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Partenaire jalouse, besoin d'aide

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Siestacorta

le vendredi 29 avril 2011 à 12h56

Hmmm... C'était mentionné un peu comme préambule, dans une logique "j'ai peut être un peu fauté, mais avant j'avais ouvert la liberté à l'autre"...

Du coup, dans un contexte de forum poly, j'ai surinterprété (c'est moi qui met en gras les mots trompeurs) :

tanguy31
Un peu avant de le rencontrer, elle était tombée amoureuse d'une collègue et je me suis efforcée de l'aider à avancer avec cette femme (que j'estime beaucoup en outre), à la fois pour elle et en espérant que la jouissance de sa propre liberté lui ouvrirait l'esprit.

et

hypathie
quand ma compagne m'a encouragée à fréquenter ma collègue, je lui ai bien demandé si elle n'allait pas en souffrir avant; j'ai hésité pendant des semaines, pour vérifier qu'elle n'en souffrirait pas ; plus mes sentiments grandissaient, plus je lui demandais comment elle le vivait, et si elle m'avait dit qu'elle en souffrait, j'aurais arrêté, car mon couple passe avant tout le reste).

Pour moi, "fréquenter" au sens strict n'est pas une liberté qu'on puisse vraiment me donner ou m'interdire, et je n'imagine pas spontanément qu'une "fréquentation" engendre une souffrance chez une amante.
Avec ce présupposé et comme c'est raconté en regard de ta relation avec le monsieur, j'en ai donc déduis qu'il y avait aussi un part sexuelle à cette fréquentation.
Mauvaise interprétation de l'intensité des sentiments que vous décrivez... Et mesure trop subjective de votre échelle de jalousabilité, sans doute !
J'ajouterai pour ma défense que les spécificités de votre histoire sont assez peu communes. Avec des aspects importants qui sont omis du récit ("elle est difficile à vivre".... mais j'oublie de préciser qu'elle est diagnostiquée Asperger - "je l'ai poussé à développer sa relation amoureuse avec une autre avant d'en avoir une moi-même"... mais j'oublie de préciser qu'elle n'a pas eu de relation sexuelle), tu m'enduis d'erreur, comme dirait Virenque.

Si c'est un amour platonique... L'impression que toi, de ton côté, tu as dépassé une ligne implicite en vivant ta relation sexuellement est plus facilement compréhensible.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Siestacorta

le vendredi 29 avril 2011 à 13h10

Ha, heu, et puis une relation amoureuse "épanouissante" basée sur le non-dit et l'implicite, pour une personne qui, en tant qu'Asperger, aura sûrement plutôt tendance à baser ses pensée sur des informations exprimées clairement... J'avoue que j'aurai pas tout à fait imaginé ce paradoxe.

En passant, ça existe, l'érotomanie, chez les aspies ? C'est sans doute pas du tout adapté pour votre histoire, mais le côté "implicite" et "non-dit" quand on se déclare amoureux, ça me laisse souvent perplexe...

Je juge pas, hein, c'est pour moi des tendances qu'on peut avoir à un bas degré... mais je me dis que ça peut être des fonctionnements qui se croisent... Si l'Asperger a tendance à créer des comportements assez radicaux à partir d'une somme d'informations à laquelle il serait hypersensible, j'imagine qu'il doit être envisageable d'arriver à une interprétation paranoïde comme l'érotomanie.

Dans l'idée où la paranoïa, c'est pas "tout le monde m'en veut", mais "j'interprète les informations selon mon filtre, et je crée une histoire que je trouve cohérente, même si elle ne se base sur aucun point démontrable et explicite". Du coup, dans l'érotomanie, la personne explique les comportements de l'autre comme des comportements amoureux, et tout ce qui ne relève pas de cette explication, c'est pour "cacher" le comportement amoureux, parce que l'aimé a une femme, ou que le contexte social n'accepterait pas... Bref, toute explication vaut plutôt que "ah ben en fait il y a pas de relation amoureuse, seulement un sentiment pas explicitement partagé".

Je parle de tout ça parce que je suis tombé sur des personnes relevant de ces traits trois fois, déjà...
Mais c'est que mon expérience, si ça n'a rien à voir ici, c'est juste une digression.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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hypathie

le vendredi 29 avril 2011 à 15h07

Je connais mes difficultés à interpréter le langage de l'autre, c'est ma compagne qui m'a poussée à croire qu'il se passait quelque chose entre ma collègue et moi (après lui avoir rapporté ses faits, gestes, paroles et expressions) et qui m'a encouragée dans cette voie.
Objectivement, je ne crois pas être dans l'érotomanie, je pense même plutôt être dans le cas contraire : j'ai du mal à voir que l'on tient à moi... Et il faut beaucoup de persuasion pour m'en convaincre.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Siestacorta

le vendredi 29 avril 2011 à 17h53

> hypathie :
oké ! comme je disais, mes lignes sur l'érotomanie, pour le coup, c'était pas tant de l'intuition qu'une incompréhension des histoires d'implicite et de non-dit. Avec aussi un petit vécu personnel, qui me rend un poil méfiant.

Mais comme vous mentionnez toutes deux cet épisode, ça semble néanmoins important, intense.
Est-ce que cette intensité a pu avoir un effet rebond sur tanguy, d'après toi ?

Puisque tu postes quelques réponses, dans le contexte "passionné", je préfère demander : tu as envie de parler de tout ça ici, de te poser pour le faire, ou tu réponds à chaud sans souhaiter un débat/échange ?
Ce serait émotionnellement tout à fait compréhensible ! Si c'était le cas, je peux juste essayer moi-même de ne plus répondre. "Ta gueule Siesta" est une auto-injonction que je ne me fais pas assez souvent, mais qui me semble néanmoins souvent parfaitement justifiée.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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tanguy31

le vendredi 29 avril 2011 à 18h07

Oui là, effectivement, dans le cas de ma compagne, c'est vraiment l'inverse. Et là, on ne peut absolument pas nier l'implication de l'Asperger là-dedans. Je confirme qu'il est très difficile de lui faire comprendre quand quelqu'un lui montre des marques de gentillesse, d'intérêt ou d'avantage. Parce qu'elle a toujours tendance à penser qu'elle ne mérite pas l'attention et comme en plus, elle a du mal à décoder le langage social, cela ne fait que renforcer son doute.
C'est tellement vrai que lorsque j'ai rencontré la collègue pour la première fois, celle-ci m'a dit qu'elle avait cherché le contact avec ma compagne (alors même que cette dernière se plaignait qu'elle ne lui prête apparemment pas d'attention) mais que celle-ci, à plusieurs reprises, n'avait même pas répondu à ses bonjours et qu'elle en avait donc déduit qu'elle ne voulait pas communiquer.

