Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Le polyamour tribal

Famille
#
Profil

kill-your-idols

le samedi 13 février 2021 à 23h45

Avec la crise actuelle, je suis en train de définir ma notion de polyamour.

D'un côté, avec les événements de ces derniers 12 mois, je me rends compte que je ne peux pas compter sur l'État, ni sur le monde du travail, ni sur l'école. Toutes ces entités ne sont pas bienveillantes, et l'espace public est devenu un lieu de plus en plus hostile.

Au même temps, la seule entité qui a été réellement bienveillante a été la famille. Si j'ai pu passer 2020 sans trop de dégâts, ça a été grâce à l'aide de mes parents et de mes amours: cette année, on s'est serrés les coudes, on s'est entraidés (au plan personnel comme au plan professionnel) et on a pu passer le cap.

Donc, il est important d'avoir une famille comme celles à l'ancienne, où tout le monde travaille (parfois à l'extérieur, parfois à la maison) pour que la famille soit prospère et pour qu'elle puisse surmonter les adversités de la vie. Dans un environnement hostile comme celui que nous vivons depuis 2020, une famille unie est ce qui fait la différence entre la vie et la mort.

Par contre, la plupart des familles versent en mauvaises conditions: entre les divorces, des rêves de monogamie de plus en plus irréalisables (on en voit des exemples ici, tous les jours), des familles polyamoureuses qui ne sont pas assez soudées pour surmonter les adversités de la vie, ou des constellationes nettement disfonctionnelles, les familles actuelles n'ont pas la force de surmonter les périodes difficiles.

Donc, il faut répenser la famille.

Ma contribution à cela est le Polyamour Tribal. Voici comment il se décline.

1) Dans le polyamour tribal, tout le monde est le bienvenu. Maris, femmes, amants, maîtresses, métamours etc.

2) Certaines personnes travaillent à l'extérieur, tandis que des autres s'occupent de la maison. Ceux qui travaillent à l'extérieur s'occupent de financer ceux qui s'occupent de la maison.

3) Il n'y a pas le temps pour les engueulades et le crises de jalousie. Engueulades et crises de jalousie sont des choses qui peuvent mettre en danger l'unité de la famille, et donc mettre en péril la survie de ses membres.

4) Il n'y a pas la place pour la violence de couple. Si une relation devient violente, il faut la terminer tout de suite, et la personne violente doit être éloignée de la famille.

5) les amants, maitresses et métamours sont les bienvenus, mais ils doivent travailler comme tout le monde. Soit ils soutiennent financièrement la famille, soit ils s'occupent eux aussi de la maison.

(pour l'instant c'est un work in progress, toutes les observations sont les bienvenues).

#
Profil

bonheur

le dimanche 14 février 2021 à 10h48

Je ne sais pas si on peut généraliser, en pensant la famille ou les amours, les métamours... Je suppose qu'il est question ici de vie en communauté (?)

De mon côté, je ne peux concevoir de penser amant ou maîtresse. Mais ça, c'est inhérent au fait que je ne supporte pas les cachoteries.

Je suppose que les Etats sont maladroits et surtout tributaires d'une législation qui, au lieu de s'adapter, s'alourdie en continuant à reposer sur de l'ancien.

Le monde du travail ? Tant que les nouveautés (loi pacte en France ; RSE...) resteront au fond d'un placard, ce sera peine perdue. L'école est un système qui offre des connaissances et seul l'Etat qui la dirige peut agir. En France les repas à 1€ pour les étudiants (par exemple).

Mon amour est étudiant étranger et, avec mon chéri de vie, nous lui proposons depuis des mois de venir vivre à la maison, s'il se retrouve en précarité. Hors de question qu'il soit à la rue ou ne puisse manger. Il devait à la base toucher le salaire d'une alternance... sauf que pas d'entreprise pour l'accueillir. Il a un toit, est au chaud et ne se plaint pas. L'école a reconsidéré la validation de son année sans stage alors que celui-ci était obligatoire. Une étudiante de sa cession a perdu son alternance, alors il raconte combien c'est difficile.

