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A l'aide, ex-mono en panique

Témoignage
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gilgoul

le jeudi 27 décembre 2018 à 12h08

Bonjour à tous, premier post ici.

Je dois l'avouer, je suis à la fois très tenté et très triste, en deuil presque, de la demande de ma femme d'ouvrir notre relation.
Nous sommes mariés depuis dix ans, parents de quatre jeunes enfants (de huit à un an), et je suis un peu perdu. Voici quelques mois, ma femme m'a indiqué son désir de changer la nature de notre relation à la suite de quelques entorses à notre marriage lors de voyages d'affaire.
Je dois avouer que je suis très tenté par ce changement, qui est en cours de reflection, même si je redoute les effets à long terme sur la stabilité de notre couple et de notre famille, chose qui est la plus importante pour moi.
Mais voilà, ayant été un monogame à répétitions durant toute ma vie, avec les tromperies qui vont avec, je me retrouve a devoir faire face non seulement à mes démons, à la peur de la perdre, de me perdre, mais surtout, je me sens infiniment déprimé, sans vraiment avoir la possibilité d'en parler avec personne de mon entourage direct, à avoir certaines difficultés à trouver une "tribu" où pouvoir exprimer les doutes, les peurs, et surtout faire le deuil de notre monogamie.
Car c'est un deuil, deuil de mes illusions, deuil d'une culture d'exclusivité sentimentale, même illusoire.
C'est aussi une sorte de nostalgie de l'illusion, même mensongère, d'un mariage se suffisant à lui même. Le fait est que je suis encore très amoureux de ma femme, que même si j'ai pu en désirer d'autres, c'est toujours vers elle que mes fantasmes et mes pulsions se tournent. Je peux jouer avec l'idée de jeux communs avec d'autres, je peux même envisager que nous ayons chacun d'autres partenaires, mais je dois avouer être un peu perdu par rapport au genre de relation que je peux offrir, le genre de vie que je veux mener, alors que je vie en région rurale, sans trop d'interactions, ou alors tres limitée, superficielles, avec le monde extérieur.
J'ai aussi très peur de ne pas pouvoir continuer à aimer ma femme de la même façon, comme si, pour pouvoir vivre cette nouvelle réalité, il me fallait me détacher d'elle dans une certaine mesure.
Je sais, tout cela est un peu confus, mais tout conseil , témoignage, est bienvenu.

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bonheur

le jeudi 27 décembre 2018 à 12h50

Bonjour Gilgoul,

Je constate que vous désirez, ta femme et toi, mettre de la transparence, de l'honnêteté dans votre vie. Détestant moi-même le mensonges et les tromperies, je ne peux que vous applaudir. Evidemment, ça ne facilite pas la vie.

Je te plussoie concernant ce terme de deuil. Car je crois que pour beaucoup, c'est par là qu'il faut en passer. Faire un deuil. Le mot est réaliste et adapté, je trouve. Tu définis cela très bien, je trouve (+) .

Un deuil demande du temps indéfinissable. Il faudra le temps nécessaire.

Ta vie ne sera plus la même. Ca c'est un constat que l'on retrouve dans tes propos. Comme dit la chanson de Julien "je pars ce soir, vers le hasard" (de mémoire, je crois que c'est ça). [J'ai le coeur trop grand pour moi - 1976]

Les incertitudes sont pour certaines personnes une avancée vers une nouvelle aventure... et pour d'autres sources d'angoisses. D'ailleurs, les deux peuvent se mêler.

Te détacher d'elle pour vivre cette nouvelle réalité ? Non. Te détacher de l'image d'elle et de votre couple, oui. Elle reste la même, bien que son évolution la transformera indéniablement. Et par ricochet, toi aussi... votre lien également.

Je ne vois rien de confus dans tes propos. Tout est parfaitement explicité.

