âge de 8 ans, je me suis senti ‘feminin’, pour une raison que j’ignore. Peut etre par reaction a un père trop autoritaire, peut-être par éducation anti-conformiste, peut-etre en raison d’un lien sensuel avec ma soeur aînée. Probablement tout ça a la fois. Je suis resté ainsi, louvoyant entre une société masculiniste et mes inclinations féminines et féministes. Je ne comprenais pas bien les discours féministes puisqu’étant homme je n’étais pas exposé directement a leur domination (des hommes) comme le sont les femmes. Je n’ai compris que plus tard l’omniprésence de cette domination mâle généralisée et son impact sur les femmes, jusque dans la sexualité, ou des relations nuisible à leur sécurité lorsque cette domination se transforme en violence.
Ce qui m’a ensuite sauvé du schéma sociétal féminin/masculin, c’est mon anti-conformisme épidermique, mon aversion pour le genré, mon amour des femmes, ma curiosité, mon besoin de justice et d’équité. Enfin, j’ai constaté qu’en étant ainsi, le coeur et la confiance de mes partenaires s’ouvraient a moi, ce qui me touche particulièrement et facilite des rapports authentiques.
Ce sont peut-être là des traits de caractère a developper ou à suggérer à des hommes qui sont disposés a changer…
Je suis assez d’accord avec les arguments d’Aki dans son post concernant les obstacles a la déconstruction : ‘Pourquoi si peu d'hommes refusent de s'y mettre, ou abandonnent rapidement ?’ Pour ma part, les obstacles ne viennent pas des hommes: je m’en protège par un jugement du genre ‘si tu n’as pas compris c’est que tu es emprisonné dans tes certitudes et ton confort de macho’. Mes obstacles viendraient plutôt des femmes qui ont une idée préconçue des rapports genrés, soit parce qu’elles aiment ça (comme mon ex-épouse très conformiste), soit parce qu’elles en ont bavé et se méfient, ou bien encore, et c’est le plus difficile a gérer, parce qu’elles oscillent entre les deux.
Le livre ‘Devenir moins con en dix étapes’ de Quentin Delval donne de bonnes pistes. Il aide à comprendre ce contexte compliqué notamment pour des hommes pourtant disposés a changer, leurs pièges de l’ego, du poids social et de l’éducation. Je conseille ce livre, aussi bien pour les hommes que pour leur partenaire. Il est le témoignage d’un vrai travail sur soi, très structuré.
J’y ai decouvert que je n’étais pas vraiment ‘féminin’ tel que mon enfance me le laissait supposer. Certaines sensibilités genrées mais non toxiques m’avaient échappées comme par exemple l’envie chez les femmes d’être simplement écoutées par leur compagnon, après un stress ou une journée chargée, sans jugement et sans intervention du genre ‘si j’étais toi, bla, bla…’. Dans ce bouquin il est aussi question du partage des tâches ménagères et parentales…il y a des témoignages croustillants à souhait ! Je ne sais plus si c’est dans ce même livre ou un autre, sur le tantrisme, que j’ai appris comment être à l’écoute de la sexualité féminine, en sortant des schémas comme viser l’orgasme ou la pénétration systématiquement. On peut jouir de bien d’autres choses, le sexe est un art créatif !
Je termine en remerciant mes partenaires sans lesquelles je n’aurais pas progressé sur tout ça. Qu’est-ce que le couple, si ce n’est une troisième entité qui fait évoluer les deux
autres, toi et moi?
Avec un bémol tout de même : certaines personnes n’ont pas envie de changer, ou bien c’est trop difficile pour elles. Heureusement, le monde est vaste, multiculturel, en progression (lente mais réelle) sur ces questions.
Discussion : Abandon ou indépendance, le paradoxe ?
Nicogab
le lundi 11 novembre 2024 à 17h09
Merci pour vos retours d'avis.
Intermittent :
c'est vrai que d'après mon énoncé on peut se questionner sur la pertinence de mes choix. Mais c'est parce que je n'expose pas tous les aspects de ce choix d'avoir quitté mon ex (trop long et psycho-relationnel). Il faut savoir tout de même que je n'avais quasiment plus de relation sexuelle avec elle, que nos expériences d'échangisme ont été brèves, et qu'elle ne digérait pas mes écarts sexuels ou sentimentaux (même fugaces). Un jour elle s'est documentée sur le polyamour et a décidé que ce n'était pas pour elle... Notre communication sur ces questions était difficile et je me sentais bridé.
Ma nouvelle relation n'est pas venue se substituer à la première, elle a plutôt accéléré le processus de dissociation déjà à l'oeuvre avec mon ex. Mais oui, on regrette toujours ce qu'on a construit durant des décennies, notamment une famille, d'où la peur de l'abandon chez moi, sûrement.
Quand à ma nouvelle partenaire, elle est plus souple, communicante, capable de transformation. Malgré la distance et nos problèmes à régler, nous partageons une intimité et des moments inoubliables que je n'avais même pas même imaginés possibles auparavant, avec qui que ce soit. Elle est pour moi un cadeau du ciel.
Topper :
je prends bonne note de tes conseils très avisés, notamment qu'on doit régler nos problèmes. Je vais prochainement les croiser avec ceux d'un café poly que je vais découvrir prochainement.