Sinon, pour en revenir à mes moutons et grâce à toi, Siestacorta (en te lisant, en appliquant ton conseil de relecture donné dans ton premier post de réponse notamment), j'ai eu un "déclic". Si je regarde objectivement les faits dans leur ensemble, j'ai tout fait pour que ce second amour soit une vraie violence pour ma compagne. Bien sûr je n'ai jamais cessé de l'aimer (et de le dire mais cela ne saurait suffire). Mais j'ai tout "construit" à l'envers. Au lieu de lui donner les matériaux pour percevoir le côté neutre de cette autre relation (à défaut d'être franchement bénéfique), j'ai tout fait pour qu'elle ait la sensation horrible d'être abandonnée. Sans le vouloir bien entendu. Au fond de moi, je crois que je culpabilisais dès le début et ceci a entraîné cela. Ma culpabilité (et là, on ne peut pas nier le rôle "sociétal" là-dedans... Et d'ailleurs, à ce titre, j'ai bien aimé ta comparaison avec l'homosexualité, tout aussi mal perçue en son temps - et malheureusement encore parfois - que les amours multiples) a engendré chez moi des attitudes de repli. Je ne le rejetais pas bien sûr mais mon malaise se voyait. Malaise que j'oubliais avec lui (c'est ainsi qu'elle me disait régulièrement que j'étais comme "lumineuse" avec lui et éteinte avec elle). Moi, je ne le percevais pas en fait. Pas au début. Mais elle si. Avec sa perception fine d'Aspie en plus... Et du coup, lorsqu'elle me faisait des reproches, qu'elle essayait d'être dans le contrôle, j'étais encore plus "dans le repli". Cercle vicieux, j'interprétais ses attitudes comme autant de motifs pour chercher ailleurs l'oxygène qui me manquait avec elle, croyant que cela me permettrait d'être celle qu'elle voulait que je sois. Bien sûr non... Et elle, plus elle était mal, plus elle était "insupportable" (pas de jugement de valeur dans mon propos) et plus je fuyais, avec en prime une justification de ma fuite. Évidemment, tout cela ne se fait pas comme ça, en quelques phrases, c'est un travail de sape qui se fait doucement, progressivement, à coup de petites remarques et attitudes assassines des deux camps et d'immenses engueulades, débouchant sur des fausses retrouvailles, où chacune, à travers l'illusion de compromis, attendait l'autre "au tournant". Mais à la base, rien d'autre que mon attitude. Je ne peux pas dire que lui ne m'ait pas prévenu. Il l'avait vu avant moi. Me le répétait sans cesse comme une formule magique "occupe-toi d'elle, prends soin d'elle". Mais voilà, je ne suis pas parfaite et je n'ai "pas su faire". Lui est en colère. Pas après moi. Après un tout dans lequel il y a entre autre le fait qu'il a été incapable de trouver les bons mots pour que je comprenne "pleinement" et pas seulement se contenter de quelques phrases qui me faisaient répondre "oui, oui, bien sûr", sans avoir mesurer la portée du message.
Et puis lorsque je faisais un "effort" (pas un au sens strict, juste au sens du timing, donc avec une absence totale de spontanéité... grave), cela m'apparaissait comme quelque chose de considérable. Et en tant que considérable, j'attendais une "récompense". Or, point de récompense mais une demande encore plus grande, plus forte, plus absolue. Et l'impression de mourir tout doucement... Alors qu'elle était malheureuse au plus haut point et que, prise dans ma propre souffrance/incompétence, je ne voyais rien d'autre que ce que j'interprétais comme une immense fatigue de ma part, liée à mon "adaptation permanente" à son monde (ce qui était le cas puisqu'elle voulait en effet, par angoisse, contrôler, me façonner pour se rassurer, qu'elle était toujours là, aimée et adorée).
Bref. Arriver à cette réflexion m'a fait énormément de bien. Parce que j'ai pu enfin lui dire que j'étais désolée. Désolée en tant que responsable. Pas responsable de tout bien sûr (je ne me mortifie pas non plus) mais responsable du fait générateur de ses angoisses.
Je ne sais pas si nous y arriverons mais je la regarde sous un jour nouveau. Comme quelque chose qu'on redécouvre avec un immense bonheur alors qu'on l'avait toujours eu sous les yeux.
Cela ne change pas ce que je suis, ce que je vis. D'ailleurs, elle ne m'a jamais demandé de renoncer à lui (et ça, je crois qu'elle ne pouvait pas me donner plus belle preuve d'amour... franchement...). Mais cela change tout aussi.
Tout n'est pas réglé évidemment. Nous avons "morflé". Nous morflons encore. Parce que les blessures sont là. Et que tout cela prend du temps. La réussite n'est pas assurée. Mais elle n'est pas une utopie. Et de plus en plus, j'en viens à penser que si ma compagne ne parvenait pas à avancer avec son "amante par hypothèse" c'est peut-être aussi parce que l'insécurité dans laquelle je la mettais n'était pas de nature à lui donner suffisamment de confiance en elle pour capter elle-même les signaux subtils envoyé par cette personne et y répondre jusqu'à enchaîner vers quelque chose de plus tangible.
Il est temps de passer vers un cercle vertueux, non ?

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Siestacorta

le vendredi 29 avril 2011 à 19h36

tanguy31>

La responsabilité est une de mes marottes... Même si je dois admettre que dans ma propre vie, j'ai pas les meilleurs résultats dans ce genre-là (je fais peu de conneries, mais je fais pas grand chose de toute façon.)
Mais savoir quand on est responsable et quand on ne l'est pas, "le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d’accepter celles que je ne peux pas changer, et la sagesse de distinguer entre les deux"... C'est vraiment un truc libérateur et constructif.

Toutefois, peut pas être responsable de tout, tu t'en défies d'ailleurs.
A plusieurs reprises, tu parles de la sensibilité d'hypathie, desa finesse et de son intelligence, et en parallèle tu te places comme moins douée.
Comme si être NT et plus commune c'est moins bien.
Ca va, hein, chacun ses imperfections ! T'es pas tous les jours parfaite, elle est difficile à vivre... Un point partout, la balle au centre.

Cela me pousse à préciser que la responsabilité, c'est pas "faire toujours bien". Responsable, ça veut pas dire "coupable d'imperfection".
On ne peut qu'essayer de faire le bien, et être sincère. Ca marchera jamais à chaque fois, faut se retirer la perfection du crâne, sinon on est jamais satisfait de ce qu'on a déjà, et on emmerde les autres à ne pas reconnaître assez ce qui va déjà bien. En ressentant sans plaisir le monde, on fait exister ses peines pour les autres, et du coup, ils portent des douleurs qu'ils n'auraient pas trouvé eux-même.
Faut tous péter un coup, je dis.

