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À l'aide : mon compagnon se découvre polyamoureux.

Monogamie
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LowLight

le samedi 19 octobre 2019 à 17h04

Bonjour à tous.tes,

Tout d'abord, merci à vous tous qui existez sur ce forum salutaire et qui prenez le temps de répondre avec bienveillance et intelligence à toutes les questions qui se bousculent dans nos têtes.

J'écris aujourd'hui car je cherche désespérément des conseils de la part de gens dans ma position, dans la position inverse ou tout simplement polyamoureux et de bon conseil. Je crois que je cherche aussi à être écoutée et rassurée, tout simplement, à croire que le chemin sur lequel je me suis engagée est possible et envisageable.

Je m'excuse par avance car mon post est long (très long !) et très détaillé mais je souhaite fournir le plus d'éléments possibles afin que vos potentielles réponses puissent être basées sur des faits précis.

Voici la situation :
Mon compagnon et moi sommes ensemble depuis 19 ans et monogames jusqu'à présent. Nous n'avons jamais souhaité habiter ensemble (car nous sommes tous deux de nature très solitaire) mais cela ne nous empêche bien évidemment pas de passer beaucoup de temps ensemble et d'être extrêmement proches et amoureux.
Il y a quelques années de cela, mon compagnon m'a confié sa grande attirance pour le shibari (ainsi que pour le BDSM de manière générale) et son envie de le pratiquer avec moi. Cela ne m'a pas tentée. Je ne juge aucunement et comprends tout à fait toutes les pratiques existantes, ma seule limite étant bien sûr le consentement de chacun ; c'est juste que ce n'est pas forcément mon intérêt. Pour autant, je n'ai jamais empêché mon compagnon de pratiquer le shibari sans moi. Cette fois-là, cela ne s'est pas fait et nous sommes retournés à notre vie (heureuse, je le précise !).

Il y a un mois, mon compagnon m'a dit solennellement devoir me parler et m'a annoncé que le shibari (et ses implications plus sprituelles) avait vraiment une importance cruciale pour lui et qu'il avait enfin trouvé une partenaire de confiance avec qui pratiquer. Il voulait savoir si j'étais à l'aise avec l'idée qu'il pratique cette activité plus que sensuelle sans moi. Passé le sentiment de jalousie émanant directement de mes insécurités, je lui ai donné mon accord : en quoi aurais-je le droit de le priver d'une activité essentielle à son bien-être et à l'expression de ce qu'il est profondément, et ce d'autant plus que je ne suis pas en mesure de répondre à ce besoin ? Ma seule inquiétude (que j'ai précisée à mon compagnon), était la suivante : je sentais qu'avant même qu'il soit question de shibari entre eux, cette partenaire (une collègue de travail) avait déjà une place particulière dans la tête et le cœur de mon compagnon. Il m'a assurée qu'il n'en était rien, m'a rassurée mais m'a tout de même dit que le shibari était une pratique qui suppose de l'intimité, de la complicité, de la confiance, etc. et que, nécessairement, il fallait qu'il y ait une connexion pour s'abandonner ainsi à l'autre. Malgré tout, confusément, à ce moment-là, j'ai compris instinctivement que cette personne ne resterait pas "qu'une" partenaire de shibari. Mais j'étais déterminée à ne pas censurer mon compagnon.

Et nous voilà il y a 20 jours et à peine quelques séances de shibari plus tard : mon compagnon m'annonce qu'il s'est enfin avoué à lui-même qu'il a toujours été polyamoureux. Je ne dirais pas que j'étais surprise, au sens où je l'ai toujours plus ou moins senti mais, à chaque fois que j'en ai émis l'hypothèse, mon compagnon a farouchement nié et s'est souvent mis en colère en rejetant mes doutes sur mon manque de confiance et mes insécurités. A posteriori, je me rends compte que j'avais même correctement deviné les 2-3 personnes de son entourage pour lesquelles il avait eu une attirance qu'il avait enfouie difficilement. Aujourd'hui, je comprends que son attitude n'était que l'effet de son déni mais le choc est d'autant plus rude que j'ai l'impression d'avoir été comme "menée en bateau" pendant toutes ces années. Bref.
Il m'annonce donc qu'il est polyamoureux et, dans la foulée, qu'il veut explorer ses sentiments pour sa partenaire de shibari, qui est elle aussi ouverte à l'expérience. Et c'est à partir de là que j'ai eu l'impression que tout s'accélérait et que tout ce que je connaissais s'effondrait. Nous avons discuté mais finalement de façon assez caricaturale car à ce moment-là, il s'agissait juste de répertorier nos options :
1) nous restons ensemble et tu poursuis ta relation avec ta partenaire de shibari ;
2) nous restons ensemble et tu mets fin à ta relation avec elle ;
3) nous nous séparons et tu poursuis (ou non) ta relation avec elle, cela ne me regarde plus.
Assez vite, il est apparu que nous ne pouvions nous résoudre à nous quitter tant notre amour est fort. Nous nous aimons tellement, c'est prodigieux... Le simple fait d'envisager notre séparation nous a plongés dans des abîmes de souffrance. Et pour lui, poursuivre sa relation avec elle n'avait de sens que si j'étais dans sa vie (idée avec laquelle je me débats un peu intellectuellement, je l'admets). De mon côté, demander à mon compagnon de faire abstraction de ses sentiments pour une autre par amour pour moi me paraissait proprement injuste et égoïste (même si la souffrance qui s'ensuit est d'une intensité que je ne pensais pas imaginable). Ce serait comme de vivre avec un zombie ou quelqu'un qui n'est qu'à moitié lui-même, au mieux. Quelle horreur ! Je ne pourrais pas imposer cela à la personne que j'aime. Je crois fermement au fait que lorsque l'on aime quelqu'un, on doit le laisser libre. Et aujourd'hui, cette croyance se rappelle cruellement à mon bon souvenir...
Nous avons donc très vite "décidé" que la seule option était la 1re, à savoir "nous restons ensemble et tu poursuis ta relation avec ta partenaire". Je mets le verbe "décider" entre guillemets car, même si mon compagnon ne m'a pas mis le couteau sous la gorge et que j'ai choisi de rester, je continue à penser qu'aucune des autres options n'était viable et que le quitter m'aurait anéantie : dans ces conditions, est-ce vraiment un choix ? Bien sûr, mon compagnon et sa partenaire n'ont pas choisi de tomber amoureux, je l'entends bien, mais ils ont tout de même choisi de ne pas mettre de holà à ce qui couvait (je pense notamment à certaines attitudes de sa partenaire qui appartenaient clairement au domaine de la séduction poussée et qu'elle aurait tout à fait pu éviter puisqu'elle savait pertinemment que mon compagnon n'était pas célibataire, mais passons).

Et à peine avons-nous pris conscience (et non pas assimilé) qu'il ne reste que cette option, voilà que mon compagnon m'annonce qu'il souhaite parler le plus vite possible à sa partenaire pour que, je cite, "l'éléphant dans la pièce" se dissipe. Si je comprends son besoin de clarifier une situation ambiguë et de ne pas la faire perdurer inutilement, à ce moment, j'ai clairement l'impression d'être brusquée. Tout va trop vite. Nous n'avons même pas commencé à évoquer entre nous ce que cette nouvelle donne signifie pour nous, ce que nous voulons et ne voulons pas, ce qu'il va falloir faire pour que cela fonctionne au mieux, qu'il est déjà ailleurs ! Je précise ce détail car il m'a répété à de nombreuses reprises que j'étais sa relation centrale, primordiale, au point où lorsque j'évoquais la possibilité de le quitter, il n'envisageait pas une seconde de continuer sa relation avec sa partenaire car, je cite, "cela n'a aucun sens sans toi, ma vie n'a pas de sens si tu n'es pas dedans, et cette relation non plus". En ce cas, il est donc indispensable de s'assurer que notre relation est assez solide, qu'elle tiendra le choc, et de prendre le temps de nous recentrer un peu sur nous avant de sauter, non ? Je ne sais pas, je vous pose véritablement la question.

Quoi qu'il en soit, on définit rapidement une liste de "do's and don'ts" assez classique, je m'achète en catastrophe "More Than Two" et "Compersion - Transcender la jalousie dans le polyamour", je passe littéralement mes journées à explorer, compulser, lire tout ce que je trouve sur Internet et particulièrement sur ce forum, tout en passant des nuits blanches, en arrêtant de manger à cause du choc, en pleurant toutes les larmes de mon corps, etc. Mon compagnon ne va pas très bien non plus mais lui a au moins la joie de savoir qu'il a une autre relation. Et il ne tarde effectivement pas à la revoir pour tout lui dire. Cette première nuit en connaissance de cause a été franchement abominable pour moi. Les images se bousculaient (c'est toujours le cas, par ailleurs) et ce sont surtout les marques de tendresse qui me blessaient le plus profondément dans mon imagination. Imaginer m'a brisée. Le lendemain, j'aurais apprécié que les choses se passent autrement mais mon compagnon m'a annoncé par téléphone que sa partenaire acceptait les conditions (avec une sorte de soupir signifiant qu'elle était bien aimable d'accepter ces conditions pourtant assez classiques et pas franchement poussives, selon moi). Pour avoir lu (ou plutôt dévoré) tellement de choses ces derniers jours, je sais que mettre des conditions n'est pas la meilleure chose à faire dans les relations polyamoureuses mais comprenez-moi, nous débutons et je souhaite mettre quelques garde-fous pour le moment, quitte à les enlever plus tard. Et il n'est aucunement question ici de "veto". Et pourtant, j'ai eu l'impression d'être la méchante, la chieuse de service, même si mon compagnon s'en défend ; mais ce qui précède m'a finalement appris à faire confiance à mes instincts donc..!

La soirée qui a suivi a été très compliquée, très triste, traumatisante pour nous deux mais nous avons réaffirmé notre amour mutuel et notre désir de bien faire les choses, de nous respecter. J'ai donc beaucoup pris sur moi les jours suivants et suis finalement arrivée assez naturellement à retrouver mon "moi" habituel ; nous avons passé de très bons moments ensemble, sans drame ; notre intimité a aussi repris sa place dans notre quotidien. Puis il y a deux jours, à l'approche de son nouveau rendez-vous avec sa partenaire, j'ai souhaité que nous relisions la fameuse liste afin de l'expliciter si besoin et de réitérer une dernière fois notre accord. Sentant que j'étais peut-être un peu plus sereine face à la situation ("sereine" est un grand mot), mon compagnon s'est tout de suite engouffré dans la brèche pour demander l'assouplissement d'une règle sur laquelle nous nous étions mis d'accord à peine 3 jours plus tôt et qu'il n'avait même pas encore eu le temps d'expérimenter en l'état ! Et j'ai immédiatement senti les fragiles nouveaux piliers que j'avais érigés en catastrophe en quelques jours se dérober sous mes pieds ! J'ai de nouveau eu l'impression d'être un obstacle à sa liberté, de ne pas aller assez vite, de le brider, etc. Mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser : "Mais bon dieu, en tout et pour tout, à peine 20 jours se sont écoulés entre ton annonce qui a peu ou prou tout chamboulé pour moi et aujourd'hui et pourtant, regarde où j'en suis ! Regarde les efforts que je fournis ! Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour accepter la situation mais ce n'est pas encore assez et tu me le fais sentir !" Je peux bien sûr imaginer ce que c'est que d'encadrer ses sentiments, la frustration que cela doit générer mais ne dit-on pas qu'il faut suivre le rythme du plus lent, dans les situations mono-poly ? Et puis, ce n'est pas comme si je lui avais demandé (ou qu'il m'avait proposé, d'ailleurs) de ralentir sa relation avec sa partenaire le temps que nous retrouvions un ersatz d'équilibre ! Non, il la voit régulièrement et je n'empiète pas sur ce moment qui leur appartient. Alors que puis-je faire de plus que de cheminer au rythme qui est le mien, de lire tout ce que je peux, de m'ouvrir à tout un monde que j'ignorais, de pleurer lorsque j'en ressens le besoin, d'avoir parfois envie de me réveiller de ce mauvais rêve, je l'admets ? C'est un processus et je fais mon maximum mais certaines des réactions de mon compagnon me font culpabiliser en plus de tout le reste. Je culpabilise de ne pas aller assez vite, je culpabilise de ne pas être assez à l'écoute des besoins de sa partenaire, je culpabilise d'être "vieux-jeu", je culpabilise d'être triste (parce qu'il m'a dit que de me voir malheureuse l'empêchait d'être heureux), je culpabilise de ne pas être en mesure de me réjouir pour lui, pour elle, de ne pas ressentir de compersion, je culpabilise d'être bassement jalouse, je culpabilise de nous comparer constamment dans mon esprit et de "perdre" à tous les coups (elle est plus jeune, plus mince, plus jolie, plus ouverte, plus "sexuelle" j'imagine, elle pratique le shibari, la passion de mon compagnon, elle comprend le domaine dans lequel il travaille, etc.). Bref, je culpabilise pour tout alors que je n'ai qu'une envie, c'est que mon compagnon me célèbre dans mes efforts et mon courage. Je fais la part de ce qui provient de mon manque de confiance en moi et des maladresses de mon compagnon mais cela reste néanmoins extrêmement ardu.

Une dernière précision. Je ne souhaitais pas forcément en parler ici mais je pense que cela a vraiment son importance dans la situation qui est la nôtre. Je suis autiste Asperger avec de très fortes difficultés sociales. Ce qui signifie que je n'ai quasiment aucune vie sociale (donc pas de possibilité d'être soutenue par qui que ce soit d'autre que mon compagnon, aïe) et les deux-trois camarades que j'ai et que je ne vois quasiment jamais ne comprendraient pas la situation et en viendraient à accuser mon compagnon de toutes sortes de maux, ce que je ne désire absolument pas. Si je me suis lancée sur ce chemin, c'est pour l'accepter, pas pour être une "victime". Je veux donc que l'on m'aide à grandir et à avancer, que l'on m'aide à faire croître ma relation et mon amour pour mon compagnon, pas que l'on me définisse comme "la-pauvre-fille-soumise-qui-n'a-pas-su-garder-son-compagnon-et-qui-accepte-d'être-trompée-par-lui-parce-qu'elle-est-trop-faible" ou que l'on enferme mon compagnon dans le rôle du "gros-connard-qui-trompe-sa-femme" ! Je veux être conseillée par des gens qui comprennent que c'est justement parce que notre amour est assez fort, et notamment mon amour pour lui, que mon compagnon peut se "permettre" d'être lui-même, parce que je lui ai offert les fondations sur lesquelles s'épanouir. Mais je dois donc reconnaître que mon autisme complique les choses au sens où je ne peux pas entrer en contact avec autrui et où je passe beaucoup de temps seule, chez moi, sans possibilité d'échanger ou de me changer les idées, notamment les soirs où mon compagnon se trouve avec sa partenaire. De plus, de par mon "handicap" j'imagine, je suis d'une fidélité et d'une loyauté absolues, ce qui, bien sûr entre en ligne de compte dans ce cas précis (non que je considère que mon compagnon me trompe mais il fait quelque chose que je ne pourrais pas faire). Voilà pourquoi je préfère préciser cet élément ici.

Comment survivre à tout cela ? Quels conseils m'offririez-vous pour vivre cette transition du mieux possible ?

Je vous prie encore une fois de bien vouloir m'excuser pour ce long, très long laïus et vous remercie pour les réponses que vous voudrez bien m'apporter.

Merci.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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kill-your-idols

le samedi 19 octobre 2019 à 19h06

Étant moi-même Asperger (et chaque jour je remercie Dieu d'être né avec ce magnifique don), mon conseil dans cette situation est de:

S'occuper.

L'idéal est de sortir et de partir à la recherche de nouveau partenaires.

Si tu n'est pas dans cette attitude, cela peut être une autre occupation: la lecture, l'art, les voyages, ou n'importe quelle autre chose qui puisse occuper le plus possible ton cerveau. L'idée est qu'il ne faut pas laisser le mondre espace libre pour les préoccupations liées à la nouvelle partenaire de ton compagnon.

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Polyarthrite (invité)

le samedi 19 octobre 2019 à 19h17

Pour ma part, je suis impressionner par tout les efforts que tu fais pour t'informer, comprendre, t'ouvrir et autres mais j'ai aussi l impression que tu te force.
Le poly n'est pas fait pour tout le monde et être la compagne mono d'un point non plus.
Tu aura beau faire tout ce que tu peux, il est possible que tu ne l'accepte jamais, que tu souffre à chaque fois qu'il la verra, simplement car cela n'est pas fait pour toi et ce n'est pas une tare d être mono.

Autre chose qui me marque, c'est le manque d empathie et de compréhension de ton compagnon, notamment pour la règle qu'il veut changer au bout de 3 jours. En 20 jours, tu a fais tellement d effort pour accepter, je trouve cela vraiment égoïste de vouloir encore plus sans penser à toute la tristesse que tu combat déjà.

En a tu parler à ton compagnon, de ce que tu as penser lorsqu il a demander l assouplissement de la règle car ta phrase

"Mais bon dieu, en tout et pour tout, à peine 20 jours se sont écoulés entre ton annonce qui a peu ou prou tout chamboulé pour moi et aujourd'hui et pourtant, regarde où j'en suis ! Regarde les efforts que je fournis ! Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour accepter la situation mais ce n'est pas encore assez et tu me le fais sentir"

Semble sortir de tes tripes et de ton cœur, et il serait peut être bien qu'il l entende. Tu as le droit de dire stop quand tu n'en peux plus.

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LowLight

le samedi 19 octobre 2019 à 19h24

@kill-your-idols Merci beaucoup pour ta réponse. Je ne suis malheureusement pas dans l'optique de devenir polyamoureuse moi-même, du moins ce n'est pas du tout à l'ordre du jour et je n'en ai jamais ressenti le besoin. Dans mon cœur et mon esprit, seul mon compagnon compte. J'ai bien eu quelques fantasmes, mais c'était purement sexuel et je n'ai jamais ressenti le besoin d'aller plus loin. J'ai juste considéré ces pensées comme étant saines, comme faisant partie d'un fonctionnement sain.
Quant aux activités proposées, le problème, c'est qu'elles impliquent de sortir, d'entrer en contact avec l'extérieur et c'est quelque chose qui m'est devenu quasi impossible. J'en souffre beaucoup. Je m'occupe l'esprit, bien sûr, mais cela n'empêche nullement les pensées parasites. Et puis, d'un point de vue un peu plus profond, je me dis qu'il n'est probablement pas bon d'être dans l'évitement si je veux avancer.

