Polyamour.info

Dolcevita

Dolcevita

Toulouse (France)

Participation aux discussions

Discussion : Draguer sans se faire râtisser, ou De la quadrature du cercle...

Profil

Dolcevita

le mardi 22 mars 2016 à 21h50

Bonjour à tous,

Pour moi draguer, c'est dire à une personne qui me plaît ce que je ressens pour elle et lui faire des propositions. Avec le sourire, avec légèreté. Et me présenter cash, style ; "J'ai 64 ans, je suis non exclusive et vis le quotidien avec ma soeur..." C'est être moi même et assumer mes désirs. Les personnes qui m'attirent sont toujours si adorables que je ne prends que des rateaux "gentils"... et "oui", c'est "oui", et "non" c'est "non". C'est dans les cafés débats que je rencontre ces personnes (où sinon ?). Je ne maîtrise pas suffisamment l'anglais pour aller sur Okcupid ! Et puis, j'aime les contacts directs. Enfin j'aime prendre des risques et j'en assume les conséquences. Pour moi c'est un super défi cette façon de "draguer", je préfère dire d'aborder les personnes qui me font craquer et le résultat est positif... Bon, je complèterai ce post en fonction de vos réactions... Bisous à tous

Voir dans le contexte

Discussion : Café "amoureux" ?

Profil

Dolcevita

le dimanche 06 mars 2016 à 12h20

Bonjour Jules, en tant qu'organisatrice de café-sexo, je ne vois pas de problèmes à ce que ton café s'appelle "café amoureux" du moment que tu expliques son contenu. Par contre dans ce que tu expliques, je ne vois pas la différence avec un café poly ???
Moi perso, "café amoureux" ça me fait fantasmer... J'imagine un café pour faire des rencontres amoureuses ( tiens, je devrai lancer ça dans ma chère ville rose !!! lol ! ), donc si tu n'as pas ça en tête ( je pense que je ne suis pas la seule à avoir ce genre d'idées...), explique bien en quoi consistera ce café. Ici à Toulouse, le questionnement est très large dans les cafés polys... En tout cas félicitations pour tes initiatives Jules. Des bises. Mary

Voir dans le contexte

Discussion : SaintE VaLutine samedi 13 février 2016 à Toulouse : soirée festive & dansante !

Profil

Dolcevita

le vendredi 12 février 2016 à 11h20

Bonjour à tous,

Scott ayant des problèmes d'internet et de téléphone, je prends l'initiative de vous communiquer par mail l'adresse du lieu où nous nous retrouverons demain pour la soirée Sainte Valutine.

DONC N'OUBLIEZ PAS DE REGARDER DANS VOS SPAMS !!!

Pour ceux qui viennent au café-sexo c'est à St Cyprien au même endroit.

Vous pouvez me joindre par mail ( voir dans ma présentation) jusqu'à demain 18h en cas d'urgence...

Bien chaleureusement et au plaisir de vous retrouver demain soir !!! :-) <3

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

Voir dans le contexte

Discussion : Café poly vendredi 12 février 2016 à Toulouse centre

Profil

Dolcevita

le vendredi 12 février 2016 à 11h17

Bonjour à tous,

Scott ayant des problèmes d'internet et de téléphone, je prends l'initiative de vous communiquer par mail l'adresse du lieu où nous nous retrouverons ce soir pour le café poly. DONC N'OUBLIEZ PAS DE REGARDER DANS VOS SPAMS !!!

Pour ceux qui viennent au café-sexo c'est à St Cyprien au même endroit.

Vous pouvez me joindre par mail ( voir dans ma présentation) jusqu'à 18h en cas d'urgence ( inscription de dernière minute...)

Bien chaleureusement et au plaisir de vous retrouver ce soir. :-) <3

Voir dans le contexte

Discussion : SaintE VaLutine samedi 13 février 2016 à Toulouse : soirée festive & dansante !

Profil

Dolcevita

le jeudi 11 février 2016 à 10h36

Bonjour à tous !
Petit rappel concernant le déroulement de la soirée Sainte-Valutine
La soirée débutera aux alentours de 19h et se terminera à 2h du matin (fermeture du resto et dernier métro à 3h).

Le patron du restaurant demande à ce que nous restions en bas afin de ne pas perturber la salle du restaurant. Il vous est donc demandé d’être discret lorsque vous voudrez aller fumer…

Une serveuse viendra prendre nos commandes régulièrement et aura une fiche avec nos prénoms. Elle y inscrira ce que nous aurons bu et mangé et ainsi il n’y aura pas de problèmes pour régler ce que nous devons quand nous partirons.

Il y aura un chapeau pour participation libre aux frais que Scott et moi avons engagés (jeux…)

Si vous le souhaitez vous pouvez vous déguiser, porter un masque…, ce n’est pas obligatoire. Et si quelqu’un a envie d’animer un atelier maquillage en apportant des produits de qualité, ce serait sympa !

Pensez à apporter vos CD et clés USB pour la musique en prévoyant aussi des slows, de la musique d’ambiance (jazz par exemple) et apportez vos jeux de société genre « speed-dating » ou autre dans le même style…

On pense qu’on peut jouer aux divers jeux apportés par les participants et les animateurs jusqu’à 21h puis danser ensuite et bien sûr, rien n’est formel et vos idées sont les bienvenues.

Les personnes sous l’emprise d’alcool ou de drogues ne seront pas acceptées.

La drague consensuelle et respectueuse est acceptée, ça veut dire :
S’assurer du consentement actif de la personne même si on la connaît…
Exemple : « Tu veux danser ? Je peux t’embrasser ? »
« Oui » c’est OUI. « Non » c’est NON. « Peut-être » (les timides, les indécis, ceux qui savent pas dire non), ça veut dire NON ou ON EN REPARLE PLUS TARD…

N’oubliez pas de répondre au questionnaire de Scott car il y a encore des personnes que nous ne connaissons pas alors merci de vous présenter ! soit par mail à Scott et moi (mon adresse mail est dans ma présentation), soit directement sur le site comme quelques-uns l’ont fait, ce dont nous les remercions. Dîtes nous aussi à quelle heure vous arrivez. Nous vous enverrons votre invitation par mail avec l’adresse du lieu, donc surtout communiquez nous votre adresse mail !

A samedi avec enthousiasme !!! Très chaleureusement. Scott et Dolcevita

Voir dans le contexte

Discussion : Ateliers "Sexualités"

Profil

Dolcevita

le vendredi 29 janvier 2016 à 11h23

Je serai là aussi !!! A lundi !

Voir dans le contexte

Discussion : Ateliers "Sexualités"

Profil

Dolcevita

le lundi 25 janvier 2016 à 11h05

Bonjour Shortbus, en tant qu'animatrice de café-débat sexo à Toulouse, j'apprécie vraiment ton initiative de proposer ces ateliers ! Tu les proposes en tant que professionnel ? Ce serait bien que tu te présentes, que tu nous parles de toi... Car il me semble que ce genre de rencontres ne s'improvise pas... Je me rends compte que je me suis inscrite avec beaucoup d'enthousiasme mais sans réfléchir... Bien chaleureusement. :-)

Voir dans le contexte

Discussion : *REPORTéE* Café Safe sex poly > Samedi 2 JUILLET 2016 à Toulouse à partir de 14h

Profil

Dolcevita

le dimanche 03 janvier 2016 à 21h06

Hello Scott, je suis invitée demain soir à la Commission Santé de l'Espace Laïcité et Diversités à Toulouse sur ce thème. Je t'en parlerai et peux demander au responsable de cette commission de venir au café-débat. Je soutiens de tout coeur ce super projet !!!

Voir dans le contexte

Discussion : Quel âge ont les polyamoureux?

Profil

Dolcevita

le vendredi 01 janvier 2016 à 12h21

64 ans pour moi et beaucoup d'enthousiasme et d'envies de rencontres !!!

Je vis à Toulouse, vous souhaite à tous le meilleur pour 2016 et espère rencontrer et échanger avec tous les toulousains et toulousaines !!!!

Voir dans le contexte

Discussion : SaintE VaLutine samedi 13 février 2016 à Toulouse : soirée festive & dansante !

Profil

Dolcevita

le lundi 21 décembre 2015 à 23h13

Lulutine, y'a "Megabus.com" !!! En octobre j'ai fait un A/R Toulouse /Paris pour 2,50€ !!!

Des slows, ça c'est facile à mettre en place...

Scott, tu le sais, je peux t'aider à organiser cette soirée... Je me renseigne très vite pour un lieu...

On pourrait aussi prévoir un système de post-it, d'enveloppes et d'étiquettes avec un numéro ( 1 enveloppe par participant et l'étiquette collée sur soi...). Ainsi chacun pourrait glisser des petits messages non anonymes dans l'enveloppe de son choix... Au cours de la soirée, chacun peut consulter son enveloppe... Et des rencontres plus "intimes " pourraient se créer... Beaucoup plus facile à mettre en place qu'un speed dating...

Voir dans le contexte

Discussion : Café Bi-poly de Pleine lune mercredi 25 novembre 2015 à Toulouse

Profil

Dolcevita

le samedi 28 novembre 2015 à 10h12

Les 9€ d'ardoise ça c'est vraiment pas cool !!!
Je suis relativement dispo pour prendre un café en ville, on voit ça ensemble !
Pour les lieux, je n'en connais pas à part ceux où j'anime, ou animerai et où il y a les contraintes que tu connais...

"L'idéal serait un lieu où on pourrait :
- de temps en temps y faire d'abord une projection d'un film ou doc poly sur écran de télé ou sur écran blanc/ grande toile blanche,
- ... Ou des lectures polys, et/ou coquines,
+ un atelier d'écriture ludique (façon Cadavres Exquis ?)"

ça, ça peut être envisageable ponctuellement chez moi !!!:-)

A bientôt cher Scott !

Voir dans le contexte

Discussion : Café Bi-poly de Pleine lune mercredi 25 novembre 2015 à Toulouse

Profil

Dolcevita

le vendredi 27 novembre 2015 à 16h46

Hello Scott,

Tes cafés débat sont géniaux, alors ne tiens pas compte des grincheux !!!
Des bises et à très bientôt !

Voir dans le contexte

Discussion : Goûter & Café poly mensuel samedi 21 novembre 2015 à Toulouse

Profil

Dolcevita

le dimanche 22 novembre 2015 à 11h43

Oui moi aussi j'ai adoré cette soirée chaleureuse, joyeuse et tout et tout !!!...

Merci Scott et à mercredi pour la pleine lune, hummmmm !!!!

Voir dans le contexte

Discussion : [Film] Edmond , un portrait de Baudoin

Profil

Dolcevita

le vendredi 06 novembre 2015 à 18h59

Je suis intéressée pour y aller !

Voir dans le contexte

Discussion : Café-débat non directif : Comment vit-on notre sexualité au 21ème siècle ?

Profil

Dolcevita

le vendredi 09 octobre 2015 à 13h32

Et oui cher Scott !!!

Voir dans le contexte

Discussion : Café-débat non directif : Comment vit-on notre sexualité au 21ème siècle ?

Profil

Dolcevita

le jeudi 08 octobre 2015 à 16h45

Bonjour Scott,

Non, pas de changement pour octobre, c'est bien mardi prochain 13 octobre

Voir dans le contexte

Discussion : Café-débat non directif : "Comment vit-on notre sexualité au 21ème siècle ?"

Profil

Dolcevita

le lundi 05 octobre 2015 à 12h17

L'événement a été annulé.

Voir dans le contexte

Discussion : Café-débat non directif : "Comment vit-on notre sexualité au 21ème siècle ?"

Profil

Dolcevita

le lundi 05 octobre 2015 à 12h16

L'événement a été annulé.

Voir dans le contexte

Discussion : Café-débat non directif : Comment vit-on notre sexualité au 21ème siècle ?

Profil

Dolcevita

le lundi 28 septembre 2015 à 22h46

Hello Scott, je suis tout à fait ok pour que l'on fasse des liens entre nos cafés, juste je ne sais pas le faire... Mais si tu m'expliques, no problem !!!
A très bientôt !!!

Voir dans le contexte

Discussion : Comment vit on notre sexualité au 21ème siècle ? Café-débat non directif

Profil

Dolcevita

le mercredi 23 septembre 2015 à 14h19

Bonjour à tous !