La perfection... j'en profite pour une petite digression perso...
C'est une motivation, l'idéal. C'est un besoin presque naturel, pour l'être humain, de progresser. Mais à un moment, faut aussi aimer le monde tel qu'il est, s'aimer tel qu'on est, avec les défaut. Pas aimer la vie comme on espère qu'elle sera, un beau matin avec tout bien tout propre tout organisé par des G.O toujours contents et une loi morale qui nous serait devenue spontanée par l'opération du saint-esprit. Aimer la vie telle qu'elle est, avec son imperfection, et donc, ses milles perfections, variations...

Bref.
Tu aimes, t'as pas pu t'empêcher de le vivre.
Donc tu dois assumer le mensonge que tu as mis en place, reconnaître les moments où tu as créé les obstacles. Savoir assumer les erreurs, et aussi les bons aspects de tes intentions à ce moment-là.
Tu aimes, tu peux pas t'empêcher de le vivre encore.
Donc, tu dois organiser, avec le plus d'honnêteté possible, une façon de fonctionner qui aille bien. Assumer que ce sera pas parfait, pas facile, mais aussi qu'en y mettant ce qu'il faut, ça peut épanouir.

Et pour ce qui est d'offrir une amante, vaut mieux quand même être très délicat... Tu peux pas les pousser dans les bras l'un de l'autre, simplement leur ouvrir la porte.

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Deville

le vendredi 29 avril 2011 à 22h28

hypathie
Je tiens à préciser que je ce que je vis le plus mal est un immense sentiment de trahison, surtout à un moment où on essaie d'avoir un enfant.

Hypathie,

Je comprends tout a fait ton sentiment de trahison, qui me parait justifié au vu de ce que vous avez décrit jusqu'à présent avec un admirable mélange de courage et élaboration.

Par contre, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment dans ta situation, tu souhaites avoir un enfant.
Souhaites-tu tenter de m'expliquer tes sentiments et ton raisonnement sur ce sujet de manière à ce que je puisse mieux le comprendre, moi qui semble posséder une carence de compréhension implicite et automatique à ce niveau :).

A moins que j'ai mal compris tes billets, (et si c'est le cas je m'en excuse), tu te décris toi même comme quelqu'un souffrant de phobie:
- du bruit (moi aussi cela me rends fou rapidement donc je compatis grandement);
- de la saleté;
- du désordre;
- du partage avec autrui de l'attention/amour de ta compagne.

De plus elle qui parle de toi avec une grande éloquence amoureuse, te décrit comme possédant une personnalité extrêmement rigide, contrôleuse et exigeant la perfection des autres (es-tu d'accord sur ce point d'ailleurs?) au point de l'épuiser.

Il me semble que:
1) En ce qui concerne le bruit:
- un bébé c'est des hurlements stridents jusqu'à devenir violet pendant de longues période et parfois sans raison compréhensible et donc que l'on ne sait pas appaiser; pas de télécommande "mute" sur les bébés chialeurs :); pas de possibilité non plus "d'aller prendre l'air" car il faut rester avec lui a s'en occuper;
- un enfant c'est une boule d'énergie infatigable qui cour partout, joue, cris avec d'autre enfants, découvre le plaisir de faire un boucan épouvantable en faisant taper par exemple une cuillère des centaines de fois de toute ces forces sur une table de métal ou autre, etc.

2) En ce qui concerne la saleté:
- un bébé c'est caca, pipi, morve, bave, vomi, éclaboussure de nourriture partout, etc.
- un enfant c'est prendre des choses qui traînent par terre et les mettre à la bouche, des vêtements immédiatement salis, etc.

3) En ce qui concerne le désordre:
- dès qu'un enfant à atteint son autonomie moteur (des qu'il marche et sait utiliser ces mains) cela devient pour une bonne période une machine hyper-efficace à mettre une maison sans-dessous-dessus dans un désordre perpétuel, par exemple en s'amusant à faire tomber au sol, tout les objets qui se trouvent bien rangés sur les buffets, les tables basses, les étagères etc.
- dès qu'il a des jouets, ils traînent partout.

Bien sur, un bébé, un enfant ce n'est pas QUE cela, c'est aussi selon les dires des parents pleins d'autres choses uniques et merveilleuses. Mais doit on nier pour autant que c'est AUSSI cela, et qu'il faut avoir la capacité de faire avec, avec une infinie patience, TOUT LES JOURS, pendant de nombreuses années.

4) En ce qui concerne le partage de l'attention et de l'amour
- pour beaucoup de femmes, une foi maman, le bébé/enfant devient le 1er amour, et le papa (ou co-maman) passe au deuxième plan; voir cet article qui en est un excellent exemple de ce que j'appellerai la mom-first pride:

www.dailymail.co.uk/femail/article-1263575/Why-Ill...

- même les mamans qui n'oublient pas d'être des amantes après être devenue mamans, on forcement moins d'énergie et de temps à dédier au conjoint une foi arrivé l'enfant "roi, fruit miraculeuxde mes entrailles"?

5) En ce qui concerne la rigidité, le contrôle et l'exigence perfectionniste pour les autres de la part de parents:
- un tel excès est psychologiquement castrateur pour les enfants;
- cela génère souvent des enfants puis adultes aux personnalités sans amours propres, dépressives, auto-destructrices, anorexiques etc.

A ce propos, quelques phrase touchantes d'Alanis Morissette:

Sometimes is never quite enough, If you're flawless, then you'll win my love Don't forget to win first place, Don't forget to keep that smile on your face Be a good boy, Try a little harder You've got to measure up, And make me prouder How long before you screw it up, How many times do I have to tell you to hurry up, With everything I do for you, The least you can do is keep quiet Be a good girl, You've gotta try a little harder That simply wasn't good enough, To make us proud I'll live through you, I'll make you what I never was If you're the best, then maybe so am I, Compared to him compared to her I'm doing this for your own damn good, You'll make up for what I blew What's the problem...why are you crying Be a good boy, Push a little farther now That wasn't fast enough, To make us happy We'll love you just the way you are, If you're perfect

Ne crains-tu pas que les traits de personnalité que tu sembles posséder, indépendemment de toutes les qualité merveilleuses qu'elle peut par ailleurs présenter, ne sont pas exactement adaptés pour assumer, sans possibilité de revenir en arrière, de s'occuper quotidiennement d'un petit être naturellement bruyant, sale, désordonné et imparfait et qui accaparera en plus le gros de l'amour et attention de ta compagne pendant de longues années. Un être humain fragile qui aura besoin de recevoir un amour ZEN, sans reproches incompréhensibles ainsi que d'un exemple de bonheur et d'harmonie avec très peu de disputes et jalousies pour se construire un personalité apte au bonheur.

