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Poly / Mono : enjeux de pouvoir et (meta)relations

Politique
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artichaut

le mercredi 01 avril 2020 à 06h55

Préliminaire : Je ne souhaite pas parler ici, des couples-mono bien établis qui découvrent le polyamour, et de ce que ça bouleverse pour elles et eux. Non-pas que ça ne m'intéresse pas, mais il y a déjà plein de fils pour ça et je souhaite parler ici d'autre chose. Merci.

Introduction : J'ai d'abord posté ici, en déterrant un fil lancé par @Siestacorta « Mono / Poly, un déséquilibre de pouvoirs ? ». Mon post était maladroit et je préfère donc recommencer ici, à partir d'un nouveau fil. Il est probable que le sujet ai déjà été traité sur ce forum (ce n'est pas un sujet "nouveau"). Alors n'hésitez pas à m'indiquer sur quels fils.
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Je souhaiterais parler ici de relations (ou meta-relations*) entre personne poly et personne mono (ou mono-de-fait). Et des enjeux de pouvoirs qui peuvent jouer dans une telle (meta)relation.

Champ lexical :
- J'entends ici par "personne poly" une personne poly-assumée, qui même quand elle est célibataire se considère comme poly. Pour qui c'est un choix de vie réfléchis et éprouvé et ne souhaite vivre que des relations poly (même si elle choisis parfois de s'arranger avec). —c'est mon cas
- J'entends ici par "personne mono" une personne +ou- mono-assumée, qui même quand elle est célibataire se considère comme mono et qui souhaite vivre ses relations de manière monogame (même si elle choisis parfois de s'arranger avec).
- J'entends ici par "personne mono-de-fait" une personne vivant la monogamie ou se considérant comme mono +par défaut que par choix véritable. Soit qu'elle n'ai jamais exploré autre chose, soit qu'elle n'ai pas trop réfléchis à la question.
- J'entends ici par "célibataire" une personne n'ayant à l'instant t, pas de relation amoureuse et/ou sexuelle (disons, au sens où l'entends généralement la société).

Volontairement, je ne souhaite pas ici aborder la question des poly en questionnement et autres néo-poly. Ni des couples historiquement mono.

Exemples (de cas dont je voudrais parler) :
- une personne poly (célibataire ou non) rencontre une personne mono (ou mono-de-fait) célibataire, bien que leurs choix de vie ne soit relationnellement pas très compatibles, il se passe quelque chose entre elles, que font-elles de ça ?
- une personne poly est en relation avec une autre personne poly, cette dernière entame une relation avec une personne mono (ou mono-de-fait), que fait la première de cette "meta-mono-relation" ?

Et la…
Question transversale (que je souhaite explorer c'est) : quels sont les enjeux de pouvoirs dans de telles relations ?


Si ça manque de clarté, n'hésitez pas à poser des questions, je préciserais, et si besoin, viendrais éditer ce premier post.

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artichaut

le mercredi 01 avril 2020 à 06h55

Une précision pour les personnes poly-assumée de longue date ET en couple historiquement mono : vous pouvez bien sûr participer au débat, et même faire le récit de vos histoires avec des personnes monos… du moment que vous ne parlez pas de… votre conjoint (celui/celle de votre couple historique).

Et bien sûr, tout le monde peut s'exprimer ici (quelque soient vos statuts, orientations relationnelles, vécu et expériences)… tant que vous restez dans le sujet proposé.

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artichaut

le mercredi 01 avril 2020 à 06h55

Venons en au faits.

Je suis poly-assumé, et comme beaucoup ici je pense, je me trouve confronté à relationner avec des personnes mono. Soit que la question d'une relation se pose avec une personne mono. Soit que l'une de mes relations entame une telle relation, et que je me trouve donc de-fait confronté à une "meta-mono-relation".
Car le champ des polys n'est pas aussi vaste que le monde l'est, et qu'on ne vit pas en dehors du monde. Donc de fait ces choses nous arrivent. Même pour les poly qui font le choix de ne relationner qu'avec des personnes poly-assumée, puisque ça peut leur arriver sur un plan meta.

Que fait-on alors de ces relations ou meta-relations Poly/Mono ?

[Peut-être faudrait-il scinder les sujets ou les réflexions en 2 parties. Je ne sais pas. De fait, moi, je suis confronté aux deux types (relation et meta-relation) donc les deux m'intéressent.]

Et mes questions du moment tournent autour des enjeux de pouvoir, notamment structurels (sociétaux si l'on préfèrent), ou du moins ayant un soubassement structurel (sociétal).


Des exemples tirés de mon vécu :

1. À un moment où je suis célibataire j'entame une relation avec une personne mono (ou mono-de-fait). Je suis très clair sur mon statut de poly et que je ne vais pas devenir mono. Et pourtant elle ne peut s'empêcher d'espérer que je puisse devenir mono et accepte difficilement le jour où j'entame une autre relation.

2. J'entame une relation avec une personne mono (ou mono-de-fait). Nous somme au clair sur le fait que je suis poly. Et non seulement je ressent de sa part un truc dévalorisant notre relation, ne la prenant pas trop au sérieux, mais de surcroît je me fait larguer dès qu'elle flashe sur une autre personne mono.

Bon ces deux premiers exemples sont malheureusement classiques et assez "compréhensibles" (enfin le 1er +que le 2e).
Mais ça se corse :

3. Je rencontre une personne mono (ou mono-de-fait). Quelque chose se passe entre nous. On est d'accord pour dire que ce quelque chose est super. …mais je sens bien que je "ne fais pas le poids", ou que le type de relation que je peut proposer "ne fais pas le poids" face à n'importe qu'elle relation mono qui se présenterais avec son package-mono (NRE++, grand amour, habiter ensemble, voire même faire des enfants, etc).
Oui, c'est peut-être moi qui manque de confiance, mais pas que…
C'est comme si on ne se battait pas à armes égales. Et d'ailleurs moi je ne veux pas me battre. Je voudrais que chaque relation soit compatible, mais non certaines relations menacent mon existence. Et l'autre peut se retrouver partir habiter loin de chez moi, quasi du jour au lendemain, car quelqu'un·e (parfois rencontré·e y'a même pas une semaine) lui aura promis monts-et-merveilles-mono.

Autre cas :
4. Je suis en relation poly-assumée avec une personne poly-assumée. Parfait Super Génial. Ok. Mais cette personne poly que j'adore rencontre une personne mono. Et là crac. Déjà la personne mono deale avec elle-même pour accepter la relation tout en sachant vaguement que j'existe. Ensuite mon amoureuse deale aussi avec elle-même pour jongler avec tout ça. Ce qui peut même entamer ou fissurer sa certitude-poly. C'est pas une mauvaise chose en soi. Les certitudes sont faites pour être questionnées. Mais là où le polyamour m'apporte généralement rassurance (telle personne m'aime pour moi-même, même si elle rencontre quelqu'un d'autre, elle ne me quittera pas !) soudain c'est l'inquiétude qui pointe son nez. Et même de la jalousie, alors que ça faisait longtemps que je n'en avais pas ressentie. Et de surcroît avec quelque chose sur lequel je n'ai aucune prise.
Car en général la personne mono ne veut pas me rencontrer. Moi qui attache tant d'importance aux relations meta, c'est dur à encaisser. Mais je sais qu'il faut respecter le choix de l'autre.
C'est +dur encore quand je sent que par amour pour cette autre personne, mon amoureuse prend de la distance avec moi. NRE ? Demande explicite de la personne mono ? Empathie de mon amoureuse pour l'autre ? Évolution de notre relation, indépendamment de cette autre relation ?


Et je trouve que dans les deux dernier cas évoqués (3. & 4.), il y a clairement un rapport de pouvoir de la monogamie à mon encontre.

Le fait de ne pas vouloir me rencontrer (même si c'est un choix que je dois et veut respecter) exerce de fait un rapport de pouvoir. Je suis mis à l'écart, invisibilisé, renié dans mes convictions meta-poly, etc.
Le fait que notre relation soit minimisé ou dévalorisé idem.
Surtout quand soi-même on fait plein d'efforts pour être "un bon poly", pour prendre tout le monde en compte (y compris celles et ceux qui voudrais dénier notre existence), pour se remettre sans cesse en question, etc.
C'est un peu fatiguant à la longue. Et le pire c'est que foncièrement je n'en veux pas aux personnes mono en question. Mais j'en veux à la monogamie, oui, qui me maltraite ainsi, à travers ces autres.

Je ne viens pas ici seulement pour me plaindre. Je sais dans quel monde on vit. Mais j'avais un peu envie/besoin de partager autour de ça, avec des personnes vivant des choses similaires.

J'ai le sentiment de développer là tout de suite une intolérance à la monogamie. Et je n'ai pas envie de fuir dans une oasis poly. Je veux rester dans ce monde là. Oui, avec tous ces monos autour de moi. Même s'ils menacent mon existence de poly.

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Caoline

le mercredi 01 avril 2020 à 12h12

Ah ben heureusement que j'ai le droit de participer quand même, il ne manquerait plus que ça. ;-)

J'ai vécu quelques fois la situation 1, je trouve ça exaspérant de ne pas être crue en fait, que l'autre espère que je quitte mon compagnon historique si une relation forte se crée avec lui alors que j'en parle vraiment très clairement.
Les situations 2 et 3 encore plus de fois et c'est hyper désagréable de se sentir pas importante ou d'avoir peur d'être juste de passage car une relation non exclusive ne peut pas être une vraie relation quand bien même j'apporte à cette personne bien plus que ce qu'une relation exclusive ne lui a jamais apporté !

Je vis depuis plusieurs mois une situation proche de la 4. Mon amoureux n'était pas poly-assumé mais a toujours été non exclusif sans transparence : pas de vie commune, pas de promesse d'exclusivité et on ne se raconte rien comme ça pas de mensonge. Il n'était pas célibataire quand nous nous sommes rencontrés, ma condition pour démarrer notre relation fut que sa relation existante soit de suite mise au courant ce qu'il a fait. Bien qu'elle soit en accord sur une relation non exclusive, dans son esprit à elle, c'était sexuellement. Je crois que c'est la première fois que c'était clairement exprimé dans une des relations de mon amoureux. Elle a eu du mal à entendre que sa relation avec moi ne soit pas uniquement sexuelle mais aussi amoureuse. Elle a eu la possibilité d'entrer en contact avec moi et ne l'a pas fait et très vite alors qu'il prévoyait de lui proposer qu'on se rencontre au départ, notre amoureux n'a plus osé. Il pense, et il a probablement raison, qu'elle risquerait de réaliser que nous partageons beaucoup plus de choses que ce qu'il partage avec elle et que ça la ferait souffrir. Il a donc repris une forme de non dit qui semble très bien convenir aux deux puisqu'elle fait une sorte de déni de mon existence ne m’évoquant jamais, même si elle ne peut l'ignorer réellement puisque il la voit beaucoup moins régulièrement.
Mon amoureux ayant l'habitude de ne rien partager a parfois du mal à le faire avec moi. En fait même s'il le fait pas mal c'est parfois encore trop peu pour moi, en tout cas pas aussi spontané que j'aimerai. Je sais aussi qu'il ne parle pas de moi autour de lui, il ne me cache pas loin de là, on va en ville main dans la main et on s'embrasse à tous les coins de rues. Mais ça me fait bizarre et je ne me sens pas vraiment intégrée à sa vie de ce fait, alors que l'on partage une très grande partie de sa vie privée par nos nombreux contacts quotidiens, nos week-ends ensembles (avant le confinement :-((((() et toute l'intimité que l'on partage. Lui connaît tous mes proches soit qu'il les a rencontrés soit que je lui en parle et je parle de lui à mes ami.e.s et ma famille, il fait intégralement partie de ma vie et il aime ça. Je n'arrive pas à savoir quel est le poids de son tempérament dans cette situation par rapport au poids de la norme qui le ferait ne pas assumer son coté poly. Ce qui me fait penser que c'est surtout son tempérament c’est que sa famille ne connaît pas non plus son autre relation et peu d'ami.e.s connaisse son existence, il me semble, mais quand même je pense que le poids de la norme mono a une influence.
J'ai par contre du mal à voir une histoire de pouvoir interpersonnel dans ces situations, je n'y vois que le poids de la société dont tout le monde n'a pas la même capacité à se détacher.
Quand tu dis que l'amoureuse qui a une nouvelle autre relation s'éloigne, c'est aussi potentiellement une question de temps et d'investissement dans la nouvelle qui entraîne ça. Il n'y a aucun doute que ma metamour a ressenti ça et pourtant je suis poly totalement assumée, je prête attention à ce qu'il ne la néglige pas, au départ en tout cas à force de non dit j'ai fini par ne plus trop parler d'elle non plus, surtout que là il ne me dit plus quand il va chez elle puisqu'il n'y va pas à cause du confinement, donc je n'ai pas trouvé de moment adéquat pour demander de ces nouvelles.

En tout cas, je peux depuis peu mesurer la différence de vivre une relation avec une poly assumée, qui a d'autres relations avec des poly assumés. Qu'est-ce que c'est fluide, léger et agréable :-)

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artichaut

le mercredi 01 avril 2020 à 13h41

Caoline
Ah ben heureusement que j'ai le droit de participer quand même, il ne manquerait plus que ça. ;-)

Je me doutais que tu blaguerais là dessus !
(pis t'as réussi à placer "mon compagnon historique" dès la phrase suivante !)

Caoline
Je vis depuis plusieurs mois une situation proche de la 4.

Apellons la : 5.
C'est à la fois proche, oui, et un peu différent.
Merci pour ton témoignage. Ça me fait plaisir que quelqu'un·e réponde.

Caoline
Ce qui me fait penser que c'est surtout son tempérament c’est que sa famille ne connaît pas non plus son autre relation et peu d'ami.e.s connaisse son existence, il me semble, mais quand même je pense que le poids de la norme mono a une influence.

Moi je dirais (et ça ne t'étonnera pas) :
Norme mono + Norme genrée. Et voilà t'as le parfait mec qui ne parle pas.

Caoline
J'ai par contre du mal à voir une histoire de pouvoir interpersonnel dans ces situations, je n'y vois que le poids de la société dont tout le monde n'a pas la même capacité à se détacher.

Tu veux dire que tu n'en veux jamais aux personnes ? Que donc y'a pas de jalousie ni de rancoeur, ni rien de tout ça ?
C'est vers ça que je tends. Mais par moment c'est +difficile qu'à d'autres. Et ça se brouille un peu dans ma tête.
Quand on va jusqu'à dénier ton existence ou minoriser ton vécu c'est pas toujours simple d'être encore en empathie avec la personne meta. Compersion avec notre relation, oui. Mais empathie avec la personne meta, ça devient +compliqué. Empathie dont l'autre d'ailleurs ne voudrais sans doute pas !

Caoline
En tout cas, je peux depuis peu mesurer la différence de vivre une relation avec une poly assumée, qui a d'autres relations avec des poly assumés. Qu'est-ce que c'est fluide, léger et agréable :-)

Ah ça !
Je ne te le fais pas dire.

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Caoline

le mercredi 01 avril 2020 à 16h53

artichaut
Je me doutais que tu blaguerais là dessus !
(pis t'as réussi à placer "mon compagnon historique" dès la phrase suivante !)


:-D on commence à se connaître un peu. En effet pour la phrase suivante mais je ne parle pas de lui mais de mes relations avec des monos qui espéraient le faire sortir de l'équation.


artichaut
Moi je dirais (et ça ne t'étonnera pas) :
Norme mono + Norme genrée. Et voilà t'as le parfait mec qui ne parle pas.

En effet :-(

artichaut
Tu veux dire que tu n'en veux jamais aux personnes ? Que donc y'a pas de jalousie ni de rancoeur, ni rien de tout ça ?

J'en veux aux personnes quand elles n'ont pas été sincères dans les cas 1, 2 et 3 en fait, même si je pense que parfois elles étaient sincères dans leurs intentions mais n'ont pas vécu notre relation comme espéré.
Mon amoureux actuel, non car je sens qu'il fait ce qu'il peut même si...
Je n'ai pas de raison de ressentir de jalousie vu l'ordre d'arrivée des relations et qu'il respecte mes besoins minimums. Si j'étais à la place de ma metamour par contre, je n'aurais pas supporté ça s'est sûr.

artichaut
C'est vers ça que je tends. Mais par moment c'est +difficile qu'à d'autres. Et ça se brouille un peu dans ma tête.
Quand on va jusqu'à dénier ton existence ou minoriser ton vécu c'est pas toujours simple d'être encore en empathie avec la personne meta. Compersion avec notre relation, oui. Mais empathie avec la personne meta, ça devient +compliqué. Empathie dont l'autre d'ailleurs ne voudrais sans doute pas !

J'ai en effet un peu plus de mal d'être en empathie avec elle qu'au départ du fait qu'elle n'ai pas voulu entrer en contact avec moi. Mais je pense que notre amoureux est plus responsable qu'elle et en plus je comprends vraiment ses réticences à lui car c'est certain que ça serait violent pour elle de voir notre relation en face. Ce que je ne comprends pas c'est qu'on puisse vivre une relation intime sans transparence, en cachant la réalité. Pour moi leur relation n'a pas de sens.
Et clairement si je me sentais minorisée ou deniée par l'arrivée d'une nouvelle relation, je ne pense pas que je pourrais le supporter.

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artichaut

le jeudi 02 avril 2020 à 10h03

Caoline
Et clairement si je me sentais minorisée ou deniée par l'arrivée d'une nouvelle relation, je ne pense pas que je pourrais le supporter.

Cette phrase m'a fait réfléchir.
Hier je me disais : oui j'ai/j'aurais le droit de ressentir ça et ne pas supporter.
De fait, ce n'est pas facile, mais je supporte.

Et puis aujourd'hui je focalise sur ceci :

Caoline
si je me sentais

Oui, c'est un ressentis. C'est moi qui ressent ceci. Donc bien sûr j'ai le droit de le ressentir. Mais pourquoi le faire porter à l'autre ?
L'autre n'a probablement pas volonté de nuire. Ce n'est qu'une manière de se protéger.
Ce que je regrette c'est justement cette façon de se protéger a priori. Ce refus de se confronter à la réalité. On nous inculque la peur.
Et si cette période de confinement exacerbe mon ressentis. C'est sans doute car c'est cette même peur (de l'autre, de la réalité) qu'on peut lire sur beaucoup de visages.

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Caoline

le jeudi 02 avril 2020 à 13h18

@artichaut En fait si je ressentais cela je l'exprimerai à mon partenaire, pas comme un reproche mais comme un ressenti qui m'est douloureux et peut-être que l'échange me rassurerai ou que nous trouverions ensemble des moyens de me rassurer. Ce n'est que si je ne sens aucune écoute ni prise en compte de mon ressenti que je préférerai mettre fin à la relation pour me protéger. Je ne suis pas en relation pour que ça me fasse du mal. Ça peut arriver par action involontaire de l'autre mais ça ne doit pas durer, ça doit être pris en compte sinon je préfère avoir très mal de la séparation mais pouvoir tourner la page au bout d'un moment.
Une relation poly pour moi n'est pas plus un engagement à vie qu'une relation exclusive, ça peut évoluer mais si une des personne n'y trouve plus suffisamment de positif c'est mieux qu'elle s'arrête.

D'ailleurs même si mon ressenti est moins intense, que j'ai des éléments pour me rassurer, j'avais ressenti la nuit avant ton message le besoin de m'exprimer par rapport à ma difficulté de ne pas être reconnue de son entourage. Il m'a rassuré sur l'élément qui avait déclenché le fait que je repense à ça mais pas sur le fond. On en reparlera, mais on a convenu que sauf urgence, et mon angoisse ce moment là en était une, il est préférable d'aborder les sujets délicats quand nous sommes ensembles qu'à distance, nous gérons beaucoup mieux avec le non verbal, le fait de pouvoir se faire un câlin...

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Grani7a

le samedi 04 avril 2020 à 19h23

artichaut
Je souhaiterais parler ici de relations (ou meta-relations*) entre personne poly et personne mono (ou mono-de-fait). Et des enjeux de pouvoirs qui peuvent jouer dans une telle (meta)relation.

Champ lexical :
- J'entends ici par "personne poly" une personne poly-assumée, qui même quand elle est célibataire se considère comme poly. Pour qui c'est un choix de vie réfléchis et éprouvé et ne souhaite vivre que des relations poly (même si elle choisis parfois de s'arranger avec). —c'est mon cas—

Exemples (de cas dont je voudrais parler) :
- une personne poly (célibataire ou non) rencontre une personne mono (ou mono-de-fait) célibataire, bien que leurs choix de vie ne soit relationnellement pas très compatibles, il se passe quelque chose entre elles, que font-elles de ça ?
- une personne poly est en relation avec une autre personne poly, cette dernière entame une relation avec une personne mono (ou mono-de-fait), que fait la première de cette "meta-mono-relation" ?

Et la…
Question transversale (que je souhaite explorer c'est) : quels sont les enjeux de pouvoirs dans de telles relations ?

Bonjour artichaut, Caoline et bonjour Tout le monde, poly ou pas !

Je viens de recréer mon compte que j'avais supprimé pour raison de discrétion, étant en couple dit mono jusqu'à la fin d'année dernière. En effet, si je rebondi sur ce sujet, c'est que les enjeux de pouvoirs ont eu raison de mon acharnement à rester en couple "mono", je dis davantage "conventionnel". Je suis donc dans la case (s'il faut en mettre une artichaut "poly assumée").
J'ai découvert le terme "polyamour" et la philosophie qui l'accompagne il y a quelques années ici, sur ce site. S'en est suivi de grands questionnements sur moi et un gros travail d'acceptation de ma conception de ma vie amoureuse et de la vie en général....(je vous passe les détails qui seraient HS).
Après ces années de recherche de mon identité dans le sens recherche d'assumer cette identité, je me définis aujourd'hui davantage comme anarchiste relationnelle que comme polyamoureuse.
Venons en au vif du sujet : j'ai vécu 19 ans en couple exclusif (enfin surtout du point de vue de mon ex compagnon). Au bout de 8 ans de vie commune, j'ai exprimé mon mal être, mon ennuie, mon besoin d'autre chose, mon urgence d'émancipation sur tous les plans.
Et là, toutes les peurs de mon ex compagnon m'ont été jeté à la figure : peur de l'abandon essentiellement ; sa dépendance affective me bouffait littéralement. Plus j'affirmais mon besoin d'ailleurs, plus il me renvoyais mon "anormalité" et ma différence. Plus il voulait m'enfermer.
Je passerai les détails de mon cheminement jusqu'à ma décision de redevenir célibataire pour recouvrer ma liberté pleine et entière (avec quand même une garde alternée de deux miochons une semaine sur deux ;D !!).
Par contre, deux relations sentimentales m'ont donné l'impulsion de sauter dans le vide et de mettre cette bombe dans ma vie il y a 3 mois. Bien entendu, cette bombe était amorcée depuis bien longtemps, mais nous savons tous que ce sont les rencontres que nous faisons qui nous font cheminer et prendre des décisions pour NOUS MEME.
- une rencontre l'année dernière d'un mono (J), tout ce qu'il y a de plus "conventionnel". Une belle rencontre, une histoire qui vient de se terminer. Et là aussi, un jeu de pouvoir : Premier round : "quand je te vois, je vois ta famille avec toi. Conséquence, je ne peux pas m'investir dans une relation avec toi."
Donc rupture ; puis reprise quelques mois plus tard car OH elle est célibataire ! Bin oui, mais ma philosophie de vie n'a pas changé, je suis anarchiste relationnelle, non exclusive sur plan sentimental et sexuel ! Deuxième round : Et là, même problème : "je ne suis pas le seul dans ta vie, je sais que je ne peux pas te demander l'exclusivité, mais du coup je ne peux pas m'investir dans la relation comme je le voudrais et c'est compliqué dans ma tête....."
Lors de mes discussions avec mes amies exclusives ou mes rencontres amoureuses exclusives, ce qui me gène le plus, c'est le rapport à la transparence et au mensonge. Par exemple, J. est incapable d'être totalement transparent dans ce qu'il vit par ailleurs, alors que mon discours a toujours été que je ne voulais pas le couper de faire d'autres rencontres puisqu'il est célibataire, sans enfant et de surcroît, mon cadet de presque 7 ans. J'ai une véritable aversion pour le mensonge (c'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle j'ai quitté le cocon familial, c'est que mon ex conjoint me disait ne rien vouloir savoir si j'avais d'autres histoires -tout en posant des questions insidieuses qui me mettaient dans des situations extrêmement compliquées à gérer... encore un rapport de force à gérer du coup).
Pour la 2ème fois, une rupture a été inévitable entre J et moi. Son fonctionnement exclusif (me demande de lui mentir ou du moins de ne pas lui parler de mon "autre") associé à son manque de transparence ("je ne veux rien savoir de l'autre et je ne veux rien te dire parce que trouve ça bizarre, même si je sais que tu as besoin de savoir...") m'ont poussé à la rupture. Ah oui hein, quand c'est très compliqué et que ça fait deux rounds, faut arrêter quoi !

Alors vous me direz, il manque peut-être juste de maturité ? Probablement, mais ces jeux de force sont tout de même de l'ordre de la normalité (dans le sens habituel) dans la philosophie "mono". Nous savons ce que la notion de "s'appartenir" en exclusivité amoureuse peut entraîner comme conséquences (cf les explications sur la dépendance amoureuses d'Ours dans un autre fil de discussion).

Ces difficultés et ces enjeux apparaissent encore plus clairement lorsqu'on rencontre un polyamoureux ou tout du moins un non exclusif (juste avant mon deuxième round avec J.). C'est ce qu'il m'est arrivée il y a quelques mois.
Et là, comme tu écris Caoline : "qu'est ce que c'est fluide" ! Pas de mensonge, ni demandé ni ressenti, respect des limites de chacun sans garde fou inutile, pas ou peu de tension parce que les choses sont claires, sans peur du futur parce que les choses se vivent et avancent toutes seules. Pas de questionnement inutile.
Bref : La relation est là et on l'apprécie pour ce qu'elle est. On se donne, on prend, on partage, on se soutien et on est solidaire. Même si on ne se voit pas tous les jours, le lien est présent, régulier et constant. Sincère.
Je pense que si on enlève l'exclusivité amoureuse et qu'on a fait un travail sur sa dépendance amoureuse (du moins déjà d'en prendre conscience), on enlève beaucoup de peur et la relation est bien moins accès sur le rapport de force.

Je ne sais pas si je suis très claire, car en digestion de ma rupture d'avec J. (oui parce que pouvoir aimer plusieurs personnes en même temps c'est pas plus simple dans les ruptures, faut pas rêver !!).
Mais je suis un peu comme toi artichaut, mon souci (parce que je l'ai subi pendant une bonne dizaine d'années sur les 19 années dernières), c'est que je suis un peu, aujourd'hui à l'instant T, allergique à la vie de couple dans le schéma "mono". A 3 semaines de confinement, j'entends et je vois les problèmes que celà engendre dans les foyers. Cet enfermement je l'ai ressenti tellement fortement durant des années, pourtant libre d'aller et venir. Et pour ma part, en toute sincérité, je doute d'un retour en arrière un jour. La solitude si on la conçoit comme une liberté individuelle d'être soi, n'enferme pas ; elle est même libératrice si on arrive à en faire son allier.
Ainsi, elle n'agit pas comme un jeu de pouvoir, elle n'exerce pas de pression comme peut l'être la monogamie sur certains êtres.

C'est mon avis et un petit bout de mon expérience ;D

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Mark

le samedi 04 avril 2020 à 22h53

@Grani7a

Merci pour ton témoignage, très enrichissant comme partage et plein de points qui m'ont semblé familiers.

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cactus

le dimanche 05 avril 2020 à 10h48

@Grani7a J'ai lu avec intérêt ton témoignage, merci! (+)

Mais je n'ai pas tout compris, notamment :

Grani7a
Et là aussi, un jeu de pouvoir : Premier round : "quand je te vois, je vois ta famille avec toi. Conséquence, je ne peux pas m'investir dans une relation avec toi."

-> "je vois ta famille avec toi" ?

Grani7a
Deuxième round : Et là, même problème : "je ne suis pas le seul dans ta vie, je sais que je ne peux pas te demander l'exclusivité, mais du coup je ne peux pas m'investir dans la relation comme je le voudrais et c'est compliqué dans ma tête....."

C'est quoi les faits concrets qui l'on amené à constater qu'il ne pouvait pas s'investir dans la relation comme il voulait ?

Autre question : pour toi, qu'est-ce que la "transparence" ? Si tu peux donner des exemples concrets de "non transparence", ça m'interesse.
Parce que j'ai l'impression que par "transparence", je m'imagine souvent un truc du genre "je raconte tout dans les moindres détails", mais pour moi être transparent ça n'est pas ça.

@artichaut

artichaut
1. À un moment où je suis célibataire j'entame une relation avec une personne mono (ou mono-de-fait). Je suis très clair sur mon statut de poly et que je ne vais pas devenir mono. Et pourtant elle ne peut s'empêcher d'espérer que je puisse devenir mono et accepte difficilement le jour où j'entame une autre relation.

Je me souviens d'avoir lu un post sur une réflexion similaire, je ne sais plus quand, ça fait un moment... En gros, la constatation il me semble, c'était aussi que la personne mono ne se représente pas concrètement ce que relationner avec une personne poly implique, au delà de la non-exclusivité.

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artichaut

le dimanche 05 avril 2020 à 11h55

cactus
Je me souviens d'avoir lu un post sur une réflexion similaire, je ne sais plus quand, ça fait un moment...

peut-être ici ? : Entretenir une relation polyamoureuse avec une personne monogame.

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artichaut

le dimanche 05 avril 2020 à 12h22

On a très peu de ressources, je trouve, concernant les relations entre poly-assumé·e et mono.
C'est peut-être la différence que je fais entre Poly/Mono (poly allant vers les monos) et Mono/Poly (monos allant vers le poly, tels les couples monos, dont l'un ou les deux veulent s'ouvrir aux poly).

Aussi, on pourrait se demander, pourquoi quand on est poly, aller vers des monos, alors que c'est tellement +fluide/facile juste entre polys…
En ce qui me concerne ce n'est pas une volonté de prosélytisme, ni un goût pour la pédagogie. Je dirais plutôt une volonté de ne pas m'enfermer dans un milieu, +le fait qu'on ne choisit pas toujours ce qui nous arrive, +une curiosité pour le monde et les gens, +etc.
Alors oui, ça me plairait de développer un peu de réflexions/ressources sur le sujet.
Parce que finalement ça arrive +souvent qu'on ne le voudrais. Surtout par meta-relation interposée.

Non pas seulement, comment lutter contre la monogamie (les monogamies), ou comment promouvoir le polyamour, ..mais aussi comment naviguer en milieu monogame (qui quoi qu'on en dise est est le nôtre, ..puisqu'on ne s'extrait pas aussi facilement du monde dans lequel on vit).

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Grani7a

le dimanche 05 avril 2020 à 13h49

Bonjour Cactus, et bonjour à tous et toutes :-)

cactus

Mais je n'ai pas tout compris, notamment :

-> "je vois ta famille avec toi" ?

Lorsqu'on était ensemble, il ne voyait pas que moi. Il voyait mon conjoint et mes deux enfants avec moi. C'est à dire qu'il n'arrivait pas à se concevoir dans cette relation duelle avec moi et à formaliser une relation par absence de projection dans le futur (me disait-il) mais aussi dans le présent. Pour lui, le fait que je sois (à cette période) en couple freinait sa volonté et son enthousiasme à tisser le lien. Pour schématiser, il ne voyait en moi qu'une femme appartenant à un autre homme.
Pourtant, l'entente était bien là et il était demandeur de moments avec moi, mais très vite, je le sentais réticent et il reculait. Il regrettait de ne pas avoir ma conception des choses parce qu'il comprend ma vision, qu'il trouve d'ailleurs progressiste (:-D ) mais il me disait être incapable de voir et vivre les choses ainsi. (rapport à son éducation notamment)

cactus

Grani7a
Deuxième round : Et là, même problème : "je ne suis pas le seul dans ta vie, je sais que je ne peux pas te demander l'exclusivité, mais du coup je ne peux pas m'investir dans la relation comme je le voudrais et c'est compliqué dans ma tête....."

C'est quoi les faits concrets qui l'on amené à constater qu'il ne pouvait pas s'investir dans la relation comme il voulait ?

L'impossibilité de faire des projets dans le temps. Mais c'est aussi du à sa personnalité. Il est en train de faire une psychothérapie (...) et il semble être immature émotionnellement, en plus d'être fuyant dans ses relations sentimentales par manque cruel de confiance en lui. (cf début de l'histoire ici /discussion/-bXx-/Nouvelle-rencontre-PENDANT-la-NR...
Même le fait que je ne sois plus en couple "normé" ne l'a pas empêché d'avoir les mêmes réactions : 1 pas en avant et 3 en arrière.

De mon côté, je ne suis plus la même qu'à notre premier round. J'ai mis beaucoup moins d'énergie à développer cette relation avec J parce qu'il me disait avoir compris ma manière de voir les choses et de vouloir les vivre. J'ai donc mis beaucoup moins d'énergie au round2 à essayer, par la parole, de le détendre et de concilier ma vision à la sienne. C'est extrêmement compliqué lorsque l'autre ne veut pas parler de nos amoureux et ne s'investit pas dans la relation parce qu'il y a un ou des amoureux ! Comment faire en sorte que chacun trouve sa place si la parole n'arrive pas à se libérer ? Comment faire avancer une relation avec quelqu'un qui conçoit la vie à deux (couple, vie commune dans le même lieu à terme) lorsqu'on ne conçoit pas du tout le futur ainsi ?

cactus

Autre question : pour toi, qu'est-ce que la "transparence" ? Si tu peux donner des exemples concrets de "non transparence", ça m'interesse.
Parce que j'ai l'impression que par "transparence", je m'imagine souvent un truc du genre "je raconte tout dans les moindres détails", mais pour moi être transparent ça n'est pas ça.

Pour moi, la transparence c'est dire lorsqu'il y a quelque chose qui cloche dans ta vie (problème perso, prof), quelqu'un qui occupe ton esprit (une ex qui revient communiquer avec toi et ça commence à prendre un peu de place dans ma tête), une rencontre avec quelqu'un qui plait et que ça risque de..., un déjeuner avec une "amie" alors que tu sais qu'elle n'est pas qu'une amie et qu'il te dit qu'il a déjeuné avec elle plusieurs jours après le dit déjeuné et qu'il prend soin de ne pas dire son nom....
Autre exemple : un soir, J avait une soirée prévue chez un ami à lui qui habite à 15 minutes de mon nouveau chez moi. Je l'invite à venir dormir dans mon lit, s'il le souhaite, pour éviter de retourner chez lui, puisqu'il vit à 30 bonnes minutes de chez son ami. Sa réponse est hésitante, il me dit qu'il va réfléchir, qu'il ne dit pas non mais qu'il ne sait pas... Je lui pose donc la question de savoir s'il y a quelque chose qui cloche, il a tout à fait le droit de ne pas avoir envie de venir chez moi mais qu'il faut qu'il le dise... (malheureusement pour lui, on a tellement dialogué par messages que même dans ses messages écrits, je sais lorsqu'il y a quelque chose qui "cloche" :-D ). Il se met presque en colère m'expliquant que ce n'est pas ça mais qu'il y a une fille qui doit venir à cette soirée et qu'elle lui plait (fille dont il avait commencé à me parler, mais en réaction au fait qu'il avait vu deux verres sur ma table, lui rappelant que mon autre amoureux était là juste avant qu'il arrive, comme c'était prévu (oui parce que moi, je dis :-) ). Bref : je lui réexplique donc que pour faciliter les choses, pourquoi ne pas me dire directement, il y aura C, la fille dont je t'ai déja parlé, qui doit venir à cette soirée et que je ne trouve pas ??(judicieux, opportun, cohérent...etc...) de venir me glisser dans tes draps ce soir là, après cette soirée. Ca lui aurait évité de me renvoyer sa culpabilité au travers de sa petite colère puérile ;D
Voilà ce que j'appelle la transparence !

Pour moi non plus, la transparence n'est pas tout raconter (ce qu'il se passe entre mon amoureux et ses autres amoureuses ne me regarde pas) sauf s'il veut m'en parler parce que ça le soulage, un problème avec elle l’empêche d'être suffisamment détendu avec moi, sa relation avec elle évolue...Mais tout ce qui concerne la thématique sexuelle ne me regarde pas (sauf s'il a besoin d'en parler pour X ou X raisons).
Je sais par expérience, que si la transparence (comme je la conçois) n'est pas présente dans mes relations avec mes amoureux, la relation fini par être compliquée d'un côté ou de l'autre, quoi qu'on fasse. On peut essayer de la rétablir et ça tient un moment jusqu'au prochain épisode de "souci", préoccupation... qui engendre le fantasme si on en parle pas. Et le fantasme (sauf celui sexuel :D) n'est jamais très constructif dans une relation. De mon point de vue, c'est plutôt un poison qui affaibli la relation pour, à terme, la faire mourir un jour.

J'espère avoir répondu à tes questions catus :-)
Bon dimanche à toi et à tous et toutes !

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cactus

le dimanche 05 avril 2020 à 17h43

Grani7a
Pour lui, le fait que je sois (à cette période) en couple freinait sa volonté et son enthousiasme à tisser le lien. Pour schématiser, il ne voyait en moi qu'une femme appartenant à un autre homme.

Comment faire avancer une relation avec quelqu'un qui conçoit la vie à deux (couple, vie commune dans le même lieu à terme) lorsqu'on ne conçoit pas du tout le futur ainsi ?

Pour moi, la transparence c'est dire lorsqu'il y a quelque chose qui cloche dans ta vie (problème perso, prof), quelqu'un qui occupe ton esprit (une ex qui revient communiquer avec toi et ça commence à prendre un peu de place dans ma tête), une rencontre avec quelqu'un qui plait et que ça risque de..., un déjeuner avec une "amie" alors que tu sais qu'elle n'est pas qu'une amie et qu'il te dit qu'il a déjeuné avec elle plusieurs jours après le dit déjeuné et qu'il prend soin de ne pas dire son nom....

Merci à toi pour toutes ces explications, effectivement, je comprends mieux !
Mon cerveau fonctionne beaucoup sur du très concret, c'est comme ça que j'appréhende le mieux les choses, donc tes exemples me parlent complètement (+)
Et on a la même notion de ce qu'est la transparence... :-)

artichaut
peut-être ici ? : Entretenir une relation polyamoureuse avec une personne monogame.

Non, c'était au sein d'une discussion, mais peut-être un peu noyé dans l'ensemble. J'ai cherché mais n'ai pas retrouvé pour le moment. Peut-être sur les thématiques "rencontres" ?

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artichaut

le lundi 06 avril 2020 à 10h08

cactus
Non, c'était au sein d'une discussion, mais peut-être un peu noyé dans l'ensemble. J'ai cherché mais n'ai pas retrouvé pour le moment.

dac' merci d'avoir cherché


sinon de mon côté, j'ai trouvé ça
(je ne mets pas tant ces liens pour que vous alliez voir et qu'on en discute, mais plutôt pour archive et pour moi-même…ce qui n'empêche pas non plus d'aller voir)
- Entretenir une relation polyamoureuse avec une personne monogame : article traduit de l'anglais, nov 2011
- Relation mono et poly (fév 2019) : très court fil d'une mono rencontrant un poly
- projet de questionnaire sur la thématique Metamour

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Siestacorta

le lundi 06 avril 2020 à 11h47

cactus


Non, c'était au sein d'une discussion, mais peut-être un peu noyé dans l'ensemble. J'ai cherché mais n'ai pas retrouvé pour le moment. Peut-être sur les thématiques "rencontres" ?

Tu saurais situer dans le temps quand tu l'as lu ? Si tu te souviens de ça comme un truc enterré loin dans les archives ou comme relativement frais par rapport au moment où tu le lisais ?

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cactus

le lundi 06 avril 2020 à 18h55

Siestacorta
Tu saurais situer dans le temps quand tu l'as lu ? Si tu te souviens de ça comme un truc enterré loin dans les archives ou comme relativement frais par rapport au moment où tu le lisais ?

Non ><
C'était il y a plusieurs mois (je crois), mais je suis incapable de me souvenir si c'est un post d'il y a plusieurs mois auquel j'ai participé ou que j'ai lu quand il a été écrit, ou si c'est un post datant de plus loin et que j'ai exhumé pour lecture....

EDIT : je me demande si c'est pas avec ce post que mon cerveau s'évertue à faire le lien. M'enfin, suis pas sûre qu'on soit bien dans les clous...
/discussion/-chN-/Ententes-et-libertes-individuell...

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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Siestacorta

le lundi 06 avril 2020 à 19h24

cactus


EDIT : je me demande si c'est pas avec ce post que mon cerveau s'évertue à faire le lien. M'enfin, suis pas sûre qu'on soit bien dans les clous...
/discussion/-chN-/Ententes-et-libertes-individuell...

En tout cas cette partie du fil ressemble bien à ce que tu soulignes...

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Chawcha (invité)

le mardi 07 avril 2020 à 00h43

Bonjour,
Je n'ai pas beaucoup d'expérience et j'apprécie votre façon de caractériser les types de relation pour mieux comprendre les mécanismes en jeu.
Je suis, selon Artichaud dans une relation de type 4. Polyasummé *2 et ce n'est pourtant pas simple. Cette évolution fait suite pour nous 2 à des relations monogames non épanouissante et nous avons construit ensemble les bases d'un schéma qui nous semble plus compatible avec nos valeurs et envies. Des aventures, de part et d'autre puis Elle qui tombe amoureuse de Lui. Monogames à l'origine, elle accepte notre relation dont il lui parle au bout de qqs semaines, assuré de vouloir pour suivre. C'était qqs mois avant le confinement. Je me discipline mais ils continuent à se voir. Plus qu'avant puisqu'elle télé travaille cz lui alors qu'elle se déplaçait beaucoup à l'étranger. Je n'ai pas vu Lui depuis 3 semaines. Ils passent presque une semaine sur 2 chez lui (c'était notre rythme avant). Je ne veux le voir qu'après une quatorzaine qui n'arrive pas pour l'instant puisqu'ils se voient souvent. Ils sont en NRE et je me sens prise au piège. C'est là que la notion de pouvoir rentre en jeu. Je me sens brutalement, par ricochet, à la merci de la disponibilité d'Elle (c'était déjà le cas car elle était peu disponible) alors que ma relation avec Lui dure depuis presque 3 ans. Presque pas de nouvelles quand ils sont ensemble. Je deviens obsessionnelle alors que ma dépendance affective était moderée avant. Cela coupe toute spontanéité. Je suis ds le calcul. Montrer que je suis là, exprimer mes besoins, susciter le manque. Je jongle tel un poisson dans son bocal. Je me perds car ce mode de relation me seduit par le respect, l'honnêteté, le dialogue, l'équité qu'il sous-tend. J'ai rompu et fait marche arrière 2 fois déjà. Je suis très amoureuse.... J'admire ceux qui arrivent à se dépêtrer de ces relations tellement compliquées et éprouvantes émotionnellement.

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