Je me permets un petit bémol question sexuelle : j'éprouve de la frustration / incomplétude sexuelle avec Marie. Valérie, il me semble, pourrait calmer mes ardeurs et la distance avec Marie. Cela pourrait m'apporter la patience nécessaire pour travailler la sexualité avec Marie (avec sexologue notamment).
Et qui sait, Valérie pourrait me/nous conseiller ? Participer ? J'ai bien conscience aussi que Valérie ne doit pas être instrumentalisée, mais respectée pour la place qu'elle souhaite avoir. Si elle est poly, elle pourrait elle aussi avoir une relation déjà prioritaire par ailleurs.
Topper, tu as des dons de voyance, notamment dans tes choix de noms des partenaires.
Discussion : Abandon ou indépendance, le paradoxe ?
Nicogab
le dimanche 10 novembre 2024 à 09h07
Bonjour Topper, merci pour ta réponse.
Elle est éclairante sur bien des points.
Dans notre cas, il y a déjà une forme d’abandon récurent, qui me donne parfois la sensation que notre relation est superficielle, peu consistante. Je ne connais pas d’autres « couples » dans cette situation.
C’est a cause de la distance (peu de temps ensemble) + sexualité pas épanouie + ses nombreuses occupations extérieures a notre relation + pas de projet commun. Tout cela n’est pas favorable a notre équilibre.
Cependant le temps passé ensemble, même si il est restreint, nous apporte complicité et des grands moments de partage.
La question que je me pose, c’est si une relation doit être préférablement stable et suffisamment nourrissante avant d’expérimenter le polyamour, ou si au contraire, une autre relation parallèle peut (ou consiste a) équilibrer les choses en apportant ailleurs ce que l’un et l’autre ne parvenons pas a nous apporter ?
Message modifié par son auteur il y a un an.
Discussion : Abandon ou indépendance, le paradoxe ?
Nicogab
le jeudi 31 octobre 2024 à 00h08
Bonjour,
Je suis intéressé par le polyamour depuis longtemps, mais je ne l'ai pas encore pratiqué. Ma partenaire actuelle, et mon ex avec laquelle j'ai vécu quelques décennies, sont plutôt monogames.
Avec mon ex on s'est quittés parce que n'ayant connu qu'elle dans ma vie amoureuse et sexuelle, je ressentais de plus en plus le besoin de nouvelles relations. Elle ne me l'accordait que sous des conditions compliquées, ce qui engendrait douleurs et incompréhensions. Nous avons expérimenté durant une année l'échangisme, qui nous a apporté fun et excitation. Mais pour les relations extras mon ex, elle, n'envisageait pas d'autre homme, donc j'avais l'impression de la tromper en allant voir ailleurs. De son côté elle était en insécurité. Je l'ai quitté en l'aimant toujours. Elle me manque. J'ai conscience qu'elle était aussi une figure de substitution parentale (comme le disent d'ailleurs souvent les psy).
Avec ma nouvelle compagne, nous vivons a distance géographique et donc pas sous le même toit, on se voit environ 4 à 5 mois dans l'année. Dès notre rencontre j'ai précisé que je souhaitais être en relation libre.
Pourtant ni elle ni moi n'avons eu d'autre relations à ce jour. Elle avait besoin de sécurité et on avait assez à faire pour consolider notre couple naissant. Nous avons tissé une relation de confiance, d'amour et de franchise l'un pour l'autre. Je l'aime de plus en plus et je pense qu'elle aussi.
Aujourd'hui elle dit être d'accord pour vivre d'autres relations parallèles. Me savoir avec une autre femme, au moins occasionnellement, la déculpabiliserait de ne pas me voir plus souvent à cause de ses multiples occupations, et de ne pas m'accorder beaucoup de sexe car elle n'est pas très portée sur la chose pour des raisons diverses (que nous continuons d’élucider avec beaucoup de patience). Elle dit être attirée par la sexualité avec d'autres femmes, une sexualité qui pourrait l'épanouir davantage que celle qu'elle a connue avec les hommes, même si elle reconnaît qu'avec moi c'est différent et en progrès.
Maintenant, c'est moi qui me demande si on ne prend pas un risque en ouvrant notre couple.
Je sais que j'ai toujours eu la peur de l'abandon, et je lis que c'est une peur exacerbée dans le polyamour.
En même temps j'ai un grand besoin de liberté et d'indépendance que le polyamour pourrait être peut-m'apporter si ma partenaire continue de m'aimer autant.
C'est le truc vraiment classique (surtout chez les hommes), qui remonte au paradoxe de l'enfance : je veux être dans les bras protecteurs de maman et en même temps je veux explorer le monde, me confronter à ses dangers. Si maman m'en empêche, ça me frustre, je risque de me révolter. Je suis très attiré par l'inconnu et la découverte. Mais en même temps j'ai peur que ce nouveau monde m'éloigne trop de la sécurité de ma bien aimée, ou qu'elle finisse par me tourner le dos. Ce sont des peurs inconscientes qui s'opposent, qui tiraillent.
Je caricature. Je ne vois pas ma compagne comme une maman. Mais je sais que l'inconscient caché du petit enfant peut revenir au galop dès qu'on est en insécurité.
Me lancer dans le polyamour, en conscience, peut-il exacerber ces peurs opposées (attachement-détachement), ou bien au contraire me faire découvrir la compersion ? Elle semble être un sentiment et une sagesse qui dépasse toutes ces peurs...
Message modifié par son auteur il y a un an.