Songes-tu au risque qu'il te dise un jour exactement ce que tu a posté ici, en remplaçant juste compagnon par enfant ...

Et ils ont décidé sans moi. Alors peut-être faut-il alors préserver son enfant. Je ne comprends pas de quel droit on peut se permettre de risquer de le faire souffrir.

Disclaimer pacifiste:
- Je suis conscient mes questions détournent le focus du le fil passionnant, courageux et touchant que Tanguy à lancé et que ta participation à considérablement enrichie.
- Mais ce désir d'enfant de votre part m'a interpellé, et j'aimerai juste que vous essayez de me faire comprendre comment cela ne vous fait pas peur, au vu des circonstances;
- Merci d'avance si vous trouver le courage et la patience de tenter de m'éclairer un peu;
- Qu'il soit clair que je ne cherche pas du tout à imposer mes opinions sur quoique que cela soit, à qui que cela soit, même si je m'exprime parfois avec des métaphores fortes et sous un angle unilatéral.
- Je souhaite tout juste débattre pour améliorer ma compréhension des questions amoureuses et relationnelles, ce qui est je pense, le but commun des personnes de ce forum.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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hypathie

le samedi 30 avril 2011 à 10h21

Bonjour Deville,
Tu dis que je semble avoir une phobie
"- du bruit (...);
- de la saleté;
- du désordre;
- du partage avec autrui de l'attention/amour de ta compagne" et tu ne comprends pas mon désir d'enfants.
On ne peut pas parler de phobie. L'hypersensibilité des aspies rend plus simplement le bruit, la saleté et le désordre difficiles à supporter.
Mais ces choses sont de l'ordre, il me semble, du gérable. Ni mes parents (et ma mère est apsie), ni les parents aspies que je connais ne s'en sont plains.
Je compte beaucoup sur l'éducation. Je suis enseignante, j'ai un bon contact avec les enfants et mes classes sont parfaitement disciplinées (et pas par la peur du professeur, simplement par le respect qu'il sait susciter). Mes parents ne se sont jamais plains du fait que leurs enfants laissaient traîner leurs jouets. Il suffit de les éduquer.
Ma compagne a exactement la même approche que moi sur ces sujets.
Je sais également qu'il y aura des choses qui me seront un peu difficiles au début. Mais je me suis "testée" avec les enfants de ma soeur, et la plupart des "saletés" des enfants ne me rebutent pas, car je les aime. Ce n'est pas la saleté en soi qui me gêne : il suffit de nettoyer. Et nettoyer ne me pose pas problème. Voir que que l'autre ne nettoie pas ou ne range pas alors qu'il sait que cela me dérange, ça, oui, c'est problématique.
Par contre, oui, je crains de voir ma place se réduire encore avec l'arrivée d'un enfant. Elle n'a pas su me respecter en tant que membre du couple et qu'amante quand elle a développé cette relation avec "cet homme".
Alors, oui, là j'ai des craintes.
Mais Siestacorda rappelle que ce monde n'est pas parfait.
Et c'est l'une des choses que je dois apprendre dans cette vie.
Siestacorda me demande "Est-ce que cette intensité a pu avoir un effet rebond sur tanguy, d'après toi ? " Je ne comprends pas la question. Merci de m'expliquer.
Et je suis capable de discuter sur ce forum, à la fois dans le passionné, et avec recul. Ce sont des phases.

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tanguy31

le samedi 30 avril 2011 à 11h38

Siestacorda me demande "Est-ce que cette intensité a pu avoir un effet rebond sur tanguy, d'après toi ? " Je ne comprends pas la question. Merci de m'expliquer.

Oui, moi aussi, j'aimerais bien que l'on m'explique.