Je vis également en milieu rural et mon chéri de vie (transition de ma part vers la polyaffectivité, après 20 ans de vie commune, 3 garçons ados à l'époque...) se trouve bien dans la monoaffectivité et moi dans la polyaffectivité. Je suis ouverte sur le monde, cela m'épanouit. Il est plus renfermer de nature. Du coup, on se complète. Je reçois parfois (des poly généralement) et il met en avant son talent pour les arts culinaires, moi pour mon attention et finalement, nos hôtes sont bichonnés. C'est un exemple. Ce que l'on croit s'oppose est parfois un "atout"

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artichaut

le jeudi 27 décembre 2018 à 13h05

Bienvenue gilgoul dans le monde de la déconstruction sociétale !
Eh oui, faire tomber la monogamie de son socle ça fait peur.
Tu sais ce que tu peux perdre, tu ne sais pas ce que tu va trouver.
Et pourtant… il y a tant à y gagner… Ne serait-ce que prendre enfin sa vie (affective) en main, au lieu de se la laisser dicter par d'autres.
Et puis supprimer les fameuses "tromperies qui vont avec".
Etc.

Un monde s'ouvre à vous.
Si tu est ici, c'est que tu a déjà fait un pas dans ce monde là. Et puisque c'est ta femme qui propose, c'est qu'elle a aussi fait un pas.
Il n'y a plus de raisons de reculer.

Juste comme dit bonheur : savoir prendre le temps.
Ne pas sauter dans le vide. Plutôt y aller par étapes.

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gilgoul

le jeudi 27 décembre 2018 à 16h38

Merci bohneur et artichaut pour votre réponse,
Je dois dire que je passe un moment difficile.
Je me retrouve en état de resistance vis a vis de nombreuses "valeurs traditionnelles" qui, jusqu'a présent, ne m'ont pas porté problème.
D'un seul coup, l'identité que j'avais adopté, celle d'un guide touristique, d'un viticulteur, d'un militaire de reserve, d'un père de famille, ouvert à tous et a toutes, mais "sur de son identité", se trouve d'un coup, en décidant d'accompagner ma femme dans cette nouvelle direction, se trouve d'un coup très isolé.
Une autre chose qui me désole, c'est le souvenir de cette période noire de ma vie d'avant, lorsque, jeune "professionnel" dans le monde de l'informatique, je me retrouvais a tourner de bar en bar pour combler une solitude abjecte.
Disons que ce tournant imprévu dans ma vie fait remonter de nombreuses choses que je pensais avoir réussi, sinon a faire disparaitre, a dompter.

Mais surtout, c'est la montagne russe émotionnelle qui me deplait le plus,
avant hier, proche de ma femme, aujourd'huis je n'arrive meme pas a communiquer.
je n'arrive plus a me concentrer sur autre chose, je passe mon temps soit en reflection, soit en lecture, ou écoute audio sur le sujet.
En gros, je crois que je suis un peu fatigué émotionnellement.

Ce qui m'inquiete le plus, c'est de "péter un plomb".

alors merci pour votre écoute et votre patience.

peace

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bonheur

le jeudi 27 décembre 2018 à 19h34

J'ai pas mal étudier les émotions, ces dernières années... et en l'état je dirais qu'il faut que tu les vivent. Le pétage de plomb, que tu redoutes d'une juste façon, viendra brutalement parce que je pense que tu accumules en toi de la colère, que tu n'évacues pas au fur et à mesure.

Je ne suis pas du tout une pro, juste une simple autodidacte. La colère (écoute la chanson de Julien Clerc "la colère") est passagère si on accepte de la vivre. Elle vient et elle disparait. Toute émotion, d'après ce que j'ai lu, est passagère. Mais là, ta situation d'ascenseur émotionnel et de cogitation perpétuelle, t'empêche l'évacuation. L'émotion vient et ... reste :-/

Je te propose un truc basique. Tu te mets à genoux devant ton canapé et tu cognes les coussins. Déjà, tu ne te feras pas mal, ce sont des coussins. On s'en fout que tu cris ou non en même temps (bon aussi, c'est mieux d'être seul, et sans voisins, à cause de l'incompréhension des autres). Si les conditions ne sont pas réunies, tu peux te payer des gants de boxe et taper (dans un arbre, pourquoi pas). Seuls les oiseaux et autres écureuil se demanderont ce qui se passe :-D . Le hurlement primaire permet également d'évacuer.