Voici quelques notes que j'ai prises lors du café-débat du 15 septembre dernier. S'y ajoutent un texte de Daniel Welzer Lang, sociologue du genre à l'université du Mirail à Toulouse qui était présent à ce café-débat.
Bonne lecture !

Notes et questionnements suite au café-débat du 15 09 15
- Nous étions une vingtaine de personnes, hommes et femmes, toutes générations confondues à nous retrouver pour ce premier café-débat intitulé : « Comment vit-on notre sexualité au 21ème siècle ? »
- Les participants avaient été majoritairement informés par les sites « polyamour.info » et « Amiez ».
- Sujets choisis et votés par les participants :
Qu’est ce que le polyamour ?
Différences entre polyamour et libertinage ? Les deux sujets ont été abordés indifféremment et d’autres questionnements ont été soulevés (voir texte de Dan)
- Définition du polyamour : (reprise d’une partie de la définition du site polyamour.info)
« Étymologiquement le mot polyamour provient du grec et du latin et signifie simplement « amours multiples », à partir de la traduction du terme anglais polyamory. En général on définit une relation polyamoureuse comme étant une relation amoureuse impliquant plus de deux personnes. Le polyamour implique la connaissance et l'acceptation de chaque personne impliquée dans la relation (contrairement à simplement tromper son amoureux-se). C'est un principe qui est intimement lié aux notions d'honnêteté et de sincérité. Dans une relation monogame habituelle, les règles sont tacites, dans une relation polyamoureuse on définit simplement et explicitement des règles différentes. Le polyamour est une manière entièrement différente de vivre et penser les relations qu'on peut développer avec les autres, c'est une acceptation du simple fait qu'une seule personne ne peut et ne doit pas être contrainte à combler tous vos désirs ou besoins. Après tout, on peut très bien avoir plusieur-e-s ami-e-s, et les aimer chacun-e à leur juste valeur, le polyamour concrétise la même logique pour les relations amoureuses. Cette présentation n'est qu'une définition possible mais on peut facilement dire qu'il y a autant de définitions que de polyamoureux, chacune se rapprochant plus ou moins de celle-ci. »
Suite à cette définition, beaucoup de participants ont témoigné à partir de leur expérience personnelle. Les réflexions suivantes ont été relevées et développées appuyées par des témoignages de vécus :
- Quid du « Grand Amour » ?...
- Différents points de vue relatifs au libertinage :- Le polyamour est proche du libertinage. - Polyamour = libertinage caché. - Le libertinage est une relation charnelle. - Libertinage = amitié+sexe (amitié libertine)
- « L’anarchie relationnelle », c’est-à-dire ne pas définir la relation, exemple : l’amitié et l’amour…
- Chaque relation est différente, rien n’est naturel…
- Une seule personne ne peut pas répondre à tous nos besoins émotionnels…
- La crise de la quarantaine…
- Le travail sur soi : « Qu’est ce qui me correspond vraiment ? »
- Une participante témoigne de son vécu de relation multiple, elle dit ne pas s’épanouir dans une relation exclusive, et a trouvé son équilibre dans une relation avec 2 hommes, les deux lui sont indispensable et elle précise : « Je génère de l’envie plus que du rejet… » Elle n’envisage pas de choisir entre ses deux amoureux.
- Le polyamour est un thème qui fait résonnance chez les gens.
- L’amour n’est pas naturel, il a été créé au 12ème -13ème siècle…
- Tout est possible, il n’y a pas de bonnes et mauvaises relations (plan cul, la morale…)
- Pression de la norme, idéal du Prince Charmant…
- On ne cherche pas forcément quelque chose aux différentes personnes.
- L’acceptation
- Génétique
- Liberté de soi, liberté de l’autre…
- Les enfants : leurs places dans les relations polyamoureuses, que partage t on avec eux, notamment par rapport à la sexualité ? Que leur dit-on ?
- Les normes : on ne vit pas sans normes… les normes culturelles varient… idem pour la jouissance… Chaque culture a sa définition de l’orgasme.
- Beaucoup de personnes ont des idées opposées et c’est ce qui la richesse de ce café-débat où chacun a la possibilité de s’exprimer sur son vécu sans être jugé et en sachant que personne ne détient la vérité et qu’il n’y a pas de bonnes ou mauvaises réponses…
- Ainsi, on a pu entendre par exemple que le mot « polyamour » est un terme galvaudé, que l’on confond amour et sexualité, que la vie de couple est «  contre nature », dire « j’aime » peut ne pas regrouper les mêmes concepts, les mêmes codes…, que l’émotion est obligatoire mais pas le sexe… Une personne est choquée par l’amalgame entre « polyamour » et « plan cul »… Un autre trouve insupportable de faire un distingo entre « belle histoire » et « plan cul », chacun est bon ! Sont évoqués aussi « les prédateurs » qui sont dans le mensonge et ternisse la notion de polyamour… Liberté de soi et liberté de l’autre dans le polyamour, pas de question de « vrai » ou « faux » polyamour, pas de hiérarchisation entre « amour », « plan cul », « libertinage » etc…
- Evocation de la jalousie, notamment par le côté émotionnel qui ne se contrôle pas même si intellectuellement on est plus que d’accord avec son partenaire et que l’on aime son autre amour en regrettant de ne pas faire sa connaissance… Dans ce cas précis, cette « jalousie émotionnelle » s’est solutionnée par le dialogue, la présence attentionnée et l’acceptation entière de la situation… L’humour aussi car théoriquement, c’est la personne jalouse émotionnellement qui se proclame polyamoureuse !!! Une autre participante précise que lorsqu’elle est jalouse, c’est qu’à ce moment elle n’est pas bien avec elle-même.
- L’orgasme et « la petite mort » qui est différente de l’orgasme avec éjaculation et qu’on n’a ressenti qu’une fois dans sa vie… Mais qui peut aussi se découvrir à travers une sexualité en dehors des normes classiques comme l’évoque Dan dans son écrit : « … Et devant l’absence de nouveaux modèles consensuels, nous bricolons ! Nous expérimentons ! … »
- On a parlé du côté génétique, il a notamment été dit qu’on ne croyait pas au côté génétique de la chose sexuelle, que c’est une histoire culturelle et patriarcale...
- Je me suis heurtée à la difficulté de résumer environ 3 heures d’échanges riches et intenses dans lesquelles les participants se sont énormément impliqués et j’ai bien conscience de n’en restituer qu’une petite partie… Ce n’est donc pas un compte-rendu mais juste quelques notes pour réfléchir et se questionner… Heureusement, le texte de Dan vous donnera à réfléchir !!!

Polyamour, libertinage et « matrice hétéronormative »
[e-mail, cliquer pour voir l'adresse]

Ce texte vise à alimenter des débats autour du polyamour

Difficile de s’y retrouver dans les débats actuels pensent, à raison, certaines personnes. Non seulement parce que certains termes (polyamour, libertinage, candaulisme, triolisme…) sont peu définis ou de manières très diversifiées, mais aussi parce que l’analyse est souvent partielle.

L’hypothèse que je défends ici est que parallèlement à la révolution du genre marquée tout à la fois — par la lutte pour l’égalité hommes/femmes (contre la domination masculine et ses effets) — et par les revendications LGBTQI (lesbiennes, gais, bisexuel-le-s, transgenres, queers, intersexes) qui visent à faire admettre la pluralité des rapports entre sexe dit biologique et genre social, nous assistons à des interrogations en actes, une déconstruction, de ce qui était présentée comme une sexualité « normale » à savoir l’hétérosexualité.
Bref, pour le dire autrement, une fois admis que les femmes, les trans (quels que soient les débats sur les transidentités), les travs, les gays, les lesbiennes, les bi, les intersexes, les queers… sont des personnes aussi normales que les autres , que penser des représentations et pratiques dites hétérosexuelles ? Y a t’il une seule forme d’hétérosexualité ?

L’hétéronormativité que certain-e-s aiment à présenter comme « naturelle » car liée parfois à la reproduction humaine s’impose encore dans nos représentations et nos actes quotidiens. Et s’imposera tant que nous n’avons pas réussi à distinguer ses effets réels et imaginaires dans nos interactions.
Pour ma part, je soutiens l’idée que la « matrice hétéronormative » dans laquelle nous sommes élevé-e-s légitime la domination des femmes et la stigmatisation de ceux et celles qui ne peuvent prouver leur hétéronormativité.

L’utilisation du terme hétérosexuel-le-s est récente. Avant on disait que l’on était « normal ». Le sida et à la solidarité avec les homosexuel-le-s a imposé de caractériser autrement ces gens qui criaient leur normalité. A l’antique couple homo/normal, qui renvoyait les homos aux « anormaux », aux « monstres », aux « pervers », on a préféré le couple homo/hétéro. Quant à la « culture hétérosexuelle », le fait de théoriser la naturalité du couple Homme/femme qui doivent vivre ensemble et s’aimer, elle se crée entre le XIIe et le XVIe siècle dans l'Occident chrétien, comme le montre brillamment Louis-Georges Tin (L'invention de la culture hétérosexuelle, Éd. Autrement, 2008).

Si on accepte que l’hétéronormativité se traduit par : — la prédominance du « deux » pour faire couple, ménage ou famille — l’appropriation physique, sexuelle et symbolique des femmes (et l’attribution de tâches différenciées en fonction du sexe) — une vision d’une sexualité masculine comme active et passive pour les femmes (ou leurs équivalents symboliques que sont les homosexuels pénétrés), un constat s’impose : il y a des libertins et des polyamoureux hétéronormatifs.
Que l’on pense aux hommes dits libertins qui imposent certains rapports à leur conjointe, la jalousie masculine et le contrôle de « leur » compagne, alors qu’ils s’autorisent eux à d’autres relations. J’ai aussi évoqué par ailleurs comment la domination masculine homophobe aboutit à considérer certaines pratiques ou substances somme sales, anormales. Et n’oublions pas que certains clubs imposent encore aux femmes de se travestir en femme : jupe, robe… pantalon et chaussures plates interdits. Alors que de telles contraintes n’existent pas ou peu pour les hommes qui ne sont pas racisés : pas de tennis ou baskets, ni de casquettes.

Et si l’on creuse un peu et que l’on dépasse ces traits sommaires de la matrice hétéronormative, on se rend aussi compte que nous sommes tous et toutes concernées. Y compris ceux et celles qui ont l’illusion ou la prétention de se distinguer des figures virilistes, machistes ou maternalistes qui encombrent nos imaginaires d’origine.
Ainsi, fréquemment, les débats dans les groupes polyamoureux abordent la prégnance du modèle du deux exclusif. Parfois le secret sur les « autres » relations n’est pas sans rappeler les découpages public/privé, intérieur/extérieur. A l’inverse le modèle du « tout-dire » rappelle fortement le « tout-avouer » à Dieu dans le confessionnal pour expier ses « fautes », mis en place par la religion chrétienne. Quant à la (rassurante) division relation principale/relation secondaire, elle évoque fortement comment nous les mecs avons été élevés en distinguant celles qui officient comme mamans et nous prennent en charge, et celles entrevues comme des putains ou des salopes avec qui on fait du sexe récréatif payant ou non…
A côté de ces réflexions de base, se posent aussi des questions qui concernent d’autres fondements de l’hétéronormativité.
— Qu’en est-il des remises en cause des attitudes virilistes (être actif) et maternalistes, (être passive) ? Y a t’il déconstruction avec essais de l’inverse. Oui, une femme peut être active et « prendre » un homme ; y compris dans l’interaction vagin/phallus. Comment se dit et se vit le refus de pénétration ?
— Qu’en est-il de la distinction entre scène sociale et scène sexuelle ? Les gais nous ont montré la distinction entre les deux. On peut « jouer » scenarii et personnages dans une recherche érotique sans pour cela que ces personnages, ces scènes, influent ou préfigurent la vie hors sexualité. Qu’en est-il de ces transversalités ou non-transversalités dans les rapports hommes/femmes où en général l’homme est actif/dominant dans le sexe ET dans la vie ? Qu’en est-il des inversions ? des détournements de l’hétéronorme ? Pouvons nous déconstruire une norme dominante en la jouant ou en la mettant en scène dans la sexualité ?
— Qu’en est-il de la fétichisation hétérocentrée des différences et de l’essai de ne pas limiter la sexualité à une pseudo complémentarité entre hommes et femmes ? Nos imaginaires érotiques ont été centrés sur ce qui fait différence : pénis, seins, vagin… ? Comment les corps entiers sont-ils perçus, utilisés dans les jeux érotiques ? Devrons-nous longtemps encore nous limiter dans nos perceptions genrées de soi et des autres ? Peau, oreilles, bras, anus, pieds… sont aussi des parties de corps érotisables. Ils présentent l’avantage d’être communs aux hommes et aux femmes.
— Qu’en est-il du rapport à l’esthétisme et aux poils en particulier. Qu’en est-il des contraintes sur le poil ? Sont-elles identiques par les hommes et les femmes ? Comment se manifeste ce qui devrait être débats puis choix individuels ?
Voilà quelques questions qui me semblent intéressantes à creuser.

Nous sommes en transition, en passage d’une époque fortement marquée par la domination masculine homophobe et l’avè
nement (dont de multiples signes apparaissent) d’une société égalitaire en termes de genre. En terme de classes sociales, d’âgisme ou d’effluves post-coloniales racisantes c’est différent.
Dans cette transition des hommes hétéronormatifs et des femmes hétéronormatives ont été confrontées à des rencontres avec des personnes qui remettent en cause tout ou partie du modèle et de ses normes : volonté d’égalité des femmes et refus du machisme et des violences faites aux femmes, désirs de normalité des gais, des lesbiennes, ou des trans… Ils et elles se sont donc adaptées et ont découvert qu’on peut aimer et/ou vivre des sexualités entre hommes et femmes sans pour cela faire sien l’ensemble du modèle. Et devant l’absence de nouveaux modèles consensuels, nous bricolons ! Nous expérimentons !

Ce n’est donc pas un hasard si des multiples groupes polyamoureux ou « cafés poly » sont apparus. Ils assurent une interface publique permettant que tout-e un-e chacun-e puisse se renseigner, intégrer ses expériences dans une possible problématique polyamoureuse, Ce n’est donc pas un hasard non plus si de nombreuses personnes essaient le plus que deux ou les relations autres parfois qualifiées de libertines, de bisexuelles ou de BDSM. Internet y contribue comme outils facile d’accès.

Signe des temps, ce n’est plus autour des questions sur l’identité, l’orientation sexuelle ou la caractérisation des pratiques que se rencontrent aujourd’hui différentes personnes. Les débats sur les bisexualités, sur le libertinage et, pour partie à Toulouse, autour du BDSM sont abordés dans le cadre des débats sur le polyamour.
Les hétéros rejoignent la dynamique créée autour de l’arc LGBTQI. Et, une fois banalisée le fait de pouvoir vivre en couple marié que l’on soit gai, lesbienne ou trans, c’est le couple hétéro lui-même, ses rapports internes et ses rapports à l’Autre qui semblent être en crise et/ou poser problème. Donc devoir être discuté.

Les manières dont les débats sur le polyamour et/ou sur le libertinage intégreront ou non les critiques de l’hétéronormativité dans les débats futurs sera riche d’enseignements sur les évolutions de nos sociétés. En tout cas, il me semble urgent, qu’à côté des « café poly », d’autres cercles puissent se former pour approfondir le vécu polyamoureux quelle qu’en soient ses formes concrètes et la déconstruction de la matrice hétéronormative.

1)Voire que ces « autres » définis par la négative (non-femmes, non-trans (on les appelle les cisgenres), non- travs, non- gays, non- lesbiennes, non- bi, non- intersexes, non- queers) ont sous doute beaucoup à apprendre en écoutant ceux et celles qui sont classé-e-s comme minoritaires, marginaux, pervers et maltraités comme tel-le-s.
2) Non seulement la période reproductive des femmes ne couvre pas toute leur vie, mais contraception et avortement ont permis de dissocier sexualité et reproduction. De plus, de nombreuses méthodes permettent à des gays, des lesbiennes et des trans de devenir parents sans sexualité directe.
3) Editions Payot : Nous les mecs (2013) et Propos sur le sexe, éditions (2015),
4) A ce propos de plus en plus d’hommes qui veulent s’épiler les jambes découvrent, souvent avec stupeur, le douloureux « travail de la beauté » imposé aux femmes.

Si ces questions vous intéressent…
Daniel Welzer-Lang
[e-mail, cliquer pour voir l'adresse]

Voir dans le contexte

Retour au profil


Espace membre

» Options de connexion