Par contre, pour répondre à Deville, je souhaiterais à mon tour dire quelque chose. C'est peut-être étonnant mais je ne me sens pas dans l'image traditionnelle de la mère. Je vais préciser. Cela vient de quelque chose de profond, à savoir ma propre mère. Et il est évident à cet égard que ce que je suis vient d'elle, profondément d'elle. J'ai un frère. Nous sommes des enfants désirés, extrêmement désirés. Mes parents sont toujours ensemble. C'est, malgré d'autres difficultés - sur lesquelles je ne m'étendrai aucunement vu que cela n'a aucun lien avec le sujet - un couple uni. Ils vieillissent bien entendu et bien sûr, certaines choses changent (sans toutefois je puisse préciser lesquelles, ce sont des "sensations" de ma part). Mais l'image que j'ai de mes parents, c'est celle d'un couple uni, heureux... et libre. Quand je dis libre, c'est quelque chose que j'ai ressenti très tôt sans avoir aucunement conscience de la portée du mot. C'est bien plus tard, par rapport à des choses que j'ai apprise et que j'ai vu de mes yeux vus, que j'ai compris jusqu'où allait cette liberté. Ma mère a toujours eu au moins deux personnes dans sa vie. Quant à mon père, je ne sais pas exactement, j'ai l'impression que ce n'était pas la même forme, que c'était plus une sorte de "papillonnage" sans aucun jugement moral de ma part. J'ai été aussi élevée par mes grands-parents (pour les raisons que je n'évoquerai pas). J'ai donc grandi avec les deux versions de la vie amoureuse, bien qu'en j'en ai pris conscience sur le tard.
Quant à ma mère, j'y reviens, sur le plan de l'éducation "sensuelle" qu'elle m'a donné, je pense qu'elle m'a fait un merveilleux cadeau. J'ai été élevée dans une grande liberté de parole, de pensées. Chez moi, on parlait d'homosexualité spontanément, comme quelque chose de naturel ou de touchant, parfois comme quelque chose de rendu triste à cause de la société (rapport à l'histoire d'un oncle de ma mère qu'elle aimait beaucoup, qui passa sa courte vie dans la frustration de ne pouvoir être l'homme qu'il était). On parlait aussi de sexe, dans le sens sensuel du terme, comme témoignage d'un amour, comme quelque chose de beau, mais aussi de libre, de bienfaisant et synonyme de plaisir. Ma mère m'a aussi beaucoup "câlinée", embrassée (comme une maman embrasse ses enfants bien sûr), serrée dans ses bras dans lesquels je pouvais trouver refuge quand bon me semblait. Si j'ai été surprise de mon côté "homosexuel" (après avoir débuté une vie hétérosexuelle tout ce qu'il y a de plus classique), il n'a pas été un problème du tout pour ma famille. Et donc, je l'ai accueilli et bien vécu.
Mais ma mère n'était pas une mère comme j'ai pu beaucoup en observer, notamment maintenant que j'ai un certain recul. Tout ne tournait pas autour de nous. Son couple, son trio, leurs amours, passaient "avant" (bien que l'ordre de priorité était sans doute bien plus subtil, en adaptation permanente). Nous devions "suivre" dans une certaine mesure, bien que nos besoins d'enfants aient toujours été respectés (dormir à une heure fixe et logique par exemple). Je me souviens très bien (pourtant, j'étais vraiment petite, cela doit être un de mes premiers souvenirs) de mes parents recevant des amis. J'avais dîné comme de coutume en avance (jusqu'à ce que mon frère cadet atteigne l'âge de 5/6 ans, ma mère nous faisait dîner seuls) et comme il n'était pas encore l'heure du coucher, mes parents m'avait installés dans le couloir avec mes jouets, dont ils avaient barré l'accès avec une barrière de sécurité pour m'empêcher de les rejoindre pendant qu'ils prenaient l'apéritif dans la pièce adjacente. De temps à autre, ma mère venait vérifier que tout allait bien puis elle m'a mise au lit. On a beaucoup reparlé de ce souvenir avec ma mère car il est très clair dans ma tête et cela l'étonnait beaucoup. Elle m'a toujours dit qu'il y avait un temps pour tout, un temps pour les enfants, un temps pour le reste. J'ai donc grandi dans cette idée. Aujourd'hui, quand je vois des mères à "plein temps", cela m'effraie. Et je rejette en bloc cette conception. L'enfant omniscient m'exaspère. Chez moi, on pouvait s'exprimer à table mais certainement pas interrompre ou se mêler de la conversation des adultes. Les jouets ne trainaient pas partout au sens où la maison n'était pas transformée en chambre d'enfant. Nous avons toujours été rappelés fermement à l'ordre si nous faisions du bruit, chez nous ou en public. On ne nous laissait pas nous couvrir de nourriture à table comme on le voit avec certains jeunes enfants. Nous mangions avant les adultes tant que nous n'avons pas été capable de manger au même rythme et avec habilité en toute autonomie.
Bien entendu, tout n'était pas rose. Certaines choses ont manqué à mon éducation, c'est évident. Mais pas ces choses. Et personne n'est parfait. Ni mes parents, ni aucun parent.
Et si tu as bien suivi le fil de ce post Deville, tu liras que je considère que beaucoup des comportements de ma compagne, dans leur intensité, étaient intrinsèquement liés et provoqués par mes propres comportements, dans ce qui aurait pu être un éternel cercle vicieux.
Bien sûr, on ne peut pas savoir ce qu'on va être ou devenir. Je peux imaginer devenant une mère "poule" jusqu'à l'étouffement, ou une mère qui n'est plus que cela. Sauf que malgré une vision de la vie conforme à leur époque, mes grands-parents ont su insuffler à ma mère l'envie d'être autre chose qu'une mère. Pas surprenant. Ma grand-mère, malgré sept enfants à élever, a toujours su donner autre chose que l'image d'une femme entièrement et uniquement dévouée à sa famille, même si c'était une valeur fondamentale dans sa vie. Mon grand-père y évidemment aussi pour quelque chose. Il m'a laissé l'image d'un homme attentif, respectueux, toujours présent quand il le fallait mais aussi très sensible, exprimant cette sensibilité, impliqué dans sa vie familiale et de couple.
Ma mère est aussi en partie le produit de cette éducation. Avec les évolutions de son époque bien sûr. ET aussi avec sa propre évolution, rendue possible par cette éducation. Je suis en partie ce que je suis parce qu'elle m'a donné cette vision des choses. Bien sûr, je me construis aussi avec ma propre histoire.

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Siestacorta

le samedi 30 avril 2011 à 13h21

Hum, je suis pas tous les jours limpide.

Reformulation.
L'époque où Hypathie - encouragée par Tanguy - s'ouvrait à ses sentiments à propos de "la collègue" est décrite d'une façon assez forte. Dans les "chroniques" de T. comme de H., on sent l'intensité de cette époque.
Est-ce que l'existence d'une histoire intense (bien que "sans concrétisation..." *perplexe*) n'a pas conditionné pour chacune, au moins partiellement, les évènements qui suivirent avec "Le monsieur" ?

Ce qui a été vécu et dit à ce moment-là, peut-il avoir influencé la façon dont a été vécue les épisodes avec la collègue ? Est-ce que le mensonge aurait existé, ou aurait été le même, sans cet épisode antérieur ?

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tanguy31

le samedi 30 avril 2011 à 14h26

Alors là... franchement, je ne sais pas. J'avoue que je ne me suis jamais posée la question. Et je me sens vraiment incapable de répondre. Peut-être une chose intéressante à dire toutefois : la rencontre de la collègue et de lui se suivent de très près dans les dates (en gros 1 à 2 mois près). Mais les faits le concernant sont bien postérieurs.
J'ai plutôt l'idée (mais sans aucun fondement rationnel à vrai dire) qu'il y a eu comme une identité d'abord entre ma compagne et lui puis lui et moi. Quelque chose d'enraciné, comme si cela venait de très loin, qu'on s'était tous toujours connus au fond. Je rajouterais que pour la collègue et ma compagne, c'est également quelque chose de similaire. Une impression de "déjà vu", une sorte de réminiscence qui ne nous appartient pas consciemment. Je ne sais pas si je suis bien claire (étant donné que cela ne l'est pas pour moi... comment l'expliquer).

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Deville

le samedi 07 mai 2011 à 03h09

hypathie
...
Je suis enseignante, j'ai un bon contact avec les enfants et mes classes sont parfaitement disciplinées (et pas par la peur du professeur, simplement par le respect qu'il sait susciter).
...

Merci Hypathie pour ta réponse pacifique et intéressante.

La phrase ci-dessus que j'ai extraite de ton billet m'as littéralement abasourdi.
Puis-je te demander quel âges ont tes élèves? Dans quel type d'école enseignes-tu? Dans quel genre de quartier? Et quelle matière enseignes-tu pour parvenir imposer la discipline et susciter le respect?

Car cela me parait mission impossible dans la réalité actuelle des méthodes "pédagogiques" ou les élèves et parent d'élèves ont TOUS les droits et les enseignants AUCUN. Ou la menace du redoublement n'existe plus. Ou les élèves peuvent insulter les enseignants en toute impunité, mais les enseignants vivent sous la menace constante de procès et/ou d'agression physique de la part de la famille s'il on déplu à un élève pour quelque motif que ce soit (la plupart du temps, lui signifier simplement que son travail mérite une mauvaise note, ou qu'il faut qu'il se taise et qu'il écoute l'enseignant pour pouvoir apprendre quelque chose). Ou les établissements sacrifient lâchement les enseignants sur l'autel de la démagogie apaisante. Ou le ministère et les établissements ne laissent quasiment aucune autonomie de programme et pédagogie aux enseignants. Ou les programmes n'ont guère changé en 50 ans et dont un grande partie est donc totalement inintéressants et inutiles dans la vie réelle pour les élèves.

Possèdes-tu des super-pouvoirs?

J'ai moi-même été très longtemps enseignant, avec des adultes, dans des universités d'élite et bénéficiant d'une large autonomie de contenu du cours et des méthodes pédagogique. Malgré tous mes efforts, je n'ai réussi l'immense majorité des fois qu'a susciter chez mes élèves un immense ennui, une profonde antipathie, et un mépris hautain envers moi et les matières que j'enseignais. Et souvent, les classes était pas mal indisciplinées. Et les élèves intéressés se comptaient sur les doigts d'une main dans le meilleur des cas.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Deville

le samedi 07 mai 2011 à 03h20

tanguy31

Pleins de chose positives et intéressantes ...

Merci pour ta réponse longue et riche.

Tu as eu vraiment beaucoup de chance d'avoir des parents en avance sur leurs temps et dont la vie ne se réduisait pas à être des parents.

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tanguy31

le samedi 07 mai 2011 à 13h57

Je vais répondre pour ma compagne, Deville, car j'ai l'impression qu'elle y vient moins souvent. Sans doute n'a t-elle pas lu tes remarques.

Alors pour le contexte : son collège est en périphérie d'une petite ville. C'est un établissement "tranquille", dans un contexte "tranquille" (c'est à dire que la délinquance, même si elle a évolué comme dans tout le reste de la France, reste marginale, comme il y a 20 ans). Cependant, même dans ce contexte, la proportion d'élèves en "difficulté sociale" (je veux dire par là avec des parents démissionnaires) est élevée. Et pourtant, on ne peut pas dire que la zone géographique soit spécialement défavorisée (bon, ce n'est pas le 16ème non plus !).

Oui, connaissant bien l'établissement, les autres personnels, les élèves (dont certains sont nos voisins), l'ambiance du lieu, je sais que ses classes sont "tenues". Pas de bazar bien sûr dans sa classe. Jamais. Tout juste un bavardage parfois, très vite "réprimandé". Et pourtant, ses élèves l'adorent. Objectivement. Au début de l'année, elle les impressionne mais très rapidement, la confiance et un respect mutuel se développent et "ça roule". Comment fait-elle ? Bien sûr il y a son charisme, sa personnalité (il est indéniable que cela joue : je me souviens de mes années collège/lycée et de certains profs, lesquels, instinctivement nous respections). Mais il y a aussi une "discipline" avec des règles édictées clairement et qui produisent constamment les mêmes effets, sans aucune émotion (genre untel bavarde : punition mais sans même interrompre le cours ou hausser le ton). L'absence de "drame" autour de la chose est sans conteste un facteur de calme : je me souviens de ces profs, aux colères retentissantes à la moindre bêtise. Pour 9 terrorisés, 1 pouvait se sentir toute légitimité à "réagir" et à répondre. Et puis, comme c'est une perfectionniste absolue (merci l'autisme), elle fait des cours extrêmement intéressants, d'où émerge une telle quantité de travail que là encore, les élèves sont poussés au respect. En bon Aspie aussi, elle excelle dans "la conférence" au sens où elle joue un rôle répété et appris sur le bout des doigts, où toutes les interactions sont prévues et connues d'avance parce que dirigées.
Et oui, ses élèves l'adorent.
Je ne dis pas cela parce que c'est ma compagne, même si on peut me taxer de ne pas être objective, mais elle est réellement pour moi la meilleure prof que j'ai vu, tant dans le contenu de ses cours (en accord avec le programme - je peux vous dire que l'Aspie qu'elle est le suit à la lettre, mais aussi fondamentalement intéressant ) que dans le contenant (à la fois beau, varié, presque une oeuvre d'art). Chaque fois que je la voie préparer un cours, je suis béate d'admiration.
Pas de supers pouvoirs, juste une touche d'autisme. Et à ce sujet, je citerai Hans Asperger lui-même qui a dit que " Il semble que pour réussir dans le domaine scientifique ou artistique, une touche d’autisme est essentielle". Je crois juste qu'il avait omis l'enseignement bien qu'il y ait beaucoup d'inspiration artistique dans la manière dont elle conçoit son travail !

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tanguy31

le samedi 07 mai 2011 à 14h03

Sinon, en ce qui me concerne, j'ai fait des études universitaires longues (droit) et c'est bizarre que tu considères avoir suscité essentiellement l'ennui. Personnellement, j'adorais aller en cours et prendre des notes, écouter le professeur. Cela dit, quand le cours était mal structuré (sans titre, sans section, sans paragraphe) alors oui, je m'ennuyais et m'agaçais après le prof. Mais c'était rare. Quant au reste de ma promo, à part la première année où oui, je te l'accorde, il y a pas mal de gens qui n'ont rien à faire là et qui trompent l'ennui comme ils peuvent, franchement, c'était toujours très calme. Et j'ai fait trois universités, donc deux "grosses". Peut-être était-ce ton ressenti à toi ? Peut-être te focalisais-tu sur les quelques personnes inattentives et méprisantes comme tu dis ? Sans voir que le reste de l'amphi ou de la promo buvait tes paroles ?

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hypathie

le dimanche 08 mai 2011 à 10h01

Je réponds à Deville, ayant été absente parce que j'essayais de me concentrer sur la relation avec ma compagne (j'y reviendrai après).
Elle a très bien exposé la situation. Je suis prof en public, dans un collège de taille moyenne, en histoire-géographie-éducation civique.
Les premières semaines après la rentrée, je me bats pour répéter les règles de vie de classe, règles que beaucoup d'élèves n'ont visiblement pas acquises, voire qu'ils ignorent complètement.
Quand je leur explique que pour entendre, écouter et comprendre, il faut le silence total, que le moindre bavardage, la moindre prise de parole, même à voix basse, même adressée à son proche voisin, pour demander un stylo ou quelque chose de ce genre, est strictement interdit, ils n'en reviennent pas. Ils considèrent que je viens d'une autre planète qui vient de débarquer et qui ne connaît rien à la vraie vie des hommes.
Mais petit à petit, en leur montrant que ces règles sont là dans leur intérêt, et en les appliquant sans émotion, sans la moindre humiliation, en étant à leur écoute, en les aidant du mieux que je peux dans leur réussite scolaire, ils finissent tous par comprendre. Aujourd'hui, la pire de mes classes de 6e est la plus disciplinée : silence total, respect révérencieux, intérêt, travail.... Mes collègues n'en reviennent pas. Mais ce sont les élèves eux-mêmes qui leur dépeint la situation, alors ils sont bien obligés de me croire.
Une des clés de la discipline, pour moi, est de proposer des activités motivantes et demandant pour l'enseignant un grand investissement personnel : les élèves se rendent compte de cela et respectent alors le prof.
Pour revenir à la relation avec ma compagne, je dois dire qu'un climat plus calme s'est installé. Elle a eu une révélation, en comprenant que je l'aimais, que je la respectais, et que je recherchais donc sa présence, chose dont elle doutait depuis des mois, et que je ne soupçonnais pas. Elle s'était montée un film, toute seule, dans sa tête. Et avait tiré des conclusions erronées, et donc une attitude distante à mon égard, que j'ai très mal prise.
Cependant, de mon côté, la confiance a disparu. Dès qu'elle quitte la maison, j'imagine qu'elle va le retrouver. Et c'est horrible. Quand il passe en vélo devant la maison, alors qu'il pourrait faire un détour, c'est horrible. Dès que le bip du téléphone portable retentit, c'est horrible. J'essaie de lui faire comprendre que je n'ai pas à supporter tout ce qui peut me rappeler une situation qui me fait souffrir.
Le problème, c'est que tout dans la vie, à la télévision, à la radio, au cinéma, me rappelle la situation. La femme trompée par son mari (ou le contraire). La douleur que cela entraîne. On n'en prend conscience que lorsque l'on y est soi-même confrontée.
Car je me sens trompée : je ne suis pas d'accord, cela me fait souffrir, et ils continuent.
Ma situation est pire que celle des gens trompés, qui essaient de pardonner à leur conjoint qui leur ont avoué, ont rompu et qui essaient de regagner la confiance.
Je sais que leur séparation n'est pas la solution, car ma compagne en souffrirait, et notre relation aussi. Quant à lui, j'avoue ne pas m'en soucier. Il s'est dit mon ami, m'a juré qu'il n'entretiendrait rien d'autre qu'une relation amicale avec elle, car le reste serait tout simplement monstrueux -il me rappelait alors son âge, la différence d'âge entre eux et le fait qu'elle était en couple lesbien avec moi (sans parler de notre désir d'enfant), et il l'a fait quand même.
Ce n'est pas à moi de trouver la solution d'une situation sur laquelle je n'ai pas la moindre prise.
Je suis très inquiète pour notre couple : comment reconstruire quelque chose qui a été détruit alors que la confiance ne peut, par essence, pas être restaurée ?

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Polypoli

le dimanche 08 mai 2011 à 10h35

Tu vis ce que j'ai toujours voulu éviter...
Le télescopage de 2 "jardins secrets".....
L'intrusion d'autre(s) dans l'intimité que tu partages avec ton amoureuse....par quelqu'un qui te connait et qui t'a flouée...
C'est forcément violent et laisse des traces profondes.
Courage....
J'ai mal pour toi et je pense que bien d'autres polys aussi après avoir lu tes messages

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Deville

le lundi 09 mai 2011 à 23h01

hypathie
Je réponds à Deville, ayant été absente parce que j'essayais de me concentrer sur la relation avec ma compagne (j'y reviendrai après).
Elle a très bien exposé la situation. Je suis prof en public, dans un collège de taille moyenne, en histoire-géographie-éducation civique.
...

*** WARNING HORS-SUJET TOTAL ***

Et bien hypathie, je baisse mon chapeau jusqu'à terre pour le tour de force que tu réalises quotidiennement. Félicitations!
Surtout histoire-geo, MY GOD (!) le pire truc à enseigner après le Français (hors-concours dans le barbant et l'inutile car purement scolaire et 100% déconnecté de la réalité post-scolaire :) ).
Je ne sait pas combien les programmes ont changé depuis ma lointaine jeunesse, mais je me rappelle que seule la 6eme qui couvrait l'antiquité (Egypte, Grêce, Carthage, Rome, les invasions barbares) m'avait intéressé. D'abord c'était l'histoire de la méditerranée et non a peine de la France. Puis, les polythéismes avec des dieux mi-humains mi-animaux et les mythologies où ils intervenaient c'était d'une diversité et d'un richesse symbolique fascinante. Et il y avait aussi les premières démocraties, les premiers philosophes, etc.

Mais, en 5eme les rois barbares se convertissent un à un au christianisme, le système féodal s'installe, la chape de plomb de l'obscurantisme s'abat sur toute l'Europe, Avé Tenebrae! Et les livres d'histoire deviennent une interminable suite de détails sordides sur des guerres de succession sans fin entre noblayons et prétendants au trône, entre duché de Perpette les Bains contre duché de Trifouillis les Oies, une trois-cent soixantaine de Louis se succèdent sur le trône tyrannique et consanguin de France. J'ai sommeil. Je chauchemarde. J'hiberne hagard jusqu'aux lumières ... 12 siècles plus tard (!).

Absolument incroyable d'arriver à rendre un tel matos uber-trash morne plaine intéressant pour des pre-ados (le pire age) de 2011 dont la plupart sont d'ailleurs enracinés culturellement (et donc historiquement) hors d''Europe, et ont donc une raison de plus pour penser, what the hell does this all has to do with ME? NOW? in 2011? Why should I care? Why should I care? Can't you see the real me, teacher, TEACHEEEEEEEEEEEEEEEEEEEER !!! ** insert here desperate overdriven monster Pete Townshend riff here, backed up by crazed hallucinated possessed Keith Moon drumming).

*** FIN DU HORS-SUJET TOTAL ***

hypathie
Cependant, de mon côté, la confiance a disparu. Dès qu'elle quitte la maison, j'imagine qu'elle va le retrouver. Et c'est horrible.

Pourquoi est-ce horrible? Parce qu'elle va passer un moment de bonheur sans toi? Si tu l'aimes, ne souhaites-tu pas son bonheur? Donc, n'est-ce pas plutôt merveilleux que horrible?

hypathie
Quand il passe en vélo devant la maison, alors qu'il pourrait faire un détour, c'est horrible.

Pourquoi devrait-il faire un détour pour rentrer chez lui?
Est-ce que toi tu fais un détour pour ne pas l'incommoder (à supposer qu'il le soit?) en rentrant chez toi?

hypathie
Dès que le bip du téléphone portable retentit, c'est horrible. J'essaie de lui faire comprendre que je n'ai pas à supporter tout ce qui peut me rappeler une situation qui me fait souffrir.

Que voudrais-tu qu'elle fasse? Qu'elle se cache comme une maîtresse honteuse de vaudeville, ce qui est d'ailleurs impossible puisque son autre amour est votre voisin.
D'ailleurs, c'est ce qu'elle a fait au début, se cacher, et tu t'es sentie trahie - a juste titre - par cela. Et maintenant tu lui reproches de ne pas assez se cacher?
Est-ce qu'elle lui parle au téléphone devant toi? Ou est-ce le simple fait que son téléphone sonne même si elle n'y répond pas immédiatement, qui t'incommode?

hypathie
Le problème, c'est que tout dans la vie, à la télévision, à la radio, au cinéma, me rappelle la situation. La femme trompée par son mari (ou le contraire). La douleur que cela entraîne. On n'en prend conscience que lorsque l'on y est soi-même confrontée.

La femme trompée est généralement une hypocrite en vers elle-même, qui fait semblant de pas savoir, ou une grande naïve qui crois encore aux comptes de fées, et se berne d'illusion puériles en dehors de la réalité des adultes.

hypathie
Car je me sens trompée : je ne suis pas d'accord, cela me fait souffrir, et ils continuent.

Tu as été trompée car ils t'ont menti. Mais la juxtaposition de la partie droite de ta phrase, avant les deux points, et de la partie gauche, après les deux point est très curieuse. Qu'est-ce que le fait que tu n'acceptes pas ta compagne telle qu'elle c'est rendu compte qu'elle est (i.e., poly) à avoir avec une tromperie? Qu'est-ce le fait que cela te fasse souffrir de savoir dorénavant ce qu'elle est, et le fait qu'elle continue à être ce qu'elle est, a avoir avec une trahison? Elle t'as trompée car elle t'as menti avant de sortir de placard et de faire son coming out poly. Est-ce impardonnable? En tant que lesbienne assumée, tu as bien faire du faire ton coming out un jour. Tu dois savoir combien c'est difficile.

hypathie
Ma situation est pire que celle des gens trompés, qui essaient de pardonner à leur conjoint qui leur ont avoué, ont rompu et qui essaient de regagner la confiance.

Il me semble que ta situation est beaucoup plus similaire aux parents homophobes qui aiment leurs enfants et qui sont perdus sans repères quand ceux-ci sortent du placard après avoir prétendu être hetéro, soit par peur de perdre l'amour de leur parents, soit par leur manque de certitude durant une période sur leurs nature homo profonde.

hypathie
Je sais que leur séparation n'est pas la solution, car ma compagne en souffrirait, et notre relation aussi.

En effet. Ce qui montre bien que si vraiment tu ne peux l'accepter poly, tu vas devoir la quitter. C'est le sort des monos polyphobes ....

hypathie
Ce n'est pas à moi de trouver la solution d'une situation sur laquelle je n'ai pas la moindre prise.

Si c'est a toi de trouver une solution puisque l'unique problème dans cette situation c'est ta souffrance, ton refus d'accepter l'identité poly que ta compagne viens de se découvrir.

Une fois sortie de sa boite/cage, le démon du polyamour n'y retourne pas docilement. Il n'y a donc que deux issues: accepter ta compagne telle qu'elle est cad poly, où la quitter parce qu'elle est poly et que tu ne veux/peux pas aimer une poly.

A mon avis, le fait que l'autre amour de ta compagne soit ton voisin, rend l'acceptation du polyamour de ta compagne beaucoup plus difficile qu'il ne pourrait l'être si il habitait dans un autre quartier. Pourquoi ne pas proposer à ta compagne de déménager à une distance raisonnable de lui, ce qui lui permettrait de le voir facilement, sans que toi tu ais a le voir lui?

hypathie
Je suis très inquiète pour notre couple : comment reconstruire quelque chose qui a été détruit alors que la confiance ne peut, par essence, pas être restaurée ?

La reconstruction de la confiance après avoir été trompée, est c'est vrai, très difficile et rare à 100%.
Mais si le mensonge n'arrive qu'une unique foi, pendant la tortueuse découverte d'une identité sexuelle/amoureuse condamnée par la société et le tortueux processus de coming out, cela peut être pardonné a mon avis. Bien sur, si après l'avoir pardonnée, elle te ment une deuxième fois, la il seras temps de lui dire: hasta la vista, baby ... and it's all over now, baby blue.

Bonne chance et bon courage.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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hypathie

le dimanche 03 juillet 2011 à 19h35

Ma compagne a reconnu qu'elle ne me montrait pas qu'elle m'aimait autant qu'elle le montre à l'homme qu'elle aime et qu'elle voulait changer cela car elle comprenait à présent pourquoi je souffrais.
Elle a reconnu qu'elle s'était battue et avait énormément souffert pour avoir son amour à lui.
Mais quand je lui demande si on ne pourrait pas, pour une fois en dix ans de vie commune, partir une petite semaine en vacances (elle sait que je crève d'ennui dans ce lotissement dont on ne sort jamais), elle me répond qu'elle n'aime pas partir.
Comment je peux croire qu'elle m'aime et qu'elle veut me le montrer quand elle n'est pas prête à faire un effort aussi minime, notamment à côté de tous les efforts que je dois faire quotidiennement de mon côté pour accepter sa relation avec cet homme ?
Elle a fait des efforts considérables pour avoir son amour. Je fais des efforts considérables pour conserver son amour. Et elle, elle me prouve une fois de plus qu'elle n'est pas prête à en faire pour moi.

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LuLutine

le lundi 04 juillet 2011 à 02h34

hypathie
Mais quand je lui demande si on ne pourrait pas, pour une fois en dix ans de vie commune, partir une petite semaine en vacances (elle sait que je crève d'ennui dans ce lotissement dont on ne sort jamais), elle me répond qu'elle n'aime pas partir.

Et toi, est-ce que tu pourrais partir toute seule ou avec un(e)/des ami(e)s ?
Tu ne peux pas la forcer à partir, mais elle ne peut pas t'obliger non plus à "crever d'ennui dans ce lotissement"...

Autre question : est-ce qu'elle a conscience que c'est réellement important pour toi ? Peut-être ne s'est-elle pas rendu compte à quel point ça compte pour toi.

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