Nous sommes à distance, alors je téléphone -hier encore-. Je lui ai fait parvenir des masques et du gel, des livres aussi. Il s'est entouré et a tissé sur place un petit réseau sur lequel il s'appuie. J'en suis heureuse. Des personnes qui le booste et le positive :-D . C'est essentiel !

Les crises liées aux émotions seront éternelles. Se serrer les coudes ne les empêchera pas. Période difficile ou non, il faut traverser les tempêtes et quand on est dans le même bateau, c'est bien quand tout le monde reste dans le bateau, hors de la noyade. Il y a de nombreuses façons d'être présent et d'offrir un soutien.

Le constat sur la famille. Je le fais également. Décomposition et recomposition ne sont pas des catastrophes. C'est la façon dont c'est vécu qui le sont.

En revanche, s'occuper de la maison puisque l'on ne ramène pas d'argent, je ne suis pas vraiment en accord. Si on le choisi, alors c'est idéal. Toutefois, cela impose à revenir au vieux schéma de la "femme au foyer" qui ne fait rien d'autre qu'être au service des autres membres. Surtout, cette personne (homme ou femme) est dépendante, puisque sans revenu propre. Là je m'interroge sur le bienfait ou non de cette décision. Je crois que ponctuellement ce serait bien. Sur le long terme, les effets peuvent être pervers.

Contribuer est indispensable. Ca oui. Quelque soit la manière. La volonté et le choix de la manière est primordiale.

Pour ce qui est de la violence, je n'ai rien à ajouter.

#
Profil

kill-your-idols

le lundi 15 février 2021 à 00h45

Effectivement, j'ai un côté communautaire très fort. si on s'est connus dans une communauté, c'est pas par hasard. Après, par rapport aux projets de communauté initiaux, j'ai modifié deux choses:

1) rester plus proche de la ville. Comme ça, les gens peuvent rejoindre la communauté sans besoin d'abandonner leur vie précédente.

2) rendre la communauté plus informelle. Comme ça, les gens peuvent y rentrer et sortir sans déménager et sans renoncer au reste de leur vie.

Sur les crises dues aux émotions, je ne suis pas sûr qu'elles soient inévitables. Plus je vais de l'avant, plus je me rends compte que, avec un projet de vie bien défini, on peut passer au delà des émotions et privilégier les projets à long terme.

Pour le travail à la maison, je crains que son retour deviendra inévitable à moyen terme: les places de travail se font de plus en plus rares, et les conditions deviennent de plus en plus difficiles. Le vrai défi sera faire de manière que ce travail domestique ne devienne pas une relation de dépendance.

#
Profil

bonheur

le lundi 15 février 2021 à 10h11

Le travail non rémunéré est par essence une relation de dépendance à celui ou ceux qui ont une rémunération. La société a plus d'intérêts à rémunérer une personne productive à l'économie plutôt qu'une personne qui fait les courses, la cuisine et le ménage pour un tout tout petit groupe d'individus. Ou alors, il faut que ceux qui bénéficient de ces services, rémunère la personne qui offre ces services. C'était répandu autrefois avec les gouvernant-e-s et le personnel de maison. Si j'en crois l'expérience de mes parents, le résultat est désastreux.

Une crise, par nature, transforme. Alors, oui, on ne connait pas l'avenir et cela rend anxiogène. Il ne faut toutefois pas penser que toutes les portes se ferment obligatoirement. Et surtout, la réaction est mauvaise, au sein des entreprises et structures professionnelles, de ne pas vouloir évoluer. La crainte et l'attentisme mettent nombre de personnes sur la touche. Ces personnes, il faudra les prendre en charge financièrement d'une autre façon et qui paiera... les entreprises et les structures professionnelles. Et comme on vit justement dans un système (en France en tout cas) de redistribution, et bien tout le monde devra financer ces personnes.