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LowLight

le samedi 19 octobre 2019 à 19h32

@Polyarthrite Merci beaucoup de prendre le temps de me répondre et de noter mes efforts, même si, tu as raison, ils sont "forcés" au sens où cette situation ne m'apporte aucune joie. Elle me fait terriblement souffrir et j'ai effectivement peur de ne jamais réussir à me détacher de cette souffrance. Mais j'ai aussi peur de perdre mon compagnon, autant qu'il a peur de me perdre "à cause" du polyamour.
Oui, je lui ai dit ce que j'avais sur le cœur au moment où il a souhaité changer cette règle ; il a d'ailleurs accepté de ne pas le faire mais j'ai senti que cela lui coûtait beaucoup. Encore une fois, je veux bien comprendre qu'il soit difficile d'être amoureux et de ne pas pouvoir faire tout ce que l'on voudrait faire mais le polyamour ne se définit pas vraiment par sa facilité ! La monogamie, c'est déjà compliqué alors le polyamour, n'en parlons pas ! Je suis juste lasse d'être forcée de tenir ce rôle de "mégère", de rabat-joie, que je n'ai pas choisi. J'essaie juste de préserver ce qu'il y a à préserver entre nous parce que je ne veux pas me battre pour rien. Je ne veux pas souffrir pour rien.
Il ne manque pas d'empathie, je dirais plus qu'il est maladroit, impatient et pas très doué pour la communication. Je sais, cela n'augure rien de bon mais, s'il vous plaît, dites-moi que les relations mono-poly ne se terminent pas toutes par une rupture, surtout après 19 ans d'amour !

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kill-your-idols

le samedi 19 octobre 2019 à 19h41

LowLight
@kill-your-idols Merci beaucoup pour ta réponse.
Quant aux activités proposées, le problème, c'est qu'elles impliquent de sortir, d'entrer en contact avec l'extérieur et c'est quelque chose qui m'est devenu quasi impossible. J'en souffre beaucoup.

c'est un plaisir!

Si tu ne veux pas sortir, il y a aussi plein d'activités qu'on peut faire à l'intérieur. on peut lire, écrire, voir des filmes, pratiquer des formes d'art diverses et variées, le tout sans sortir de la maison.

Pour ce qui est des pensées parasites, il faut les accueillir quand elles viennent, mais il ne faut pas les écouter. Comme elles viennent, elles s'en vont.

Si elles s'en vont pas, j'ai ma méthode sécrète pour remplir le cerveau: un loop de 1 heure sur un riff de Metallica.

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LowLight

le samedi 19 octobre 2019 à 19h49

kill-your-idols
Si tu ne veux pas sortir, il y a aussi plein d'activités qu'on peut faire à l'intérieur. on peut lire, écrire, voir des filmes, pratiquer des formes d'art diverses et variées, le tout sans sortir de la maison.

Oui, c'est ce que je fais lorsque la tristesse me laisse un peu de répit. Je me rends d'ailleurs compte en écrivant que les "crises" de larmes irrépressibles se sont sensiblement espacées. Il y a quelques jours, je ne pouvais même pas me concentrer sur quoi que ce soit d'autre que la situation, je m'étranglais de sanglots, je pleurais en continu, etc. Je ne sais pas ce que cela veut dire (ou si cela veut dire quelque chose) mais j'espère que c'est bon signe.

kill-your-idols
Pour ce qui est des pensées parasites, il faut les accueillir quand elles viennent, mais il ne faut pas les écouter. Comme elles viennent, elles s'en vont.

C'est très juste. Il faut que j'apprenne à lâcher prise. Ce n'est pas mon fort mais cette situation me force à travailler sur moi, c'est peut-être là que se situe le bénéfice pour moi.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Caoline

le samedi 19 octobre 2019 à 20h28

LowLight
Je sais, cela n'augure rien de bon mais, s'il vous plaît, dites-moi que les relations mono-poly ne se terminent pas toutes par une rupture, surtout après 19 ans d'amour !

Ca je peux te l'affirmer puisque j'ai commencé à vivre émotionnellement mon polyamour au bout de 19 ans d'amour et sexuellement au bout de 20 ans. C'était il y a 9 ans et nous sommes toujours très bien ensembles.
La chance que nous avons eu c'est que l'homme dont j'étais amoureuse vivait à plusieurs centaines de kilomètres donc ça a laissé le temps de discussions et de l'acceptation.
Je ne sais trop quoi te faire comme suggestions. Je pense que la demande de renégociation de ton compagnon peut s'expliquer par sa peur de transgresser vos accords dans le feu de l'action et donc de perdre ta confiance ou pire, de mon point de vue, d'être tenté de te mentir. Je me souviens que la première fois où je suis allée chez l'homme dont j'étais amoureuse, j'avais demandé mon voyage comme cadeau d'anniversaire, j'ai dit à mon compagnon que je ne voulais y aller que si il pensait pouvoir bien vivre les choses quoi qu'il se passe car je ne me sentais pas forcément capable de m'imposer des limites. Donc je le comprends, même si je comprends aussi tout à fait que ce soit très difficile pour toi.
La culpabilité est un très mauvais guide, elle fait beaucoup de mal et aucun bien. Tu fais de ton mieux et vraiment énormément d'efforts donc aucune raison de culpabiliser de ce que tu ressens et demandes pour essayer de mieux vivre cette évolution.

Bon courage à vous deux, vous trois même car la place de troisième n'est jamais facile non plus, pour cette période de transition difficile.

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Caoline

le samedi 19 octobre 2019 à 20h39

LowLight
je culpabilise de nous comparer constamment dans mon esprit et de "perdre" à tous les coups (elle est plus jeune, plus mince, plus jolie, plus ouverte, plus "sexuelle" j'imagine, elle pratique le shibari, la passion de mon compagnon, elle comprend le domaine dans lequel il travaille, etc.).

La comparaison non plus ce n'est jamais bon car ça peut être totalement faux. Rien ne dit que ton compagnon préfère les femmes plus jeunes, plus minces, qu'il la trouve plus jolie...
Et puis, tu as quelque chose dont elle n'aura jamais plus que toi, 19 ans de relation amoureuse, de bons moments, de difficultés franchies ensembles.... et si il est resté en relation tout ce temps avec toi, ce qui est rare à notre époque, c'est bien que tu lui conviens comme tu es !

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LowLight

le samedi 19 octobre 2019 à 21h37

@Caoline Je te remercie du fond du cœur, tu n'imagines pas à quel point tes mots me touchent !
En te lisant, je me rends vraiment compte qu'il me manque un réseau de soutien au sein duquel échanger librement et sans jugement... Heureusement, il y a ce forum et les gens comme toi, kill-your-idols et Polyarthrite :)

Caoline
Ca je peux te l'affirmer puisque j'ai commencé à vivre émotionnellement mon polyamour au bout de 19 ans d'amour et sexuellement au bout de 20 ans. C'était il y a 9 ans et nous sommes toujours très bien ensembles.

Cela me redonne véritablement espoir, merci. Je me dis que nos efforts ne sont pas vains et, en ce moment, chaque petite victoire, chaque obstacle surpassé, aussi minime soit-il, est un encouragement à continuer. Je suis en tout cas heureuse que tu puisses vivre ta vie en toute honnêteté et transparence, avec l'amour de ton compagnon.

Caoline
Je pense que la demande de renégociation de ton compagnon peut s'expliquer par sa peur de transgresser vos accords dans le feu de l'action et donc de perdre ta confiance ou pire, de mon point de vue, d'être tenté de te mentir.

Peut-être mais pour le coup, je n'en suis pas si sûre car la renégociation portait sur la fréquence des rendez-vous avec sa partenaire. Nous nous sommes mis d'accord et dès qu'il a senti que j'étais un chouia plus dans l'acceptation, il a fait cette demande de plus de rendez-vous, que j'ai trouvée vraiment malvenue car trop rapide à mon goût. Je trouve qu'accepter une relation émotionnelle, sexuelle, sensuelle, etc. et des rendez-vous réguliers qui impliquent tout cela au bout de 20 jours, c'est déjà énorme ! Je sais qu'il ne m'aurait pas menti mais j'ai senti qu'il était vraiment embêté de ne pas pouvoir profiter de sa partenaire comme il l'entendait. Ce que je comprends mais qu'est-ce que ça m'a fait mal !

Caoline
La culpabilité est un très mauvais guide, elle fait beaucoup de mal et aucun bien.

Tu as entièrement raison. La culpabilité ne change rien aux faits, elle ne fait que nous sentir mal. Mon compagnon a même appelé cela de "l'auto-apitoiement" l'autre jour, ce que je trouve sacrément dur mais nous nous disputions donc je lui laisse le bénéfice du doute.

Caoline
La comparaison non plus ce n'est jamais bon car ça peut être totalement faux. Rien ne dit que ton compagnon préfère les femmes plus jeunes, plus minces, qu'il la trouve plus jolie...

Certes mais il est avec elle et il est amoureux donc j'en déduis qu'elle doit quand même être à son goût ! Mais tu as ici encore entièrement raison : la comparaison n'amène rien de bon et elle n'est que le miroir de mes insécurités. Cet aspect-là des choses, c'est à moi d'y remédier. Mais quel boulot de longue haleine cela va être..!

Caoline
Et puis, tu as quelque chose dont elle n'aura jamais plus que toi, 19 ans de relation amoureuse, de bons moments, de difficultés franchies ensembles.... et si il est resté en relation tout ce temps avec toi, ce qui est rare à notre époque, c'est bien que tu lui conviens comme tu es !

Merci pour cette phrase, elle me va droit au cœur : c'est ce genre de mantra que je dois me répéter dès que je sens une angoisse (à défaut d'autre mot) pointer.

Et merci encore pour tes gentils mots, ton tact, ton optimisme et tes encouragements qui me mettent du baume au cœur <3

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Merlyn

le samedi 19 octobre 2019 à 21h42

Quand ma compagne a accepté l'idée que je puisse faire des rencontres, la seule règle qu'elle m'a proposé : qu'une éventuelle numéro 2 ait des choses qu'elle n'ait pas.

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LowLight

le samedi 19 octobre 2019 à 21h52

Merlyn
Quand ma compagne a accepté l'idée que je puisse faire des rencontres, la seule règle qu'elle m'a proposé : qu'une éventuelle numéro 2 ait des choses qu'elle n'ait pas.

@Merlyn Merci pour ta remarque. Effectivement, et c'est forcément le cas puisque nous sommes tous uniques mais je trouve que c'est à la fois la chose qui peut calmer les angoisses (de toute façon, je n'y peux rien, c'est une chose que je ne suis pas/que je ne peux pas faire/etc. donc autant l'accepter) ou au contraire les accroître (et si jamais mon compagnon aimait cela plus que tout ce que j'ai à offrir/s'il découvre que cela a plus de valeur à ses yeux/etc.).
Je prends l'exemple du shibari et du BDSM : comment faire le poids ? Cela est tellement associé à plus d'ouverture sexuelle, plus d'excitation, etc. J'ai l'impression d'être une coincée face à elle. Et pourtant, lorsque je raisonne, je ne comprends même pas pourquoi je pense cela puisque je trouve qu'aucune pratique en soi est plus "kinky" ou osée qu'une autre, ça ne veut strictement rien dire ! Pas une sexualité ne se ressemble, nous sommes tous "déviants" par rapport au voisin ! Malgré cela, l'image d'une sexualité qui serait plus excitante, transgressive, reste faussement accolée au BDSM et cela me met en difficulté dans la situation actuelle.

Mais je m'égare un peu, désolée.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Merlyn

le samedi 19 octobre 2019 à 22h14

Non tu ne t'égare pas, c'est moi qui n'ait pas été assez précis :).

En fait, pour prendre ton exemple du shibari, la règle ne s'applique que pour les choses qui sont importantes pour ma compagne.

Exemple : je rencontre quelqu'un qui fait du shibari et c'est mon délire, si ma compagne n'est pas intéressée par le shibari (comme toi, c'est pour cela que je prend l'exemple) alors ça ne la dérange pas que je pratique le shibari avec l'autre personne. Dans son cas précis, elle a cité le saut en parachute comme exemple reel.

Si par contre, ma compagne pratique le shibari aussi alors elle ne voudrait pas que du jour au lendemain, j'arrête le shibari avec elle parce que "c'est mieux avec l'autre". Dans son cas précis, elle a cité le jeu de rôle sur table comme exemple réel

Pour le sexe, ça marche aussi, il se trouve (et j'ai pas de tabou ou de honte à en parler) que j'ai peu de rapport sexuel avec elle alors elle ne voudrait pas que j'en ai davantage avec une autre...

J’espère que mon explication est plus claire maintenant.

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LowLight

le samedi 19 octobre 2019 à 22h24

@Merlyn Merci d'avoir pris le temps d'expliciter ta pensée ! Mais je crois que j'avais bien compris :-) Et oui, tu as raison, pour reprendre l'exemple du shibari, c'est ce que je disais dans mon tout 1er message, je ne peux pas priver mon compagnon d'une chose que je ne peux lui offrir. Mais comme je l'écrivais juste au-dessus, cela peut aussi être une source d'angoisse au sens où cette chose (qui est tout de même une passion pour mon compagnon) peut prendre le pas sur tout le reste, effacer ce qui nous relie ou amoindrir ce que nous deux nous partageons. Alors bien sûr, en soi, le shibari n'est pas important à mes yeux mais il l'est pour ce qu'il représente pour mon compagnon. Et de ce fait, il devient menaçant pour moi.

En tout cas, je comprends votre règle et je la trouve intéressante.

Merlyn
(et j'ai pas de tabou ou de honte à en parler)

Aucun tabou ou honte à avoir et je ne permettrai jamais de juger, ici ou ailleurs !

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Polyarthrite (invité)

le samedi 19 octobre 2019 à 22h45

Après pour la fréquence, il est certainement dans la NRE + le shibari et BDSM, donc il a sûrement envie de la voir énormément.

Mais c'est la que l importance des règles en début de relation est importante car une NRE en roue libre peut faire bcp de mal et même pour sz relation avec son amante qui sera faussé par cette phase.

J imagine sa déception à chaud mais elle n'est sans doute pas comparable aux efforts et à la douleur que tu endure.

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Merlyn

le samedi 19 octobre 2019 à 22h49

@LowLight ton point est pertinent. Ma compagne n'a jamais jusqu'à présent exprimé la peur que la passion qu'elle ne partagerait pas et que je vivrais avec une autre pourrait m'éloigner d'elle, c'est probablement que pour elle, ce n'est pas une peur, ou pas la peur principale ou que ça ne lui est pas encore venue à l'esprit... Je pense que je pourrais lui en parler mais l'idée n'est pas non plus de tomber dans le FUD (un acronyme pour fear, uncertainty and doubt // peur, incertitude et doute), le but n'est pas de lui en parler pour *juste* lui faire peur. On verra le moment venu, si cette situation arrive...

Dans tous les cas, c'est ton fil à toi, donc je ne voudrais pas me l'accaparer.

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Profil

LowLight

le samedi 19 octobre 2019 à 22h59

@Merlyn Ce fil est ouvert à tous.tes, il est là pour cela ! Je souhaitais avoir les conseils, avis, etc. de chacun.e et tous ces points évoqués ensemble ouvrent la conversation vers d'autres horizons, c'est normal et c'est très intéressant.

Effectivement, autant s'occuper des problèmes, doutes ou peurs lorsqu'ils arrivent et s'ils arrivent. Rien ne sert de les provoquer. Surtout s'ils ne doivent jamais arriver. C'est ma problématique parce que j'ai de graves problèmes de confiance en moi mais j'imagine que quelqu'un de plus assuré ne se fera pas les mêmes réflexions.

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LowLight

le samedi 19 octobre 2019 à 23h07

@Polyarthrite Oui, ce que tu dis est très judicieux. Et c'est ce que j'essayais d'expliquer à mon compagnon en lui disant que toutes mes lectures (livres, ce forum, Internet, etc.) insistaient sur l'importance de dialoguer sur ce que l'on veut ou pas, ce qui est acceptable ou pas, et donc, dans un premier temps, de définir des règles précises, quitte à les modifier ou les assouplir ensemble par la suite. Et là, ça allait beaucoup trop vite pour moi. Sa déception sur le moment était palpable (tellement palpable que j'ai vraiment eu l'impression d'être la dernière des chieuses et que cela m'a mise en colère car je trouvais sa réaction injuste et donc cela a débouché sur une dispute...). Il a accepté de mettre sa demande de côté pour le moment mais sa réaction m'est restée en travers de la gorge. Même si, encore une fois, je la comprends.

polyarthrite
une NRE en roue libre peut faire bcp de mal et même pour sz relation avec son amante qui sera faussé par cette phase.

Que veux-tu dire exactement par là ? Que la suite ne serait pas à la hauteur des débuts s'il ne canalise pas cette NRE ?

Merci pour tes conseils.

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Polyarthrite (invité)

le samedi 19 octobre 2019 à 23h24

Oui c'est ça, la NRE c'est comme être en surégime, c'est exaltant mais ça ne peut pas durer et quand on n'a pas conscience de cet état de fait le retour à la réalité peut tout briser.

Il y a aussi le risque de comparaison avec votre relation, vu que vous n'êtes pas en NRE, sa nouvelle relation peut éclipser la votre pendant en moment, mais comme une Eclipse c'est juste cacher par quelque chose et non pas disparu.

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LowLight

le samedi 19 octobre 2019 à 23h35

@Polyarthrite Je ne lui souhaite pas que cette relation se casse la figure si elle le rend heureux. Mais je ne souhaite pas non plus que notre relation pâtisse de cette NRE...

Polyarthrite
Il y a aussi le risque de comparaison avec votre relation, vu que vous n'êtes pas en NRE, sa nouvelle relation peut éclipser la votre pendant en moment, mais comme une Eclipse c'est juste cacher par quelque chose et non pas disparu.

Ça, ça m'effraie terriblement. Même si ce n'est que transitoire, je crois que je ne serai pas assez forte pour supporter la comparaison ET l'éclipse momentanée.

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