L'objectif est d'extraire de toi cette accumulation.

Les guides touristiques, permettent d'enrichir ceux qui les éditent et contribuer à la préservation du patrimoine. Mais le guide, s'il t'attire à un endroit, tu n'es pas obligé de le suivre strictement. En dehors du musée, il y a peut-être un petit bistrot sympa avec une patronne atypique. Les pépites sont souvent là où on ne les cherche pas.

Le travail de vigneron (je travaille à Nuits-Saint-Georges, pas dans les vignes, mais les vignerons, les ouvriers viticoles, je les côtoie quotidiennement), l'ancien militaire... Je crois que ta "virilité" est touchée. Je peux évidemment me tromper. Mais c'est peut-être "la place de l'homme" que tu n'arrives pas à remettre en question.

Tu n’obnubiles toi, alors que c'est elle qui désire. La décision te touche par ricochet, mais sache qu'elle ne t'affecte pas directement. Tu te rappelles ta tournée des bars, mais personne ne te dis de les reproduire. Là aussi, te défaire de cette idée.

Tu lis et c'est bien pour votre avenir, mais ne fait pas une fixette dessus. Je sais, c'est facile à dire quand on va bien. Crois-moi, l'ascenseur émotionnel, j'ai connu. On fait rarement une transition comme ça, sans "difficultés" (et putain, j'en ai connu des mauvais moments et chaos et du "je ne sais plus qui je suis" et du "mais c'est quoi ce merdier, pourquoi je suis comme ça ?")

Déjà, occupe toi avant tout de toi. Evacues, décharge cette accumulation nocive d'une manière ou d'une autre (une grande promenade, une grand bouffée d'air, une bonne fatigue physique pour un profond sommeil réparateur... aussi). Te connecter à la nature et qu'à elle, l'espace d'un moment de retrouvailles de toi avec toi (et que toi).

Voilà, quelques modestes pistes.

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gilgoul

le mardi 18 juin 2019 à 19h28

Mise a jour,

Après près de six mois e travail sur moi et de communication avec l'amour de ma vie, voici une petite mise à jour:
J'ai passé dix jour en stage vipassana, travail de méditation et d'acceptation de la situation présente, cela m'a permis de faire le point et d'affronter mes démons.
Au cours d'autres conversation avec ma partenaire de vie, j'ai pu constater à quel point elle et moi avions en commun, et j'ai pu faire une sorte de bilan sur mes propres manques, en honnêteté, avec moi même et avec mon entourage, en manque de confiance wn moi même, et surtout en communication.
Depuis, nous avons mis en place une sorte de "charte" de conduite vis a vis nos envies mutuelles et séparées, et ce processus nous a permis d'améliorer de façon exponentielle notre communication et notre vie de couple/famile.
Nous n'en sommes qu'au balbutiements, mais nous sommes prêts a nous lancer dans cette aventure avec de nombreux outils en terme de gestion de crise et de communication.
Merci à celles qui sont intervenus dans ce fil, votre parole n'a pas été vaine.

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Siestacorta

le mardi 18 juin 2019 à 23h15

Merci à toi de donner ce qui sonne comme de bonnes nouvelles.
On cache pas la difficulté récurrente du changement de cadre, mais oué, ya moyen !

Bon, pour la difficulté sociale, par contre, dans le milieu que tu évoquais, ça peut être compliqué. Mais t'as l'air solide, t'as bien réagi, et ça me parait très faisable qu'après tes efforts tu sois capable de voir les réconforts.
En fait, je te souhaite que ta compagne travaille le sujet aussi sérieusement que toi !

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