Au lieu justement de miser sur l'avenir, en conservant les alternants, les apprentis... je m'aperçois que l'on ferme des portes qui étaient ouvertes précédemment. Or, ce sont ces personnes, l'avenir. C'est le serpent qui se mord la queue.

Concernant les émotions, je serai toujours favorable à l'expression de celle-ci et les projets doivent s'adapter. Personnellement, mes projets sont liés à qui je suis et je suis bourrée d'émotionnel.

Le hic avec les projets, c'est qu'ils ne reposent que sur de l'imaginaire. Alors, un projet trop bien ficelé sera un paquebot difficilement manœuvrable et adaptable. Après, je comprends les objectifs, ce vers quoi on désire aller. Si l'on n'arrive pas suivant la façon prévue, on arrive différemment. Et si l'objectif tombe à l'eau, et bien un nouveau se profil à l'horizon.

Je reconnais ne pas pouvoir me reconnaitre dans une communauté. Au fond, la seule personne qui vit dans la mienne sur la durée est mon chéri de vie. En revanche, j'intègre aisément les personnes extérieures à ma vie quotidienne, sans vivre sous le même toit. Je suppose que c'est une différence majeur entre nous, kill.

Voici ma pensée actuelle et elle n'est évidemment que mienne.

#
Profil

kill-your-idols

le mardi 16 février 2021 à 09h34

Le travail en soi est une relation de dépendance: j'offre des services à une autre personne, et elle m'offre en échange de l'argent. Que cette personne soit mon partenaire ou un étranger, ça change peu à l'équation.

En principe, travailler pour des personnes avec lesquelles on a une relation affective est mieux que travailler pour une personne avec qui le lien est uniquement économique: un étranger pourrait nous virer dès que nous ne lui sommes plus utiles, tandis que une personne qui nous aime serait prête à nous soutenir même dans les moments difficiles.

Après, je me rends compte que beaucoup de gens voient les relations amoureuses comme un combat, et ne font pas confiance à 100% à leur partenaires. Cela me rattriste pas mal: un de mes axes de réflexion est justement de proposer des modèles de relation qui soient plus durables.

Jusqu'à présent, on avait une société prospère, où l'état et le monde du travail s'occupaient de satisfaire tous les besoins: maintenant, je ne fais plus confiance ni à l'état ni au monde du travail: il ne me reste que la famille, et c'est pour cela que je souhaite que la famille redevienne un lieu d'accueil sûr.

Et je ne me contente pas de phylosopher: c'est aussi un système que je mets en pratique depuis une dizaine d'années. Je l'avais étudié pendant mes séjours en Bourgogne entre 2012 et 2014, et je l'ai mis en pratique dans la campagne genevois depuis 2014. (de cette phase genevoise, tu as vu le tout début)

#
Profil

bonheur

le mardi 16 février 2021 à 10h52

Le hic, n'est pas le lien, mais ce que l'on en fait. Les "femmes au foyer" se sont retrouvées emprisonnées dans leur rôle. Un jour les enfants sont partis et il ne reste que le noyau dur, à savoir le père qui travaille tout le temps pour ramener encore plus d'argent. Et ce dernier est en retraite et devient l'être qui attend tout de l'autre...

Je suppose que tout lien est à considérer comme de l'équilibre (c'est un questionnement). Quand on est trop dans le fait que l'équilibre dépend d'autrui, on se perd. Quand on est trop dans l'opportunité d'offrir, on se perd. Il faut un juste équilibre.

Le lieu d'accueil sûr dépend des personnes, de leur philosophie. Je suis heureuse que tu construises du beau. Je n'aurai pu en 2015 (séjour d'une semaine que je qualifierai de compliqué) m'intégrer à cette construction. Cela tient plus à moi.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion